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Be careful about first impression... | James Wilde

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() message posté Mar 8 Mai - 17:50 par Maximilian Berkeley

Nous étions tous très différents. Nous ne venions pas d'un même milieu social. Hormis la musique, nos passions n'avaient rien à voir les unes avec les autres. Nos personnalités ne se ressemblaient absolument pas. Erwan, âgé de tout juste vingt-quatre ans, était un gars vraiment très énergique et souriant. Ses espiègleries avaient le don de nous faire sourire. Il maniait son instrument, la batterie, avec une énergie presque vertigineuse. Passionné de jeux vidéos, il apparaissait comme un grand enfant mais il était beaucoup plus mature que l'on ne l'aurait cru. Cependant, John lui reprochait régulièrement son manque de sérieux et sa fâcheuse tendance à l'improvisation. Je n'avais jamais vu quelqu'un d'aussi méthodique et posé que John. Il avait un charisme dingue. En général, c'était à lui que revenait toutes les tâches administratives d'Entitled, c'était lui qui démarchait les bars et les salles pour qu'on puisse se produire. En même temps, il avait fait des études de gestion et de communication, donc c'était facile de lui refiler ces tâches là. Quant à Alistair, je crois que c'était la plus forte personnalité du groupe. Il refusait ardemment de se faire marcher sur les pieds. Il était comme une âme torturée et complexe. Puis il y avait moi. Il n'y avait pas grand chose à dire. J'étais moins drôle qu'Erwan. Moins organisé de John -la paperasse, quelle horreur-. Moins caractériel qu'Alistair. Je n'avais pas l'impression de jouer un rôle particulier au sein de la mécanique Entitled.
Les membres de Wild -Wilde me paraissait tellement narcissique- étaient bien plus sympathiques que leur leader. Ils nous avaient aidé à tout installer et s'étaient montrés très chaleureux. Je les appréciais déjà. Quand nous eûmes fini d'interpréter le morceau, ils se montrèrent très enthousiastes en applaudissant et en complimentant la musique. Je me sentais un peu rougir car j'avais trouvé ma prestation assez médiocre comme si je n'avais pas bien assez suivi le rythme. Trop de langueur, pas assez d'énergie. L'ensemble de le chanson n'était clairement pas parfait. Cependant, avant d'arriver à une quelconque décision, les deux membres des Wild se tournèrent vers leur leader pour avoir un verdict. Quoi ? Parce que toute la décision reposait sur lui ? C'était quoi leur groupe ? Une dictature dissimulée ? Pas besoin de dire que je n'étais clairement pas en accord avec ce mode de fonctionnement. Mais soit, ils faisaient ce qu'ils voulaient.
James Wilde nous informa alors qu'on devait se rendre au Viper le jeudi soir pour jouer cinq titres. D'après ses dires, il avait lésé un autre groupe déjà programmé pour Entitled.
« Merci, Monsieur Wilde. » remercia poliment John.
Wilde nous fit comprendre que l'on n'allait pas avoir de seconde chance, comme si c'était le but ultime du groupe que d'être hyper célèbre suite à son passage au Viper Room. Je portai toujours ma guitare en jetant des coups d'oeil à John, Alistair et Erwan. Je ne savais pas vraiment à quoi s'engageait Untitled. Tout ce que je comprenais, c'est que le groupe commençait un nouveau chapitre de son histoire. Nous nous dirigions tout droit vers l'inconnu. On ne savait pas ce qui allait advenir de nous, si nous allions nous au succès ou à l'échec. Pour la première fois, je sentais qu'il y avait de véritables enjeux derrière. Je tournai mon regard vers Wilde quand il s'adressa à moi. Tout de suite après, je lançais comme un appel à l'aide du regard à mes compagnons avant de me retourner vers Wilde.
« Sauf votre respect... Je ne pense pas que le "danger" se situait vraiment dans cette "audition". Au pire, on se faisait recaler et on continuait nos vies comme avant. Tout me porte à croire que la véritable prise de risque reste encore à venir. Il faudrait qu'on réfléchisse. »
Restait à savoir si je voulais prendre ce risque. J'étais à vrai dire assez mitigé et je pense que ça se ressentait dans ma réponse. Il était raisonnable de douter sur une telle décision. Je pesais le pour et le contre. J'avais la possibilité de refuser l'opportunité que Wilde nous offrait, de faire usage de mon droit de véto, quitte à me mettre potentiellement tout les gars à dos. Et je pouvais également accepter et marcher tout droit vers l'inconnu. D'un coté, ce dernier aspect me faisait peur car j'aimais bien ma vie telle qu'elle était. Mais aussi, je savais que le rêve d'Alistair pouvait potentiellement se réaliser ici. Etais-je assez légitime pour lui retirer ce rêve des mains ? Je n'avais aucune idée de ce que John lui avait dit et à ce moment, je n'y pensais même pas. Je lançai un regard alternativement à John, Erwan et Alistair.
« On sera là jeudi soir. On doit venir à quelle heure ? »
J'essayais d'avoir l'air à l'aise mais ma timidité transparaissait toujours dans le ton de ma voix. Cependant, entouré de mes amis, je me sentais plus confiant face à Wilde. Je sentais qu'on était un peu tous curieux de prendre ce risque, quitte à se casser les dents sur les planches du Viper. Après réflexion, ce n'était pas une opportunité sur laquelle on pouvait cracher.
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() message posté Jeu 10 Mai - 4:59 par Alastair H. Pratt
L’adrénaline du moment avait chuté vertigineusement pour laisser place à une douleur lancinante dans sa main, à ses muscles rompus de fatigue maladive et à la fièvre qu’il avait oubliée depuis hier.

La tête baissée sur son clavier, il entendit le verdict de Wilde comme une énorme farce. Jeudi soir. Le soir qu’Alistair avait lui-même choisi, au plus triste des hasards et de baratin, pour se sauver la face. Qu’avait-il réellement réussi à sauver ? Rien. Absolument rien.

