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(Adrian & Kennedy) last train home.

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() message posté Mer 21 Mar - 1:53 par Destiny Tynged
last train home.



Il est 1H du matin, vous (Adrian) courrez dans les escaliers de la station de métro pour tenter d'avoir le dernier train. Vous entendez derrière vous des pas pressés. Quelqu'un d'autre (Kennedy) est dans la même situation que vous. Vous courrez dans les couloirs, mais cette station est immense. Vous arrivez sur la plateforme et vous voyez le train quitter le quai. Vous venez tous les deux de rater votre moyen de rentrer chez vous.

Il n'y a pas d'ordre défini dans ce RP. Ce RP est issu du système RP est aveugle 2.0.


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Richard Ayoade
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() message posté Mer 21 Mar - 6:36 par Adrian Friday
On lui avait crevé les pneus de son vélo. Crevé n'était pas tant le mot, songea Adrian. Déchiqueté décrivait mieux la situation. L’engin gisait par terre, sur le trottoir de Kings Cross, à moitié tordu par des coups de pieds invisibles et pendu par son cadenas, comme un vieux cheval voué à l’abattoir. Il ne restait plus grand chose de son moyen de transport. Mais qui aurait pu s’attarder à ce point à ce tas de ferraille vert fluo, bleu et rouille, dans une ville bouillonnante comme Londres où les gens traversait la ville sans rien voir ? Il regarda autour de lui mais la rue était sombre et déserte. Les voyous étaient depuis longtemps rentrés chez eux, sans doute.

Chez eux. Adrian se mordit la lèvre. Avait-il seulement envie de se rentrer chez lui ? L’appartement qu’il avait loué était petit et vide et la vue de tous les cartons de sa mère le rendait un peu malade. Il se sentait à la fois envahi et seul. Il avait passé sa vie à vouloir se distancer d’elle. Et voilà que son fantôme ne cessait de le hanter. Il ne voulait pas rentrer chez lui.

Mais il fallait se reposer, son premier cours commençait à huit heures le lendemain. Il lui faudrait prendre le métro. Marcher jusque chez lui était impensable à cette heure et le taxi coûterait une fortune qu’il n’avait pas.

La tête lui tournait un peu. Combien de temps avait-il passé à contempler sa page blanche au comptoir du bar ? Adrian ne s’en souvenait plus. Seul son verre s’était rempli, ce soir-là.  Il n’avait rien écrit ce soir et il avait bu une pinte de trop, au Queen’s Head. D’un geste las, il s’avança vers la lumière pour mieux voir l’écran de sa montre. La petite aiguille avait presque atteint le I et la grande était à trois traits du XII.

00h57.

Cela lui prit quelques secondes avant de réaliser toute l’ampleur de la catastrophe qui allait s’abattre sur lui. Trois minutes. Le dernier train passait dans trois minutes !
«Bugger !»
Il se mit à courir vers la première bouche de métro disponible, non sans jeter un dernier regard d’excuse à son fidèle Rossinante qui l’avait si vaillamment porté toutes ces années, depuis le collège.

La station était immense et il ne connaissait pas encore très bien le métro de Londres. Toutes ces lignes qui partaient dans tous les sens ! Et tous ces panneaux qu'il fallait suivre pour se rendre sur la bonne rame! On était bien loin des bus d’Ipswich ! Mais où était le quai pour se rendre au Nord, hein ? N’entendait-il pas le train arriver à quai ? Il pouvait entendre vaguement des pas pressés, derrière lui mais la panique était telle qu’il ne songea pas à s’arrêter pour demander s’il allait seulement dans la bonne direction.

Il agrippa son sac en bandoulière, dévala les marches à toute vitesse, s’élança sur le quai vers le train qui ouvrait ses portes devant lui, faisant fi de la cannette de coca abandonnée juste sous son pied et… s’écrasa de tout son long sur la plateforme du quai. Mind the gap, qu’il disaient. Mind the gap. Sous le choc, son sac s’ouvrit, étalant ses pages gribouillées et il entendit ses lunettes glisser abruptement sur le béton du plancher, quelque part loin derrière lui.

Il releva la tête en grimaçant de douleur, un peu sonné, pour voir bouger devant lui un très vague amas de taches bleues, argent et rouges qui tourbillonnèrent vers le néant, dans un vacarme épouvantable.

Ça y est, il avait manqué le dernier train. Il avait perdu ses lunettes et il ne voyait que dalle.
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() message posté Jeu 22 Mar - 18:49 par Kennedy Harris

Last train home

@Adrian Friday & Lana Divine

LLes mariages étant précédés de toute sortes de traditions loufoques, via sa page facebook, une petite poignée de dames fort sympathiques au rire facile avaient coquettement payé Lana Divine afin qu'elle anime l'enterrement de vie de fille de leur belle Suzy qui après quinze ans de vie commune avec son compagnon, allait enfin le marier. Elle était blonde, en perles, en diamants, ses lèvres mattes nudes au généreux contour intense étaient pulpeuses comme toujours, elle portait le grain de beauté à la Marilyn et le satin rose surmonté de fourrure, quelques faux diamants autours de ses yeux, elle était immense parmi les dames, un joyaux sorti d'une rêverie old Hollywood glamour. Suzy, une femme potelée qui entrerait dans la cinquantaine tout juste mariée, s'était faite maquillée par la drag queen au grand amusement de ses copines, on l'avait ensuite couronnée, photographiée, elles avaient dancées à en avoir mal aux pieds... puis étaient arrivés les strip teaseurs qui avaient généreusement gâté chacune des dames de la salle... chacune.

