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Le retour du frère prodigue


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() message posté Mer 21 Mar - 23:03 par Frank Turner



Retour du frère prodigue


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Puisqu'on ne sera toujours, que la moitié d'un "tout"



FIN JUILLET 2017

L'été battait son plein dans tout Londres et ses environs. Les vacanciers prenaient leur quartier et envahissaient comme à l'accoutumée les grands monuments, certains, les férus de gastronomie, osaient les restaurants, tous climatisés, pour se prémunir des grandes chaleurs à venir. Les glaciers, les experts de la dissimulation, optaient pour les places stratégiques, en général près des parcs et des plages pour attirer dans leurs filets, les gamins alléchés par la multitude de couleurs et de parfums qui se présentaient à eux. Frank aurait tant aimé avoir Bowie avec lui pour mieux profiter de la période estivale, mais surtout pour se défaire de ces odieuses ondes négatives qui polluaient son esprit. Il faut dire que les mauvaises nouvelles s'enchaînaient depuis ce fameux soir, où il avait revêtu son armure de chevalier blanc, avec un bras dans le sac, pour voler au secours de la demoiselle en détresse. Maxwell Davis avait de l'argent et pouvait ainsi s'amuser à faire de la vie de l'amant de sa femme, un enfer, histoire de lui faire payer l'affront d'avoir touché à sa fierté masculine en lui volant son épouse. Dès lors, tout s'était enchaîné, la mise à pied pour violence aggravée, le conseil de discipline, l'allongement de la mise à pied, la découverte d'un ami au plus mal, l'impuissance émanant de cet état de fait et le manque du petit frère. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le flic se donnait du mal pour ne pas trop y penser. Néanmoins, le manque devenant omniscient, Turner, une fois seul, n'avait de cesse de se triturer les méninges, la culpabilité à son paroxysme.

Le hasard fait bien les choses ou peut-être était-ce le karma revêtant ses plus sombres atours histoire de rappeler au coupable son crime. Le téléphone venait de sonner, sortant de sa léthargie, Turner, qui s'était enfilé une ou deux bières la veille, histoire de faire passer ses idées noires. Il s'approcha alors du combiné et décrocha non sans mal. La discussion fut courtoise et rapide, à l'autre bout du fil, la voix posée d'un médecin, s'était fait entendre. L'homme prétendait être le spécialiste en charge de Dylan. Frank spolia les présentations pompeuses en suppliant le médecin d'aller à l'essentiel. Ce qui l'intéressait avant tout, c'était Dylan et son état. « - Bien comme bien moyen ? Ou bien, très bien ? » L'inquiétude de Frank se faisait pressante, tellement que le médecin lui annonça aussitôt que son jeune patient avait émis le désir de revoir son frère aîné. Frank se redressa, le téléphone toujours greffé contre l'oreille. Pour l'heure, il était incapable de savoir si oui ou non ce désir n'était point le fruit d'une imagination alourdit par l'alcool. « - Il veut vraiment me voir ? Moi ? » La question pouvait prêter à sourire, mais le flic avait besoin de l'entendre de la bouche du médecin. « Oui, il l'a expressément demandé ! » Il n'en fallu pas plus à Frank Turner pour aller se préparer et prendre la route, se fichant au passage, du nombre de kilomètres qu'il faudrait faire avant de rejoindre la clinique. Dylan était sa seule priorité pour l'heure, le reste n'était qu'accessoire, et même le silence radio émit par Rachel, ne semblait l'ébranler.

Plusieurs heures s'étaient écoulées, lorsqu'enfin l'inspecteur gara son véhicule sur le parking de la clinique. Munis d'une pièce d'identité, il rejoignit l'accueil pour se faire connaître. Par réflexe, il sortit même sa plaque, qui n'avait à présent plus aucune valeur. Tout sourire, la secrétaire quitta son petit bureau pour voguer jusqu'à celui de son supérieur et lui annonçait l'arrivée du « frère prodigue » Assit sur une inconfortable chaise, dans la salle d'attente, Frank se demandait bien ce qu'il allait pouvoir dire à Dylan et dans quelles conditions les retrouvailles allaient avoir lieu. Dylan serait-il en meilleur état ? Sera-t-il capable de pardonner l'internement forcé mené de but en bout par un Frank bien décidé à bafouer sa relation avec son cadet pour le protéger ? « Mr Turner ! » Frank cessa aussitôt de se tordre les doigts et releva la tête pour croiser le regard électrique d'un homme en blouse blanche qui s'approcha prudemment du flic et lui tendit une main bienveillante que l'Américain de naissance saisit avec force.Le cœur en émoi, il consentit à suivre la blouse blanche. Les questions continuaient à se bousculer dans sa tête, sans qu'aucune réponse ne se fasse entendre. Jamais encore, il n'avait été si anxieux, il était d'ailleurs tellement perdu dans ses pensées, qu'il ne vit pas le médecin en charge de Dylan, s'arrêtait devant la porte d'une salle qu'il présenta comme le « lieu le plus neutre de la clinique. Un endroit propice aux rencontres. » Turner acquiesça, incapable de mieux et entra dans la pièce. Il était le premier présent, il en profita donc pour s'asseoir et prit une grande, une très grande respiration. La porte s'ouvrit à nouveau, laissant paraître le jeune Dylan. Le flic hésita à se lever, puis le fit et tenta un léger sourire avant de laisser entendre le son de sa voix « - Hey ! Salut petite crapule ! » C'était son surnom, celui qu'il se plaisait à utiliser depuis les dix ans de son cadet. « - Comment tu vas ? » tenta-t-il ensuite plus timidement incertain de la réaction de son frère.


