Bienvenue sur le forum.
Nous vous souhaitons une agréable visite sur London Calling.
Version #28 & nouveautés.
LC vient d'enfiler sa 28ième version pour fêter les 4 ans du forum, dont vous pouvez découvrir toutes les nouveautés par ici.
Underbelly Festival Southbank.
L'Underbelly Festival est arrivé en ville, rendez-vous par ici pour en savoir plus.
Guerre des groupes.
La guerre des groupes est déclarée ! Venez faire gagner votre équipe ! Plus d'infos.
Joyeux Anniversaire LC !
Le forum vient de souffler sa quatrième bougies. N'hésitez pas à lui laisser un petit mot d'amour, par ici.
Fiches dans le besoin.
Besoins de liens ? Venez jeter un coup d’œil par ici pour vous aider.
Trouver des amis.
Rendez-vous par ici pour trouver vos liens manquants.
Encourager le forum en votant.
Aidez-nous à faire connaître London Calling en votant sur le top-site, merci. Plus d'infos.


souvenirs sortis du placard ☾ ft. Daley


avatar
MEMBRE

» Date d'inscription : 14/12/2017
» Messages : 142
» Pseudo : imaginarium.
» Avatar : lily cutie collins.
» Âge : vingt-huit ans, l'approche de la trentaine lui donne des frissons.
» Schizophrénie : la craintive aéris et son monde imaginaire.
() message posté Dim 14 Jan - 0:57 par Nevada F. Artemieva
Life is too short to wait.Daley & NevadaLe bout de son pouce ne cessant de faire l'aller retour sur l'écran de son téléphone, partir puis revenir, s'arrêter quelques instants, caresser un bout d'image comme si celle-ci était aussi palpable que l'objet dans sa paume. Elle aurait tant voulu que ce le soit, quelque chose d'immédiat et qu'elle pourrait toucher ou bien ne serait-ce que poser un petit regard, histoire de garder un souvenir indélébile. Quelque chose qui ne s'effacerait pas, bien que dans le fond, elle savait que ce ne serait jamais vraiment le cas. Tout contre la pulpe du pouce, des images numériques, quelques bribes, une petite partie de cet événement qui s'était construit, celui sur lequel elle avait bossé plusieurs semaines. Nevada baissa légèrement les yeux, sa main gauche glissant sur le haut de son crâne, rattrapant de justesse ce capuchon qui menaçait de retomber lamentablement le long de son dos, le vent faisait ravage dehors le temps d'une tempête éphémère avant de s'évaporer dans la nature. Le bout de ses chaussures à courts talons claquant contre le sol, le chemin qu'elle empruntait la mènerait là où elle espérait aller sans trop de difficultés, si toutefois elle ne se prenait pas à ralentir le pas pour zoomer sur une quelconque photo de fête d'anniversaire. Ces événements étaient toujours un brin nostalgiques mais ils faisaient toujours plaisir au cœur, c'était un peu comme la caresse d'une plume au creux de la main, mais en plus récurant, plus agréable également. Le bout de son index se posa sur le haut de son front, elle caressa la bordure encore méconnue du bonnet recouvrant le haut de sa tête, brodé aux différentes couleurs de l'hiver, mélange de gris, brun, noir et un peu de bleu. 

C'était un cadeau qu'elle s'était empressée de mettre

Ce genre de choses, c'était toujours un peu surréaliste, elle n'en avait pas encore l'habitude de ces étranges preuves d'affection et les mots lui manquaient bien souvent. Revoir le visage d'un client après que l'événement organisé se soit passé ce n'était pas souvent chose courante. Elle n'était que de passage dans leur vie, juste là pour rendre l'instant plus beau en y mettant des formes et des paillettes et la plupart faisaient ce qui devait être fait en lui tournant le dos ensuite, tout du moins peut-être jusqu'à la fête prochaine. Cependant certains revenaient, ils passaient encore toquer dans son bureau pour discuter et demander à ce qu'elle vienne organiser un autre événement pour un proche, certains venaient simplement la remercier, d'autres encore lui tendaient quelque chose en retour et elle n'était pas encore totalement sûre de pouvoir l'accepter. Cela avait été le cas pour Maia et ces belles boucles blondes, Maia et sa taille immense malgré ses treize petites années fêtées. Et Nevada s'en souvenait encore de son prénom, avec cette facilité déconcertante malgré le fait que finalement elle ne l'avait vu qu'une seule fois. Malgré le fait que bien souvent elle avait tendance à inverser les prénoms et leurs propriétaires, mais pas celui de cette jeune. Elle était bien tendre cette gosse, au point de lui offrir ce bonnet en forme de tête de chat en retour avec un de ces sourires candides.

Le museau caché contre son écharpe, elle fit danser ses doigts sur l'écran encore quelques minutes, observant les quelques clichés des décorations de la fête, les bordures accrochées aux tables étant d'une texture duveteuse rosée attirant son attention un moment avant qu'elle ne lève la tête. Il faisait froid. Le froid non pas désagréable qui glaçait les membres, mais le froid qui plaisait, celui sous lequel on se glissait le soir, celui qu'elle avait appris à apprécier malgré tout. Le froid c'était aussi sa Russie, le pays natal dont elle n'avait plus vu les beautés depuis de nombreuses années déjà. Les souvenirs ramenaient à cette terre et cette terre ramenait les souvenirs, c'était une boucle qui la ramenait toujours à se retrouver devant les anciennes photos de famille, à l'époque où tout le monde se plaisait à revoir tout le monde pendant les fêtes, avant que son père ne reparte quelque part. C'était peut-être un peu pour ça qu'elle avait choisi ce métier, une part de nostalgie enfantine, comme si ces moments de fêtes et réunions étaient plus beaux que tous les autres. C'était faux. Il n'en avait été ainsi que pour elle, elle le savait bien. Un coup d'œil jeté à sa montre et elle glissa ses mains dans ses poches, soulevant la tête pour regarder le ciel un moment, remarquant que les lumières de Noël s'étaient effacées pour être remplacées par celles beaucoup plus discrètes mais néanmoins toujours aussi éblouissantes pendantes à ça et de là sur les quelques recoins de magasins. La beauté de Londres en fin d'après-midi.

Nevada pressa le pas, recroquevillant un peu plus ses épaules afin de garder un maximum de chaleur. Son long manteau aux tons gris clair lui permit de rester à l'abri des brises capricieuses, encore une fois elle n'avait pas pensé à enfiler autre chose d'autre qu'une simple haut noir en flanelle à motifs blancs et malheureusement cela ne suffisait pas toujours face aux températures froides. Ne traînes pas trop. Ce ne serait pas poli de le faire attendre, le sentiment de nervosité qui lui pris le ventre la força à trottiner le long des avenues, le bruit de ces talons faisant écho à ses oreilles. Daley. Il devait sans doute être une des seules personnes à parvenir à la faire courir ainsi. Nevada s'empara de son téléphone portable et tapota un simple message, prévenir était toujours mieux. 

" Hey, j'espère que tu n'as pas trop froid. J'arrive dans trois minutes, je me suis un peu perdue en chemin..."

Il devrait sans doute déjà le savoir, il la connaissait assez bien, bien assez pour que les mots ne soient plus réellement nécessaires entre eux. Cependant elle les écrivait toujours, elle tentait toujours au mieux de les lui dire, c'était comme instinctif, une manière de toujours se faire comprendre. De trop nombreuses fois elle avait tendance à laisser les sujets en suspens et finalement on la comprenait que trop mal, s'en était gênant. Mais ça n'arrivait jamais avec lui, c'était... réconfortant. L'appareil remis en place dans sa poche, Nevada se faufila au travers de la minuscule masse de gens, tournant une fois à gauche pour rejoindre le quartier ouest de Londres, pendant un moment les quelques balancement maladroits de son sac lui manquèrent, mais il n'était pas nécessaire, pas pour le moment. 

Un soupir. Un souffle contenu puis relâché dans la nature en forme de nuée blanche, ses doigts agrippèrent une mèche de cheveux lui cachant la vue, elle la chassa d'un simple tapotement. Il y avait-il toujours eu autant de monde en ville ? Arrivé au lieu de destination, ces deux orbes brunes ne prirent que peu de temps pour le reconnaître, elle couru jusqu'à lui, esquissant un sourire mais se retenant de poser sa main sur son épaule. Il ne semblait pas trop l'apprécier...

— Daley ! Je suis contente de te voir. Navrée pour le retard, il s'est passé pas mal de choses. Hm... Oh. Ne fais pas attention à mon bonnet, c'est un cadeau. 

Doucement, sa tête se pencha sur le côté, ses yeux cherchant le bleu des siens quelques instants, en vérité elle cherchait plus à vérifier son état de santé. 

— Je t'interdis de rire, d'accord ? 

Ses lippes s'étirèrent un brin sous l'amusement et elle vint attraper un bout de son écharpe, cachant son sourire sous le tissus. 

— Tu vas bien ? Ça fait un petit moment qu'on ne s'est pas vus.

