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A night in hell 2

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() message posté Dim 29 Avr - 21:53 par Frank Turner
A night in hell
Part II


Frank ne disait plus rien, il était concentré sur la route. Les paroles échangeaient entre Marceau et Williams étaient semblables à des échos lointains. Dans sa tête, Turner ne pensait qu'à Rachel, chacune de ses pensées lui étaient dédiées. Pour ne pas sombrer davantage, il ressassa sans modération leurs meilleurs souvenirs, qu'il se repassait comme l'on se repasse avec plaisir l'une des scènes que l'on affectionne tant dans un film. Le pied sur l'accélérateur, il cumulait les feux tricolores ne se souciant que trop peu de leurs couleurs. Portable en main, Jean continuait à échanger avec les unités compétentes. « Tu parles ! Si on doit compter sur eux, on n'ira pas loin ! » s'autorisa Frank pour lui. Le Français qui continuait à faire montre d'un calme olympien, indiqua les cordonnés aux collègues qui lui firent savoir aussitôt, qu'ils dépêchaient une équipe pour vérifier les docks. Frank tourna à nouveau. « - On ne va pas attendre qu'ils aient fait leur ronde ! » grommela-t-il

« Ne joue pas les cow-boys Turner, c'est tout ce que je te demande ! »

« - Je ne suis plus flics aux dernières nouvelles donc tu n'as aucun ordre à me donner Marceau. Certes c'est ton enquête, ton tueur, mais c'est MA femme, alors c'est MOI qui fixe les règles. Et j'ai décidé de prendre les devants. Si tu n'es pas content, tu vas te faire mettre. ! » Au moins cela avait le mérite d'être clair. Frank n'était pas là pour être sous les ordres de quiconque et bien idiot serait celui ou celle qui lui tenterait de lui faire entendre le contraire. Jean l'avait compris et le regard qu'il adressa à Williams en disait long sur le fond de ses pensées. Les minutes s'égrenèrent, le portable sonna à nouveau, à l'autre bout la voix de l'informaticien, plus incertaine que jamais, se fit entendre. « Il y a eu des échanges coups de feu. » Les paroles revinrent jusqu'aux oreilles de Turner. « Côté ouest dans les docks » Il accéléra à nouveau et défonça le grillage (tant pis pour la voiture) Les deux flics s'accrochèrent à leur siège, tandis que le pilote, les yeux rivés sur la route, accélérait dans la dernière ligne droite. « On a une victime l'homme est armé ! » Frank s'arrêta alors près de l'attroupement de policiers, délaissant Jean et sa collègue. « Monsieur, vous ne pouvez pas passer ! » lança l'un des flics en uniforme. « - Je suis de la maison ! »

 
« Nous devons attendre l'arrivée de l'unité spéciale ! »
 
« - Je viens de vous dire que je suis de la maison bordel de merde ! Laissez-moi passer »

« Nous devons attendre ... » Frank sortit alors son arme et sans réfléchir, il visa le jeune flic qui lui faisait face. « -Je ne vous veux aucun mal, mais si vous ne me laissez pas passer, je m'y emploierai » Jean accouru alors près à désarmer Turner qui semblait avoir perdu la tête. Frank profita d'ailleurs de ce moment d'égarement pour se précipiter vers les docks au grand dam de Jean « TURNER ! » À son tour, il fit pression sur les flics en faction, qui acceptèrent de le laisser passer lui et sa collègue. Frank arme en main pénétra les lieux et découvrit le corps sans vie du flic qui baignait dans une mare de sang. Son cœur se serra, puis il pria un dieu quelconque pour que Rachel n'ait pas subi ce même traitement. Jean parvint quant à lui à se rapprocher de Turner. « -  Ne me sermonne pas ok ? »

«  Tu as pété un plomb ou quoi ? »

«  - Je suis prêt à tout pour elle » Furent les dernières paroles de Frank qui reprit son avancée tandis que le tueur, revenait sur ses pas pour terminer ce qu'il avait commencé.  Il découvrit alors une Rachel plus impuissante que jamais, qui mobilisait les dernières forces qui lui restait pour se traîner au sol. « Non, ma jolie, ne gaspille pas tes dernières forces pour si peu. Je te l'ai dit, tu altères le goût de la viande en agissant de la sorte. » Frank se mit alors à courir dans les couloirs, se fichant bien des risques qu'il prenait et qu'il faisait prendre aux autres. « Nous avons très peu de temps maintenant mon ange ! » lança le psychopathe en se rapprochant de Rachel. « Je n'avais pas prévu cela vois-tu ! » dit-il d'un ton niaiseux en attrapant le couteau de boucher qui était à sa portée. Le cœur de Frank cognait rudement contre sa poitrine, l'adrénaline pulsait dans ses veines, tandis qu'un filet de sueur tapissait son front. Les échos lointains se faisaient de plus en plus perceptibles à mesure qu'il avançait. « Aller, on y est presque ! ALLER ! » Le tueur attrapa Rachel par les cheveux. « Ne te débats pas ! » et approcha la lame de sa gorge. Frank pénétra la pièce et vit la gorge de Rachel cernée par l'imposante lame « - Fils de pute ! » Il se précipita aussitôt sur le tueur tandis que Marceau et sa collègue arrivaient. Le criminel chargé par une boule de fureur, perdit l'équilibre et tomba à terre, délaissait bien malgré lui sa lame. Frank qui se trouvait au-dessus, commença à asséner au tueur plusieurs coups de poings qui gagnèrent en intensité à mesure qu'il cognait son visage.


L'ancien flic laissait entendre des grognements bestiaux. Il continuait encore et encore, ses phalanges s'empourpraient peu à peu, tandis que le visage du psychopathe se délestait progressivement de son humanité. Frank, que la colère avait transformé en bête sauvage, massacrait littéralement l'homme. « Frank arrête ! ARRETE ! » Marceau dut intervenir pour que son ancien camarade n'éclate pas le crâne du tueur. « - AHHHH LACHE-MOI ! LACHE-MOI ! » Il se débattait avec vigueur, mais la vision de Rachel, sans défense et en piteuse état, le calma aussitôt « - Rachel ! Rachel ! » Il se précipita sur elle délaissant sa proie « - Mon amour ! » Il tenta de la soulever avec une infime douceur. D'autres flics entrèrent dans la pièce et découvrir la scène d'horreur « - Appelez les secours ! » lança Frank, la voix à moitié brisée. « Ils sont déjà là monsieur ! » Ils quittèrent donc les sous-sols et regagnèrent la surface. « - Je suis là mon amour, je suis là ! » n'avait-il de cesse de répéter à Rachel. « - Poussez-vous, laissez-moi passer ! Poussez-vous ! » Il parvint enfin à rejoindre l'ambulance qui venait de se garer. Les gyrophares l'éblouirent l'espace d'un instant. Tout se passa si vite, tellement que Frank ne se rendit pas compte qu'il était là, dans l'ambulance, assit à l'arrière, la main ancrée dans celle de Rachel, destination l'hôpital. « - Je suis là mon amour ! Je t'aime, si tu savais comme je t'aime » n'avait-il de cesse de répéter, le regard brillant, le cœur brisé par tant d’impuissance. 
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() message posté Dim 29 Avr - 23:23 par Rachel-Mary Parker-Davis
A night in hell
Part II


Rachel ne se rendait plus compte de rien. Sa rencontre un peu trop brutale avec le sol avait achevé de l’assommer, et si elle était encore en semi-conscience, elle était incapable de réellement coordonner ses gestes. Les bruits lui semblaient si lointains, mais le tueur était revenu et même ses pas à côté d’elle sur le sol ainsi que sa voix pernicieuse lui parurent venus d’ailleurs. Ce n’est que lorsqu’il l’attrapa par les cheveux qu’elle émergea un peu plus, sentant la douleur dans son cuir chevelu. Elle ne pouvait plus crier ni même se débattre. Elle sentit la lame froide d’un couteau toucher la peau de sa gorge. La chirurgienne sentait sa dernière heure arrivée et se surprenait presque à espérer que ça ait eu lieu avant. Elle ferma les yeux, laissant une larme rouler sur sa joue, mais quelque chose la ramena à la réalité, une chose qu’elle pensait ne plus jamais connaître : la voix de Frank Turner. Sans comprendre ni même voir quoi que ce soit, elle se retrouva à nouveau parterre, sans vraiment savoir si c’était son imagination qui lui avait joué des tours. Elle était bien incapable de toute réflexion cohérente. Ce n’est qu’une minute plus tard lorsque son prénom fut prononcé par cette voix familière que Rachel comprit que Frank était vraiment là. Il était là, enfin ! C’était donc qu’elle était sauvée ? Elle n’eut le temps que d’ouvrir les yeux une poignée de secondes pour voir son regard doux et bleuté avant de sombrer à nouveau.