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() message posté Sam 24 Mar - 13:29 par Dylan B. Turner
Allongé sur son lit, ses yeux fixaient le blanc immaculé du plafond. De nouveau il se retourna, ses jambes se replièrent dans une position fœtale. Des larmes brulaient les joues, à nouveau ce cauchemar se promenant dans ses songes chaque nuit, tel un fantôme somnambule voulant hanter ses nuits, le rappelant à l’ordre. Il n’osait jamais parler de celui-ci, à chaque fois il se retrouvait dans cette pièce, il voyait sa mère de dos s’écrouler, inerte sur un sol au dallage damé de noir et de blanc. Soudainement il devenait aveugle, une cascade de cris de douleur, des bruits de lutte et des disputes, souvent amplifiés. Généralement il se réveillait en pleurant, pris de spasmes. Sa tête pivota, observant les étagères fixées au mur, quelques livres, un bureau en PVC blanc dont les angles étaient arrondis. Il était seul dans cette chambre depuis un an. Quelques amis avec qui il parlait, étant devenu un brin plus social, étant l’une des clés pour avoir une chance de sortir d’ici. Ce lieu était un mélange entre un hôpital et une prison, ils étaient épiés, surveillés dans chacun de leur geste. Pourtant il allait mieux, il était entré dans certaines activités du centre, il parlait de temps à autre en groupe de paroles et causait presque au psychologue. Pourtant aujourd’hui, il avait envie de ne voir qu’une personne son grand frère Frank. Ses sentiments à son égard étaient confus, il avait un réel respect et amour pour celui-ci mais aussi une telle colère. Hargneux d’avoir été envoyé ici, il détestait les secrets qu’il lui cachait encore et aussi l’abandon, il était parti en mission, cette trahison aussi.

Il se redressa et s’étira dans son lit, s’habilla et suivit la file qui allait jusqu’au réfectoire. Il retrouva Luc dans les rangs. Un des surveillants alla le voir, le psychologue voulait le voir avant que la journée commence. Le matin les différentes tâches assignées et ensuite l’après midi, séance de groupe de paroles ou psychologue pour terminer sur les activités du soir. Les surveillants l’accompagnèrent jusqu’à son bureau. L’annonce fut claire, une sortie était envisageable, il ne manifestait aucuns signes d’une volonté de rechute et il était temps pour lui de regagner la vraie vie. Cependant avant de confirmer cette sortie définitive, il voulait un mois de mise à l’épreuve pour vérifier ses progrès. C’est ainsi qu’il fit la demande expresse de voir son grand frère, la première idée de lui annoncer la bonne nouvelle. Dylan reprit le cours de la journée comme si de rien n’était.

Dans le centre il aimait bien se faire surnommer Blue, il soupira de soulagement, il allait maintenant pouvoir penser à son avenir. Alors qu’il était en train de dessiner dans une des salles, un surveillant vint le prévenir de l’arriver de Frank. Avec soins il reposa le matériel, suivant l’affreux bonhomme. Il avait réussis à bien s’entendre avec deux, les autres il était méfiant de leur sympathie. Le panneau de la porte s’ouvrit sur une pièce neutre, une table, deux chaises, un canapé dans un coin, une table, deux fauteuils, des murs blancs avec deux fausses répliques de tableau imprimés et encadrés. Dylan ne s’approcha pas tout de suite de son frère, il observa son attitude, il s’approcha de lui, ce petit surnom lui réchauffa le cœur et en même temps provoqua une onde de mécontentement. Comment osait-il ? Avait-il au moins des remords de ce qu’il avait fait ? L’appeler par son surnom permettrait d’amoindrir ses actes. « Mieux, beaucoup mieux ! » Il avait reprit un peu de poids, ses joues n’étaient plus creusées et ce teint blafard avait totalement disparu. Dylan aurait pu lui retourner la question mais n’y arriva pas.

« Je ne savais même pas si tu allais venir ! Après tout…quand on se débarrasse de quelqu’un, on a plus vraiment envie de le voir ! » Au fond il avait voulu lui annoncer la bonne nouvelle mais non, il jouait sur les ficelles de la réprimande. Ses poings se serrèrent malgré lui. Ce centre avait été un point positif dans sa vie, il avait avancé, il avait su évoluer et à se détacher de l’un des pires démons que l’on puisse connaitre. « Tu veux donc faire comme si tout était normal, comme si tu m’avais pas envoyé dans ce centre ! Tu as pu être aux yeux de maman le sauveur ! Pourquoi Frank…pourquoi de force ? » Sans même lui en parler, il avait été expédié ici sans même se rendre compte de ce qui arrivait. Il n’avait jamais été jaloux de son frère, il voulait lui faire aussi mal pour qu’il ressente la même douleur. Ses yeux s’embuèrent malgré lui de son propre emportement.
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() message posté Lun 26 Mar - 23:34 par Frank Turner



