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DRIVE ME CRAZY

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() message posté Mar 8 Mai - 18:07 par Persée Hammer-Kane
Alistair & Persée
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Des cris, des insultes. Il avait débarqué chez moi à l’improviste, je décuvais à peine. Je m’étais couchée à 10h du matin, j’avais passé une longue nuit à danser, fumer, boire jusqu’à emballer un inconnu. Je n’avais pas couché avec lui, je lui avais fait plaisir à l’extérieur, comme lui aussi s’était arrangée pour me faire jouir, là, derrière un arbre. J’aimais jouer avec le danger, le feu, braver les interdits, fuir cette réalité qui m’échappait et ce monde plus que morbide. Etais-je assimilée à une prostituée vu que j’aimais le sexe ? Depuis que Solal m’avait pris ma virginité il y a de cela plus de huit ans, je m’étais éprise de cette activité physique qui me faisait brûler et me consumer peu à peu. J’aimais découvrir le corps des hommes, me sentir importante à leurs yeux, essentielle en l’espace de vingt malheureuses minutes, voire moins, voire plus parfois. J’aimais sentir leurs longues et grandes mains sur ma peau douce jusqu’à que leurs lèvres et leur membre viril viennent me faire perdre le contrôle de la situation. Oui, j’aimais plaire et je m’attachais à des aventures éphémères. A quoi bon s’attachait ? Rien n’était éternel dans la vie, nous ne sommes nous-mêmes qu’un malheureux grain de poussière dans un univers bien trop vaste. Nous allons nous évaporer tôt ou tard tandis que la terre restera. Nous naissons seuls, nous mourons seuls, voilà le triste destin de l’humanité, pourquoi donc se voiler la face à croire que nous sommes nés pour coexister ou vivre « heureux », en « groupe » ? Illusion.

- C’est quoi ça Persée ?! C’est quoi ?
- Papa, papa crie pas…
- Pourquoi ? T’es allée où cette nuit ? Tu t’es faite baisée par qui, hein ? Cette couverture où t’es à moitié à poil sur cet infâme magazine te suffit pas ?! Ils vont penser quoi mes collègues de ta personne ? Tu veux que je leur dise d’aller te baiser pour faire augmenter les enchères à ce rythme ?! Tu fous quoi putain ?


Il se rapprocha de moi et me prit violemment par le poignet pour me coller contre le mur. Je n’osais pas bouger, il me fusillait du regard. Je tremblais, je baissais les bras. J’avais mal à la tête, je voulais juste qu’il arrête.

- C’est bon putain ! J’ai pas de nouvelles de toi pendant trois semaines et il faut cette couverture pour que tu débarques ici ! Tu crois que t’es un bon père ? Tu te prends pour qui à me faire la morale ainsi ? T’es personne !
- Ah ouais je suis personne ? Bah regarde ce que « personne » te paie ! Regarde !

Il me prit de force le menton et me fit regarder autour de moi pour me rappeler dans quel appartement luxueux je vivais.

- Je suis un très mauvais père ouais ! Grâce à moi tu t’habilles en prada, tu vis dans un appart de luxe et tu as déjà voyagé sur la planète entière dans des apparts et villas plus que luxueux. Et t’oses me faire ça ? Montrer ton cul ou tes seins ? C’est quoi la prochaine étape le porno ?
- Lâche-moi papa ! Tu me fais mal !


Il me tenait toujours le visage, je me débattais jusqu’à planter les ongles dans sa peau en guise de pression mais il était vert de rage.

- Ouais je vais te lâcher.

Sa main sur mon visage s’éloigna et la seconde qui suivait il me mit une gifle monumentale jusqu’à me faire perdre l’équilibre. Je tombais à la renverse jusqu’à que le coin de ma tête cogne contre un misérable meuble. Je me mis à pleurer, en restant en boule au sol. J’étais sonnée, j’avais mal au crâne, encore plus.

- Dégage !!! DEGAGE !!!!!!!!

Hurlais-je tant bien que mal. Il ne bougeait pas. Il ne disait plus rien. Je sentais ses yeux rivés sur mon corps jusqu’à entendre des bruits de pas très vifs pour finir par entendre la porte d’entrée claquer. Je continuais de pleurer. J’allais mal. Trop mal.

Le soir même.

J’avais pris un taxi pour aller chez Alistair. Il était le seul à me comprendre, à connaître mon père, à savoir ce que je vivais. Les autres voyaient juste l’aspect « bling bling » et la « Persée bitch » que j’avais monté de toute pièce. La Persée qui aimait provoquer, baiser, sucer, faire la fête, boire, fumer… Cette Persée-là mais Alistair connaissait « l’autre côté du miroir ». Il était devenu comme un confident au fil des années et il avait été la première personne au courant de ma venue à Londres. J’avais caché cet hématome de quelques mèches de cheveux et d’un peu de fond de teint mais la bosse : bien trop difficile à camoufler. Je voulais juste être avec quelqu’un et non seule dans mon grand appart.

Il devait être 19h30 à tout casser… J’espérais qu’il soit là et non je ne sais où avec son père pour les affaires. Je saluais le gardien, cet homme assez âgé.

- Bonsoir Miss Hammer-Kane. Comment allez-vous ?

D’une petite voix je lui répondais.

- Ca va et vous… Je viens voir Alistair, vous l’avez vu sortir ?

Il me regardait de travers, fronçant un peu les yeux pour mieux capter cette tenue assez « à part » pour une « simple visite » sans doute. Surtout les lunettes de soleil vu l’heure et le temps.

- Il est bien chez lui, Mademoiselle. Vous voulez que je le prévienne ?
- Non merci, je vais juste sonner… Bonne soirée à vous.
- Prenez soin de vous Mademoiselle.

Je ne répondis pas et pris le vieil ascenseur renové depuis peu direction : Alistair. Une fois au bon étage, je sonnais chez lui, j’attendais… J’avais peur que d’autres personnes me voient. Je me contentais de me cacher sous mon manteau et mes lunettes de soleil, espérant follement qu’il soit éveillé ou bel et bien présent comme m’avait signalé le concierge.  
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() message posté Mer 9 Mai - 9:32 par Alistair H. Pratt
Les passants regardèrent à peine la luxueuse berline lorsqu’elle se stationna non loin d’un vieil édifice huppé de Soho. Un homme sortit du côté conducteur et ouveit respectueusement la porte de son passager. Mais celui ne descendit pas tout de suite, restant un long moment à observer la jeune femme blonde qui était passée juste à côté d’eux, la tête baissé sans s’en compte. Elle qui camouflait mal son visage tuméfié sous des lunettes de soleil, malgré l’heure tardive et qui se dirigeait, d’un pas incertain et chancelant, vers le vieil immeuble. Il l’aurait reconnue en mille, cette petite demoiselle-là. Un demi-sourire apparut sur les traits du passager de la berline. Cette petite visite impromptue serait pleine de surprise, ce soir.


