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() message posté Lun 2 Avr 2018 - 21:03 par Bodevan H. Andrews
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Le soleil revenait peu à peu, et mon envie de voir le monde avec. L'hiver entier, j'étais resté enfermé chez moi, à compter les secondes, les jours, les semaines avant de revoir Rioja. Mais j'avais beau eu espérer et compter, le temps ne s'était pas écoulé plus vite. Ma femme me manquait. Et toujours autant. Aujourd'hui, le soleil était haut et éclatant. J'avais eu envie d'aller faire des photos. Pour la première fois depuis la mort de Kala, je m'étais senti inspiré. Alors, après avoir bu mon café sur la terrasse et avoir fumé lentement ma cigarette tout en lisant un énième roman de Victor Hugo, j'avais pris le temps de me préparer. Ce matin, je laissais tomber le costard pour enfiler un bas de survêtement propre, ainsi qu'un tee-shirt blanc immaculé. J'attrapais un sweat à capuche, et glissais mes pieds dans mes baskets et attrapais ma casquette et mes lunettes de soleil. Il était rare que je sorte si peu soigné, mais il aurait été ridiculte que je sorte de beaux-vêtements pour marcher dans Londres. Alors, mes écouteurs aux oreilles, je quittais mon appartement, tête basse. Comme si quelqu'un se souciait de moi. Je ne risquais pas de croiser Rioja qui prendrait mon nouveau style vestimentaire pour un signe de dépression. J'allais tout faire pour l'éviter. J'en avais assez de souffrir de ses états d'âmes. Le divorce était à portée de main, il semblait être la solution à toutes ces retrouvailles douloureuses, mais aucun de nous deux voulait en arriver jusque là. Je soupirais et apportais une cigarette à mes lèvres. Lentement, je me dirigeais jusqu'à ma voiture. Il aurait été plus simple que je me rende à la City en transports en commun car les voitures n'avaient pas accès au vieux centre de la ville, mais j'aimais visiter Londres en voiture. Alors, tout en écoutant un vieux cd de Fleetwood mac, je roulais doucement vers mon point de destination. Je voulais capter les réflexions de lumière de midi sur les hauts batiments du centre historique de la ville. Quelques minutes plus tard, j'arrivais au bord de la tamise. Après avoir trouvé un parking, je commençais ma ballade le long des quais. Mon appareil à la main, je prenais en photo toute éclat de lumière qui me semblait intéressant. C'est alors que, trop occupé à régler les paramètres de prise de vue de mon appareil, je fonçais dans une jeune femme. Surpris, je levais la tête te reconnus tout de suite la jeune femme qui se trouvait en face de moi. J'avais le chic pour toujours tomber sur les souvenirs du passé. « Oh c'est toi Gabrielle. Désolé. Ca va? Je ne t'ai pas fais mal? » Demandais-je en enlevant ma casquette pour qu'elle me reconnaisse. Je lui souris timidement. Il nous était difficile de faire comme si de rien ne s'était passé. Comme moi, elle avait aimé mon enfant. Elle en avait fait le sien par adoption. Tout comme moi, elle avait perdu une fille. Je regardais autour de nous et lançais d'une voix douce : « Ca fait longtemps. Je suis content de te croiser. ». Et je ne mentais pas. Il fut un temps, Gabrielle avait été mon amie à moi aussi. Il n'y avait pas que ma vie de famille qui me manquait dans tout ce que j'avais perdu. Il y avait aussi tout le reste. Tout ce à quoi j'avais du renoncer malgré moi.
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() message posté Mer 18 Avr 2018 - 15:24 par Gabrielle Rowena
Many people will walk in and out of your life, but only true friends will leave footprints in your heart. ✻✻✻ Cela fait des heures qu’elle travaille, même si elle n’en a pas conscience. Réveillée de bonne heure, avec l’impossibilité de se rendormir, Gabrielle a fini par se lever au lieu de tourner, et de se retourner dans son lit. Elle aurait sans aucun doute fini par réveiller son mari, et il est inutile que tout le monde soit debout à cause de son incapacité à retrouver le sommeil ce matin. Alors à la place, elle s’est mise à travailler sur la table de la salle-à-manger. Elle a des tonnes d’idées, pour un nouveau client, mais avant tout pour elle-même et son projet avec Logan. Ces derniers temps elle fait souvent passer cela avant le reste, et elle prend parfois du retard sur le reste. Pour autant, cela ne l’empêche pas de continuer. Parce qu’elle a des tonnes d’idées, et surtout parce qu’elle est assez impatiente, et excitée par ce nouveau projet. Sans le savoir, c’est exactement ce dont elle avait besoin. Quelque-chose dans lequel se lancer à fond, et oublier le reste. Son mari qui travaille trop, sa belle-fille qui ne semble toujours pas vouloir faire d’efforts, ses incartades qui n’aident pas le reste. Quand elle travaille, Gaby en oublie le reste. Elle peut rester des heures à avancer ses idées, ses croquis, à faire des recherches. Et ce n’est que lorsqu’elle entend Emma descendre l’escalier, qu’elle se décide à arrêter. Sa fille passe avant le reste, quoiqu’il puisse se passer. Elle pose son crayon, s’étire avant d’aller prendre Emma dans ses bras. Elle est encore un peu endormie, et Gaby en profite pour retourner sur le canapé avec elle. Elle n’a aucune de l’heure qu’il peut être, ni depuis combien de temps elle est réveillée et ici. Elle ne s’est pas rendu compte non plus qu’elle s’est assoupie, Emma sur son ventre, jusqu’à ce qu’elle entende la voix de son mari, et sente sa main sur son bras. Il est déjà prêt, et Gabrielle le soupçonne d’avoir le fait moins de bruit possible pour les réveiller qu’avant de partir. Cela ne manque pas, il reste à peine cinq minutes avant de disparaître. Elle est habituée. Ils n’en parlent pas, mais ignorer le problème ne va pas arranger les choses non plus. Elle étouffe un bâillement avant de s’occuper d’Emma.