Pas énormément elle le savait, mais ça avait suffi pour qu'elle ne le remarque. Ce n'était pas le genre de détail qu'elle ignorait en temps normal, bien qu'elle faisait toujours en sorte de ne pas le dire aux gens, c'était compliqué de mettre des mots sur le manque et tout ce qui s'y rapprochait. Ses dents vinrent mordre sa lèvre inférieure discrètement, elle croisa les bras sur son torse, semblant plus pensive qu'autre chose, toutefois ce n'était pas le moment pour ça.

— Je sais que je ne devrais pas demander parce que j'aime les surprises mais.. où est-ce qu'on va ?

Un peu trop impatiente cette question lui brûlait les lèvres.
©️ Crimson Day
Revenir en haut Aller en bas

avatar
J'aurai l'oscar de l'amant, De l'âme en peine.

» Date d'inscription : 24/05/2017
» Messages : 624
» Pseudo : expectopatronum. (alizée)
» Avatar : james hot mcavoy.
» Âge : trente-six ans.
» Schizophrénie : helga & benedict & astrid.
() message posté Mer 17 Jan - 15:59 par Daley K. Brady
SOUVENIRS SORTIS DU PLACARD —



God. Il fait si froid. Je trépigne dans la rue, emmitouflé dans mon gros blouson bombardier en cuir marron, doublé en fourrure de mouton. L'odeur de la veste est un mélange non sans rappeler celle de la ferme et des chaussures fraîchement cirées. Ce n'est pas une odeur désagréable bien qu'elle persiste un peu dans les narines. Au moins, ça camoufle un tant soit peu l'odeur de tabac froid. Les yeux baissés sur l'écran de mon portable, scrollant les réseaux sociaux les un après les autres à tout va, je commence doucement à m'impatienter. Je décide d'allumer une cigarette en attendant la venue de Nevada. D'une nature pressée, j'aime que tout se passe rapidement. Les temps morts m'angoissent très rapidement car ils me donnent souvent l'opportunité de ruminer. Et Dieu seul sait à quel point je déteste ça, ressasser les choses, encore et encore. J'en reviens toujours à penser aux mêmes choses qui me ravagent l'esprit. Je lève de temps à autres la tête pour observer les alentours, cherchant des yeux le visage et la silhouette familiers de mon amie. Parfois, mon cœur rate un battement lorsque je crois l’apercevoir. Mais au final il n'en est rien ; et je baisse à nouveau les yeux en tirant une latte sur ma cigarette. Il faut dire que je suis peut-être arrivé un peu en avance. Mais j'ai eu hâte, l'impatience me rongeant jusqu'à l'os. Il y a quelques jours, peut-être quelques semaines, j'ai eu cette idée alors que je passais devant le Westfield Shopping Center White City en rentrant chez moi. Il faut dire qu'il y avait des affiches partout. Le « Cet hiver, venez glisser sur la patinoire de Westfield ! » a été bien assez criant pour qu'il m'interpelle et me mette la puce à l'oreille. J'ai presque automatiquement penser à Nevada. Je sais que lorsqu'elle était plus jeune, la jeune femme était une patineuse artistique plutôt prometteuse. Du moins jusqu'à ce que tout dégringole. Pour ma part, je ne pense pas avoir déjà enfilé des patins une seule fois dans ma vie, ou alors c'était lorsque j'étais enfant et cet événement ne m'a pas particulièrement marqué ; ma famille étant pauvre, je n'ai jamais eu l'occasion de faire des activités diverses et variées comme du patinage, du ski, ou même du roller. J'avais un vélo pour aller à l'école, un vieux modèle en ferraille que mon père possédait depuis déjà de longues années. Rouillé par endroit, et couinant allégrement lorsque l'on insistait trop sur le frein, il remplissait cependant son rôle de locomotion, et au fond c'est tout ce qu'il comptait, n'est-ce pas ? En y repensant, je me rappelle avoir subi des moqueries pour avoir possédé cette bicyclette moyenâgeuse, rentrant en pleurant un soir car un garçon plus grand que moi m'avait poussé à la sortie de l'école en me rabaissant plus bas que terre comme certains savent si bien le faire ; j'avais demandé un vélo tout neuf pour le Noël suivant, en tant qu'enfant testant jusqu'où un caprice pouvait aller. Mais mes parents n'avait pas fléchi à ma demande, et n'en voyaient pas l’intérêt, parce que le mien était encore en état de fonctionner. Ma famille m'a toujours appris de me contenter de ce que j'ai, tentant de m'inculquer une éducation modèle malgré le peu de moyen que nous possédions. Et je crois que jusqu'à un certain point, cela a fonctionné. J'ai dû faire l'impasse sur les premières consoles de jeux vidéos, les baskets Nike Air Max ou les Adidas Superstar, les vestes Schott, voir même les jouets en plastiques qui clignotent et qui font du bruit. Au final, cela m'a appris à n'être jamais trop dépensier pour ma pomme, mais généreux envers mes proches et ceux qui le méritent. Et c'est sûrement la raison pour laquelle je n'ai pas hésité une seule seconde à réserver deux billets pour cette patinoire en ce jour ; une place pour moi-même et l'autre pour Nevada. Je reçois un message sur mon téléphone de cette dernière. Le temps d'un instant, j'ai peur qu'elle annule notre rendez-vous. « Hey, j'espère que tu n'as pas trop froid. J'arrive dans trois minutes, je me suis un peu perdue en chemin... » Je souris et regarde autour de moi, prenant la peine de vérifier que personne ne le remarque. Je lui réponds en quelques tours de pouce « Ça marche, ne t'en fais pas, je t'attends.   », avant de ranger le portable dans ma poche, tirant une nouvelle latte à ma cigarette.

Je ne suis pas d'une nature très ordonnée. En autre, lorsqu'il s'agit de prévoir les choses à l'avance, je ne le fais jamais ; je suis le genre de personne qui fait tout au dernier moment, souvent dans la panique générale, et bien que je sois un amateur de sensations fortes, je me réprime toujours moi-même en pensant sincèrement que « La prochaine fois, je m'y prendrais plus tôt ». Et c'est ainsi que la fois d'après, je me retrouve avec une tonne de paperasse à remplir pour le lendemain, grognant dans ma barbe qu'il faudrait vraiment que je songe à m'organiser autrement. Mais il faut croire que cette fois-ci, j'ai tenu mes engagements. Puisqu'une fois les billets réservés, j'ai fais toutes les démarches nécessaires pour être libre à la date choisie pour aller à la patinoire. Et quoi de plus agréable que d'avoir toute sa journée pour soit, libre comme l'air et capable d'aller là où ça me chante ? J'ai certes, bien ma réunion chez les Narcotics Anonymes le soir même, et l'idée d'y aller est d'ailleurs aussi plaisante que désagréable ; car hier soir encore, de permanence la nuit, je me suis retrouvé à traîner pas loin de la réserve de médicaments de l'hôpital. J'ai bien failli craquer, une nouvelle fois, profondément enfoncé dans des pensées sombres et désagréables. J'hésite encore à leur en parler, car au fond, est-ce si grave ? Quiconque ne doute-t-il jamais à un moment ou à un autre ? Le principal n'est-il pas que j'ai réussi à m'extraire de ces mauvais envies, et de les combattre ? Perdu une nouvelle fois dans mes habituels combats intérieurs, j'expire longuement la fumée du tabac qui en a rempli mes poumon jusque avant. Un peu plus loin, une jeune femme attend elle aussi ; des longs cheveux blonds, une silhouette élancée et des yeux d'un gris perçants. Nos regards finissent par se croiser, et elle sourit, gênée, replaçant une mèche de ses cheveux d'or derrière son oreille droite. Je lui rends son sourire, amenant ma cigarette jusqu'à mes lèvres. J'aborde inconsciemment une pose plus décontractée en continuant de soutenir son regard. Et elle m'adresse finalement un petit salut d'une main, m'invitant peut-être à la rejoindre. Mais je finis par la voir, Nevada, et cette fois mon cœur s'emballe pour de bon. Son regard finit par se diriger vers le mien, et je lui adresse un sourire accueillant. Mon salut de la main ne s'adressera finalement jamais à la jolie blonde, dont je ne fais déjà plus attention, mais à mon amie. J'écrase ma cigarette à moitié entamée sur le rebord d'une poubelle prévue à cet effet et la balance d'un geste de doigts à l'intérieur. Puis je vérifie discrètement mon haleine. Geste futile. Je ne fais qu'à peine attention à la façon dont la jolie brune est habillée, bien trop préoccupée par le don qu'elle a de s'empresser pour me rejoindre à chaque fois.