La soirée s'était terminée relativement tôt pour un enterrement de vie de fille, mais c'était à s'y attendre d'une clientèle féminine entre la fin quarantaine et la soixantaine. Elle s'était d'ailleurs fini beaucoup plus tard que ce à quoi elles s'étaient attendues au départ, bien grâce à Lana Divine qui les avait tenu en haleine, ne manquant pas une occasion de mettre Suzy au centre de l'action, de l'amour collectif et des strip teaseurs.

Au final, Lana était partie avec une enveloppe généreusement garnie ainsi que quelques nouvelles amies facebook. Suzy avait tenue à garder contact avec lui et il avait accepté avec plaisir comme au final, lui aussi était tombé complètement sous son charme. Toute deux s'était échangées de longues accolades, des tas de mots doux et s'étaient en quelque sorte trouvés entre la dame qui avait essayé toute sa vie d'avoir des enfants et le jeune orphelin qui choisissait désormais sa famille.

Le coeur encore tout chaud, Kennedy avait pris le temps, avant de se diriger vers la gare, de déposer le montant qu'il avait fait au cours de la soirée afin de ne pas le dépenser d'un coup. Après quelques erreurs de gestion de ses finances, il commençait à comprendre que plus il avait de difficulté à accéder à son argent, moins elle disparaissait vite et maintenant, quand il faisait une recette liquide au cours de la soirée, elle allait direct au guichet. De plus, ça lui évitait de la perdre et ne faciliterait pas la tâche de quiconque ayant des envies malveillante envers la grande drag queen qu'il était en pleine nuit, si un jour ça venait à arriver.

Sans savoir où s'était trouvé sa tête tout ce temps-là, en sortant de la banque, il en vint à la plate réalisation que le dernier métro allait bientôt lui filer entre les doigts. Sans plus attendre, il pressa le pas. Le rater serait une catastrophe, maintenant que tout son argent était gelé dans son compte. Il se mit à se maudire de ne pas avoir de liquidités pour prendre un taxi, mais se remercia à la fois car ça lui donnait la motivation d'aller attraper le dernier métro comme il était à cours d'options.

Kennedy précéda de peu un homme qui semblait être dans la même situation que lui, mais il n'y porta pas attention. Une fois à l'intérieur de la station, ses talons firent écho sur les dalles de pierre alors qu'il pressait encore le pas. Ses oreilles lui semblaient être son seul sens en alerte comme il n'était pas encore à même de voir le train : il venait de s'immobiliser en gare !

La drag queen prit son élan, le coeur battant à la chamade. La panique le fit courir comme un chef avec ses talons hauts qui après une soirée complète à animer la fête lui avaient donné mal aux pieds. Les portes s'ouvraient, il en entendit le son distinct, l'espoir y était encore. Il tourna le coin et l'étranger devant lui sembla partager son même rush.

Quand le train lui fut visible, toutefois, il était trop tard. Les portes se fermèrent sous ses yeux et au même moment, l'étranger qu'il avait suivi s'étala durement au sol. La chute fut très violente, ses possessions se retrouvèrent étalées avec lui par terre, il lui sembla même voir quelque chose aller se perdre entre les deux wagons dans la rame. Plus une once de son cerveau ne pensait à présent au train qu'il venait de manquer. Kennedy stoppa sa course, mais il garda quand même bonne allure pour rejoindre l'étranger au plus vite. Sa bouche peinte s'était ouverte, ses poumons s'étaient emplis d'air d'un seul coup.

S'était-il cogné la tête? Était-il blessé? Certes il s'agissait d'un gaillard à l'allure solide, mais vu la vitesse à laquelle il avait trouvé le sol, ce genre de détails n'ont plus d'importance. Un os reste un os, s'il se fracasse il se fracasse.

Le train quitta la gare dans son habituel vacarme accompagné d'un vent chaud à l'odeur typique assez désagréable. Les pages qui s'étaient échappé du sac de l'homme tentèrent une gracieuse voltige, mais la drag queen fut plus rapide et les immobilisa sous sa chaussure plus vivement que si ça avait été un cafard.

"Ah!" lâcha-t-elle en faisant un autre pas rapide pour en rattraper un supplémentaire.

Après le train vint un silence relatif, son bourdonnement toujours audible alors qu'il poursuivait son parcours dans le tunnel. Sa respiration était rapide comme son cardio restait, malgré sa silhouette svelte, celui d'un fumeur.

Ils étaient seuls sur le quai. Lana s'accroupit.

" J'ai marché sur vos papiers, j'espère ne pas les avoir abîmés. Vous les auriez perdu sinon. Est-ce que vous allez bien? " dit-elle de sa voix grave.

Ses grandes mains aux longs ongles corail couvertes de faux diamants et de perles allèrent ramasser les papiers de l'étranger aussi rapidement que possible afin qu'ils ne tentent pas une seconde envolée. Malheureusement, certains d'entre eux étaient à présent froissés ou encore montraient la trace d'un talon pointu ou l'égratignure de quelques petites roches sous la pression de son soulier. Elle ne vit rien d'autre sur le quai après un regard circulaire sur ce dernier.

Kennedy lui tendit son bras, attendant de voir s'il en aurait besoin pour se relever. Trop occupé à aider le pauvre homme que la gravité avait rappelé à l'ordre, il ne pensait plus à ce train qu'il venait de manquer.