Elle marche rapidement, sans aucun doute beaucoup trop vu sa maladresse, mais elle est pressée d’arriver. Son café dans une main, son téléphone dans l’autre, elle essaie de faire plusieurs choses à la fois ce qui n’est pas une bonne idée. Elle le sait, mais aucune catastrophe n’est à déplorer pour le moment, alors elle pousse sa chance. Elle a des tonnes d’idées pour la maison de ses nouveaux clients, et elle essaie de tout noter avant d’oublier. Une dernière idée, et elle se décide enfin à ranger son téléphone dans son sac-à-main. Elle prend une nouvelle gorgée de son café, manque de se brûler une nouvelle fois et accélère le pas. Elle n’est même pas en retard, simplement impatiente. Elle a à peine discuté avec sa mère quand celle-ci est venue s’occuper d’Emma, bien trop pressée de se remettre au travail. En temps normal, elle serait en vélo, mais sa tenue ne lui permet pas vraiment. À la place elle a décidé de marcher, sans aucun doute aussi pour se donner bonne conscience. Elle entend son téléphone sonner dans son sac, et elle est obligée de s’arrêter pour le sortir. Elle n’a pas le temps de le trouver, qu’elle en entre en collision avec quelqu’un. Ce n’est pas vraiment une surprise avec elle, mais elle ne s’y attendait pas. Pour une fois, Gabrielle n’est même pas sûre que tout soit entièrement de sa faute. Mais cela ne change rien. Son le coup de surprise son café est tombé par terre. Il n’y a rien d’autre à déplorer, du moins à première vue, et elle s’estime heureuse. Il lui faut quelques secondes pour considérer l’autre personne. Et elle reconnaît immédiatement Bodevan, surprise de le trouver là. Surprise de le voir tout court en réalité. Cela fait bien longtemps qu’ils ne se sont pas vus. « Oh c'est toi Gabrielle. Désolé. Ça va ? Je ne t'ai pas fais mal ? » Elle a l’habitude de ce genre de mésaventure, alors elle ne fait plus trop attention. D’autant plus que de le voir, lui rappel forcément des souvenirs. « Non, ça va. » Elle ne sait pas vraiment quoi dire de plus. Ce n’est pas comme s’ils étaient restés en contact, ni même amis. « Ça fait longtemps. Je suis content de te croiser. » Elle aussi, même si elle ne sait pas vraiment si elle peut lui dire. Rioja a été son amie bien avant lui, il y a des années maintenant, quand elles n’étaient encore que des enfants. Alors c’est tout naturellement qu’elles le sont restées. Bodevan d’un autre côté… Gaby ne sait plus vraiment depuis quand ils ne se sont pas vus, ni même parlés. Il y a trop longtemps sans aucun doute. Sans aucun doute pour s’occuper, elle ramasse son gobelet, désormais vide. « Moi aussi. » C’est la vérité. Malgré tout, elle est contente d’être tombée sur lui. « Alors… Comment tu vas ? » Ce n’est pas qu’une question banale, parce qu’elle ne peut s’empêcher de penser à pourquoi ils ne sont pas restés en contact. À ce qui s’est passé il y a plusieurs années à présent.

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() message posté Ven 20 Avr 2018 - 14:08 par Bodevan H. Andrews
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C'était une drôle de vivre ma vie. J'avais le sentiment d'avoir eu quatre vies. Celle à la Nouvelle-Orléans, celle à parcourir le monde, celle avec Rioja, et celle que je vivais aujourd'hui. Mais la vie que je vivais désormais, je ne l'aimais pas. Dans cette vie ci, j'avais le sentiment d'être démuni de tout ce qui pouvait me rendre heureux. J'avais tout perdu. Il m'avait fallu recommencer de zéro, trouver une stabilité dans cette ville où je n'avais jamais vécu seul. J'avais pris la décision d'y vivre avec ma femme. Nous avions choisi l'appartement ensembles. Chaque élément de décoration. Il ne me restait que ça. L'appartement, et je ne parvenais pas à m'en défaire. Alors je le fuyais, passant le plus clair de mon temps à silloner les rues de Londres. Mais malgré moi, partout où j'allais, elle me revenait en souvenir. Il avait fallu aujourd'hui que je tombe sur Gabrielle. D'un certain côté, j'étais heureux de la voir, d'un autre, j'aurai m'enfuir en courant. Je ne pouvais oublier ces après-midi en compagnie de Gaby, lorsque Kala respirait encore. Cette pensée me serra le coeur, alors je détournais les yeux, pour me forcer à penser à autre chose. Mais la douleur ne partait pas. « Tant mieux. » Répondis-je, soulagé de ne pas lui avoir fait mal. Nous ne nous étions pas vus depuis longtemps. Parfois, je pensais à elle, me rappelant les bons souvenirs que nous avions eu ensembles. Elle avait été mon amie à moi aussi. Pas comme cette peste de Maxine. Je frissonnais à sa pensée et tournais la tête vers Gaby lorsqu'elle me demanda comment j'allais. Je baissais le regard, et pris une profonde inspiration. Puis je finis pas répondre : « Ca va. Et toi? » Que pouvais-je bien répondre de plus? Que j'étais malheureux sans Rioja? Gaby le savait déjà. J'avais trouvé un quotidien, il me convenait presque ainsi. Ca m'occupait, pour éviter d'y penser. Alors oui, en général ça allait. Mais si on creuse un peu, plus rien ne va. J'étais heureux de la croiser par hasard, je ne voulais pas user ce moment pour chialer sur mon sort. J'avais tout le reste de mon temps pour ça. Alors, je me contentais de sourire.
