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Dona Nobis Pacem

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() message posté Jeu 4 Jan 2018 - 13:37 par Jean Marceau
Encore une autre piste à suivre. Mais c’était pas tout près. Banlieue de Manchester. Il fallait rouler pour y arriver, et il pleuvait sa mère. Ma collègue parlait peu. Ma nouvelle partenaire était comme ça, le plus souvent. On se confiait peu l’un à l’autre. Ca faisait partie du deal. On déconnait parfois, elle fermait les yeux sur l’alcool et moi, je faisais semblant de ne pas voir la tablette de médocs qu’elle gardait toujours dans sa veste. C’était dans ma nature de fureter, et c’était aussi dans la sienne, d’ailleurs. On préservait ce statu quo, entre perches tendues et plaisanteries débiles. Et là, on mangeait le contenu d’un sac de fast food pris en route en silence. J’avais toujours peur, au volant. Je ne le montrais jamais, et ma conduite restait sûre, presque arrogante tant on pourrait dire que je semblais avoir confiance en moi. Mais en vérité, je me sentais glacé à l’intérieur. Dégoûté, écoeuré, malade à l’intérieur. Mais je continuais de conduire, on se retrouvait donc en silence à mâcher nos burgers et nos frites. Au bout d’un moment, je lui jetais un regard en coin.


| Tu pourras conduire au retour, Sergent ? Je me sens mort, putain. J’ai mal dormi hier. |


Et pour cause, après la demie bouteille de cognac que j’avais vidée, je m’étais senti mal une partie de la nuit, ballonné et l’estomac acide, nauséeux mais sans être jamais au point de vomir. Des coups de chaud terribles, qui m’avaient fait transpirer. Ma santé ne s’améliorait pas, loin de là. Les aigreurs d’estomac empiraient, je me réveillais parfois avec de la fièvre, et du sang dans la bouche. Ca faisait des semaines que je n’avais plus chié correctement, bordel de merde. Ca clochait dans mon corps autant que dans ma tête. Le pire, c’était les cauchemars sur mon garçon. Bref, je dormais plus, je mangeais plus, je baisais plus. Tout allait bien dans le meilleur des mondes. Et plus les semaines passées, moins j’avais de courage, de force de continuer. Je commençais à me lasser. A sentir que j’avais fait mon temps. Que je me désséchais dans ce boulot de merde. Tout plutôt que parler de cette affaire casse-tête… La jeune femme répond mais je n’entends plus qu’à moitié. Lorsqu’on se gare près de la grosse baraque à la sortie de Sheffield, je ne peux pas quitter des yeux la bicoque. Là où habitait ce producteur de cinéma qui avait récemment fait les gros titres en finissant un tas d’œuvres caritatives. J’inspire profondément. Je la fixe toujours, insensible aux questions de ma collègue. Je pose ma main sur mon flingue à ma ceinture, déboutonnant le holster.


| Tu en connais beaucoup des maisons qui ont caméra de surveillance au coin du portail, dans la haie là… Mais dont le portail est resté juste entrouvert ? |


L’ombre de la lampe de rue jette une ombre très mince sur la porte du portail, et le battant n’est pas totalement refermé. Quelques millimètres peut être… Mais c’est un gros portail automatique. Ca se referme pas du tout, ou tout à fait. Rien entre les deux. Ou alors on verrait un cadenas. Je lâche un regard pénétrant, lourd de sens, vers Lou.


| On y va. Pas le temps pour les renforts. Je passe le premier et tu fais le tour ? |
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MEMBRE

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() message posté Jeu 4 Jan 2018 - 15:35 par Lou Williams
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Ce temps détrempé était une horreur sans nom mais je ne disais rien… comme souvent ! J’étais assez silencieuse lorsque je bossais et je l’avais toujours été. Mais cette fois-ci s’était encore plus frappant alors que j’appréciais mon chef et partenaire. Le truc, c’était que je n’avais pas encore totalement pris mes marques avec lui et qu’il était connu pour avoir un sacré caractère ; donc je ne voulais pas en faire un ennemi. Et cela ne serait sûrement pas le cas car l’entente était cordiale sans que je ne fasse le moindre effort.
Bien sûr, je n’étais pas dupe et j’avais remarqué que mon supérieur buvait à des moments où il n’aurait pas du le faire mais je n’avais rien dit. Il faisait son boulot comme il devait être fait et c’était le principal. En plus j’étais persuadée qu’il m’avait vu, au moins deux ou trois fois, en train de prendre mon traitement et il ne m’avait posé aucune question. *Heureusement ! Puisqu’on ne lui demande pas de compte… Tiens ! Il est moins macho que ce que je pensais finalement !* Rouge avait entendu la même question que moi. Cachant ma surprise, j’avalais la bouchée de mon burger supplément cheese que j’avais dans la bouche. Je hochais la tête de manière positive en buvant une gorgée de boisson gazeuse sans sucre. *Mouais… comme si une boisson light allait rattraper le reste !* Ne prêtant pas attention à Rouge, je répondais.



- Je pensais que tu étais de genre à penser ‘femme au volant, mort au tournant’ mais y a pas de souci. Je conduirai au retour, acceptais-je en grignotant une frite ultra salée ce qui me fit boire à nouveau.


Pis j’observais mon partenaire et me rendais compte qu’il avait effectivement une petite mine. *Il a du se mettre une cuite !* Je levais les yeux en direction du plafond en soupirant légèrement sans m’en rendre compte. Heureusement, Marceau ne sembla pas le remarqué ! J’allais lui demander s’il était malade puisque j’étais en quelque sorte une pharmacie ambulante et pas uniquement concernant mon traitement. J’avais toujours des trucs basiques contre le mal de tronche, les indigestions et autres maux déplaisants. Cependant, je me taisais et ne demandais rien car je n’avais pas envie qu’il m’envoie sur les roses.
De toute façon, après s’être garé près de la grosse baraque à la sortie de Sheffield, il ne quittait plus cette dernière des yeux. A mon tour je l’observais jusqu’à ce que mon regard se pose sur le portail dont mon chef venait de me parler. Je plissais les yeux et me penchais en avant pour constater que le portique n’était pas fermé correctement et qu’effectivement cela était bizarre.



- La chance pourrait que cela soit un simple problème de court-jus avec toute cette flotte mais je n’y crois pas, avouais-je en haussant les épaules.