.

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Richard Ayoade
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() message posté Jeu 22 Mar - 20:36 par Adrian Friday

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@Adrian Friday & Lana Divine

J" 'ai marché sur vos papiers, j'espère ne pas les avoir abîmés. Vous les auriez perdu sinon. Est-ce que vous allez bien?


Adrian releva la tête et encore un peu étourdi, agrippa machinalement le bras tendu sans même regarder son bon samaritain. Il s’était durement cogné la tête. Il ne voyait pas les papiers que l’autre lui tendait et ils étaient bien le dernier de ses soucis. En fait, il ne voyait plus grand chose. Que de grosses taches floues qui flottaient devant lui. Mais comment allait-il rentrer chez lui, maintenant ?? Pris de panique, il tâta le sol de sa main libre, autour de lui d’un geste fébrile. Il sentit un objet sous sa main et crut un instant que le cauchemar était terminé. Mais ce n’était que la cannette de coca qui avait causé sa chute.


« Mes lunettes ! Mais où sont mes lunettes ? »



Il se tourna vers la provenance de cette voix grave avec un regard où se rassemblait tout le désespoir du monde et eut un sursaut de surprise. La créature floue qui le surplombait était bien plus grande que lui. La bouche était immense, ce qui devait être les yeux semblait surnaturel et scintillant et les ongles lui rentrait un peu dans la paume.


Pendant un instant qui lui sembla une éternité, il crut se trouver devant le monstre de Mary Shelley. Cela lui prit encore quelques secondes pour son cœur arrête de battre la chamade. De un, il songea que  la créature de Frankenstein était une âme sensible et non pas une bête assoiffée de sang. De deux, il dut admettre qu’il avait bien trop bu. Et de trois, Adrian doutait fortement que la douce créature de Shelley s’affuble de rose et de brillants pour parcourir les métros de Londres à 1h du matin.

Le rose et le scintillement qu’il semblait percevoir ne concordaient pas avec la voix grave et le son des talons sur les dalles qu’il avait entendu. Mais pas du tout. Une femme avec une voix pareille ? La pauvre ! Adrian songea aux railleries que sa propre voix, un peu trop douce et nasillarde, avait engendré. Il plissa encore des yeux pour mieux voir, mais c’était peine perdue. Il baissa la tête, complètement embarrassé de se retrouver dans une situation pareille.


« M…. Merci… euh… Ma… Mademoiselle. Ça… ça va aller. Mer… Merci»


Il se releva péniblement,  avec l’aide de cette généreuse … personne qui avait sans doute manqué le train à cause de lui. Ce n’était pas le moment d’être impoli ! Il tenta de tendre la main vers les papiers qu’elle lui tendait et du se reprendre à deux fois avant de saisir les feuilles froissées. Même debout, la dame le dépassait au moins d’une tête, ce qui donnait à Adrian une bonne excuse de regarder le sol. Il voulut faire un pas vers la sortie et se rendit compte qu’il allait probablement en direction de la rame. Il se racla la gorge, de plus en plus mal à l’aise. Comment allait-il seulement sortir de cette station de métro sans ses lunettes ? Il se tourna vers sa compagne de fortune, avec un regard désespéré.


« Pardon… Mademoiselle… vous… vous n’auriez pas vu une paire de lunettes noires, quelque part ? »



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() message posté Mer 30 Mai - 18:31 par Kennedy Harris

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@Adrian Friday & Lana Divine

Le pauvre ne semblait pas blessé, mais dans la panique, il tâta le sol, visiblement aveugle comme une taupe.

« Mes lunettes ! Mais où sont mes lunettes ? »


Tel était donc le problème. Puis cet objet qu'il avait vu glisser entre les deux wagons... oh non.

L'inconnu sentait l'alcool d'aussi près, mais pas de cette façon que sentent les alcooliques. Sûrement que c'est ce qui l'avait distancé du dernier train de la nuit. Il commença par le remercier, voulant d'elle qu'elle le laisse dans sa confusion, sans doute par orgueil. Lana ne l'écouta pas et resta près de lui, comme s'il sentait que tout n'était pas terminé, une main tendue vers lui. D'habitude, il ne se faisait pas prier pour laisser quelqu'un dans une situation seul, mais quelque chose clochait cette fois-ci...

Débousolé, il se releva, puis le coeur de Lana Divine s'arrêta dans sa poitrine quand dans une tentative de trouver la sortie, embarassé ou confus et surtout pas aidé par ses consommations, il fit un pas vers la rame comme une taupe qui tente de retourner vers ses cavernes. Heureusement, il s'arrêta avant celle-ci et demanda l'aide de la drag queen. Encore heureux qu'il n'ait pas décidé de le laisser seul quand celui-ci le lui avait demandé la première fois.

La fausse damoiselle s'avança vers la rame et constata en effet le drame : elles étaient à présent en charpie, ses lunettes.

"J'espère que vous en avez d'autres à la maison parce que celle-ci sont fichues, elles ont tombés dans la rame et même si je descendais vous les chercher, elles sont en morceaux. Je suis désolé..."

C'était un bien triste spectacle auquel il assistait. Comment allait-il s'en aller chez lui? Était-il aussi pauvre que lui-même?

" Hum... vous allez être capable de vous rendre chez vous sans vos lunettes? Je peux rester avec vous le temps qu'un taxi arrive, si ça peut vous aider. " offrit-il, mal pour l'homme.

