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A night in hell 2

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() message posté Mar 22 Mai - 22:29 par Frank Turner
A night in hell
Part II


C’est humain de faire des erreurs ! A ce stade, je suis donc un surhomme

Émergeant peu à peu, Frank sentit son corps le trahir. Il avait mal partout, mais plus encore, il subissait cette bonne vieille migraine bien carabinée qui squatte votre tête, les lendemains de grosses beuveries. Oui, il avait bu, encore et à nouveau sa mémoire lui jouait des tours en prônant la défaillance et non une totale collaboration. Ce n'était peut-être pas plus mal tout compte fait. Rachel était là, toujours aussi frêle, mais présente dans l'adversité. Frank remarqua alors ce petit-déjeuner qu'elle lui avait préparé. Mine de rien, cette attention aussi futile soit-elle pour le commun des mortels, le toucha. Il savait qu'elle peinait à se servir de l'électroménager depuis le retour et plus encore de la cafetière, cette alliée d'autrefois qui n'était aujourd'hui plus qu'un objectif à cocher sur une liste. « - Merci pour cette attention » se sentait-il obligé de dire pour mettre en exergue le progrès de Rachel. Toujours dans la bienveillance, il lui offrit son petit sourire franc du matin avant de gober avidement son doliprane, en priant pour qu'il fasse effet rapidement. Toutefois, il comprit bien assez tôt qu'il avait encore merdé. L'incertitude due à l'amnésie temporaire se mua bien assez tôt en culpabilité. Des images lui revenaient peu à peu en tête, il poussa un long soupire avant de fermer les yeux et de crisper la mâchoire, espérant encore naïvement pouvoir faire taire les souvenirs qui commençaient à remonter à la surface.

« - Non ce n'est pas rien mon amour » Il aurait aimé poser sa main tout contre sa joue, mais préféra se raviser au dernier moment. C'était encore trop tôt pour les contacts et ne voulant pas la faire fuir, il consentit à garder une bonne distance. « - Je vais rester avec toi aujourd'hui. De toute façon avec ce mal de crâne et ces douleurs qui m'assaillent d'un peu partout, je ne pourrais pas faire dix mètres sans devoir m'asseoir. » Et alors qu'il achevait de parler, la main de la pédiatre se posa sur celle de l'ancien flic, qui après hésitation posa son autre main abîmée sur la sienne. Ce contact lui fit tellement de bien, comme si l'espace d'un court instant, leur normalité leur eut été rendu. « - Moi aussi, je t'aime Rachel. Écoute, on fait tous des choix et on doit les assumer. Ce n'est pas de ta faute, rien n'est de ta faute. C'est la situation, le mauvais moment, ce monstre. J'ai sûrement dit de la merde hier. Mon amour, ne baisse pas le regard, je t'en prie. » Il approcha doucement sa main de son visage avant d'enfin se résoudre à lui caresser la joue. « - Moi non plus je ne suis plus celui que tu as connu. Je peux l'entendre, tu sais. » Leurs regards se croisèrent enfin ce qui rassura l'Américain malgré la tristesse qui se reflétait dans les perles sucrées de la pédiatre.

« - Non, arrête, tu n'as pas à faire de ton mieux. Rachel tu as été victime de ... » Il fut incapable de continuer, il ne voulait pas la blesser, ni l'effrayer et parler ainsi de ce qui lui était arrivé, pouvait à n'en pas douter lui faire du mal. « - Je sais, c'est encore trop tôt. Ce n'est pas toi qui me déçois, c'est moi. Je n'arrive à gérer tout ça et puisqu'il nous faut être franc et honnête. Je crois que j'ai un problème avec l'alcool et une trop grande propension à la violence. J'ai été viré de plusieurs salles de sport, parce que j'ai tabassé plusieurs gars. Et j'ai participé à des combats illégaux. Je bois plus que de raison. Je me sens mal tellement mal, parce que je n'arrive pas à trouver mes marques, parce que je n'arrive plus à me sentir bien. Je ne sais plus qui je suis, tu comprends ? Mais la seule certitude que j'ai, c'est toi. Je t'aime du plus profond de mon âme Rachel Parker. Tu es le grand amour de ma vie et je n'ai pas le droit de t'abandonner. Moi aussi, je dois faire des efforts. » Le pensait-il ? Oui à n'en pas douter, mais parviendrait-il à y arriver, rien n'était moins sûr pour l'heure.

« - Aller, je vais tenter de reprendre des forces. » Il tenta un maigre sourire avant d'entendre quelqu'un frapper à leur porte. « - Mince c'est qui ? Je vais aller voir ne t'en fais pas ? » Il se leva non sans mal et migra jusqu'à la porte pour l'ouvrir et se retrouva face à deux hommes. « Frank Turner ? » Il acquiesça faute de mieux, ils sortirent alors leurs plaques d'identifications. Deux inspecteurs, il ne manquait plus que ça. «  Nous voulons voir, madame Davis, est-elle ici ? »

« - Oui, mais ça ne sera pas la peine. Elle n'est pas prête pour vous parler  »

« Et vous êtes qui pour en décider. »

« - Son compagnon. S'il vous plaît, pas aujourd'hui  »

« Nous le devons. Son agresseur et sortit du coma »  Le cœur de Frank manqua un battement face à cette nouvelle. Il espérait que Rachel n'ait rien entendu.