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() message posté Sam 19 Mai 2018 - 11:34 par Gabrielle Rowena
Many people will walk in and out of your life, but only true friends will leave footprints in your heart. ✻✻✻ Elle ne s’était pas attendue à tomber sur lui, mais c’est le propre des rencontres au hasard. Ils ne se sont pas vus depuis longtemps, pas parlés depuis tout autant de temps. Gabrielle sait très bien pourquoi, ce n’est pas le manque de temps, mais les circonstances qui ont fait que. Et tomber sur Bodevan aujourd’hui lui rappel tout cela. Malheureusement ce ne sont pas des bons souvenirs, et elle préférait honnêtement pouvoir oublier. Ce qui, bien sûr, n’est pas possible. Impossible d’oublier la mort de sa filleule. Et si avec le temps, elle parvient à moins repenser à tout cela, il n’empêche que c’est toujours douloureux. Alors elle n’ose pas imaginer pour eux. C’est un sujet qu’elle n’aborde pas avec Rioja. À quoi bon de toute façon. Elle n’a pas envie de souffrir encore plus son amie. Elle fait donc plus attention désormais, elle qui habituée à gaffer. Il lui est déjà arrivé de s’en vouloir de parler d’Emma avec elle. Oui, la situation n’est pas des plus faciles, pour personne. Alors retomber sur Bodevan, ou plutôt lui rentrer dedans, la rend nostalgique. Nostalgique de l’époque où tout aller bien. De l’époque où ils étaient amis. Maintenant, elle ne sait rien de ce qu’il fait, ce qu’il devient. Elle n’aborde pas vraiment le sujet avec Rio non plus. Il y a des sujets qu’il vaut mieux éviter. « Tant mieux. » Elle lui adresse un léger sourire. Elle est habituée à tomber, se cogner, ou renverser des choses. Alors, ce n’est pas un petit accrochage du genre qui risque de lui faire mal. Comme si son corps était habitué avec le temps. Ou bien c’est simplement un coup de chance, elle aurait pu aussi se brûler avec son café. Café qui se repend un peu plus par terre avec les secondes. Elle est légèrement mal à l’aise, ne sachant pas vraiment quoi lui dire. Qu’est-ce qu’ils pourraient encore bien avoir à se dire de toute façon. Ils ne se connaissent plus vraiment avec le temps qui passe. Elle ose cependant lui demander comment il va. Pour combler le silence, et aussi curieuse de sa réponse. Gaby doute cependant qu’il lui dise vraiment comment il va. À sa place, elle ne le ferait pas non plus. Elle l’observe détourner le regard, et cela la rend encore un peu plus mal à l’aise. Elle aurait peut-être mieux de ne pas s’arrêter, ou de prétexter devoir travailler pour repartir aussitôt. Ça ne serait pas un mensonge, elle a vraiment du travail. Mais il aurait été dommage de ne pas profiter de cette coïncidence pour discuter un peu. Savoir ce qu’il devient. Non rattraper le temps perdu, ils ne pourraient pas. « Ca va. Et toi ? » Il lui retourne la question, et c’est à son tour de prendre un instant pour répondre. Gabrielle va bien. Elle a ses soucis bien sûr, mais elle n’est pas à plaindre. Cela serait même ridicule de le faire. « Ça va aussi, merci. » Un léger sourire à son encontre, elle se demande si elle ne ferait pas mieux de filer. Les silences sont nombreux, parce qu’ils n’ont pas grand-chose à se dire. Du moins, pas comme ça, dans la rue, entre un gobelet de café vide sur le sol. Elle se penche d’ailleurs pour le ramasser, faisant attention de ne pas mettre du café partout sur ses doigts. Elle en aurait bien besoin d’un autre. Peut-être que c’est l’occasion de pouvoir discuter un peu. Reprendre contact l’espace d’un instant. « Je t’offre un café ? » Et s’il ne veut pas, et bien elle aura essayé. Gaby ne sait pas ce qu’elle peut vraiment faire de plus. Elle est néanmoins curieuse de savoir ce qu’il fait désormais, en souvenir de leur amitié.