De toute façon, rendu à cette heure-ci, quelques minutes d'attentes avec un étranger sur le coin de la station ne changerait pas grand chose, il devrait rentrer à pied chez lui. Une bien longue marche l'attendait. Même, cela lui permettrait de reposer ses pieds douloureux avant d’entreprendre son long périple. Certes il pouvait toujours appeler des potes, mais il les savait tous endormis ou saouls à cette heure-ci. Aller chez son grand-père et sa mère qui habitaient à une quinzaine de minutes de marche était aussi tout à fait hors de son esprit, surtout pas accoutré comme il l'était.  

Il se sentait réellement misérable.

.

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() message posté Jeu 31 Mai - 2:03 par Adrian Friday
Ses lunettes en morceaux dans une rame de métro déserte. Adrian regarda l’abysse en face de lui d’un air pétrifié, comme s’il prenait enfin conscience, au travers de l’éther consommé, de toute l’étendue de la catastrophe qui se déployait devant lui.

Il se cacha le visage entre les mains et tenta de retrouver son calme, une inspiration à la fois. C’était un vrai cauchemar. D’abord son vélo, ensuite ses lunettes… dans la même soirée. Mais qu’avait-il fait un bon Dieu?

Nerveusement, il fit quelques pas en direction opposée de la rame et de la demoiselle – du moins c’est ce qu’il espérait – pour cacher son désarroi. Les taches de couleurs dansaient sous ses yeux sans donner le moindre forme ni le moindre repère. Non… il n’arriverait pas à se rendre seul chez lui. Arriverait-il seulement à monter l’escalier de son immeuble et à trouver son appartement?

La jeune femme proposa de l’aider à sortir de la station et d’attendre le taxi avec lui. Sentait-il un malaise dans sa voix? Et dire qu’elle avait sans doute manqué le dernier métro à cause de lui et qu’elle lui proposait son aide! Et elle, comment se rendrait-elle chez elle? Il l’avait perçu, dans sa voix. Elle aussi aurait des soucis pour se rendre jusque chez elle…

Il pinça les lèvres et sortit son portefeuille. Un billet de 20 livres quelques shillings. C’était tout ce qu’il avait, sur lui. Le reste… le reste devait passer sur le premier dépôt qu’il devait donner au centre pour personne âgées qui accueillerait sa mère, le mois prochain. Certes, il recevrait un chèque de l’Université jeudi… Mais on n’était pas Jeudi. Et cette demoiselle et lui étaient coincés là maintenant, dans cette foutue station de métro. Le taxi… jusqu’à Camden Town, il ne s’en sortirait pas en bas de 50 livres, il le savait… Et encore, il ne pouvait pas laisser cette fille-là alors qu’elle avait tenté de l’aider…

Jules* avait une voiture mais à cette heure-ci, Adrian le savait, elle dormait à poings fermés. Ou bien elle bossait sur un article important. Trop important pour être dérangée pour des futilités. L’appeler après six mois de silence pour venir le chercher à l’autre bout de Londres alors qu’il puait l’alcool, comme la fois où…?

C’était impensable. Complètement impensable. Il préférait encore se jeter dans la rame sous un train plutôt que son amie ne le voit encore dans cet état.

Il se tapota le front avec l’étui de cuir contenant sa maigre fortune, en quête d’une solution miracle. Il n’avait pas le choix, il le savait. Il s’éclaircit la gorge et se tourna timidement vers sa compatriote de fortune.

« Je… je ne connais pas bien Londres encore. Je viens juste de m’y installer… je… je crois qu’il y a des bus, la nuit? Vous… vous habitez quel quartier? »

Était-il indécent? Il rougit jusqu’aux oreilles et se gratta la tête, une énième fois. Adrian supposait qu’au vu de sa stature, la demoiselle pourrait facilement l’assommer d’un talon aiguille, si elle se sentait en danger ou s’il dépassait les bornes. Il priait de tout son être pour que la demoiselle habite elle aussi le nord de la ville.


Il baissa la tête, complètement mortifié de honte. Non, il n’avait pas le choix de le demander.  Il n’arriverait pas jusque chez lui sans aide. Il songea à l’état de son appartement. Aux boites qui s’amoncelaient partout. À l’état de la cuisine et du salon. À la chambre qui avait été destinée au retour de sa mère et qui restait austère, vide et silencieuse, comme une accusation. Elle ne s'y installerait pas. Trop malade, trop dangereuse pour les autres et pour elle-même, plus tout à fait autonome... Adrian sentait qu'il l'avait abandonnée, elle aussi. Cette chambre lui donnait le cafard.

« Je… j’ai… j’ai une deuxième chambre de libre, où… j’habite si… si ça peut vous dépanner…»


***

*
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() message posté Jeu 31 Mai - 12:14 par Kennedy Harris

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@Adrian Friday & Lana Divine

Le pauvre était dans un état dur à décrire. Un torrent dévastateur d'idées semblait se bousculer dans son crâne, entre les vingt livres qu'il venait de sortir et le reste. Ses lunettes. Le dernier train. Il était partiellement aveugle. Le pauvre homme... S'il avait pu voir le regard de Kennedy, il aurait compris que si ses soucis s'entendaient dans sa voix, son visage lui était peint non pas uniquement de pierres et de fards, mais aussi de compassion. Il savait reconnaître le pauvre qui se demandait quoi faire de ses 20 livres du plus nanti qui aurait tout de suite proposé de rentrer chez lui en taxi sans aucune hésitation et en quelque sorte, ils étaient dans le même bateau. Toutefois, sans vision... il fallait absolument que Kennedy l'aide à rentrer chez lui. C'était la priorité. Les lunettes de l'homme.  