Les cheveux dans les yeux, il avait aperçu le petit manège, entre les membres du Wilde. Il avait aperçu le petit signe du tyran à son égard et l’étincelle dans le regard du prédateur. Il avait gagné ce malheureux round. En fait non. Les cartes avaient été jouées d’avance. Wilde avait décidé quand Maxillian lui avait fait écouté les morceaux. Le gérant était-il à ce point manipulateur pour savoir que le groupe ne prendrait pas cette nuit blanche sans conséquences? Le reste n’était que pur sadisme. Alistair le savait bien.

Alistair sentait la sueur froide sur son front. Ses poumons voulaient sortir de son corps et ses jambes succombaient, tranquillement, aux lois de la gravité. Il restait là. Debout malgré tout son corps qui réclamait le contraire. À entendre Max douter. Mais douter de quoi, bordel ?

La fatigue du corps et sa rage viscérale l’emportèrent. Il frappa de toutes ses forces sur son clavier, créant une distorsion difficile à négliger.  Il leva la tête vers son groupe, John surtout, et vers leur tortionnaire, l’air complètement rageur.

« RÉFLÉCHIR ?! Mais réfléchir à quoi, nom de dieu ?! C’était quoi déjà, les derniers 12h ? Putain mecs ! Les premières parties commencent à 21h30, dans cette fucking boîte et nous, on se produit à 22h30. C’est comme ça, que ça fonctionne, au Viper. Surveillez la scène, les gars. Le reste n’est qu’une guerre de branchements débiles. Parce que vous allez croire qu ‘un groupe aussi canon que Hell and Fire vont nous laisser brancher l’équipement à leur place à 22h15 ??? Vous vous fouillez le doigt dans le nez…. 20h, dudes. 20h.»

Alistair glissa un regard d'excuses vers Max. Il voulut se détacher de son instrument mais les premiers vertiges le prirent par surprise. Il resta là, les doigts sur son instrument, à voir le rouge se répandre sur sa main, en silence. Wilde allait quitter, non ? D’une minute à l’autre. Un type de son genre ne resterait pas plus longtemps. Il avait eu ce qu'il voulait. Qu’est-ce que Wilde avait réellement à faire avec eux ? Ne voulait-il pas se recoucher, comme tout le monde ?

Qu'il quitte cette foutue scène. En grand vainqueur. Il avait gagné la bataille. Alistair lui devait vaincre ses vertiges. Il ne suffisait que de rester droit et fier la tête haute, suspendu à son clavier. Juste un moment. Juste un minute. Jusqu’à ce que l’enfoiré quitte la scè….
Et ce fut le néant.
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() message posté Lun 14 Mai - 20:36 par James M. Wilde


« Be careful about first impression... »