De toute façon quoique j’aurais pu dire je connaissais la suite des événements. Je travaillais depuis peu avec l’inspecteur mais je savais déjà qu’il allait décider que l’on irait faire un tour. Je me débarrassais donc du sac que j’avais sur les genoux au moment où Marceau me disait qu’on y allait. Avec un hochement de tête, j’acquiesçais.


- On fait comme ça !


Tandis que je faisais le tour de l’immense baraque, je crus voir une ombre et me rapprochais pour constater qu’il s’agissait d’un simple parasol. Cela ne m’empêcha pas de défaire l’attache de mon holster en cas de besoin. Je continuais ensuite d’avancer contre la façade jusqu’à tomber sur une niche avec l’animal à l’intérieur. Ses yeux fixant le vide me firent comprendre qu’il n’était plus en vie… Je tentais malgré tout de vérifier et me retrouvais avec la main pleine de sang ! Visiblement l’animal avait été égorgé. *Tu vois qu’un chien de garde c’est inutile. Ça pue et ça se fait tuer aussi facilement qu’un nourrisson !* *Ne commence pas Rouge… Pauvre bête.*
C’est accroupie près du cadavre que je remarquais que la porte arrière était entrouverte ce qui me fit dégainer mon arme. A pas feutrés que je me dirigeais vers l’accès et envoyais un rapide sms à Marceau :
« Chien mort, égorgé. Porte arrière entrouverte. J’entre. »

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Dona Nobis Pacem

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() message posté Jeu 4 Jan 2018 - 21:58 par Jean Marceau
La jeune femme se laisse faire, comme d’habitude, mais sans pour autant tout me lâcher, il est évident qu’elle le fait aussi bien pour sortir de sa monotonie imposée par une route longue et fastidieuse, tandis que nous courrions après de nouvelles chimères. Un type qui avait signalé au flic des tonnes d’appels bizarres et d’emails vides, qui se sentait épié, suivi, qu’il avait noté un certain nombre de coïncidences plutôt glauques. Nous avions filé, parce que nous avions bien étendu le champ de nos recherches. Probablement rien mais quand même, son job dans la vie nous avait fait tiquer. A l’instinct, un soir de semaine. Pluvieux comme les autres. Frisquet comme les autres. Personne qui ne nous attendait, nous rentrerions tard quoiqu’il arrive. Je ricane alors que la jeune femme s’engouffre dans la brèche et me tend une perche, que je saisis au vol pour lui taper les doigts avec. C’était pour la tenir constamment sur ses gardes, c’était ce que je lui avais dit dès le premier jour.


| C’est le cas, c’est te dire donc à quel point je tiens à la vie. Si je ronfle, mets de la musique. Ca me dérangera pas. |


J’étais mort de toute façon, depuis deux ans, et cet état de fait ne faisait qu’être ressenti de plus en plus cruellement, de plus en plus durement. Les poches sous mes yeux me faisaient mal, tant les cernes étaient marqués, et j’avais souvent mal à divers endroits. L’alcool allait finir par avoir ma peau bien avant de commencer à me faire vieillir plus vite. Ca ou ce boulot, qui commençait à me cramer. Mais je me rendais compte, une fois de plus, que je vivais malgré tout pour ça lorsque mon cœur s’envola en voyant que le portail était à peine ouvert, pas suffisamment pour en avoir l’air en plein jour mais tout en l’étant assez pour avoir été déverrouillé. La jeune femme se tend, comme moi. Je le sens dans sa posture qui se raidit, même si elle semble nonchalante.


| Je pense pas. Ca pue le pognon, ici. Et en plus, ça te rappelle rien ? Dans les dossiers qu’on nous a filés. |


J’essaie de lui faire se rappeler quelques détails des rapports et photos qu’on nous a envoyées depuis l’Amérique et le Canada. A chaque fois aucun signe d’effraction, mais le type avait su rentrer. Il n’avait pas laissé d’empreintes, ni normalement rien d’ouvert. Ca ne lui ressemblait pas mais cela pouvait vouloir dire deux choses, et dans les deux cas, cela me fit déverrouiller l’accès à mon arme. La jeune femme acquiesce et part de l’autre côté de la maison. Je la regarde partir le temps qu’elle sorte de mon champ de vision. Je ne savais pas pourquoi, j’avais un mauvais pressentiment en la regardant, et mon corps pourri par l’alcool, les remords et l’inquiétude, se mit à battre un peu plus fort. J’ai peur et je me bats, donc je vis. Encore. Je pousse le portail en le soulevant légèrement pour ne pas qu’il grince sur ses gonds, et sans forcer le moteur électrique, même éteint. Cela me prend un moment et je suis vite trempé de flotte. Aucune lumière à l’intérieur, quedal. Il n’est pas si tard, et il y a la voiture dans l’allée. Je tire mon flingue. Comme disait jadis Bandat, au 1er RHP, le radio de ma section ; « il y a quelque chose de pas net, chef ».


Putain Bandat, je t’entends encore quinze ans après, tu fais chier. Je tiens mon arme vers le bas sur le côté, et me penche au coin des fenêtres pour tenter d’apercevoir quelque chose derrière. Je n’entends rien à cause de la pluie qui me tombe dessus si fort que j’ai presque l’impression que c’est de la petite grêle. Mais non. Je suis transi de froid. Et je ne vois rien non plus. Au moment où je me cale contre la porte d’entrée, fermée à clef, mon téléphone vibre. Son écran m’éclaire le visage un instant alors que je le tire de ma poche et le déverrouille pour lire le texto. Ma mâchoire se crispe, je redresse le regard vers la porte, recule de deux pas… et vois la fenêtre de ce qui doit être un cellier, derrière la cuisine. La fenêtre est ouverte en oscillo-battant malgré la pluie ; le mec a dû la laisser comme ça le matin en partant, car la pluie oblique ne semble pas y rentrer. Mais il ne l’a pas fermée en rentrant, malgré le froid. Je fronce les sourcils, range mon arme et glisse ma main contre les rebords de la fenêtre, jusqu’à sentir le loquet de verrouillage dans ma main. Peu de gens le savent, mais il ne faut jamais laisser un oscillo-battant ouvert quand on n’est pas là, ou alors, pas sur une fenêtre de maison. Parce que quelqu’un qui connaît le truc peu rentrer en deux secondes avec du PVC et un système premier prix. Il suffit de lever le loquet qui permet de choisir la position ; ouverte ou oscillo-battant et… Oh, joie, ça se débloque, je peux ouvrir l’oscillo-battant en grand ! J’entre par là, mais il me faut me hisser sur mes bras, me faufiler dans un espace très restreint… Et ensuite glisser contre une machine à laver et un sèche-linge. Haletant par l’effort de contorsionniste et de force, je retombe un peu lourdement au sol et glisse à moitié. Je suis à l’intérieur. Pas un bruit, rien. Si, un léger grésillement. Je tire à nouveau mon flingue et le tiens à deux mains, près du corps.