"J'habite dans Kensington, mais ça n'a pas d'importance. C'est quand même loin d'ici, j'en ai pour plus d'une heure de marche honnêtement. Ça se fait, mais... je risque de finir avec des ampoules aux pieds si je m'y met. Vous, vous habitez dans quel quartier? "

Kennedy s'avança avec précautions vers lui, comme s'il avait peur de l'offenser, mais il lui offrit son bras, allant chercher doucement de ses longues mains celui de l'étranger. La paume de la drag queen trouva celle de l'homme. Entre eux pendaient son sac à main. Ses doigts se refermèrent sur sa main sans intentions autre que de l'aider à se sortir du métro sans danger comme il le sentait si vulnérable.

La proposition qu'il lui fit sembla enlever de sur ses épaules un énorme poids. Le spectre de ses pieds douloureux disparut du décor, il sourit. Dormir chez un étranger ne le gênait aucunement, il le faisait souvent. L'offre d'une chambre à part lui était rare, mais il appréciait beaucoup sa galanterie.

D'ailleurs, le prenait-il pour une femme, vraiment? Il se plut énormément à croire que si.

Kennedy, plus léger, lui parla d'un ton doux et souriant.

" Ce serait super, vous m'éviteriez bien des souffrances. Merci beaucoup de l'offre, je vais faire ça, nous en serons gagnants les deux. "

Il commença sa marche vers la sortie du métro, guidant le pauvre homme à ses côtés.

"Je vais vous avertir c'est promis s'il y a des obstacles. "

Quasi intentionnellement, il n'offrit pas de se présenter comme il jonglait vraiment à savoir comment le faire. Quoique tôt ou tard, rendu chez lui, il finirait bien par remettre des lunettes...

Le premier obstacle fut un escalier que Kennedy marqua d'un petit "toc" du bout de sa chaussure qui fit presque écho dans la station vide.

"Et une première marche. On en a... deux...huit... seize. Seize."


.

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() message posté Mer 6 Juin - 7:12 par Adrian Friday
Adrian figea, quelques secondes et baissa la tête d’un air navré.

« Kensington… Kensington…Oh bon dieu… je n’étais même pas dans la bonne direction… et vous avez manqué votre train à cause de tout ça… J’habite… Camden Town, au nord… Vous êtes certaine que ça ne fait pas trop long, pour vous? Je… je vous dois une fière chandelle…»

Et la demoiselle prit fermement sa la sienne et se mit à compter les marches qui les séparaient tous les deux du couloir principal de l’immense station. Une volée de marches qu’ils devraient monter pas à pas. Mais Adrian n’écoutait plus. Enfin, plus vraiment.

Combien de fois avait-il senti les petits doigts fins et délicats de Jules* se glisser dans ses grandes mains? Ou combien de fois avait-il du prendre les paumes rugueuses de sa mère dans les siennes. Cette main qui le guidait à travers les obstacles n’avait absolument rien de féminin. Trop grandes, trop larges, trop musclées. Et puis la voix t la grandeur… Mon dieu… Adrian rougit de plus belle.

Pendant que sa bienfaitrice – ou son sauveur – le menait pas à pas, avec une patience infinie à travers les corridors qu’il avait parcourus à sens inverse et à la course quelques instants plus tôt, Adrian débattit avec lui-même à savoir ce qu’il devait faire. Devait-il aborder l’épineuse question?

Bien sûr, ce n’était pas la première fois qu’il entendait parler de travestis. Même une toute petite ville comme Ipswich avait ses quelques dames de nuit, tous genres confondus. Mais il n’avait fait que passer son chemin en les dévisageant un peu, en espérant ne pas frôler l’impolitesse. Et avec toutes les rumeurs qui circulaient, dans sa ville natales sur ses manières, ses goûts étranges et sa supposée homosexualité… Adrian n’avait jamais engagé la moindrediscussion avec elles. Pas qu’elles s’intéressaient à lui, de toute manière.

Mais… on était à Londres. Il ne connaissait personne et personne ne le connaissait. Il n’était rien ici. Juste un étranger parmi tant d’autres. Un étranger dont personne ne se souciait des goûts, de la sexualité ou des fréquentations… Si cette personne tenait à être vue comme une femme… Grand bien lui fasse. Adrian avait décidé. Ce n’était pas de ses affaires et il n’allait pas juger une personne aussi aimable pour si peu. Voilà.

L’employé qui allait presque les enfermer dans la station jusqu’au petit matin leur indiqua, non sans un certain ton exaspéré, l’arrêt de la 88 en direction de Camden Town, à une dizaine de minutes de marche de la station. En chemin, Adrian crut distinguer de vagues étendues de vert fluo, de bleu écaillé et de rouille, sur le trottoir et s’arrêta pour tâter du pied la carcasse tordue qui gisait devant eux. Il poussa un lourd soupir. Quelle soirée de m….