Une fois à ma hauteur, j'hésite à la prendre dans mes bras. C'est ce que je ferais habituellement en présence de n'importe qui d'autre, mais pas là. Allez savoir pourquoi, car Nevada est pourtant de loin la personne avec qui j'ai le plus envie de passer du temps ces derniers mois. Mais je me retiens de lui offrir un quelconque geste d'affection, puisqu'après tout, il n'a jamais été question de ça entre nous. Nevada est comme cette perle précieuse que je n'ose pas toucher de peur de l'abîmer. Elle sait pourtant tout de moi, mes faiblesses comme mes démons. Et peut-être est-ce la raison pour laquelle je ne voudrais pas tout gâcher en laissant mes instincts animal prendre le dessus. Elle mérite bien mieux que ça. Bien mieux que moi. Je réprime donc mon geste, qui s'est présenté de manière naturelle pourtant, et garde un sourire radieux aux lèvres en réponse au sien. « Daley ! Je suis contente de te voir. Navrée pour le retard, il s'est passé pas mal de choses. Hm... Oh. Ne fais pas attention à mon bonnet, c'est un cadeau. » Jusque là, je n'y avais pas vraiment prêté attention, mais il est vrai que ce couvre-chef tranche plutôt bien avec la façon dont la jeune femme s'habille en temps normal. Mon sourire s’agrandit et je me contente de poser mes doigts sur la laine de couleurs qui recouvre le dessus de sa tête. Un rire menace à tout moment de s'extirper de mes lèvres, non pas tant parce que je trouve le bonnet ridicule, mais plus car cela donne à Nevada un style entre l'enfant et la grand-mère qui ne m'était jusque là que très peu familier. Je prends une respiration dans le but de parler, sourire ravageur au coin des lèvres. « Je t'interdis de rire, d'accord ? » Ajoute la jolie brune dans la seconde, me coupant ainsi dans mon élan. Elle a apparemment déjà enregistré certains de mes expressions du visage pour en déduire aussi rapidement ce que je m’apprêtais de faire. Je lève les deux mains dans un geste exprimant faussement mon innocence tout en haussant les sourcils. « Eh, loin de moi cette idée, il me plait beaucoup au contraire. Si tu pouvais juste le rendre à la grand-mère de ton immeuble avant la fin de la journée ça serait génial, il faudrait pas qu'elle se demande trop longtemps où est passé son bonnet tout de même. » Ai-je répondu sur le ton de la taquinerie. En vérité, Nevada pourrait bien s'habiller d'un sac poubelle que je suis sûr que je retrouverais toujours cette note de charme qui lui est propre. D'ailleurs cette pensée m'échappe bien trop rapidement à mon goût pour se transformer en mot et s'extirper hâtivement de ma bouche. Je suis bien trop habitué à dire tout ce que je pense d'ordinaire, surtout quand il s'agit de faire des compliments ou de rassurer quelqu'un que j'apprécie. C'est pourquoi je m'empresse d'ajouter un instant plus tard : « Mais ne t'inquiète pas, même avec cette chose qui défi toutes les lois de la mode sur la tête, tu restes très mignonne. » Mes paroles s'accompagnent d'une tape sur l'avant-bras de la jeune femme, geste plus amical qu'autre chose. Je regrette automatiquement autant ma phrase que mon acte, et me racle la gorge avant de faire mine de jeter un regard autour de nous. La pointe de mon pied tape nerveusement contre le goudron du trottoir, tandis que Nevada reprend la parole un instant plus tard. « Tu vas bien ? Ça fait un petit moment qu'on ne s'est pas vus. » Mes yeux viennent s'ancrer une nouvelle fois dans ceux de Nevada. Il est vrai que ça fait quelques semaines que nous ne nous sommes plus vus. Et pour cause, je suis retourné à Belfast pour les fêtes de fin d'année. Je n'avais pas eu l'occasion d'y retourner depuis un petit moment, mais mes parents ont tenus à ce que je sois avec eux pour festoyer Noël et le Nouvel An. J'ai eu l'occasion de revoir mes sœurs par ailleurs ; elles ont trouvé que j'avais pris du poids et du muscle, bien que j'eus l'air encore plus fatigué que la dernière fois qu'elles m'avaient vu. J'ai justifié cela par mon travail, très prenant, bien qu'il en soit tout autrement en réalité. « C'est vrai, j'ai prolongé un peu mes congés à Belfast, et à mon retour j'ai eu pas mal de boulot qui m'attendait à l’hôpital. » Tout ça, Nevada le sait sûrement déjà puisqu'on discute très régulièrement par textos. Cependant, je me sens dans le besoin de le redire une nouvelle fois. « Mais je vais bien ouais, ça me fait plaisir à moi aussi de te voir. » Faisant écho à ce qu'elle avait pu dire juste avant. « Et toi, comment tu vas ? » Ai-je finalement demandé dans un soucis de connaître son état d'esprit du moment. Je l'admets sans vraiment tressaillir, j'ai eu vraiment hâte de la revoir. Et bien que ce ne fut pas des mois sans nouvelle de sa part, je suis heureux qu'elle ait pu se joindre à moi aujourd'hui.

J'invite Nevada à marcher à mes côtés en commençant à m'exécuter moi-même de quelques pas. Nous nous rapprochons du centre commercial de Westfield, où une foule de gens s'engouffre dans les tréfonds du monde de la consommation. Je jette un regard vers la jeune femme qui semble pensive, ses bras croisés contre son buste. Je lui adresse un autre sourire alors que faisant preuve d'une impatience jumelle à la mienne, elle me demande finalement où je compte l'emmener. Je réponds premièrement sur un air faussement surpris, « Qui t'a dit que j'avais une surprise pour toi et qu'on allait quelque part en particulier ? » avant de lui offrir un rictus espiègle, tout en me dirigeant vers l'entrée du centre commercial. Bien évidemment, étant le seul et unique investigateur de cette surprise pour la jeune femme, j'ai pris la peine de la prévenir plusieurs jours à l'avance de réserver son après-midi en ce jour, et j'ai justifié cela par le fait que je voulais l'emmener dans un endroit qui lui ferait sûrement très plaisir. La jolie brune ignore totalement ce que je tiens tellement à lui montrer, alors que toute excité, je tiens fermement les billets dans ma main gauche à l'intérieur de la poche de mon bombardier. Une fois les portics du vaste établissement passés, nous nous dirigeons vers son cœur. Le nombre de gens au mètre carré s'accroit à mesure que nous nous rapprochons. Et nous arrivons finalement quelques instants plus tard. À cet endroit, le centre commercial est totalement ouvert de tel façon qu'il est possible de voir le rez de chaussée depuis le premier étage ; ainsi les gens qui le souhaitent peuvent observer les patineurs en hauteur. Des lumières émanent d'un peu partout dans l'immensité du bâtiment, tandis qu'une musique entraînante non sans rappeler celles des fêtes de fin d'année semblent venir de tous les côtés à la fois. Les décorations de Noël sont toujours présentes et donnent un coté très festif au tout. De là où nous sommes, nous ne voyons pas la patinoire tant la masse de gens est importante. Je fais finalement signe à Nevada de me suivre, en m'exclamant d'un accent d'Irlande du nord très prononcé d'un petit « Suis-moi ! » Je me dirige sans tressaillir vers le regroupement de personne, virant à droite et à gauche pour me frayer un chemin. Un instant plus tard, nous nous retrouvons devant la barrière entourant la patinoire, où il est aisément possible d'observer des vingtaines de personnes patiner sur la glace. L'une de mes mains fermement posée sur le dessus de la palissade qui m'arrive au niveau des pectoraux, je me tourne finalement en direction de Nevada avec un large sourire aux lèvres. « Plutôt cool cette patinoire hein ? » Ai-je commencé par demander non pas peu fier de mon coup. Mes doigts libres attrapent furtivement dans la poche de mon blouson les deux billets réservés des jours pour tôt, et je les brandis fièrement devant la jeune femme à qui j'espère faire plaisir. « Bon, c'est peut-être pas à la hauteur de celles que tu avais en Russie, mais ça te dit un petit tour sur la glace ? » Ai-je ajouté un instant plus tard, toujours cette même fierté et espièglerie dans le regard, espérant plus que tout que l'effet de surprise aura l'effet escompté sur Nevada. Car c'est principalement de ça dont il est question à ce moment-là, et mon coeur trépigne d'impatience d'observer la réaction de la jeune femme à qui j'ai tant voulu faire plaisir.
code by lizzou — gifs by TUMBLR (JORNSNOW) — ENVIRON 2675 MOTS.


Revenir en haut Aller en bas

avatar
MEMBRE

» Date d'inscription : 14/12/2017
» Messages : 142
» Pseudo : imaginarium.
» Avatar : lily cutie collins.
» Âge : vingt-huit ans, l'approche de la trentaine lui donne des frissons.
» Schizophrénie : la craintive aéris et son monde imaginaire.
() message posté Sam 27 Jan - 19:30 par Nevada F. Artemieva
Life is too short to wait.Daley & NevadaL'impatience s'enlisait dans ces veines, bousculant les traits de ce visage qu'elle aurait désiré garder le plus neutre possible. Elle était là, présente, faisant battre plus vite le palpitant comme si l'adrénaline devenait un feu ardent qu'elle n'aurait pu calmer aisément. Et le sourire, discret et presque timide se dissimulait derrière le tissu de son vêtement. Il attendait son tour pour se montrer, toujours honnête, il l'était toujours lorsqu'il s'agissait de Daley. Ses bras se croisèrent avec un peu plus de hargne devant sa poitrine, elle amassa le plus de chaleur possible, poussant un soupir qui lui se perdit dans le vent et vint saluer l'espace, vapeur blanche devant les lèvres. Cela l'avait toujours intrigué même en étant petite, le fait de pouvoir souffler en hiver et de distinguer l'air sortir de ses poumons puis quitter ces lèvres. Ça avait l'aspect tentant des cigarettes sans le côté toxique, c'était empreindre l'air le temps d'un minuscule instant et exister. Puis ensuite tout disparaissait, éphémère, c'était un spectacle pour les yeux uniquement. Pendant un moment, plus de clignement d'yeux, le souffle resta prisonnier dans sa poitrine alors que ces deux perles aux teintes sombres parcouraient les traits de son visage, distinguant une parcelle de fatigue, un pli qui n'aurait pas dû être présent et qu'elle aurait voulu chasser d'une simple caresse du pouce. Son père avait toujours fait ainsi, il avait toujours tenté d'effacer son air épuisé en lui caressant les cernes apparentes, c'était un geste qu'elle avait gardé par automatisme, comme un côté maternel que l'on pourrait tenter de cacher mais qui parlerait bien plus fort devant les blessures d'autrui. Et il était blessé Daley, au point où même en tendant un peu la main elle craignait de ne pas pouvoir panser ses plaies. Toutefois il esquissait toujours ce sourire particulier, celui qui forçait son admiration, qui chatouillait ses joues au point où elle se prenait à sourire aussi. C'était naturel, un peu comme respirer.

