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( Max et Alistair) As Clumsy as you been, there's no one laughing

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() message posté Mar 17 Avr - 22:26 par Alistair H. Pratt
AS CLUMSY AS YOU ARE
feat Maximillian Berkeley
De sa vie, Alistair n’avait jamais vécu une relation aussi fusionnelle que celle-ci.  Et ça le rendait complètement dingue. Déjà, la blancheur immaculée de la silhouette de porcelaine lui créait un sentiment mixte de honte et de soulagement intense. Après un enchevêtrement presque trop passionné, il posait son front brûlant sur les majestueuses rondeurs de sa sauveuse pour y retrouver un peu de fraîcheur.

Mais il devait admettre qu’après deux jours scotché au côté de la cuvette de la salle de bains, presque fusionnée à elle, il en avait marre.

Il gagné le gros lot, apparemment. Une grippe carabinée et une violente indigestion. Alistair n’avait été malade que quelques fois dans sa vie. Un petit rhume par-ci, une gorge enrouée par là, mais jamais rien de plus. Et ceci arrivait à peine quelques semaines après avoir appris son diagnostic… Un autre soubresaut douloureux arriva, ainsi que des gargouillements peu agréables à entendre, le laissant sans force sur le plancher de la salle de bains. Il regarda le plafond et lança une plainte, d’une voix enfantine.

« Mon dieu... achevez-moi tout de suite, tant qu'à y être... j'eeeeeen peux plus....»*

Il avait laissé un message inquiet à la petite clinique, dans Hammersmith. Docteur Taylor, une jeune femme bien sympa, l’avait rappelé au bout d’une heure et lui avait donné rendez-vous. Elle avait passé un bon vingt minutes à le rassurer. Il était séropositif, certes mais il n’avait pas le sida. Et il ne l’aurait sans doute jamais s’il prenait ses médicaments comme il le faut et s’il prenait soin de lui. Et le virus serait sans doute indétectable d’ici quelques années. Le système immunitaire d’Alistair allait bien. Ce n’était que le stress. Il avait simplement prit froid et mangé quelque chose de pas bien. Voilà tout.

Il avait été con. Il était revenu à ce fameux arrêt d’autobus où il lui avait semblé voir son double et était resté là, comme un imbécile à l’attendre sous l’averse froide d’avril. Mais le fantôme n’était pas revenu le hanter. Puis, il était allé dans un casse-croûte un peu glauque et avait englouti trois hot-dogs à la mine douteuse. Et maintenant, Alistair vomissait ses trippes entre deux quintes de toux et 39 degrés de fièvre. Bravo, champion.

De peine et de misère, il se leva du plancher frais pour tenter de rejoindre son lit, dans la pièce à côté. Son petit appartement deux pièces de luxe, en plein milieu du quartier Soho, était bordélique. Ses vêtements souillés étaient par terre, dans un pile, près de la salle de bain. Une boîte de teinture brun foncée ouverte traînait sur le comptoir de la cuisine, entre deux assiettes sales. Des emballages d’hamburgers jonchaient la table de la cuisine, entre ses manuels de droit. Il était en retard dans ses lectures. Mais il s’en fichait. Il avait obtenu un A- et son père jubilait presque. Un C passerait inaperçu. C’était mieux qu’un F, non ?

Une bouteille de soda à la lime traînait à côté de son lit. Il en prit une rasade pour faire passer l’atroce goût fétide. Il avait envie de fumer une clope mais une autre quinte de toux l’en dissuada. Le sucre de la boisson faillit déclencher une nouvelle nausée mais elle passa, à son grand soulagement.

Il se pelotonna dans son grand lit, en position fétale et poussa un autre geignement pleurnichard. Seule la vision de son clavier électronique, qui trônait en face du lit, le soulageait un peu et le rassurait. Il aurait préféré être le groupe et jouer de la musique. Il avait texté les gars du groupe pour s’excuser de ne pas être présent, à la pratique. Il aurait voulu mettre un disque mais n’avait plus l’énergie de se lever. L’écran de son téléphone clignotait. Deux appels manqués, un message vocal de sa mère, lui demandant de bien s’habiller pour le dîner de dimanche prochain, pour une fois, en lui disant qu’elle devait lui présenter une charmante jeune fille avec qui il s'entendrait surement et un texto de l’assistant de son père pour savoir à quelle heure il devait passer le chercher, avant le dîner. S'ils savaient.... Mais le jeune homme n'osait même imaginer. Alistair s’engouffra dans les couvertures. Il n’en pouvait plus de toute cette merde.

Il entendit vaguement des pas dans l’escalier et le cliquetis de la serrure. Il leva faiblement la tête pour apercevoir la frimousse rousse de son meilleur ami entrer dans sa chambre. Son cœur se réchauffa un peu. Il fit un pâle sourire au nouvel arrivant.

«Hey Baaaaaby Boy….  Qu’est-ce que tu fous ici ? Ricardo ne t'as pas causé de soucis, à l'entrée, hein?»

Sa tête retomba mollement sur l’oreiller et il toussa violemment.