« C’était mon vélo. Adieu, vieille Rossinante…»

Puis il se laissa entraîner, sans un mot vers l’arrêt d’autobus et demeura silencieux, tout le long du trajet, avec l’angoisse que le chauffeur oublie de leur signaler l’intersection qu’il avait demandée. Mais le chauffeur avait sans doute compris le ridicule de leur situation. Ils descendirent au coin de Delancey St et Parkway et se fut à son tour de guider sa compagne de fortune vers le petit immeuble à logements où il habitait, sur Parkway. Ils montèrent les marches jusqu’au dernier étage et Adrian s’arrêta devant la première porte.

« Voilà. Je… je tiens à m’excuser d’avance de l’état des lieux. Je viens d’emménager et… je n’ai pas eu le temps d’y mettre de l’ordre. »

C’était un mensonge éhonté, bien sûr. Combien de journées, depuis deux mois avait-il gaspillées, affalé sur le sofa, à regarder le plafond alors que ces boîtes prenaient la poussière?

La porte s’ouvrit en grinçant un peu, laissant apparaître un appartement qui aurait fort bien pu être coquet, avec ses fenêtres à la française et ses délicates moulures, au plafond et aux arches. Mais ce n’était à présent qu’une garçonnnière un peu glauque. La vaisselle s’empilaient dans l’évier, les plans de cours, les travaux d’étudiants, des tasses sales, avec leur sachets de thé séchés et diverses boîtes de conserve s’empilaient sur la table de la cuisine. Là, dans le salon, des montagnes de boîtes attendaient qu’on les ouvre… Aucune décoration aux murs. Aucune décoration sauf une vieille photographie, aimantée au frigo qui rappelait qu’une époque avait sans doute été plus heureuse pour le trentenaire. Jules et lui, dix ou douze ans plus tôt qui souriaient à l’objectif lors de leur première vraie escapade à Londres… avant le mariage avec Jack.

« La chambre est dans le fond à droite. Je suis vraiment désolé… c’est tout aussi rempli de boîtes, là-dedans… il faut que j’aille les porter la semaine prochaine… Je crois que vous trouverez des couvertures propres dans la boîte du dessus…Et la salle de bains est juste à côté. Je…. Je vais essayer de trouver mes lunettes de rechange ou mes verres de contact… »
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() message posté Jeu 7 Juin - 5:29 par Kennedy Harris

Last train home

@Adrian Friday & Lana Divine

La jeune drag queen se sentit mal en entendant l'homme culpabiliser. Même si c'était un peu vrai qu'il avait manqué son métro à cause qu'il était tombé devant lui, il ne pouvait s'en résoudre à l'accuser. De plus, la faute était bien réparée, s'il allait dormir chez lui.

" Mais non, je serais arrivé en retard de toute façon, les portes se seraient refermées devant mon nez. Puis ce n'est pas moi, de laisser quelqu'un comme ça. Ma mère m'a toujours dit de ne pas faire aux autres ce que je ne voulais pas que l'on me fasse et après m'être étalé au sol comme vous l'avez fait, j'aurais aimé que quelqu'un m'aide, pas que l'on me laisse au beau milieu du quai, surtout avec vos lunettes rendues dans la rame. C'était juste naturel. " dit-il d'un ton bienveillant.

En faisant bien attention, il l'aida à cheminer vers l'extérieur, guidant ses pas en le prévenant de la moindre dénivellation, du moindre détour et surtout, du moindre poteau. Il s'en serait bien trop voulu si pour une seconde fois de suite, l'étranger se serait retrouvé mal en point et cette fois-ci, maintenant qu'il était impliqué, par sa faute.

Suite aux indications de l'employé vers l'arrêt de la 88, Kennedy resta silencieux, ne sachant que dire de plus. Rares étaient les fois où il était timide, mais ce soir, il ne savait pas quoi ajouter. Rien ne lui passait en tête. En fait... beaucoup de choses lui venaient en tête, mais il avait cette impression que peu importe de quoi il lui parlerait, rien ne l'intéresserait. Parler de foot? Il n'y connaissait rien. De sciences? Il aurait l'air d'un alien, sûrement, même s'il pouvait en parler des heures durant. Du ciel? De la religion? De mode? De mecs? Puis c'est comme si la plus simple des questions, soit lui demander son nom, devenait une tâche d'une certaine ampleur comme pour la première fois depuis longtemps, il eut peur de se faire juger. S'il avait eu ses lunettes, sûrement que ça aurait été une autre histoire. Aussi, c'était la première fois depuis des lunes qu'il allait dormir chez un étranger sans partager son lit, or il ne savait pas à quoi s'attendre. C'était absurde, il le savait.

Lana Divine ne broncha pas quand il s'arrêta devant la carcasse d'un vélo vandalisé. En le voyant le tâter du pied, il en vint à une bien triste réalisation, bientôt appuyée des dirs de son hôte de cette nuit. Son expression, même s'il ne la verrait probablement pas, prit une note compatissante.

" Han mon pauvre, je suis désolé pour votre vélo... c'est vraiment gratuit comme geste. C'est dégoûtant. "

Le reste du trajet se fit rapidement, lui parut-il, même si ni lui, ni l'autre homme n'osaient parler. Seuls dans l'autobus, il remarqua les regards que leurs lançaient de temps en temps le chauffeur. À cette heure, sur cette ligne d'autobus où jamais il n'avait voyagé habillé comme cela, il attirait l'attention en bien comme en mal. Dans ce cas-ci, il lui sembla probable que la seconde option soit la meilleure. C'était une des rares fois, cela dit. Sûrement pensait-il qu'à ses côtés se trouvait son client, mais Lana Divine ne fit rien pour le faire changer d'avis.