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FIN JUILLET 2017

Toujours garé sur une place de parking non-nominative, Frank s'octroya quelques secondes. Il souffla un long moment, puis observa les autres véhicules garés aux côtés de sien, histoire de se donner un peu de contenance. Il se surprit même à sourire à un couple, avant de se recentrer sur lui. Des bribes de souvenirs lui revenaient en mémoire. Les dernières confrontations avec Dylan furent si intenses, qu'il avait déployé une énergie folle pour en atténuer les souvenirs, voir même oublier. « C'était pour son bien ! » n'avait-il de cesse de répéter espérant ainsi amoindrir sa culpabilité. Il se prit alors le visage entre les mains, se souvenant au passage de cette maladroite usurpation d'identité. « C'était pour son bien ! » répétait-il à nouveau. Il se revoyait tapotait sur son clavier d'ordinateur, connecté sur la boîte mail de son cadet. VictorTurner@outlook.com paraissait à l'endroit réservé au destinataire, avec en guise d'objet, un « Ne me recontacte plus » qu'il espérait alors suffisamment percutant et convaincant « Tu nous a abandonné (...) le mal que tu nous as fait est si grand qu'il te faudra plus de toute une vie pour être pardonné » Il n'était pas rentré dans les détails, Dylan n'étant pas censé connaître les grandes lignes de cette triste histoire. Le jeune garçon était-il seulement au courant de l'existence de ce mail, de l'usurpation d'identité, de cette vérité indicible pour un grand frère rongé par la culpabilité à présent. Il se souvint aussi de cette opération spéciale à New-York après la mort de Jude. Il était parti trop loin pour faire face à ses responsabilités, mais il avait surtout abandonné Dylan, qui à ce moment précis, avait plus que jamais besoin de son aîné. Frank, qui se tenait toujours le visage entre les mains, quitta l'introspection dans laquelle il s'était enfermé afin de mieux se préparer à devoir affronter Dylan. Il lui devait des excuses, beaucoup d'excuses que son cadet était en droit de refuser. « - Aller reprends-toi bon sang ! » murmura-t-il avant d'enfin se décider à quitter sa voiture pour rejoindre la clinique.

Il suivi le médecin en charge de son frère, il n'en menait pas large et cherchait encore dans un coin de sa tête « les bons mots » Mais qu'est-ce que les bons mots en de telles circonstances. Devait-il présenter ses excuses dès l'apparition de Dylan ? Où alors tenter une première approche afin de le mettre à l'aise ? Que devait-il faire ? Il n'en avait pas la moindre idée et se blessa lui-même à traiter son frère comme s'il eut s'agi d'un vulgaire étranger. Comment en était-il arrivé à de telles extrémités ? Dylan était pourtant avec Samuel qu'il continuait à appeler Bowie malgré les injonctions de Megane, le deuxième pôle de tout son univers. Frank l'aimait tellement et semblait prêt à lui offrir n'importe lequel de ses organes si besoin. C'était sa petite crapule, ce petit être innocent qui lui avait inspiré tant de sourires. Dylan n'était cependant plus un petit être, il avait grandi, sans lui, c'était construit, sans lui et avait sombré sans lui. Lui qui venait en aide aux autres, n'avait rien vu de la détresse de son frère et continuait, malgré les mois passés, à se sentir totalement désarmé. Le médecin abandonna à son tour l'ancien flic qui eut à peine le temps de s'asseoir. La porte qui lui faisait face venait de s'ouvrir laissant paraître la silhouette de Dylan. À ce moment-là, le cœur de Frank se contracta. Le jeune homme arborait une meilleure mine et avait de toute évidence reprit un peu de poids. Intérieurement, l'aîné luttait ardemment contre l'émotion, revoir Dylan lui faisait tellement de bien, mais lui rappelait aussi ses erreurs et son impuissance. Il tenta une première approcha en l'affublant à nouveau de son petit surnom, puis s'enquit timidement de son état. Il allait bien, « beaucoup mieux » selon ses termes. Le cœur de Frank s'allégea « - C'est super ! » laissa-t-il entendre avant que son cadet ne fasse disparaître aussitôt son doux sourire et ne le ramène à une réalité qu'il aurait préféré moins abrupte.

« - Non Dylan, par pitié ne pense pas ça. Je n'ai jamais voulu me débarrasser de toi. Dire que je l'ai fait pour ton bien sonnerait tellement cliché, même si c'est une part de vérité. Je sais que tu m'en veux et tu as raison. Je suis ton frère aîné, j'aurai dû être là pour toi, pour te protéger, pour t'empêcher de prendre les mauvaises décisions. J'aurais dû te montrer l'exemple, mais au lieu de ça je me suis barré quand tu avais le plus besoin de moi. » Il marqua un premier silence suite à cette première intervention loin d'être pertinente. Mâchoires serrées, Frank qui paraissait d'ordinaire si sûr de lui, peinait à croiser le regard de son petit frère qui continuait à entretenir une pénible distance entre eux. « - Non Dylan, je n'ai nullement l'intention de faire comme si tout était normal, puisque rien ne l'est. La force était la dernière des alternatives, mais si j'avais été là pour toi au préalable nous n'en saurions pas arrivé à de telles extrémités. » Il perçut dans l'azur semblable de son regard, une première faille chez Dylan, qui lui aussi luttait contre ses émotions. « - S'il te plaît, est-ce qu'on peut au moins s'asseoir au lieu de se guetter en chiens de faïence ? Dylan, s'il te plaît ! » Le suppliait-il trouvant enfin la force de le regarder droit dans les yeux.

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() message posté Mer 28 Mar - 19:46 par Dylan B. Turner
La longue appréhension latente, le berçant dans l’augure d’une rencontre qui serait loin des retrouvailles idylliques fraternelles. Ses pas foulaient les carrelages luisant des couloirs, ses yeux étaient baissés, ignorant encore comment allait s’introduire cette rencontre entre eux. Chaque pas amorçait cette rancune si tenace envers son grand-frère. Après tant de mois écoulés, il aurait envie de lui sauter dans les bras, de le serrer contre lui et de se réjouir qu’enfin il avait réussis à s’en sortir, il pourrait alors être fier de son petit frère. Mais non il avait besoin d’un bouc-émissaire à ses problèmes. Lorsqu’il entra dans ce salon propice au rencontre familiale, il ne s’avança pas vers Frank, il ne l’avait pas salué, faisant une révérence à l’irrespect en répondant automatiquement à sa question. Sans se retenir Dylan déversa ses réprimandes, sans retenue et sans barrière. Il lui balançait à la figure avec toute son énergie ses interrogations sous forme de sarcasme, des attaques non dissimulées. C’est sans doute les réponses qui l’assommèrent, il avait été amer avec lui et le flic gardait son calme. Bien qu’on pouvait nettement voir la contraction de son muscle au niveau de l’angle de la mâchoire. L’artiste croisa les bras, et ne cilla pas du regard, l’observant, il l’avait fait dans un souhait de protection et en même temps il se rendait responsable. Il serra les poings, sa vue était plus trouble, il aimerait tellement lui pardonner pour rendre cette situation tellement plus facile. Son processus de guérison n’était pas totalement achevé. Pourquoi Frank refusait aussi de parler de leur père ? Pourquoi avait-il tant de mystères à son encontre.