« T’es pas avec Cass ? Crois-moi Max…  tu veux pas attraper cette saloperie. Je vaiiis creeeeeeeever, vieux….. »
☾ anesidora


* En français dans le texte
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() message posté Ven 20 Avr - 20:09 par Maximilian Berkeley

Je venais d'achever ma journée de travail. Ce jour là, je ne travaillais que le matin, j'avais donc mon après-midi de libre. Alors qu'avec le groupe on avait prévu une séance de répétition, Alistair nous avait envoyé un message comme quoi il était malade comme un chien et qu'il ne pouvait pas assurer son rôle. Donc répétition annulée. C'était dans la politique du groupe. C'était tous ou rien. Jamais on ne jouait ou composait alors qu'un de nous était absent. On y mettait un point d'honneur. De ce fait, cet après-midi, j'avais prévu d'aller voir Alistair chez lui pour jouer le garde-malade.
Avant de me rendre à son domicile, j'étais allé manger avec une collègue dans dans un fish & chips près du British Museum. Ensuite, je suis passé au Bubble Tea pour me prendre une boisson avant d'enfin me rendre chez mon ami en début d'après-midi. Il habitait dans un appartement luxueux au coeur de Soho. Un valet m'intercepta alors que j'entrais dans l'immeuble prestigieux. Poliment, je lui signalai que je rendais visite à "Mr. Pratt". A force de me voir, Ricardo -c'était son prénom- me connaissait bien que je pense qu'il m'appréciait peu, comme si j'étais un gueux. De toute façon, il n'avait pas vraiment d'excuse pour ne pas me laisser aller voir Alistair donc je montai jusqu'à l'appartement de ce dernier.
Sans même toquer, j'entrais dans l'appartement. J'eus presque un vertige en voyant un tel capharnaüm. Des emballages de fast-foods, des livres de droit, des bouteilles de soda... Ça traînait partout. Prenant garde à ne marcher sur rien, j'avançais consciencieusement en direction de la chambre d'Alistair après avoir posé sac et veste, toujours mon bubble tea à la main. Je le vis, agonisant dans son lit. Il m'adressa un faible sourire en constatant mon arrivée et me demanda ce que je faisais ici avant de se laisser retomber lourdement sur son oreiller.
« De toute façon, que veux-tu qu'il dise Ricardo ? »
Je vins poser mon bubble tea sur l'un des meubles de la chambre en écoutant mon ami geindre comme s'il allait y laisser sa vie. Je me tournai vers lui.
« Mais non, je t'assure que demain tu seras encore vivant. Même encore dans un mois. » dis-je avec détachement en rangeant quelques vêtements qui traînaient. « Tu as pris des médicaments au moins ? »
J'aurais mis ma main à couper que ce n'était pas le cas.
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() message posté Sam 21 Avr - 9:12 par Alistair H. Pratt
As clumsy as you are..
feat Maxillian Berkeley

« Tu as pris des médicaments, au moins ? »

Alistair lui jeta un regard rempli de résignation et marmonna, entre les couvertures quelque chose qui ressemblait vaguement à un « ces saloperies de médicaments ne serviront à rien de toute façon » avant d’être secoué par une violente quinte de toux. La vision du gobelet de thé aux bulles - breuvage qu’il adorait pourtant - lui donna la nausée et il se mit en boule sous l’édredon en plume d’oie pour éviter de vider ses tripes devant son meilleur ami.

Il avait une grave envie de chialer. Comme quand il était un gosse et que tout se réglait par une bonne crise de larmes. Comme si tout s’éclipserait comme par magie : cette foutue grippe, la brûlure dans ses poumons quand il osait aspirer une goulée de nicotine, cette foutue indigestion… Ce maudit dîner que ses parents organisaient, dimanche soir prochain, dans l’espoir de le marier à une putain d’héritière dont il se fichait éperduement, ces maudites études en droit qui le tuaient à feu doux et ce virus à la con, avec un grand V, qui finirait par avoir raison de lui.

De cette vie de merde dans une cage dorée, quoi.

Mais il allait bientôt avoir 25 ans. Il était un homme depuis longtemps. Il pouvait plus vraiment se permettre ce corportement de môme. Ses amis… ses vrais amis n’étaient pas des mioches. Ils vivaient leurs vie sans personne ne les aident,  eux. Il détestait que Max le voit ainsi. Il était au bord des larmes. Mais il devait être fort. Pour les Untitled. Pour le groupe. Pour Max et Cass.

Depuis qu’il avait reçu son diagnostic, il n’avait plus beaucoup d’énergie.  Il avait l’impression d’avancer comme un comdamné à mort. Il paraît que ça passerait. C’est ce que Docteur Taylor disait. Avec un bon support. Que ce n’était pas la fin du monde. D’ici là, il espérait avoir assez de muscles dans la mâchoire pour prétexter sourire. C’est tout.

Il releva la tête de son oreiller et fronça les sourcils, devant son ami qui ramassait ses fringues éparpillées dans la pièce.

« Oh Max ! Laisse ça, tu veux ? La bonne va passer demain. Elle va ramasser tout ça. »

C’était faux, évidemment. Il avait renvoyé Maggie chez sa mère quelques semaines plus tôt. Il savait comment son père traitait le personnel. Il savait que Ricardo et Maggie peinaient à joindre les deux bouts, de temps en temps. Et il savait qu’un petit surplus leur étaient accordés pour « veiller sur lui ». Et il ne pouvait pas se permettre que Maggie fouille la pharmacie. Pas maintenant. Pas avant de savoir ce qu’il devait faire avec tout ça, avec le grand V et le S.