 

 
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() message posté Sam 26 Mai - 19:06 par Rachel-Mary Parker-Davis
A night in hell
Part II


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Rachel avait réellement touché le fond, mais son Amour pour Frank l’obligeait à ne pas se laisser totalement sombrer. Elle avait décidé que c’était le moment de réagir, d’essayer, encore plus, d’arranger les choses. Et ça commençait par faire un effort pour lui. Plus jamais elle ne voulait le voir rentrer dans un tel état. Elle s’était dit que lui préparer un petit déjeuner, comme lorsque tout était presque normal, lui ferait plaisir. Alors certes, elle n’avait guère pu procéder à des préparations très élaborées comme des pancakes dont il raffolait tant, mais au moins elle avait réalisé l’immense prouesse de préparer du café (bon, de la poudre avait un peu été déversée autour et elle avait dû procéder à un nettoyage express du plan de travail) ainsi que faire griller des muffins anglais, mais c’était toujours mieux que de le laisser tout seul face à sa tasse de café comme elle le faisait ces derniers temps. Le remerciement de l’ancien policier la toucha, il avait remarqué son exploit qui n’en était pas un pour le commun des mortels. Un petit sourire était né. Elle avait essayé ensuite de le rassurer, de lui faire comprendre qu’elle ne lui en voulait pas pour sa conduite de la veille, qu’elle comprenait. Mais c’était sans compter l’ancien flic qui était bien décidé à ne pas entendre raison. Au moins avait-il consenti à rester avec elle à l’appartement, ce qui la rassurait. Autant elle avait peur de sortir, autant elle n’était pas non plus rassurée à l’idée d’être toute seule à la caserne. La pédiatre était pourtant consciente que ses craintes étaient irrationnelles, mais cela ne se contrôlait pas.

Il venait de lui dire qu’il l’aimait, et ces trois petits mots lui redonnèrent du baume au coeur. Il ne voulait pas qu’elle baisse le regard, alors elle posa ses yeux brillants sur lui, n’ayant pas appréhendé sa main qui venait s’approcher de sa joue dont les bleus commençaient à s’estomper, et bien que fait avec douceur, ce geste la faisant légèrement tressaillir. Mais elle réalisa que ce doux contact lui avait manqué, après avoir constaté qu’il ne lui faisait pas de mal. Rachel voulait faire des efforts pour lui, Frank le méritait, il était son rayon de soleil, son phare dans la nuit et elle devait le lui montrer. Elle voulait se reprendre, faire de son mieux, mais il avait l’air de dire qu’elle n’avait pas à le faire.

- Non, s’il te plaît… le coupa-t-elle en fermant les yeux alors qu’il s’apprêtait à dire le mot qu’elle ne voulait plus jamais entendre lorsqu’on parlait d’elle.

Déjà, s’entendre être définie comme une victime était horrible, et l’entendre de la bouche de l’être qu’elle aimait le plus l’était d’autant plus. Ce pauvre Frank avoua avoir du mal à gérer la situation et avoir un problème d’alcool et de violence. Rachel le regarda, surprise et compatissante. Tout était de sa faute. Si l’amour de sa vie avait tous ces soucis, c’était à cause d’elle. Elle devait se reprendre, elle devait essayer d’aller bien pour que lui aille bien aussi. Ce qu’il lui raconta l’horrifiait, l’imaginer complètement bourré se battre dans des combats illégaux lui faisait froid dans le dos.

- OK… on va se reprendre tous les deux. Il ne faut pas que l’alcool devienne une addiction et que la violence devienne un langage.

Seulement deux semaines, cela faisait seulement deux semaines qu’ils étaient rentrés ensemble de l’hôpital. Voilà le temps qu’il avait fallu à Rachel pour rendre Frank ainsi. Elle s’en voulait terriblement.

- Allez, mon amour, on doit se dire qu’on va y arriver. Et on y arrivera. Parce que je crois en toi, et ça m’aide à croire en moi aussi.

La pédiatre avait lu quelque part qu’en étant positif, on attirait les événements positifs. C’était le moment. Elle vit son sourire, certes faible, et lui sourit à son tour. Pleine de bonne volonté, elle s’empara d’un muffin grillé qu’elle voulu tendre à Frank lorsque quelqu’un frappa à la porte, la faisant sursauter et lâcher sa prise qui lui tomba sur les genoux. Le regard de Rachel laissa transparaître une crainte évidente. L’ancien flic était beaucoup plus calme et se leva, assurant qu’il allait voir de qui il s’agissait, tandis que la chirurgienne le regardait faire, prise de tremblements intempestifs. Elle reposa, ou plutôt lâcha, le muffin sur le plateau alors que le bel américain était désormais hors de son champ de vision. A présent debout, Rachel hésitait entre s’approcher de l’escalier qui menait, en contrebas, à la porte d’entrée, ou au contraire s’éloigner le plus possible. Elle était tiraillée entre la curiosité et sa crainte de croiser le regard d’un autre être humain. Plantée sur place, figée, droite comme un i, elle put entendre des voix d’hommes, des voix masculines autres que celle de Frank qui, pour le coup, semblait parler plus doucement. La belle brune était incapable se saisir la conversation qui se déroulait un peu plus loin. Tremblante, elle s’avança, le cœur serré, vers la première marche de l’escalier. Là, elle put percevoir les mots « sorti du coma ». Immédiatement, elle comprit de quoi il retournait et son visage avait pâli en une fraction de seconde. C’était comme si son coeur ne battait plus, comme si tout son sang avait fichu le camp de son corps. Ses oreilles se mirent à bourdonner, elle était incapable de respirer, comme si on l’étranglait, sans lui laisser la possibilité de reprendre son souffle.

En bas, les deux policiers insistaient auprès de Frank.
 