Maximilian
& Alistair
& James




Le merci monsieur Wilde, servi sur une politesse d'ostentation presque trop délicate pour les lieux qui nous entourent fait toussoter Ellis qui me connaît par coeur, il ose même un sourcil relevé pour mieux chercher la réplique que je mords sur ma lèvre inférieure, la laissant retomber dans mon estomac pour mieux me tenir peut-être, pour mieux savourer l'instant sans doute. Personne ne m'appelle monsieur Wilde, monsieur Wilde c'est mon père. Mon connard de père, suffisant et hautain, perfectionniste et toujours déçu de moi, quoique j'entreprenne, quoique je fasse, n'ayant jamais pardonné mon inaptitude foncière à suivre ses pas. Les routes distinguées, irrémédiablement tordues par mes actes et les sursauts de mon humeur, gravées dans d'outrancières couleurs impossibles à marier. Les sursauts de la honte rendent trivial mon étendard, je le soutiens pour éviter qu'il ne soit piétiné par ces gens qui m'entourent, m'angoissent, me désarçonnent sans cesse, appelant toute cette fureur pour parer toute la profondeur du malêtre. Je me contente d'opiner doucement, distinctement cependant pour le remercier à mon tour, sachant que j'ai déjà suffisamment torturé cette jeunesse pour rajouter des réprimandes où il ne devrait plus y en avoir. Il y a dans la victoire des saveurs d'espoir, quelques onces de doute pour ce qui s'annonce. Je cherche quelques certitudes dans la timidité de Max, attend la bravoure d'Alistair. Je leur peins un futur, celui que je maîtrise, imaginant déjà s'ils se montrent dignes et constants, de les rapprocher de Moira s'ils souhaitaient véritablement percer. Leur musique s'accorde parfaitement avec la nouveauté de la prod, ces élans que la productrice sait destiner à des groupes assez divers, balbutiants, pourtant toujours porteurs de cette nouveauté qui manque au milieu d'une prose consensuelle et barbante. Sans parler du manque d'inventivité de beaucoup de groupes en vogue. Je fais la moue rien qu'à y songer, me rappelant avec une pointe d'amertume que c'est notre assise dans le milieu musical qui a attiré Moira de prime abord. Porter un groupe déjà international, bien qu'en disgrâce, c'était assurer à Oaks Company des jours radieux. Que sont-ils aujourd'hui quand je ne sais plus croiser seulement son regard ? Je m'affadis dans les conversations, c'est Greg qui prend le relais, se substituant à ma voix quand les sons me manquent tandis que je dérive sur des pensées absconses. Il sait toujours sentir ces choses-là :
"De rien. Il ne vous aurait pas choisis que la guerre était sans doute déclarée."
Je la gratifie d'un regard compassé, nos rôles toujours si bien en place dès lors que nous sommes en comité.
_ Que la révolte gronde, j'ai toujours le dernier mot.
"Qu'il croit." Ajoute Ellis avec un sourire très sibyllin. Il y a pour la toute première fois en la présence de ces quasi inconnus un air bon enfant qui transige avec les ombres et vient se poser sur mon visage. Avant que je ne grommelle :
_ Voilà. Tout un travail pour monter mon personnage et tu sapes tout en deux mots. Comment veux-tu qu'ils aient la trouille maintenant ? Putain.
"Oups."
Je manque de lui tirer la langue mais me rappelle à ce faux sérieux que j'ai moi-même posé en regardant Maximilian. Longuement. Parce que je sens en ses paroles le fond de toute cette affaire qui m'enivre. Il s'agit de savoir basculer. Osciller d'un côté ou de l'autre, toujours. J'ai une petite exclamation virulente, peu habitué à ce que l'on néglige ce que je sais offrir :
_ Réfléchir ?!
Et en écho, se lève l'ouragan, le filigrane de mes propres démons, soudain ressuscités de leurs cendres, au point que je sursaute, à la fois de la disharmonie des mots mais aussi des sons qui me giflent et sans doute ai-je un bref instant l'air aussi ébahi que les autres, à boire cette violence, à m'en nourrir, à la laisser m'emporter tout en admirant un autre la manier à ma place. Je n'ai même pas le temps d'éclairer le rouquin sur l'horaire quand Alistair prend les choses en main. Je ne fais que le désigner avec éloquence, comme s'il parlait d'or, haussant les épaules et en murmurant :
_ Je n'aurais pas dit mieux. Hell and Fire feront en sorte de vous laisser un champ de bataille, ils ne sont pas du genre à perdre avec élégance, ils sont plutôt favoris ici. Mais bon... On vous aidera à vous mettre en place.
Et très étrangement, devant les sursauts et les hésitations, ce grand écart infâme qu'il nous faut tous subir, ainsi ballotés entre deux inflexions contraires, je m'inclus dans ce "on" et cette aide apportée. De fait, dorénavant que je les soutiens ouvertement, je ne vois pas pourquoi je les retiendrai à la marge. Non. Je les pousserai en pleine lumière, tout au contraire, dussé-je employer la force et le mépris pour y parvenir. J'ouvre la bouche pour mieux rassurer tout ce petit monde avant que l'écroulement ne nous surprenne une fois de plus. Je vois la scène, incrédule et au ralenti, mes yeux s'arriment à la trivialité d'une faiblesse, une part de moi s'en repaît. Une minute de plus, une minute de trop, à m'attarder ici pour voir l'inacceptable se produire. Ce n'est pas l'angoisse, ce n'est pas la peur. C'est peut-être la nuit blanche, sans doute bien pire encore. Alistair n'est pas une petite nature, l'on ne peut l'être avec un caractère aussi fervent, à moins qu'il compense un état malingre. Malgré tout, l'euphorie de l'instant aurait dû le maintenir. Il y a quelque chose. Je crois. Je sais. Je sens. Je suis perturbé, pris de court également, j'ai enjambé la scène pour me porter à la hauteur du malade, et quelque chose flotte dans mes regards, de la curiosité, peut-être pour qui sait me lire, une pointe de regret. L'épreuve a-t-elle été trop grande ? Je n'aurais pas dû infliger une nuit pareille pour rien. Puis je me rappelle les notes, les cris, tous mes bouleversements. Non pas pour rien. Pour ça. Il n'y a que ça. Que cela. Je n'ose pas le toucher quand Greg s'agite pour demander avec fébrilité :
"Il va bien ? Il va bien ?"
_ Franchement Wells, il vient de s'effondrer sur son clavier, tu crois quoi, qu'il est au top de sa forme ?
"Je vais chercher un verre de flotte."
_ C'est ça mère Theresa. C'est plutôt un remontant qu'il lui faut.
Je laisse passer les autres, parce qu'ils lui sont proches, qu'ils doivent savoir, sans doute mieux que moi, et je demeure là, près, à portée, ombrageux devant le désaveu d'un corps qui n'a su le soutenir jusqu'au bout. Je compatis en dedans, l'humiliation qu'il faudra ravaler, à s'être ainsi avoué dans un moment de faiblesse. Greg revient avec sa flotte, une serviette humide qu'il tend à Max, parce qu'après tout, on réveille toujours les gens avec une serviette humide sur le front, c'est bien connu.
_ Laisse-le respirer bordel, il n'est pas mort.
Enfin j'espère... Je n'ai honnêtement pas besoin de cette publicité supplémentaire, bientôt l'on dira que c'est moi qui l'ai étranglé lors d'une audition histoire de me divertir.
"Il ne s'est pas fait mal ?"
Je grogne. Mais maman Greg est à l'oeuvre et sans doute que rien ni personne ne pourrait plus le dévisser de là tandis qu'il aide à relever notre déesse pâmée. Je susurre dans mon coin :
_ Le corps s'en remettra, l'orgueil c'est pas sûr.
"Ça me rappelle quand tu étais ivre mort à Philadelphie..."
"Attends, voilà un siège un peu mieux."
_ Laisse-le respirer, j'ai dit. Philadelphie, c'était le concert où on s'est barrés au bout de neuf titres ?
"Sept. Parce que tu t'es écroulé. Juste pareil en fait."
_ Bah c'est ce que je dis, l'orgueil s'en est difficilement remis. Et encore, on est pas jeudi.
"Peut-être qu'il faudrait repousser ?"
J'éructe :
_ Tu plaisantes. Il va se reposer, il ira mieux. Regarde, il est moins pâle.
Je n'en ai pas vraiment l'impression, mais j'aimerais que Gregory cesse de paniquer, car ma propre panique répond à la sienne, bien que je me tienne bien droit, l'air renfrogné. Je rejoins Max une fois qu'il a terminé de jouer lui aussi les garde-malades, le prend quelques secondes à part, au bas bout de la scène pour chercher dans ses yeux les alarmes ou des airs rassurants. Ils se connaissent bien, ils ont l'air d'être très proches tels que je les ai vus hier. Puis Max ne sait pas mentir, dans pareille circonstance c'est ce qu'il faut :
_ Tu veilleras à ce qu'il se repose, hein ? Toi tu as l'air de savoir raisonner.
Je maquille l'inquiétude en penchant légèrement la tête, avant d'ajouter :
_ Il a l'habitude de s'effondrer ou c'est le cadre ?
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() message posté Mar 22 Mai - 23:26 par Maximilian Berkeley