Je me faufile dans le couloir et en face, la porte de derrière…. Sur ma droite, un énorme espace dans la pénombre qui doit être le salon. Il y a de la lumière dans le fond de la pièce, dans ce qui doit être la cuisine. J’attends que Lou arrive par la porte arrière, en face de moi, et lui fais signe que je vais entrer dans le salon en premier ; elle sera sur mes talons. J’attends qu’elle me fasse signe qu’elle a compris. Et j’entre, pointant mon arme et ma lampe de poche allumée dans mon autre main dessous, à la manière des commandos que j’avais jadis fréquentés à l’armée. Le faisceau lumineux éclaire un canapé vide, une télé éteinte, un grand tapis sans rien dessus, et la table de la salle à manger.


Ce qui y a dessus. J’entrouvre la bouche.



| [b]Le fils de pute…[b] | murmurais-je, incapable de me retenir, sans doute à cause de l’alcool, et de l’énorme sentiment d’horreur qui me transperce les entrailles.

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() message posté Ven 5 Jan 2018 - 13:13 par Lou Williams
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Je n’étais pas silencieuse uniquement parce que je ne voulais pas faire de gaffes auprès de mon nouveau partenaire. J’étais également concentrée et je me remémorais ce que nous savions sur les dire du type paniqué qui avait signalé aux collègues qu’il n’avait plus l’impression de se sentir en sécurité depuis qu’il recevait des appels anonymes étranges et des mails sans aucun contenu. En temps normal cela n’aurait pas éveillé l’attention de Marceau ni même la mienne mais le type en question pouvait être considéré comme une célébrité locale aux vues du métier qu’il exerçait. Voilà pourquoi sans avoir prémédité cette balade, nous roulions en direction de chez ce mec ! Marceau comme moi n’étions pas attendu après nos heures de boulot et cette virée c’était faite d’un comme un accord. Pis que faire d'autre avec ce temps maussade ? 
Je jetais à coup d’œil lorsque le quadragénaire ricana avant de répondre à mes propos. Ses paroles me firent lever les yeux au plafond de la voiture sentant à présent la friture et le gras… ce qui était souvent le cas.



- Dommage pour toi, je conduis bien ! déclarais-je en lui offrant une grimace qu’il ne verrait pas ou peut-être que si. Rien à faire de toute façon. Et pis j’ai dit ok pour prendre le volant… pas pour conduire la belle au bois dormant.


Je n’avais pas dormi en étant passagère moi et pourtant je n’avais pas passé une très bonne nuit non plus. *En même temps tu es tellement silencieuse qu’on pourrait croire que tu dors !* « Je suis silencieuse parce que je réfléchis aux infos concernant le type qui habite cette baraque. » Et là je me rendais compte que j’avais répondu à Rouge à voix haute. Ce n’était pas malin mais une chance pour moi, cela collait avec la discussion que j’avais avec Marceau juste avant ou presque. Peu importe ! Je me concentrais sur l'accès de la maison. 
En voyant le portail entrouvert, j’évoquais un court-jus sans grande conviction et mon chef ne sembla pas y croire non plus à cause du fric que possédaient les habitants de ce quartier. Je haussais les épaules et me souvenais du mode opératoire de notre homme. Ses entrées sans effraction !



- Celui que l’on recherche est plus méticuleux non ? Il aurait complètement refermé le portail derrière lui, dis-je pensive. Je remarquais à ce moment que mon partenaire libérait l’accès à son arme.


Je regardais de nouveau l’entrée mal fermée en me demandant alors si cela pouvait vouloir dire que le type que nous recherchions était à l’origine de ça et qu’il était toujours là ! Il n’aurait pas complètement refermé le portail afin de pouvoir le faire ensuite. Je n’en savais rien mais je ne me faisais pas prier pour faire le tour de la maison. 
Ma première découverte n’eut rien de rassurant pour la suite des événements et j’essuyais ma main ensanglantée sur mon jean. En apercevant la porte donnant sur l’arrière de la demeure je prévenais Marceau que j’allais entrer. Arme en mains tenue le long du corps je m’approchais de la porte en veillant à ne pas faire grincer les marches en bois menant à celle-ci. Sachant parfaitement que mon partenaire ne répondrait pas à mon sms, j’observais la porte après avoir calé ma lampe torche sous mon arme tout comme Marceau le faisait. Rien ! Il n’y avait pas la moindre trace d’effraction et pourtant la porte était légèrement entrouverte, comme le portail.
Poussant cette dernière du bout du pied, j’entrais et me retrouvais face à mon partenaire dans le couloir. Je lui adressais, concentrée, un signe de tête lorsqu’il m’indiquait qu’il allait entrer dans le salon. Je le laissais passer devant et sursautais presque à son juron tandis que mon regard se posait sur cette mise en scène macabre. Je n’avais jamais vu ça ! Un type gisait nu sur la table, les deux mains coupées et posées sur son torse… Il semblait également avoir été privé de ses parties génitales.



- C’est pas lui ça… murmurais-je en reculant d’un pas.


*Attention où tu marche ma Louve !* Il arrivait parfois, même si cela était rare que Rouge remarque des choses que je n’avais pas relevé. Mon psy me disait qu’elle était juste mon inconscient et rien de plus… Je n’y croyais pas ! Cela étant dit, j’éclairais le sol pour remarquer la présence de gouttes de sang. Elles traçaient un chemin en direction de l’escalier qui montait à l’étage comme si quelqu’un s’était tranquillement balader avec un couteau ensanglanté.
J’attirais l’attention de Marceau en lui tapotant l’épaule avant d’éclairer le pied de l’escalier. C’est à ce moment qu’un grincement se fit entendre. Mon regard, interrogateur, se posa sur le quadragénaire. Il y avait quelqu’un à l’intérieur, c’était certain ! 
C’est alors que je crus percevoir un bruit à l’extérieur… du côté de la porte arrière que j’avais franchi quelques minutes auparavant. Se pouvait-il que deux personnes en plus de Marceau et moi se trouve dans le coin ? Je n’en savais foutrement rien mais cela ne me disait rien de bon.