 
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() message posté Dim 27 Mai - 11:23 par Frank Turner
A night in hell
Part II


Les moments de douceur étaient rares depuis le retour, tellement que lorsque Frank parvient enfin à poser la main sur la joue de Rachel, il sentit comme une délivrance l'assaillir. Le sentiment de victoire vite expédié, il fallait dès lors faire face à cette réalité qu'il cherchait à fuir depuis des jours. Bien sûr, des promesses venaient d'être scellées et l'envie de s'en sortir pour transcender leur souffrance commune semblait bien plus forte que le reste, mais Frank le savait, cela ne durerait pas. Sur le moment, le besoin était évident, tout comme sur le papier les plans paraissent clairs, mais une fois encore, face à la réalité, on déchante. Et c'est une fois encore la réalité qui les rappela à l'ordre alors qu'ils savouraient conjointement un semblant d'accalmie. L'on venait de frapper à leur porte, Rachel sursauta et en croisant son regard, l'aîné des Turner comprit qu'elle était déjà en panique. Il ne s'en offusqua point et tenta de la rassurer par un sourire, avant de s'excuser et de disparaître pour regagner au plus vite l'entrée afin de s'enquérir de l'identité du en l'occurrence des nouveaux arrivants. Et lorsqu'enfin, il comprit à qui il avait affaire, son cœur se serra un peu plus. Deux flics avides de réponses à leurs questions. Ce moment qu'il redoutait devait pourtant arriver, il connaissait la procédure et ne pouvait de ce fait espérer y échapper, Rachel encore moins.

« Mr Turner, nous pouvons comprendre votre réticence, mais vous, tout comme nous, vous savez comment fonctionne les choses. »

« - Effectivement, je connais la procédure. Elle n'est pas prête et vous le savez. Lui demander de faire ça ne l'aidera pas et lui dire que son agresseur est sorti du coma, encore moins. »

« Entraver l'enquête ne vous aidera pas non plus Mr Turner, d'autant plus qu'un certain Maxwell Davis a porté plainte contre vous pour injures et menaces. »

« - Je n'étais probablement pas dans mon état normal. » L'un des inspecteurs, celui restait silencieux jusqu'à présent, remarqua les coupures, puis les marques sur les phalanges de son ancien confrère. Le sourcil qu'il redressa suite à son observation, en disait long sur le fond de ses pensées, cependant Frank préféra l'ignorer pour s'éviter de partir complètement en live. « - Je vais m'occuper de ça. Je vous recontacterai en temps voulu. »

« Ne traînez pas Turner. Vous savez qu'à présent, ce n'est plus qu'une question de temps. »

« - Bonne journée, messieurs ! » Il ne leur laissa même pas le temps de répliquer avant de leur fermer la porte au nez. Il s'octroya quelques secondes et retourna sur ses pas. Rachel se tenait là dans l'escalier, le teint blafard, les yeux humides, quelle triste vision ! « - Rachel ! » Il se précipita aussitôt vers elle, conscient qu'elle était peut-être au courant de la situation, dès lors, il ne pouvait se résoudre à user de stratagèmes pour la préserver, ils se devaient la vérité, ils se l'étaient promis. « - C'était deux policiers, ils sont en charge de l'enquête et avaient besoin de te parler. Il... L 'homme qui.... Ton agresseur est sorti du coma, de ce fait, toutes les procédures sont lancées et ça commence par les interrogatoires. Je leur ai dit que tu n'étais pas prête qu'il te fallait encore un peu de temps, mais tu ne pourras y échapper. Je sais que c'est dur pour toi en ce moment, mais il faut qu'on outrepasse tout ça. Si tu ne témoignes pas, il n'y aura peut-être pas assez à charge contre ce monstre et s'il a un bon avocat, il pourrait être en liberté conditionnelle. Du moins, je crois. Marceau ne m'a rien communiqué sur son travail, j'ignore donc ce qu'il a et ce qu'il n'a pas contre ce type. » Il s'approcha un peu plus et lui prit le visage entre les mains. « - Rachel, on va s'en sortir, ça va aller ! »

 
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() message posté Dim 27 Mai - 22:06 par Rachel-Mary Parker-Davis
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Part II


La journée avait si bien démarré, Rachel avait fait quelques progrès, elle était parvenue à faire un petit déjeuner sans rien casser, sans rien faire tomber, elle avait pu avoir une vraie conversation avec Frank, elle lui avait dit combien elle l’aimait et qu’elle voulait se reprendre en main, pour lui. Sur le papier, tout ceci semblait super positif. Seulement voilà, c’était sans compter sur une visite inopinée de deux flics, bien décidés à faire leur travail. Deux semaines que Rachel-Mary Davis était sortie de l’hôpital, trois que l’agression avait eu lieu, pour la police, il était temps d’obtenir des témoignages, d’autant que le criminel était sorti du coma. La pédiatre pensait que cette journée se passerait un peu mieux que les précédentes, qu’elle pourrait être avec Frank, se sentir apaisée, que l’un comme l’autre s’encourageraient à aller mieux, qu’ils auraient droit à une petite accalmie. Elle se trompait grandement.

En haut de l’escalier, elle avait entendu une bribe de conversation, juste assez pour en être totalement bouleversée. Le reste lui échappa complètement, elle était restée sur le fait que l’enfoiré qui lui avait fait du mal était sorti du coma. Le simple fait de le savoir réveillé, donc potentiellement capable de sortir de l’hôpital, la rendait complètement paranoïaque. Elle avait l’impression de ne plus pouvoir respirer et avait sûrement l’air d’une carpe hors de l’eau lorsque Frank remonta l’escalier et la trouva. Elle ne l’avait même pas vu s’approcher. Ses yeux étaient grands ouverts, ronds comme des soucoupes, mais elle ne voyait rien d’autre que les flash des scènes horribles qu’elle avait vécues. Ses yeux s’embrumèrent de larmes tandis que la voix de l’homme de sa vie s’élevait, la ramenant à la triste réalité. L’entendre dire à haute et intelligible voix que son agresseur était sorti du coma lui fit l’effet d’un coup de poing dans l’estomac et elle manqua de s’étouffer. Elle entendit ensuite les mots « procédures » et « interrogatoires » ce qui la fit éclater en sanglots. Les mots de Frank étaient difficiles à entendre, parce qu’elle avait l’impression qu’ils étaient prononcés par un étranger. N’avait-il pas compris, depuis le temps ? L’américaine secouait frénétiquement la tête de gauche à droite répétant « non » sans cesse. Frank voulut lui prendre le visage et elle recula, repoussant vivement ses mains.