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() message posté Dim 27 Mai 2018 - 16:16 par Bodevan H. Andrews
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Je n'avais jamais aimé le changement car je ne savais pas m'y adapter. Parfois, je me disais que je n'aurai jamais dû quitter la ferme familiale. Que j'aurai dû me contenter de ces étendues de verdures, des animaux, de la nature. De la vie simple et intellectuelle. Je n'avais rien appris de la vie citadine. Le niveau de journalisme, je l'avais obtenu avant même de rentrer en dernière année. Il m'avait manqué seulement quelques méthodes, quelques anecdotes de savoir-faire pour atteindre les sommets. J'avais voulu découvrir le monde par peur de me perdre dans mes connaissances. J'avais eu peur de devenir aigri, solitaire, égocentrique. Malgré moi, je l'étais tout de même devenu. La seule chose que partir m'avait apporté, c'était une famille. Aujourd'hui détruite et irrécupérable. Cette vie là n'avait plus rien à m'offrir et pourtant je m'y attachais. Je m'acharnais dans l'espoir qu'on me rende ce qui m'était dû. Je ne voulais pas retourner là-bas, je ne voulais pas tirer un trait sur mon passé. Au quotidien, c'était difficile de trouver mes marques. C'était difficile de continuer à vivre comme autrefois dans un appartement si grand et si silencieux. Je reconnaissais chaque pièce, chaque attitude, chaque geste d'autrefois. Et pourtant tout était différent. Le bonheur ne revenait pas. Tomber sur Gabrielle aurait peut-être dû m'effrayer et me pousser à faire demi-tour, mais au contraire j'étais heureux de la trouver là. Elle me liait à ma vie d'avant. A tout ce que j'avais perdu. Même si nos relations n'avaient plus rien avoir avec autrefois, sa présence me laissait croire que rien n'allait changer. Qu'en rentrant, je retrouvais Rioja assise dans le canapé, Kala sur ses genoux, à lui lire une histoire. Elle m'avait répondu que pour elle aussi, les choses allaient plutôt bien. Je tiquais, car au fond je savais que souvent les choses n'allaient pas bien. C'était une formule de politesse. Nous n'avions pas vraiment le temps de parler de nos soucis. Et encore moins l'envie. Un silence gênant s'installe. Car faire semblant ne sert à rien, parler des choses compliquées non plus. Aucun de nous deux ne semble avoir envie de couper court à cette "discussion" et pourtant, aucun de nous deux ne parvient à la relancer. Enfin, Gaby ouvrit la bouche pour me proposer de prendre un café avec elle. Heureux, un immense sourire vint tirailler mon visage qui n'y était plus habitué, depuis le temps. Les mains dans les poches de mon pantalon de costume, je répondis en haussant les épaules, gêné : « Avec plaisir. » Et lentement, je me mis à la suivre alors qu'elle prenait probablement la direction d'un café où nous pourrions nous arrêter. Tout en marchant, je me risquais à demander : « Qu'est-ce que tu deviens? » Je m'en foutais qu'elle me parle de son mariage, de ses enfants, de son bonheur : je n'en souffrirais pas. Pour une fois je m'intéressais véritablement à quelqu'un sans chercher à en retrouver les similitudes et différences dans ma propre vie. Elle pouvait aborder n'importe quel sujet, même son amitié avec Rioja, je n'en serai pas touché ni peiné. A vrai dire, je me rendais compte seulement maintenant à quel point elle m'avait manqué. Peut-être que oui, finalement ce proverbe n'était pas si faux : il m'avait fallu tout perdre pour comprendre la valeur des choses. La valeur des gens. La valeur des amitiés comme celle que j'entretenais auparavant avec Gabrielle.
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() message posté Mer 1 Aoû 2018 - 14:55 par Gabrielle Rowena
Many people will walk in and out of your life, but only true friends will leave footprints in your heart. ✻✻✻ Désormais tout est différent. Tomber par hasard sur Bodevan lui semble étrange, ne pas savoir quoi dire en sa présence aussi. Par le passé ils n’ont jamais eu de mal à discuter. Et même si Rioja a toujours été sa première amie dans le couple, Gabrielle se souvient de bons nombres de conversations qu’elle a eues avec lui. Et aujourd’hui elle ne sait pas quoi lui dire. Lui demander comment il va est presque ridicule, mais c’est ainsi que les choses fonctionnent. Une formule de politesse à laquelle presque tout le monde répond, ça va. C’est exactement ce qu’elle fait aussi. Non, que les choses aillent mal pour elle, elle n’est pas à plaindre. Quelques soucis, comme tout le monde, mais rien d’important, rien de grave. Pour Bodevan en revanche, elle n’est pas sûre que sa réponse soit entièrement vraie. Elle voit bien comment tout cela a affecté Rioja, et ça ne doit pas être beaucoup plus différent pour lui. Alors elle se contente de lui adresse un léger sourire, ne sachant pas comment agir en sa présence. Les choses ont changés. Le temps a passé, et Gaby ignore ce qu’il devient, ce qu’il fait. Ils ne se sont pas parlés depuis longtemps, et elle n’aborde pas vraiment le sujet avec Rio. Malgré tout, elle est heureuse de le voir, même si elle aurait préféré qu’ils n’aient pas perdu le contact. Personne ne parle, mais personne ne bouge non plus, ce qui est étrange. Et maintenant qu’il est là, devant elle, Gaby se dit que cela serait dommage de chacun reprendre son chemin comme si de rien n’était. C’est pourquoi elle lui propose d’aller prendre un café. Ça ne peut pas leur faire de mal, ils arriveront peut-être à discuter cinq minutes. « Avec plaisir. » Elle est contente de l’entendre accepter. Ce n’est peut-être pas une bonne idée, ils n’auront peut-être rien à se dire, mais au moins elle aura essayé. Elle fonctionne ainsi, elle préfère se lancer et échouer que de se demander ce qui aurait pu se passer si elle l’avait fait. Ce n’est pas toujours une réussite, mais cela ne l’empêche