La chirurgienne comprit qu’elle était dans une ambulance en entendant au loin la sirène, mais surtout les termes médicaux échangés.

Ils parlent de moi ?

Les soignants présents dans l’ambulance transmettaient son nom visiblement à l’hôpital le plus proche ainsi que son état.

Non ! Ils vont prévenir Maxwell !

Elle pouvait aussi entendre la voix de Frank, le seul élément rassurant.

Frank, mon amour, ne me laisse pas, je t’en prie. FRANK !

Mais aucun son ne sortait de sa bouche, tout restait dans sa tête, ses yeux ne pouvaient s’ouvrir, à croire que son cerveau ne contrôlait plus ses mouvements ni sa parole. L’américaine était bien incapable de savoir le temps écoulé avant leur arrivée à l’hôpital, tout ce qu’elle savait, c’était qu’elle ne ressentait plus rien, elle avait l’impression de flotter. Ils lui avaient sans doute administré de la morphine. Mais elle sentait la main de Frank dans la sienne. Elle aurait tant voulu lui rendre son étreinte, lui dire qu’elle l’aimait aussi, le remercier d’être là.

Ce n’est que trois heures plus tard qu’elle émergea à nouveau. Avant même d’ouvrir les yeux, elle sentit une main dans la sienne.

Frank…

Lorsqu’elle ouvrit les yeux, difficilement, et constata avec horreur que la personne qui était avec elle dans cette chambre n’était autre que Maxwell. Son rythme cardiaque s’emballa, comme l’attestait le moniteur auquel elle était reliée et qui se mit à biper. Une infirmière entra en trombe.

« Docteur Davis, calmez-vous, je vais chercher le médecin. »

L’infirmière alla chercher le médecin qui s’était occupé de Rachel tandis que Maxwell retenait la main de son épouse qui essayait de se défaire de cette étreinte dont elle ne voulait pas. Elle cherchait Frank du regard. Mille scénarios lui passèrent par la tête. De sa main libre, elle poussa le masque à oxygène qui lui entravait le visage.

« Calme-toi ma chérie. Ils n’ont rien voulu me dire tant que tu n’étais pas réveillée alors tu te détends ».

Rachel se demandait si elle avait rêvé, si Frank avait bien été là. Si oui, elle espérait que Maxwell ne l’avait pas vu, et elle préférait ne pas en parler de peur de faire une boulette. Le médecin entra avec un dossier en main.

« Monsieur et madame Davis, j’ai peur de ne pas avoir de bonnes nouvelles ».

La pédiatre ne parvint à entendre la suite tant son esprit était accaparé par son inquiétude pour Frank. Elle sentit néanmoins la main de Maxwell serrer la sienne un peu trop fort à son goût. Le terme « fausse couche » venait d’être énoncé et l’entrepreneur allait sûrement le lui faire payer.

- Sortez. Posez ce dossier sur la table et sortez, tous les deux. Je ne veux plus voir personne.

Sa voix n’était pas aussi forte qu’elle l’aurait voulu mais elle n’avait pas la force de faire mieux.

« Je ne pense pas que ce soit une b... »

- Je ne vous ai pas demandé l’heure ! Vous savez qui je suis ? Posez ce foutu dossier sur cette table et sortez. Toi aussi, Maxwell. Laissez-moi, je ne veux plus vous voir ni l’un ni l’autre.

Ne voulant pas contrarier sa patiente et la sachant dans le corps médical et bien mieux placée que lui, le docteur obtempéra, invitant du regard le mari de sa patiente à le suivre. Ils continueraient leur conversation un peu plus loin hors de la chambre. Pendant ce temps, Rachel mobilisait ses forces pour attraper de ses mains tremblantes le dossier médical relatant ses maux et ce qui avait été fait pour tenter d’y remédier. A mesure qu’elle lisait, des flashs lui revenaient en mémoire. Contusions, coups au visage, fracture de la pommette gauche, traumatisme crânien léger, interruption spontanée de grossesse, viol, électrocution, profonde entaille au quadriceps droit… Rachel repoussa le dossier qui tomba mollement au sol, les feuilles s’éparpillant, tandis que les mains tremblantes de l’américaine recouvraient son visage alors qu’elle éclatait en sanglots. Elle était déroutée, perdue, désespérée. Comment la vie pouvait-elle être aussi cruelle avec elle ? Qu’avait-elle bien pu faire pour mériter tout ça ? L’infirmière revint discrètement dans la chambre, ce qui fit sursauter Rachel.

« Madame, je... »
- J’ai dit que je voulais rester seule ! l’interrompit-elle d’une voix étranglée.

L’infirmière s’éloigna alors.

- Attendez ! Est-ce que… est-ce qu’il y avait bien un homme dans l’ambulance ? Frank Turner ?

La jeune femme se retourna et acquiesça. Rachel se sentit soulagée mais son coeur se serra. Il ne fallait pas que Maxwell le voie. Elle pouvait entendre les bips relatifs à son rythme cardiaque changer encore. Elle arracha le détecteur accroché à son index.

- Il va bien ?
« Oui docteur, il voulait venir vous voir, mais comme vous le savez, on n’autorise que la famille à venir... »

Rachel souffla de soulagement. Il allait bien. Mais il ne fallait pas qu’il la voie ainsi, il allait s’inquiéter. Et puis Rachel se sentait vraiment comme le dernier des boulets. Frank ne méritait pas ça. Il valait mieux qu’il l’oublie.

- Vous avez raison.
« Essayez de dormir. Le psy passera vous voir avec le médecin dans quelques heures. »
-Non, je ne veux voir personne.
« Vous préférez que ce soit une femme ? »
- Je ne veux voir PERSONNE ! Ne m’obligez pas à élever la voix ! Sortez.
« Très bien, très bien, calmez-vous Dr Davis. Tâchez de vous reposer. »

L’infirmière quitta la pièce, laissant Rachel seule, le regard rivé sur le plafond, ayant bien du mal à retenir ses larmes.

 
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() message posté Lun 30 Avr - 23:20 par Frank Turner
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Part II


Assit dans la salle d'attente, le regard perdu, Frank attendait. Un médecin était passé le voir pour lui faire savoir avec bienveillance, qu'il pouvait l'ausculter. L'ancien flic lui lança un regard noir qui suffit à éloigner le jeune homme. Il faut dire que l'état des phalanges de l'Américain pouvait aisément susciter l'inquiétude d'un spécialiste, mais pour l'heure notre tête brûlée avait d'autres préoccupations que de se focaliser sur sa petite personne. Il quitta donc la salle pour retourner pour la énième fois à l'accueil. « - Je viens aux nouvelles ! » demanda-t-il avec ce qui lui restait encore de bienveillance ce à quoi la dame lui répondit, l'air désolé : « Le Dr Davis n'est pas encore sorti du bloc et comme vous n'êtes pas de... » Et bam, un autre coup dans la tronche, comme si ça n'était pas assez. Frank serra à nouveau la mâchoire et acquiesça, que pouvait-il faire de plus ? « - Ouais je connais le refrain. N'étant pas de la famille, je n'ai le droit à aucune information. » ajouta-t-il avant de tourner les talons. « Je suis désolée ! » Elle aussi faisait preuve de bienveillance à l'égard de l'ancien flic, mais ça n'était pas assez. Il revint alors sur ses pas, se dressant face à la réception toujours assise à sa place à consulter l'écran de son ordinateur. « - Pas la peine de faire semblant ! Dites la vérité aussi brute soit-elle, cela devrait suffire. Je ne suis pas son mari, mais moi, je suis là pour elle, moi, je l'aime comme elle le mérite. Alors oui, je ne suis pas son mari, c'est vrai, mais contrairement à lui, moi, je l'aime ! » Le regard mauvais et la mâchoire crispée, éprouvait par cette tirade d'une rare intensité et sous le regard de quelques spectateurs, il traîna son corps jusqu'à sa chaise et souffla longuement avant de se prendre le visage entre les mains et faute de mieux, il se rua vers un distributeur et opta pour la toute première cochonnerie qui lui tomba entre les mains. Son portable se mit alors à vibrer, lui rappelant de plein fouet ses autres responsabilités. Il délaissa donc son mars qu'il balança à la poubelle et appela Dylan inquiet de ne plus avoir de nouvelles de son aîné.