Il se sentait misérable. Il n’était pas des plus ordonné, oh que non… Mais un minimum d’ordre lui faisait du bien. Le poids sur ses épaules l’empêchait de bouger, une fois qu’il était à l’abri des apparences et son appartement était devenu un désastre. Et il ne savait même pas cuisiner un œuf…

Il s’engouffra une fois de plus sous les couvertures.

« Ne me dis pas que vous avez annulé la pratique à cause de moi, hein ? Je connais la règle, Max mais… Putain, c’est pas comme ça qu’on va faire exploser le Viper. Va falloir arriver à pratiquer, les mecs. Tu crois que Wilde s’arrête pour un type de son band s’étouffe un peu de travers? J’arriverai à vous rattraper, vous le savez. Je vous rattrape toujours. On va rocker les planches de ce maudit bar, dude. »

Il s’arrêta et toussa grassement.

« Hey Max ? Tu peux me rendre service ? Va mettre un disque des Beatles… Les 48 tours sont là, en face de toi. Mets Hey Jude pendant que je ferme les yeux, une minute, tu veux ? Après. On discutera du démo. On va lui donner une crise cardiaque, à ce mec… Il ne croira pas à ça, vieux »

Il fit un sourire à son ami. Un de ses sourires innocent qui faisait craquer n’importe qui. Puis il ferma les yeux, bien malgré lui.

Une minute plus tard, Alistair dormait enfin.


☾ anesidora
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() message posté Jeu 26 Avr - 22:48 par Maximilian Berkeley

Ça me faisait de la peine de voir Alistair dans ce piteux état. Je n'étais pas particulièrement partisan pour la guérison par des médicaments dont je ne retenais même pas le nom pour un petit mal de crâne ou de ventre, mais vu son état, ça s'imposait. Il baragouina quelque chose que je peinais à comprendre avant de partir dans une quinte de toux. Je lâchai un léger soupire quand il me dit d'arrêter de ranger sans pour autant obéir.
« Oui et en attendant cette pièce va garder son allure de porcherie. Tu sais ce que ma mère dit ? L'intérieur d'une personne est le reflet de sa vie. On étouffe ici ! »
J'allais alors ouvrir en grand la fenêtre de la chambre pour faire entrer de l'air frais dans la pièce qui saturait de mauvais air. Il était important quand on était malade de ne pas rester dans un endroit renfermé. Alistair me fit remarquer que l'on n'aurait pas dû annuler la répétition. Je n'étais pas du même avis. Nous n'allions pas changé la politique d'Untitled pour Wilde le grincheux. Je me tournai vers lui encore une fois entre deux ramassage de T-shirt.
« Bah Wilde fera avec. On ne va rien changer. Ce sera à lui de s'adapter à nous sur ce point là. »
On disait que j'étais du genre têtu. Je voulais bien les croire. Pour sûr que je n'aurais peut-être pas affiché autant d'assurance devant le concerné. Mais je tenais tout de même à mes principes que je tenais d'une main de fer. Ce n'était pas un homme comme Wilde qui allait me faire flancher sur ça. Encore une fois, Alistair toussa. « Prends du sirop. » lui conseillai-je. Il me demanda de mettre le 64 tours des Beatles dans le tourne-dique, je m'exécutai en mettant comme il l'avait demandé Hey Judes. Une fois cela fait, je me rendis à la salle de bain pour prendre du sirop pour la toux et d'autres médicaments.

C'était une véritable pharmacie là-dedans. Pour un gars qui n'aimait pas prendre des médicaments. Pour la plupart, aucun des noms m'étaient familiers. C'était étrange. Dans mes souvenirs, il n'en avait pas autant. En plus, je n'arrivais pas à trouver tout ce que je cherchais dans ce pèle-mêle. Piqué par la curiosité, je pris une boîte de cachet au hasard au nom étrange. Je jetai un coup d'oeil à la notice. Je ne comprenais pas vraiment ce qui était écrit mais les termes utilisés étaient très suspects. Non, ceci n'était pas un médicament sans ordonnance. Troublé, je reposai la boîte. Au final, je trouvai le dernier médicament que je cherchais donc je retournai dans la chambre d'Alistair.
Il s'était endormi. Je savais que c'était mal ce que je voulais faire. Mais cette boîte de médicaments m'avait réellement intrigué et je sentais que mon ami n'allait très certainement pas me dire ce qui n'allait pas. Je posai doucement ce que j'avais ramené sur la table de nuit près de lui, le laissant de dormir. Et vins fouiller le salon. Je commençai par regarder dans les papiers. Rien de suspect. Pour faciliter mes recherches, je rangeais en même temps que je cherchais jusqu'à découvrir au sol près de la table basse une ordonnance de médecin. Après l'avoir lue, je la reposai. Silencieux comme jamais. Pourquoi ? Pourquoi il ne m'en avait jamais parlé ? A moi ou au reste du groupe.
Devais-je lui en parler ? Ou attendre qu'il m'en parle de lui-même ? On ne pouvait pas ne pas en parler. Je repris le papier pour le relire. Voir si j'avais mal compris. Ce n'était pas le cas. J'avais parfaitement compris. Et le contenu n'avait pas changer comme par magie. Le temps de prendre ma décision, je laissai dormir Alistair encore une quinzaine de minutes en rangeant le reste de l'appartement comme je pouvais en ruminant. Une fois ce temps écoulé, j'entrai dans la chambre de mon ami et m'approchai du lit. Je le secouai doucement pour le réveiller.
« Alis', tu t'es endormi. Je t'ai apporté des médicaments et du sirop pour la toux. »
Penny Lane résonnait maintenant dans la pièce.
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() message posté Ven 27 Avr - 9:19 par Alistair H. Pratt
C’était son père qui présidait le procès. Les yeux bleus métalliques du vieux con le transperçaient de tout son être, comme les papillons dans son cabinet, qu’on piquait d’une aiguille, pour mieux les exposer à la foule. Il pouvait entendre l’écho du marteau de la justice s’étendre dans toute la pièce et au plus profond de sa tête.

