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() message posté Jeu 15 Mar - 18:15 par Aéris L. Wheeler
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Elle aurait eu le temps de regretter ces moments chaque instant de sa vie, comme si chaque souvenir n'était qu'une parcelle de rêve, qu'une pièce de puzzle que l'on emboîterait ensuite. Elle les assemble, les ôte et les observe jusqu'à ce que le résultat ne se fasse. Reste à voir si ce puzzle sera celui qui lui apportera des regrets mais aussi des rires. Les bons souvenirs d'avoir un jour vécu, de pouvoir murmurer " Un jour, je l'ai fait...  "

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Cils proches des ailes de papillons et de leur légèreté attribuée, en clignant des yeux le moindre de ces fils roux s'entremêlait à l'autre, se rapprochant en une union qui semblait marcher à la perfection, non pas comme elle et ces sois disant connaissances. En quelques secondes, elle se morcelait petit à petit, montrant au monde ses faiblesses que le temps de clore les paupières, prendre une inspiration et avec cela du recul. La pression qui lui accablait les épaules la rapprochait presque de la rupture, d'une certaine honte encore moindre comparée à ce qu'elle aurait dû ressentir en cet instant précis. Et ce sentiment là, il était tellement ancré dans ses cellules qu'elle semblait le voir danser dans sa conscience, lui répétant sans un instant de pause qu'encore une fois elle avait échoué, raté, s'était emportée. Aéris s'était pourtant promise, il y avait quelques mois de cela de ne plus se comporter ainsi, de se calmer en vue des circonstances pour ne pas ensuite décevoir celle qui lui avait tout donné. Quel exemple pourrait-elle donner à Riza en se comportant ainsi ? Et en même temps, tout son être tremblait devant des peurs invisibles, en tentant de fermer les yeux elle entendait les derniers sons de celle qui avait été sa mère biologique. Oh. Elle n'avait pas eu la force de tenter de lui rendre visite et sans doute était-elle morte, tout comme son père, ces deux pères en fin de compte. Ces doigts teints de rouge et de mauve se triturèrent entre eux, s'assemblèrent pour ne plus se lâcher. Lorsque d'un geste elle vint les faire glisser contre son visage pale, ce ne fût que pour constater avec une pointe de soulagement que la peinture était sèche. Qu'elle pouvait s'enlever, s'ôter juste en frottant quelques peu.

Cette image, ce fût l'élément qui la rasséréna, l'objet factice sur lequel elle s'y raccrocha de ses maigres forces, sa tête se baissant alors qu'elle tenta au mieux possible de ne pas montrer sa nervosité. La peinture, cela pouvait toujours s'enlever avec un peu de travail, on pouvait toujours espérer en frottant un peu tout faire disparaître. Elle aurait tant voulu que cela soit ainsi pour tout, que tout disparaisse, que cette crainte des autres et la peur du monde ne soient finalement qu'une plume caressant son visage, cette même plume qu'elle pourrait chasser en soufflant dessus. Pourtant toutes ces pensées ne l'empêchaient pas de se mettre en situation difficile lorsque son désespoir et sa connerie parlaient plus haut que sa peur d'autrui. Il n'y avait pas d'entre deux pouvant la mener à une stabilité agréable, il n'y avait que sa connerie ou bien sa peur. Ses sentiments.

— Je ne le répéterai pas, voulez vous que nous appelions quelqu'un ou vous allez le faire ? Je pense que vous ne réalisez pas encore votre situation, mademoiselle.
— Je... sais. Je vais le faire. Ou bien faites le. Non ! Je vais le faire. Je crois.

Une nouvelle fois, ses yeux se baissèrent, ses lèvres se pincèrent lorsque d'un simple et rapide regard elle constata les yeux remplis de jugement de l'homme face à elle. Il avait raison de lui en vouloir, toutefois elle détestait se sentir jugée par une personne inconnue. Ce sentiment la désarmait tout autant qu'il ne lui donnait envie de se montrer instable et froide, elle ne savait pas de quel pied danser. Aéris fit glisser les pans de son haut tout contre ses phalanges, caressant les arabesques colorées en son T-shirt et de cette veste en jean qui ne quittait ses épaules. Elle aimait les détails et l'odeur qui se dégageait, c'était un peu l'odeur de la maison, de sa chambre, de ses proches.

— Mademoiselle je vous re-...
— Je vais le faire, je lui enverrai un message. Arrêtez de hausser le ton s'il-vous-plait.

Cette phrase était sortie d'elle-même, pleine de sa franchise enfantine et de son insolence d'adolescente. La tonalité était basse, toute légère, elle aurait pu la chantonner pour lui. Si seulement il n'avait pas l'allure de ces hommes qui l'effrayaient, ces paumes auraient pu rejoindre ces oreilles pour les boucher et éviter que la tonalité grave de sa voix ne la fasse fuir. Mais elle avait grandi désormais, ce monde ne devait plus autant la déranger qu'avant. Tu n'es plus un enfant Aéris... Lentement, comme si chaque geste pouvait lui rapporter une honte supplémentaire, elle glissa sa main dans sa poche, attrapant son téléphone portable, faisant l'écho de la minuscule chaîne accrochée au dessus. Chaîne offerte par une des personnes les plus importantes de sa vie, son amie, son rempart, celle qui une fois encore avait réussi à s'échapper sans tourner un regard vers l'arrière. Cette constatation la fit soupirer, fermer les yeux, la rancune si légère qu'en la revoyant de nouveau elle l'oublierait sans doute. Elle lui pardonnait si facilement, effaçant ses erreurs et ses abandons comme on ôterait une larme ruisselant sur le coin de la joue.