« - Re ! Bowie dort ? Super ! Non, je suis à l'hôpital-là. Non-petite crapule ne t'inquiète pas, je vais bien » dit-il en posant le regard sur sa main abîmée. Sa voix ne tremblait pas, contrairement à ce qu'il aurait cru. Il restait maître de lui-même et tachait de rassurer son petit frère en lui épargnant les détails. « - Tu peux me le garder pour cette nuit ? Promis je passe le chercher demain. Merci Dylan, tu es un chef ! »  Il esquissa un dernier sourire avant de raccrocher et de retourner le cœur lourd, sur sa chaise dans la salle d'attente. Les heures passèrent, rien ne changeait et lui restait, tel un chien abandonné, dans l'attente d'un maître qui ne venait pas. Fixant le cadran de sa montre et avalant son énième café, il profita de l'inattention de la dame « conciliante » pour rejoindre l'un des ascenseurs à disposition. Il se foutait bien du « quand, dira-t-on, des regards et des rumeurs. Il se fichait aussi d'avoir des ennuis avec « le mari » tout ce qui comptait était Rachel et personne d'autre. Il rejoignit donc ce qui lui semblait être le bon étage. Rachel devait certainement, au vu de l'heure, être sorti du bloc. Il checka une à une les portes de chaque chambre prenant soin de se cacher lorsqu'une blouse blanche était en approche. D'ailleurs, il faillit se faire prendre sur la dernière ligne droite. Plaqué contre un mur adjacent, il ne put cependant échapper à l'échange entre les deux médecins, accessoirement des collègues de Rachel. « C'est tellement triste ! Elle était enceinte de cinq semaines. On n'a pas pu sauver le bébé ! »

« La pauvre, je suis sûr qu'elle aurait fait une bonne mère en plus. Rachel est adorable avec les gosses. » Puis ils s'éloignèrent l'air de rien, laissant sur leur passage une révélation qui venait d'anéantir totalement Frank Turner. Plus aucun doute ne subsistait, si la femme qu'il aimait été enceinte, ce n'était certainement pas de lui puisqu'ils ne s'étaient pas encore donnés l'un à l'autre. Glissant contre le mur, le regard brillant, il acheva sa descente. Son cœur tapait contre son torse, sa gorge sèche l'empêchait presque d'avaler sa salive. Il baissa la tête, une première perle salée roula contre sa joue, il l'essuya aussitôt, se releva non sans mal et continua à chercher le nom de Rachel sur l'un des écriteaux qui se présentaient à lui. Et quand enfin, il le trouva, aucun soulagement ne vint récompenser son action. Le cœur toujours aussi lourd, il tapota légèrement contre la porte. Si Maxwell était présent, il lui ouvrirait, le cas échéant, il se retrouverait comme un con devant une porte close. Quelques secondes s'écoulèrent avant qu'il ne retoque contre la porte et ne se décide enfin à entrer. Elle était là, allongée dans un lit trop grand pour elle, branchée à divers appareils. Il avança prudemment en laissant entendre un petit « - C'est moi ! » Le visage de Rachel, cette ode à la beauté, était tuméfié, rendant la contemplation douloureuse pour Frank qui attrapa le siège près de la fenêtre et le rapprocha du lit de la pédiatre avant de lui saisir la main. Il préféra, pour le moment, oublier ce qu'il venait d'entendre, Rachel n'était pas en état et il n'avait aucun droit de s'en prendre à elle. « - Mon amour ! » Il porta sa main à sa bouche et la lui embrassa avec douceur. La voir ainsi plongea l'azur de son regard dans un abîme de tristesse sans fond. Il s'en voulait tellement qu'il ne pouvait s'empêcher de le laisser entendre. « - Pardonne moi ! J'aurai dû être là plus tôt. Mon amour, si tu savais comme je m'en veux ! »
 
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() message posté Mar 1 Mai - 12:44 par Rachel-Mary Parker-Davis
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Part II


Allongée, les yeux rivés sur le plafond, Rachel revoyait les images ignobles des atroces événements qui avaient eu lieu quelques heures auparavant, superposées aux lignes qu’elle avait lues dans ce dossier médical dont les feuilles se trouvaient à présent éparpillées sur le sol sur le côté droit du lit. Tout son corps tremblait en soubresauts incontrôlables tandis que les larmes coulaient sans discontinuer le long de ses joues. Elle ignorait combien de temps s’était écoulé, elle reconnaissait juste quelques détails lui faisant comprendre qu’elle se trouvait dans l’hôpital londonien qu’elle connaissait bien puisqu’elle y travaillait, et cette simple idée la rendait malade. Elle aurait simplement voulu disparaître, ne plus exister, qu’on l’oublie. Et Frank dans tout ça ? Selon elle, Frank ne méritait pas de subir ça. Il venait de retrouver son fils, il ne méritait pas d’avoir encore un sujet d’inquiétude. La chirurgienne en venait même à regretter de ne pas y être restée. Ainsi, Frank aurait la paix, et elle aussi, elle n’aurait pas à subir toutes ces souffrances physiques et psychologiques.

Épuisée et sans doute sous encore sous le joug des anesthésiants et autres tranquillisants qu’elle s’était vue administrée, l’américaine finit par s’assoupir à nouveau. Des images inquiétantes lui parvinrent, des ombres, le rire angoissant du tueur, d’autres bruits tout aussi effrayants comme celui d’une lame qu’on ramasse. Et finalement, dans tout ce chaos, la voix de Frank, au début paraissant si lointaine, mais qui semblait se rapprocher. Cette voix qui était si rassurante pour Rachel. Sans réaliser qu’il était vraiment là, à côté d’elle, la pédiatre espérait. Elle sentit alors quelque chose ou quelqu’un lui toucher la main. Elle entendait cette voix d’encore plus près, et sentant une faible pression sur sa main, elle tenta péniblement d’ouvrir les yeux. Tout ce qu’elle vit d’abord ne fut qu’une silhouette, ce qui la fit paniquer, son coeur s’emballa tandis qu’elle sursauta en poussant une exclamation de terreur. Tout son corps se remit à trembler de manière incontrôlable. Sa vision se fit ensuite plus nette et elle réalisa que c’était bien Frank qu’elle voyait.

- Frank ? C’est bien toi ? Demanda-t-elle d’une petite voix.

Il était là, auprès d’elle, le regard empli de tristesse. Il était malheureux à cause d’elle. A bout de force, elle ne pouvait plus retenir ses larmes et éclata en sanglots.

- Je suis désolée, mon amour, pardonne-moi, je t’en prie.

Rachel ne voulait pas que Frank la voie ainsi, mais c’était trop tard, il était là, et elle n’avait pas le coeur de lui demander de partir, d’autant que sa présence la rassurait. Elle s’en sentit d’ailleurs bien égoïste, à espérer qu’il resterait. Mais il avait tous les droits de s’en aller, il serait bien mieux avec son fils. D’ailleurs, où était Bowie ?

- Samuel, où est-il ?

A cause d’elle, il avait écourté sa soirée avec son fils, alors qu’il attendait ça depuis si longtemps. Comment pourrait-il lui pardonner ? Et pire que tout, il allait apprendre qu’elle lui avait menti, qu’elle lui avait caché la vérité. Il fallait qu’elle le lui dise avant que toute cette histoire ne fasse un tapage monstre. Maxwell avait parlé pendant sa foutue soirée, et maintenant la fausse-couche était dans son dossier, ça finirait bien par se savoir. Ses mains continuaient de trembler et elle les cacha sous la couverture, tachant de se redresser, non sans mal, grimaçant à cause de toutes les douleurs qu’elle ressentait un peu partout.

- Frank… il faut que je te dise quelque chose.

Il va me détester après ça, c’est sûr.

Ses larmes redoublaient d’intensité et sa voix se faisait chevrotante.

- Je peux plus garder ça pour moi, j’aurais dû te le dire avant, mais je voulais te faire de peine, tu venais à peine de revenir, tu ne méritais pas que je t’accable de mauvaises nouvelles alors que tout commençait à s’arranger pour toi.