pas de recommencer. Elle regrette certaines choses bien sûr, mais au final cela ne fait aucun doute que sans toutes ses choses elles n’en seraient pas là. C’est une optimiste Gabrielle, du moins elle essaie. Ils se mettent à marcher côte à côté, ce qu’elle trouve étrange. Elle n’avait pas prévu de rencontrer quelqu’un, encore moins Bodevan. Elle jette un coup d’œil à sa montre, pour constater qu’elle a le temps. Elle est toujours en avance quand elle doit se rendre quelqu’un, parce qu’elle prévoit toujours plus de temps au cas où une catastrophe aurait lieux. « Qu'est-ce que tu deviens? » La question est simple, et pourtant elle ne répond pas tout de suite. Est-ce qu’elle peut lui parler de sa fille, de son mariage, des choses qu’il n’a plus. Seulement, elle ne peut parler de sa vie, sans évoquer ses deux points. Sa fille est la personne la plus importante dans sa vie, et ne peut l’évoquer serait étrange. Ne pas l’évoquer, ne ferait sans aucun doute que rajouter au malaise qu’elle a en sa présence. « Oh et bien toujours pareil. » Les choses n’ont pas tant changé de son côté. Sa belle-fille semble la détester un peu plus chaque jour, mais hormis cela tout est pareil. La routine, ou presque, ce qui la réconforte. « Tout le monde va bien, le travail aussi. » Dit comme cela, Gaby se donne l’impression d’une vie ennuyeuse et parfaite. Ce qui est loin d’être le cas. Mais il y a bien des choses dont elle ne peut pas lui parler. « Et j’ai décidé d’ouvrir un bar. » Au rayon des nouveautés, ça en est une de taille. Cela fait au moins un nouveau sujet de conversation. Ils arrivent à peu près au même temps devant un café, et Gabrielle entre à l’intérieur sans chercher plus loin. Elle espère qu’une fois installée, les choses seront plus faciles. Il faut bien reconnaître qu’elle n’est pas des plus à l’aise en sa présence. Et cela la rend triste, et nostalgique. Sans aucun doute beaucoup plus qu’elle ne l’aurait cru.

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() message posté Jeu 2 Aoû 2018 - 14:10 par Bodevan H. Andrews
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Je regrettais l'époque où tout allait bien, l'époque où le but de mes conversations n'étaient pas d'éviter les prénoms de ma fille et de ma famille. L'époque où Rioja et moi étions invités à manger chez les Rowena, comme régulièrement, les jours de congés. L'époque où nous laissions nos petites vaquer à leurs occupations une fois le repas terminé. Elles me manquaient, ces ambiances amicales et familiales, verre de vin à la main et musique en fond sonore. Cette vie, avant qu'elle ne change, je l'avais aimé. J'en avais profité, de ces instants de quiétude et de détente. Aujourd'hui, ces souvenirs me paraissaient lontains et irrécupérables. Sans doute en avaient-elles encore, des soirées comme celle-ci. Mais je n'en faisais plus parti, tout comme Kala, désormais. Gabrielle et moi nous étions éloignés stupidement, en respectant les coutumes de toute rupture. Malgré elle, elle avait du choisir son camp, et j'étais resté du côté du mien. J'avais cessé d'y penser à force, me persuadant qu'un jour peut-être, les choses changeraient de nouveau. Ce jour était peut-être arrivé. Alors, j'acceptai l'invitation qu'elle m'offrait de venir boire un verre avec elle. J'avais été trop longtemps stupide pour continuer de l'être. Je ne doutais pas du fait que nous finirions par parler de Rioja, mais le moment n'était pas venu. Pour le moment, je pouvais encore prétendre aller bien. On s'était donc mis à avancer côte à côte, sur les quais de la tamise. Curieux, je lui demandais des nouvelles. Elle me répondit que tout allait bien, que les choses n'avaient pas forcément changé depuis notre dernière rencontre. Mais j'avais été assez proche de sa famille pour savoir que comme partout, tout n'était pas toujours rose. Je me risquais tout de même à demander : « Emma va bien? Elle a dû bien grandir depuis le temps... » J'eus un sourire, à la pensée de sa fille. Il y a quelques temps, je l'aurai imaginé grandir aux côtés de Kala et devenir les meilleures amies du monde. Comme leurs mères. Mais c'était un rêve avorté. Désormais, seule Emma grandirait, seule Emma deviendrait comme sa maman. « Et avec Judy, les choses vont mieux? » Déjà à l'époque, les tensions entre Gabrielle et sa belle-fille étaient visibles. J'espérai qu'avec le temps, les choses se soient arrangées. L'adolescence était une étape difficile dans la vie d'une enfant, et de ses parents. Encore une fois que je ne connaîtrais pas avec Kala. Mais y songer ne me blessait pas tant que ça. Je m'étais fait à toutes ces évidences, et j'étais sincèrement heureux pour Gabrielle qu'elle ai encore cette chance. La chance d'avoir son enfant auprès d'elle, chaque jour. La conversation se faisait doucement, mais nous, toujours aussi gênés, nous continuions de marcher lentement. Finalement, elle me parla de son nouveau projet et interessé, je me tournais vers elle : « Oh, c'est génial! Où ça? Avec Miles, ou seule? » Aux dernières nouvelles, Miles avait fini dans l'enseignement. Je ne le voyais pas tout plaquer pour se reconvertir barman du jour au lendemain. Le temps était passé, sait-on jamais, après tout. Au même moment, Gabrielle s'arrêta devant un premier café. Je la suivais donc jusqu'à une table et m'asseyais en face d'elle. Rapidement, un serveur vint prendre notre commande et je lui demandais un café bien noir. Il partit donc nous servir, et ayant posé mon sac sur la chaise à côté de nous, je relevais les yeux vers Gabrielle. C'était étrange de se trouver là. J'avais la sensation de tout recommencer dès le début. Et pour la seconde fois, j'allais apprendre à connaître Gabrielle. D'une autre manière certainement. Plus intimement. Cette fois Rioja n'était pas là pour nous lier l'un à l'autre. Kala non plus.