Les portes de ascenseur s’ouvrirent au 5e étage sur un large couloir impeccable et garni de grandes fenêtres voûtées du côté ouest, décorées de moulures et de lustres style art-déco. Déjà, des notes endiablées de piano résonnaient entre les vieux murs de l’étage. Elles s’accentuaient au fur et mesure que la jeune fille avance vers sa destination, tout au fond, à gauche. Sur la somptueuse porte de bois acajou, sous le loquet doré, quelqu’un avait scotché un discret avis de conciergerie qui suppliait poliment le locataire du logement de faire moins de bruit passé 23h et lui demandait de contacter ASAP l’équipe d’entretien, pour venir faire un peu de ménage.

Cela prit un bon deux ou trois minutes pour que ledit locataire cesse de malmener son instrument et s’aperçoive qu’on frappait à sa porte. Une série d’injures retentirent au travers du bois verni et des pas furieux se dirigèrent vers la porte.

« If it’s yeeeee Nessie-lôôôve, I swearr tô Gôd… »

La porte s’ouvrit rageusement pour laisse apparaître le jeune locataire, torse nu, les cheveux dans les yeux et la cigarette au bec et la main droite bandée. Alistair allait vertement engueuler l’assistante de son père, cette fois. Elle l’avait appelé cinq fois aujourd’hui. Alistair n’avait pas daigné répondre ni écouté ses messages. Et le jeune homme connaissait bien la persévérance légendaire de Nessie. Elle était parfaitement capable de venir le déranger chez lui pour avoir ce qu’on exigeait d’elle, chez Pratt & Pratt. Foutue Nessie à la con.

Mais ce n’était pas l’assistante de son père qu’il avait en face de lui. La colère d’Alistair fondit d’un coup pour se transformer en profonde inquiétude, lorsqu’il découvrit son amie Persée, recroquevillée sur elle-même en face de lui, cachée sous un manteau et des lunettes de soleil.

Persée et lui s’étaient recontrés des années plus tôt lors d’un congrès national long et ennuyeux. Alistair avait 15 ans et il pensait que Persée en avait 17. C’est ce qu’elle lui avait dit. En tout cas, elle était habillée telle quelle. Ils avaient fui l’évènement ensemble pour atterrir dans l’escalier de secours, fumer clope par dessus clope et parler de tout et de rien et surtout, de leur famille à la con. Si, au début, Alistair n’avait qu’une idée en tête, dictée par les hormones turbulentes de la puberté, en la suivant jusqu’à l’escalier de secours, il s’était rendu compte que cette fille lui ressemblait trop au niveau de la personnalité et de son parcours pour être même tenté de faire quoi que ce soir. Elle était comme la sœur qu’il n’avait jamais eue. C’est là que leurs parents respectifs les trouvèrent. Et c’est là que Persée et Alistair avaient compris que leurs pères étaient des concurrents féroces et qu’ils se haïssaient. Et qu’Alistair découvrit le vrai âge de Persée, avec déjà, le sentiment d’une terrible catastrophe évitée de justesse. Ils restèrent les meilleurs amis du monde.

« Persée… ?! »

Il ouvrit grand la porte pour s’avancer vers son amie et se pencher à son niveau, lui toucher légèrement le visage avec précaution, la panique dans les yeux.

« Micetta! Mon dieu… Mais qu’est-ce que… C’est… C’est pas ton Solal qui t’a fait ça? Un de tes Jules? Qui t’as fait ça, poulette? »


D’un geste accueillant, il la prit par la main et se dirigea dans le living room pour libérer un fauteuil de tout le linge sale qui s’y trouvait et y chercher un débardeur pour se couvrir. L’appartement, normalement sobre et à peu près en ordre, était dans un sale état. Un épais nuage de cigarette flottait au dessus de leur têtes et les livres, manuels scolaires de droit, les stylos et les partitions déchirées jonchaient le beau tapis persan. Le répondeur avait été arraché de son filage et gisait lamentablement sur le sol, près du hall d’entrée. Le cendrier, sur la table basse débordait de mégots à côté du clavier numérique.  Il laissa s’asseoir la jeune fille et sans préambule, tassa les mèches de cheveux et examina la bosse, en grimaçant.

« Oh Micetta, ça s’est un peu ouvert et tu as mis du maquillage dessus. Va falloir désinfecter ça, ma poulette. Je vais chercher de l’alcool pour nettoyer ça et des glaçons, pour ton œil, d’accord? Qu’est-ce… qu’est-ce qui t'est arrivé, bordel? »



Avec un soupir, le chauffeur tendit la main vers son passager qui l’accepta non sans rouspéter qu’il pouvait très bien sortir seul de l’engin. Une canne finit par sortir de la voiture et l’homme se redressa de toute sa splendeur passée.

« Merci Arthur. J’en ai pour une vingtaine de minutes, tout au plus. »

« Bien Maître Pratt. »
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() message posté Mer 9 Mai - 15:49 par Persée Hammer-Kane
Alistair & Persée
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Il ne répondait pas. Je toquais, puis je sonnais, doublée d’envoi sms succincts pour prévenir Alistair de ma présence. J’entendais un « brouhaha » derrière la porte et plus je patientais, plus je me sentais mal. Les nerfs sans doute, le stress, la pression, la haine, le dégoût, la tristesse…. Tout un tas de petites choses cumulées qui me rendaient toutes tremblantes. J’avais besoin d’Alistair, besoin d’être la « Persée » normale sans chercher à jouer un rôle, à craquer juste, j’en avais besoin. Je devrais être heureuse à cette heure-ci mais je ne l’étais pas et je culpabilisais, mon père me faisait culpabiliser. Des gens mourraient dans le monde car ils manquaient d’argent, de temps, moi j’avais tout et j’étais brisée intérieurement.

- Alistair s’il te plaît….

Murmurais-je une énième fois en tapant encore à la porte jusqu’à entendre un soudain calme et des pas qui se rapprochaient. J’avais l’impression d’attendre depuis mille ans et la porte finit par s’ouvrir. Derrière mes lunettes noires mes yeux s’écarquillaient devant un « bienvenue » assez agressif vu comment la porte a été ouverte. Je m’étais même reculée d’un léger pas de peur de me recevoir quelque chose en plein visage tant cette ouverture avait été brutale mais je vis le visage d’Alistair s’apaiser en deux secondes lorsqu’il me reconnut.