 
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() message posté Mer 2 Mai - 23:15 par Frank Turner
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Part II


La veine figurant sur sa tempe avait cessé de le titiller à l’inverse de ses poings, qui maintenant que l’adrénaline s’était estompée, commençaient à vraiment lui faire mal. La douleur se voulait supportable, mais était présente, tout comme la prémisse de migraine, signe annonciateur de nuits blanches à venir. Là, assit sur son inconfortable chaise, dans cette salle d’attente impersonnelle et sans couleurs, Frank rongeait son frein. Le regard fixé sur cet immonde sol en damiers noir et blanc, il céda bien malgré lui à l’appel de l’introspection. Et sans surprise, la culpabilité qui le hantait demeurait immense, à la hauteur de son auto dépréciation mise en valeur par la liste d’adjectifs qu’il égrenait dans sa tête avant que sa mémoire ne le trahisse pour le mener aux docks. L’odeur de marée basse fit imploser son odorat, l'obligeant à respirer essentiellement par la bouche. Dès lors, il se revoyait, plein d'incertitudes, fouler le sol, instable malgré la détermination qui l'animait. Arme en main, il tenait en joug un jeune officier en uniforme, qui en l'empêchant de franchir le cordon de sécurité, ne faisait que son travail. Frank, rongé par la colère et la peur, aurait-il été jusqu'à tirer sur le bleu si d'aventure l'homme s'était à nouveau opposé à lui ? La réponse semblait logique, mais tardait à se faire entendre. Mais Frank le savait, au moment même où Marceau l'avait notifié de la situation, l'ancien flic céda sa place à l'homme et le cerveau au cœur. Dès lors, ni le professionnalisme ni le respect de la procédure n'avaient lieu d'être. Rachel n'était pas qu'une simple victime, le lien qu'elle partageait avec Frank allait bien au-delà de tout cela. Il l'aimait plus que tout au monde, autant que sa propre liberté qu'il aurait pu sacrifier en laissant la déraison le mener jusqu'à l'illicite. Par chance, Frank n'était pas seul et Jean en désertant très rapidement le véhicule avait certainement sauvé la jambe ou le bras du jeune flic (des zones privilégiées par Turner s'il eut été obligé de faire feu pour progresser) mais aussi la carrière de son camarade, qui malgré le licenciement, n'était pas encore à son terme.

Le temps passé à ne rien faire ne l'aida point à se défaire de son trouble, ni des violentes images qui tapissaient son esprit dorénavant. Il se revoyait courir comme un dératé dans cet interminable couloir. Arme en main, il tentait de ne pas se laisser contaminer par le désespoir. Rachel était là, en vie, il ne pouvait en être autrement. Malgré tout, il ne put se jouer de ce désespoir qu'il combattait de toutes ses forces et l'espace d'un instant, aussi éphémère soit-il, il laissa le pire lui faire voir le corps sans vie de sa bien-aimée avant d'enfin mettre un terme à sa course folle. Il se revoyait ainsi faire face à la lame d'un couteau de boucher, prête à sectionner la carotide de la pédiatre. Et c'est malheureusement cette dernière image que Frank gardait en mémoire, il tenta malgré tout de s'en défaire en dirigeant son regard sur ses mains. Mais c'était peine perdue, car tout le renvoyait à cette scène glauque et à ce moment où une fois encore, la folie et la colère furent de concert pour le pousser à braver l'un des trois interdits fondamentaux érigés par notre société, à savoir le meurtre. En effet, il posa à nouveau son regard sur ses mains, vectrices d'une mort certaine pour l'adversaire. La violence des coups portés fut si forte que chacune de ses phalanges se retrouva profondément marquée. Il l'ignorait encore, mais le tueur était dans un état tout aussi sale que le lieu choisit pour exécuter sa sordide représentation. Son cœur s'était enrayé, cristallisant tout un flot de sentiments qui pour la plupart stagnaient depuis des décennies. Le meurtrier avait ouvert la boîte de Pandore et s'apprêtait à en subir le courroux par le biais de son unique spectateur. Frank n'était alors plus en capacité de réfléchir, sous le coup de l'adrénaline, sa fureur se décupla et alors qu'il continuait à se perdre dans ses pensées, toujours inconfortablement installé en salle d'attente, il se vit bondir sur le psychopathe qui emportait au sol se retrouva désarmé et à l'affut de la bête sauvage animée par la fureur et bien décidée à abattre sous courroux. Les gestes de l'un étaient frénétiques dans la défense et ceux de l'autre l'étaient dans l'attaque. Les poings en feu, Frank continuait à frapper, à cogner, à briser plusieurs os de cet ignoble visage qui perdait peu à peu en humanité. Il se dépensait en énergie et dans le massacre. Puis au paroxysme du combat, Jean sorti de l'ombre et résonna son ami l'empêchant ainsi d'ôter la vie au coupable. Frank vit alors, durant une fraction de seconde, le reflet de son père dans le miroir qui leur faisait face et comprit bien malgré lui que les efforts, la distance et le temps passé, n'avaient suffi à gommer ce qui lui semblait la violence en lui, en eux.

Passé l’attente et alourdit par la fatigue, Frank se fit plus audacieux. Observateur et à l’affut, il profita de l’inattention de la réceptionniste et retrouva l’ascenseur avant de mener son expédition afin de retrouver Rachel. Mais les dès étaient déjà pipé et le peu de courage qui lui restait encore, fut anéantit par une révélation qui ne venait même pas de l’intéressée. C’est donc le cœur lourd et le regard vide que l’ancien flic pénétra la chambre de la pédiatre, un regard qui reprit une contenance lorsqu’il l’a vit allongée et sans défense dans son grand lit d’hôpital. Il ne pouvait lui en vouloir, il ne pouvait la blâmer, la situation et l’instant ne s’y prêtait pas. Rachel avait assez souffert, il était inutile d’ajouter de l’huile sur le feu en évoquant un sujet aussi polémique. Et puis, il en était sûr, ce bébé n’était certainement pas le fruit de l’amour. D’ailleurs était-il le fruit du consentement ? Connaissant la réponse, Frank sentit presque instantanément la colère lui monter en nez. Bon sang qu’il s’en voulait, une fois encore il avait échoué à la protéger et une fois encore, l’on avait abusé d’elle. Ce cycle infernal allait-il s’achever un jour ? Tous les deux, ensemble, allaient-il connaître enfin un semblant de bonheur ?!  « - Mon amour ! » laissa-t-il entendre de sa voix la plus douce. Le fait qu'elle soit effrayée, le blessa, bien qu'il est conscience qu'agir de la sorte après un tel traumatisme, soit normal. Mais il devait l'accepter, il devait passer outre l'abrupte vérité et ça, pour l'heure, il en était tout bonnement incapable. Alors, il se concentra sur elle, sur eux, sur ce qui les unissaient l'un à l'autre, sur le meilleur et juste le meilleur. Elle éclata en sanglots, il serra la mâchoire, il devait tenir, être fort pour deux, être son roc, son épaule, son corps de protection. Il devait parer toutes les épreuves à venir. En était-il seulement capable à présent ?

« - Hey non ne t'excuse pas, ce sont les enfants qui s'excusent où les personnes qui ont fait quelque chose de mal. Et je n'ai pas à te pardonner Rachel, pourquoi le devrais-je ? » Il songea dès alors à cette grossesse qu'elle lui avait cachée. Allait-elle lui en parler ? Il avait bon espoir et préféra de ce fait, lui laissait le champ libre pour qu'elle l'évoque d'elle-même. « - Ne pleures pas ! » Sa main quitta la sienne pour venir se poser le plus légèrement possible contre sa joue. « - Bowie va bien, il est avec Dylan qui me le garde jusqu'à demain. » Sa voix, qu'il voulait pleine de certitude, tremblait légèrement et son regard si profond et insondable peinait à rester focaliser sur Rachel. Pour dire vrai, il ne supportait que très mal de la voir dans cet état dont il était à son sens, responsable. « - Rachel... » commença-t-il en même temps qu'elle. Il le voyait dans son regard sucré qui désormais laissé paraître tant de sentiments négatifs dont la peur et une infime tristesse. Elle voulait parler, elle devait le faire, elle en avait besoin, plus que lui. « - Vas-y ! Je t'écoute ! » Il comprit alors, sans qu'elle le dise, ce qui se cachait derrière ce besoin de parole un regard avait suffi, comme toujours. Elle commença donc, en tentant tant bien que mal de dompter ses tremblements et en essayant de se redresser au grand désarroi de Frank qui n'hésita pas à le faire savoir « - Non, arrête ! » lança-t-il entre douceur et fermeté. « - Reste allongée ! » Elle pleura à nouveau, il se rapprocha donc en prenant soin de sortir ses mains tremblantes de dessous la couverture. Il avait compris, elle n'avait pas besoin de le dire. « - Je sais ! Je sais ce qu'il y a à savoir. Le bébé ! J'ai entendu deux types en parler. J'aurais aimé l'apprendre dans d'autres circonstances, mais ce n'est ni le lieu, ni le moment de parler de ce que je veux moi. Ça n'a pas d'importance. J'ai failli le tuer ! J'étais à deux doigts de le faire, tu sais ! Je n'ai pas réfléchi. Je n'ai jamais autant flippé de ma vie et je ne me suis jamais senti aussi impuissant. » Il serra le poing, marqua un silence et se frotta les yeux. « - Je ne veux pas te perdes Rachel. Je veux passer chaque heure, chaque minute, chaque seconde avec toi. Ma vie sans toi n'a aucun sens. Si je ... je t'avais perdu je... »  Sa voix tremblait, son cœur cognait, ses yeux brillaient. « - Je te demande pardon ! Pardon d'avoir commis tant d'erreurs, d'avoir été lâche par le passé et de ne pas avoir su te protéger. Pardon Rachel ! Pardon ! » Il craqua, la fatigue venait d'avoir raison de lui.
 