On s'offusquait quand je parlais de réfléchir. Comme si je disais une absurdité ! J'avais l'impression d'être le seul à agir comme un adulte. Oui, ce genre de décision, ça ne se prenait pas sur un coup de tête. Mais face à la pression de mes amis, et aussi à ma propre envie je n'étais pas soumis à leur volonté non plus, j'acceptai la proposition. On allait bien voir ce qui allait advenir.
Tandis que je posai mon instrument, j'entendis des notes de piano comme si on les écrasait. Aussitôt, je me tournai vers Alistair qui s'était abattu sur son clavier, l'air mal en point. Je me précipitai alors vers lui en même temps qu'Erwan et John. Les Wild aussi accoururent. Tandis que mes deux compagnons s'affairaient à l'asseoir sur la première chaise qui leur tombait sous la main -ce qui allait être toujours mieux que de le laisser affaler sur les touches de son clavier- je m'accroupis près de lui. J'accusai directement un coup de fatigue dû à la nuit que nous avions passé. Derrière, un des Wild dont j'avais momentanément oublié le nom s'inquiétait de l'état de l'Alistair. Bien sûr qu'il n'allait pas bien ! Il venait juste de tomber dans les pommes. J'essayai de le secouer un peu pour lui refaire prendre connaissance.
« Il faut de l'eau. » demandai-je à qui allait bien vouloir m'entendre.
Aussitôt, quelqu'un alla chercher de l'eau tandis que j'appelai Alistair à voix basse. John s'affairait de dégager le clavier. afin de faire de l'espace pour favoriser la respiration.
« J'ai de la bouffe dans mon sac, j'vais en chercher ! » informa Erwan avant de s'éclipser pour aller chercher son sac.
Je ne faisais pas attention au commentaire de Wilde. Dans l'immédiat, j'avais plus urgent à gérer. Je ne pensais pas. J'agissais. On vint me tendre une serviette humide que je saisis en adressant un signe de tête pour tout remerciement. Je retirai le bonnet d'Alistair et passai le linge sur son front. Quand on demanda s'il allait bien, John qui entre temps s'était aussi accroupi près de lui répondit:
«  C'est sûrement juste un coup de fatigue. »
Erwan revenait avait un paquet de Kinder Bueno, du coca et une banane. Ça ne m'étonnait même pas qu'il eut tout ça dans son sac. Dans le même moment, quelqu'un apporta un siège. En tout cas, j'avais du mal à saisir tout ce qui se passait. Tout autour de moi s'embrouillait dans ma tête. J'aidai John à hisser Alistair sur le fauteuil qu'on avait ramené.
Il commençait lentement à sortir de cet état de semi-conscience. J'essayai tant bien que mal de lui parler à voix basse pour m'assurer qu'il n'allait pas retomber dans les pommes en captant son attention. John essayait de lui faire boire un peau d'eau pendant qu'Erwan épluchait la banane. Lentement mais sûrement, Alistair commençait à reprendre consistance.
Au bout de quelques minutes, je me redressai en prenant la serviette humide afin de la redonner à quelqu'un -n'importe qui, je n'allais pas me promener avec le reste de la journée- en même temps que je me remettais un peu de l'évènement et ce fut à ce moment là que Wilde décida de me prendre à part, me faisant signe de venir. Alors je le suivis à l'écart puis je le regardai en fronçant les sourcils. Il me somma de bien veiller à ce qu'il se repose. Comme si je n'y avais pas pensé tiens ! Avec moi, il était bon pour rester clouer au lit deux jours entiers minimum. Je gardai cependant cette remarque pour moi en acquiesçant.
Est-ce qu'Alistair avait l'habitude de s'effondrer ainsi ? Non et c'était ce qui m'inquiétait. En plus, mon ami n'était pas du genre à faire des malaises comme ça même sous pression. Cependant, j'essayais de ne pas montrer mon inquiétude à Wilde en évitant son regard. J'avais peur qu'il y lise ce que je ne voulais pas qu'il y lise.
« Non, ce n'est pas son genre. C'est juste un coup de fatigue. Il va s'en remettre. Je pense pas qu'on doive s'en inquiéter. Ça arrive à tout le monde. En même temps vu la nuit que vous nous avez fait passer. »
Mais ce n'était pas le genre d'Alistair quoi. C'était un battant. J'essayais moi-même de me rassurer. J'étais bien plus inquiet que je ne voulais bien l'admettre. Certes on avait eu une nuit difficile. Cependant, jusqu'à preuve du contraire, John, Erwan et moi-même étions toujours sur pieds. Je tournai ma tête vers les gars pour voir ce qu'ils faisaient, si Alistair allait mieux. J'inspirai et j'expirai un bon coup.
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() message posté Ven 25 Mai - 19:11 par Alastair H. Pratt
Il entendait vaguement des voix tournoyer autour de lui. La fièvre lui battait les tempes et il avait l'impression que sa tête et ses poumons allaient éclater. Foutue grippe.  Des mains s'emparaient de lui, le tâtaient et le hissait, encore et toujours. Il voulut résister mais son corps refusait de lui obéir. Comme à Rome. Comme dans cette putain de chambre d'hôtel à Rome. La panique s'empara de lui. Il voulut repousser tout le monde mais il en était incapable. Il tenta d'hurler, à pleins poumons mais il ne parvint qu’à émettre un râlement, en toussant à moitié.

« Personne... PERSONNE NE ME TOUCHE! »

La serviette humide sur son front et la voix réconfortante de Max le ramenèrent avec un semblant de douceur à la réalité. Une réalité dont il aurait très bien pu se passer. À quelques centimètres de son visage, se dressait une banane à demie-noircie qu’on agitait devant sa bouche comme un quelque chose d’autre d’un peu moins recommandable. Il voyait les membres de son groupe et de celui de leur bourreau s’affoler autour de lui comme un troupeaux de poules sans tête.

Tous les regards étaient rivés sur lui. Tous. Lorsqu’Alistair réussit à lever la tête, son regard croisa celui de Wilde. Wilde qui leur avait donné son assentiment pour venir se fracasser corps et âme sur sa scène. Wilde qui s’était moqué d’eux… Non, de lui. Wilde s’était moqué de lui et de lui seul. En infligeant à tout son groupe une nuit cauchemardesque dont ils se rappelleraient encore bien longtemps, même quand Alistair ne ferait plus partie du groupe. Wilde qui le regardait d’un air acéré, à l’autre bout de la scène, avec un Baby Boy complètement dépassé à ses côtés. Voyait-il de la déception, dans le regard de leur bourreau. Oui, de la déception. Alistair crut mourir de honte. Il eut un autre haut-le-cœur.