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Dona Nobis Pacem

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() message posté Sam 6 Jan 2018 - 0:41 par Jean Marceau
La jeune femme se vante de sa conduite et je secoue doucement la tête avec un sourire. J’avais du mal à lâcher mon volant. Même si j’en avais peur. C’était peut être paradoxal, mais pas à mes yeux ; il était évident à mon sens que je voulais peut être trop bien faire et que je n’avais peut être pas non plus envie de laisser la main à quelqu’un d’autre. Comme si conduire en personne était la solution la moins pire à mon problème de confiance. Oui, en fait vous avez raison. C’est paradoxal. Tant pis, on mettra ça sur le compte de mes autres dysfonctionnements, que pourrais-je y changer maintenant ? J’ai un mince sourire fatigué quand elle parle de Belle au Bois Dormant.


| Je ne suis pas belle, et je ronfle si je veux, sergent. |


Mais elle se doutait sans doute déjà que je ne le ferais pas vraiment ; elle avait raison, il ‘y avait en plus rien de plus désagréable que conduire alors que l’accompagnateur était en train de ronfler bien tranquille, parce que ça voulait dire pas de musique trop forte, pas de conversation, et le sommeil qui vient forcément par contamination… Ca n’avait rien de facile, et rien de classique non plus. Et voilà que la jeune femme reprend la parole, mais sans que ce qu’elle dise ensuite ne soit parfaitement raccord avec le sujet précédent. Je la regardais en quittant la route des yeux un moment en fronçant des sourcils. Il s’était passé quoi là, elle réfléchissait à haute voix, ou alors j’avais zappé dix secondes de conversation ? Bref, nous avions maintenant tous deux des préoccupations plus urgentes, entre un chien mort, une effraction de domicile et probablement une agression à l’intérieur. Mon instinct me hurlait même que l’endroit était une scène de crime, mais j’essayais de garder la tête froide. Mon cœur battait à un rythme soutenu mais j’usais de la peur qui venait naturellement dans ce genre de situation pour la maîtriser ; la peur et l’adrénaline ne devaient jamais être éliminées, d’après mes instructeurs, jadis. Elle devait être domptée, maîtrisée, car la peur est plus utile que la témérité ; la peur vous donne tellement d’attention sur chacun de vos sens que vous êtes bien plus alerte, et donc bien plus dangereux. Mais pour le moment, je n’entends rien, et je ne vois pas grand-chose non plus.


Lou acquiesce d’un signe de tête et à cet instant précis, nous ne formons plus qu’un ; nous devons penser comme une seule et unique personne, réagir d’instinct en se protégeant mutuellement autant que soi-même. C’était ce qui forgeait les meilleurs liens de travail ; le danger partagé, surmonté ensemble. Et en débarquant dans la salle à manger, nous tombons sur un corps. Un homme. Nu. Couché. Mort, car bien trop raide, trop immobile, pour être encore en vie. Entrejambe arrachée, ce qui me crispe inconsciemment, et me fait écarquillé les yeux. Les mains coupées posées sur le torse. Quelque chose cloche et je ne sais pas quoi, jusqu’à ce que tout s’éclaire lorsque ma partenaire lâche quelques mots à voix basse.


Putain, elle avait raison.


Ce n’était pas lui. Ce n’était pas notre tueur. Il ne coupait pas gratuitement des parties d’un corps dont il ne faisait rien. Il était propre, soigné, et il n’infligeait que des sévices post mortem, des sévices qui avaient un but. Un but de dégénéré soit, mais un objectif. Ce n’était pas purement gratuit. Nous revenons dans le couloir et il y a des traces de sang sur le sol qui mènent à l’escalier, en haut… Il y a un petit bruit derrière, et je me retourne dans cette direction. Je me penche sur Lou, collant presque ma bouche contre son oreille, ne pouvant produire de son plus haut que nécessaire.



| Appelle la police locale et fais leur envoyer tout ce qu’ils ont. Surveille mes arrières, y’a peut être quelqu’un qui rôdait dehors et nous a vu entrer ; je monte. |


Je la laissais à sa mission et grimpais les escaliers mais en grinçant des dents, car les marches grinçaient et craquaient légèrement. Flingue pointé vers le bas. Lampe éteinte. Pas à pas, comme jadis, dans la reco. Comme un fantôme. J’arrive enfin sur le palier et j’ai de la chance ; lui ne craque pas. En revanche, c’est pas de pot, où le type m’a vu, ou il m’a entendu, mais j’aperçois à peine une ombre apparaître sur le côté que je dois déjà esquiver un type cagoulé qui se fend, lame en avant. D’instinct, je ferme le poing gauche alors que mon flingue est tenu par le droit, et je lance un coup précipité mais qui a le mérite d’intercepter la lame, qui me racle les jointures sans me faire sauter les doigts et sans non plus trancher dans la chair fragile de la paume. Je lâche un cris, serre les dents, et envoie mon front en plein visage de mon agresseur, qui réplique d’un coup de taille qui m’érafle la pommette, filant sous l’œil. Les coups de poing cognent, sourds, contre son torse, son épaule, le haut de son bras. Il réplique, lame vers le bas. Coup de poing dans la mâchoire et il tente de me perforer la poitrine d’un coup descendant, mais je bloque de justesse son bras et nous éructons, jurons, poussons, alors qu’il me plaque contre le mur, plus amoché que moi mais visiblement décidé à me planter.