Maman, j'ai...  besoin de ton aide. Je me suis encore mise dans le pétrin avec mes amis. On a un peu sémé le désordre dans un magasin de bricolage et ils se sont enfouis ensuite... Malheureusement je n'ai pas pu en faire autant, je suis au commissariat près du centre ville, à Soho. S'il-te-plait viens vite, je t'envoie la localisation.

La douche froide qui se déversa dans ses veines la fit se tendre, le message s'envoyant alors que ces ongles glissèrent tout contre l'écran. Qu'avait-elle fait encore ? Pourquoi accepter une virée en ville alors qu'elle savait qu'elle allait mal tourner ? Elle en avait tellement honte qu'elle préféra tourner le dos à la parois vitrée du commissariat, croisant les bras dans sa poitrine, mordant ses lèvres dans une tentative de ne pas perdre pied. Son coeur battait tout rompre dans sa poitrine mais plus qu'un certain élan de joie, c'était plus la crainte qui en était le principal motif. Au bout d'une dizaines de minutes, la rousse se redressa, faisant quelques pas tout le long de la pièce, revenant sans cesse, pour ensuite recommencer. Ses doigts se triturèrent à nouveau et elle se gratta la joue, remarquant encore les quelques traces grossières de peinture qui devrait s'y retrouver collées. Un beau tableau, rempli de déception et de honte. Elle avait au moins un tant soit peu de couleur.

— Hey ma petite, tu veux peut-être aller enlever toutes ces tâches de peinture ? Tu peux aller te laver si tu veux, je viendrai t'annoncer l'arrivée de ta mère. Tu l'as bien prévenue ?
— Oui, merci.

L'idée de pouvoir ôter de sa peau les quelques tâches de couleur la fit quelque peu sourire, elle osa tout de même tourner la tête pour observer l'autre homme présent, se réconfortant dans l'idée qu'il était un peu plus agréable que son compagnon. Et elle en avait besoin de tout ça, bien que ce ne soit pas la première fois qu'elle finissait dans un commissariat elle éprouvait toujours cette crainte qu'on lui arrache à son lieu de sérénité pour l'implanter ailleurs. Elle se rappelait encore les discours quelque peu déconnectés et décousus de sa mère biologique, cette même qui lui hurlait qu'il ne fallait jamais rien leur dire, qu'ils finissaient toujours pour modifier les mots histoire d'aggraver une quelconque situation. Encore actuellement, elle ne savait pas exactement quoi penser des agents de la paix en général. Le bout de ses talons claqua contre le sol alors qu'elle se rapprocha du bureau, prenant son sac et le ramenant contre elle, tentant de calmer cette idée complètement démesurée que quelqu'un pouvait débarquer à n'importe quel instant pour le lui prendre. En quelques petites secondes, elle se promenait déjà dans les couloirs, rentrant des épaules pour ne pas avoir à effleurer qui que ce soit. La vision de la petite pancarte indiquant la salle d'eau la rasséréna, elle ouvrit la porte et la poussa du pied, retenant ses affaires qui menaçaient encore de tomber.

soupir.

Celui qui soulageait le coeur et l'esprit. Celui qui exprimait le trop plein dans son entièreté, le plus simplement possible. En se rapprochant de l'évier elle déposa son sac tout contre, fit glisser ses doigts sous l'eau et les frotta avec hargne, visant à faire disparaître le tout. Rapidement. Ces yeux ne se fermèrent que lorsque la teinte du liquide transparent devint violette et ne se rouvrirent que l'instant d'après, lorsqu'elle fit ces phalanges danser les unes contre les autres.

Petit à petit, geste par geste elle en vint à effacer les traces de sa virée en ville, remontant ses mains afin d'ôter le tout, l'agréable chatouillis de la mousse contre sa peau étant suave au point où elle s'amusait de l'instant. Jadis elle aimait ça, jouer avec la mousse et s'imaginer des potions magiques. Elle avait toujours fait ceci lorsqu'elle se baignait plus jeune, au point de se perdre, d'oublier le temps et le lieu. Désormais ce n'était que ses écrits qui lui apportaient la parcelle de magie perdue. Ce n'était pas plus mal. Le bruit de la porte qui s'ouvre la fit soulever la tête, ses doigts glissant tout contre son visage pour le débarbouiller. En quelques rapides clins d'yeux, elle distingua la silhouette d'un des policiers.

— Je crois bien qu'elle est arrivée.

D'un simple et rapide geste, elle attrapa deux morceaux de papiers et les frotta contre son visage, ramassant son sac et jetant les débris à la poubelle juste à ces côtés. On entendit que les claquements de ces chaussures le long des couloirs, jusqu'à la dalle dans laquelle elle était atterrie, une bonne heure auparavant. En voyant la chevelure rousse d'Astrid, ses yeux se plissèrent, elle se retint de courir en sa direction.