Qui engagerait un groupe dont le pianiste s’écroule sur scène à la moindre fatigue, hein ? Qui ? De quoi avaient-ils tous l’air ? Que restait-il à faire ?

Ramasser ce qui lui restait de dignité et ne pas se retourner. C’est tout ce qu’il y avait à faire, maintenant.

Il avait tout perdu. Tout.

Il repoussa d’un geste un peu trop brusque Erwan et sa maudite banane le plus loin possible de son visage, avant de tapisser le plancher de la scène du Viper Room de tripes un peu moins artistiques. Le batteur haussa les épaules avec un rire plus nerveux que d’habitude et engouffra la moitié du fruit avant de s’exclamer, la bouche pleine.

« Faut churtout pas nous r’merchier, M’dame la Marchise, hein ! »

Il avala sa bouchée avant de reprendre, plus doucement, en glissant un regard inquiet à John.

« D’accord, t’es toujours d’humeur vraiment massacrante après les shows mais là…. T’es vraiment bizarre depuis quelques semaines. Quand j’ai parlé à Max hier après-midi, tu devais être cloué au lit pour deux ou trois jours, en train de couver un sale truc et réviser tranquille pour tes exams. Personne ne t’as demandé de venir ici, hier soir, vieux... Max se débrouillait bien. Tu prends vraiment tout trop au sérieux, toi… Mais… hey ! Qu’est-ce qui t’es arrivé à la main ? »


John s’était approché à son tour et lançait des coups d’œil effrayé vers le bandage maculé de rouge. Il voulut prendre la main du pianiste pour l’examiner mais Alistair recula férocement sur la chaise et siffla entre les dents.

« Ne me touche pas. »

Le chanteur le toisa un instant, et inspira fortement, avant de reprendre, avec un calme olympien.

« J’arrive pas à croire que tu aies pu jouer comme ça. C’est pas juste une estafilade, ça, Ali. Tu t’es ouvert la main, là. Tu n’avais pas ça ce matin. On prend nos vestes et on file à l’hôpital, d’accord ? Je suis sûr qu’ils pourront ranger les instruments, le temps…»

Mais le pianiste secoua énergiquement la tête. Mais où était son bonnet, putain ? Au diable le bonnet. Il devait sortir d’ici. Maintenant. Avant que la honte ne le terrasse complètement.

« J’ai une bien… meilleure idée, John. Vous vous occupez des équipements et vous ramenez la camionnette avant midi trente. Parce que si cette foutue camionnette n’est pas dans le bon parking à l’heure indiquée, ils vont enregistrer le dépôt sur la carte de crédit et mon paternel va débarquer. Moi, je vais aller prendre l’air. On se voit demain pour une dernière pratique pour être prêt pour jeudi. Bonne chance pour ton examen, Erwie.»

Il se leva avec précaution et jeta un dernier coup d’œil à son clavier. John se leva à son tour, en le surplombant et ils se firent face, en silence. Le chanteur ajouta, avec lassitude.

« Tu fais ce que tu veux, Ali. Mais va falloir qu'on prenne des décisions, vieux. Ça ne peut plus continuer comme ça. »

Alistair fit un signe de tête à son ami Max, au loin,  avant de se diriger, le dos un peu trop rigide vers la sortie.

John et Erwan se tournèrent vers Max, désemparés. Le chanteur se passa la main dans les cheveux  et fit des sourires gênés à l'assemblée.

« Rien de grave. Un coup de fatigue. C'est aussi la fin de l'année scolaire pour tout le monde. Il a juste besoin d'un peu d'air. Max, tu viens nous aider à ranger la batterie? »

John jeta un regard appuyé à Maximillian avant de remercier chaleureusement leurs hôtes, comme si tout n'avait été qu'un simple incident.
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() message posté Mar 29 Mai - 15:49 par James M. Wilde