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() message posté Jeu 3 Mai - 22:20 par Rachel-Mary Parker-Davis
A night in hell
Part II


Partout sauf ici, Rachel aurait préféré n’importe quoi à cette horrible soirée de cauchemar éveillé. Mais la réalité était ainsi. Elle était à présent de l’autre côté de la barrière, elle n’était plus soignante mais patiente. Elle se rappelait les cas horribles auxquels elle avait été confrontée lors de son stage en traumatologie et au final, elle enviait presque ceux qui y étaient restés. Pour l’instant, elle ne sentait plus rien, la morphine faisait bien son effet, mais qu’en serait-il une fois les effets dissipés ?

A présent éveillée à nouveau, après un sursaut le temps que sa vue s’acclimate et qu’elle réalise que c’était Frank qui tenait sa main, Rachel reprenait ses esprits. Toujours dans la bienveillance, son grand amour lui parlait avec douceur et gentillesse.

Quel amour. Je ne le mérite pas.

Il essayait de sécher ses larmes avec douceur et la rassura pour Bowie qui était chez Dylan.

-Si, Frank… je te dois des excuses.

La gorge de la pédiatre était nouée, c’était si difficile, elle se sentait si mal. Cet homme était la bonté-même, et elle ne faisait que le faire souffrir et le mettre en danger, bien malgré elle, certes, mais les faits et les résultats étaient là. Qui voudrait d’une compagne pareille ? Incapable de retenir ses larmes, les sanglots éclatèrent tandis que Frank essayait de la rassurer, lui demandant de rester allongée pour ne pas se faire mal, et allant même jusqu’à prendre entre les siennes ses mains tremblantes. Alors qu’elle essayait de commencer une explication, il lui coupa l’herbe sous le pied. Les yeux de la chirurgienne s’écarquillèrent. Il savait ?

- Tu… quoi ? Mais… comment ? Qui ?

Son coeur se serra encore davantage. Il l’avait appris et par deux inconnus qui discutaient en plus ?

- Je suis vraiment désolée, je suis en-dessous de tout. Je voulais pas te mentir, ni te cacher la vérité, Frank, je te le jure. Mais tu… tu venais de rentrer, et tu avais l’air heureux et… moi je ne pouvais plus rien faire, c’était trop tard. Et tu avais Bowie, c’était Noël… Pardonne-moi, je t’en prie.

La gorge serrée, elle l’écouta parler tandis que ses larmes continuaient de rouler sur ses joues dont l’une des pommettes était devenue violette à cause du coup qu’elle avait reçu. Elle avait bien du mal à se calmer, hoquetant presque à chaque inspiration tandis qu’elle resserrait sa main autour de celle de Frank, horrifiée par ce qu’elle entendait. Il avait failli tuer l’ordure qui l’avait enlevée. Elle avait failli faire de lui un meurtrier.

- Oh Frank… Heureusement… Heureusement que tu ne l’as pas fait.

Rachel n’arrivait pas à vouloir du mal à cet homme. Elle espérait néanmoins que la justice fasse son travail, ainsi que la médecine parce qu’il était clair qu’il avait un problème de taille au niveau mental, mais elle ne souhaitait pas sa mort malgré tout ce qu’il lui avait fait subir, et encore moins de la main de Frank. Celui qu’elle aimait aurait risqué sa carrière, sa crédibilité, et probablement de gros ennuis avec la justice si une telle chose était arrivée, sans parler des dommages psychiques. On n’ôte pas la vie impunément, sauf peut-être pour les malades comme cet homme qui s’était plu à lui faire tant de mal. Y repenser, entendre à nouveau son rire et sa voix pernicieuse fit frissonner l’américaine qui ferma les yeux avec une légère grimace. Elle les rouvrit immédiatement, touchée par la déclaration de cet homme qu’elle aimait par-dessus tout et qu’elle était persuadée ne pas mériter. Le regard empli de tristesse, elle posa sa main sur la joue de son âme-sœur, celui qu’elle ne voulait pour rien au monde décevoir encore.

- Oh non Frank… ne dis pas ça.

Sa voix était étouffée par l’émotion.

- Je t’aime tant, si tu savais. Tu n’as commis aucune erreur, tu n’as pas été lâche, au contraire, tu m’as sauvée la vie. Tu as pris tous les risques pour moi, et… et tous les mots ne suffiraient pas pour te remercier à la juste mesure de ton héroïsme. Je t’aime tellement, je regrette tant de te créer autant de problèmes depuis qu’on s’est retrouvés. C’est à moi de te demander pardon, pas l’inverse.

Comment pouvait-il encore vouloir d’elle après tout ce qu’il avait subi par sa faute? Elle regarda ses mains qu’elle tenait dans les siennes, et en les ouvrant, elle remarqua les entailles sur ses premières phalanges, sûrement des stigmates de ce combats contre le monstre qu’elle n’avait que partiellement entendu tant elle était assommée. Une frémissement la prit.

- Frank, où il est maintenant ? Ce… cet homme, où est-ce qu’il est ?

Frank avait dit qu’il ne l’avait pas tué mais presque. Connaissant celui qui faisait battre son coeur, et son tempérament, il n’avait pas dû y aller de main morte, ce psychopathe devait être dans un sale état… Ce qui voulait dire qu’il avait sûrement été hospitalisé. Le coeur de Rachel s’emballa, trahi par le moniteur branché à son index.

- Tu l’as blessé, alors ils est ici, il est ici n’est-ce pas, dans cet hôpital ?!

Les tremblements, s’ils n’avaient jamais cessé, reprenaient de plus belle.

- Je veux partir d’ici, je veux qu’on rentre !

Elle lâcha sa main pour pousser les couvertures et essayer de se lever. C’est à ce moment-là qu’une infirmière entra, attirée par le bruit de l’électrocardiogramme.

« Dr Davis, qu’est-ce qui se passe ? Et vous, qui vous a permis d’entrer, qui êtes-vous ?! » demanda-t-elle en remarquant la présence de Frank.

- Laissez-le tranquille et filez-moi une décharge de sortie ! Je ne resterai pas ici une minute de plus !

« Calmez-vous, j’appelle le médecin. Voulez-vous que j’appelle votre mari aussi ? » demanda-t-elle en composant un numéro sur le fixe de la chambre pour biper le docteur en question.

- NON je veux partir TOUT DE SUITE !

L’infirmière s’approcha pour l’empêcher de se lever tandis que le médecin entra.

« Qu’est-ce qui se passe ici ? Dr Davis vous êtes beaucoup trop agitée. Donnez-lui un peu d’alprazolam. Et vous, vous êtes de la famille ? » demanda-t-il en constatant à son tour la présence de Frank tandis que l’infirmière s’approchait avec une seringue.

- Je vous interdis de me droguer aux anxiolytiques ! Posez ça tout de suite !!!

Trop tard, l’infirmière venait d’injecter le produit dans le cathéter.

« Monsieur, je vais vous demander de sortir, il faut qu’elle se repose. »

- Non, je vous en prie… commença faiblement Rachel dont le rythme cardiaque s’était considérablement calmé en l’espace de quelques secondes.

Elle sentait la tête lui tourner, tout semblait d’un coup un peu flou et dansant. Qu’elle détestait ces gens, qu’elle détestait cette ville.