— Madame, comprenez bien que depuis presque une heure votre fille refuse de donner les noms des jeunes qui ont saccagé le magasin de bricolage à deux pâtés de maison d'ici. Malheureusement nous savons qu'elle était avec eux et bien qu'aucune charge ne soit directement prise contre elle, ses amis ont quand même aggravé le magasin du commerçant.
— Je suis désolée... Vraiment je ne savais pas. C'était pas... je ne voulais pas faire ça.

Toutefois elle ne pouvait pas les livrer ainsi, bien qu'ils soient eux libres et elle prisonnière. Elle se désespérait.  

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() message posté Mar 5 Juin - 17:22 par Astrid J. Wheeler
Elle manipule une pipette de sa main droite, un bécher de la gauche, presque comme si sa vie en dépendait. Les sourcils légèrement froncés, ses lunettes de protection glissent vers le bout de son nez retroussé, qu'elle empresse de repousser à chaque fois vers le haut. Quelques mèches rousses dégringolent sur les contours de son visage dans des boucles légères et paresseuses; il lui arrive par moment de se mordre la lèvre inférieure, trahissant sa concentration aiguë sur la tâche qu'elle effectue. Astrid travaille sur une nouvelle gamme de cosmétique avec toute son équipe, et le choix du parfum est déterminant pour tout le reste. La direction souhaite quelque chose de léger et d'innovant. C'est ce qu'il demande toujours. Jasmin, une touche de tubéreuse ; Astrid sait alors qu'elle part dans la bonne direction. Pourquoi pas du lilas pour accompagner le tout ? Ou la groseille de maquereau ? Non. La Quisqualis indica serait plus adéquate. La belle rousse donne le meilleur d'elle-même, comme elle le fait toujours. Elle manipule les huiles avec légèreté, compose des fragrances telle une magicienne. Mais on finit par la couper dans son élan. Ça vibre dans la poche de sa blouse blanche. La belle rousse soupire, mais son visage se détend. Elle pose alors ce qu'elle tenait dans ses mains jusqu'alors ; puis referme la hotte aspirante en tirant la paroi vitrée vers le bas. Elle enlève ses gants en latex, et sort son téléphone de sa poche. Elle ne manque jamais un message ou un appel. Après tout, elle a deux filles, et c'est une mère bien trop inquiète pour ignorer la moindre information sur le déroulement de leur journée. Aéris, son nom s'affiche sur l'écran. Un mauvais pressentiment guette la jeune trentenaire, alors qu'elle déverrouille l'écran du téléphone. « Maman, j'ai...  besoin de ton aide. Je me suis encore mise dans le pétrin avec mes amis. On a un peu sémé le désordre dans un magasin de bricolage et ils se sont enfouis ensuite... Malheureusement je n'ai pas pu en faire autant, je suis au commissariat près du centre ville, à Soho. S'il-te-plait viens vite, je t'envoie la localisation. » Une boule s'installe sans crier garde dans l'estomac de la belle rousse, tandis que sa gorge se noue. Aéris n'a jamais été une enfant à problème à proprement parlé, dans le sens où ce n'est pas une mauvaise personne. Loin de là. Mais elle a toujours été particulièrement douée pour s'attirer des ennuis. Elle n'est également pas très douée pour ce qui était de ses relations. C'est pourquoi il lui arrive régulièrement de se retrouver dans ce genre de situation. Mais ça n'est jamais allé si loin. Jusqu'à maintenant, Astrid a déjà reçu des appels de l'école, ou des magasins qu'elle et ses amis avaient désordonné. Mais jamais encore la jeune fille ne s'est retrouvé au poste de police. Elle lui avait pourtant promis qu'elle ferait des efforts. Astrid est déçue, mais l'heure n'est déjà plus à la déception. En l'espace de quelques minutes, la trentenaire a dévalé les escaliers et franchit le seuil d'entrée de l'atelier d'Amanda Lacey, l'entreprise de cosmétique qui l'emploie. Heureusement pour elle, sa chef est d'une nature compréhensive, et elle l'a laissé filé sans chercher à comprendre.

