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souvenirs sortis du placard ☾ ft. Daley

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MEMBRE

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() message posté Dim 14 Jan - 0:57 par Nevada F. Artemieva
Life is too short to wait.Daley & NevadaLe bout de son pouce ne cessant de faire l'aller retour sur l'écran de son téléphone, partir puis revenir, s'arrêter quelques instants, caresser un bout d'image comme si celle-ci était aussi palpable que l'objet dans sa paume. Elle aurait tant voulu que ce le soit, quelque chose d'immédiat et qu'elle pourrait toucher ou bien ne serait-ce que poser un petit regard, histoire de garder un souvenir indélébile. Quelque chose qui ne s'effacerait pas, bien que dans le fond, elle savait que ce ne serait jamais vraiment le cas. Tout contre la pulpe du pouce, des images numériques, quelques bribes, une petite partie de cet événement qui s'était construit, celui sur lequel elle avait bossé plusieurs semaines. Nevada baissa légèrement les yeux, sa main gauche glissant sur le haut de son crâne, rattrapant de justesse ce capuchon qui menaçait de retomber lamentablement le long de son dos, le vent faisait ravage dehors le temps d'une tempête éphémère avant de s'évaporer dans la nature. Le bout de ses chaussures à courts talons claquant contre le sol, le chemin qu'elle empruntait la mènerait là où elle espérait aller sans trop de difficultés, si toutefois elle ne se prenait pas à ralentir le pas pour zoomer sur une quelconque photo de fête d'anniversaire. Ces événements étaient toujours un brin nostalgiques mais ils faisaient toujours plaisir au cœur, c'était un peu comme la caresse d'une plume au creux de la main, mais en plus récurant, plus agréable également. Le bout de son index se posa sur le haut de son front, elle caressa la bordure encore méconnue du bonnet recouvrant le haut de sa tête, brodé aux différentes couleurs de l'hiver, mélange de gris, brun, noir et un peu de bleu. 

C'était un cadeau qu'elle s'était empressée de mettre

Ce genre de choses, c'était toujours un peu surréaliste, elle n'en avait pas encore l'habitude de ces étranges preuves d'affection et les mots lui manquaient bien souvent. Revoir le visage d'un client après que l'événement organisé se soit passé ce n'était pas souvent chose courante. Elle n'était que de passage dans leur vie, juste là pour rendre l'instant plus beau en y mettant des formes et des paillettes et la plupart faisaient ce qui devait être fait en lui tournant le dos ensuite, tout du moins peut-être jusqu'à la fête prochaine. Cependant certains revenaient, ils passaient encore toquer dans son bureau pour discuter et demander à ce qu'elle vienne organiser un autre événement pour un proche, certains venaient simplement la remercier, d'autres encore lui tendaient quelque chose en retour et elle n'était pas encore totalement sûre de pouvoir l'accepter. Cela avait été le cas pour Maia et ces belles boucles blondes, Maia et sa taille immense malgré ses treize petites années fêtées. Et Nevada s'en souvenait encore de son prénom, avec cette facilité déconcertante malgré le fait que finalement elle ne l'avait vu qu'une seule fois. Malgré le fait que bien souvent elle avait tendance à inverser les prénoms et leurs propriétaires, mais pas celui de cette jeune. Elle était bien tendre cette gosse, au point de lui offrir ce bonnet en forme de tête de chat en retour avec un de ces sourires candides.