- Hey…

Je ne savais même pas s’il avait entendu mon maigre salut tant ce dernier fut très silencieux. J’étais fatiguée, j’avais une boule à la gorge et un nœud à l’estomac. J’avais peur de pleurer en deux secondes mais je tenais. J’en avais envie, mais je détestais pleurer en public… Pourtant il s’agissait d’Alistair, je savais que je pouvais me « lâcher » et pourtant je bloquais. Il s’approcha d’un trait, caressa mon visage et quand il toucha le coin bleuté et légèrement bossu un bref gémissement de douleur m’échappa.

- Ca va Alistair…

Non ça n’allait pas. Il le savait, il le voyait, je le savais aussi et je le ressentais surtout. Je me perdais tellement dans une double vie avec moi-même, avec mes multiples mensonges que j’avais dû mal à avouer mes sentiments alors qu’il me connaissait par cœur et depuis des années. Je serrais doucement sa main lorsqu’il me fit entrer à ses côtés, je le suivais sans rechigner en enlevant doucement mes lunettes, laissant paraître mes yeux rouges vifs dû à mes précédentes larmes et celles que je retenais.

- Non ce n’est pas Sol’…

Disais-je en m’asseyant pour finir en mode « cobaye ». Je n’avais pas l’habitude qu’on prenne soin de moi mais je laissais faire Alistair… Je grimaçais encore en serrant mes poings de douleur tandis qu’il examinait l’ampleur des dégâts. Il semblait vraiment paniqué et inquiet.

- C’est mon père… Il a vu les photos que j’ai faite pour LUI Magazine et il est venu me voir. Il était fou de rage. Ca devait faire trois semaines que je n’avais pas eu de ses nouvelles… Il a pas fait exprès, je te le promets…

Pourquoi le défendais-je ? Il ne m’avait pas fait ça directement, mais il avait été violent en me poussant contre le mur jusqu’à me faire tomber nonchalamment, me laissant seule dans l’appartement sans se soucier de mon état alors qu’il avait assisté à toute la scène.

- Il m’a poussé et je suis tombée… Je suis désolée…

Je ne savais pas pourquoi je m’excusais : peut-être de cet infâme spectacle… Alistair semblait occupé, il était torse-nu, relax, il fumait, son appartement était sans dessus-dessous, il ne devait attendre personne et vu la façon dont il avait ouvert la porte, ça se voyait qu’aucune visite n’était attendue.

- J’ai hésité à venir mais je ne voulais pas rester seule mais je te dérange…

Plus je plissais mes sourcils pour me retenir de pleurer, plus je tirais sur ma peau et plus j’avais mal. Je n’osais même pas enlever mon manteau tant j’avais peur de le gêner. Je n’osais même pas le regarder dans les yeux, je fixais un cendrier over-plein, tandis qu’une malheureuse calme s’échappa de mon œil droit pour venir caresser ma joue. Je l’essuyais aussitôt, reniflant du nez.

- Je peux repasser si… Si tu es occupé… Je t’ai même pas prévenu…

Au fond Alistair avait le beau rôle dans ma vie : il faisait office de meilleur ami, petit ami, de frère, de père. Il était l’homme le plus attendrissant que je connaissais et qui se souciait réellement de moi. Parfois je me demandais comme ça se faisait que je n’avais jamais tenté quoique ce soit avec lui. Il était beau garçon et savait comment me parler… Peut-être parce que j’avais l’habitude de « baiser » avec des inconnus et non de « faire l’amour » comme me répétait Solal ces derniers-temps. Comment peut-on « me faire l’amour » ? Parfois je me demandais juste comment je pouvais avoir quelques proches… Comment Alistair restait là depuis tant d’années et pourquoi Solal était si… Attendrissant à mes côtés. Je me voyais comme me voyait mon père : une traînée sans cœur et sans âme. A la fin je n’étais même plus sûre de qui j’étais réellement.
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() message posté Mer 9 Mai - 21:40 par Alistair H. Pratt
Le concierge leva la tête et eut un petit hoquet de surprise à l’entrée majestueuse du vieil homme qui lui souriait, froidement.

« Maître Pratt! Je vous assure qu’il n’y avait aucune urgence. Ce n’est qu’un léger désagrément, je vous assure… ces jeunes… ils oublient que ces vieilles bâtisses ne sont pas aussi bien insonorisées que les appartements de leurs amis, c’est tout et… »

« Ricardo, pouvez-vous m’appeler l’ascenseur, je vous prie?»

Le vieux concierge sourit, encore plus mal à l’aise. L’ascenseur étrusque, datant de la première décennie du vingtième siècle, a été rénové selon la plus haute technologie, voilà un an. Mais il ne dit rien, sort son trousseau de clés et accompagne l’avocat vers le lobby de l’ascenseur. Une fois la clé dans la serrure de l’engin, il se tient droit, aux côtés du vieil homme à l’expression indéchiffrable.

« Monsieur Pratt, si je puis me permettre… Je crois que votre fils vit simplement… beaucoup de pression. Je veux dire, la pharmacie brisée, le bruit… les cris et les menaces de se battre en face de l’immeuble… C’est les nerfs, tout ça. Ma petite-fille, elle est thérapeute, elle m’a expliqué que les jeunes gens de sa génération, les… milléniaux, ils sont…»

L’ascenseur ouvrit lentement ses portes au 5e étage.

« Merci Riccardo. Vous pouvez retourner au lobby, maintenant. »


***

Après avoir vidé la pharmacie, le jeune homme revint vite avec une bouteille d’alcool et quelques mouchoirs propres et vint s’assoir doucement sur le bras du fauteuil, à côté de Persée et la laissa parler, en lui tenant la main.

Persée et son père toujours absent qu’elle tentait à tour prix d’atteindre, peu importe comment, par la décadence et la provocation, s’il le fallait. Il connaissait le vide qu’elle ressentait. Le manque de connexion humaine, le manque de contact physique des gens qui avaient pourtant mis au monde, ces relations codifiées et étouffantes qui ne donnait aucun droit à l’erreur, qui ne donnait pas le droit de montrer qui on était vraiment. Le terrible abysse noir dans laquelle on essayait de trouver ses repères, entre l’image clinquante et le vrai soi agonisant d’un amour qu’il n’avait jamais vraiment eu.