- NON ! Comment veux-tu que ça aille ? Non ! Ne m’oblige pas à faire ça ! Tu m’avais promis ! Comment tu peux me faire ça ? Je te faisais confiance, tu m’as dit que je ne serais pas obligée d’aller parler aux flics ! Je ne veux pas y aller ! Je ne peux pas, tu m’entends ?! J’irai pas, je m’en fous, quitte à rester ici jusqu’à la fin de mes jours, j’irai pas les voir !

Les larmes dévalaient ses joues, elle était à la fois en colère et atterrée par tout ce qui se passait et qui échappait complètement à son contrôle. D’un pas décidé, elle repartit vers le salon.

- Ils savent lire, tes collègues, non ? Tout est dans mon foutu dossier médical, ils n’ont qu’à faire des photocopies !

Elle se laissa tomber sur le fauteuil, la tête entre les mains, laissant ses larmes couler.

C’est l’enfer, comment je vais m’en sortir maintenant ?!

 
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() message posté Mer 30 Mai - 1:18 par Frank Turner
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Part II


La journée s'annonçait pourtant prometteuse. Les progrès de Rachel n'étaient pas significatifs, il est vrai, mais ils avaient le mérite d'exister. Elle faisait bon nombre d'efforts pour se rapprocher de la normalité, des efforts que Frank peinait à voir malheureusement. Il voulait y croire, il s'y était tellement accroché, en vain. Lui-même était trop abîmé pour porter leur douleur commune sur ses frêles épaules. Il se souvint alors pourquoi il avait choisi de s'éloigner et de boire. Certes, c'était pour trouver une échappatoire, mais sa lâcheté était aussi sa façon à lui de préserver la jeune femme, de vérités qu'il craignait de lui balancer en étant ivre. Des vérités qui malgré la sobriété matinale, refaisaient peu à peu surface dans l'esprit de Frank qui sentit son cœur se briser en découvrant Rachel dans les escaliers. Où était donc la femme qu'il avait tant aimée, ce médecin brillant, cette femme forte et pleine de confiance ? Où était donc son héroïne, sa fierté ? L'image qui lui faisait face lui était insupportable et lui renvoyait à la tronche cette culpabilité insensée qu'il continuait à se traîner.La gorge nouée, il tenta une première approche. Il lui devait la vérité, ils se l'étaient promis et c'est donc avec une infime précaution qu'il lui expliqua avec ses mots à lui, la situation et ce qu'on attendait de la pédiatre. La réaction de Rachel, que Frank ne voyait plus désormais que comme une victime, fut d'une grande violence, assez pour désarçonner complètement son compagnon qu'elle venait de repousser vivement.

« - Rachel, je t'en prie ne réagit pas aussi violemment ! » tenta-t-il avant qu'elle ne lui damne le pion. Elle était en colère et choquée par chacun de ses mots, tellement que Frank se laissa lui-même gagner par la colère, incapable d'accepter de voir celle qu'il avait tant aimé, réagir ainsi. « - Arrête de dire NON, on ne va pas avancer comme ça ! » Mais elle continua et se lança dans une violente diatribe chargée de reproche que Turner digéra très mal. « - Mais putain, tu ne peux pas continuer comme ça. Regarde-toi ! Bien sûr que je ne peux pas t'obliger à faire quoique ce soit, mais ne me fais pas le coup de la promesse, ne me culpabilise pas davantage. J'ai fait tout ce que j'ai pu pour te préserver, mais aux dernières nouvelles, je ne fais pas les lois et je ne suis plus flic donc même si j'essaie de toutes mes forces, personne ne m'écoutera. Je ne peux pas vivre comme ça Rachel. » Elle repartit alors vers le salon, obligeant Frank à lui courir après.

« - Arrête, je t'en prie. Je ne supporte plus cette situation. Si tu choisis de te conduire en victime le reste de ta vie, c'est toi que ça regarde, mais sache que je n'accepterais pas ce choix. J'ai mis des barrières entre nous, pour me préserver. Inconsciemment, j'espérais peut-être que la distance et le temps passé loin de toi, me permettrais, en te retrouvant, de me rendre compte que je t'aimais encore plus, mais c'est faux. »  Ses beaux yeux bleus s'emplissaient peu à peu de larmes à mesure que son cœur se brisait. « - Je ne peux plus t'aimer, j'ai voulu y croire, j'ai voulu essayer, mais je n'y arrive pas. C'est trop dur de te voir comme ça. On arrête les dégâts Rachel » Il laissa plusieurs larmes coulaient le long de sa joue avant de tourner les talons, de prendre sa veste et d'enfiler ses baskets « - Je suis désolé Rachel ! » Il lui offrit un dernier regard et quitta l'appartement incapable de comprendre ce qu'il venait de faire et ce qui venait de se passer. Mais au moment où il avait franchi la porte, son cœur acheva de se briser et la colère l'envahit à nouveau, gangrenant ce qui restait de son cœur.