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& Alistair
& James




Il y a dans l’excitation générale, qui confine au malsain, les corps courbés et chancelants au-dessus du cadavre, quelque chose qui me tient à la marge, me délaissant à la bordure d’une activité qui me donne le vertige, me rend des attitudes placides quand mon mécontentement bouillonne à l’intérieur de mon estomac. Une déception cruelle étreint mes chairs à l’image de cette sortie de scène qui n’a rien de stellaire, qui dessine une déchéance partagée quand mes accents spontanés demeurent encore trop farouches vis à vis d’eux. Jouer ici, venir croire que tout cela sera éminemment sympathique, jusque dessous mes projecteurs, cela passe encore. Brailler et asséner des vérités toutes faites sous couvert de jeunesse et d’idéalisme, je l’excuse volontiers. Mais disputer le triomphe d’une chanson donnée à des avidités terribles pour dévoyer l’instant dans la fadeur d’un corps malade, cela ressemble trop à des instincts de destruction que je repousse. Tant et plus pour ne pas les frôler. Mon regard fixe la scène avant de brutalement communier à la détestation qu’Alistair exhale dans un râle morbide, qui intime à ses potes de ne pas l’approcher. J’aurais réagi pareil, pas la peine de faire une histoire autour de quelque chose d’une banalité affligeante, de ces muscles qui ploient, de ce corps qui abdique avant même les épreuves. Je suis contrarié. Je suis en colère. Contre lui, contre moi. Je discute mes choix, les remets en balance, les envoie valser à l’ironie des sens qui se noient dans ce tableau empreint de déchéance. Peut-être que j’aime bien trop cela. Peut-être que je n’ai pas envie de m’investir ainsi. Pas s’il faut les choyer, pas s’il faut les entourer de prévenances. Ca non. Non. Vraiment pas.
_ Qu’est-ce que je disais, vous allez finir par lui foutre la paix, oui ?!
J’aboie cet agacement qui hurle à l’intérieur de mes entrailles, me retrouvant à sa place, ressentant bien plus que je ne saurais le dire encore, puis accepte une mission que je me donne dans la solitude d’une raison infâme. Parler pour occuper les doutes, les enrayer, chercher des croyances lorsque la foi bascule, trop jeune et trop nue pour seulement accepter de chanceler. Je vois en Maximilian une sorte d’évidence, je le cible, je le toise, et ce que je lis dans ses yeux me plaît moins encore que je n’aurais cru, même si mon expression se fane. La honte traverse un instant mes regards, une honte que je repousse avec ferveur. Je ne suis pas concerné. Je ne suis pas coupable. Pas coupable. De beaucoup d’horreurs mais pas de cette faiblesse-là. Et les mots sont bien plus durs que je ne devrais les achopper sur ma langue de serpent :
_ Mais qu’est-ce que tu crois, mon pauvre garçon… Que des nuits comme celle-là il n’y en aura qu’une seule ? Des nuits éreintantes, il y en aura des dizaines, cent, mille, à cause de moi, à cause de lui, à cause de la musique parce que c’est comme ça. Si tu crois encore au loisir, je ne sais même pas ce que tu fais ici. Tu as peut-être raison… Tu voulais réfléchir, alors réfléchis bien. Je ne suis pas là pour jouer les bonnes âmes ou m’inquiéter si l’un d’entre vous chancelle devant un obstacle. Je ne suis pas là pour ça. Et si tu cherches encore des voies de contournement, histoire de fuir sous couvert de normalité, de chouiner devant une nuit blanche pour tout balancer, après tes grandes réflexions, alors ne reviens pas.
C’est comme un jugement divin qu’il reçoit en pleine gueule parce que l’inquiétude, la rage et la déception d’imaginer seulement ne pas les voir se produire ici me fait totalement dérailler. Il ne le mérite pas, pas tous ces mots quand il s’efforce de tenir, d’être là. De ne pas jeter l’éponge depuis hier tandis que mon harcèlement devient une torture. Mais je devine chez lui depuis le tout départ une contradiction que je renie, qui attise ma méfiance et acère mes griffes. Tu ne fuiras pas, tu ne fuiras plus. C’est fini, c’est foutu. Je passe une main un peu tremblante dans mes cheveux, à avoir trop miré l’exact reflet de ma nature destructrice dans ces blessures qui désormais se voient excavées par l’un des musiciens. J’ai un sourire mauvais, cela ne m’étonne presque pas de savoir que sa folie l’a poussé à jouer avec une main ouverte. Bordel. Je ne devrais pas. Insister au-delà s’apparente à de la folie pure. Je considère de nouveau Max et ma culpabilité élance plus encore mes pensées sur le chemin de la guerre. Mais lorsque je ponctue, prends le temps de respirer un souffle plein de malignité, ma voix est moins agressive :
_ C’est à toi de le porter. C’est toi qui auras à le faire. Ca n’est ni raisonnable, ni sensé. Ca n’a même aucun sens mais c’est ton rôle. De faire en sorte qu’il soit sur scène, qu’importe ce que baragouinent tes affidés. Le reste n’a pas d’importance. J’aimerais que tu comprennes. Que tu comprennes… Il n’y a pas de retour en arrière. Tu te racontes que c’est un possible de s’éloigner, mais… ça ne l’est pas. Pas pour lui. Donc pas pour toi. J’en suis désolé.
L’assertion atermoie dans une tristesse palpable et je regarde Greg, qui cherche lui aussi à tenir tout ce qu’il peut pour que nous ne nous trouvions pas en perpétuelle perdition, à maintenir notre trio quand je ne fais que le pousser plus loin dans ces douleurs qui se parent d’inacceptable. Pas de limite, jamais assez. Je suis désolé oui, Max, car ça ne sera jamais assez. Pas pour lui. Pas pour toi.

Je l’abandonne après avoir porté des augures sur ses épaules trop maigres, ce rôle infâme que l’on destine aux plus forts malgré les apparences, ceux qui se doivent de convoquer encore ces croyances qui s’échappent pour mieux les destiner à d’autres. Sauf qu’il n’y croit pas, il n’y croit pas encore, pas vraiment. Un loisir, quelque chose de sympa, on joue parce que l’on aime jouer. Mais ça ne suffira pas. Ca ne suffira pas. Je les laisse se gérer après cela, débattre, prendre des airs entendus parce qu’il faut soit-disant discuter ce qui n’appelle aucun débat. Le camion, le rangement, tout ça n’a pas d’importance. L’écho de ma prophétie tonne dans ma tête. Le reste n’a pas d’importance. Je regarde Alistair sortir, partir, fuir. Et dans un élan irrépressible, je lui emboite le pas, laissant Greg et Ellis s’insérer dans la logistique des Untitled qui me passe à mille pieds au-dessus de la tête. Qu’ils restent terre à terre, raisonnables, sensés. Il en faut bien à côté de ceux qui rêvent et dessinent l’infamie.
_ Attends ! Bordel, attends !
En plein air, blafard dans la lumière du jour, je le regarde sans véritablement le toiser. Sans véritablement le juger non plus. Il y a une dose de gêne et de colère dans mes gestes et dans mes prunelles, une colère que je rétracte comme par pudeur. Pour ne rien lui montrer, pour tout retenir encore derrière ce masque bien trop dur à porter.
_ Ecoute… On s’en tape. De la fatigue, de la sueur ou du sang. On s’en tape. Ce qui reste… C’est ce que tu as pu jouer. C’est ce qui reste à la fin. C’est toujours ce qui restera. Et t’as pas à avoir honte ou quoique ce soit. Ne les laisse pas en décider pour toi. Va te pieuter. Et sois là jeudi. On en reparlera.
Peut-être. Peut-être pas. Je ne suis pas certain d’avoir l’envie de m’investir, de le côtoyer, de m’assimiler à ce malêtre qui suinte de toute sa personne. Sauf qu’au fond, l’envie hurle, l’envie grogne, se pare de détachement pour mieux dévoiler ses stigmates. Je souffle :
_ On en reparlera.
Point. Il n’y a rien à ajouter après cela. Aucun retour en arrière, aucun. Jamais. Juste des choix qui ont déjà été portés.
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() message posté Jeu 7 Juin - 12:18 par Maximilian Berkeley