Et là, j’aperçois sous son bras, dans la chambre d’a côté, une femme nue qui se couvre, ramasse ses affaires. Et les parties manquantes en bas, sur le corps, au pied du lit. Mon cœur se fige d’horreur.



| Qu’est-ce que ? | lâchais je par pur réflexe, malade de l’horreur qui, tenace et crasseuse, me serrait le cœur


Et ce ne fut rien à côté de ce que je ressentis en entendant un furieux vacarme en bas.
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() message posté Sam 6 Jan 2018 - 11:49 par Lou Williams
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Je me retenais de rire à la réplique de Marceau et ce, uniquement pour ne pas avaler la gorgée de ma boisson de travers. Je n’étais pas certaine que mon chef apprécierait que je recrache ce liquide sucrée sur le pare-brise de la voiture. Une réplique nous était aussi venue à l’esprit à Rouge et à moi lorsqu’il avait dit ne pas être belle. Ne le connaissant pas assez, je la gardais pour moi au plus grand damne de mon double. *Tsss. Qu’est-ce que tu es nulle Lou ! Je suis sûre qu’il aurait été amusé que tu lui dise qu’il n’était certes pas belle mais qu’il était pas mal dans son genre.* *Tu te calmes oui ! C’est mon chef et il n’y a pas de mais !*
Je ne disais donc rien mais cela ne m’empêcha pas de sourire d’une façon très amusée. De toute façon le sujet était clos et j’étais quasiment certaine qu’il ne ferait pas ce qu’il avait dit : dormir ! C’était déjà un miracle qu’il me laisse conduire alors je le voyais mal ne pas me surveiller. Pis il avait beau avoir son caractère, j’avais l’impression qu’il faisait en sorte que notre partenariat se passe bien.
Sur ces entrefaites, perdue dans mes pensées, je répondais à Rouge à voix haute. Bien entendu je m’en voulais immédiatement et davantage lorsque je vis le regard de Marceau se poser brièvement sur moi.



- C’est rien ! Je pense à voix haute des fois, dis-je en souriant.


Ce fut le dernier moment d’insouciance de notre soirée pluvieuse puisque tout changea à notre arrivée devant chez le type. Une fois sortis de la voiture, notre situation s’accéléra. Un portail entrouvert, un chien égorgé, l’accès arrière à une immense baraque mal fermé, cela ne voulait rien dire de bon ! J’aurais presque regretté que Marceau et moi nous soyons séparés. Que devais-je faire si je tombais sur un tueur ? Sur notre tueur ? A lire les divers dossiers accessibles que j’avais pu lire sur les tueurs en série, ces derniers étaient des tarés. Lorsqu’ils se faisaient prendre, ils avaient plutôt tendance à foncer dans le tas. Les cibles des stups, sauf exception, avaient plus la manie de prendre la poudre d’escampette pour recommencer leurs magouilles dans une autre ville ou province, voir même carrément un pays différent.  
En bref, j’étais toujours flic mais le changement était plus important que lors de mon passage de la police judiciaire aux stup. J’avais un peu, beaucoup même, l’impression d’être une bleue en plein apprentissage. Bien sûr, je n’en disais rien. Si mon partenaire m’avouait cela, je ne serais pas en confiance pour bosser avec lui !
Alors j’oubliais tout cela et je me concentrais. Rassurée de voir mon partenaire en face de moi dans le couloir, j’acquiesçais à ses indications ce qui nous mena tout droit à une mise en scène des plus écœurantes. C’était à vomir, bien que je ne le faisais pas. Pourtant l’odeur métallique du sang était horrible ou alors cela l’était car mon esprit associait cela au mort qui se trouvait face à nous. Je n’en savais rien et mon attention fut attirée ailleurs par Rouge.
Je ne traînais pas pour montrer les gouttes de sang à Marceau et me raidissais en entendant deux bruits distincts. Un dans la maison, un à l’extérieur. Après avoir regardé dans la même direction que moi, mon chef se pencha pour me murmurer ses instructions. *Toute cette tension… J’adore ! C’est excitant, tu ne trouve pas ?!* Je levais les yeux au plafond en étant certaine que Marceau ne me verrait pas. *Tu n’aimes pas ce job il me semble !* *Et bien ce soir, je change d’avis.*



- Ok !



Mes paroles n’avaient pas été prononcées mais mimées tout en étant accompagnées d’un signe de tête juste avant que le quadragénaire ne commence à monter. Gardant mon arme en main, j’abandonnais ma lampe torche pour saisir mon portable et composer le numéro. La mise en relation fut assez courte… Cependant, comme je parlais doucement je dus répéter trois fois mon identité ce qui m’agaça. Une chance pour nous, lorsque l’interlocutrice comprit enfin elle devint beaucoup plus attentive et c’est à ce moment que le vacarme d’une bagarre éclata dans la demeure. Inquiète je levais la tête et donnais l’adresse rapidement sans murmurer afin que la femme ne se trompe pas. Je ne répondais pas à son « Très bien, les renforts arrivent ! » et je raccrochais.
Puis… surprise ! J’étais tellement concentrée sur l’appel et les jurons qui venaient de l’étage que je ne voyais que trop tard la porte arrière de la baraque s’ouvrir. L’individu, un type aux vues de la carrure et de la taille, se précipita sur moi. Son élan combiné à sa force me propulsèrent contre le mur… Le cadre accroché à celui-ci se brisa sous l’impact qui me sonna légèrement. *Hé ! C’est pas le moment de faire une sieste !* Rouge avait raison mais ce fut surtout l’éclat d’une lame qui me fit réagir. Bougeant au dernier moment, le couteau ripa contre le mur tandis que je récupérais mon flingue pour donner un coup de crosse à mon agresseur. Sa réplique fut cinglante et son coup de poing bien que ralentit par l’ange de frappe, m’ouvrit légèrement la lèvre me faisant lâcher mon arme et un grognement.
Délaissant son couteau, les mains du type se placèrent autour de mon cou. Alors que son corps s’appuyait lourdement contre le mien, ses paroles me glacèrent le sang. Ma main était à quelques centimètres de mon arme mais c’était trop ! *Le couteau !*
Mon autre main frôla alors l’arme blanche alors que mon esprit s’embrouillait. Cela ne m'empêcha pas de la saisir !