Sa mère se tenait derrière le patriarche, le visage figé dans le marbre. Alistair pouvait voir les coulées noires, comme du pétrole, de mascara sur ses joues mais elle tenait son éternel verre de vin rouge à la main, sans un mot. Il voulut s’expliquer et s’excuser mais seules des brides incompréhensibles sortaient de sa bouche. Il se tourna désespéré vers son avocat et hoqueta d’horreur. Un des garçons qui l’avaient charmé – et sans doute violé - à Rome avait enfilé la toge noire de la défense et le regardait, un sourire perfide aux lèvres. Alistair hurla. Il réclama un meilleur avocat…

Et l’audience éclata de rire. Son père frappa une nouvelle fois du marteau.

« Si tu voulais être bien défendu, Harold, il aurait fallu que tu étudies un peu, au moins, non ? Rien de cela ne serait arrivé, si tu avais fait ce que je t'avais. Tu ne crois pas ? Es-tu réellement un Pratt? »

La foule éclata de rire de plus belle.

Alistair voulut s’en remettre au jury.

Wilde riait, derrière. Les gars du groupe, John, Erwan et Max le regardaient d’un air blessé et accusateurs. Ils saignaient du nez. Le sang coulaient dans leurs affreuses moustaches et sur leur veston rouge. Ils le pointaient du doigt.

Il hurla de terreur et la condamnation à mort fut prononcée, sous le ciel bleu surplombant Soho. Le bourreau descendit de l’autobus kaki de la 46 et mit en place le bûcher. Puis il se tourna, le dardant de ses yeux verts et enleva lentement sa cagoule… Alistair hurla une nouvelle fois, en découvrant son propre visage.


Penny Lane résonnait maintenant dans la pièce.

« Alis', tu t'es endormi. Je t'ai apporté des médicaments et du sirop pour la toux. »

Il émergea du sommeil et jeta des regards terrifiés autour de lui, complètement désorienté. L’après-midi tombait, par la fenêtre grande ouverte. Il se mit à claquer des dents, bien malgré lui.

« Putain… mais on se les gèle !!!! Qui a ouvert la fenêtre ? »

Puis son regard tomba sur Max et il ne put s’empêcher de pousser un soupir de soulagement.

« Max ? Fuck… Mais quelle heure il est est ? »

Il resserra l’édredon autour de lui et fit la grimace.

« Ne te laisse jamais pousser la moustache, mec. Je t’assure, ça ne te vas vraiment pas. »

Il entendit machinalement son ami lui parler de sirop et de médicaments. Il passa deux minutes à essayer d’éclaircir ses poumons et râla, avec un « D’accord, M’man » en attrapant la bouteille de sirop contre la toux et en avala une rasade, à même le goulot, pour faire plaisir à son ami.

Mais le goût totalement infect de la mixture lui donna la nausée. Et Alistair se précipitait déjà à la salle de bain, enroulé de toute vitesse dans son édredon, pour évacuer le poison.

Ce ne fut lorsqu’il eut finit sa triste besogne qu’il réalisa que la pharmacie était ouverte. Il s’avança, avec précaution dans son appartement. Tout avait été rangé, ou presque. La documentation que le Docteur Taylor lui avait donnée trônait sur la table basse.

Alistair ferma les yeux pendant deux longues minutes.

« T’as tout ramassé, vieux ? Max… il y a des gens payés pour ça, bordel. T’as d’autre chose de plus glorieux à faire dans la vie que de t’occuper d’un pauvre con comme moi, crois-moi. Allez viens asseoir ton cul dans le salon, veux-tu ? »

Il se laissa lourdement tomber sur son canapé en cuir, à moitié couché et fievreux, toujours enveloppé de son édredon, comme on se protège avec une armure, et tapota la place libre, à l’autre bout du sofa.

Il mit sa paire de lunettes rondes, pour mieux voir le rouquin, en face de lui. D'ordinaire, il portait des verres de contact. Il détestait le look que ces lunettes - qui lui seuillaient pourtant à merveille -  lui apportaient. Il était prêt à étriper vivant le premier sot qui le traiterait d' « Harry Potter ».