Astrid porte toujours sur ses épaules sa blouse de laboratoire. Elle s'en rend compte tandis qu'elle stoppe sa voiture à un premier feu rouge. Machinalement, elle ôte le vêtement, laissant apparaître un chemisier beige en soie et un jean slim couleur bleu brut qui lui remonte jusqu'à la taille. Elle allume la dictée vocale de sa voiture. Une voix robotique et féminine s'enclenche alors. « Que puis-je pour vous aujourd'hui ? » demande-t-elle alors. Astrid ne quitte pas la route des yeux, passant une main par inadvertance dans ses cheveux coiffés d'un chignon pour y replacer quelques mèches rebelles. « Envoie un message à Aéris et dis-lui que j'arrive le plus vite possible. » Dicte Astrid dans une tonalité claire et ferme à la voix robotique. De temps à autre, elle jette un œil sur son GPS, où elle a enregistré la localisation que lui a envoyé sa fille un peu plus tôt. Une vingtaine de minute plus tard, elle gare finalement sa voiture devant le commissariat avec une certaine brutalité. Une appréhension s'empare d'elle ; celle d'être jugée par les policiers. Astrid a tout fait pour éduquer au mieux sa fille aînée, mais c'est comme une hantise qui la taraude. Qu'on lui jette des pierres, qu'on la traite de mauvaise mère, qu'on lui dise qu'elle n'a jamais eu la fibre maternelle. Pas pour rien que t'es stérile, Astrid. Non, ressaisis-toi, il n'en est rien. Elle sort de son véhicule, claque la porte. Elle se dirige vers les portes du commissariat. Les talons de ses bottines noires claquent contre le sol de l'entrée. La trentenaire redresse l'anse de son sac dans le creux de son épaule. Une mine inquiète ne quitte pas les traits fins de son visage. À hauteur du comptoir de l'accueil, la belle rousse prend la parole. « Bonjour, ma fille a été amené ici. Son nom est Aéris Wheeler. » Dit-elle d'une traite à l'homme devant elle, avachi sur son siège de bureau. Le ton qu'elle emploie est étrangement calme, rien à voir avec l'émoi qui traverse son esprit depuis qu'elle a reçu le message de sa fille. « Ouais, c'est la p'tite rousse couverte de peinture, non ? J'vais prévenir mes collègues. Attendez ici. » Répond l'homme dans une lassitude évidente. La trentenaire croise ses bras contre son buste, fronçant les sourcils. Comment ça, couverte de peinture ? Aéris n'a pas été particulièrement explicite au sujet du « désordre » qu'elle est ses amis ont mis dans le magasin. La belle rousse reste calme, bien qu'elle ne bouge d'un pouce. Elle est droite comme un piquet, les pieds bien plantés au sol. Ses yeux scrutent le sol. Et la paume de sa main droite vient se plaquer contre sa bouche, trahissant son inquiétude grandissante. L'homme de l'accueil revient à peine une minute plus tard en direction d'Astrid. « Suivez-moi, j'vous prie. » Elle acquiesce et lui emboite le pas sans dire un mot de plus, une expression neutre dans les yeux.

Astrid traverse plusieurs couloirs avant de se retrouver dans une pièce, bien plus petite. Les murs sont vitrés, ce qui fait que la belle rousse  a eu le temps d'apercevoir sa fille bien avant de rentrer dans la dite-salle. À peine a-t-elle franchi le seuil, qu'un homme aux allures baraqués, dépassant la trentenaire d'une tête et demi l'interpelle. « Madame, comprenez bien que depuis presque une heure votre fille refuse de donner les noms des jeunes qui ont saccagé le magasin de bricolage à deux pâtés de maison d'ici. Malheureusement nous savons qu'elle était avec eux et bien qu'aucune charge ne soit directement prise contre elle, ses amis ont quand même aggravé le magasin du commerçant. » Astrid se retrouve quelque peu désemparé par le ton qu'emploie l'homme, glacial et peu avenant, mais aussi par l'ambiance oppressante qui règne dans la pièce. Plusieurs officiers sont autour de sa fille, l'un d'entre eux a une main sur son épaule, comme s'il est question d'une criminelle qu'ils auraient appréhendé. Bas les pattes, leur aurait-elle dit volontiers. Mais ils sont dans un commissariat de police, elle sait qu'elle n'est pas en position de force. Aéris prend la parole à son tour. « Je suis désolée... Vraiment je ne savais pas. C'était pas... je ne voulais pas faire ça. » Astrid reconnaît la culpabilité dans le regard et la voix de sa fille, une expression qu'elle ne connait que trop bien. Ce n'est pourtant ce qui pourra la sortir de là cette fois-ci. Puisqu'il n'est pas seulement question du pardon auprès de sa mère, mais aussi du fait que les policiers veuillent la laisser partir. La trentenaire sait pertinemment que sa fille cherche à protéger ses amis. Elle baisse les yeux, froncent les sourcils et hochent la tête de droit à gauche nonchalamment, comme pour montrer ouvertement sa désapprobation. Autant dans le comportement de son enfant que pour celui des officiers. « Et bien, si elle refuse de donner leur nom, que voulez-vous que je fasse de plus ? Que je lui hurle dessus, que je la frappe jusqu'à ce qu'elle veuille se montrer plus docile peut-être ? » Finit-elle par répondre d'un calme olympien, bien que le ton employé soit sec, presque stricte, en écho à ce qu'a dit le policier un instant plus tôt. Les employés du commissariat expriment à l'unisson un sentiment de surprise face aux paroles d'Astrid. Cette dernière hausse les épaules, et soupire longuement. « Pourriez-vous... nous laisser discuter un moment en privé s'il-vous-plait. » Les officiers consentent, et sortent de la pièce en prenant soin de refermer la porte derrière eux. La trentenaire s'adosse à la table ornant le milieu de la pièce, croisant une nouvelle fois ses bras. Elle baisse le regard, et un long silence s'en suit. Elle finit par s'approcher de sa fille, passant ses doigts fins dans les mèches couvertes de peinture de sa fille. Elle entreprend d'en gratter la surface sèche, laissant tomber ainsi des petites écailles colorés sur le sol. « Est-ce qu'il y a quelque chose que j'ai fais de travers avec toi ? Est-ce que j'ai raté un signe, une étape ? Est-ce que tu tentes de me faire passer un message ? Ou es-tu tout simplement en colère contre moi ? » Elle marque une pause, sa voix se brisant dans un murmure. Elle cherche désespérément la raison d'un tel comportement chez son enfant. Elle lui a tout offert, donner tout ce qu'elle a toujours souhaité. Seule la culpabilité, et ce sentiment d'avoir échoué lamentablement sonnent juste comme explication à ce mystère. « Je ne sais plus où donner de la tête avec toi, Aéris... » J'aimerais que Peter soit là pour m'aider, songe-t-elle finalement. Dans ce genre de moment, elle pense ne pas avoir les épaules assez grandes et solides pour s'en sortir. L'inquiétude laisse finalement place au doute, tandis qu'elle plonge son regard dans les yeux de sa fille, cherchant une réponse à ses questions.