 
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() message posté Sam 5 Mai - 0:33 par Frank Turner
A night in hell
Part II


Depuis toujours, Frank Turner avait les hôpitaux en horreur. Tout avait commencé un soir d'août 1996. Fraichement débarquée de vacances, la famille Turner avait repris ses quartiers à San Francisco. Les bonnes vieilles habitudes étant de rigueur, Victor se refit la main sur son épouse. Cette fois, et ce, malgré le nombre incalculable de précaution prise par la jeune femme, la violence de son mari parut aux yeux de leur fils unique. Les coups furent si forts, qu'ils durent rejoindre l'hôpital où par la suite, toutes une batterie de questions furent posées à Frank, qui sous le regard désolé de son père, se joua des services sociaux en omettant délibérément certains détails de son récit pour mieux couvrir son père. Il le regrettait, mais pas assez pour se pourvoir d'un semblant de courage. L'autre visite à l'hôpital fut l'occasion de célébrer la vie, mais aussi l'occasion pour Frank, de laisser à nouveau la vérité se faire entendre. Son corps à lui, était couvert des bleus normalement adressés à Jude. Durant la grossesse, le jeune garçon s'était érigé en punching-ball pour épargner sa mère et permettre à son petit frère de venir au monde dans les meilleures conditions. Mais il ne dit rien, de la vérité, il en fit un millier de confettis qu'il se balança à la gueule pour célébrer sa lâcheté. Des années plus tard, c'est une fois encore à l'hôpital qu'il se découvrit une propension immense à la lâcheté. Jude y avait élu domicile à cause de son cancer. Elle ne pouvait dès lors plus retourner dans cette maison qu'elle chérissait tant pour y avoir vu grandir ses fils. L'odieux monstre qui se cachait en son sein, avait remporté chacune de ses batailles. D'abord le corps, qu'il martyrisa impunément. La vision de sa mère amaigrit, sans cheveux, apeura le petit garçon que Frank n'était plus. Pour combattre sa lâcheté grandissante, il s'enferma dans le travail avant d'être contraint de remettre les pieds à l'hôpital pour accompagner Jude dans ses dernières heures. Mais il y avait aussi d'heureux événements (la naissance de Bowie) malheureusement trop peu nombreux pour que Frank cesse d'exécrer ce lieu tantôt vecteur de vie et de bonheur, tantôt vecteur de mort et de malheurs.

Cette lâcheté qu'il arborait en ces lieux, semblait toutefois s'amoindrir. Il avait beau s'excuser, demander un pardon qui devait lui être accordé, Rachel ne l'entendait pas de cet avis. Il lui avait sauvé la vie, il était son héros et malgré sa faiblesse grandissante, la demoiselle réunissait le peu de force qui lui restait pour que son homme cesse de se déprécier de la sorte. « - Je ne suis pas un héros ! » laissa-t-il entendre après lui avoir fait savoir que dans une rage extrême, il fut à deux doigts de tuer son agresseur. « - Heureusement que je ne l'ai pas fait, mais j'aurais pu aller jusque-là ! L'espace d'un instant, j'y étais. Je franchissais presque sans peine la frontière. » Elle tenta à nouveau de ne pas lui faire entendre raison, mais Frank étant têtu, la tâche s'annonçait complexe. « - Non ! Rachel s'il te plaît arrête de t'excuser ! » Il avala bruyamment sa salive, il avait la gorge aussi sèche que du papier de verre. Il faut dire que sur ces dernières heures, l'hydratation aussi importante soit-elle, fut reléguée très loin dans les préoccupations de l'ancien flic, qui n'aurait pas été contre un verre de whisky à présent. Peut-être, le pourrait-il en sortant de l'hôpital, une perspective qui faisait dès lors resurgir ses vieux démons et sa propension à fuir. La voix de Rachel ternit par la souffrance, le ramena heureusement à la réalité, l'empêchant ainsi de développer cette odieuse perspective de fuite alors que l'amour de sa vie avait plus que jamais besoin de lui. « - Hum quoi ? Tu disais ? » Il était ailleurs, tellement qu'il n'avait pas écouté ce qu'elle venait de dire, l'obligeant ainsi à se répéter tout en frissonnant en évoquant le monstre qui l'avait conduite aux portes de l'enfer, si ce n'est plus. L'air désolé, Frank fut incapable de croiser son regard en émettant un semblant de réponse. « - Il est quelque part, n'y pense pas. Rachel non s'il te plaît ! » Le moniteur émit de funestes bip trahissant l'emballement de l'organe cardiaque. « - Rachel, il est sûrement dans le coma, il ne te fera aucun mal. Calme-toi, je t'en prie ! »

Elle voulait partir elle aussi, mettre les voiles et fuir ce lieu qui était pourtant son territoire. Ce n'était pas de la lâcheté, juste les dernières bribes de son instinct de survie, rendu irrationnel par la présence de Turner qui vit sa main se défaire bien malgré lui de celle de Rachel bien décidée à se lever pour mettre le plus de distance possible avec son agresseur. « - Rachel arrête ! Tu n'es pas en état ! » La douceur avait cette fois laissé place à la fermeté. « - Non ! Tu ne dois pas te lever ! » Et alors qu'il tentait encore d'amoindrir ses craintes, la porte de la chambre s'ouvrit à la volée. Il faut dire que l'électrocardiogramme émettait un boucan d'enfer de quoi réveiller un mort. L'infirmière qui traversait le couloir, pénétra les lieux sans s'inviter au préalable. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant, hors des heures de visites, la présence d'un visiteur indésirable par la force des choses. Frank se redressa aussitôt tandis que Rachel, malgré les invectives, continuait à faire preuve de véhémence. « - Ecoutez, je sais que je ne devrais pas être là... » Il n'eut malheureusement pas le loisir d'achever sa phrase. Rachel incontrôlable comme jamais, obligea la jeune infirmière à s'approcher « - Laissez-moi la calmer s'il vous plaît ! » suppliait l'Américain avant de se retourner pour faire face à la pédiatre « - Tu ne vas pas sortir ! RACHEL ! PUTAIN ! Calme-toi ! » Bien malgré lui, il venait d'oser la voix, l'infirmière quant à elle, profita de l'inattention des deux amants pour prévenir le médecin en charge de la pédiatre. Une autre personne fit alors son apparition au grand dam de l'ancien inspecteur qui acculait, fit montre d'une agressivité à peine amoindrit. « - Hey ! Vous ne lui donnez rien du tout ! » Le médecin posa une main sur l'épaule du flic pour tenter de l'apaiser, Turner qui ne parvenant à dompter sa colère, poussa l'homme « - Tu ne me touches pas connard ! » Il vit alors la jeune infirmière s'approcher de Rachel, seringue en main. « - Tu ne l'as touches pas ! » Mais c'était trop tard, le médecin revint alors à la charge demandant à l'indésirable de sortir pour que la patiente puisse se reposer. « - Qu'est-ce que vous lui avez fait ?! » Il se rua alors sur Rachel qui perdait peu à peu pied, emportait dans un nuage flou et médicamenteux. Deux agents de sécurité firent alors leur entrée et se chargèrent de faire sortir Frank.

Deux heures plus tard,
une salle d’interrogatoire.

« - Pas la peine de me faire le coup ! Je connais la technique. On met le mauvais flic en avant, puis en laisse le bon à l'arrière, histoire d'attendre pour faire ce qui semble être une bonne proposition. Je vais vous faciliter le travail. Oui, je ne suis plus flic et oui, j'avais encore une arme en ma possession et sans permis. Oui, j'ai menacé avec cette même arme, un policier en uniforme. Mais venant on à ce qui vous intéresse ! » Turner, que la fatigue rongeait progressivement, tenait tant bien que mal. Le regard rivé sur le miroir sans tain, inconfortablement installé sur sa chaise, il tentait de mobiliser le peu d'énergie qu'il lui restait, espérant, en clarifiant les choses, ne pas devoir passer une nuit en garde à vue. « - J'ai tabassé ce fils de pute ! On ne pourra toutefois me reprocher mon manque de professionnalisme, puisque je ne suis plus de la famille. Étais-je conscient de ce que je faisais ? Oui, parfaitement ! Vous voulez que je vous dise ! ? J'étais tellement furieux, que j'aurais aisément pu le tuer. Vous voulez des aveux, vous les avez. Le docteur Rachel Parker est la femme que j'aime et pour elle je pourrais aller jusqu'à tuer, c'est évident. »

« Frank vous comprenez que c'est grave. L'homme que nous avons arrêté est dans le coma. Les prochaines 24 heures seront décisives. »

« Vous risquez la taule si l'homme décède ! »

« - J'assumerais tout ce qu'il y a à assumer. »

« Une chance que vos états de service soient bons, ça et l'intervention de Marceau qui a plaidé votre cause comme un beau diable. Toutefois, nous avons cru comprendre que vous aviez quelques soucis  en terme de gestion de votre colère »

« - Ne faites pas durer le suspense ! Qu'est-ce qui va m'arriver ? »

« Rien tant que notre homme vit ! »

« - Est-ce que je peux y aller ? »

« Vous le pouvez ! Toutefois, il y a une chose dont vous devez être au courant, même si ce n'est pas encore officiel. Monsieur Davis va demander une injonction au juge, pour que vous n'approchiez pas sa femme. » Frank leva un sourcil, puis se mit à rire nerveusement. Le pauvre, la fatigue venait d'avoir raison de lui. « - Advienne que pourra ! » C’est sur ses paroles qu’il quitta la pièce et le poste.