Arrivé à bon port, le chauffeur leur nomma l'arrêt et voulant éviter ses regards indiscrets, Kennedy descendit vers l'arrière.

L'endroit était calme et cela lui plu beaucoup. Une fois l'autobus parti, il emplit ses poumons d'air frais. Rendu là, si jusqu'à date c'est lui qui avait guidé la marche, ce fut au tour de l'homme de le guider, comme si à partir d'ici, tout n'était qu'automatisme. Il le laissa faire et rendu dans l'immeuble, ses talons lui semblèrent beaucoup plus bruyant, même s'il tenta d'en atténuer le son en marchant sur la pointe des pieds.

Ils étaient arrivés, l'homme s'arrêta devant la porte de son appartement et s'excusa à nouveau. Kennedy sourit et du bout des doigts, il alla pousser l'épaule du nerd.

"Arrêtes de t'excuser, voyons..." dit-il d'une voix presque chuchotée pour ne pas déranger le voisinage, ne s'étant pas aperçu qu'il l'avait tutoyé.

L'idée lui passa de lui dire tout de suite ce qu'il devait savoir, soit son nom et ce qu'il était, mais il ne s'y résout pas. En même temps, s'il n'avait pas encore réalisé, c'est qu'il avait rencontré beaucoup de femmes de 7 pieds à la voix grave et aux grandes mains, mais très peu de drag queens. La pensée le soulagea.

Il entra à sa suite et derrière les boîtes empilées et les quelques traîneries, il vit un appartement assez charmant qui n'avait pas encore reçu d'amour de celui qui l'habitait. Les arches le fascinaient, les divisions, les planchers... Kennedy se permit quelques pas vers l'intérieur alors qu'il écoutait encore une fois son hôte s'excuser. Il sourit, puis se déchaussa.

" Pour un appartement plein de boîtes, il est déjà superbe, alors je n'imagine même pas comment il sera beau sans les boîtes. Vraiment, vous avez du goût. "

Il s'avança et vit la cuisine. Un brin de nostalgie lui tira les lèvres quand il remarqua que la table de cuisine était exactement pareille à celle que possédaient ses parents quand ils vivaient heureux à New York.
 
Il tourna le coin et alla voir la chambre que lui avait indiqué l'homme.

La fenêtre y était si grande... il s'imaginait bien le soleil l'illuminer en entier sans problème. Pourtant, s'il aurait été logique qu'il s'y installe un bureau ou une bibliothèque, son compagnon y avait mis un lit. La chambre serait à quelqu'un qui de toute évidence, ne vivait pas avec lui. Il en supposa qu'il devait être divorcé avec un enfant en garde partagée. Mais encore, ce n'était qu'une hypothèse.

Une fois son petit tour de reconnaissance, il replaça les longs cheveux blonds de sa perruque. Si tantôt elle pensait que le nerd avait tout deviné de son identité, elle en était beaucoup moins certaine. Elle se plaça dans la porte de la chambre, regardant où donc se dirigeait-il afin de trouver un quelconque outil qui lui permettrait de voir plus loin que le bout de son nez.  

"Au fait, j'avais trop le trac de me présenter tantôt et je comprendrais si ça vous mettait mal à l'aise, je m'en irai au pire... Je suis une drag queen, tout ça n'est qu'un déguisement. J'imagine que vous vous en êtes rendu compte, mais j'aurais dû confirmer avec vous plus tôt. C'est à mon tour de m'excuser. Heureusement que vous aviez pas vos lunettes par contre, vous m'auriez trouvé vraiment mignonne...! " dit-il, sassy, dans une tentative de détendre l'atmosphère qu'il n'aurait jamais tenté s'il avait revêtu autre chose que son persona.

Une fois lancé, c'est comme si tout était devenu plus simple.

"Je m'appelle Kennedy, sinon, en temps normal. Et je ne vous mangerai pas. Avant que votre imagination vous dise toute sorte de chose, je suis bel et bien ici juste pour dormir et prendre le thé avec vous ce soir ou demain matin, si bien sûr cela vous en dit. Et avant d'en oublier la politesse, vous êtes monsieur...? " demanda-t-il, plus léger.

Il avait appris à bien verbaliser ses intentions quand il se trouvait avec un homme qu'il présumait hétérosexuel et le temps lui avait dit que c'était une bien bonne chose ainsi.

Dans son champ de vision apparu une grande bibliothèque vide devant laquelle étaient, éparses, plusieurs boîtes de livre ouvertes. Curieux et fort à l'aise, peut-être trop, sa curiosité le poussa à aller s'y aventurer. C'était plus fort que lui. Il tira le battant d'une première boîte. Des livres sur l'ère victorienne. La seconde lui dévoila une vraie mine d'or : des romans de toute sorte.

Ses gestes délicats, il tint sa robe pour aller s'asseoir sur ses talons, puis alla farfouiller dans les livres de son hôte. C'était un geste plutôt impoli, il le savait, mais en même temps, il ne pouvait pas se résoudre à ne pas le faire.

Il se saisit des Misérables avec un sourire.

" Cette âme est pleine d'ombre, le péché s'y commet. Le coupable n'est pas celui qui y fait le péché, mais celui qui y a fait l'ombre. J'adore cette citation. Mais en même temps c'est Victor Hugo... j'ai malheureusement lu trop peu de ses oeuvres, puis maintenant je n'ai plus le temps de lire de romans. Oh! "

Frankenstein. Il l'avait lu, lui aussi. Il le prit délicatement et en regarda les pages.