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() message posté Jeu 21 Juin - 17:59 par Aéris L. Wheeler
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Elle aurait eu le temps de regretter ces moments chaque instant de sa vie, comme si chaque souvenir n'était qu'une parcelle de rêve, qu'une pièce de puzzle que l'on emboîterait ensuite. Elle les assemble, les ôte et les observe jusqu'à ce que le résultat ne se fasse. Reste à voir si ce puzzle sera celui qui lui apportera des regrets mais aussi des rires. Les bons souvenirs d'avoir un jour vécu, de pouvoir murmurer " Un jour, je l'ai fait...  "

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Arriver et se confronter à son idole, faire face à ses peurs, ses craintes, finalement y perdre les mots. Un pied devant l’autre, que quelques pas et elle ne pu s’empêcher de s’arrêter, croiser ses mains devant ses jambes, mettre de la distance entre elle et eux, elle et celle qui lui avait tout donné et plus encore. Oh, Astrid aurait pu lui tendre toutes les étoiles du monde, elle aurait quand même hésité à les prendre, elle aurait tout de même hoché négativement la tête et les aurait rejetées, elle ne s’en sentait pas digne sur le moment. Elle l’avait trahi. Elle était volatile Aéris, peu confiante, facilement influençable. Elle volait comme un papillon sans avoir de réel but, elle se posait et prenait de ce que toutes les fleurs lui tendaient, même les néfastes. Elle aurait pu dire que tout était leur faute mais non, elle était assez grande pour assumer les conséquences, bien qu’elle ne le veuille pas forcément. Elle préférait se mettre des visières, ne pas voir que tout était déséquilibré dans ses liens, ravaler sa culpabilité comme elle le faisait toujours, en silence. Elle ne se sentait pas apte à dire quoi que ce soit de plus sur le moment. Et dans le fond, avait-on besoin de rajouter quelque chose après tout ce qui s’était dit ? Aéris baissa la tête, les yeux fixant ses chaussures, se pinçant les lippes. Dans le fond, avait-elle bien fait de l’appeler à nouveau ? Alors qu’elle s’était jurée de ne plus les mettre dans l’embarras, de se tenir tranquille. Promesse à moitié tenue, comme toujours, tout comme ses moments-où elle se prenait à voler quelque chose de manière discrète, elle ne se contrôlait plus réellement. Tout lui échappait, tout s’évaporait à son contact, on pourrait bien mettre la faute sur les autres, lui dire que ses quelques amis n’en étaient pas vraiment, qu’ils n’étaient que de mauvaises compagnies. Mais n’était-ce pas elle qui les avait choisis ? La rousse pencha la tête sur le côté, le regard vide, presque perdu dans ses réflexions. Tout se brisait. Petit à petit. Comme la confiance de sa mère se perdait à chacune de ses bourdes.

« Et bien, si elle refuse de donner leur nom, que voulez-vous que je fasse de plus ? Que je lui hurle dessus, que je la frappe jusqu'à ce qu'elle veuille se montrer plus docile peut-être ? »

Elle prit la parole, la faisant doucement relever la tête, se tendre, surprise par cette réponse quelque peu soudaine. Elle la surprenait toujours Astrid, en étant douce lorsqu’elle aurait pu être rude et amère, en étant compatissante alors qu’elle pourrait se contenter d’être froide. Puis parfois, elle était plus sévère, dans son gant de velours, elle ne criait jamais non, elle savait au combien cela pouvait l’effrayer. Il lui semblait que quand elles parlaient, son petit monde se stabilisait petit à petit. Toutefois, cela faisait bien un moment qu’elle ne s’était plus confiée, comme si quelque chose manquait. Ce n’était pas le cas de son affection et de son amour pour elle, non c’était plus compliqué que ça. Parfois elle craignait de rester seule, abandonnée de tous et d’autres elle avait trop peur de s’attacher, d’oublier, de blesser. Toutes ses peurs revenaient à la surface à chaque fois qu’on la regardait avec désapprobation, elle avait peur de l’échec, la peur bleue de ne pas être à la hauteur, de ne pas être satisfaisante. Ainsi elle tentait toutes les manigances possibles, toutes les folies, histoire de pouvoir se dire qu’elle l’avait fait. Cependant perdre l’affection de sa mère était une de ses craintes les plus élevées, ce qui la poussait encore plus, la stressait encore plus. Elle marchait ainsi, sous stress, faisant tout pour être parfaite, étant perfectionniste à souhait. Sans savoir doser. « Pourriez-vous... nous laisser discuter un moment en privé s'il-vous-plait. » Aéris tourna les yeux en direction des policiers, attendant une réponse, un geste, ils se contentèrent de partir en acquiesçant légèrement, les laissant seules. Elle déglutit difficilement, une mèche lui caressant le bout du nez, cette même que sa mère prit entre ses doigts en se rapprochant, dégageant un peu de peinture. Celle-ci retomba sur le sol, en paillettes, suivie par ses yeux curieux, un peu honteux également. Elle ne savait pas quoi lui dire, elle sentait que la situation allait un peu trop être tendue. Astrid était bien une de seules personnes avec son décédé père Peter et sa meilleure amie avec qui elle ne pouvait tout simplement pas tenir tête trop longtemps, c’était au-dessus de ses forces.