Pourtant, il y avait toujours une parcelle de distance qu'elle mettait entre eux, bien plus par respect pour lui que par crainte qu'il en vienne à la blesser. Au contraire, elle avait plus peur d'être celle qui un jour pourrait le nuire. Alors, elle se prenait à ne pas déposer une paume contre son épaule comme elle le ferait habituellement, elle ne glissait pas ces doigts sur les plis d'un vêtement et ne tentait pas de le prendre dans ces bras. Il n'aimait pas cela, il préférait la distance et les mots, les regards et les quelques sourires. Il préférait comprendre qu'avoir besoin de demander, c'était quelque chose qu'elle respectait malgré les nombreuses questions qu'elle se posait, sans le vouloir. C'était idiot d'y penser. Nevada agita légèrement la tête, chassant ses pensées peu nécessaires, se concentrant sur l'instant, le présent et le maintenant. Et le sourire se transforma en petit rire, voyant son ami lever les mains en signe de défense, pris sur le fait comme un enfant à qui on interdirait une blague. C'était charmant.

— Puisque je l'ai "emprunté" sans date de retour je pense qu'elle ne m'en voudra pas trop si elle ne l'apprend pas. Il ne faudrait pas lui dire que je l'ai volé, sinon elle risque de mal le prendre cette pauvre femme. Je le regrette, je vais devoir le garder mais... ne t'en fais pas, je te le prêterai.

Taquineries en série, celles qui piquaient le bout des lippes pour être dites, aussi naturelles que le fait de se saluer et de se dire au revoir. Avec lui, elle avait pris l'habitude de laisser parler son imagination et de laisser de côté ses préoccupations, n'ayant aucun problème à lui dévoiler ses pensées. Il connaissait ses faiblesses et ses angoisses, peut-être savait-il mieux décrire ce qu'elle ressentait qu'elle même ne le faisait. Cependant, Daley s'était aussi une part de surprise et des mystères qu'elle découvrait chaque jour, il parvenait toujours la surprendre, sans même s'en rendre compte. Il suffisait parfois d'un mot, parfois même du simple silence. Ils avaient leur propre manière de communiquer, aussi fragile que particulière, plus honnête que le reste.

«...même avec cette chose qui défi toutes les lois de la mode sur la tête, tu restes très mignonne. »

Nevada tourna la tête et arrêta tout geste, fixant le visage de son ami comme si elle le découvrait pour la première fois, observant chaque trait avec une attention particulière. Ça, ce n'était pas attendu. Elle ne savait comment répondre sans que cela ne semble bizarre, dans la situation actuelle elle se connaissait assez bien pour savoir qu'elle aurait énormément de mal à exprimer ce qu'elle pensait. Une simple tape amicale sur son épaule et le souffle regagna sa poitrine, bien plus froid qu'elle ne l'aurait espéré, il semblerait que ce petit moment de silence lui avait plut malgré tout, il rappelait à quel point Daley pouvait se montrer spontané et suave à la fois.

— Merci, c'est gentil de ta part mais je suis sûre qu'il t'ira très bien aussi.

Le tissu de son écharpe vint chatouiller le bout de son menton, elle souleva légèrement le regard, les cils papillonnant deux ou trois fois tandis qu'elle écoutait ses mots avec cette attention qui lui était propre. Il était parti pendant les vacances. Pour voir sa famille, pour enfin se distancier de cette ville agitée et de son travail que pourtant il aimait malgré tout. Et c'était une bonne chose, elle s'était réjouie pour lui en apprenant la nouvelle, faisant en sorte de calmer un peu le rythme de ces messages pour le laisser profiter de ces vacances. Quelque part ce petit temps libre l'avait encore plus enjolivé, elle se retint de le lui dire, ce serait une pensée qui resterait secrète.

Tout naturellement, ses pas vinrent se joindre aux siens, à leur rythme, elle semblait plus trottiner que réellement marcher, l'air qui lui caressait la peau était frais et non plus désagréable comme auparavant. Puis pendant un moment elle sembla réfléchir, à ce qui pourrait être dit, à ce qu'elle avait fait pendant son absence, rien de très concret, rien qu'elle ne lui avait pas déjà dis. Les conversations défilaient si vite qu'elle en perdait le fil parfois. Nevada glissa sa main dans les immenses poches de sa veste, prenant une apparence un peu moins tendue, chaque pas l'éloignait de ce qui aurait pu occuper ses pensées d'une quelconque nervosité. Ses yeux se penchèrent vers la gauche un minuscule instant, le temps de voir un enfant courir au loin suivi par un chien, la suite semblait évidente.

— Mon père est repassé en ville il y a quelques jours, je suis passée le voir dans son bureau mais comme toujours j'ai été trop lente. Il m'a laissé une lettre comme il le fait habituellement... je ne l'ai toujours pas ouverte. Mais je vais bien oui, ça va.

Ce sujet était encore quelque chose de compliqué pour elle, elle préférait n'en aborder que les grosses extrémités, ne sachant pas trop comment définir le sentiment de déception qui l'envahissait toujours à chaque fois qu'elle se retrouvait bête devant un bureau vide car son géniteur était déjà reparti. Une nouvelle fois, son crâne dodelina de gauche à droite, chassant les quelques songes qui pourraient rester, pressant ensuite le pas pour le suivre le long des allées. Étrange, il n'y avait généralement pas autant de monde à ces heures là, elle eût l'impression de redécouvrir sa ville. « Qui t'a dit que j'avais une surprise pour toi et qu'on allait quelque part en particulier ? » Touché. Nevada n'eut le temps de répondre à sa remarque qu'il se défila devant ces yeux avec comme demande qu'elle le suive, prenant cet accent d'Irlande du Nord qui donnait tout son charme à ses mots. Et elle l'aimait cet accent, cette manière de parler précieuse et accrochée à ses racines, le revoir c'était la chance de pouvoir l'écouter à nouveau et s'y plaire à déchiffrer certaines de ces expressions, des choses qu'elle ne pouvait pas pleinement profiter en lisant ces quelques mots informatiques. Il lui avait manqué. C'était un fait.

Le bout de ses talons claquant contre le sol, sa silhouette traina et se faufila le long de la foule, comme une ombre dansante suivant les traces de Daley. Au fur et à mesure la foule sembla se densifier, rendant un peu plus difficile son suivi, elle constata qu'elle l'avait perdu de vue un court instant, mais ne tarda pas à le retrouver, appuyé contre la rambarde transparente. En quelques petites enjambées elle le rejoignit, s'arrêtant à quelques minuscules pas comme muette, ses yeux se baissaient pour fixer l'horizon et le terrain au sol glacé. « Plutôt cool cette patinoire hein ? » Ces mots se firent un peu plus lointains que les autres, lorsque sa main vint se poser sur le haut de la palissade, son corps entier s'y pencha un peu plus afin de contempler ce qu'elle voyait. Elle avait complètement oublié. Qu'il était possible d'en revoir en Angleterre, tout comme ce que cela faisait de pouvoir observer les autres glisser sur la glace. Elle avait oublié les sentiments que tout cela lui procurait et tout lui revint au visage, telle une vague qui se répand, qui s'amenuise au centre pour revenir encore plus fortement.

— C'est...

Ces mains se tendirent le temps d'un moment alors qu'elle se retourna face à lui, impatientes de se poser sur ses épaules et de s'y enrouler, de le prendre dans ses bras si fort jusqu'à lui ôter un peu le souffle en remerciement. Sur l'instant, elle aurait été capable de lui sauter dessus, de revenir en enfance, cet âge encore crédule et innocent. Toutefois encore une fois elle s'arrêta, juste avant de le toucher, juste avant que la pulpe de ces doigts ne viennent effleurer les tissus de sa veste et referma ses poings.

— Pas de câlin. Ce serait bizarre hm ? Merci Daley, je crois que c'est la première fois que je vais patiner depuis mon départ de Russie.

L'adrénaline ruisselait dans ses veines plus rapidement encore que ces battements de cœur, cette hâte qui lui prenait les tripes lui semblait familière. Nevada ferma les yeux quelques minuscules secondes, attrapant ensuite délicatement un des billets. Elle avait hâte de rejoindre les autres tout autant que le sentiment de manque de ce sport lui donnait un peu le vertige.