« La dernière alternative ? Tu te moque de moi ! Tu m’as complètement mit au pied du mur, me mettant la cruelle vérité en pleine tronche… » Dylan désirait l’accuser, pourtant il était le seul responsable, on ne sort pas de la drogue uniquement en le pensant très fort. Ca n’était pas une cigarette ou de faire un régime, c’est pire que ça. Une fois descendu aux enfers, il faut pouvoir en sortir, le seul ticket de sortie, c’est de franchir chaque cercle avec pénibilité. S’assoir, à quoi leur servirait de s’assoir. « Avant de m’envoyer ici, tu ne t’es jamais demandé pourquoi j’ai fait ça ? A quel point j’étais mal ? T’es tu ne serait intéressé qu’à ma vie au lycée ? Non ! Je comprends, tu as Bowie, tu avais ta femme…mais de temps en temps moi ! Est-ce que tu m’as protégé au bon moment ? Est-ce que tu m’as protégé quand à l’école je me faisais insulter, harceler, humilier ?» En l’envoyant dans ce centre il l’avait effectivement protégé de lui-même.

Il rompit la distance pour se rapprocher, le provoquant du regard, voulant absolument avoir le dessus, avec sa jeunesse et sa candeur naturelle. « Tu sais quoi Frank le héro ! J’aime les garçons ! Je n’ai jamais aimé les filles ! Ca t’en bouche un coin un petit frère PD ! En fait Frank tu sais quoi de moi ? » Son ventre se gonfla et il cru suffoqué un instant. Sans aucune pudeur il ne pu s’empêcher de rajouter. « Est-ce que tu as toujours envie de t’assoir à coté d’un homo ? » Cette fois malgré lui il se mit à pleurer, car il n’avait jamais fait cette révélation à son grand-frère, sûrement la crainte de la déception. D’un geste brusque il passa la paume de sa main, nerveux de ce qu’il venait de dire.

Cette fois il baissa les yeux, son discours avait suscité un épuisement psychologique, il se sentait un peu faible. Dylan avait encore envie de pleurer, il se retenait, nerveux à la réaction de son grand-frère. Une larme s’écrasa contre la surface du carrelage, se disant que c’était peut-être la dernière fois qu’il le verrait, il déposa son front contre sa la poitrine de Frank le pressant contre son torse, inspirant longuement. Dylan avait toujours été plus petit, en fait toujours plus petit que tout le monde. Pourquoi sa relation avec lui était si complexe ? Dylan aimait son grand frère, parfois l’idéalisait mais il ne voulait pas qu’il parte, qu’il ne fasse plus partie de sa vie, comme quand il était en mission pour son pays. Au fond, il avait toujours eut ce sentiment égoïste de ne vouloir le partager avec personne, car il avait envie d’être l’unique personne qui aurait de l’intérêt à ses yeux.
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() message posté Lun 2 Avr - 15:05 par Frank Turner



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FIN JUILLET 2017

C’est comme une petite voix, odieuse, pernicieuse, un désagréable refrain qui jamais ne vous quitte.  C’est là en vous, ça vous travaille sans cesse. La culpabilité ! Elle est encore plus vivace avec le temps, elle ne cicatrice aucune blessure, elle l’infecte sans modération. Le pire c’est que l’on a beau faire, on ne peut lutter contre elle, quoiqu’il arrive, elle est toujours plus forte. Frank s’en voulait plus que de raison, être ici, dans cette pièce propice aux rencontres pour certains, aux retrouvailles pour d’autre, lui rappela à quel point il avait échoué en tant qu’ainé et en tant qu’exemple. Dylan souffrait encore, ses paroles et la véhémence qui en ressortait le trahissait. Il était tellement en colère, que le pardon semblait alors inatteignable pour Frank qui malgré les attaques, restait calme, bien qu’à l’intérieur de lui, les mûrs se brisaient un à un, rendant l’édifice de protection incertain à présent. Et à quoi bon se protéger face à son frère ? A quoi bon faire semblant devant la personne qui vous connait le mieux au monde, qui est incapable de traduire le moindre de vos gestes, le moindre regard, la moindre crispation de mâchoire. Dylan savait tout de lui, mais lui, que savait-il de son frère ? La culpabilité lui envoya à nouveau une bonne droite dans la tronche, puis dans le ventre histoire de bien appuyer là où ça fait mal. Frank, coupable sans présomption d’innocence cette fois, tenta malgré tout de se justifier avec bienveillance.