« T’es conscient que dans moins d’une semaine, tu vas choper cette fucking grippe, hein ? Heureusement, il parait que ça disparait, au bout d'une ou deux semaines. Petit veinard, va. J'ai entendu dire que Cass préparait une super soupe Lipton Poulet et nouilles. »
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() message posté Dim 29 Avr - 22:23 par Maximilian Berkeley

Alistair se réveilla brusquement, presque horrifié, jetant des regards tout autour de lui. J'eus un mouvement de recul. Il gueula après les fenêtres ouvertes. Je soupirai. Il ne faisait pas si froid que ça. « C'est moi. » répondis-je. Il posa son regard sur moi et poussa comme un soupir de soulagement. Il m'avait l'air un peu perdu. Peut-être un mauvais rêve ? Il n'avait pas dormir bien longtemps, seulement vingt minutes, et il se sentait déjà déboussolé. « Il n'est que 15h23. » Il avait très certainement l'impression d'avoir dormi des heures, cela laissait penser que son sommeil n'avait pas été réparateur. Je songeais à lui acheter un attrape rêve.  J'étais une personne d'assez "superstitieuse". Je savais que tout ce que je croyais était probablement faux. Mais il faut penser à faire la distinction entre croire et savoir. Selon moi, on ne pouvait pas s'empêcher de croire. C'était quelque chose de situer tout au fond de nous. Nous étions tenus de respecter les croyances des uns et des autres.
« Me faire pousser la moustache ? Pourquoi veux-tu que je me laisse pousser la moustache ? »
Quel étrange rêve avait-il fait ? Au final, je ne voulais pas savoir. De nouveau, il crachait ses poumons. Il râla ensuite comme un enfant tandis que je me levais pour prendre mon bubble tea dont je buvais quelques gorgées pendant qu'il était parti rendre après avoir bu le sirop. J'attendais son retour. Il avait même pris son édredon avec lui. Il faisait si froid que ça ? Fut un moment où je n'entendais plus de bruit de quelqu'un qui était entrain de rendre. Voyant qu'il ne revenait pas, je me rendis au salon et je le vis planté au milieu du salon tout rangé.
« Alis' ? »
C'est alors qu'il me réprimanda d'avoir rangé tout son salon. Mais... Je le rangeais si j'en avais envie non ? Et puis ce rangement m'avait été très instructif. Cependant, je commençais à m'en vouloir d'avoir fouillé de la sorte. Il s'affala lourdement sur le sofa et me fit signe de m'asseoir. Je m'exécutai en silence, toujours mon bubble tea à la main sans un mot. Il semblait vouloir se constituer une armure avec sa couette. Il mit ses lunettes sur son nez. Il ne les mettait pratiquement jamais. Je ne comprenais pas pourquoi. Je trouvais qu'elles lui allaient très bien. Il avait une tête à porter des lunettes. Il s'inquiéta par ailleurs que je ne chope pas sa grippe.
« Ça n'arrivera pas, j'ai une santé de fer. »
Lors d'une grande épidémie de grippe, de gastro ou que je savais-je, j'étais souvent un des seuls de mon entourage à en être épargné. J'avais un bon système immunitaire, fallait croire.
« Et tu crois vraiment que Cassandra viendrait jusqu'à chez moi alors que je suis malade pour me ramener une soupe qu'elle se serait trimbalée avec sa bicyclette ou dans le métro ? C'est pas comme si c'était ma copine et qu'on habitait ensemble. »
Je trouvais ça étrange qu'une fille fasse ça à son ami. Pour moi, c'était un truc qu'on faisait en étant en couple. Par exemple, je n'allais pas préparer de soupe à Alistair. Je regardais le gobelet de mon bubble tea tout en parlant. Je me sentais mal d'avoir fouillé chez lui et de le lui cacher. J'aurais peut-être du débouler dans sa chambre et le réveiller avec brusquerie lui demander des explications au lieu de faire une cachotterie aussi basse.
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() message posté Lun 30 Avr - 7:33 par Alistair H. Pratt
« Et tu crois vraiment que Cassandra viendrait jusqu'à chez moi alors que je suis malade pour me ramener une soupe qu'elle se serait trimbalée avec sa bicyclette ou dans le métro ? »

Alistair releva la tête pour dévisager en silence son ami, avec son bubble tea, le sourcil levé d’un air interrogateur. Puis il éclata d’un rire enfantin et sincère avant de tousser une nouvelle fois. Ce ne fut lorsqu’il parvint à respirer un tant soit peu normalement, les yeux plein d’eau qu’il parvint difficilement à articuler, sur le bord de tousser ou de rire, il ne savait plus trop.

« Oh Baaaaaaaby, baaaaaaaby boy! J’oublie toujours que ta mère doit être une de ces braves mamans de Manchester qui te cuisinent de bons petits plats merveilleux à partir de rien et qu’elles te recouvrent ça pour apporter dans un panier à piquenique plein à craquer, avec d’une petite lingette tiède carottée blanc et rouge sur le dessus pour que ça reste chaud dans le train. »


Il tenta de s’éclaircir et de s’essuyer les yeux. Il y avait longtemps qu’il n’avait pas ri comme ça. Ça faisait un bien fou. C’est pour ça qu’il adorait Max.