Alistair pâlit et se mordit la lèvre. Persée et son père. La provocation et la réponse toujours plus violente et agressive qu’elle engendrait. Il avait croisé le type quelque fois, dans les procès où son père le trainait de force. Les deux hommes s’étaient retrouvés maintes fois face à face à défendre leurs clients respectifs. Alors que Maître Pratt était d’un calme olympien et méthodique en cours, toujours le sourire calculé aux lèvres, Maître Hammer-Kane se déchaînait de passion comme un lion dans l’arène pour prendre le jury par les émotions. Deux styles, deux mesures et une fiche de succès aussi longue pour l’un que l’autre.

La violence du père de Persée avait souvent fait frissonner Alistair. Les hématomes et les ecchymoses qu’il voyait sur le visage de son amie lui donnaient envie de prendre un taxi et d’aller foutre une raclée équivalente au mec. Et elle le protégeait encore et toujours, dans l’espoir d’être autre chose qu’un objet indésirable, pour son père. Elle n’était pas un trophée qu’on laisse dans une vitrine pour montrer qu’on a bien réussi sa carrière et sa vie de famille, bordel! Persée était majeure. C’était son corps à elle. Sa vie à elle. Elle pouvait bien en faire ce qu’elle voulait. Et si c’était de poser nue pour se belle et se sentir en vie, et sentir ces regards aimants qui lui avaient tant manqué au cours de son existence, Alistair n’avait aucun problème avec ça.

Il vit son amie plisser des yeux et retenir tant bien que mal ses larmes, il la vit discrètement en écraser une.

« J’étais pas en train de faire grand chose, crois-moi. Tu déranges jamais, poulette, et tu le sais. Tu le sais que je suis toujours ici ou presque, à part pour les pratique du groupe... Mais il n'y a plus de groupe de toute façon. Plus pour moi. Tu le sais que je déteste te voir rentrer chez toi toute seule, avec ces inconnus, en état d’ébriété alors que j’habite à deux pas et que tu serais plus en sécurité pour cuver tranquille ici. Tu restes ici ce soir, d’accord? Je vais prendre le canapé… Je te laisse pas repartir chez toi avec cette putain brute de géniteur  à la con qui pense que les choses se règlent en tapant et qui peut re-débarquer à tout moment »


Sans réfléchir, il lui essuya discrètement la joue du pouce et posa discrètement la bouteille d’alcool sur le sol.
Depuis Rome, le jeune homme détestait toute forme de contact physique mais Persée avait en cruellement besoin, en ce moment. Lentement, il la prit dans ses bras et posa le menton sur sa tête, en lui caressant les cheveux.

« Allez viens-là et laisse aller ce gros chagrin, Micetta. »

***

De l'autre côté de la porte, le sourire carnassier du vieil homme s'élargit.
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() message posté Jeu 10 Mai - 10:38 par Persée Hammer-Kane
Alistair & Persée
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Il était revenu avec tout l’attirail nécessaire de sa pharmacie maison. Je baissais toujours les yeux, honteuse. Comme si tout était de ma faute. Je le laissais me soigner un minimum mais à part gémir de douleur, plisser les yeux et verser une misérable larme.. Je ne servais à rien. Nos pères ne s’aimaient déjà pas et avec ça, ça n’arrangeait en rien nos affaires. Au fond je me demandais en quoi je faisais tout pour attirer l’attention de mon père alors qu’il n’en avait rien à faire. J’avais toujours cette part d’espoir en moi alors que tout espoir s’était envolé depuis longtemps.

Je dévorais les mots d’Alistair un à un, il me parlait de beaucoup de choses… L’alcool, mon goût pour la fête, mes aventures d’un soir… Ca me rendait encore plus mal. Je m’étais encrée dans ce rôle de jet-setteuse alcoolique, tendance, populaire, fun, sans cœur… Mais ça m’épuisait. Une part de moi aimait ça pourtant, mais une autre part se sentait mal à l’aise.

Quoi répondre à Alistair ? Il savait que ses mots étaient justes et je ne pouvais pas le contredire, je n’en avais pas la force et l’envie. Je le laissais me cajoler car au fond c’était ça dont j’avais besoin. Alors je le laissais… Jusqu’à qu’il me prenne dans ses bras et à peine la chaleur de son torse contre ma joue, ses bras m’enlaçant et son menton sur le haut de mon crâne je fondis en larme.

Je détestais cette Persée, la « vraie » ou du moins celle « cachée ». Mes deux fines mains vinrent enrouler l’avant-bras d’Alistair et je pleurais… Je me vidais.

- Je suis désolée…

Désolée de t’embêter, de pleurer devant toi comme une personne faible… J’étais un cliché à moi-même. La gosse de riche délaissée par son paternel alors elle comblait ce manque dans le fric, l’alcool, la drogue, la décadence mais la sonnette retentit. Apeurée je me redressais en séchant une nouvelle fois mes larmes.

- Mince, tu attendais quelqu’un ?

Je me levais aussitôt en manquant de trébucher tant ce coup à la tête m’avait assommé. J’en perdais l’équilibre si mes gestes étaient trop brusques et rapides. Je pris mon téléphone et me regardait dans l’écran en remettant des mèches de cheveux sur ma blessure, frottant fermement mon visage comme pour me « réveiller » et enlever cette expression cadavérique de mon visage.

- Je… Je vais partir Alistair. Je ne veux déranger person
ne.

Je ré-ajustais mon manteau, rangeais mon portable et je m’approchais doucement d’Alistair pour embrasser sa joue en guise de remerciements et d’au-revoir mais sans que je m’y attende, la porte s’ouvrit alors qu’Alistair n’avait même pas signalé à la personne de rentrer. Puis quand je m’aperçus de qui il s’agissait, mon cœur manqua un battement. C’était le père d’Alistair. Instinctivement je me reculais et me cachai derrière Alistair mais cet homme n’était pas débile et m’avait vu à peine la porte franchit. Je penchais un peu la tête vers l’avant pour camoufler davantage ma blessure, je croisais mes bras sur ma poitrine et je priais pour ne pas assister à une troisième guerre mondiale ou une énième dispute père-fils.

- Dis-moi quand je peux partir…

Susurrais très doucement pour qu’uniquement Alistair entende… Si le père d’Alistair voyait mon visage, il allait nous tuer… Et en plus il pourrait se servir de « ça » contre mon père et mon père allait finir par me tuer, à nouveau. A croire que je pactise avec l’ennemi alors que je ne vois que son fils… Déjà que j’essayais de lui cacher un maximum, mais me trouver dans la même pièce que l’ennemi en personne, j’avais signé mon arrêt de mort.
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() message posté Ven 11 Mai - 5:12 par Alistair H. Pratt

Il la laissa pleurer en silence, la main sur la tête. Il sentait les larmes tremper son débardeur et lui mouiller la peau mais Alistair s’en foutait. Il aurait voulu pleurer avec elle, tiens. Mais elle n’avait pas besoin de ça. Pas en ce moment.