« C'est quoi le problème ? De toute évidence, le karma m'offre son plus beau doigt d'honneur. Ce qui m'amène tout naturellement à me demander ce que j'ai fait (ou pas) pour me prendre toute cette merde dans la tronche ? C'est quoi ? Une mauvaise distribution dans le jeu de cartes ? Bien sûr que personne ne va me répondre ! Foutue karma de merde ! J'ai fait tout ce que j'ai pu ces dernières années. Oui, je suis loin d'être parfait, j'en conviens, mais qui peut prétendre à cela aujourd'hui ? Ma vie est une montagne russe, mais de vous à moi, je commence très sérieusement à fatiguer de me retrouver la tête en bas. Je veux juste un peu de répit, une dose de bonheur, pas assez pour être accro, mais juste assez pour me dire que ça vaut encore le coup de se battre pour préserver tout ça. Rachel est tout ce que je désire, elle est ma personne, celle avec laquelle je me vois aisément faire le reste du chemin. Je sais qu'elle est la femme de ma vie. Mon discours est cucul, je vous l'accorde, je vous emmerde aussi par la même occasion. Avez-vous au moins ressenti ça dans votre pathétique existence dominée par le jugement ?On ne sait faire que ça, c'est tellement facile de se constituer juge et de pointer du doigt l'hypothétique coupable. Vous savez quoi ? Aller tous vous faire mettre ! Ce soir, je n'ai pas la force de lutter... »


 
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() message posté Jeu 10 Mai - 12:43 par Rachel-Mary Parker-Davis
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Part II


Cette soirée avait été riche en émotions, et pas de belles, malheureusement. Rachel était désormais dans une détresse palpable, mais voir celle de Frank dans les yeux azurs de l’ancien flic était bien plus douloureux encore. Il avait laissé parler son instinct dans un moment dramatique, sans doute fou d’inquiétude. La pédiatre ne pouvait jurer qu’à sa place elle n’aurait pas fait pareil. Avec des « si », on referait le monde. Elle réalisa alors soudain que si son bien-aimé avait pu, fort heureusement, épargner l’ordure qui lui avait fait tant de mal, cela voulait dire qu’il était lui aussi en convalescence à l’hôpital. Le Dr Davis avait vu suffisamment de cas arriver aux urgences pour savoir que les secours ne prenaient pas la peine d’envoyer dans deux établissements hospitaliers différents victime et agresseur. Prise d’une panique incontrôlable, l’américaine était incapable de garder son sang-froid et voulait absolument quitter les lieux au plus vite. C’était sans compter sur Frank et une équipe médicale bien décidés à lui faire entendre raison, de gré ou de force. Tout se passa tellement vite, et même si elle fut choquer d’entendre l’homme de sa vie lui crier dessus, elle n’eut guère le temps de réagir outre mesure que l’injection de l’infirmière la mit KO.

Les heures qui suivirent furent à l’image des jours suivants. Rachel refusait de parler de ce qui s’était passé, malgré les relances des policiers. Tout ce qu’elle voulait, c’était quitter l’hôpital. Personne ne parvenait à lui faire entendre raison sur quoi que ce soit. Elle ne se sentait pas en sécurité dans cet endroit qui, pourtant à une époque, avait été le seul où elle voulait être. A présent de l’autre côté de la barrière, les choses avaient changé et elle n’aspirait qu’à une seule chose, une seule idée, aller là où personne ne viendrait l’emmerder à lui parler de ce qu’elle ne voulait pas évoquer, et surtout pas ces foutus flics ou Maxwell. Ce dernier avait d’ailleurs tenté d’éloigner Frank, puisque l’ancien flic nouvellement homme d’affaires s’était montré assez peu discret et avait donc, involontairement, fait remonter la nouvelle de son retour au riche entrepreneur. Rachel était parvenue à faire partir la soi-disant sécurité devant sa porte. Si elle détestait être une victime, elle détestait encore plus que tout le monde connaisse sa vie en détail, mais avec tout ça, il semblait évident que le personnel de l’hôpital se doutait désormais de quelque chose. La chirurgienne n’avait qu’une hâte, foutre le camp. Dans cette chambre d’hôpital, avec les allées et venues incessantes du personnel qui en plus la connaissait de près ou de loin, la pédiatre avait l’impression de vivre un nouvel Enfer. Elle avait même songé à démissionner, mais elle avait finalement décidé de se donner le temps de la réflexion.

Le jour tant attendu était arrivé, le médecin en charge de son dossier lui avait dit, après une énième demande, qu’elle pouvait partir quand bon lui semblait. Ni une ni deux, Rachel s’empressa de prévenir Frank, lui demandant s’il était toujours d’accord de l’avoir chez lui. De son point de vue, la pédiatre restait persuadée qu’elle n’attirait que des ennuis à celui quelle aimait et était même prête à s’éloigner de lui si ça pouvait lui assurer une meilleure qualité de vie. La sienne, quant à elle, n’avait plus la moindre importance pour elle. Elle se sentait comme une coquille vide et n’avait plus guère d’aspiration autre qu’être tranquille. Elle avait même honte d’imposer sa présence à Frank, elle avait l’impression de profiter de sa gentillesse et en culpabilisait, mais se gardait bien de dire quoi que ce soit, de peur de voir éclater une dispute.

Après un trajet silencieux et qui parut plus long qu’il ne l’était vraiment, les deux amoureux arrivèrent à la caserne. Rachel avait l’impression que la vie défilait en accéléré et qu’elle-même était au ralenti. Etait-ce encore l’effet des médicaments ? La brunette n’avait pas vraiment la force de se poser la question. Elle se tenait là, debout dans le salon, sans vraiment se rappeler être arrivée jusque là, le regard perdu dans le vide. Les contusions sur son visage s’étaient un peu estompées, mais il restait quelques bleus. La chirurgienne ne se sentait plus à sa place ici, ni nulle part d’ailleurs. Cet appartement, elle avait l’impression de ne l’avoir plus vu depuis une éternité. Cela ne faisait que quelques jours pourtant. Toujours emmitouflée dans son épais manteau, l’américaine finit par s’asseoir sur le canapé.

 
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() message posté Ven 11 Mai - 20:02 par Frank Turner
A night in hell
Part II


Un jour de plus, non pas au paradis, mais en enfer. Ce matin, il avait quitté la caserne. La nuit fut courte, comme les précédentes. « Trois ou quatre heures de sommeil suffise ! » se disait-il sans cesse pour s'en convaincre. Pour dire vrai, depuis ce fameux 31 décembre, Frank ne parvenait à trouver le sommeil. Toujours aux aguets, il gardait son portable à portée de main. De vieux réflexes en sommes ! Il se leva donc le matin, quitta la caserne pour échapper au douloureux silence. Bowie n'était plus là, Dylan n'était pas là et les autres ? Quels autres ?! Frank pensait égoïstement être le seul à souffrir et s'interdisait d'amener les autres avec lui, sans cet insipide cercle non-vertueux de souffrance. Il donnait quelques nouvelles à Dylan, cherchait les bons mots, pour lui faire savoir à quel point il s'en sortait et qu'il gérait comme toujours. Dylan n'avait pas à subir tout ça, là, il n'était plus question de fierté mal placée pour Frank, mais bel et bien d'inquiétude. Si la franchise avait trahi ses mots, nul doute que le jeune Turner se serait ramené aussitôt pour voler au secours de son frère. Cependant, avait-il besoin d'être secouru ? La victime dans tout ça, ce n'était pas lui, mais bien Rachel. Lui était coupable, coupable d'impuissance et en juge partial qu'il était, il avait décidé de s'infliger une grosse peine, la culpabilité à son paroxysme, histoire de se rappeler tous les jours ce qu'il n'avait pas fait.