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() message posté Mer 10 Jan 2018 - 13:36 par Jean Marceau
La bagarre est terrible. Je le sens dans mes tripes, quelque chose coince. Dès qu’on est arrivé ici. L’homme que l’on traquait ne laissait pas ce genre de traces, le genre que tout un chacun laissait en pensant s’être montré le plus précautionneux possible. Le sergent Williams l’avait vu, elle aussi. J’avais eu le pressentiment plus tôt, mais en ce qui concernait la victime, c’était elle qui avait eu la confirmation que ce n’était pas notre gusse. Elle avait raison. Elle savait faire attention aux détails. Je l’aurais sans doute vu plus tard, une fois que j’aurais pu avoir la tête un peu plus froide. Mais pas là. Pas alors que mes tripes me soufflaient qu’il y avait quelqu’un ici, à l’intérieur, avec nous. Que le tueur et tortionnaire était toujours présent. Qu’il se cachait… Cela avait mis mes sens en alerte, mon esprit concentré sur le danger immédiat, qui n’était certes pour le moment qu’un sentiment diffus mais néanmoins alarmant ; mes sens s’aiguisaient et je me concentrais naturellement sur la peur salvatrice, dont le contrôle m’avait été appris vingt ans plus tôt lorsque j’étais parachutiste. Aiguises ses sens, son attention. Faire en sorte que tout roule comme sur des roulettes, que l’on puisse être tranquilles. L’euphémisme du siècle. Dans ces circonstances, notre tranquillité s’achetait avec du sang.


Je me rappelais très bien l’effet que ça faisait que de se retrouver dans une fusillade en endroit fermé.


Je charge la jeune femme de surveiller mes arrières, de rester en bas tout en appelant les flics. Je monte avec empressement et précaution, et je n’entends pas si Lou appelle qui que ce soit. Pourtant d’instinct, même sans trop la connaître, je lui faisais confiance. Seul un fou espérerait régler la situation sans jamais requérir l’aide de personne. Ce n’était pas mon cas. Et j’avais manqué de perdre quelques doigts avec parade, tout en récoltant une estafilade au visage. La lame est bloquée à quelques centimètres du haut de ma poitrine et je la bloque de justesse. L’instinct reprend le dessus. Je ne suis plus flic. Je ne suis même plus humain. Je suis ce que l’instructeur me hurlait d’être, jadis. Je donne un coup de genou dans le bas-ventre du mec mais il se protège, j’essaie de virer ses mains toutes deux pressant le couteau, mais sans réussir à les éloigner. Alors je lui envoie un coup d’épaule d’une violence rare en plein visage, et nous crions tous les deux. Lui parce qu’il voit son nez amoché et ses lèvres écrasées contre ses dents, moi parce que la lame s’est enfoncée de quelques centimètres dans la chair musculeuse de mon épaule. L’ouverture que je cherchais, je la saisis par instinct.


[HJ je passe en hide, le glauque ok mais y’a un peu de brutal !]


Le couteau est enfoncé dans ses côtes alors que je ne lui ai pas pris, mais enserrant ses mains je les avais repoussées contre sa peau. Le sang coule sur mes mains et le type serre les dents et gémis de douleur et de colère tandis que la femme rattrape ses vêtements et essaie d’ouvrir la fenêtre de la chambre. Trop tard. J’arrache le couteau des mains du type et sans réfléchir, sans me rappeler que j’avais été flic un jour, je le plante encore. Une fois, deux fois, trois fois, donnant comme des coups de poing avec, brisant les os et esquintant les chairs. Le type s’étouffe dans son propre sang par terre et je laisse le couteau planté dans son sternum, le laissant suffoquer alors que je titube en fermant les yeux, me crispant sous le coup de la douleur qui me transperce l’épaule. Je hurle, en rentrant dans la chambre, provoquant les cris de panique de la jeune femme



| Qu’est-ce que t’as foutu putain ?! Qu’est ce que t’as foutu ! |


Je ne la connaissais pas, mais l’avoir chopée dans cette position avec les parties d’un mort, ça puait le culte satanique, les détraqués évadés de l’asile ou une secte encore pire que les autres. La meuf crie encore, pleurant toutes les larmes de son corps, et j’abats mon pistolet ramassé sur le coin de son visage, l’assommant sur le coup. Je n’avais pas le temps de tout gérer. Elle s’effondra, sans connaissance, une coupure et une marque sur le front. Je me laisse tituber et retomber, haletant, perdant du sang de l’épaule, de la main, de la coupure au visage et de la lèvre amochée.


|Williams ? Williams ! |


Putain, ça se bat aussi en bas. Je l’avais pas entendu à cause de la bagarre ici en haut. Je titubais en agripant mon flingue. Quelqu’un allait crever pour de bon, sauf si le type qui avait essayé de me planter claquait le premier.


| LOU ! |

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() message posté Mer 10 Jan 2018 - 19:57 par Lou Williams
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Jean Marceau & Lou Williams


Est-ce que nous avions eu tort d’entrer sans donner la moindre information à qui que ce soit ? Flic du coin ou nos supérieurs ! Une petite voix, celle de ma raison, me soufflait que oui et que c’était sûrement à cause de ce genre d’agissement que Marceau pensait que j’étais là pour le surveiller. *Et il a raison ma Louve !* *Oui mais je n’en ai à rien à faire… Hors de question que je joue à la baby-sitter ! Et puis il bosse très bien…* *Mouais ! Évite de te faire tirer dessus par sa faute ; à la limite fait en sorte qu’il nous ti…* Je bâillonnais mentalement Rouge pour éviter de l’entendre terminer sa phrase. Comment pouvait-elle me mettre ce genre d’idée en tête après ce que nous venions de voir. Le pauvre type qui n’en était plus un !
Il y avait des fois où Rouge était réellement flippante. Arriver à fantasmer sur mon chef et partenaire après avoir vu une scène aussi macabre aurait été impossible pour moi. D’ailleurs, même en temps normal je ne le faisais pas… Ce ne serait pas éthique professionnellement parlant ! *Et c’est pour ça que nous allons finir vieille fille… Si on prend un chat je veux qu’il soit noir et qu’on l’appelle Nox !* Je retenais un soupire alors que la présence d’un individu était confirmée. J’en fus presque soulagée ! Car un suspect dans le coin voulait dire danger et Rouge tenait trop à sa vie pour me déconcentrer plus longtemps.