Je me sentais oppressé par les propos de James Wilde, par ses exigences. Comme s'il s'acharnait sur moi. J'étouffais. Merde ! Que lui avais-je fait pour mériter ça à part le fait d'être moi ? Quoiqu'il s'agissait d'une raison suffisante à elle toute seule, probablement. Je ne savais pas ce qu'il croyait à propos de moi. On ne fonctionnait pas du tout de la même façon, nous n'avions pas les mêmes mécanismes, la même façon de voir la vie. Tout me menait à penser que l'on avait pas évolué dans le même milieu. Par opposition, je commençais à deviner des similitudes entre Alistair et lui. Gosses de riche avec une situation familiale compliquée. Désirs différant de la volonté de leurs parents. J'étais tellement éloigné de tout cela. Je crois qu'ils avaient du mal à se contenter de ce qu'ils avaient. Il leur en fallait toujours plus. Alors que pour ma part, j'étais content de ma vie. Et j'avais peur qu'elle ne change d'une façon qui ne me convienne pas. J'étais déjà trop sorti de ma zone de confort et je ne m'en rendais compte que maintenant.
Wilde venait de déposer sur mes épaules un poids de taille. Un poids que je ne me sentais pas capable de porter. Il avait largement compris que j'étais le plus sceptique du groupe concernant ce concert. Tous avaient des raisons d'accepter que je n'avais pas. Tous, au final, avaient quelque part l'étoffe de "véritables artistes". Ils aimaient prendre des risques. Ils aspiraient à plus que de simplement jouer dans de petits bars en ville. Et Wilde venait de me faire comprendre qu'on ne me laissait pas le choix. Que je devais même me porter garant de notre réussite en veillant sur Alistair qui était à priori le membre des Untitled le plus "instable". Faire à ce que le groupe soit viable et reste soudé. Untitled n'était plus Untitled avec un membre en moins ou n'aurait-ce été qu'un remplaçant. Je restai ainsi silencieux. Son ton était sans appel. J'étais pris au piège dans ce rôle. Quand Alistair arriva dans mon champs de vision, apparemment remis sur pied, il me fit un signe de la main pour me saluer en partant. Où est-ce qu'il allait encore ? Je me tournai alors vers John et Erwan, les interrogeant du regard en fronçant les sourcils. Ils avaient l'air aussi décontenancés que moi. Je soupirai et me retournai à nouveau vers Wilde qui quant à lui, filait à toute vitesse vers Alistair. Décidément, il était loin le temps où je passais mes soirées à jouer aux sims.
John semblait embarrassé en essayant de rassurer ceux qui restaient tandis que moi j'étais sur les nerfs. J'allai ensuite les aider à tout remballer tandis que le plus vieux remerciait les membres des Wilde poliment, je marmonnai: « En voilà une mauvaise journée. ». On avait au moins l'aide des dénommés Greg et Ellis, c'était déjà ça. J'attendais surtout que l'un d'eux, Erwan ou John me fasse part de ce qu'il avait été dit quand je parlais avec Wilde. J'estimais être en droit de savoir. Il n'y avait pas de raison pour que je ne sois pas tenu au jus. Je les regardai avec insistance pour qu'ils me disent quoi.
« C'est quoi le problème ? » finis-je par demander au bout de quelques secondes sans réponses.
« Je pense juste qu'Alistair a besoin de repos. » me répondit John après avoir soupiré.
« Ce qui veut dire ? Vas au bout de ton idée. Tu ne m'apprends rien de plus. »
« Non mais je sais que ça va pas te plaire. »
« Il y a peu de choses qui me plaisent aujourd'hui. Un peu plus ou un peu moins, ça ne change plus grand chose. »
Il y eut un long silence pesant. John faisait souvent ça avec moi. S'il mettait du temps à répondre, c'était que la réponse n'allait pas me plaire. Et plus j'attendais, plus ce qu'il allait me dire allait m'être déplaisant. D'où son mutisme exaspérant.
« Je m'étais juste dit que le temps qu'Alistair aille mieux, ce serait préférable de lui trouver un remplaçant. »
Je posai aussitôt le tabouret de la batterie que j'avais pris entre temps pour me redresser et le toiser du regard.
« Attends, quoi ? » s'offusqua Erwan qui venait juste du revenir de la camionnette.
« Il n'est clairement pas en mesure de jouer sur scène pour jeudi, les gars. »
« Ouais mais nan. C'est pas comme ça qu'on fonctionne. S'il ne monte pas sur scène avec nous, alors moi non plus. »
« Et s'il s'effondre comme aujourd'hui ? »
« Il ne va pas s'effondrer. Pas tant qu'on ne sera pas descendu de la scène en tout cas. »
Mon ton était ferme, sans appel. Autant que celui de John qui me prenait pour un inconscient. L'avenir du groupe était en jeu et c'était risqué de laisser Alistair jouer dans cet état. Mais il allait le faire. J'allais y veiller au grain. C'était insensé mais c'était mon rôle, comme disait l'autre Wilde. J'étais probablement stupide d'oeuvrer pour vivre cette expérience pour laquelle j'étais très mitigé. Sauf qu'il n'était probablement pas question que de moi. Il était surtout question d'Alistair. De John. D'Erwan.
« Comme tu veux. Mais tu sais le risque qu'on prend ? »
« Cette décision était déjà risquée à la base. J'dis ça j'dis rien. » commenta Erwan pour prendre ma défense. « De toute façon, c'est soit prendre ce risque, soit pas en prendre du tout. »
« Certes. »
Il n'y avait plus à discuter. Alors j'allai finir de ranger le reste du matériel. Je n'aurais vraiment pas dû m'embarquer dans ça. Je me voyais déjà dire au revoir au bonheur épicurien. Mon âme se trouvait dorénavant bien troublée. Mais bon, Sartre aurait dit que c'était de ma faute. C'était mon choix. J'avais en quelque sorte renoncé à l'ataraxie de mon propre chef.
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() message posté Sam 9 Juin - 9:31 par Alastair H. Pratt
Somme toute, John avait raison, il lui faudrait tôt ou tard aller à l’hôpital. Plus tôt que tard, visiblement, s’il voulait jouer jeudi. Jeudi paraissait soudainement beaucoup trop tôt. Trop tôt pour que cette foutue fièvre et que cette foutue grippe ne l’affecte plus. Trop tôt pour ne pas que la douleur qu’il ressentait à présent engourdisse Il avait lancé cette date comme il promettait à son père de le remplacer un jour, lors des diners de famille, pour faire bonne figure. Alors que tous savaient, autour de la table que ça n’arriverait jamais réellement. Une promesse en l’air, comme toujours. Que son renvoi d’Oxford – là où pourtant son grand-père y avait été idolâtré comme un Dieu – avait scellé sa réputation. Son renvoi de Cambridge n’avait fait que confirmer les doutes. Et les menaces que ses parents exerçaient sur le directeur de la Faculté de Droit de l’Université de Londres pour qu’il ait son diplôme ne berneraient pas grand monde. Peut-être les clients. Ah oui, peut-être. Les clients étaient toujours un peu dupes. Alistair était le Prince du Vent en personne.