Le matin il quittait donc la caserne, il marchait encore et encore sans savoir où allait, mais il marchait. Il s'était même acheté un potomètre, histoire de quantifier sa peine. Au début, il tournait à cinq kilomètres, puis à dix, puis quinze pour enfin attendre le seuil des vingt-cinq kilomètres par jour. Mais ça n'était pas assez, il lui en fallait encore plus. Il avait donc opté à nouveau pour la salle de sport. Jour après jour, il y passait le plus clair de son temps, une à une, il squattait chaque machine et toujours dans l'excès, il ne se ménageait pas. Se vider la tête était sa priorité, mais jamais il ne parvenait à atteindre son but sans cesse obsédé par Rachel et ce désespoir qu'il ne pouvait contrer. À plusieurs reprises, il s'était rendu à l'hôpital, ici, on le connaissait comme le loup blanc, mais les regards divergeaient en fonction des personnes. Certaines se montraient conciliantes et tentaient un petit sourire, là où d'autre l'observait comme l'on observe un indésirable et changeaient irrémédiablement de couloir. Ces mêmes couloirs que Frank devait prendre en toute discrétion pour se rendre jusqu'à la chambre de Rachel. Ô, diable l'ordonnance restrictive. S'il devait avoir des ennuis, il les acceptait volontiers, mais si au préalable, il parvenait à voir Rachel, tout cela n'aurait pas été vain. Par chance, Rachel, qui avait encore assez d'audace pour faire entendre sa voix, était parvenue à faire renvoyer l'armoire à glace qui gardait jalousement sa porte. L'homme, aux services de Maxwell était grâcement payé, plus que de raison pour faire ce travail. Il faut dire que l'homme d'affaires se donnait les moyens pour tenir à distance son rival et continuait par sadisme à lui mettre des bâtons dans les roues.

Mais puisque de toutes évidences, à défaut d'avoir des « si » notre histoire, est ostensiblement peuplée de « mais » malgré tout, les deux amants maudits ne purent se voir que très peu de temps. Une frustration supplémentaire pour Frank qui délaissa la salle de sport au profil de quelques cafés, puis des bars, puis des pubs. Que l'on se rassure, il ne buvait pas comme un trou, il se contentait d'abord d'un café, puis d'une bière et d'un verre de Whisky avec deux glaçons. Une habitude qui se répétait chaque jour, l'enfermant un peu plus dans un quotidien chargé en culpabilité et en impuissance. Puis comme si de là une quelconque force divine semblait avoir entendu ces prières, Frank reçu enfin un message de Rachel. Elle allait sortir de l'enfer hospitalier et lui demandait si elle pouvait revenir à la caserne. La question ne se posait même pas. En un rien de temps et après avoir tout rangé, l'ancien flic retrouva le GOSH. Les papiers signés, il escorta la pédiatre jusqu'à la voiture, puis jusqu'à la caserne. Le trajet fut long, car silencieux. Ni l'un ni l'autre ne savait quoi dire, alors ni l'un ni l'autre ne s'embarrassa à faire la conversation. Frank récupéra toutefois les affaires de Rachel « - ... Je vais les monter à l'étage ! » laissa-t-il entendre presque timidement en quittant le grand salon pour rejoindre les escaliers. Que pouvait-il ajouter ? Il se sentait mal, mais bête, car avant, il n'avait aucun verrou, aucune hésitation, aucun malaise en compagnie de Rachel et maintenant, c'est à peine s'il osait croiser son regard. Il déposa le sac dans sa chambre et puisqu'il fallait y retourner, il y retourna, descendant prudemment les marches pour ne pas brusquer la jeune femme qui avait pris place sur le canapé.

« - Je vais faire du thé ! Tu en veux ? » proposa-t-il en bon anglais qu'il n'était pas. Il prit donc la direction de la cuisine et commença à sortir tout ce qu'il fallait, l'eau, le sucre, les tasses, les sachets de thé, mais avant même de commencer la préparation, il quitta la cuisine pour rejoindre le salon, puis il s'assit avec précaution sur le canapé à côté de Rachel « - Je suis désolé Rachel, vraiment désolé ! » Avec douceur, il lui attrapa les mains. « - J'aurais dû être avec toi, à l'hôpital, là-bas ! J'aurais dû insister et te forcer à venir au cinéma avec nous. J'aurais dû... » Cependant, il ne pouvait continuer, il lui fallait une pause. « - J'aurai dû, mais je n'ai rien fait. Putain, je me sens tellement... désarmé. Je suis censé protéger les autres et regarde, je n'ai même pas était foutu de protéger la femme que j'aime. »
 
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() message posté Lun 14 Mai - 13:04 par Rachel-Mary Parker-Davis
A night in hell
Part II


Enfin, ils étaient rentrés à la caserne. Enfin, Rachel pouvait se sentir chez elle, sans l’angoisse de devoir parler à des inconnus, ou pire, à des gens qu’elle connaissait. La seule personne que son esprit tolérait à ses côtés était Frank, et là-bas, dans sa chambre d’hôpital, c’était tout sauf rassurant.
Toujours silencieuse, la chirurgienne était entrée, suivant sagement le maître des lieux qui, galamment, portait ses affaires. Il était monté les déposer dans leur chambre et était revenu. Pour l’américaine, c’était comme si le temps s’était suspendu. Le regard perdu dans le vague, elle avait l’impression que tout tournait autour d’elle dans la pièce, sans qu’elle ne bouge. Elle finit par s’asseoir et Frank proposa du thé. Elle se contenta de hocher la tête, les yeux toujours perdu dans un vide incertain. Puis, l’homme de sa vie était revenu, plus rapidement qu’elle ne l’aurait cru. L’espace d’une seconde, elle se demanda si elle planait complètement pour que le temps passe soudain aussi vite. Il s’était assis auprès d’elle et lui avait pris les mains. Des mains qui tremblaient au moindre contact. Rachel n’osait pas le regarder mais elle sentit les larmes menacer de s’échapper de ses yeux en entendant le son de sa voix.

- Arrête, je t'en prie, commença-t-elle dans un murmure inaudible tant sa gorge était serrée.

Mais il continuait, il s’en voulait, la pédiatre pouvait l’entendre au son de sa voir et à la teneur de ses propos. Elle secoua la tête en levant enfin les yeux vers lui, des yeux brillants de larmes.

- Arrête Frank, finit-elle par articuler.

Parler lui demandait un tel effort à chaque fois, son coeur sa gorge étaient oppressés par une appréhension dont elle n’avait pas l’habitude, surtout en présence de Frank.

- Je refuse de t’entendre dire ça, je ne peux pas te laisser dire ça… Je veux que tu arrêtes de penser ce genre choses. Ce qui… est arrivé n’est pas de ta faute, tu m’entends ?

L’émotion faisait rouler les larmes sur ses joues et sa voix se faisait tremblante.

- Tu m’as sauvé la vie, Frank, sans toi, je…

Elle ferma les yeux le temps de déglutir, difficilement, avec peine.

- S’il te plaît, je te le demande, arrête de t’en vouloir parce que, crois-moi, si quelqu’un n’a pas à le faire,c ‘est toi. Tu as fait ce que tu pouvais, je le sais.

La brunette essaya de resserrer l’étreinte de ses mains dans celles de celui qu’elle aimait, mais ses forces n’étaient pas bien présentes et elle tremblait beaucoup.

- Ecoute-moi, s’il te plaît. Je ne veux plus jamais parler de ce qui s’est passé, tu comprends ? Ni à toi, ni à tes collègues ou anciens collègues, plutôt. Dis-leur de me foutre la paix, je n’irai pas les voir, déclara-t-elle d’un ton aussi décidé que possible en articulant chaque mot. C’est… c’est au-dessus de mes forces, je ne veux pas revivre tout ça. Je veux oublier, le plus vite possible.

S’il était une personne et une seule en qui elle avait confiance, c’était bien lui. Elle savait qu’il pouvait la comprendre, qu’il ferait ce qu’elle demandait. Elle l’espérait du moins.

- C’est moi qui te présente mes excuses. A cause de moi, tu n’as pas pu passer autant de temps que tu voulais avec Bowie. Je m’en veux tu sais, j’ai l’impression d’attirer la malchance et de ce fait, te l’imposer. Ta vie serait tellement mieux sans moi. Je t’aime tant, je veux que tu sois heureux. Peut-être le serais-tu davantage si je partais ?

C’était ce qu’elle pensait depuis un moment sans jamais avoir osé le lui dire. Mais aujourd’hui, ça sortait. Le bien-être de Frank était ce qui lui importait le plus, et force était de constater qu’elle n’était pas capable de le rendre heureux de par sa simple volonté. C’était un dur constat, d’autant qu’elle voulait de toutes ses forces que ça marche entre eux, elle l’aimait à la folie, d’une passion dévorante, mais l’avenir semblait si incertain maintenant. Tout paraissait si sombre à Rachel, elle n’entrevoyait que des ténèbres, et la lumière que représentait Frank lui paraissait si lointaine, alors qu’il était là, juste à coté d’elle. Elle en venait à se demander ce qu’elle avait bien pu faire pour mériter tout ça.

 
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