Plusieurs heures s'écoulèrent, avant que le GOSH ne contacte Rachel et ne lui fasse entendre des paroles qu'elle, sans nouvelles depuis le départ de Frank, redoutait d'entendre. « Docteur Davis ! Je vous appelle pour vous prévenir que Frank Turner vient d'être admis. Il s'agit d'un coma éthylique et d'une forte absorption de médicaments. »

Le corps humain est conçu pour compenser une perte, il s'adapte pour ne plus avoir besoin de ce qu'il ne peut avoir. Mais parfois la perte est si grande que le corps ne peut compenser lui-même. Il parait que l'incapacité à accepter une perte est une forme de démence. C'est sans doute vrai. Mais parfois c'est le seul moyen de s'en sortir.


 
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() message posté Lun 18 Juin - 0:34 par Rachel-Mary Parker-Davis
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Part II



La situation avait totalement dérapé sans que ni l’un ni l’autre ne puisse y faire quoi que ce soit. Frank et Rachel n’étaient, à ce moment précis, plus du tout sur la même longueur d’onde. Lui semblait penser que tout s’arrangerait en coopérant, mais il n’avait pas l’air de saisir, du moins du point de vue de la pédiatre, qu’il lui était totalement insurmontable de sortir de cet appartement et d’aller raconter l’ampleur de l’horreur qu’elle avait vécue à de parfaits inconnus qui lui poseraient sans doute tout un tas de questions auxquelles elle n’avait aucunement envie de répondre. C’était trop tôt, ce n’était pas le moment.

- J’ai besoin de TEMPS ! Laisse-moi du temps, bordel !

Mais Frank s’était braqué, voilà que lui aussi criait. Rachel en avait froid dans le dos, mais elle n’était pas au bout de ses (mauvaises) surprises. Voilà que Frank avait décidé, après avoir proféré des paroles Ô combien douloureuses à entendre, qu’il allait partir, la quitter, qu’il ne supportait plus la situation, qu’il n’arrivait plus à l’aimer. La chirurgienne était restée bouche bée, incapable de répondre en le voyant prendre la direction de la sortie. L’américaine s’était levée de son fauteuil, le souffle coupé, incapable de faire plus que quelques pas.

- Frank… lâcha-t-elle d’une petite voix étranglée.

Trop tard, la porte avait claqué, l’ancien flic était parti. Une douleur et une peine indescriptibles avaient alors envahi tout son corps tandis que ses yeux s’emplissaient de larmes. Elle ne pouvait plus respirer, elle avait juste envie de mourir. Frank était parti, il l’avait abandonné, il ne voulait plus d’elle, il ne l’aimait plus. Rachel venait de perdre tous ses repères.

Après un temps certain passé écroulée au sol en larmes, elle songea à une personne, un ami qu’elle et Frank avaient en commun : Ethan. Cela faisait quelques jours qu’il passait à l’improviste à la caserne, prétextant y chercher Frank, mais Rachel n’était pas dupe, elle savait bien que le psychologue venait dans le but de s’enquérir de l’état de sa collègue de l’hôpital et tenter de lui venir en aide. Si au départ, la brunette n’était très encline au dialogue, finalement elle devait bien reconnaître que les visites d’Ethan l’aidaient énormément. Et il insistait chaque fois en partant, disant que si elle avait besoin de lui, il fallait qu’elle l’appelle. Là, elle avait besoin de lui plus que jamais. Aussi, d’une main tremblante, elle s’était saisie de son téléphone portable pour contacter son collègue.

Une conversation téléphonique entrecoupée de sanglots de la pédiatre s’en était suivie, tandis que le psychologue essayait de la rassurer tout en tachant de comprendre ce qui venait de se passer. Il avait essayé de la faire sortir de la caserne, mais Rachel avait peur. Et à cela s’ajouter la crainte que Frank ne rentre dans le même état que la veille, voire plus amoché encore, et qu’elle ne soit pas là pour s’occuper de lui et de ses blessures. Finalement, Ethan avait convenu que, puisque Rachel n’était pas prête à sortir, il viendrait pour ne pas qu’elle reste seule, et qu’il essaierait aussi de chercher Frank et de lui parler.

La journée avait finalement passé, Rachel n’avait en tête que cette horrible conversation avec Frank, les mots affreusement durs qui étaient sortis de sa bouche. Elle avait essayé de se changer les idées en rangeant une énième fois tout l’appartement. Elle s’était même décidée à rassembler ses affaires, au cas où Frank lui demande de partir. Elle devait s’y attendre au vu de ce qui avait été dit.
Puis, un coup de téléphone acheva de l’angoisser. Un appel en provenance de l’hôpital. Frank y avait été admis, visiblement dans un état d’ébriété frôlant le coma éthylique. Comment une telle chose avait-elle pu se produire ? Pourquoi avait-il recommencé ? La question était trop bête.

A cause de moi !

Pleine de culpabilité, d’autant plus qu’elle était incapable de venir le chercher elle-même, elle s’empressa d’appeler Dylan, le petit frère de Frank. Le jeune homme avait assuré qu’il s’occupait de tout.
Néanmoins, Frank n’avait daigné donner de ses nouvelles et ceux durant soixante-douze heures interminables pour Rachel. Même si Dylan la rassurait comme il pouvait, ce n’était pas pareil. La chirurgienne n’en pouvait plus, elle souffrait atrocement et se demandait si un jour, ça s’arrêterait. Finalement, le bruit de la porte qui se déverrouille se fit entendre. Tel un chien de prairie, la chirurgienne se redressa d’un coup du canapé sur lequel elle était installée et se planta au milieu de la pièce. Elle entendait le bruit des pas qui montaient les escaliers pour quitter l’entrée et rejoindre le salon. Ces pas, elle les reconnaissait, c’était ceux de Frank. Il était rentré. Elle était partagée entre le bonheur de le savoir revenu chez lui, et donc avec la certitude qu’il allait mieux, du moins physiquement, et l’appréhension de l’entendre lui dire qu’il ne l’aimait plus et qu’il fallait qu’elle parte. Enfin, elle put poser son regard sur lui. Son coeur se serra.