« Est-ce qu'il y a quelque chose que j'ai fais de travers avec toi ? Est-ce que j'ai raté un signe, une étape ? Est-ce que tu tentes de me faire passer un message ? Ou es-tu tout simplement en colère contre moi ? »

Ses yeux se perdirent dans ceux de sa mère, elle les plissa, semblant triste, abordant une expression bien connue signifiant qu’elle réfléchissait, ne savait pas quoi dire, que la situation était bien plus complexe que ce qu’on pouvait penser. Astrid avait essuyé toutes ses crasses, elle avait tout accepté, ses crises lorsque plus petite elle éclatait en sanglots, lorsqu’elle s’agrippait à sa jupe en voyant quelqu’un allumer une cigarette à ses côtés. La première fois qu’elle avait été prise en train de voler quelque chose également et pourtant dans ses yeux aucun jugement majeur, elle prenait toujours le temps de lui expliquer, de chercher pourquoi, bien que la jeune ne lui dise rien de concluant pour finir. Astrid devait en avoir assez, quelque chose dans sa poitrine lui fit mal, plus que le sentiment de culpabilité, elle regrettait de lui faire vivre tout ça, encore plus maintenant que son père était parti. Il lui manquait. Aujourd’hui aurait dû être le jour où elle aurait dû lui rendre visite et lui aurait apporté des fleurs. Il lui manquait vraiment.

— Non…

Elle ne savait pas.
Elle n’avait jamais su grand-chose pour finir.
Juste qu’elle n’avait pas envie qu’Astrid ait honte d’elle, ni qu’elle ne l’abandonne après tout ce temps. Aéris croisa ses bras devant son torse, ne sachant pas trop quoi dire, quoi lui répondre. En cette situation, il lui semblait que toutes les possibilités de réponses étaient mauvaises. Erronées. « Je ne sais plus où donner de la tête avec toi, Aéris... » Un clignement d’yeux et elle se mordit les lippes, presque à sang, ramenant sa mèche derrière son oreille, calmant sa crainte, ses craintes. Au combien nombreuses. « — Non... » Elle baissa la tête, retint les larmes qui menaçaient de couler sur ses joues, elles restaient encore aux creux de ses yeux. Elle n’éprouvait pas l’envie de pleurer devant elle, pas de la faire culpabilise davantage.

— Ne me laisses pas, maman.

Le maman qu’elle n’utilisait que très rarement devant elle, ayant toujours peur de faire trop ou bien pas assez, elle ne le savait jamais vraiment. Aéris s’éloigna, son sac vibrant lui permettant de savoir qu’on tentait de l’appeler, elle ne l’ouvrit que vaguement, voyant le nom à l’écran. La reine de toutes ses galères. Sa meilleure amie. Elle se retourna vers elle, soupira, passant une main dans son visage, sa peau blanche montrant les quelques taches restantes de peinture.

— Je ne sais vraiment pas comment je me suis retrouvée ici. J’aurai pas dû faire ça, je suis désolée... Excuse-moi.

Une fois de plus, elle se retrouvait désemparée, face à ses choix, face aux conséquences. Elle ne pouvait pas les fuir, pas cette fois-ci. Cela rendait la chose encore plus amère. La jeune rousse plongea ses yeux dans ceux de sa mère, comme cherchant du soutiens, un encouragement. Elle ne se voyait pas de dire les noms immédiatement.

— Ça a déraillé, vraiment. Je sais pas... je... je suis couverte de peinture. Qu’est-ce que j’ai fait ?

Elle le réalisait enfin. Comme une révélation s’écrasant sur son faciès, une giffle violente, en regardant ses mains elle n’en distingua que des couleurs qui n’étaient pas les siennes. Aéris retint un reniflement, son cœur s’accélérant, elle se sentait stressée, angoissée au possible. La colère et les reproches de celle qui lui avait tout donné étaient une bien suffisante punition, elle avait plus peur d’elle que des policiers.

— Je ne peux pas donner leurs noms, vraiment pas... Je sais pas ce que je dois faire, mama.

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» Schizophrénie : helga, benedict & daley.
() message posté Ven 29 Juin - 16:27 par Astrid J. Wheeler
Après le départ des policiers, la petite pièce fut plongée dans une atmosphère silencieuse mais pesante. Les néons suspendus au plafond donnait à la salle de la froideur et de l'austérité. Astrid finit par s'approcher de sa fille, les yeux et l'esprit emplis de questions. Elle se demandait ce qu'elle avait raté, si elle s'y prenait mal. Elle avait toujours cette crainte, comme une honte, une blessure à la douleur incommensurable. Car elle était stérile voyez-vous, depuis toujours. Elle se rappelait les tentatives toutes vaines de concevoir un enfant avec son mari. Comme elle avait souffert le jour où ses craintes avaient été confirmé par les dires du médecin. Elle avait toujours voulu être mère, c'était quelque chose ancré en elle. C'était comme une évidence. Mais la nature en avait décidé autrement. Si elle avait été croyante, la belle rousse aurait sûrement associé ça à une punition, ou une mise à l'épreuve de Dieu. Mais heureusement, ou malheureusement, elle était agnostique, et associait cette différence à un simple coup de la malchance. Elle avait alors comblé ce trou béant par autre chose, différemment. Et elle y avait trouvé son bonheur, finalement ; aider les enfants en difficulté familiale, même si parfois c'était passager, furtif. Ça faisait du bruit dans la maison, les rires d'enfants, les jouets qui tombent au sol, les courses dans les escaliers. Et ça remplissait son cœur de joie. Et puis il y avait eu Aéris, ensuite Riza, et Astrid s'était finalement dit que même si elle ne les avait pas crée elle-même, dans son ventre, ses filles lui étaient en quelque sorte destinées, et c'était alors tout comme. Lorsqu'elle posait les yeux sur elles, elle ne voyait pas des orphelines adoptées, mais ses filles, les siennes, comme si elles partageaient toutes les trois le même sang. Et pourtant...