Il allait lui embrasser le front en balayant du revers de la main ses excuses de le déranger lorsque la sonnette stridente retentit, dans l’appartement. Le corps d’Alistair se raidit et Persée paniqua complètement et faisait déjà ses adieux. Mais bordel, à quoi pensait Riccardo? Il avait vu Persée monter non?

« Non…. Non je n’attendais personne, je te le jures, poulette. Et je te l’ai dit, tu restes ici ce soir. Putain… oh, je sais. Je sais. Nessie. C’est Nessie, Bon Dieu de Merde. Je vais lui remplir la gueule de ses formulaires, à cette pétasse. Bouges pas, poulette, je vais dire à Riccardo de ne pas la laisser monter et de l’envoyer chier… »

Mais la porte s’ouvrit d’elle-même et la grande silhouette de son père apparut dans l’entrée, avec ce sourire glacial et prédateur qu’il lui connaissait. Le vieil homme déposa l’avis minutieusement sur la table basse, avec des gestes calmes et calculés. Alistair se figea sur place et comprit. Le vieux avait entendu toute la conversation, juste de l’autre côté de la porte. Foutue insonorisation de merde. Il sentit Persée se cacher derrière lui et se faire toute petite mais il était trop tard. Beaucoup trop tard. Il se redressa pour protéger son amie du haut de sa taille et serra les poings, le regard enflammé de rage.

« Non, Micetta. C’est lui qui fout le camp. MAIN-TE-NANT. »

Mais le vieux restait là, avec son sourire, les deux mains dans le dos, la tête un peu penchée sur le côté, en bloquant l’entrée. Il resta silencieux pendant un moment, à détailler l’appartement et son fils puis fit un pas vers l’avant, le sourire toujours figé aux lèvres, avec un ton condescendant. Il pointa de sa canne la jeune fille qui se cachait derrière et eut un soupir amusé.

« Les points de suture à la main et les menaces proférées devant l’immeuble… C’est à cause de cette petite trainée, dis-moi, Fils? Loin de moi de questionner tes gouts, j’ai déjà eu ton âge, après tout. Je sais qu’on s’enflamme un peu trop facilement dès qu’un peu de chair se dévoile et dès qu’on sent qu’elle nous échappe. Oh Harold! Harold! Il est grand temps que tu viennes me rejoindre au cabinet, crois-moi! Tu verrais que ce genre de femme ne fait pas que te vider de ta semence au moment où ça te plait. Dès que tu as le dos tourné, ce genre de fille te liquide et part avec tout ce que toi, tu as durement gagné. Elle te vide aussi de ta réputation et de ton portefeuille en te refilant une superbe gonorrhée en guise d’adieu. Demande à son père, tiens. »

Le vieux eut un petit rire et ses yeux brillèrent davantage. Bouillant de rage, Alistair s’avança d’un pas. Ils se faisaient presque face. Il aurait voulu lui foutre son poing sur la gueule, à lui et à son sourire. Mais le vieil homme était son père. Son père. Depuis quand marchait-il avec une canne? La dernière fois qu’ils s’étaient vus, voilà bien deux mois et demi, l’avocat n’avait pas besoin de canne pour se déplacer. Derrière son sourire, Alistair réalisa que l’homme avait les traits tirés, qu’il avait pris un sacré coup de vieux. Pourquoi si subitement? Son père avait déjà 74 ans. Il ne serait plus là bien longtemps. Alistair eut l’impression de chavirer, quelques secondes. Son père. Mais ce n’était pas le moment. Pas quand Persée était dans la ligne de tir.

Il fit une moue de dédain et fit quelques pas pour ouvrir une grande armoire, près de l’entrée et d’un geste brusque, lança un soutien-gorge de la dernière mode à la poitrine du vieil homme, le regard de feu toujours rivé lui.

« Parlant de trainée, je crois que Nessie a oublié ça chez moi, la dernière fois que vous vous êtes vus ici, pendant que j’étais à Aberdeen. Tu lui remettras ça, de la part de Maman. Je t’interdis de parler de Persée comme ça, tu m’entends? Maintenant, dégage, vieux con, on t’a assez vu. »

Mais l’homme ne bougea pas et ne jeta même pas un coup d’œil au sous-vêtement, à ses pieds. Son sourire s’élargit. Y avait-il de la fierté, dans son regard? Du regret? Alistair ne savait plus. Avec son père, on ne savait jamais.

« Quand tu me regarde avec cette rage et cette passion-là, Harold, je vois l’avocat brillant que tu seras plus tard. Tu as tout ce qu’il faut pour être le meilleur du pays, il suffit simplement de raffiner un peu ton langage. Nous te l’avons dit plusieurs fois, ta mère et moi. Il t’est déjà arrivé, Fils, de t’imaginer ce que serait ta vie si tu n’étais pas né dans cette famille? Moi, j’en fais des cauchemars. Je t’imagine sans travail et sans éducation, avec une mère droguée et fanée, qui a jadis été aussi jolie que cette demoiselle-là, derrière, et une ribambelle de mômes à t’occuper. À vendre de la drogue et tes fesses au coin d’une rue et à te débattre avec un casier judiciaire. Une intelligence et une force de caractère comme la tienne, complètement gaspillée pour des mots de travers et une série de mauvais choix. »


Le vieil homme secoua la tête d’un air peiné et les yeux toujours rivés sur eux.

« Mais tu as raison, Fils. Bien vu, mon garçon. Je suis fier de toi. On ne parle pas à une future cliente de cette odieuse façon. Veuillez m’en excuser, Miss Hammer-Kane. Vous me voyez désolé de l’épouvantable outrage qu’on vous a fait. Violence domestique, vraiment? Un avocat de notre trempe, Harold, ne se ridiculise pas ainsi au moindre petit scandale. Il faut toujours rester maitre de soi et tourner les choses, quelles qu’elles soit, à son avantage. Toujours. »

En un tour de main, l’avocat avait sorti une carte d’affaire luxueuse, où le logo classique et élégant, Pratt & Pratt avait étampé dans un carton crème. Il la déposa juste devant Persée, sur la table basse.

« Croyez-moi, Miss Hammer-Kane, je connais bien Monsieur votre père. Quel impulsif, vraiment! Mais descendre aussi bas pour de malheureuses photos? Je ne voudrais pas qu’une si charmante demoiselle se retrouve à la rue. Et pour un cas tel que celui-ci, vous gagnerez sans problème votre cause et une pension suffisante pour vivre confortablement le reste de vos jours, pour peu que vous ayez un bon avocat. Ma secrétaire attend votre appel, dès demain matin. »

Il se retourna pour quitter avant de lever un doigt, d’un air espiègle.