La colère de Dylan était difficile à affronter pour l’ancien flic qui malgré la bienveillance était loin de se montrer convainquant. Mâchoires serrées, il prenait les coups sans rien dire.  « -Arrête de me voir comme le méchant. J’ai fait ça pour ton bien » Le ton montait et cette fois, Frank ne prenait aucune pincette. « -Tu m’en veux ? Ok d’accord. Oui je t’ai mis au pied du mur, mais tu ne m’as pas laissé le choix. On ne parle pas de fumette là, tu dealer bon sang et tu consommais plus que de raison. On ne décide pas de s’en sortir comme ça lorsqu’on est aussi accro. » Il lui supplia de s’asseoir reprenant un ton plus posé, mais de toute évidence l’adolescent n’était pas prêt à coopérer, il avait encore des choses à dire. Soit, Frank se préparait à les entendre. Les interrogations enchaînèrent, il ne connaissait que trop bien le procédé pour l’avoir lui-même expérimenté dans d’autres circonstances. Une succession de questions, rapides, précises, mais difficile à éluder sans réflexion profonde. Un ton agressif, des accusations, peu à peu et bien malgré lui, Frank perdait de sa patience étreignait et par la culpabilité et par la colère qu’il ressentait à son égard.  « -Ferme là putain ! » trouva-t-il la force de dire en se levant de sa chaise. Il était acculé, tellement qu’il lui tourna le dos, le passé, pas si éloigné le rattrapait peu à peu.  « -J’ai merdé ! » laissa-t-il entendre dans un murmure. « -J’ai perdu tous mes repères à la mort de maman. » Il marqua un silence, revoyant le doux sourire de sa mère avant que la maladie ne la rattrape. « - Quand je t’ai fais envoyé ici, le soir même, je me suis descendu toute une bouteille de Whisky. » Il se retourna alors pour enfin lui faire face. « -Je me sentais sale, indigne, j’avais tellement honte de ne pas avoir vu le danger, de ne pas avoir compris que tu allais mal, de ne pas avoir compris. J’ai pété un plomb. Voir maman comme ça, ce n’était pas concevable. Non ! » Il secoua vivement la tête pour se défaire de cette odieuse vision que le cancer avait laissé de sa mère. « -Ouais j’avais ma femme, j’avais Bowie, j’avais un boulot, j’avais tout. Mais là qu’est-ce qui reste de tout ça ? Rien, oui rien. J’avais tout et maintenant je n’ai plus rien hormis ma culpabilité. J’aidais des gamins, ce que tu as vécu, je l’ai vu sur le terrain, je connaissais les signes et je n’ai rien vu tellement j’étais focalisé sur moi et ma douleur. J’ai été un putain d’égoïste Dylan, je le sais. »

Les mots sortaient, les larmes coulaient sur les joues de l'ancien inspecteur qui se sentait tellement minable à présent. « - Je fais et j'ai fait n'importe quoi. J'ai même failli me faire tuer il y a quelques mois. Pourquoi ? Pour qui ? Je n'en sais rien. » Il regarda son frère, qui rompit la distance, dans ses yeux, la colère continuait à alimenter son attitude et c'est là, à ce moment précis où Frank semblait avoir un genou à terre, que le jeune garçon lui asséna ce qui semblait être le coup de grâce. Sans s'embourber dans divers chemins de traverse, Dylan avoua à son Frank qu'il aimait les garçons, une nouvelle qui surprit le flic, qui avouons-le, n'avait rien vu venir. « - Quoi ? » Il songea dès lors au jeune Marlon, qui fut sa première affaire. Un jeune garçon homo qui subissait le harcèlement de ses camarades et qui pour mettre un terme à tout cela, avait attenté à plusieurs reprises à sa vie. Frank avait fait preuve, à son encontre, d'une très grande ouverture d'esprit, il s'était même occupé de lui en allant le sortir de l'hôpital. Sortant de ses pensées, il trouva à nouveau la force de regarder son petit frère qui était lui aussi au bout de sa vie. « - Tu crois vraiment que ça me gêne ? Tu crois que je suis ce genre de type ? » Il lui prit le bras l'obligea à se réfugier contre son torse. Il pleurait, Frank aussi à présent. « - Je t'aime Dylan, tu m'entends ? Je t'aimerais toujours quoique tu fasses, quoique tu sois. Moi la seule chose qui m'importe, c'est que tu ailles bien, que tu sois heureux. Tu es la part essentielle de ma vie avec Bowie. » Il le serra un peu plus dans ses bras. « - Je ne vais plus partir, plus t'abandonner, je te le promets. Maintenant, je serais le grand frère que tu mérites et je ne laisserai personne te faire du mal. On s'est retrouvé Petite Crapule » Il lui fit face et lui prit aussitôt le visage entre les mains. « - Et si tu veux me frapper, tu as le droit de le faire, je l'ai amplement mérité »
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() message posté Lun 2 Avr - 19:55 par Dylan B. Turner
La fureur de Dylan c’était métamorphosée en un ouragan destructeur se dirigeant vers Frank. Il était odieux, son infamie envers son grand-frère, lui faisait si mal, une douleur vive jouant avec ses nerfs. Tout ce qu’il avait conservé pendant des années au fond de lui ressortaient par des vagues incessantes de reproches. Plus jeune il adulait la complicité qu’il avait avec son grand frère, elle était logique, naturelle aujourd’hui elle semblait avoir disparue, détruite par la vérité, détruite par les actions, détruite par la réalité. Encore pire, il savait qu’il avait blessé Frank et qu’il élargissait la blessure, retournait le couteau dans cette plaie béante se délectant presque d’un spectacle, se délectant des pitreries d’un clown glauque. Tout ceci était ridicule, ne ressemblait à rien, qu’un vaste gâchis. La grande excuse du « j’ai fait ça pour ton bien ! », on ne fait rarement ça pour le mal des autres. Son discours était désormais une logorrhée, le sens se perdant dans les mots. Son grand frère avait raison, ça n’était pas anodin, on ne parlait pas d’un mec accro au chocolat, ni d’un mec qui s’était mit à fumer, c’était une drogue, dure, changeant son caractère, déclinant sa vie, le rendant vulnérable à la vie lui donnant un passe droit pour une mort certaine. Dylan se mit à trembler, lorsque Frank le somma de se taire avec une telle vulgarité, il savait prendre cet air dissuasif quand il le fallait. L’artiste savait qu’il avait été trop loin, il avait été cruel avec son frère, et lorsqu’il évoqua la mort de leur mère, son cœur se serra dans sa poitrine, saignant de cette tristesse laissée par le vide de cette dernière. Il fit une courte pause, laissant le droit à la défense de répondre. Frank et Dylan n’avaient pas été épargnés par la vie, ils avaient chacun souffert en silence, laissant cette parte sombre enfermée quelque part, ils étaient l’un comme l’autre trop réservé. Au lieu de communiquer, ils avaient laissés cette souffrance se gangrénait au point de faire imploser leur relation. Cette fois ses mots ressemblaient à des excuses, de vraies excuses. Jamais il ne c’était rendu compte que son frère avait autant souffert. Son teint devint blême en apprenant le risque mortel ayant plané tel une épée de Damoclès au-dessus de sa tête, l’estomac se contrit soudainement pris de nausées fulgurantes. Son frère mort, cette fois cette vie serait vraiment merdique. Sans lui, il perdrait tous ses repères. Pourtant il n’hésita pas à en remettre une couche, en lui avouant cette vérité sur sa vie. Dylan aimait les hommes. En cet instant, sa colère l’avait conduis à vouloir abattre la dernière carte de son jeu intolérable.