« Vieux! Je te parle de soupe instantanée. Lipton. D’un sachet de poudre chimique à saveur de poulet avec quelques nouilles déshydratées dedans. Ils z’ont pas ça, à Manchester? Les filles américaines et canadiennes au pair, que ma mère engageait l’été, pour s’occuper de moi quand j’étais gosse… elles me faisaient toujours ça. J’ai dû en boire des litres et des litres, avec des biscuits soda émiettés dedans, tu sais. Surement que le sac à main de Cassandra est assez grand pour trimballer un minuscule sachet de soupe et un sachet de biscuits soda, jamais je ne croirai! »

 Il s’étouffa une nouvelle fois. Ses yeux tombèrent sur le document sur la table. Max l’avait-il lu? Il ne savait pas. Max se serait-il réellement assis à côté de lui s’il avait lu ce truc infâme? Ce truc sur la transmission du virus, la trithérapie à vie, et toutes les cochonneries qui arrivait – la tuberculose et les maladies que personne n’attrapait plus – si on ne prenait pas quotidiennement ses médicaments… Non, Max ne serait pas assis à côté de lui s’il avait lu ça.  Il se souvenait des discours autour de la table de la salle à manger, que ses parents et leurs invités, tenaient, sur l’épidémie du sida, dans les années 80. Les mourants par milliers, à l’époque de la crise. Ils le méritaient, c’étaient des dégénérés, non ? Le papier hygiénique que sa mère mettait maladivement sur le siège des toilettes, quand il était petit. L’inspection systématique des bancs de cinéma.

Le Docteur Taylor avait tenté de le rassurer. Ça ne se transmettait pas comme ça. Vraiment pas. En tout cas, pas comme la grippe qu’il avait. Mais il n’arrivait pas à se dégager de l’impression qu’on le fuirait comme un lépreux et qu’on le rejetterai comme un monstre et comme un paria. Il ne voulait pas perdre ses amis. Ils étaient son seul vrai bonheur.

Il ferma les yeux. Alistair se sentait lâche. Tellement lâche. Lâche de cacher tout ça. Max était son meilleur ami. Il n’était pas homophobe, il le savait. Il lui avait même un peu parlé d’Andras, son dernier ex-petit ami. Du malaise qui régnait entre eux, des non-dits, et des tendances obsessives-compulsives du mec. Un peu de la distance physique qui régnaient entre eux. Alistair en avait vraiment été amoureux. Le type était vraiment intelligent et cultivé. Il aurait pu accepter un amour platonique comme ça, sans même en vouloir plus, pour des décennies entières. Mais les problèmes du type, qu’il suspectait être bien plus profonds qu’il n’y laissait paraitre, lui avait fait peur. Il avait rompu du jour au lendemain, comme un enfoiré.

Il en avait parlé, à Max. Mais du diagnostic? Il n’y arrivait tout simplement pas. Il n’ arrivait pas à comprendre lui-même ce qu’il lui arrivait. Comment dire à son meilleur ami qu’on transportait la mort en soi? Cela regardait-il vraiment Max? Ils ne couchaient jamais ensemble, non? Mais si un accident arrivait? S’il se coupait, lors d’une pratique? Et si Max et le groupe le repoussait avec dégoût? Son ami n’avait rien mentionné. Avec honte, il prit la tournure de la conversation comme si de rien n’était, en ignorant les choses qui auraient dû se dire.

D’un geste brusque, il prit le document et le froissa dans une boule de papier compacte et visa la corbeille de son bureau de travail. La balle tomba quelques centimètre plus loin, dans le corridor qui menait vers la cuisine. Alistair fit la moue et se tourna vers le rouquin en ré-ajustant ces maudites lunettes qui lui tombaient sur le nez.

« Non sérieux Max… T’as pas encore réalisé que cette fille te kiffe d’aplomb? Tu as eu des copines, non, bordel? Ne me dis pas que tu es puceau. Tu crois que Cass vient à tous les shows, comme ça, juste pour la grosse voix bourrue de John??? Elle n’arrête pas de te regarder. Moi, je le vois! Je suis sûr que John et Erwan aussi! T’as des airs de Peter Pan, vieux et ça la fait craquer. J’y mettrais ma main au feu. Et quand tu seras malade dans une semaine et que tu finiras dans ses bras, j’espère que vous aurez au moins la décence d’appeler votre premier-né Alistair, hein, en souvenir de moi. »
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() message posté Mar 1 Mai - 22:21 par Maximilian Berkeley