Quant à moi, ce fut avec une pointe de stress que je laissais partir Marceau en direction de l’étage mais cela ne m’empêcha pas de suivre ses ordres. Plus vite les renforts arrivaient et mieux ce serait. Si cette pensée m’était venue en entendant une bagarre éclata en haut, elle n’en fut que confirmer lorsque un type gigantesque me fonça dessus. Je n’avais donc pas rêvé tout à l’heure… Il y avait bel et bien quelqu’un dehors ! Mais pourquoi était-il revenu ? J’étais vraiment trop habituée à ce que les suspects fuient les représentants de la loi. Je faisais clairement fausse route. En même temps, qu’aurais-je pu faire de plus en ayant pensé autrement ? Pas grand-chose !
Il m’aurait tout de même balancé contre ce fichu mus avec la même facilité déconcertante. Le choc fut violent, assez pour me sonner mais Rouge arriva bien vite à me sortir de ma torpeur. Cette voix qu’elle utilisait parfois avait le don de me vriller le cerveau. Mais cette fois, je ne m’en plaignais… même si le problème de différence de taille, de force, persistait.
Réactive, j’arrivais tout de même à lui faire lâcher son arme ce qui le poussa à me coller un coup de poing avant de tenter de m’étrangler. Tentative qui semblait bien partie puisque j’étais limitée dans mes actions, son corps étant complètement contre le mien. Mon arme était hors de portée mais alors que l’air me manquait je sentais la lame du couteau, j’arrivais à saisir l’arme alors que ma vue se voilait… et au même moment des cris perçants de femme retentirent, détournant légèrement l’attention de mon agresseur.

Ni une, ni deux, je plantais le couteau sans vraiment regarder où et je me débattais comme une furie. Tant bien que mal j’arrivais à me redresser avant le type et lui donnais un grand coup pied dans le ventre. Sans réfléchir, je prenais le premier truc qui me tombait sous la main… une lampe, et lui fracassais sur le crâne. Complètement endolorie j’esquissais tout de même un sourire en voyant le colosse sonné à son tour mais je ne traînais pas à lui mettre les mains dans le dos pour lui passer les menottes.
Je récupérais mon arme et glissais le couteau à ma ceinture au moment où j’entendais Marceau m’appeler. Je poussais un soupir de soulagement et j’allais lui répondre mais rien ! J’avais la gorge en feu et seul un murmure s’en échappa, me faisant tousser. Je prenais la direction des escaliers et sursautais lorsque mon partenaire gueula mon prénom. J’accélérais le pas et passais à côté d’un mec gisant sur le sol avant d’arriver auprès d’un Marceau salement amoché.



- Marceau ! Ça va aller ? murmurais-je essoufflée en allant à ses cotés pour le soutenir. Les renforts arrivent, l’informais-je en grimaçant légèrement.


*Et dire que certaines personnes adorent l’étranglement pendant les parties de jambes en l’air… C’est visiblement pas trop truc !* Je manquais de m’étouffer en entendant les propos de Rouge et je me mis à tousser. C’est en tournant la tête que je vis la nana inconsciente. Je portais un regard interrogateur à mon partenaire !


- Une victime pour trois tarés ? demandais-je pour savoir si elle était innocente ou coupable.


Puis de nouveau bruit se firent entendre en bas ce qui me fit définitivement taire.

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Dona Nobis Pacem

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() message posté Mer 10 Jan 2018 - 22:39 par Jean Marceau
Je suis blessé, mais ça reste superficiel. La bagarre a l’air terrible en bas, ça se cogne contre les murs, et on entend les chocs lourds des coups portés à la chair. J’entends de grands bruits encore, comme si on cognait la chair avec des objets métalliques. Comme les bruits que j’avais faits en enfonçant brutalement la lame prise sur mon agresseur. Mon cœur se serre mais je titube sous le coup de la fatigue ; je suis exténué. Quelques minutes de corps à corps brutal ont eu raison de mes forces. Je me rappelais de ce phénomène, observé de nombreuses fois à l’armée. Vivez un stress intense et une épuisante lutte pour la survie et ça vous rince, physiquement et mentalement. Je m’apprête à appeler une seconde fois ma collègue par son nom, mais j’entends un bruit, comme un râle ou un toussotement. J’essaie de redresser mon flingue, mais je reprends mon souffle. Je la vois finalement arriver, et ma respiration se libère de soulagement. La jeune femme semble amochée, elle a pris des coups. Sa lèvre est amochée. Son cou est tout rouge. Quelqu’un s’en est pris à elle. La voir inquiète pour moi me redonne de la contenance. Elle est probablement au moins aussi terrifiée que moi par tout ce qu’il vient de se produire.


Le type derrière nous, assis par terre et la poitrine poisseuse de sang, tousse et s’étouffe pour de bon, ses gargouillis finissent par s’arrêter. Elle vient me soutenir. Le type a dû mourir, ou n’en est pas loin. Malgré moi, je claque des dents. L’adrénaline retombe, et je me rends compte de ce que je viens de faire.


De refaire.


Je me laisse embarquer par Williams, et je ravale mon sang en plissant les yeux, en crispant ma face dans une mine dégoûtée et douloureuse ; j’ai encore morflé, putain.



| Oui ça va. Ce fils de pute m’a planté. Putain… Je… J’ai… Je l’ai… Il est mort je crois. Et la nana dans la chambre… Elle avait ce… |


J’inspire un bon coup pour m’empêcher de vomir ou de tourner de l’œil ; ne pas dormir pendant des mois, presque rien manger et picoler comme un trou, ça avait lourdement prélevé sur mon endurance de militaire sportif que j’étais il y a bien longtemps. J’inspire encore, j’expire, et je rouvre les yeux pour la regarder.


| C’est pas notre tueur, Williams. C’est pas du tout celui qu’on cherchait. |


A deux doigts de replonger, mon esprit se raccroche à la seule pensée rationnelle à ma portée ; non, cette femme n’était pas en train de faire ce qu’elle faisait. Non, ces deux hommes n’allaient sans doute pas participer à la « petite fête » atroce qui se passait dans cette maison, et non, je n’avais pas encore flingué quelqu’un. A coups de couteau, putain. Ce salopard avait voulu me crever. Une partie de moi voulait lâcher un cri sauvage, de rage et de satisfaction mêlées. Mais l’autre partie voulait se prendre un mur et ne plus se relever. Un bruit se fait entendre. Et soudain, c’est le bordel. On se fait braquer par des flics anglais, uniformes et casquettes noires, qui nous hurlent de lâcher nos armes. Il faut quelques minutes pour que le torrent de flics ne s’assèche, qu’on nous escorte dehors, près des véhicules de secours, pendant que les flics passent la maison au peigne fin. On nous soigne, on nous maintient séparés, on désinfecte mon épaule et on me la bande avec une compresse et un pansement qui me tient chaud sur la plaie, et on prend soin de moi pendant un moment interminable. IL pleut toujours. Les flics font une tonne d’allées et venues, et un enquêteur va interroger Lou. Un corps est évacué, dans un body bag. Puis un autre. Dans plusieurs sacs. Notre victime n°1. Un autre est trainé sur un brancard. Seule la nana sort debout, recouverte d’un imper et menottée. Ca doit durer une demie-heure. Puis c’est mon tour. Ils repartent vers elle. Ils corroborent nos versions. Je finis par reboutonner ma chemise, renfiler ma veste. Je regarde ma montre. 1h54 du matin. Nous étions arrivés plus de quatre heures auparavant.