« Mon fils a raison. Je me fais vieux. J’allais oublier la raison de ma venue. Harold, ta mère s’inquiète et s’ennuie de toi. Elle crois que tu l’évites et que tu vis trop de stress, peux-tu t’imaginer? Elle et moi croyons fermement qu’un peu d’air frais te fera du bien, pour te reposer et te concentrer sur tes études. Tu iras donc à Aberdeen pour la dernière quinzaine de mai. J’en profiterai pour faire rénover cet appartement et jeter quelques vieilleries. »

Le vieil homme jeta un regard sèvère vers le clavier et lança un regard autoritaire vers son fils.

« Je ne devais pas te le dire mais ta mère a préparé une toute réception, pour ton anniversaire. Un quart de siècle! Tu lui feras plaisir en enlevant cette teinture ridicule que tu te mets dans les cheveux. Tu sais que ça la mets dans tous ses états, lorsqu’on lui demande de qui tu tiens tes yeux ou tes cheveux. Elle est si fière que tu aies sa chevelure blonde… Tu n’es plus un enfant, Harold, il est temps de faire les bons choix. Inutile de te dire que ce n’est pas une invitation, n’est-ce pas? Mademoiselle Hammer-Kane, un plaisir, comme toujours. Superbes photos. Très artistique, vraiment. »

Et il sortit.
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() message posté Ven 11 Mai - 15:41 par Persée Hammer-Kane
Alistair & Persée
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Je me sentais mal, gênée, mal à l’aise, un nœud se forma au niveau de ma gorge et de mon estomac, mes mains devenaient moites, ma gorge sèche. J’essayais de me cacher tant bien que mal pour plusieurs raisons : ma simple présence ici mais aussi mon état physique alarmant.

Les pupilles de mes yeux devaient être dilatées, ma respiration saccadée et mon cœur allait exploser. Je ne me sentais pas du tout à ma place et à peine le père d’Alistair en place, que le ton se mit à monter en même pas deux minutes. Alistair m’ordonnait de rester et avait osé dire à son père de foutre le camp sur le champ mais il resta de marbre, les mains croisés derrière son dos. On aurait dit un « méchant » tout droit sorti d’un film hollywoodien tant il restait inhumain. Aucun sourire, aucune pitié, aucune douleur transparaissait à travers ses yeux… Alors quand il se mit à sourire, ce fut le choc. Ce sourire me fit droit dans le dos et me fit baisser les yeux instinctivement surtout quand il pointa sa canne vers moi. Je ne pouvais pas me cacher davantage, cela allait paraître encore plus ridicule.

Je croisais mes bras sur ma poitrine, je laissais mes cheveux couvrir la moitié de mon visage puis quand il prit la parole et me traita ouvertement de trainée je restai sur les fesses. Ma bouche s’entrouvrit et mes ongles s’enfonçaient dans ma peau. J’avais envie de lui cracher au visage, de lui sauter dessus… Lui aussi me traitait de la même façon que mon père. Il parlait avec un ton bourgeois et des mots bien tournés mais le sens en restait le même : je n’étais qu’un vide-couille selon lui et selon mon paternel. Je relevais ma tête en cherchant Alistair du regard, en le suppliant de m’aider car je ne pouvais pas répondre… C’était ce que son père cherchait : que je me rebelle et que je lui prouve que j’étais qu’une petite « sotte » bonne à rien et irréfléchie « comme mon père ».

Mon souffle devenait brûlant dû à la rage qui coulait dans mes veines et sans que je ne m’y attende je vis Alistair s’avancer brusquement. Instinctivement, mes doigts essayèrent de rattraper son bras pour le contenir mais il fut plus rapide. Je restais muette, j’avais peur que tout cela dérape mais Alistair répliqua d’une façon surprenante à son géniteur : il lui jeta un soutien-gorge à la figure. Je ne compris pas de suite. J’étais choquée sans trop l’être, qu’allait-il dire ? Que c’était le mien et qu’il baisait qui il voulait ? Ou alors celui d’une autre ? Alors quand il ouvrit sa bouche pour expliquer la raison de ce geste, je tombai de haut. Son père trompait donc sa mère ? Ici en plus ? Je m’éloignais du canapé d’un air dégoûté, je m’imaginais soudainement le vieux corps de cet homme dénudé avec une jeune femme, la vision était juste horrible. Je plissais les yeux de dégoût, avalant difficilement ma salive mais le père avait toujours une réponse dans sa poche. Est-ce que cet homme était humain ? Mon père et lui étaient si différents à ce niveau, mon père était vif, rapide, impulsif, joueur, alors que celui d’Alistair était perfide, discret et un expert dans la manipulation mentale.

Il parlait tellement que même Alistair semblait avoir perdu ses mots. Je n’osais même pas aller vers lui pour me re-cacher derrière lui, je restais près de la table basse, compressant encore plus ma poitrine sous mes bras, je me camouflais sur mon manteau que j’avais encore sur mes épaules mais mon cœur manqua un battement quand il évoqua mon nom de famille suivi du mot « client ». Je fronçais les sourcils en le regardant droit dans les yeux… Il déposa sa carte et accentua les gestes de mon père, reparlant de mes photos. J’avais honte, je ne savais plus où me mettre. Si mon père entendait tout il m’aurait une nouvelle fois plaquée contre ce mur, m’étranglant jusqu’à que je finisse par manquer de souffle. Je savais que mes photos étaient publiques, je le savais… C’était fait exprès et j’aimais recevoir autant de messages sur mes réseaux sociaux, me sentant désirée, aimée, être le fantasme des gens m’excitaient… Mais que cela vienne de la bouche du père d’Alistair, l’ennemi juré de mon père et surtout âgé de plus de 70 ans, le dégoût m’envahit.

Honteuse, les larmes m’envahirent et je me mis de dos. J’allais vers la plus proche fenêtre et les larmes caressaient mes joues sans cesse. Il m’invita à porter plainte contre mon père, me traitant directement en plus de me juger sans en connaître les fonds. Alistair se taisait, ne disait rien, je ne comprenais pas… Je me mis à trembler, je refusais de recroiser le regard de cet homme. Je me mordais violemment ma lèvre inférieure pour calmer mes larmes et taire mes gémissements mais cela devenait compliqué. Je m’étais déconnectée, je voulais juste qu’il parte… Puis il m’acheva d’un dernier coup de massue en évoquant la « qualité » de mes photos et je ravalais de force mon vomis qui allait sortir. C’était déroutant, dégoûtant, insultant, rabaissant… Je m’en voulais. Je faisais tout cela pour provoquer mon père, pour qu’il fasse attention à moi et là je comprenais ce qu’il me disait par « lui faire honte ». J’allais tout ficher en l’air mais je ne pouvais m’en empêcher. Alors quand j’entendis les pas du vieil homme se diriger vers la porte, je retournais ma tête rapidement me mettant à courir vers cette dernière pour lui claquer la porte au nez une fois qu’il avait les pieds dehors.