— Détrompes-toi, elle est superbe ! J'ai l'impression de revenir en enfance.

Un immense sourire s'esquissa sur ses lèvres, elle fit glisser une de ces mains le long du bord de la palissade, frappant légèrement sa bague contre la surface. Elle fit quelques pas, cherchant des yeux l'endroit où ils pourraient rentrer et finissant par retrouver un bout de file qui les mèneraient à l'entrée.

— Allons-y ! Ne t'en fais pas, je te tiendrais la main pour t'aider à te relever si tu tombes.

Comme pour ponctuer sa phrase elle lui fit un petit clin d'œil, lui faisant ensuite un signe de la main pour qu'il la suive. Leur relation était particulière parce qu'elle s'y attachait et devenait un peu plus maternelle avec lui tout en désirant l'être moins. Daley était tout à fait capable de prendre soin de lui et elle le savait, elle en avait tout à fait conscience. La vérité était juste qu'elle avait le besoin de s'assurer que tout allait pour le mieux pour lui tout en lui laissant sa part de liberté. Autour d'eux, la masse semblait s'amenuiser, entourant les contours de la patinoire comme pour observer, ponctuer la beauté du lieu, tout cela lui rappelait son pays tout en y imprégnant les souvenirs de Londres. Jamais auparavant pendant ces cours elle n'avait vu autant de monde sur le terrain.

La mélasse de sentiments entremêles s’accrut au fur et à mesure que ces pas la menaient en direction de l'entrée. A chacun de ses pas elle semblait ralentir, observer, se perdre dans l'immense terrain qui était signe de jeu dans une période lointaine. Ces patins étaient synonyme de bon et de mauvais, c'était le clair/obscur et bien qu'à une époque elle n'en avait gardé que les mauvais côtés, sans doute parce qu'elle était elle-même plongé dans son propre chagrin, désormais elle voyait la chose plutôt comme un heureux événement.

Le temps défilant bien plus vite qu'elle n'aurait pu le remarquer, lorsque ces yeux se posèrent à nouveau sur le visage de son ami, elle ne cacha pas son sourire, pas moins que cette écharpe qui dissimulait une partie de son visage fût légèrement chassée de contre sa peau. Lorsqu'ils arrivèrent près de l'entrée elle tendit son billet et attrapa ses patins, les plaquant contre sa poitrine comme des objets précieux.

— Tu as mis la barre vraiment haut en m'offrant ça, je vais devoir réfléchir à ce que je pourrai te donner en retour.

Elle lui remercierait d'une façon ou d'une autre, c'était dans l'ordre des choses.

©️ Crimson Day
Revenir en haut Aller en bas

avatar
J'aurai l'oscar de l'amant, De l'âme en peine.

» Date d'inscription : 24/05/2017
» Messages : 624
» Pseudo : expectopatronum. (alizée)
» Avatar : james hot mcavoy.
» Âge : trente-six ans.
» Schizophrénie : helga & benedict & astrid.
() message posté Mer 14 Fév - 1:56 par Daley K. Brady
SOUVENIRS SORTIS DU PLACARD —



Cette journée promet d'être pleine de rebondissement. Puisque premièrement, il est très rare qu'en présence de Nevada, je tombe dans une routine ; il y a toujours quelque chose à faire, quelque chose à dire. Ou parfois même au contraire, rien n'a besoin d'être dit, ou d'être fait, et sa simple présence change simplement tout. La jolie brune fait partie de ce genre de personne avec qui je ne m'ennuie jamais. Elle est à la fois cette étincelle, cette tendresse, cette passion dans le regard, les paroles, les gestes. Ce n'est pas le genre de fille qui s'oublie, celle qu'on remplace facilement. Elle est différente des autres. Peut-être pas pour tout le monde ; Mais du moins pour moi, elle est importante. Voilà sûrement la raison pour laquelle j'ai tellement tenu à lui faire plaisir avec cette histoire de patinoire. Peut-être que d'une certaine façon, j'ai senti qu'elle en avait besoin. Parce qu'en soit, aussi loin que je puisse m'en rappeler, j'ai jamais enfilé une paire de patins de toute ma vie. Je ne suis même pas sûr de pouvoir tenir debout avec ça aux pieds aujourd'hui. Tout seul, ça serait sûrement pas une partie de plaisir. Mais avec Nevada je ferais l'effort. Parce qu'avec elle, ça vaut toujours le coup d'essayer. J'aime savoir qu'elle va bien, qu'elle est heureuse. J'avoue apprécier le fait d'y contribuer aussi. Elle a traversé des périodes difficiles, tout comme moi. Ce ne sont peut-être pas les mêmes épreuves, mais les blessures qui en résultent sont semblables. Peut-être est-ce la raison pour laquelle je m'entends si bien avec elle, pourquoi je tiens tant à elle. Elle me comprend. Parfois, un simple regard échangé entre nous suffit pour que l'interprétation soit juste. Je me sens souvent chanceux de pouvoir me tenir à ses côtés, de pouvoir dire que je la connais, qu'elle m'apprécie. Parce qu'elle m'apprécie, pas vrai ? Je lui rends pas la vie facile pourtant ; elle aurait eu toutes les raisons de me laisser tomber comme une vieille chaussette. Je lui montre jamais mon affection physiquement ; juste des mots, et parfois des paroles douces balancées sans vraiment y réfléchir. Je suis pas facile à suivre. Et je mets des barrières pour pas qu'elle souffre par ma faute, pour la protéger de moi. Je suis pas un mec bien. J'ai parfois l'impression d'avoir vécu mille ans, d'avoir eu le cœur piétiné trop de fois, de m'être relevé malgré tout, d'avoir rafistolé tout ça pour que ça tienne encore un peu le coup. Je crois que d'une certaine façon, je pense mériter que des mauvaises choses. J'ai fais des erreurs dans ma vie, j'ai fais souffrir des gens, j'ai mis en danger la vie d'autrui. J'ai déchiré d'autres personnes aussi. Indianna et Ethan notamment. Je mérite pas cette fille, celle qui se dresse devant moi. Je la regarde, on dirait un putain d'ange tombé du ciel qui se serait trompé d'humain à surveiller. Je la mérite pas, je suis pas digne d'elle. J'ai jamais demandé la rédemption pourtant ; Mais elle reste coûte que coûte à mes côtés, ce sourire indéfectible sur les lèvres lorsque nos regards se croisent.

Elle rit à ma blague, et je suis pas peu fier d'avoir trouvé les bons mots pour y parvenir. J'aime divertir les autres. Nevada se prend au jeu, et renchérit sur ma première réplique, en imaginant à son tour une grand-mère en colère, venant de découvrir que son bonnet a été volé. J'imagine un instant le scénario dans ma tête, avant de rire d'une tonalité franche, le bout de mon nez se retroussant. « Vu que tu as l'intention de me le prêter, je saurais garder le silence de mon côté, promis. » Ai-je répondu, toujours un sourire franc aux lèvres, avant de fourrer mes mains dans les poches de ma veste. Je continue sur un compliment sincère, les mots trahissant comme bien trop souvent ces derniers temps le fond de mes pensées. Nevada est jolie, seul un fou ou un aveugle oserait dire le contraire. Je ne passe pas mes journées à le lui dire, en fait c'est plutôt le contraire. Ce n'est pas le genre de choses qu'on fait entre nous, s'offrir des belles paroles. C'est comme les gestes d'affection, encore une fois, c'est parce que je veux la protéger de moi ; Ça sert à rien de nous faire des illusions, l'un comme l'autre. Déjà, pour quelles raisons s'intéresserait-elle à un homme comme moi, alors qu'elle pourrait avoir mille fois mieux. Et je veux pas qu'elle croit à tord que je souhaiterais plus de sa part, que c'est pas naturel, que tout est calculé. Parce qu'en réalité c'est tout le contraire ; parfois, ça m'échappe, comme ça, sans que je m'en rende vraiment compte. C'est dit avec spontanéité, c'est dit pour rassurer, par bienveillance toujours. La jeune femme semble d'ailleurs surprise, laissant quelques secondes la phrase en suspens dans un silence devenant presque pesant, avant de me remercier et d'ajouter que le bonnet m'irait très bien à moi aussi. Mon sourire s'élargit, je ne peux m'empêcher de conclure la conversation sur quelques mots ironiques et faussement narcissiques. « Oui mais ça, c'est normal ! Pas la peine de le préciser en fait, c'est bien connu que tout me va à moi. » J'accentue ces quelques mots d'un clin d'oeil destiné à l'attention de Nevada, avant de commencer à avancer vers le centre commercial.