Pour une raison qui m'échappait, Alistair éclata de rire. Qu'est-ce que j'avais dit encore ? Je le regardai avec incompréhension. « Quoi ? » Oui, c'était vrai que j'avais eu une maman poule comme le décrivait mon ami. Mais malgré tout, j'avais vite acquis mon indépendance. Dès la fin du lycée, j'avais dû partir pour Londres dans mes études et sans surprise ma mère n'avait pas pu me suivre. Sinon elle l'aurait fait.
« Si c'était physiquement possible et socialement correct, ma mère m'aurait donné le sein jusqu'à mes six ans. » fis-je remarquer.
Alistair essuya ses yeux qui pleuraient de rire. Au moins j'avais le mérite de provoquer le rire chez les gens. C'était déjà ça de gagner. Il m'expliqua qu'il s'agissait d'une soupe instantané. Je fronçais les sourcils, franchement perplexe. Ça existait vraiment ce truc ? Lipton avait vraiment ça dans sa gamme de produit ? J'en apprenais tout les jours !
« Mec, j'savais même pas que Lipton faisait des soupes ! Pour moi c'était du thé, Lipton ! Je croyais que tu me parlais d'un sombre type de soupe moi ! J'ai jamais vu ça en rayon. »
Je n'allais pratiquement jamais dans ce rayon. Quitte à boire de la soupe, autant se la faire soi-même. D'autant plus que je préférais la soupe sous forme de bouillon avec les morceaux de légumes qui flottaient dedans. Et puis en ce qui concernait les soupes instantanées, la soupe repas Maggie à la Japonaise avait déjà pris le coeur de mon palais. Qu'est-ce que j'en avais mangé de ça à l'université. Donc en général, je les repérais de loin et j'en prenais sans un regard pour les autres.
Il eut un moment de silence, tout à coup. Je regardai Alistair du coin de l'oeil. Il me semblait préoccupé. Il avait l'air de regarder vers le document sur la table basse. Je sentis mon coeur s'agiter dans ma poitrine. Et s'il commençait à se douter que je l'avais lu ? Il risquait de mal le prendre. Au bout de longues secondes qui me parurent durée une éternité, il saisit le bout de papier brusquement, le froissait et le lança en direction d'une poubelle plus loin. Il rata son lancer. J'inspirai et j'expirai profondément. Il retourna son regard sur mon, relevant ses lunettes sur son nez. Et il reprit le fil de la conversation comme si de rien était, me parlant encore de Cassandra. Il soutenait ardemment le fait qu'elle "me kiffait d'aplomb". Honnêtement je ne savais pas quoi en penser, je n'étais pas convaincu.
Certes, j'avais déjà eu des petites amies. Mais deux seulement en vingt-six ans. Cela faisait bien quatre ans que j'étais célibataire. Quatre ans que je n'avais partagé mon lit avec aucune femme -ni aucun homme-. Et cela ne me manquait pas particulièrement. Ça me semblait être quelque chose de superflu dans ma vie. Je ne songeais pas à sortir dans l'optique de rencontrer une jolie fille pour me tenir compagnie. Disons que ce n'était pas dans mes priorités. J'y étais accoutumé.
« Nous sommes juste amis avec Cassandra. Et qui te dit que tu te fais pas d'idées fausses ? Voyons Alis', écoute toi. Tu nous imagines déjà avec des gosses. J'ai déjà du mal à m'occuper de toi, c'est pas pour avoir un vrai gosse à charge. »
Je dirigeai mon regard vers le document froissé en boule qu'avait jeté Alistair, toujours pris de remord. Je devais lui en parler. Si je ne le faisais pas, il n'allait pas le faire. Ou bien il allait finir par voir que je lui cachais quelque chose. Je me disais que c'était maintenant ou jamais. Je posai mon bubble tea et je me levai en silence. Ensuite, je me dirigeai vers le corridor où était tombé le document que je pris avant de retourner vers Alistair. Je me rassis près de lui. Je défroissai le bout de papier.
« Tu n'aurais pas quelque chose à me dire par rapport ça ? » demandai-je doucement.
Je levai mon regard en direction d'Alistair, attendant une réponse.
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() message posté Jeu 3 Mai - 6:55 par Alistair H. Pratt
« Nous sommes juste amis avec Cassandra. Et qui te dit que tu te fais pas d'idées fausses ? Voyons Alis', écoute toi. Tu nous imagines déjà avec des gosses. J'ai déjà du mal à m'occuper de toi, c'est pas pour avoir un vrai gosse à charge. »

Alistair secoua la tête et roula les yeux. Il s’apprêtait à sermonner son ami sur le fait qu’il fallait profiter de la vie à tout prix et qu’on ne savait pas quand une bourde allait survenir et que tout allait être fini. Il s’apprêtait à taquiner et à titiller son ami jusqu’à ce qu’il crache le morceau et admette ce que les gars du groupe suspectaient depuis des mois : que Max avait le béguin pour Cass. N’était-elle pas canon cette fille, chouette et sympa ?  Ne voyait-il pas comment cette fille le dévorait des yeux, lors des pratiques. Elle était adorable. Aussi innocente et candide que Max. C’était impossible que ces deux-là ne finissent pas ensemble, un jour. Ou peut-être pas.

Alistair se mordit la lèvre. Quelque chose au fond de lui chuchotait que Max lui ressemblait un peu, sur ce point. Qu’il n’avait pas besoin de ces étreintes passionnées comme on en voyait dans les films et qu’on nous forçait à vivre pour se sentir normal. Qu’il préférait somme toute les amitiés et la camaraderie aux relations peut-être plus intimes. Du moins, pas en ce moment. La seule différence, c’est que Max n’avait pas eu besoin de faire le con et de prétendre être comme tout le monde pour affirmer ses préférences. Et Alistair insistait comme un idiot, comme sa mère qui voulait à tout prix le voir marié et avoir des petits-enfants, peu importe qu’il soit heureux ou non.

Il voulut renchérir que Max jouait son rôle de mère-poule à merveille lors qu’il vit son ami se lever du vieux sofa capitonné pour se diriger à pas lents vers la boule de papier qu’il avait jeté le plus loin possible d’eux. Il réprima la violente envie d’hurler à plein poumons l’ordre à Max de venir se rassoir le derrière sur ce maudit divan. Mais il n’aurait pas pu faire ça. Pas à Max. Il resta immobile, pâle comme la mort, les yeux rivés sur la feuille qui se défroissait.