Mes joues étaient trempes dû à mes larmes, mes yeux rouge vif à cause de ma peine.

- Tu es d’accord avec tout ce qu’il dit Alistair ? Pourquoi tu n’as rien dit ? Je suis qu’une trainée vide couille aux yeux de ton père ? Mon père avait donc raison de me faire ça tant je lui fais honte ? Je dois porter plainte ? Je dois faire quoi ?!

J’étais en pleine crise existentielle, une grosse crise de conscience mais surtout d’angoisse. Je criais sur Alistair alors qu’il ne m’avait rien fait à part m’ouvrir ses bras pour me consoler et soigner mes plaies mais la peur et la honte parlaient à ma place.

- Je dois faire quoi Alistair ? J’ai aggravé la situation en étant là ? Je ne voulais pas qu’il me voit… Je t’avais promis qu’on resterait discret et voilà qu’il va sauter sur l’occasion pour appeler mon père et lui balancer tout ce qu’il a vu. Mon père va me tuer…

Je me mis accroupie et je pleurais à nouveau, ma tête entre mes mains. J’étais ridicule. J’allais tellement mal, je faisais tellement semblant d’être « sexy bitch » à l’extérieur que tous mes nerfs explosaient pile à cet instant… Chez Alistair, devant Alistair… Alors qu’il était un des piliers de ma vie depuis bien déjà de nombreuses années.
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() message posté Lun 14 Mai - 1:03 par Alistair H. Pratt
« Tu es d’accord avec tout ce qu’il dit Alistair ? Pourquoi tu n’as rien dit ? Je suis qu’une trainée vide couille aux yeux de ton père ? Mon père avait donc raison de me faire ça tant je lui fais honte ? Je dois porter plainte ? Je dois faire quoi ?! Je dois faire quoi Alistair ? J’ai aggravé la situation en étant là ? Je ne voulais pas qu’il me voit… Je t’avais promis qu’on resterait discret et voilà qu’il va sauter sur l’occasion pour appeler mon père et lui balancer tout ce qu’il a vu. Mon père va me tuer… »

Le jeune homme restait là, à osciller, hagard,  à regarder la porte claquer devant lui. Le torrent de mots de son père le transperçaient encore, surnoisement, comme des milliers de petites aiguilles empoisonnées. Cette autre vie cauchemardesque qui effleurait les lèvres de son père à chaque fois qu’Alistair essayait de reconquérir sa propre identité. Le perfide homme des sables qui venait vous enlever à jamais, si on n’avait pas les yeux fermés à sept heures, le croquemitaine qui vous soufflait dans le cou alors qu’on devait regarder le coin du mur, en punition… c’était ce horrible double imaginaire que son père évoquait sans relâche, depuis qu’Alistair était enfant. Et les menaces à peine voilées de détruire ce qui restait de sa vie, s’il n’obéissait pas au doigt et à l’œil… Aberdeen… Son père se doutait que quelque chose n’allait pas. Et il voulait l’enfermer sous verre pour mieux le scruter. Comme un de ces foutus spécimen de papillons rares épinglés, qui ornaient les murs de son bureau. Il ferma les yeux. Il entendait à peine les cris hystériques de Persée, tant la tête lui tournait.

Lentement, sans bruit, il ré-ouvrit la porte que Persée avait claqué. Là au fond du couloir, son père se tenait toujours debout, devant l’ascenseur. Leurs regards se croisèrent, en silence. Maître Pratt ne souriait plus. Alistair vit la main du vieillard se lever, en guise de salut, comme s’ils avaient eu une banale conversation de père à fils et l’ascenseur l’accueillit. Alistair resta planté dans le corridor jusqu’à ce que l’ascenseur soit loin d’eux.

Il se laissa glisser le long du mur, juste aux côtés de son amie et lui prit la main et serra doucement les doigts de la jeune fille, en silence, puis il lui prit le visage et lui embrassa le front et colla sa tête contre la sienne.

« Je suis désolé, Micetta. Je suis tellement désolé. Je ne savais pas qu’il allait débarquer, comme ça. Je te jures que je ne savais pas. Ce n’est pas de ta faute…  Fuck! J’aurais dû prendre les appels de Nessie… Peut-être qu’elle savait, elle, qu’il avait l’intention de débarquer… C’est… C’est moi qui est con. Il… il ne fera rien ce soir. En tout cas, je ne crois pas. Je… je vais l’appeler demain, d’accord? Je vais m’excuser, je vais faire l’enfant sage et je vais lui promettre ce qu’il veut. Ça va le calmer. Il s’en fout, de ton père. C’est ma peau à moi qu’il veut. »

Alistair soupira et se passa la main sur le visage et appuya la tête contre le bois de la porte, d'un air las.

« T’es pas un vide-couilles poulette. Tu comprends ça? Tu ne parles pas comme ça de toi, d’accord? Tu fais ce que tu veux de ton corps et tu as le droit de baiser qui tu veux et de te montrer à qui tu veux. Tu as le droit de te faire respecter. Personne n'a le droit de te juger, poulette. Personne. Et si c’est ça, être un vide-couille...On l'est tous. Tous.  Moi aussi, j’en suis un… Un vide n'importe quoi. Une coquille à prendre et à remplir. Juste plus putride que les autres. »


Il se tourna vers Persée et lui sourit tristement.