Durant le court laps de temps où nous marchons l'un à côté de l'autre, nous nous racontons nos vies respectives, la jolie brune en profite pour se confier à moi à propos de son père. Ce n'est malheureusement pas la première fois que la jeune femme tient ce genre de discours. Son paternel me donne l'impression de toujours passer en coup de vent et de ne pas vraiment prendre le temps de s'occuper de sa fille. Je suis mal placé pour émettre des jugements, mais aux creux de mes méninges se dessinent le portrait d'un homme qui ne prête pas du tout attention à son enfant. Peut-être est-il trop occupé, certes, mais on trouve toujours du temps pour prendre des nouvelles de ceux qu'on aime. Je trouve cette situation légèrement dérangeante, mais je ne fais pas part de mes pensées à Nevada. Elle n'a pas besoin de ce genre de suspicion, d'accusation envers son père et qu'on la conforte dans l'idée que peut-être, au final, il se fiche d'elle. Je préfère continuer à alimenter l'espoir qu'il l'aime, et que ce n'est qu'une question de mauvais timing. Je ne veux pas qu'elle souffre d'avantage. C'est peut-être un peu ridicule comme façon de penser, mais je ne cherche inconsciemment qu'à la protéger. Une nouvelle fois, je me retiens de poser une main sur son épaule alors qu'elle marche toujours à mes côtés, ou dans le creux de son dos, pour justifier mon soutien et mon réconfort. Je me contente de la regarder, un sourire bienveillant sur les lèvres, les mains toujours fourrées dans les poches de mon bombardier pour les préserver du froid ambiant. « Si tu veux, on la lira ensemble cette fois. » Nevada sait qu'elle peut compter sur moi pour le moindre des obstacles à franchir, et que je ne suis jamais loin si elle en ressent le besoin. Autant mentalement, que physiquement au final, vu que nous habitons à seulement quelques pâtés de maison l'un de l'autre.

On finit par pénétrer dans l'enceinte du centre commercial, aveuglés par la lumière artificielle et désorientés par le brouhaha ambiant, mélange de musique pop et de bavardages incessants provenant de tous les côtés. On se faufile entre les silhouettes, on se fraye un chemin irrégulier, alors que la masse de corps augmente à mesure qu'on se rapproche de la fameuse patinoire. Finalement, on arrive à destination, et je ne peux cacher mon enthousiasme quant à la réaction de mon amie qui pointe finalement le bout de son nez. Elle est bouche-bée dans un premier temps, puis se tourne vivement dans ma direction. J'accueille son visage avec un large sourire, laissant apparaître ma dentition blanche et régulière aux yeux de tous. Et puis, car une fois n'est pas coutume, un geste est stoppé en plein vol, alors que je sens les doigts de la jolie brune s'enfoncer un instant sur la manche de ma veste avant de disparaître, ne laissant aucune trace dans leur sillage. Je crois qu'elle aurait voulu m'enlacer. Et je n'aurais pas été contre. Je ne sais pas quelle sensation ça fait de l'avoir dans mes bras ; j'imagine que j'aurais peur de la serrer trop fort, effrayer à l'idée de lui faire mal. Nevada est un peu plus petite que moi, mais surtout beaucoup plus menue. « Pas de câlin. Ce serait bizarre hm ? » Comme une illustration de mes pensées, à croire que parfois nos cerveaux sont connectés l'un à l'autre, elle a su mettre des mots sur la situation. Mais elle a raison, ça aurait été déroutant. Ce qui l'est d'autant plus, restera sûrement le fait que je sois tactile avec tout le monde, plus particulièrement en présence d'une fille, sauf quand il s'agit de Nevada. Mais je ne m'attarde pas là-dessus, hochant simplement la tête de droite à gauche pour appuyer les propos de la jeune femme, alors que cette dernière poursuit. « Merci Daley, je crois que c'est la première fois que je vais patiner depuis mon départ de Russie. » Un sourire vainqueur, triomphant s'affiche finalement sur mes lèvres. D'une nature plutôt modeste, je me contente de lui répondre « De rien, ça me fait plaisir. » avant de minimiser quelque peu la surprise en elle-même tout en sortant de ma poche les billets pour accéder à l'objet de nos convoitises. C'est vrai qu'en soit, il existe probablement des centaines de patinoire bien plus impressionnantes que celle-ci à travers le monde. Mais j'ai fais avec les moyens du bord, disons. Nevada semble plus que ravie, et rétorque qu'au contraire, elle la trouve superbe. J'avoue ne pas assez m'y connaître sur le sujet pour porter un avis constructif sur la question. Je n'ai que mes yeux pour juger, et j'observe qu'il y a beaucoup de monde, autant en train de patiner qu'en train d'observer les artistes en herbe sur la glace. Ce n'est pas parfait, mais si cela convient à mon amie, c'est le principal. « Allons-y ! Ne t'en fais pas, je te tiendrais la main pour t'aider à te relever si tu tombes. » Ai-je ensuite entendu d'une oreille distraite, alors que je continue de regarde autour de nous un instant. Je finis par reporter mon attention vers Nevada, riant de bon cœur. Je hausse un sourcil, prenant cet air faussement confiant et offusqué avec lequel j'aime la taquiner. « Moi ? Tomber ? Vous devez probablement faire erreur sur la personne mademoiselle ! » Et la jeune femme sait probablement déjà qu'il s'agit d'une blague et que je suis aussi doué avec des patins aux pied qu'un pingouin manchot. Mon accent d'Irlande du nord raisonne et se fait entendre sans difficulté malgré le bruit, et je finis par la suivre, elle et son clin d'oeil enthousiaste, sans la faire attendre d'avantage, afin que nous puissions accéder au plus vite à la patinoire.

On fait la queue pendant plusieurs minutes, observant les autres personnes déjà sur la glace, et les quelques curieux qui s'amassent autour de la patinoire pour faire de même. Je finis par donner mon billet à l'entrée de la patinoire, juste après Nevada. On me demande ma pointure et je réponds sans hésiter « Quarante-trois » d'un ton presque machinal. Une jeune femme me tend finalement une paire de patins que j'attrape dans un sourire, jetant toujours de temps à autres des regards en direction de mon amie. C'est plus lourd que ce je pensais ces drôles de chaussures. Je m'installe aux côtés de Nevada pour les enfiler. Je remarque que la jeune femme tient entre ses bras sa propre paire comme l'objet le plus précieux qu'on aurait pu lui offrir, et ça me fait sourire doucement. On dirait une enfant. Elle a des étoiles dans les yeux, et regarde autour d'elle comme si elle redécouvrait son environnement pour la première fois. Elle a l'air vraiment contente, et ça me rend heureux d'avoir pu lui faire ce présent. Elle finit par me regarder, s'exclamant sans détour « Tu as mis la barre vraiment haut en m'offrant ça, je vais devoir réfléchir à ce que je pourrai te donner en retour. » Je m’attelle à la tache de rentrer mes pieds dans ces foutus patins tout en jetant un regard dans la direction de mon interlocutrice. « Dis pas n'importe quoi, je t'ai pas emmené ici pour que tu te sentes redevable. Je veux juste que tu t'éclates, et que tu me montres l'étendu de tes talents ! » Ai-je répondu dans l'immédiat, tout en grimaçant face à la difficulté d'enfiler ces drôles de sabots. Que rajouter de plus ? Je ne dis là que la stricte vérité. Je reste cependant persuadé que malgré ma tentative de dissuasion, la jolie brune voudra surenchérir et me faire plaisir à son tour. Elle risque de se donner du mal la pauvre. Les rares choses qui me feraient réellement plaisir me semblent totalement inaccessibles à porter de bras. Je sais de quoi je parle. Une fois cela fait, je commence à nouer les longs lacets entre eux. Bordel, ça sent vraiment les pieds ici. Dans un sens, même si je sens l'appréhension s'emparer de moi, parce que tout de même ; c'est une première pour moi cette histoire de patinage, j'ai bien déjà hâte de fuir les vestiaires et ses odeurs nauséabondes. Je finis par me relever en tapant bruyamment sur mes deux cuisses avec la paume de mes mains comme pour me donner du courage. Et une fois que Nevada se lève à son tour, je passe devant elle, lui retire le fameux bonnet qu'elle a encore sur la tête d'une main habile pour le placer sur le dessus de mon crâne, lui offrant un haussement de sourcils taquin. Je continue d'avancer vers la piste de patinage. J'ai conscience d'avoir une démarche totalement ridicule, me tenant au moindre mur et support à portée de main pour ne pas me casser la figure. « Laissez passer les pros du patinage ! » Me suis-je exclamé, cherchant à faire une fois de plus le pitre devant mon amie, et bousculant par hasard un homme à côté de moi.