Le museau caché contre son écharpe, elle fit danser ses doigts sur l'écran encore quelques minutes, observant les quelques clichés des décorations de la fête, les bordures accrochées aux tables étant d'une texture duveteuse rosée attirant son attention un moment avant qu'elle ne lève la tête. Il faisait froid. Le froid non pas désagréable qui glaçait les membres, mais le froid qui plaisait, celui sous lequel on se glissait le soir, celui qu'elle avait appris à apprécier malgré tout. Le froid c'était aussi sa Russie, le pays natal dont elle n'avait plus vu les beautés depuis de nombreuses années déjà. Les souvenirs ramenaient à cette terre et cette terre ramenait les souvenirs, c'était une boucle qui la ramenait toujours à se retrouver devant les anciennes photos de famille, à l'époque où tout le monde se plaisait à revoir tout le monde pendant les fêtes, avant que son père ne reparte quelque part. C'était peut-être un peu pour ça qu'elle avait choisi ce métier, une part de nostalgie enfantine, comme si ces moments de fêtes et réunions étaient plus beaux que tous les autres. C'était faux. Il n'en avait été ainsi que pour elle, elle le savait bien. Un coup d'œil jeté à sa montre et elle glissa ses mains dans ses poches, soulevant la tête pour regarder le ciel un moment, remarquant que les lumières de Noël s'étaient effacées pour être remplacées par celles beaucoup plus discrètes mais néanmoins toujours aussi éblouissantes pendantes à ça et de là sur les quelques recoins de magasins. La beauté de Londres en fin d'après-midi.

Nevada pressa le pas, recroquevillant un peu plus ses épaules afin de garder un maximum de chaleur. Son long manteau aux tons gris clair lui permit de rester à l'abri des brises capricieuses, encore une fois elle n'avait pas pensé à enfiler autre chose d'autre qu'une simple haut noir en flanelle à motifs blancs et malheureusement cela ne suffisait pas toujours face aux températures froides. Ne traînes pas trop. Ce ne serait pas poli de le faire attendre, le sentiment de nervosité qui lui pris le ventre la força à trottiner le long des avenues, le bruit de ces talons faisant écho à ses oreilles. Daley. Il devait sans doute être une des seules personnes à parvenir à la faire courir ainsi. Nevada s'empara de son téléphone portable et tapota un simple message, prévenir était toujours mieux. 

" Hey, j'espère que tu n'as pas trop froid. J'arrive dans trois minutes, je me suis un peu perdue en chemin..."

Il devrait sans doute déjà le savoir, il la connaissait assez bien, bien assez pour que les mots ne soient plus réellement nécessaires entre eux. Cependant elle les écrivait toujours, elle tentait toujours au mieux de les lui dire, c'était comme instinctif, une manière de toujours se faire comprendre. De trop nombreuses fois elle avait tendance à laisser les sujets en suspens et finalement on la comprenait que trop mal, s'en était gênant. Mais ça n'arrivait jamais avec lui, c'était... réconfortant. L'appareil remis en place dans sa poche, Nevada se faufila au travers de la minuscule masse de gens, tournant une fois à gauche pour rejoindre le quartier ouest de Londres, pendant un moment les quelques balancement maladroits de son sac lui manquèrent, mais il n'était pas nécessaire, pas pour le moment. 

Un soupir. Un souffle contenu puis relâché dans la nature en forme de nuée blanche, ses doigts agrippèrent une mèche de cheveux lui cachant la vue, elle la chassa d'un simple tapotement. Il y avait-il toujours eu autant de monde en ville ? Arrivé au lieu de destination, ces deux orbes brunes ne prirent que peu de temps pour le reconnaître, elle couru jusqu'à lui, esquissant un sourire mais se retenant de poser sa main sur son épaule. Il ne semblait pas trop l'apprécier...

— Daley ! Je suis contente de te voir. Navrée pour le retard, il s'est passé pas mal de choses. Hm... Oh. Ne fais pas attention à mon bonnet, c'est un cadeau. 

Doucement, sa tête se pencha sur le côté, ses yeux cherchant le bleu des siens quelques instants, en vérité elle cherchait plus à vérifier son état de santé. 

— Je t'interdis de rire, d'accord ? 

Ses lippes s'étirèrent un brin sous l'amusement et elle vint attraper un bout de son écharpe, cachant son sourire sous le tissus. 

— Tu vas bien ? Ça fait un petit moment qu'on ne s'est pas vus.

Pas énormément elle le savait, mais ça avait suffi pour qu'elle ne le remarque. Ce n'était pas le genre de détail qu'elle ignorait en temps normal, bien qu'elle faisait toujours en sorte de ne pas le dire aux gens, c'était compliqué de mettre des mots sur le manque et tout ce qui s'y rapprochait. Ses dents vinrent mordre sa lèvre inférieure discrètement, elle croisa les bras sur son torse, semblant plus pensive qu'autre chose, toutefois ce n'était pas le moment pour ça.