« Les gens pensent qu'on a rien dans le ventre, dans le coeur ou dans la tête. Ils pensent qu'on est des têtes d'eau qui n'ont rien vécu et rien à donner à personne. Des enfants-rois torchés dans l'or qui vont tout leur enlever juste parce qu'on est là et qu'on existe. Ils ne savent rien de nous. Et rien de ce qui nous emprisonne. Alors ils essaient de nous rouler dans la boue pour n'importe quoi. Mais on a des tonnes de choses à offrir. Des tonnes, Micetta. Suffit de regarder sous le masque... »
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() message posté Dim 20 Mai - 1:04 par Persée Hammer-Kane
Alistair & Persée
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Il s'affala à côté de moi et entrelaça ses doigts dans les miens. Réflexe, je les serrais, Alistair était la seule personne sur Terre à être comme ça avec moi. Si tactile et câlin sans arrière pensée. C'était naturel entre nous et j'en avais besoin comme je savais l'être quand lui en avait besoin. On avait deux pères si différents et identiques à la fois. Deux pères ne comprenant pas leurs enfants jusqu'à se demander en quoi ils étaient "pères" au final. Il prit doucement mon visage entre ses mains et embrassa mon front avant de coller son front au mien. Mes genoux pliés venaient se recroqueviller contre moi avant de tomber sur les jambes d'Alistair comme s'il était mon rocher de secours. Je le laissais parler, mais au fond je savais que son père avait raison sauf que ça faisait toujours mal d'entendre "ça". Je repensais à l'éloignement de Solal ces derniers temps, comme si le fait que je "voyais trop de gens" le dégoutaient désormais alors que depuis janvier ça n'avait posé aucun souci.

- Il a raison Alistair.. C'est pour ça que ça fait mal. Je ne peux pas m'en empêcher c'est ainsi... J'en ressens le besoin comme parfois je me force juste pour le jeter en plein visage de mon père. Ton père est un gros enfoiré comme le mien.

Alistair était tout sauf débile... Et son père se comportait comme s'il ne comprenait rien à la vie, comme s'il était un raté, un bon à rien, un branleur. Comme le mien sauf quand il décidait de m'exposer en tant que trophée dans de grands galas pour dire à quel point sa fille "était belle" en me menaçant de fermer ma gueule pour ne rien gâcher.

- T'es bien plus que ça Alistair. Ton père doit pas être ainsi... Avec toi.

Ma tête était désormais sur son épaule, j'avais toujours ses doigts entrelacés dans les miens. Voilà un beau cliché qu'on formait là. Moi et mon visage déformait à cause du bleu que mon père m'avait causé, mon mascara qui coulait à cause des larmes, et on était là, affalés au sol, contre la porte d'entrée, fatigués, épuisés, exténués de nos pères respectifs. Au final je ne savais même pas en quoi la venue de son père avait été utile.

- On doit faire quoi désormais ? Je veux pas rentrer... Je sais que tu m'as dit de rester mais j'ai peur que ton père revienne et que ça empire. Mon père va être au courant de tout cela. Je suis fatiguée Alistair.

Je me redressais un peu en séchant mes larmes. Je quittais malgré moi sa main en touchant une nouvelle fois du bout de mes doigts ma "nouvelle blessure". Ca piquait toujours autant. Si le père d'Alistair répétait au monde entier que mon père battait sa fille, il allait finir par me tuer jusqu'à me retrouver dans la rue sans héritage. Alors je restais là, inerte au sol, silencieuse. Essayant de retrouver un peu de dignité. Je n'avais plus l'habitude d'être cette "Persée là" alors toutes ces larmes m'épuisaient et m'affaiblissaient lourdement. J'évacuais trop d'émotions refoulées depuis bien trop longtemps, mon corps et mon coeur explosaient et implosaient.
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() message posté Dim 20 Mai - 21:02 par Alistair H. Pratt
Le jeune homme soupira et regarda le plafond lambrissé de son appartement, de longues minutes, sans un mo. Le soleil s’était presque couché et ils étaient tous les deux plongés dans la pénombre, maintenant. Alistair comprenait parfaitement ce que Persée voulait dire. Où était la frontière entre ce qu’ils auraient vraiment dû être, avec leurs désirs, leurs envies et leurs passions, ce que leurs parents les forçaient à être et cette foutue rebellion? Persée baisait le monde entier pour pouvoir enfin s’approprier et ne pas servir de simple bibelot. Il y avait longtemps qu’Alistair l’avait compris. Et qu’une partie d’elle le faisait pour que son père la remarque enfin.

Qu’étaient-ils vraiment, tous les deux, sinon des êtres en perpétuelle rébellion?

Parfois, Alistair se demandait à quel point il s’appartenait. Si tout ce qu’il entreprenait n’était pas qu’un acte désespéré de se distancer de son père. A quel point son amour de la musique faisait vraiment partie de lui sans n’être qu’un autre acte d’auto-sabotage. Sa seule raison d’être était d’être avocat, non? Dès sa conception, tout avait été programmé pour qu’il reprenne le flambeau de l’illustre cabinet familial. Tout. Alors pourquoi était-il rentré dans cette boutique de disques poussiéreux, à 15 ans? Pourquoi avait-il caressé les notes du vieux piano à queue qui y trônait?

Il secoua la tête.

« Ouais, mon père est un enfoiré. Non… Non, pas un enfoiré. Un pervers. Un foutu pervers sadique qui aime jouer avec la tête des gens et leur faire douter d’eux. Il a pas raison, tu entends? Il joue avec toi, avec ta tête. Comme un putain de chat avec une souris. Nah… Il ne reviendra pas ce soir. Il ne téléphonera pas à ton père ce soir. Il va attendre. Attendre qu’on panique assez pour faire des conneries. Attendre qu’on le supplie de ne rien faire. Pour mieux nous faire chanter. Attendre qu’on oublie tout ça et qu’on baisse la garde. Je ne sais pas ce qu’il veut… Tout ce que je sais, c’est qu’il me veut assis derrière son putain de bureau à la con à la fin de l’année prochaine. Je… Je sais pas quoi faire, Persée… je sais pas… Il… Il ne fera rien ce soir. Ni même demain ou après-demain…»

Il ferma les yeux un instant. La tête lui tournait. Lui aussi se sentait las, si las. Las de devoir toujours se rebeller. Las de cette boule qu'il avait dans la gorge. Las de la terreur qui le submergeait, depuis que le Docteur Taylor lui avait donné son diagnostic. Si son père avait une arme contre Persée, il était prêt à lui servir de bouclier. Il glissa, faiblement.

« Et s’il menace de dire à tout le monde que ton père te bat… eh bien je le menacerai de dire à qui veut bien l'entendre que son putain de fils à lui, qui était fièrement le bras droit de Thatcher, est sidéen. On verra s’il ne crève pas d’un arrêt cardiaque juste là. Ça va lui en boucher un coin… au moins pour quelques jours… »

Il se leva péniblement et tendit la main à Persée, pour l’aider à faire de même et il la serra contre elle.

« Allez viens. Tu as raison. Ne restons pas ici. On va mettre des glaçons là dessus et te nettoyer le visage. Et j’irai prendre une douche et me changer de ces fringues suintantes. Je dois puer à des milles à la ronde, hein? Après, on sort. N’importe où. Où tu veux aller, Micetta.»
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