Au final, je finis par poser un premier pied sur la glace, puis un deuxième, peut-être même que j'arrive à avancer de plusieurs mètres. Je sens le froid provenir de dessous mes pieds se diffuser jusqu'à mon menton. J'observe autour de moi. C'est une étrange sensation que de se retrouver au centre de l'attention de tous ces gens qui regarde la patinoire. Les lumières sont braquées sur nous, diffusant des faisceaux de toutes les couleurs sur la glace. La musique est plus forte ici qu'autre part dans le centre commercial, mais on se prend rapidement au jeu. Tout s'accorde finalement bien ensemble. Puis, je crois bien que je me rétame sur le sol presqu'immédiatement après qu'une personne ne me bouscule sans faire attention. Je tombe lourdement sur les fesses, m'exclamant d'un gémissement de surprise, tout en regardant avec incrédulité mon amie. Ça va sûrement être un peu plus difficile que prévu. Je tente de me relever une première fois, positionnant mes mains bien à plat sur le sol glissant, pour m'aider dans cette tâche. Et je ne sais pas trop comment, mais je me retrouve rapidement droit sur mes deux pieds. J'offre un sourire triomphant à Nevada, et en voulant la rejoindre, mon coeur s'emballant à l'idée d'être trop éloigné d'elle dans un moment où je me sens quelque peu vulnérable, je tombe une seconde fois sur mon postérieur. Je reste assis sur la glace, mes mains posées à l'arrière de mon dos. J'aurais presque l'air détendu. En vérité, je me sens totalement ridicule. C'est pas comme ça que je vais impressionner qui que ce soit. Je finis par rire tout en regardant mon amie qui doit vraiment me prendre pour le dernier des boulets. Ne me démontant pas pour autant, et usant d'auto-dérision, j'ajoute un instant plus tard : « Bon, je crois qu'en fin de compte, je risque d'avoir besoin d'un professeur, et ça de manière plutôt urgente si je veux oser espérer faire plus de deux mètres sur cette patinoire. » Je tente de me relever une deuxième fois, finalement couronnée de succès après quelques essais hasardeux. J'avoue que l'idée que la jolie brune s'improvise professeur de patinage pour moi ne me déplairait pas totalement. Je pense pas être encore totalement rouillé pour apprendre de nouvelles choses. Et puis de toute façon, elle a déjà vu l'étendu de mes désastreux talents, je ne pourrais probablement pas faire pire qu'en ce moment. Pauvre Nevada ; elle qui pensait pouvoir patiner tranquille, risque de se retrouver à traîner un boulet tout le reste de l'après-midi. Peut-être que je devrais juste sortir de la piste de patinage et la regarder faire, qui sait. Mais en même temps, je veux vivre ces brefs instants avec elle. Égoïstement, j'aimerais qu'elle se rappelle plus tard de ce moment comme du jour où elle a pu refaire du patinage après toutes ces années sans avoir pratiqué cette activité ; et qu'à côté d'elle, peut-être dans un souvenir un peu plus flou mais encore présent, se tenait cet homme répondant au nom de Daley.
code by lizzou — gifs by TUMBLR (JORNSNOW) — ENVIRON 2732 MOTS.


Revenir en haut Aller en bas

avatar
MEMBRE

» Date d'inscription : 14/12/2017
» Messages : 142
» Pseudo : imaginarium.
» Avatar : lily cutie collins.
» Âge : vingt-huit ans, l'approche de la trentaine lui donne des frissons.
» Schizophrénie : la craintive aéris et son monde imaginaire.
() message posté Dim 25 Mar - 12:49 par Nevada F. Artemieva
Life is too short to wait.Daley & NevadaLes véritables trésors ne prenaient de la valeur que lorsqu'ils touchaient le palpitant, imprégnant leur marques, délaissant des traces invisibles aux yeux mais encore très profondes dans les souvenirs. Jadis, plus jeune on lui avait amèrement enseigné que ce qui avait de la valeur était les réussites, les objets, les trophées et l'orgueil. Que tout ce qui s'affichait et brillait était quelque chose à associer avec le positif, que ce qui était acheté était plus important, que le talent était la seule valeur respectable avec la persévérance. Et elle y avait cru, quelques maigres années, elle s'y était jetée la tête la première dans ce qui était le courant des affaires, de la compétition, de la réussite et de l'échec, comme si ses seules voies existaient, que le reste du monde était flou. Elle y avait cru comme l'enfant que l'on modèle à cette image faussée, elle avait cru que ces yeux ne brilleraient jamais plus que lorsqu'elle réussirait une quelconque figure et s'empêcherait de manger quelque chose de trop gras, dans sa simple folie dangereuse. Puis finalement, un jour on clignait des yeux. Un jour, on se retrouvait à coté d'une de nos plus proches et importantes amitiés, on regardait la glace d'une patinoire au centre ville et on réalisait que l'on avait pas tord de s'être battu pour préserver sa propre opinion. Certainement que sur l'instant, rien n'était plus important que ce qu'il venait de lui offrir et l'événement prenait de l'ampleur parce que justement, il était là. 

Et comme par un réflexe encore incompris, elle aurait voulu tendre la main, attraper la sienne, doucement, comme on attraperait quelque chose de précieux et fragile. Elle aurait voulu la serrer entre ses doigts, pour répondre à son adorable attention, pour répondre avec encore plus de franchise et d'honnêteté que ces mots ne pouvaient le faire. Elle avait trop tendance à s'égarer lorsqu'elle prenait la parole, souvent les choses ne sonnaient pas aussi bien qu'elles ne le paraissaient en son inconscient, souvent cela blessait ou était encore incompris. Alors que d'un geste, d'un simple soupir, tout redevenait évident. Et puis, peut-être bien que c'était sa manière de communiquer, cette même qu'il saisissait si aisément en quelques regards depuis de nombreux mois maintenant. Nevada caressa le bout des patins de la pulpe de son pouce, tournant légèrement ses yeux vers lui, relevant la tête pour être à la hauteur de son regard. Elle était extrêmement chanceuse de l'avoir. 

« Si tu veux, on la lira ensemble cette fois. » 

Le bout de son museau prêt à se réfugier contre son écharpe, la jeune russe sembla juste contempler la douceur de sa voix sous l'accent qui lui allait si bien, semblant songer à l'éventualité d'accepter sa proposition. Bien qu'elle ne soit fière, son orgueil semblait se fondre devant son attention, elle s'ouvrait un peu plus comme une fleur que l'on aurait correctement arrosé. Elle ne savait l'expliquer dans les mots, bien qu'une infinité existe rien n'était aussi précis et précieux que ce lien qu'ils préservaient. Le brun de ces yeux rejoignit le blanc des patins entre ces doigts, elle fit glisser son index fin contre la lame, l'effleurant à peine, appréciant la texture fine et froide qui lui avait tant manqué. Et sur l'instant, la question lui vint à l'esprit, naissant comme une plante et plantant des racines dans sa conscience. Oui, comment avait-elle fait pour rester si longtemps loin de tout ça ? Si longtemps alors que tout était si proche, qu'en tournant des yeux elle aurait pu distinguer ce phénomène s'y dérouler. Ou plutôt, s'en était-elle empêchée par simple caprice de ne plus avoir à penser au passé. Tout cela était derrière désormais.

— Pour la lettre, on la lira après... pas maintenant. J'ai plus envie de voir tes talents de patineur à vrai dire !

Dans ces prunelles noisettes brillaient cet élan de malice et d'espièglerie, d'amusement, de curiosité. En vérité tout ce qui se rapportait à lui l'intriguait, elle avait envie de savoir ce qu'il pensait, ce qu'il planifiait, comment il se portait, comment il visualisait le futur, avec quelles ambitions. Sur le moment, l'idée de le voir porter des patins à glace, cet objet si précieux étant le fil conducteur de son passé lui réchauffa une partie de la poitrine, la remplissant de cette agréable hâte, douce, tendre, presque délicate. Quelque part, c'était rallier leur lien à quelque chose de plus important, plus qu'un souvenir, une partie de sa vie. Leurs pantins en main, elle ne s'avança que lorsqu'elle le vit avancer à son tour, se dirigeant vers un des nombreux endroits afin de s'asseoir, chaussant le tout et retrouvant cette sensation étrange qui lui avait marqué la première fois qu'elle ne les avait chaussés, bien petite encore. Pendant un moment, la jeune russe s'arrêta, ses doigts défilant le long des lacets pour solidement les attacher sur ces pieds, observant la courbe et le poids conséquent de ces lames. Elle se rappelait encore la sensation de marcher sur du caoutchouc qui lui avait pris la première fois, lorsqu'elle s'était redressée de ses petites jambes et avait tenté de faire un pas dans la nature. Elle s'était lamentablement vautrée, mais plus désormais.

Finalement prête, Nevada se redressa, tapotant légèrement la lame contre le sol, testant la résistance, s'assurant que la chaussure ne partirait pas de ses pieds. Elle n'eût que le temps de soulever le regard qu'une paume volatile s'approcha du haut de sa tête, lui volant son bonnet, précieux cadeau encore au centre de quelques taquineries entre eux. « Laissez passer les pros du patinage ! » Il avait la voix et l'enthousiasme qui l'emportait, plus vite que le vent, de manière plus mélodieuse que la musique. Il était à la fois rafraîchissant et authentique, ce mélange le rendait brillant au milieu de la foule. Après un rire, la jeune russe renonça à tendre la main, reprendre ce bonnet qui fût accueilli sur la tête du brun. Elle se contenta alors de caresser les oreilles faite en laine, partant après lui en direction de la piste. De la glace. De sa vie.

Souvenirs. Souvenirs...

Un pas au dessus de la surface lisse et toute crainte s'effondra. Elle se mit à y glisser, le vent lui fouettant doucement le visage, ramenant ces cheveux vers l'arrière alors que d'un simple mouvement elle pressa le pas, tournoyant sur elle-même, remémorant les sentiments qui l'avaient envahis et l'envahissaient toujours. C'était le bonheur et l'appréhension, la bonne, celle qui transformait le monde en un défi qu'elle aurait désiré relever. Elle était ambitieuse la belle, mais plus que tout touchée par ses gestes les plus anodins. Sur le haut de la tête des étoiles présentes sur la glace, tournait un projecteur de couleurs, bleues et rouges, oranges et violettes. En traversant la masse de gens présents on pourrait se prendre pour des stars, rêver d'escalader une montagne ou encore de toucher du bout des phalanges des galaxies. Elle revenait en enfance et aurait presque tendu ces petits doigts pour tenter de les attraper.