Jeudi… jeudi lui paraissait aussi beaucoup trop tard. Trop tard pour ne pas succomber à la panique. Trop tard pour ne pas que John convainques les autres qu’il était devenu complètement cinglé et qu’il faudrait lui trouver un substitut. Son cousin n’avait-il pas lui aussi des aptitudes au clavier électronique, lui aussi? Le jeune homme imaginait déjà la foule hurler au son de leur musique alors qu’il ne faisait qu’un avec son instrument. Non. Il ne pourrait pas laisser un pauvre hère prendre sa place à ce concert jeudi. Pas après avoir travaillé sans relâche durant des semaines pour parfaire ce fichu morceau et le voir jouer par un illustre inconnu. Non. Mieux valait crever sur scène que d’en arriver là.

Sa fuite l’avait mené dans la ruelle adjacente au stationnement du bar. Une violente quinte de toux l’obligea à s’appuyer contre une clôture en fer. Quel drôle de portrait il devait faire, en ce moment, à moitié effondré dans un stationnement! Puis, des mots, une voix au loin qui lui disait d’attendre, avec un mélange de rage et de pitié. Ce n’était pas son Baby Boy. Baby Boy n’avait pas le millième de cette colère en lui. Mais attendre quoi, bon dieu?

Il se retourna plus pâle que jamais et vit apparaître son tyran à l’autre bout de l’étendue de béton déserte. Non, mais qu’est-ce qu’il racontait, tout d’un coup, lui? Il se retourna sans se redresser et lui éclata de rire au nez. Un rire dépassé et cruel, compte tenu de l’espèce de sollicitude qui se dégageait des syllabes, énoncées au compte-goutte. Une autre quinte de toux le terrassa et il leva la main en l’air, le temps de pouvoir reprendre son souffle.

« Putain… Wilde. Wilde! On est pas des cons, tous les deux, d’après ce que j’ai lu de toi, chez l’coiffeur. Mais à quoi tu joues, bon sang? Quoi, John ou Max s’est enfin lâché et il vient de t’avouer de quel putain de spermatozoide je sors? T’as peur d’une fucking poursuite? C’est ça, t’as peur d’une poursuite… Je te rassure, mec. Même le meilleur avocat du monde ne me fera jamais dire que je suis venu ici, malade comme un chien, contre mon gré. Tu en as ma parole. Tu as les videos de surveillance pour le prouver, anyways… garde-les précieusement, vieux, si t’es siiii parano que ça. Non mais d’où ça vient, cette putain de compassion, subitement? Hein? D’où ça vient? La fatigue, la sueur, le sang? Mais qu’est-ce que tu sais de tou ça? Fuck… qu’est-ce que j’en sais, de tout ça? Rien… On ne sait absolument rien de ça. Juste de la musique et des viscères. Et tu doutes encore que je vais être là jeudi? »

Il se retourna pour faire face à l’autre, à frontière du béton qui les séparaient.

« Tu crois sincèrement que je ne serai pas là Jeudi, toi? Mais tu rigoles. J’ai pas passé une nuit blanche pour tes beaux yeux. Ne serait-ce que pour te faire chier davantage, je vais être là jeudi et je vais défoncer ton bar. Maintenant, tu peux aller chier, avec tes airs de saint. »

Il se releva de la clôture et sans se retourner, fit un doigt d’honneur en guise de salut.

***

John rangea minutieusement la caisse dans la camionnette et ferma la porte de celle-ci, d'un geste las.

« Voilà, ne reste plus qu'à la rapporter. »

Il s'adossa à la camionnette et regarda le sol, silencieusement.

« Écoute Max... Je vais être franc avec toi. Ça ne peut plus durer. Si ce n'est pas jeudi... ça sera bientôt. Il est en train de pêter un plomb. Ali... je ne sais pas ce qu'il a. Je l'aime bien, tu le sais mais... Mais ça ne tourne pas rond. On en a déjà discuté... je sais que ça ne va pas vraiment pas bien avec son vieux... Mais Erwan... Erwan, bordel écoutes-moi. Tu as aussi des problèmes avec ton propre père et... tu n'es pas en train de nous faire un syncope. On a nos vies! J'ai un job comme tout le monde! Et j'ai mes parents et mes petits frères et soeurs à m'occuper, moi. Erwan, tu as tes études! Max... Max, tu as un job dont tu rêves depuis des années!  Je veux dire... Ali a un vraiment un bon fond, si on enlève un peu son caractère mais... il n'est pas comme nous... il n'aura jamais à s'occuper de qui que ce soit ou à travailler de sa vie. Et il s'amuse à foutre nos vies en l'air... Erwan... mec, aides-moi. »

Le batteur resta silencieux, lui aussi et finit par articuler.

« John... Tu ne le connais pas, d'accord? Tu ne le connais pas. Je... Max, il te parle, non? Je veux dire... Il ne me parle plus tant que ça... maintenant.  Il lui est arrivé quelque chose, Max. Je sais pas quoi, mais il lui ai arrivé quelque chose. Et il ne veut pas m'en parler. Mais toi, il te parle. Mais qu'est-ce qui passe, tu le sais? »
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