- Frank...

 
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() message posté Dim 24 Juin - 15:29 par Frank Turner
A night in hell
Part II


« - Peu importe à quel point nous sommes résistants, un traumatisme laissera toujours une cicatrice. Cela nous suit jusqu'à chez nous, ça change nos vies du tout au tout. Les traumatismes perturbent tout le monde, n'est-ce pas finalement leur but ? La douleur, la peur et tout le reste. Peut-être que traverser tout ça nous fait aller de l'avant, peut-être que cela nous pousse, que ça nous fous parterres, nous remue, nous atteint, nous blesse. Peut-être que finalement, il faut être un peu amoché avant d'enfin être à la hauteur. » Frank venait de livrer son soliloque, sans quitter ses doigts qu'il tordait à mesure que le temps filait. Il demeurait inconfortablement installé dans son lit d'hôpital, seul face à ce type en blouse blanche qui venait de lui être attribué comme médecin référent. Voilà plus de vingt-quatre heures qu'il avait été admis à l'hôpital après un petit détour par chez Dylan et une bonne cuite. Frank Turner, l'ombre de lui-même, se sentait à présent tellement honteux face à cet homme qu'il ne connaissait pas. Il ne voulait pas être jugé, mais pourtant il n'avait rien fait pour empêcher cet autrui d'émettre un jugement après lui avoir fait part des quelques points de la charte de bonne conduite inhérente à l'établissement. L'ancien flic savait qu'il en avait encore pour au moins 24 voire 48 heures avant d'espérer sortir d'ici. Conscient d'avoir déçu les personnes auxquelles il tenait, il prenait la pleine mesure de sa détresse à présent.

« - Je recommence à fuir, c'est plus fort que moi. Quand la difficulté semble insurmontable, je choisis de m'enfermer, je me construis une muraille pour ne pas devoir affronter la réalité. J'ai fait pareil avec ma mère avant qu'elle décède. Je me suis enfermé dans le travail, pour ne plus devoir faire face à cette femme décharnée qui ne ressemblait plus à cette femme si forte qu'était ma mère. J'ai recommencé avec ma compagne, mais cette fois, ce n'est pas dans le boulot que je me suis enfermé, mais dans du n'importe quoi. Je ne veux pas être alcoolique, ni un lâche, vous entendez ? Je veux être fort pour la femme que j'aime. Je lui ai dit tant de conneries, je pensais naïvement la réveiller. J'ai vraiment été trop con, elle ne méritait pas ça, je n'ai pas été à la hauteur. Je l'aime doc, vraiment du plus profond de chacune de mes entrailles. Je pourrais mourir pour elle et là rien que le fait d'être loin d'elle me fais mal. Vous comprenez ? Je l'aime plus que tout et je ne veux pas la perdre... Je suis prêt à tout pour ça, même à me soigner. » Sa sincérité était désarmante, ses yeux continuaient à briller d'intensité à chaque fois qu'il évoquait, Rachel, le médecin, ne pouvait dès lors douter de sa bonne foi et consentit à le laisser partir après quarante-huit heures d'internement. Voilà donc pas moins de soixante-douze heures que Frank avait quitté et Rachel et la caserne. Il avait le cœur lourd en retrouvant Dylan qui le ramena, avec sa voiture jusqu'à la caserne. Le reste du parcours, il le fit seul, traînant son sac comme l'on traîne un boulet à sa cheville. Le cœur lourd et la peur au ventre, il regagna l'ascenseur qui le mena jusqu'au premier étage où face à lui se dressait la porte qui le séparait de l'intérieur. Jamais encore, il avait été aussi anxieux de rentrer à l'intérieur de l'ancienne caserne. Rachel, était-elle encore là ? Avait-elle finalement décidé de retrouver son mari ? Les questions se bousculaient dans la tête du pauvre Frank qui, pour les éluder, devait se confronter à cette réalité qu'il cherchait à fuir à tout prix.

Il opta pour une dernière grande inspiration avant d'ouvrir la porte prenant mille et une précaution pour ne pas effrayer Rachel qu'il espérait encore présente. En pénétrant les lieux, il sentit aussitôt l'odeur de frais. Rachel avec sûrement fait le ménage à plein régime et abusait du febreeze sur les tissus. Odeur « marine », l'odorat de Frank ne s'y trompait pas et c'était tellement agréable comme odeur, lui-même en abusait sur les tissus à la moindre occasion. L'ancien policier avança de quelques pas et vit Rachel qui précédemment assise sur le canapé, se redressa aussitôt. L'Américain acheva de rejoindre le salon et découvrit donc la pédiatre qui avait elle aussi entreprit de faire quelques pas dans sa direction. Leurs regards se retrouvèrent après plus de soixante-douze heures de séparation. Rachel osa prononcer son nom avec hésitation et incertitude. Frank lâcha aussitôt son sac et se précipita vers elle, faisant fi de ses appréhensions, il la colla contre lui et la serra très fort. « - Pardon mon amour ! » commença-t-il avant de l'obliger à croiser son regard en prenant son visage entre ses mains. « - A aucun moment, je ne pensais toutes les horreurs que je t'ai balancé. Je me suis conduit comme un connard d'égoïste et je n'en avais pas le droit, pas encore. Tu as besoin de moi et je dois être là, c'est mon rôle. Jamais plus je ne t'abandonnerais, tu m'entends ? Je vais me soigner, je te le promets. Je suis là et c'est pour de bon, cette fois ! »