« Tu n'aurais pas quelque chose à me dire par rapport ça ? »

Son ami se tenait debout, dans l’ombre du couloir et lui faisait face, la feuille tendue devant lui, en le regardant navré. Bien sûr qu’il avait lu la feuille. Max avait dû la trouver en rangeant. Quel imbécile Alistair avait été! Il aurait dû déchirer le documents et l’enfouir dans les poubelles. Il aurait dû être en colère. Faire une crise de rage, comme il savait si bien le faire avec les employés de son père . Hurler à son ami de prendre ses cliques et ses claques et décamper au plus vite de chez lui. L'envoyer chier. Tout pour éviter de voir l’horreur et le dégoût dans les yeux de son camarade. Mortifié, Alistair baissa la tête et resta un long moment silencieux. La panique l’avait gagné.

Ce ne fut que lors qu’il réussit à articuler qu’il enleva ses lunettes, pour regarder vers la grande fenêtre du living room. Il toussa un peu et se replia davantage dans un édredon, comme un petit enfant.

«Je n’arrive même pas à lancer une putain de boule de papier dans une corbeille.
Quand j’avais douze ans, j’ai demandé à mon père de m’inscrire dans le club de basket. Je trouvais ça cool, tu comprends, je m’imaginais faire des tirs au panier comme on en voit à la télé américaine. Mais mon père a catégoriquement refusé. Il disait que c’était un sport de voyous et de nègres, tu vois. Que si je tombais à leur niveau, j'allais finir avec une seringue dans le bras. Ces mots exacts-là. Mais mon père déteste tout ce qui est différent de lui. Les noirs étaient forcément des voyous, les Irlandais, des alcooliques, les pauvres, des paresseux et les homos et les ‘’ tous pervers de ce genre’’ comme il dit si bien vont tous finir par crever du Sida.»


Il baissa la tête.

« Faut croire que je ne dérogerai jamais de ses verdicts, hein? »
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() message posté Jeu 10 Mai - 14:05 par Maximilian Berkeley

Un long silence pesant s'installa, seulement perturbé par le bruit des voitures qui passaient dans la rue que l'on pouvait entendre à cause de la fenêtre ouverte. Je regardai toujours Alistair qui toussa et se resserra dans son édredon. Il retira ses lunettes. Il commença à me parler de son rêve d'enfant de faire du basket ball, de la réaction que cela avait engendré auprès de son père à l'esprit aussi fermé que la Corée du Nord. Un capitaliste raciste doublé d'un homophobe fini. Une belle sale petite race, en somme. Rien que le mot "nègre" annonçait la couleur -sans mauvais jeu de mots-. Fut un temps où l'utilisation de ce terme pour désigner les personnes noires de peau était normale. Cependant, ce mot était utilisé pour désigner des personnes que l'on considérait comme étant inférieure. Il n'y avait qu'à voir le marché d'esclaves noirs ou la ségrégation. C'était normal d'être raciste. L'art primitif servait à désigner l'art des populations d'Afrique Noire et même dans cette appellation, cela sous-entendait que cet art n'avait pas évolué et restait celle d'êtres humains primaires contrairement à l'art occidental que cette appellation "art primitif" sous-entendait comme étant évolué. "L'art nègre" aurait alors été considéré comme étant une sous-culture. Et remarquons que l'on n'utilisait pas l'appellation art premier pour désigner l'art grec antique, par exemple, alors que les oeuvres d'art retrouvées de cette époque étaient nettement plus antérieures que l'art africain, aztèque ou encore océanique, donc d'avantage primaires dans le temps. Encore un moyen de dévaloriser la population non-occidentale dans une logique ethnocentrique. Toute une controverse. Et je m'égare. Déformation professionnelle. Donc j'en venais à ma conclusion: le père d'Alistair était un arriéré encore perdu dans la mentalité du début du XXème siècle. Je me demandais s'il s'adonnait aussi à la track des communistes à la Joseph McCarthy.
Ce que me disait Alistair me faisait vraiment beaucoup de peine. Et il prétendait vraiment pouvoir affronter ça tout seul, sans en parler à personne ? Et entendre ces paroles rapportées comme quoi on mourait du sida m'hérissait les poils. Et que c'était aussi une maladie exclusive aux homosexuels aussi. C'était sûr: je n'éprouvais pas une once de sympathie pour ce Mr. Pratt. Personne ne mourait du sida. Les personnes atteintes du virus mourait des maladies provoquées par le sida, nuance. Je n'aimais pas entendre Alistair dire qu'il allait mourir. Non. Je détestais ça.
« Ne dis pas ça, Alis'. Je t'interdis de donner raison à tout père. Et putain mec... Comment c'est arrivé ? »
Je n'arrivais pas à croire au fait qu'il n'avait pas été assez prudent pour mettre une capote. Et avec les règles en vigueur, il était techniquement impossible de se faire transmettre le virus par transfusion sanguine. Je refusais également de croire qu'il s'injectait de la drogue avec des seringues peu hygiénique. Et j'espérais ne pas être simplement dans une illusion.
« Et si tu prends bien tes médicaments... Il va rien t'arriver, hein ? »
J'avais espoir. Vraiment. Je le regardais toujours dans les yeux, en quête d'une réponse rassurante au fin fond de son regard. Il ne pouvait pas se refermer sur lui-même. Il n'en avait pas le droit. Et j'allais être là pour l'en empêcher.

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