Cette fois Frank aurait la véritable excuse pour l’abandonner, le laisser et pouvoir enfin mener sa vie. Et pourtant sa réaction le fit reprendre pieds, la première étape fut la stupéfaction. On ne s’attend jamais réellement à ce genre de révélations. On ne place pas ce genre de révélation au milieu d’une conversation courante. Frank s’approcha de lui, et à sa grande surprise, il l’enlaça, sa joue s’écrasa contre sa poitrine, l’odeur du cuir de sa veste fit remonter en lui des souvenirs heureux et alors qu’il sentait une nouvelle vague de colère face à cette réaction qu’il ne méritait pas, il la fit terre, les bras le long du corps, vide de réaction encore apathique de ce qu’il faisait, il savoura cette étreinte, les mots qu’il prononça, son serment d’amour fraternel. Son étreinte se resserrait et c’est à ce moment qu’il arrêta de se battre, non pas contre Frank mais contre lui-même, ses bras encerclèrent son frère et il alla se blottir contre lui. Son t-shirt blanc s’assombris par l’humidité de ses larmes, il se laissa aller. Ses larmes ruisselaient sur les mains de son grand frère qui tenait son visage entre ses mains. « Je ne veux pas te frapper ! » Un profond soulagement se répandit, il ne pensait pas qu’il le prendrait avec autant de sagesse. Dans son esprit étriqué, il avait toujours imaginé que Frank le prendrait mal.

« Pourquoi tu m’as pas dit ça plus tôt ? Pourquoi tu ne t’es pas confié à moi ? Je suis là aussi pour toi ! » Il alla de nouveau se blottir de nouveau contre lui, cette confrontation semblait avoir disparu. « Franky maman me manque aussi et je l’ai vu aussi mourir! » Dylan aurait aimé gardé des souvenirs heureux concernant sa mère et non les dernières images difficiles. « Mais je veux être aussi le frère dont tu as besoin ! Celui qui peut t’aider et celui à qui tu peux te confier ! Je suis désolé, j’ai merdé aussi, j’ai plongé ! Je me cherche des excuses…mais…en fait c’est en grande partie de ma faute ! » Sa gorge se serra à nouveau l’empêchant de continuer, cette fois il culpabilisait d’avoir autant acculé son frère de ses propres fautes. Il tentait de se reprendre, il renifla un petit instant, il ne voulait pas se décoller tout de suite de son grand frère. Ses mots avaient été durs.

Au fond, même s’il n’allait pas lui dire, Frank avait été toujours le grand frère qu’il méritait. Il se souvenait pourquoi il l’avait fait venir jusqu’ici. « Tu sais je n’ai pas aimé qu’on te retire Bowie, ils n’avaient pas le droit ! » Dylan avait toujours aimé son neveu. « Grand frère, à la base je voulais que tu viennes pour te dire que si tout va bien, dans un mois je suis sorti d’ici ! » Il s’écarta un peu, reprenant ses esprits, cette rencontre était éprouvante mais nécessaire.
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() message posté Dim 8 Avr - 17:42 par Frank Turner



Retour du frère prodigue


for you

Puisqu'on ne sera toujours, que la moitié d'un "tout"



FIN JUILLET 2017

Les fantômes ne sont pas dans les placards, ils nous pourrissent la vie au quotidien. Le rappel de l'odieuse présence est tout ce qui leur reste pour exister. Peut-on aller contre cela dans notre vicissitude de pauvre mortel ? Peut-on vraiment lutter contre le passé ? Frank n'y croyait plus, le sien, tel un boomerang lui revenait en pleine poire et le moins que l'on puisse dire, c'est que la douleur semblait être à la hauteur de la culpabilité éprouvée à l'encontre de Dylan. « C'est aussi ça être adulte, c'est assumé ses erreurs. Tu apprendras avec le temps mon chéri » La voix de Jude résonnait encore dans la tête de l'ancien flic qui aurait espéré un peu plus de présence pour ce fantôme. Dylan continuait à parler, trop en un sens, il délivrait des vérités que Frank ne pouvait plus fuir. Il était un adulte, l'aîné du binôme qui plus est. Il lui était donc impossible de tourner les talons et de fuir lâchement son rôle. Dylan avait besoin de lui, plus que jamais, il devait donc prendre sur lui, mettre sa fierté de mâle alpha sur le bas-côté de la route et acceptait de prendre les coups sans les rendre. « Regarde-le ! C'est Dylan ! Ton petit frère ! » La première rencontre fut magique. Ce Frank-là, souffrait aussi, mais différemment. Toutefois, lorsqu'il apposa son regard sur celui du nouvel arrivant, il sentit chacun de ses mots disparaître au profit d'une très grande quiétude. Jude semblait fatiguée, mais ne perdait pas de son radieux sourire. La menace de Victor n'en demeurait pas moins réelle malgré cette petite parenthèse enchantée, mais pas assez forte pour paralyser le moment. Frank prit alors son petit frère dans les bras et le regarda avec amour. « - Salut petite crapule, je suis ton grand frère. » Jude venait d'offrir l'un des plus beaux rôles à son aîné qui se retrouvait des années plus tard, face à un Dylan adulte. Il semblait si loin le sourire franc, toutefois malgré les blessures, le cœur de Frank débordé encore d'amour son cadet, son complice de toujours qu'il était prêt à retrouver qu'importe le prix.