— Je sais que je ne devrais pas demander parce que j'aime les surprises mais.. où est-ce qu'on va ?

Un peu trop impatiente cette question lui brûlait les lèvres.
©️ Crimson Day
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() message posté Mer 17 Jan - 15:59 par Daley K. Brady
SOUVENIRS SORTIS DU PLACARD —



God. Il fait si froid. Je trépigne dans la rue, emmitouflé dans mon gros blouson bombardier en cuir marron, doublé en fourrure de mouton. L'odeur de la veste est un mélange non sans rappeler celle de la ferme et des chaussures fraîchement cirées. Ce n'est pas une odeur désagréable bien qu'elle persiste un peu dans les narines. Au moins, ça camoufle un tant soit peu l'odeur de tabac froid. Les yeux baissés sur l'écran de mon portable, scrollant les réseaux sociaux les un après les autres à tout va, je commence doucement à m'impatienter. Je décide d'allumer une cigarette en attendant la venue de Nevada. D'une nature pressée, j'aime que tout se passe rapidement. Les temps morts m'angoissent très rapidement car ils me donnent souvent l'opportunité de ruminer. Et Dieu seul sait à quel point je déteste ça, ressasser les choses, encore et encore. J'en reviens toujours à penser aux mêmes choses qui me ravagent l'esprit. Je lève de temps à autres la tête pour observer les alentours, cherchant des yeux le visage et la silhouette familiers de mon amie. Parfois, mon cœur rate un battement lorsque je crois l’apercevoir. Mais au final il n'en est rien ; et je baisse à nouveau les yeux en tirant une latte sur ma cigarette. Il faut dire que je suis peut-être arrivé un peu en avance. Mais j'ai eu hâte, l'impatience me rongeant jusqu'à l'os. Il y a quelques jours, peut-être quelques semaines, j'ai eu cette idée alors que je passais devant le Westfield Shopping Center White City en rentrant chez moi. Il faut dire qu'il y avait des affiches partout. Le « Cet hiver, venez glisser sur la patinoire de Westfield ! » a été bien assez criant pour qu'il m'interpelle et me mette la puce à l'oreille. J'ai presque automatiquement penser à Nevada. Je sais que lorsqu'elle était plus jeune, la jeune femme était une patineuse artistique plutôt prometteuse. Du moins jusqu'à ce que tout dégringole. Pour ma part, je ne pense pas avoir déjà enfilé des patins une seule fois dans ma vie, ou alors c'était lorsque j'étais enfant et cet événement ne m'a pas particulièrement marqué ; ma famille étant pauvre, je n'ai jamais eu l'occasion de faire des activités diverses et variées comme du patinage, du ski, ou même du roller. J'avais un vélo pour aller à l'école, un vieux modèle en ferraille que mon père possédait depuis déjà de longues années. Rouillé par endroit, et couinant allégrement lorsque l'on insistait trop sur le frein, il remplissait cependant son rôle de locomotion, et au fond c'est tout ce qu'il comptait, n'est-ce pas ? En y repensant, je me rappelle avoir subi des moqueries pour avoir possédé cette bicyclette moyenâgeuse, rentrant en pleurant un soir car un garçon plus grand que moi m'avait poussé à la sortie de l'école en me rabaissant plus bas que terre comme certains savent si bien le faire ; j'avais demandé un vélo tout neuf pour le Noël suivant, en tant qu'enfant testant jusqu'où un caprice pouvait aller. Mais mes parents n'avait pas fléchi à ma demande, et n'en voyaient pas l’intérêt, parce que le mien était encore en état de fonctionner. Ma famille m'a toujours appris de me contenter de ce que j'ai, tentant de m'inculquer une éducation modèle malgré le peu de moyen que nous possédions. Et je crois que jusqu'à un certain point, cela a fonctionné. J'ai dû faire l'impasse sur les premières consoles de jeux vidéos, les baskets Nike Air Max ou les Adidas Superstar, les vestes Schott, voir même les jouets en plastiques qui clignotent et qui font du bruit. Au final, cela m'a appris à n'être jamais trop dépensier pour ma pomme, mais généreux envers mes proches et ceux qui le méritent. Et c'est sûrement la raison pour laquelle je n'ai pas hésité une seule seconde à réserver deux billets pour cette patinoire en ce jour ; une place pour moi-même et l'autre pour Nevada. Je reçois un message sur mon téléphone de cette dernière. Le temps d'un instant, j'ai peur qu'elle annule notre rendez-vous. « Hey, j'espère que tu n'as pas trop froid. J'arrive dans trois minutes, je me suis un peu perdue en chemin... » Je souris et regarde autour de moi, prenant la peine de vérifier que personne ne le remarque. Je lui réponds en quelques tours de pouce « Ça marche, ne t'en fais pas, je t'attends.   », avant de ranger le portable dans ma poche, tirant une nouvelle latte à ma cigarette.