Pourtant, elle avait toujours cette crainte de ne pas être à la hauteur. Qu'en vérité, elle eut découvert être stérile et que cela ait été un avertissement, une mise en garde ; celle qu'elle n'aurait pas ce qu'il faut pour supporter le rôle de mère. Peut-être avait-elle en vérité forcé le destin à lui offrir ce qu'elle voulait, si tant est que le destin existe. Elle était si douce Astrid, et si confiante lorsqu'on la voyait comme ça. Elle endossait l'armure d'acier d'un preux chevalier pour protéger ses filles, pour leur montrer le droit chemin sans faille. Mais elle aussi avait ses craintes, particulièrement dans ses moments-là. Surtout quand elle voyait le regard que lui portait ces policiers. Ils la jugeaient. Et même si elle leur avait tenu tête, faisant mine d'être hermétique à leur considération, ses pensées étaient tout autre.

Elle regardait sa fille, sa longue chevelure rousse lui tombant en cascade devant les yeux. Elle l'avait vu grandir, devenir une jeune femme. Mais même à travers ses yeux, il lui semblait toujours la voir comme l'enfant de onze ans qu'elle avait recueilli chez elle. Elle avait cette même expression triste, perdue dans le regard, la même que lorsqu'elle avait passé le pallier de sa porte pour la première fois. Astrid s'était beaucoup donnée de mal pour elle, elle s'était sentie blessée et mise de côté plus d'une fois, mais elle avait gardé la tête haute. Parce qu'elle était la mère, et pas l'enfant, et qu'une mère, même mise à l'écart, doit rester debout pour continuer à soutenir son enfant. « Ne me laisses pas, maman. » lui avait-elle dit dans un souffle. Maman, elle l'appelait rarement comme ça, mais la trentenaire savait alors en quelque sorte qu'elle était à sa place. Astrid posa ses mains sur les siennes, les serrant doucement. « Non, bien sur que non, je ne vais nulle part ma chérie. » Lui répondit-elle avec empressement et indulgence, un sourire qui se voulait rassurant sur les lèvres. Elle s'assit en face d'elle sur une chaise laissée là à l'abandon. Elle ne la jugeait pas, ça non jamais. Elle voulait juste comprendre ce qu'il se passait dans sa tête et dans sa vie en général. Elle ne savait pas grand chose ; Aéris parlait très peu d'elle, et ne se confiait à sa mère pour ainsi dire jamais.

Elle restait là, assise, ses mains reposant à présent sur ses cuisses, ses pieds bien droits face à sa fille et ancrés sur le sol, comme un encouragement à poursuivre, comme une preuve qu'elle n'avait aucune intention de partir. Elle la laissa regarder son portable un instant, l'entendant vibrer dans son sac. Elle se racla cependant la gorge alors qu'Aéris s'attardait un peu trop, ses yeux rivés sur son téléphone. « Je ne sais vraiment pas comment je me suis retrouvée ici. J’aurai pas dû faire ça, je suis désolée... Excuse-moi. » Astrid hocha la tête lentement, fronçant les sourcils dans un soucis d'attention. C'était bien souvent comme ça ; Aéris faisait une bêtise, sans trop savoir pourquoi elle l'avait fait, et Astrid endossait la responsabilité et essuyait les dommages derrière elle. La belle rousse ne s'en était jamais plainte, parce que son rôle de mère reposait sur le fait d'être un soutien indéfectible pour sa fille. Elle avait toujours pris sa défense devant les autres, même en sachant parfaitement qu'Aéris avait fait quelque chose de mal. Avec Peter, ils s'étaient promis de ne jamais abandonner leurs enfants, peu importe la situation ; ils se devaient de rester souder comme les doigts d'une main, tous ensemble, comme une famille est censée l'être. Et Astrid appliquait ça à la lettre depuis lors. Il y avait aussi parfois une once de fierté ; elle ne voulait tout simplement pas qu'on accuse son enfant et qu'on l'humilie devant elle. Mais ce qu'elle supportait de moins en moins cependant, c'était de rester dans l'ignorance. Elle savait que sa fille était désolée, qu'elle ne voulait pas réellement endommager un magasin, ou faire du tord au propriétaire. Mais ça ne suffisait plus. Elle voulait des explications, elle voulait comprendre le fond du problème.