Cette fois, l'inspecteur qu'il n'était plus, cessa de panser ses blessures, son cœur pouvait bien bondir hors de sa poitrine à présent, il ne lutterait pas davantage pour apaiser ses maux. Il devait faire ce qu'il peinait à faire avec les autres êtres humains, parler, se livrer, se délester du surplus d'émotions qui entravait sa tête et ce petit cœur malmené par la tempête émotionnelle. Dylan s'appliqua à lui faire un dernier aveu, qu'il espérait bien piquant pour un homme bourru d'apparence, mais d'une tolérance sans égale. Frank en avait côtoyé des jeunes homos en perditions, il connaissait le lexique à employer, les culs à botter. Avec les jeunes mineurs qu'il avait à sa charge, il faisait montre d'une tolérance que ses collègues ne lui connaissaient pas, visiblement habitué à le voir jouer le méchant flic en leur compagnie. L'aveu de Dylan, le surprit toutefois, car il ne s'y attendait pas, mais passé la première surprise, l'aîné des Turner instaura un premier contact se laissa aller lui aussi à quelques aveux. Il osa même prononcer ces trois petits mots qui ne sortaient que trop peu de sa bouche d'ordinaire. Trois mots qu'il n'avait jamais offerts à sa mère, malgré l'amour qu'il lui portait. Trois mots qu'il avait esquissés en la présence de Bowie, trois mots qu'il espérait offrir à la femme qu'il aimait, mais trois mots qui pour l'heure, étaient dédiés à Dylan. « - Je serais là » laissait-il entendre avant de prendre son visage sur lequel les larmes ruisselaient encore. « - Je t'assure que tu peux le faire, si l'envie t'en prend ! » tenta-t-il en arborant un sourire plein d'incertitudes, mais de toute évidence, Dylan n'était pas arrivé à de telles extrémités pour canaliser sa colère. D'ailleurs, malgré les perles salées qui continuaient à humidifier ses joues, le jeune garçon semblait soulagé. S'en doute pensait-il que son frère prendrait très mal ce coming-out surprise et achèverait de le renier définitivement. Au lieu de cela, il se retrouvait là, dans les bras de son aîné, qui passait la surprise, savourer peu à peu les retrouvailles. Oui, il l'aimait de tout son cœur et peu importe qu'il préfère les garçons, Frank ne voulait que le bien de Dylan et si c'était dans les bras d'un homme, soit.