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() message posté Sam 8 Sep 2018 - 19:24 par Gabrielle Rowena
Many people will walk in and out of your life, but only true friends will leave footprints in your heart. ✻✻✻ Gabrielle ne sait pas comment aborder les choses, ce qu’elle peut lui dire ou non. Si elle peut être honnête avec lui, ou se contenter de dire que tout va bien. Que la vie suit son cours sans problèmes. C’est presque le cas. Elle n’a pas de gros problèmes, personne n’est malade, mais sa vie n’est pas parfaite pour autant. Pourtant ces soucis lui semblent presque ridicules tout d’un coup. Quelques problèmes de couple avec Miles, les mêmes soucis avec Judy, mais rien de trop important. Rien de grave. Comment pourrait-elle se plaindre de tout cela, alors que Bodevan a perdu sa fille. Comment pourrait-elle se plaindre, alors qu’Emma, elle, est toujours là. Gaby a déjà du mal parfois avec Rioja, de peur de blesser son amie involontaire, alors ici, avec Bodevan c’est encore pire. Ils ne sont plus proches, on ne peut pas dire qu’ils sont encore véritablement amis non plus. Pas après tout ce temps. En y pensant, Gabrielle trouve cela dommage. Mais la vie est ainsi faite, et elle est restée du côté de Rio quand ils se sont séparés. Aujourd’hui pourtant, elle a la chance de pouvoir rattraper un peu le temps perdu. De pouvoir discuter un peu avec lui, de savoir ce qu’il devient. Elle est réellement curieuse, elle l’a toujours apprécié. Pour autant, elle fait attention à ce qu’elle dit, à ce qu’elle fait pour ne mettre personne mal à l’aise. Elle répond que la vie est toujours pareille, quelle suit son cours, sans entrer dans les détails. Peut-elle vraiment lui dire qu’elle trouve que le temps passe trop vite, et que sa fille grandit trop rapidement ? Non. Alors, elle reste dans la généralité, parce que c’est plus facile. « Emma va bien? Elle a dû bien grandir depuis le temps... » C’est comme s’il avait lu dans ses pensées. Gaby n’a pas pu s’empêcher de se faire la remarque dans sa tête. Oui, Emma a bien grandit depuis la dernière qu’il l’a vu. Et même si c’est Bodevan qui aborde le sujet, elle se sent quand même un peu mal à l’aise. Comme c’est souvent le cas, avec Rioja. Elle ne peut s’empêcher de se sentir coupable d’avoir encore sa fille, alors que Kala n’est plus là. « Oui. Elle grandit tellement vite. » Elle n’ose pas trop le regarder en répondant, mais elle ne peut s’empêcher de sourire en pensant à sa fille. Il est vrai qu’elle grandit vite, beaucoup trop selon elle. C’est en partie pour cela qu’elle voudrait un autre enfant, avant que la différence soit trop grande entre les deux. Mais ça non plus elle n’en parle pas. À personne en réalité. « Et avec Judy, les choses vont mieux ? » Sans pouvoir s’en empêcher, elle grimace légèrement à l’évocation de sa belle-fille. Judy… Est-ce que les choses pourront s’arranger entre elles un jour. Plus le temps passe, et plus Gabrielle en doute. Mais le plus triste dans tout cela, c’est sans aucun doute qu’elle se soit fait à l’idée que les choses sont ainsi, et que cela ne changera pas. Elle est habituée, préparée à ce que Judy ne l’apprécie jamais. « Pas vraiment non. Mais l’adolescence n’aide pas non plus. » Il est plus facile de blâmer l’âge, l’adolescence que de dire franchement que sa belle-fille ne la supporte pas. C’est plus facile à expliquer aux gens, même si elle ne devrait pas avoir besoin de cela avec Bodevan. « Non en vérité, je crois que le temps ne fait que l’aider à me détester d’avantage. » Une vérité, une confession, elle ne pensait pas pouvoir le faire avec lui. Il faut croire que le temps ne change pas totalement tout. Elle ne veut pas plus s’attarder sur le sujet, elle ne va pas passer son temps à se plaindre, alors qu’ils ont sûrement pleins d’autres sujets à aborder. Et puis, elle n’a pas envie de penser à Judy maintenant. Non, à la place elle préfère évoquer sa nouvelle idée un peu folle. Parce que c’est une nouvelle de taille, et qu’elle préfère lui annoncer en personne. « Oh, c'est génial! Où ça ? Avec Miles, ou seule ? » Ils s’installent dans le café, avant qu’elle ne puisse répondre, et commande presque dans la foulée. Ce n’est qu’une fois assise, qu’elle reprend la conversation. « Non avec un ami. » Miles lui en veut bien trop de penser à un "simple bar" pour l’aider là-dedans. Mais malgré cela elle a son soutien, ce qui l’a aidé à se lancer. Sans, elle ne l’aurait jamais fait. « Dans le centre. » Elle n’est pas précise volontairement, parce que pour le moment il n’y a encore rien. C’est à peine plus développer que leurs idées de base. Leurs cafés arrivent rapidement, et Gaby fait attention à ne pas renverser celui-ci, il serait dommage de ne pas pouvoir en boire au moins un. « Et toi, qu’est-ce que tu deviens ? » Assez parlé d’elle pour le moment. Elle ne lance pas un sujet précis, pour lui laisser le choix de lui parler de ce qu’il veut.