Elle voulait l'aider. Astrid continuait de soutenir son regard, toujours cette même abnégation dans les yeux. Il n'y avait qu'Aéris qui comptait à ce moment-là, elle et ce qu'elle pouvait ressentir, et ce qu'il se passait dans sa tête. « Ça a déraillé, vraiment. Je sais pas... je... je suis couverte de peinture. Qu’est-ce que j’ai fait ? » Ajoutait la jeune Wheeler, ses yeux trahissant son inquiétude, et ses sourcils se haussant dans une once de surprise. Elle comprenait enfin ce qu'elle avait fait, un peu comme si jusque lors, elle rêvait éveillée. Astrid fronça d'avantage les sourcils, sentant sa fille céder à la panique. La voyant observer ses mains colorées, Astrid se leva pour la prendre dans ses bras sans même y réfléchir deux fois. C'était un réflexe plus qu'autre chose. Peut-être était-elle un peu en colère contre sa fille de s'être mise dans une situation aussi délicate, peut-être lui en voulait-elle aussi de ne pas se confier suffisamment à elle. Mais elle ne pouvait pas résister à l'envie de la rassurer. « Shhh... calme-toi, ne t'inquiète pas. » Lui murmura-t-elle à l'oreille. Astrid n'était pas de celle qui hurlait pour tenter une prise de conscience de la part de son enfant, elle n'usait que de patience et de douceur. Elle la serrait alors fort dans ses bras, lui offrant tout ce qu'elle pouvait, puis se recula doucement d'elle, ses mains toujours posées sur ses épaules frêles. Elle la scrutait, tandis qu'Aéris s'exclamait dans un sanglot sans larme. « Je ne peux pas donner leurs noms, vraiment pas... Je sais pas ce que je dois faire, mama. » Elle ne savait pas non plus. Elle passait une main rassurante dans ses cheveux soyeux, cherchant une solution. Elle se demandait ce qu'aurait fait, ce qu'aurait dit Peter à ce moment-là. C'était souvent ce qu'elle s'imaginait d'ailleurs. Peter, c'était son socle. Il était gentil et patient comme elle, il avait un cœur tellement gros que la terre entière n'aurait pas suffi à étancher sa soif de générosité. Mais il n'aurait pas aimé qu'Aéris se sacrifie aussi facilement pour ses amis. Il aurait détesté l'idée même qu'elle les protège alors qu'ils l'avaient abandonné, laissé pour compte dans cette galère. Ils ne méritaient certainement pas son dévouement.

« Aéris... je comprends que tu ne veuilles pas donner leur nom. Mais regarde autour de toi. Est-ce que tes amis sont là ? Est-ce qu'ils sont avec toi en ce moment ? » Finit par répondre Astrid toujours d'un ton calme et mesuré. C'était une question rhétorique de toute évidence, mais une invitation à se remettre également en question pour Aéris. Bien qu'Astrid ignorait la presque totalité des noms de ses amis, elle était pratiquement sûre de connaître l'un d'entre eux ; celui de sa meilleure amie. Elle entrainait toujours sa fille dans des magouilles, ce n'était pas la première fois. Astrid ne s'en garda pas de le dire par ailleurs. « Je sais très bien que ta meilleure amie était présente elle aussi. Et tu es parfaitement au courant de ce que je pense d'elle. » La trentenaire marqua une pause, soupirant nonchalamment. Elle fixait toujours sa fille du regard, tentant de dénouer la situation. « Elle ne mérite pas que tu sacrifies ainsi. Et c'est la même chose pour ceux qui ont fui à ses côtés, d'ailleurs. Tout comme le commerçant ne méritait certainement pas que vous saccagiez son magasin. » En vérité, Astris se fichait bien que sa fille donne les noms à la police ou non. Ça ne serait que justice certes ; mais ce qui comptait plus que tout pour la parfumeuse à ce moment précis, c'était qu'elle se confie à elle, rien qu'à sa mère. Le reste la laissait pour le moment indifférente. Elle s'éloigna de son enfant, tournant les talons pour faire quelques pas dans la pièce rectangulaire. Elle voyait au loin les policiers discuter. Toujours le dos tourné à sa fille, Astrid poursuivit : « Je ne donnerais aucunes informations à la police, rassure-toi... c'est à toi de les leur dire. Enfin, si tu penses que c'est la bonne chose à faire. Je ne t'y forcerais pas non plus. » La voix de la belle rousse était toujours calme, quoi qu'un peu plus froide, marquant une certaine distance entre la mère et la fille. Car au fond, là n'était pas la sujet. Astrid se tournait à nouveau vers Aéris, les bras croisés. Elle fit quelques pas dans sa direction, puis se stoppa. « Écoute, la seule chose qui m'importe en ce moment, c'est surtout que tu te confies à moi. Pourquoi ne me dis-tu rien ? Pourquoi ne me dis-tu pas ce qu'il se passe ? Explique-moi Aéris, parce que je suis perdue... Je voudrais t'aider, mais je ne sais jamais comment... Et je suis fatiguée de rester dans l'ignorance. » Dit-elle d'une voix toujours douce, bien que trahissant quelque peu ses émotions. Astrid finit par baisser les yeux, se rendant compte que son cœur en portait gros, et qu'au fond, elle demeurait blessée d'être laissée de côté par sa fille, par celle pour qui elle aurait gravi des montagnes, soulevé des camions en feu, voir même tenté de séparer la mer en deux ; si seulement ça pouvait aider celle qui à ce moment-là lui causait tant de soucis...

"thinking about the words to say" (@ beerus)

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