« - Si je n’ai rien dis de mes malheurs, c’était sûrement par orgueil. Et puis je ne voulais pas mettre des mots sur mes maux, je ne voulais pas me dire que c’était la fin, que jamais plus je ne ferais le sourire de maman, que jamais plus je n’entendrais le son de sa voix. » L’étreinte se prolongea encore durant de longues secondes avant que les deux hommes ne reprennent une distance convenable, puis leur place sur les chaises qu’ils avaient occupés quelques minutes plus tôt. Le regard perçant de Frank se planta sur Dylan, ils avaient tant à se reprocher l’un et l’autre qu’ils ne pouvaient faire d’impasse, les sacs devaient être vidés pour que le voyage continue sans encombre. « - Non, tu n’as pas à te justifier Dylan ! Disons que nous avons merdé chacun de notre côté » Il en profita pour sortir un paquet de mouchoir et le tendit aussitôt à son cadet. « -Notre force c’est nous deux petit frère. Tu sais, la première fois que je t’ai vu, je n’ai pas ressenti la moindre jalousie. Je sais pourtant que tu allais accaparer l’attention de maman. Non, moi je t’ai vu comme ce petit être qui allait enfin donner un sens à ma vie. Tu m’as rendu plus fort frangin, tu m’as permis d’être courageux quand il le fallait. Mais j’ai merdé, j’aurais dû continuer à être courageux, si ce n’est plus qu’avant pour moi, pour toi, pour nous. On a plongé tout les deux, mais on va s’en sortir ensemble et je vais récupérer mon fils parce que je suis un bon père » Il lui attrapa la main et la serra fort contre la sienne avant que le jeune artiste ne lui fasse entendre, une vérité qui cette fois ne lui fit aucun mal, bien au contraire. « - Donc ça y est, c'est officiel ?! Je suis tellement content, petite crapule. » Le sourire aux lèvres l'ex flic serra un peu plus la main de son frère dans la sienne. « - Je suis tellement fier de toi. Écoute les travaux sont terminés à la caserne, j'ai eu une petite aide... *préfère ne pas s'étendre sur ce sujet* Enfin bref, tu as ta chambre de prête, je pourrais même venir te chercher si tu veux. Je serais là cette fois Dylan, je ne vais plus merder, je te le promets, je serais le frère que tu mérites pour te soutenir et être à tes côtés. »
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() message posté Sam 14 Avr - 15:27 par Dylan B. Turner
L’odeur nauséabonde du conflit c’était infiltré dans l’atmosphère de la pièce, empestant de sa hargne perpétuelle chaque mot articulé dans ses lèvres. L’aveu final avait été l’apothéose le concernant, ainsi définitivement il pourrait un trait sur sa relation fraternelle. Il avait levé l’épée pour pourfendre le dragon cependant la conséquence de sa mort avait été si différente. Ca n’était avec soulagement, ni lâcheté mais au moins ça serait enfin clair entre eux. Or il venait de se retrouver dans les bras de son grand frère, pleurant à chaude larmes, imprégnant son t-shirt de son chagrin. Les tensions s’évacuaient une par une, nettoyant sur leur passage la honte, les non-dits et sa haine. Car un nouveau soleil c’était levé. Qu’il était bien ainsi dans les bras de son grand frère, une forme de refuge. Dylan en grandissant malgré la brindille qu’il était, avait toujours souhaité paraitre fort, réservé, ne voulant laisser personne le blesser à nouveau, il ne supportait plus cette douleur. Le jeune homme avait trouvé un simulacre de réconfort dans la drogue, le berçant dans l’illusion que pendant quelques minutes il était heureux, un bonheur artificiel, un succédané créé par ses neurones. Jusqu’à basculer dans une réalité encore plus sombre, encore plus morte. Qu’ils étaient beau en cet instant les hommes de la famille Turner, larmoyant l’un et l’autre, passage nécessaire pour se conduire l’un et l’autre vers des horizons beaucoup plus clairs, tout ne serait pas si aisé, ils avaient besoin de bâtir une nouvelle confiance entre eux. Frank avait été toujours là pour lui, il avait désormais renoncé à la violence, il était inutile qu’il vienne le frapper. « Non ! Vu ma force je risquerais de te casser la mâchoire et quelques dents ! » Au milieu des larmes il avait étouffé un petit rire de sa blague. Son premier désir était de vivre dans l’honnêteté l’un et l’autre, plus de secrets, plus de mensonges. Même si la réaction de son frère était logique, elle n’en était pas pour autant légitime. L’étreinte ne cessait pas, cette étreinte familiale, sa chaleur, elle était normale, le besoin de reconnexion entre eux. « Franky on est plus que tous les deux maintenant ! On ne peut que compter sur nous ! On doit se serrer les coudes ! » Alors qu’il avait pensé qu’il allait quitter définitivement sa vie, encore mieux il avait voulu tout faire pour ne plus être son fardeau, son discours avait muté. Les bras de Frank se rétractèrent le délaissant, ils allèrent ensemble vers les chaises en plastique douteuses placés dans la pièce. Il se hissa sur l’assise, nouant ses jambes dans une position en tailleur, il tendit ensuite naturellement les bras pour se saisir du rebord, arquant légèrement le dos, sans pour autant détourner le regard de son frère. Si un jour il fait tout comme tout le monde, on annoncera 25 degrés toute l’année sur Londres.

Le speech se percuta dans sa poitrine, lui qui n’avait pas connu son grand frère aussi prolixe, il en était heureux. Une joie enlaça son cœur dans une prison étoilée, la prose continuait se composant dans un apophtegme qui allait édicter les nouvelles règles entre eux. Il envisageait l’ensemble sous un nouveau jour, illuminant sa vie. Eventuellement il aurait pu interpréter ainsi à la place il avait noircis le tableau. Faisant de la vérité un lexème d’une langue vernaculaire loin du discours de l’amour familial. De nouveau une pointe plus triste transperça le creux de son abdomen, Bowie si loin d’eux. Il avait pris le mouchoir, épongeant les quelques larmes encore humide. « J’aimerais écrire un témoignage pour toi ! Dire à quel point tu t’occupes bien de mon neveu, mais vu mon passé ça ne va pas jouer en ta faveur ! » Il bascula la tête en arrière tout en soufflant nerveusement. « Que j’ai été con de m’injecter et snifer ces saloperies ! »

Redressant la tête tout en la secouant faisant voler ses cheveux, il aurait pu être là, être un poids pour son grand frère. Une certitude, Frank était un excellent père et il sait très bien prendre soins de sa progéniture. Il approuva d’un signe de tête concernant sa libération sous peu, bien entendu ils n’allaient pas le relâcher dans la nature ainsi. « Je dois trouver ma voie un peu avant, savoir si je reprends des études, si je travaille…je dois suivre la dernière phase du programme ! Et j’ai réussir à maintenir ma plante en vie durant deux mois ! » Il ignorait encore pourquoi elle avait fané aussi rapidement. Son regard se braqua sur le carrelage en face de lui. Dylan aimerait bien revenir vivre avec Frank, cette colocation avait eut ses avantages. Or il envisageait son avenir autrement, il voulait la tisser lui-même, s’en sortir par lui-même.

« Franky ne m’en veux pas, je ne veux pas revenir à la caserne ! J’ai envie de me trouver un appart pour moi tout seul, me trouver un boulot, je veux essayer de m’en sortir par moi-même ! Tu comprends ? » Il ne refusait pas son aide, Frank pourrait toujours user de ses muscles pour transporter quelques cartons pour lui, se porter garant, mais pas de retour en arrière. « Même si je ne sais pas dans quoi bosser, même si je commence à avoir une idée ! » Dylan avait eut cette idée bien des années auparavant, elle avait germé, n’avait pas poussé mais en cette heure une pousse semblait faire surface et allait certainement continuer de grandir. Il tira sur ses bras un peu tendus par la réaction de Frank, cette fois il n'y avait pas l'once d'un reproche dans ses mots. Seulement la volonté de bien faire.
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