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() message posté Dim 30 Sep 2018 - 17:00 par Bodevan H. Andrews
Bodevan H. Andrews & Gabrielle Rowena
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Tomber sur Gabrielle aurait pu me remémorer des moments heureux révolus et me rendre triste, pourtant, je ne l'étais pas. Quelque part, j'avais la sensation de retrouver une part de mon ancienne vie. Cela ne durerait que quelques courtes heures, mais ça suffisait pour me donner un peu de baume au coeur. Ma vie d'homme heureux s'était achevée en quelques heures, je n'avais jamais eu le temps de m'y préparer ni de m'y faire, et du jour au lendemain, tout avait changé. Depuis plus d'un an, je faisais en sorte de ne pas penser à Gabrielle et Miles. Je voulais oublier qu'il était déplacé de les appeler pour les inviter à manger, désormais que Rioja n'était plus à mes côtés. C'est pourquoi je me sentais si apaisé de la retrouver. On s'était installé à une table et j'en avais presque oublié les raisons de ma venue. Après tout, le boulot pouvait attendre, je lui consacrais mon existence depuis la séparation. Vraiment curieux de prendre des nouvelles de sa famille, je la questionnais sur Emma. Je souris en entendant ses mots, nostalgique.  « Je pense bien, surtout à cet âge là. Elle te ressemble toujours autant? » Cette petite, je l'avais aimé comme ma propre nièce. Je me souvenais encore de ces journées passés ensembles. Après un bon repas et quelques bonnes bouteilles de vin, nous finissions toujours par boire notre café sur la terrasse. Et à chaque fois, Emma venait sur mes genoux pour jouer un peu avec moi. Tout était toujours plus simple avec les enfants, et j'avais aimé voir cette petite grandir et changer en même temps que ma propre fille. Je détournais le regard. Je devenais triste, car ces instants là aussi, étaient terminés. Je demandais donc des nouvelles de Judy, et la réponse de Gabrielle confirma mes doutes. Les choses avaient toujours été compliqué entre Gaby et sa belle fille.  « Mince... » Ce n'était, en effet, pas très réconfortant, mais je n'avais jamais été doué en relations humaines. Je ne trouvais pas les mots pour tenter de la rassurer. Je ne les avais jamais trouvé. Pas même pour Rioja. Mais lorsque Gabrielle reprit la parole, je fronçais les sourcils :  « Ca lui passera. Il arrive toujours un jour où l'on remet tout en question. Elle est trop jeune, encore. » Je parlais en connaissance de cause. Mes parents ne m'avaent certes pas enfanté, mais tout ce que j'avais, tout ce que j'étais, cela venait d'eux. Pourtant, je leur en avais voulu d'avoir menti sur mon passé si longtemps. Aujourd'hui, la colère était passé. Je ne parvenais juste pas à trouver le courage nécessaire pour retourner les voir. Les choses avaient changé malgré tout. Je ne voulais pas que Gabrielle soit défaitiste car les choses pouvaient encore s'arranger. J'en étais persuadé.  « C'est super, je suis vraiment content pour toi! » Je souriais et remerciais le serveur qui venait de servir nos commandes. Je commençais à boire mon café, lorsque Gabrielle me demanda de mes nouvelles. Je posais la tasse en faisant la moue et soupirais :  « Pas grand chose de nouveau... Je travaille toujours comme reporter photo pour la BBC. Je suis très bien payé. Ca va... » Non, ça n'allait pas, mais je ne voulais pas me plaindre, je ne voulais pas penser à Rio, ni à Kala, ni à tout ce qui concernait mon malheur. Mais à cet instant, je ressentis le malaise de Gabrielle. Je ne voulais pas qu'elle se sente mal, alors je levais les yeux vers elle et ajoutais :  « C'est dur sans Rio... Mais je m'en sors. » Et je souriais, pour la rassurer. Ou peut-être bien, pour me rassurer moi-même. Je ne voulais pas chercher à comprendre, alors je repris ma tasse de café, et pensais à autre chose. Comme je savais si bien le faire.  