Quelques secondes à se promener et esquiver les quelques personnes présentes et la présence de Daley se fit absente, lui manquant quelque peu comme si une partie de lui était nécessaire au bon déroulement de cette aventure. Nevada s'arrêta alors, lorsqu'elle refit un tour sur elle-même elle le rencontra fesses contre le sol, une première chute ne tardant pas à se faire. Il semblait avoir quelques problèmes pour patiner, elle se serait réjouie de lui enseigner.

— Daley ! Ça va ? Attends-moi j'arri-...

Sa voix se fit porter malgré elle, plus audible, plus puissante que lorsqu'elle venait tout doucement susurrer contre lui. Dans sa poitrine, son coeur battait à tout rompre, désespéré de venir le rejoindre, hurlant d'une impatience inquiète à l'idée de s'assurer qu'il ne se soit blessé en tombant. La glace n'était jamais une expérience que l'on vivait de manière très positive les premières fois, elle se souvenait aisément de la sienne. Cependant, une fois n'étant pas coutume, l'Irlandais parvint à se débrouiller seul, ne lui laissant ne serait-ce que le temps d'avancer vers lui. Avant même qu'elle ne puisse se mettre en route, Daley redressa, les jambes quelques peu tremblantes toutefois, le sourire triomphant qu'il lui offrit à la suite de sa réussite la rasséréna immédiatement. Alors, sans même penser, sans même chercher de mots elle tendit le bras et le pouce, souriant de toutes ces dents, le félicitant en ce geste. Oh, elle lui aurait bien offert une étoile ou deux pour le récompenser, si seulement elle en avait la possibilité.

Une morceau de musique pop fût lancé au même instant qu'elle reprit sa route, patinant vers lui, courant à contre sens du vent qui se fit un plaisir de faire venir sa masse de cheveux bruns tout contre le visage. Un peu plus loin, elle l'entendit lui annoncer qu'il aurait peut-être bien besoin d'un enseignant pour se lancer dans l'activité et cette idée germa dans son esprit, elle aurait désiré s'y proposer en première, l'idée même de partager ce moment autre qu'avec lui la faisant presque grimacer. Tout du moins jusqu'à ce que ces yeux retombent sur Daley au sol, la position nonchalante cachant le fait qu'il était à nouveau tombé. Nevada se mordit la lèvre inférieure pour ne pas rire, plus que la situation, c'était sa manière de voir les choses qui l'attendrissait énormément. Il avait en lui quelque chose de rassurant, sans même qu'il ne s'en rendre compte.

Son patin glissa sur la glace et elle se pencha vers l'avant, tendant le bras comme pour s'apprêter à lui venir en aide, attraper entre ces doigts les siens pour le soulever maladroitement. Il le fallait, c'était instinctif, elle ressentait le besoin de tenter de le rattraper à chaque chute. L'instinct comme toujours parlait plus fort que tout, elle ne se laissait que porter. Alors qu'il ne lui manquait que quelques mini-centimètres pour le rejoindre, une rapide silhouette armée d'un bonnet rouge et noir passa à ses côtés, la poussant également, la faisant dans son déséquilibre manquer de tomber. Dans un réflexe purement humain elle tenta de s'agripper à quelque chose, s'accrochant à la veste de Daley et tombant entre ces bras, cette fois-ci contre les délimitations installées autour de la patinoire.

Un clignement d'yeux, un soupir tout contre le tissus près de sa joue alors qu'elle passait doucement sa main tout contre son épaule, s'y agrippant quelque peu pour se redresser complètement. En cet instant, elle ressentit sa chaleur sous sa paume, dissimulée sous les vêtements, presque cachée mais non oubliée. C'était bien la première fois qu'elle le touchait un tant soit peu depuis que leur amitié avait commencée, la première fois qu'elle déposait sa tête tout contre son épaule de manière physique, bien que de nombreuses fois elle avait pu compter sur lui dans le passé. Et quelque part, cette situation devenait douce et amère, à la fois rassurante car il était présent, car en le touchant ne serait-ce que légèrement elle pouvait sentir qu'il était là, vivant. Mais également, tout devenait plus compliqué, parce qu'ils ne rentrait jamais en contact l'un avec l'autre, jamais, ils n'en avaient pas le besoin. C'était trop précieux. Ça provoquait une boule de sentiments encore indescriptibles dans la poitrine.. Nevada préféra s'éloigner de lui un peu soudainement, comme brûlée, le bout de ces doigts caressant légèrement le bombardier recouvrant le bras de l'Irlandais alors qu'elle ne reprenait la parole, ses yeux venant s'ancrer dans les siens, le contact étant coupé raisonnablement vite.

— Je suis désolée, tu vas bien ? Ce petit garçon m'a complètement déséquilibré, c'est... la première fois que je fais du patinage avec autant de monde.

Tout doucement son regard fût porté sur la piste alors qu'elle vint cacher ces mains à l'intérieur de ses poches, ces yeux trouvèrent la petite silhouette hyper active qui courrait encore les patins aux pieds. Il avait le démon dans le corps ce petit, tout en étant extrêmement adorable. Lorsqu'elle reporta son attention sur Daley à nouveau, il ne lui fallut que quelques secondes pour éclater d'un rire joyeux.

— Et c'est sans doute aussi la première fois que je m'amuse autant en piste, mais ne parlons pas de ça ! Tu as besoin d'un professeur c'est bien ça ? Je me propose, si tu veux bien de moi.

Nevada se pinça légèrement les lèvres, s'autorisant à venir se glisser sur ses côtés, juste à sa gauche et lui offrant un petit clin au passage.

— Je ferai en sorte que tu n'aies pas la même première expérience que moi, c'est promis ! La première fois que j'en ai fait j'étais toute petite, je suis tombée sur le sol et je me suis éclatée le nez. Tu vois, tu t'en sors beaucoup mieux que moi.

La russe rapprocha ses épaules, tentant de garder un peu plus de chaleur tout le long de son corps. Ces yeux eux, cherchèrent les deux lacs d'un bleu clair de Daley, elle cherchait avec ces mots à l'encourager un peu plus.

— Je me tiendrais à tes côtés, tu peux t'accrocher à moi ou au rebord si tu veux. On va tenter d'aller jusqu'à l'autre extrémité là-bas.

Nevada pointa du bout de son menton l'endroit en question, se remettant droite sur ses lames, la glace étant comme un deuxième milieu pour elle. Elle aurait pu y passer des heures sans les compter, désormais, il lui était comme nécessaire d'y reposer ses pieds. Toutefois, elle savait que ce n'était pas la même chose pour son ami le plus cher, il n'avait pas les mêmes affinités et elle ne désirait que partager un bon moment avec lui, délaissant de côté tout ce qui aurait pu être négatif pour se concentrer sur l'instant, le présent. Alors, tout doucement elle s'avança tout à ses côtés, ne faisant que des petites glissades, se penchant vers lui lorsqu'il lui semblait le voir faiblir, manquant de poser ces paumes contre son épaule, mais se retenant toujours. Il faisait d'énormes efforts pour elle et elle en avait conscience. C'était adorable. Bientôt, ils ne tardèrent pas à faire la moitié du chemin, son regard dérivant toujours en direction de ses patins au sol, avant de finalement remonter sur son visage. Elle se poussa quelques peu pour laisser passer les autres jeunes et adultes tout autour d'eux. L'atmosphère était presque... magique.

— Le premier conseil que je pourrai te donner ce serait... de ne pas regarder tes pieds quand tu patines. On a souvent tendance à le faire, mais finalement le mieux c'est de regarder devant sois, ne t'en fais pas, tu t'en sortiras t'es le meilleur. Tu as le bonnet de la chance aussi sur ta tête, il faut faire honneur à la vielle dame a qui je l'ai volé !

Et elle plaisantait encore, espérant le détendre, cherchant à le voir sourire à nouveau. Elle aimait son sourire, il était contagieux. Pourtant, dans sa poitrine résonnait encore une petite parcelle de doute, une question qui lui brûlait les lèvres et sur laquelle elle ne parvenait pas encore à trancher.

— Hm... est-ce que tu me laisserais te tenir le bras pour t'aider ? Même si ce n'est pas vraiment... ce qu'on fait habituellement.

Demander, puis espérer une réponse positive. Bien qu'elle ne le connaisse, il avait toujours des choses à propos de lui qu'elle ignorait et dont elle ne voulait pas questionner la cause. Pour ne pas blesser. Pour ne pas le perdre.


©️ Crimson Day
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé
() message posté par Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
souvenirs sortis du placard ☾ ft. Daley
London Calling. :: Zone 1-2-3 :: West London :: Westfield Shopping Center White City
» [TERMINE] Quand plus aucun souvenirs vous reviens... [Pv Sacha Farmer]
» Les souvenirs...
» Le placard !
» Les Limbes des souvenirs.
» Entrevue douloureuse et Souvenirs refoulés. {Achevé}

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-