Je ne suis pas d'une nature très ordonnée. En autre, lorsqu'il s'agit de prévoir les choses à l'avance, je ne le fais jamais ; je suis le genre de personne qui fait tout au dernier moment, souvent dans la panique générale, et bien que je sois un amateur de sensations fortes, je me réprime toujours moi-même en pensant sincèrement que « La prochaine fois, je m'y prendrais plus tôt ». Et c'est ainsi que la fois d'après, je me retrouve avec une tonne de paperasse à remplir pour le lendemain, grognant dans ma barbe qu'il faudrait vraiment que je songe à m'organiser autrement. Mais il faut croire que cette fois-ci, j'ai tenu mes engagements. Puisqu'une fois les billets réservés, j'ai fais toutes les démarches nécessaires pour être libre à la date choisie pour aller à la patinoire. Et quoi de plus agréable que d'avoir toute sa journée pour soit, libre comme l'air et capable d'aller là où ça me chante ? J'ai certes, bien ma réunion chez les Narcotics Anonymes le soir même, et l'idée d'y aller est d'ailleurs aussi plaisante que désagréable ; car hier soir encore, de permanence la nuit, je me suis retrouvé à traîner pas loin de la réserve de médicaments de l'hôpital. J'ai bien failli craquer, une nouvelle fois, profondément enfoncé dans des pensées sombres et désagréables. J'hésite encore à leur en parler, car au fond, est-ce si grave ? Quiconque ne doute-t-il jamais à un moment ou à un autre ? Le principal n'est-il pas que j'ai réussi à m'extraire de ces mauvais envies, et de les combattre ? Perdu une nouvelle fois dans mes habituels combats intérieurs, j'expire longuement la fumée du tabac qui en a rempli mes poumon jusque avant. Un peu plus loin, une jeune femme attend elle aussi ; des longs cheveux blonds, une silhouette élancée et des yeux d'un gris perçants. Nos regards finissent par se croiser, et elle sourit, gênée, replaçant une mèche de ses cheveux d'or derrière son oreille droite. Je lui rends son sourire, amenant ma cigarette jusqu'à mes lèvres. J'aborde inconsciemment une pose plus décontractée en continuant de soutenir son regard. Et elle m'adresse finalement un petit salut d'une main, m'invitant peut-être à la rejoindre. Mais je finis par la voir, Nevada, et cette fois mon cœur s'emballe pour de bon. Son regard finit par se diriger vers le mien, et je lui adresse un sourire accueillant. Mon salut de la main ne s'adressera finalement jamais à la jolie blonde, dont je ne fais déjà plus attention, mais à mon amie. J'écrase ma cigarette à moitié entamée sur le rebord d'une poubelle prévue à cet effet et la balance d'un geste de doigts à l'intérieur. Puis je vérifie discrètement mon haleine. Geste futile. Je ne fais qu'à peine attention à la façon dont la jolie brune est habillée, bien trop préoccupée par le don qu'elle a de s'empresser pour me rejoindre à chaque fois.