 
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() message posté Mar 26 Juin - 1:57 par Rachel-Mary Parker-Davis
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Part II



Interdite debout au milieu du séjour, Rachel entendait les pas de Frank qui approchait. Les battements de son coeur étaient cadencés par le martellement des semelles de l’ancien flic contre le sol. Dans quel état allait-elle le trouver ? Qu’allait-il lui dire ? Les quelques secondes avant qu’il ne se trouve face à elle furent suffisante pour dresser divers scenarii peu enviables. Mais enfin, la pédiatre put voir le visage de l’homme qu’elle aimait, et qui pourtant avait fait saigner son coeur trois jours auparavant. Mais pouvait-elle lui en vouloir ? Bien sûr que non, du moins pas sciemment. Elle le regardait, retenant son souffle, ayant à peine osé prononcer son prénom. C’est alors qu’il se précipita sur elle. Légèrement crispée, Rachel sentit les bras de Frank la serrer contre lui. Malgré l’appréhension, cette étreinte lui fit un bien fou. A son tour, elle passa ses bras autour de lui et se blottit contre son torse, soupirant silencieusement de soulagement, laissant une larme rouler sur sa joue. Il l’entendit ensuite l’appeler « mon Amour », ce qui acheva de la rassurer. La chirurgienne se sentit comme soulagée d’un énorme poids qui entravait sa respiration. Frank l’aimait toujours. La vie reprenait du sens et des couleurs, l’oxygène revenait dans ses poumons. Elle eut à peine le temps de profiter de cette étreinte salvatrice et de sentir son odeur rassurante qu’il lui refit face, tenant son visage dans ses mains chaudes. Le regard bleuté de l’américain posé dans le sien, Rachel se sentait revivre. Et sa voix, les mots qu’il disait… Pourquoi n’avait-il pas dit tout ça trois jours auparavant ? La brunette ferma les yeux, posant ses mains par-dessus celles de l’homme qui faisait battre son coeur.

- Oh mon amour, comme je t’aime ! J’ai eu si peur que tu ne veuilles plus de moi, que tu me demandes de partir loin de toi. Frank je t’aime, je t’aime à la folie. J’en mourrai d’être encore séparée de toi. Serre-moi contre toi s’il te plaît, serre-moi fort.

Elle se blottit à nouveau telle un petit chat contre son torse musclé, l’entourant de ses bras.

- Je suis désolée de ce qui t’arrive, mon chéri. Je me sens tellement coupable. Si je peux faire quoi que ce soit, dis-le moi. Je ferai de mon mieux pour ne pas te décevoir, je t’aime tellement.

La pédiatre, toujours collée contre lui, leva la tête pour le regarder.

- Comment tu te sens, là ? Ça va ? Tu veux t’asseoir ? Tu veux du thé, du café, ou autre chose, du jus d’orange ?

Elle glissa sa main dans la sienne et l’emmena jusqu’au canapé.

- Viens te poser, laisse-moi m’occuper de toi.

Rachel voulait se sentir utile, ne plus avoir l’impression d’être cette personne terne si éloignée de celle qu’elle était vraiment. Cette coquille vide, cette âme esseulée et apeurée. Il lui fallait un but, mais pas quelque chose de trop difficile à atteindre au risque de se décourager. Prendre soin de l’homme qu’elle aimait semblait un compromis parfait.
 
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() message posté Sam 30 Juin - 22:11 par Frank Turner
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Part II


Frank n'était sûr de rien en retrouvant le chemin de la caserne. Rachel, était-elle encore là ? Si oui, pourrait-elle lui pardonner sa lâcheté ? Le cas échéant, il ne pourrait lui en vouloir, tant son attitude détonnait avec ce qu'il aurait dû faire, la soutenir en somme. Continuant à se fustiger, il se prépara malgré tout à faire entendre tout ce qu'il avait sur le cœur pour que Rachel accepte de le reprendre. Il était loin de se douter, que de toute façon, il était déjà pardonné, malgré sa défaillance, dont il était prêt à se délester pour mieux repartir. Sac sur le dos, il retrouva donc la pièce à vivre, où avant d'être frappé de plein fouet par ce drame qui les avait éloignés l'un de l'autre, ils avaient vécu bons nombres de moments complices, allongés sur le canapé à se partager un plaid. Puis il repensa à son soliloque empli de sincérité et en voyant Rachel lui faire face, il comprit que désormais, il serait prêt à tout pour elle et qu'il ne l'abandonnerait plus quels que soit les obstacles à franchir. « - Je t'aime aussi plus que tout, tu es l'amour de ma vie Rachel, le premier et sûrement le dernier. Être loin de toi c'est invivable autant que d'être séparé de mon fils ou de ne plus voir mon frère. » Il la ramena pour exaucer sa prière et la serra contre lui. L'étreinte lui fit un bien fou, c'était comme si enfin, on l'autorisait à respirer, comme si tout le poids qu'il portait sur ses épaules n'avait plus lieu d'être, comme si la normalité aussi brève soit-elle, les assaillit à nouveau pour leur rendre ce que la fatalité leur avait pris. Frank ferma les yeux s'enivrant des paroles de la pédiatre et prenant le temps d'en analyser chaque mot afin de retranscrire par la suite et le plus fidèlement possible ce qu'il avait sur le cœur. Il se rappela au passage l'étreinte échangée avec Dylan quelques jours auparavant. Une étreinte durant laquelle il s'était livré comme jamais, acceptant volontiers de fendre l'armure pour enfin faire entendre la vérité à son cadet.