| Inspecteur Greene. On vous reverra demain, d’accord ? On a raté notre coup, un type est mort et n’avait rien demandé à personne. On a fait ce qu’on a pu, ils nous sont tombés dessus… Vous avez mon enregistrement et celui du Sergent Williams. On se tient à votre dispo si vous avez d’autres questions, et pour une audition complète. Maintenant, laissez-nous rentrer. La journée a été longue. |


Les mecs hochent la tête. Tape sur le bras. « Bon boulot ». « Ces fils de pute ont eu ce qu’ils méritaient ». Moi, je savais que j’allais encore me faire engueuler. Je me tourne vers Lou. Mes cheveux sont imbibés de pluie, et se rebiffent. Ma barbe dégouline. Je me fixe pourtant une clope au bec, plaisir rare. Me l’allume, et tire ma flasque de la poche de ma veste, discrètement, et la tend à Lou. Qu’est ce que je suis fatigué, putain. Mais reconnaissant. Confiant. Démoli, mais content d’être en vie. Williams a passé le test, même s’il était pas au programme. Je peux lui confier ma putain de vie, pour ce qu’elle vaut.


| Tu nous ramènes ? Une heure de route. Sinon on se prend le B&B en sortie de ville, je prends le canap’. Mais je peux pas conduire avec mon épaule. |

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() message posté Jeu 11 Jan 2018 - 16:07 par Lou Williams
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Alors que je me débattais comme une folle j’avais l’impression que la bagarre en haut avait cessée en même temps que les cris de la femme. Je ne savais pas si cela était rassurant ou très inquiétant et c’est sûrement ce qui me donna assez d’énergie pour me défaire du colosse qui avait presque réussi à m’étrangler. Lorsque je voyais la profonde entaille que lui avait infligé la lampe sur le front j’aurais presque eu mal pour lui, j’ai bien dit presque ! Car je ne le ménageais pas pour lui passer les menottes. Je devais savoir comment allait Marceau ! Je n’avais jamais perdu de partenaire et ce n’était pas maintenant que ça allait commencer.
Avant même de le voir, j’entendis sa voix ce qui me rassura mais je ne pus lui confirmer que j’allais bien. Je montais le plus vite possible pour qu’il le constate par lui-même ! Une fois en haut je rejoignais rapidement Marceau en le voyant tituber… Il était un peu plus amoché que moi mais ses blessures, comme les miennes, semblaient superficielles ce qui me fit pousser un soupir de soulagement.
Je me tournais vers la nana lorsque Marceau en parlait sans même finir sa phrase. Je n’étais pas certaine de savoir ce qu’il allait dire mais je n’insistais pas. Mon attention se portait ensuite sur le mec qui ne bougeait plus et ne semblait plus respirer. J’aurais peut-être du tenter un truc mais je n’en avais guère envie. Et le quadragénaire était ma priorité !



- Oui, il l’est je pense, murmurais-je sans compassion.


Mais très vite je me reconcentrais sur Marceau qui ne semblait pas bien du tout. Je le fixais alors qu’il avait les yeux fermés et ne fut rassurée que lorsqu’il tourna la tête pour me regarder et me dire qu’il ne s’agissait pas de notre homme. Je hochais la tête pour acquiescer…


- Rien à voir… Si ce n’est plusieurs cases en moins, dis-je en déglutissant avec difficulté.


Après ces quelques minutes de calme, le bordel fut de nouveau de circonstance lorsque les flics du coin débarquèrent en nous foutant la lumière de leur lampe torche dans la tronche tout en nous aboyant de lâcher nos armes.
Une fois identifiés, Marceau et moi fûmes conduits dehors et séparés pendant que les flics passaient la maison en revue. Je suivais les soins qui m’étaient prodigués et constatais quelques coupures aux doigts de ma main gauche. *Tu aurais pu récupérer ce couteau sans nous charcuter !* Je soupirais avant de répondre à mon soigneur que non, il ne m’avait pas fait mal. Puis un enquêteur arriva au moment où les corps et les suspects étaient évacués de la baraque et je ne vis pas grand-chose à cause du mec. Je répondais aux questions et terminais au moment où mon supérieur arrivait.
Assise à l’arrière du véhicule, la tête appuyée contre le métal, j’esquissais un léger sourire aux félicitations entendues. Le son de cloches serait différent de la part de nos grands chefs. Je le savais, tout comme Marceau. La poisse ! Je buvais donc une discrète gorgée de la flasque qu’il me tendait… J’eus l’impression que ma gorge était de nouveau en feu mais l’odeur du tabac me le fit oublier. Je sortais mon paquet de ma poche arrière pour voir mon ultime cigarette ruinée.
 


- Je te la rendrais ! dis-je en me levant. J’écartais ensuite légèrement la veste de Marceau pour prendre son paquet dans la poche intérieure et lui piquer une cigarette. J’allumais cette dernière en fixant l’homme. On vient de survivre à tout ce merdier… Hors de question que je nous tue sur la route à cause de la fatigue !



La dernière chambre ! La chance y mettait un peu du sien. Je n’aurais pas aimé dormir dans la voiture alors que j’étais trempée. J’esquissais un sourire amusé en ouvrant la porte de la chambre d’hôtel même si j’étais gelée et fatiguée.


- Tu ne pourras pas dormir dans le canapé ! Il y a juste un fauteuil, déclarais-je en regardant Marceau et en marquant une légère pause. Mais heureusement, il y a deux lits !


*Tssss ! Il est nul ton humour Lou… Cela étant dit vous pouvez très bien dormir dans deux séparés après…* *Après rien !* J’ouvrais la porte en grand et entrais.


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