Une fois à ma hauteur, j'hésite à la prendre dans mes bras. C'est ce que je ferais habituellement en présence de n'importe qui d'autre, mais pas là. Allez savoir pourquoi, car Nevada est pourtant de loin la personne avec qui j'ai le plus envie de passer du temps ces derniers mois. Mais je me retiens de lui offrir un quelconque geste d'affection, puisqu'après tout, il n'a jamais été question de ça entre nous. Nevada est comme cette perle précieuse que je n'ose pas toucher de peur de l'abîmer. Elle sait pourtant tout de moi, mes faiblesses comme mes démons. Et peut-être est-ce la raison pour laquelle je ne voudrais pas tout gâcher en laissant mes instincts animal prendre le dessus. Elle mérite bien mieux que ça. Bien mieux que moi. Je réprime donc mon geste, qui s'est présenté de manière naturelle pourtant, et garde un sourire radieux aux lèvres en réponse au sien. « Daley ! Je suis contente de te voir. Navrée pour le retard, il s'est passé pas mal de choses. Hm... Oh. Ne fais pas attention à mon bonnet, c'est un cadeau. » Jusque là, je n'y avais pas vraiment prêté attention, mais il est vrai que ce couvre-chef tranche plutôt bien avec la façon dont la jeune femme s'habille en temps normal. Mon sourire s’agrandit et je me contente de poser mes doigts sur la laine de couleurs qui recouvre le dessus de sa tête. Un rire menace à tout moment de s'extirper de mes lèvres, non pas tant parce que je trouve le bonnet ridicule, mais plus car cela donne à Nevada un style entre l'enfant et la grand-mère qui ne m'était jusque là que très peu familier. Je prends une respiration dans le but de parler, sourire ravageur au coin des lèvres. « Je t'interdis de rire, d'accord ? » Ajoute la jolie brune dans la seconde, me coupant ainsi dans mon élan. Elle a apparemment déjà enregistré certains de mes expressions du visage pour en déduire aussi rapidement ce que je m’apprêtais de faire. Je lève les deux mains dans un geste exprimant faussement mon innocence tout en haussant les sourcils. « Eh, loin de moi cette idée, il me plait beaucoup au contraire. Si tu pouvais juste le rendre à la grand-mère de ton immeuble avant la fin de la journée ça serait génial, il faudrait pas qu'elle se demande trop longtemps où est passé son bonnet tout de même. » Ai-je répondu sur le ton de la taquinerie. En vérité, Nevada pourrait bien s'habiller d'un sac poubelle que je suis sûr que je retrouverais toujours cette note de charme qui lui est propre. D'ailleurs cette pensée m'échappe bien trop rapidement à mon goût pour se transformer en mot et s'extirper hâtivement de ma bouche. Je suis bien trop habitué à dire tout ce que je pense d'ordinaire, surtout quand il s'agit de faire des compliments ou de rassurer quelqu'un que j'apprécie. C'est pourquoi je m'empresse d'ajouter un instant plus tard : « Mais ne t'inquiète pas, même avec cette chose qui défi toutes les lois de la mode sur la tête, tu restes très mignonne. » Mes paroles s'accompagnent d'une tape sur l'avant-bras de la jeune femme, geste plus amical qu'autre chose. Je regrette automatiquement autant ma phrase que mon acte, et me racle la gorge avant de faire mine de jeter un regard autour de nous. La pointe de mon pied tape nerveusement contre le goudron du trottoir, tandis que Nevada reprend la parole un instant plus tard. « Tu vas bien ? Ça fait un petit moment qu'on ne s'est pas vus. » Mes yeux viennent s'ancrer une nouvelle fois dans ceux de Nevada. Il est vrai que ça fait quelques semaines que nous ne nous sommes plus vus. Et pour cause, je suis retourné à Belfast pour les fêtes de fin d'année. Je n'avais pas eu l'occasion d'y retourner depuis un petit moment, mais mes parents ont tenus à ce que je sois avec eux pour festoyer Noël et le Nouvel An. J'ai eu l'occasion de revoir mes sœurs par ailleurs ; elles ont trouvé que j'avais pris du poids et du muscle, bien que j'eus l'air encore plus fatigué que la dernière fois qu'elles m'avaient vu. J'ai justifié cela par mon travail, très prenant, bien qu'il en soit tout autrement en réalité. « C'est vrai, j'ai prolongé un peu mes congés à Belfast, et à mon retour j'ai eu pas mal de boulot qui m'attendait à l’hôpital. » Tout ça, Nevada le sait sûrement déjà puisqu'on discute très régulièrement par textos. Cependant, je me sens dans le besoin de le redire une nouvelle fois. « Mais je vais bien ouais, ça me fait plaisir à moi aussi de te voir. » Faisant écho à ce qu'elle avait pu dire juste avant. « Et toi, comment tu vas ? » Ai-je finalement demandé dans un soucis de connaître son état d'esprit du moment. Je l'admets sans vraiment tressaillir, j'ai eu vraiment hâte de la revoir. Et bien que ce ne fut pas des mois sans nouvelle de sa part, je suis heureux qu'elle ait pu se joindre à moi aujourd'hui.