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() message posté Mar 23 Oct 2018 - 18:51 par Gabrielle Rowena
Many people will walk in and out of your life, but only true friends will leave footprints in your heart. ✻✻✻ Fut une époque où Bodevan n’aurait pas eu besoin de poser toutes ses questions. Fut une époque où Gabrielle n’aurait pas été gênée en sa présence. Fut une époque où cela aurait été normal qu’ils soient installés tous les deux dans un café. Mais tout cela est bien loin désormais. Aujourd’hui Gaby est quelque peu gênée en sa présence, parce qu’elle ne sait pas toujours comment agir, ni quoi dire. Elle n’est pas forcément maladroite que physiquement. Et en ce moment, elle aimerait que Miles soit avec elle, lui s’en sortirait beaucoup mieux. Encore mieux, elle préférerait qu’ils soient là tous les quatre, comme avant. Mais bien sûr cela n’arrivera pas. Elle se retrouve seule avec Bodevan, à essayer de faire de son mieux. Elle est cependant heureuse d’être tombée sur lui ce matin, malgré sa gêne où les quelques blancs qu’il peut y avoir parfois entre eux deux. « Je pense bien, surtout à cet âge là. Elle te ressemble toujours autant ? » Parler de sa fille la fait sourire. Emma à ce don de toujours la mettre de bonne humeur, même quand celle-ci n’est pas présente. Peut-être qu’elle devrait s’en vouloir, parce que Kala n’est plus, mais quand il s’agit de sa fille Gaby pourrait en parler pendant des heures. « À ce qu’il paraît oui. » Pour elle, Emma ressemble aussi à son père, elle le voit dans certaines de ses expressions, ou quand elle s’amuse avec le piano sur les genoux de Miles. Mais souvent, où lui répète qu’elle est son portrait craché, qu’il n’y a pas de doutes que le fait que ce soit sa fille. Ce n’est pas de ce côté-là que Gabrielle doute de toute façon. « Mais plus elle grandit, et plus elle ressemble à Miles aussi. » Peut-être qu’elle le dit à voix haute pour se rassurer, parce que l’entendre rend les choses plus vraies. Plus réelles. Même si au fond cela n’enlève jamais le doute sur la vérité. Et puis le sujet dévie sur Judy, et Gabrielle est tout de suite beaucoup moins enjouée. Sa belle-fille à ce don-là elle. « Mince... » En effet, mince. Malheureusement, elle est habituée. Cela ne la choque plus autant qu’avant, cela ne la dérange plus autant non plus. Ils s’y sont fait, les choses sont ainsi. « Ça lui passera. Il arrive toujours un jour où l'on remet tout en question. Elle est trop jeune, encore. » Gabrielle n’en est pas sûre, parce qu’elle sait que Judy la déteste. Elle doute qu’un jour leurs relations puissent s’arranger, elle a fait une croix dessus avec les années. Mais elle n’a pas envie d’en parler, ce n’est pas le moment, pas le lieu. « J’espère que tu as raison. » Que peut-elle dire de plus, de toute façon ? Rien. C’est la vie. Elle préfère de loin l’informer de son nouveau projet, parce que c’est une nouveauté, et qu’elle peut très bien l’en informer. Ce n’est pas n’importe qui, il s’agit de Bodevan. Et si elle ne peut pas parler de cela avec un vieil ami, alors ils n’auraient très vite plus rien à se dire. « C'est super, je suis vraiment content pour toi ! » Elle lui sourit, tout en espérant que cela se concrétise. C’est une idée folle, mais elle y croit. « Merci. » Ils sont interrompus par le serveur qui apporte leur commande, et Gabrielle fait attention avec sa tasse. Elle serait bien capable de renverser de nouveau son café, et de ne pas réussir à en boire une seule goutte. Elle en profite aussi pour lui demander des nouvelles. Ils ont beaucoup parlé d’elle, et finalement elle ne sait pas grand-chose sur ce qu’il devient. Le sujet est souvent évité avec Rioja, mais cela ne l’empêcher pas d’être curieuse. « Pas grand chose de nouveau... Je travaille toujours comme reporter photo pour la BBC. Je suis très bien payé. Ça va... » "Ça va." Elle n’est pas sûre que ce soir franchement le cas. Parce qu’elle voit bien comment Rio s’en sort, et qu’elle se doute que ça ne doit pas mieux aller pour lui. Elle le connait aussi suffisamment pour se doute que ce soit le cas. À leur place, elle ne serait pas mieux. Et encore une fois, elle se sent coupable d’avoir parlé d’Emma, d’étaler son bonheur alors qu’il a perdu sa fille. Sa femme. Gabrielle ne répond pas, préférant s’occuper de déballer son sucre pour le mettre dans sa tasse. « C'est dur sans Rio... Mais je m'en sors. » Ça l’attriste d’entendre ça. Elle, elle y croit encore à leur couple, à leur histoire, mais cela ne la regarde pas. Ils ne sont pas assez proches pour qu’elle se permette de lui dire. « Je suis désolée… » Ce n’est pourtant pas sa faute, mais elle ne sait pas quoi lui dire de plus. Et puis elle l’est, pour tout ce qui lui est arrivé. En silence, elle finit par mélanger son café avant d’en boire une gorgée. Le liquide lui brûle la gorge, et elle repose assez rapidement sa tasse. Elle ne sait pas quoi lui dire de plus. Elle n’a pas envie de faire une bêtise.

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