« - Mon amour ! » commença-t-il en s'assurant qu'il bénéficiait de toute son attention. « - Il y aura des jours sans et des jours avec. Des jours où l'on s'en voudra, des jours où nous serons en colère, où ça ira mal. Mais il y aura aussi des moments où nous nous sentirons bien, où tu souriras après que j'aie sorti l'une de mes blagues débiles. Des jours où tu pleureras devant un film et où je me foutrais de toi. Mais tous les jours, je continuerais à t'aimer, tous les jours, je serais là pour te soutenir. Tu n'as pas à te creuser la tête pour savoir ce qu'il faut que tu fasses pour que j'aille bien et encore moins pour ne pas me décevoir. Ça, ça n'arrivera jamais. C'est moi qui aie merdé, Rachel. Tu es un être humain, j'ai exigé trop de toi en t'obligeant à griller les étapes. » Leurs regards se trouvèrent à nouveau, laissant transparaître chacun leur tour, l'émotion qui les assaillait. Frank ne cherchait plus à se préserver à présent, et même si les larmes devaient couler, nul doute que cela lui ferait le plus grand bien. « - Je me sens bien mieux maintenant que je suis là, avec toi. Allez, on va se poser deux petites minutes ! Notre canapé m'a pas mal manqué » Main dans la main, ils rejoignirent donc le canapé où Frank entraîna Rachel afin qu'elle puisse se blottir tout contre lui. « - Déjà pour commencer, c'est moi qui vais prendre soin de toi et pas de « mais » c'est mon rôle et je dois l'assumer. Ensuite, il faut qu'on discute de mon futur emploi du temps. Le médecin a accepté de me laisser partir à condition que je suive un programme. J'ai réussi à négocier avec lui pour être en centre la journée et rentrer le soir. On a tablé sur quinze jours voire un mois, grand max. Je vais aussi prendre rendez-vous avec Ethan pour quelques séances. Je dois être un bon père, un bon frère, un bon petit ami et j'ai bien l'intention de m'en donner les moyens. »


 
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() message posté Mar 3 Juil - 13:24 par Rachel-Mary Parker-Davis
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Part II


Quel soulagement. Rachel était rassurée, elle respirait enfin, son oxygène était de retour. Il l’aimait toujours, il était désolé pour ce qui s’était passé. Comment pourrait-elle lui en vouloir ? Une partie d’elle avait été blessée dans son orgueil, certes, mais contrairement aux autres personnes qui l’avaient bafouée dans son estime d’elle-même, Frank n’avait pas fait exprès et il s’en voulait. Maintenant, il fallait aller de l’avant, c’était primordial. Il fallait essayer d’oublier le passé et les mauvaises choses pour se concentrer sur l’avenir, la guérison, les bons moments. La pédiatre écouta donc son grand amour parler, il en avait besoin. Ses paroles étaient rassurantes et pleines d’amour, tout ce dont elle avait besoin. Pour la première fois depuis des jours, un petit sourire était né sur le visage de l’américaine.
Ils se retrouvèrent sur leur canapé si confortable. Rachel avait passé les deux nuits précédentes dessus, emmitouflée dans le plaid, essayant de retrouver l’odeur de Frank. Elle se blottit contre lui sans se faire prier, il était là maintenant, il était là pour elle, elle avait besoin de lui.

- Je t’aime, souffla-t-elle en posa sa tête contre son épaule, laissant ses bras glisser autour de lui.

Comme elle était bien, là, dans ses bras. Si c’était humainement possible, elle aurait volontiers passé le reste de ses jours ainsi lovée contre lui comme un petit chat.

- Ethan est venu me voir, plusieurs fois. Il te l’a dit ? Je… je voulais pas le reconnaître, mais ça me fait du bien de lui parler. J’espère que ce sera pareil pour toi. En plus, c’est ton ami.

Il évoqua son emploi du temps par rapport à sa cure en centre. Jamais elle n’aurait pensé qu’un jour Frank ait à suivre ce genre de programme. Pourtant, ils en étaient là, et elle sentait que c’était de sa faute, bien qu’il s’escrime à laisser entendre le contraire.

- Je suis si contente que tu puisses rentrer le soir. Je serai là si ça va pas. Dis au médecin référent de m’appeler si tu veux, quand tu rentres, comme ça, s’il a des consignes il pourra me les donner. Quinze jours, ce n’est pas grand-chose, tu vas t’en tirer. Et même si ça doit durer un mois, ce sera un mois, ce n’est pas grave. L’important, c’est que tu ailles mieux.

Si elle ne doutait pas un instant de la guérison de son cher et tendre, elle était bien plus pessimiste pour son propre cas. Est-ce qu’elle arriverait à « guérir » en si peu de temps ? Rien n’était moins sûr, mais elle voulait, elle aussi, s’en donner les moyens.

- Je ne veux pas te faire de promesse que je ne pourrais pas tenir, alors je vais juste te promettre de faire de mon mieux, moi aussi. Et tu n’as pas à douter, tu es un bon frère, un bon petit ami et un bon père.

Soudain, à force qu’il ne parle de famille, quelque chose lui revint en mémoire.

- Attends, je pense à un truc… C’est pas la semaine prochaine que tu as Bowie pendant dix jours ? Est-ce que… tu penses que tu dois parler à Megan de tout ça ?

Rachel savait que ça avait été tendu entre Frank et son ex-femme et il avait déjà lutté pour obtenir, dès son retour, quelques jours de garde, alors faire faux bond au dernier moment ne risquait-il pas de ternir un peu plus l’entente fragile qui régnait entre eux ?

 
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