J'invite Nevada à marcher à mes côtés en commençant à m'exécuter moi-même de quelques pas. Nous nous rapprochons du centre commercial de Westfield, où une foule de gens s'engouffre dans les tréfonds du monde de la consommation. Je jette un regard vers la jeune femme qui semble pensive, ses bras croisés contre son buste. Je lui adresse un autre sourire alors que faisant preuve d'une impatience jumelle à la mienne, elle me demande finalement où je compte l'emmener. Je réponds premièrement sur un air faussement surpris, « Qui t'a dit que j'avais une surprise pour toi et qu'on allait quelque part en particulier ? » avant de lui offrir un rictus espiègle, tout en me dirigeant vers l'entrée du centre commercial. Bien évidemment, étant le seul et unique investigateur de cette surprise pour la jeune femme, j'ai pris la peine de la prévenir plusieurs jours à l'avance de réserver son après-midi en ce jour, et j'ai justifié cela par le fait que je voulais l'emmener dans un endroit qui lui ferait sûrement très plaisir. La jolie brune ignore totalement ce que je tiens tellement à lui montrer, alors que toute excité, je tiens fermement les billets dans ma main gauche à l'intérieur de la poche de mon bombardier. Une fois les portics du vaste établissement passés, nous nous dirigeons vers son cœur. Le nombre de gens au mètre carré s'accroit à mesure que nous nous rapprochons. Et nous arrivons finalement quelques instants plus tard. À cet endroit, le centre commercial est totalement ouvert de tel façon qu'il est possible de voir le rez de chaussée depuis le premier étage ; ainsi les gens qui le souhaitent peuvent observer les patineurs en hauteur. Des lumières émanent d'un peu partout dans l'immensité du bâtiment, tandis qu'une musique entraînante non sans rappeler celles des fêtes de fin d'année semblent venir de tous les côtés à la fois. Les décorations de Noël sont toujours présentes et donnent un coté très festif au tout. De là où nous sommes, nous ne voyons pas la patinoire tant la masse de gens est importante. Je fais finalement signe à Nevada de me suivre, en m'exclamant d'un accent d'Irlande du nord très prononcé d'un petit « Suis-moi ! » Je me dirige sans tressaillir vers le regroupement de personne, virant à droite et à gauche pour me frayer un chemin. Un instant plus tard, nous nous retrouvons devant la barrière entourant la patinoire, où il est aisément possible d'observer des vingtaines de personnes patiner sur la glace. L'une de mes mains fermement posée sur le dessus de la palissade qui m'arrive au niveau des pectoraux, je me tourne finalement en direction de Nevada avec un large sourire aux lèvres. « Plutôt cool cette patinoire hein ? » Ai-je commencé par demander non pas peu fier de mon coup. Mes doigts libres attrapent furtivement dans la poche de mon blouson les deux billets réservés des jours pour tôt, et je les brandis fièrement devant la jeune femme à qui j'espère faire plaisir. « Bon, c'est peut-être pas à la hauteur de celles que tu avais en Russie, mais ça te dit un petit tour sur la glace ? » Ai-je ajouté un instant plus tard, toujours cette même fierté et espièglerie dans le regard, espérant plus que tout que l'effet de surprise aura l'effet escompté sur Nevada. Car c'est principalement de ça dont il est question à ce moment-là, et mon coeur trépigne d'impatience d'observer la réaction de la jeune femme à qui j'ai tant voulu faire plaisir.
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