" De lui par contre, je n'ai retenu aucune citations, mais je l'ai adoré. La pauvre bête... "

Il rit, se trouvant bête alors qu'il se repassait le souvenir de sa lecture dans sa tête.

"Je ne sais pas vous ou si c'est juste moi qui suis trop sensible, mais j'ai pleuré quand elle s'est faite chassée par la famille qu'elle aimait tant juste parce qu'elle était laide. J'étais tellement fâché... "

Avant de continuer à fouiller impoliment dans ses boîtes, Kennedy se retourna pour voir si son hôte avait enfin retrouvé ses lunettes, toujours assis par terre devant la boîte de livres.

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DEV NERD GIRL

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() message posté Jeu 14 Juin - 5:14 par Adrian Friday
Il se souvenait, à présent, pourquoi il avait dû s’acheter une autre paire de lunettes. La monture gisait, brisée dans le milieu, dans son étui. Mais comment cela était-il arrivé? Ah oui. La fois où il avait laissé ses lunettes sur le canapé, pour se frotter les yeux et que le jeune Carl s’était assis dessus, sans réfléchir. Adrian eut un sourire triste, en pensant au jeune garçon et tenta d’atteindre les tiroirs de la cuisine sans trop de heurts.

Une fois ses lunettes réparées à l’aide de ruban adhésif, il osa enfin regarder en direction du living room. Il ne vit qu’une large tête blonde penchée sur les boites. Oh! Il avait bien entendu l’explication de Kennedy. Il en avait apprécié la diplomatie et l’honnêteté. Bien sûr qu’il s’était éventuellement rendu compte que quelque chose clochait. Il avait su qu’il n’avait pas affaire totalement à une demoiselle à proprement parler. Et oui, il devait admettre qu’il avait eu ses doutes et ses angoisses, dans l’autobus, sur ce que pouvait bien s’imaginer la personne qui l’accompagnait. Comment expliquait-on, de nos jours, qu’on avait encore des intentions somme toute candides et dénuées de cet opportunisme qu’on voyait trop souvent dans les journaux ou à la télé? Adrian ne savait pas. Il fut soulagé que sa compagne de fortune soit au même diapason.

Il remplit la bouilloire d’eau et la mit sur le feu, d’un geste presqu’automatique. Puis il ouvrit le vieux frigo à la recherche de lait mais fronça le nez dans une moue de dégout lorsqu’il ouvrit la pinte et la jeta aux ordures d’un geste las. Oh mon dieu… Il espérait seulement que son hôte ne lui en voudrait pas trop. Adrian attrapa une ou deux tasse qui traînait sur la table et les lava, aussi vite que possible.

La bouilloire eut tôt fait de siffler et le trentenaire prépara minutieusement le thé comme s’il s’agissait d’un rituel sacré. Ses deux tasses à la main, il osa enfin s’approcher du salon. Ce qu’il y vit lui fit chaud au cœur. Un jeune garçon, mulâtre comme lui, affublé d’une perruque blonde lisait à voix haute Victor Hugo et du Mary Shelley, assis par terre comme un enfant à la petite école. Adrian resta un moment immobile, les deux tasses dans chaque mains, à regarder ce spectacle presqu’attendrissant.

Est-ce que le jeune homme avait vécu autant de haine que lui, dans sa vie? Sans doute que si. Il se souvenait de la haine pour les homosexuels des pasteurs que sa mère fréquentait. Adrian avait été rejeté et encore rejeté pour son apparence et la couleur de sa peau. Mais jamais pour sa sexualité. Les gens, pour la plupart, supposaient sans doute qu’il n’en avait aucune. Et cela ne l’avait jamais vraiment dérangé. Si Jules* ne faisait pas partie de sa vie… autant la passer dans les livres. Il sourit tristement, en voyant la drag-queen découvrir l’œuvre de Mary Shelley.

Il s’approcha lentement et déposa doucement la tasse de thé près de son invité, sur la table blasse avant de s’asseoir lui-même sur le sol en tailleur, de l’autre côté de la boîte et attrapa le livre de Victor Hugo que la drag-queen avait abandonné pour le mettre cérémonieusement sur une tablette de la bibliothèque. Le premier à surgir de l’ombre du carton.

« J’ai pleuré aussi, lors de ce passage. Le contraste entre le montre et l’humanité. À la fin, on se demande toujours lequel est lequel… Vous savez… même au dehors des mots imprimés… c’est une œuvre gigantesque. Shelley devait avoir… à peu près votre âge lorsqu’elle l’a écrite. Un simple défi entre amis. Un cauchemar éveillé qu’elle aurait eu, dans les merveilleux paysages de Genève. Elle venait de perdre l’enfant qu’elle portait et sa demie-sœur, alors qu’elle écrivait ce roman, vous savez? Et il y a tant… tant de son époque, à travers ce livre… la science telle qu’on la connaît aujourd’hui, qui naissait, peu à peu et qui allait engendrer l’ère de l’Industrialisation, le galvanisme et l’ombre de la Révolution française et son humanisme ensanglanté… Oh tenez, votre thé… je… j’espère que vous ne prenez pas de lait dedans.. je… je n’en ai plus. J’ai… du citron, si vous voulez…»
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