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(alastair&eleah) leave me high and dry.

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() message posté Dim 3 Juin 2018 - 20:44 par Eleah O'Dalaigh

leave me high and dry
Les lèvres d’Alistair poussent des jurons d’incertitude, celles d’Eleah, elles, rêvent de babiller encore et encore sur les rythmes sulfureux de morceaux comme ceux qu’ils savent créer, que cela soit les Untitled, ou bien les Wild.  Elle ne sait pas si dans un autre contexte, leur musique l’aurait autant transcendée. Est-ce parce qu’elle distingue légèrement l’homme sous l’habit de scène que la voix de James la fascine à ce point ? Est-ce la transpiration fébrile de cette humanité qui rend chaque note plus palpable, plus puissante aussi ? Peut-être … Peut-être. Les aigreurs de fin de soirée lui sont passées, laissant place à la frénésie de la nuit. Les accords lui font renouer avec l’envie irrépressible de danser, mais elle peine à distinguer en Alistair un partenaire potentiel. Elle ne sait pas pourquoi, mais il ne lui apparaît pas comme très tactile, ou prompt à se laisser entraîner sur une piste de danse. Il y a chez lui cette forme de réserve qui oscille avec l’agressivité dont elle ne veut pas franchir les barrières pour l’instant. Il est trop tôt. Elle ne saurait comment se prémunir du revers. Ses regards papillonnent ici et là, ne s’aimantent à aucune silhouette en particulier avant de lui revenir. Son humeur est si légère ce soir qu’elle a le sentiment que rien ne pourrait véritablement l’atteindre. C’est un leurre bien entendu. Un leurre immonde. Mais elle se plaît à y croire, distribuant des sourires comme l’on distribue dans cartes à jouer sans savoir quelle manche va nous attendre ensuite, et qui va la remporter.
« On ne dit pas que les filles naissent dans les roses plutôt ? Et les garçons dans les choux ? »
Suggère-t-elle en arborant de ces sourires enfantins qu’elle manie à la perfection, l’expression de « petit ami » lui arrachant un rire plus franc, manquant de la faire s’étouffer avec une gorgée de son Virgin Mojito.Petit ami. Ce terme-là la ramène toujours à ces années collège, où il était de bon ton d’avoir un boyfriend digne de ce nom. Evidemment, le terme n’avait pas toujours cette connotation un peu naïve qu’elle imaginait dans sa tête chaque fois qu’il était prononcé, mais ça n’était pas là un carcan dans lequel elle souhaitait s’enfermer. Non … Non jamais.
« T’es bien curieux pour un-»
Elle s’interrompt, coupée dans son élan par l’arrivée impromptue, voire imprévisible, de James dans leur sphère singulière. Sa langue claque de mécontentement sur son palais lorsqu’il se saisit de son verre sans lui demander la permission – cela va vraiment devenir une habitude -, mais cela ne suffit pas à lui ôter cet air réjoui qui la caractérise depuis un petit moment déjà.
« Ne fais pas l’innocent trésor, je suis sure que tu m’attendais, planqué dans ta tour d’ivoire. »
Elle lui glisse un clin d’œil à la dérobée, récupère son verre pour mieux en boire une gorgée.
« Tu plaisantes ? Gâcher un breuvage aussi délicieux avec une vodka bonne à déboucher des toilettes ? Jamais de la vie. Ta barmaid a des doigts de fée, elle fait des merveilles sans même avoir besoin des subterfuges de l’alcool. En plus de ça, elle est à croquer. Dis-moi, Wilde, t’es quand même pas sexiste au point de faire de la beauté physique un critère d’embauche ? » Son regard devient faussement inquisiteur, son petit index traine dans les airs pour ponctuer ses paroles. Son attention revient avec légèreté sur Alistair, l’assertion de « petit ami » revenant en écho entre les lèvres de James.
« Si seulement j’avais le temps d’avoir un boyfriend ! Mais voyez-vous je suis sii débordée… Parlons plutôt de réguliers, ou de régulières éventuellement … Je suis pas contrariante. »
Sa voix devient un peu plus aigüe, l’ironie s’accentue sur le « si » qui montre bien que cette idée-là est assez absconse la concernant, et son sourire devient goguenard, voire un brin espiègle sur la fin de sa remarque. Elle dévoile ses dents dans une innocence totalement factice, et glisse un regard empreint de sous-entendus sur James, sans prendre le risque de s’y attarder trop longtemps. Son attention se porte sur la conversation qu’ils ont tout juste le temps d’entamer avant que la silhouette de James ne s’éloigne de nouveau. La fulgurance d’une apparition. Ainsi aide-t-il les Untitled à percer ? Ils doivent avoir quelque chose, pour qu’il leur donne une chance de cette façon. Pour qu’il les tire vers les stratosphères les plus élevées. Sans doute ne savent-ils pas encore vers quoi ils vont s’aventurer. Eleah reprend le fil de la conversation avec Alistair :
« Hmm, peut-être bien … La seule différence, c’est que lorsqu’un journaliste te pose cette question, il se contrefout de la profondeur de ta réponse. Ce qu’il veut, c’est que tu fasses frémir les fans qui écoutent, en leur refourguant une réponse classique. Mais quand un autre artiste te la pose … Il veut juste savoir ce que tu as dans le ventre, ce qui te fait vibrer dans cet instrument plus qu’un autre … ce qui te nourrit. »

Incandescente jeunesse, qui s’aventure à faire d’elle une sorte de stéréotype mignon et facile d’accès quand en réalité elle attend davantage des échanges qu’elle tisse. Surtout avec des personnalités comme celle qu’il semble couver. Il s’avance sur ce qu’elle pourrait dire, ou répondre … Mais il ne sait pas, non. Il ne sait pas ce qu’elle est, ou ce qu’elle pense. Il a cette assurance charmante qui lui fait esquisser un sourire. Une part d’elle-même estime qu’il se trompe, qu’il y a en chaque instrument une histoire et un potentiel infini pour peu que celui qui le choisit sache le transcender. Les cordes ne flanchent jamais elles non plus … Ce sont les mains qui les manipulent qui tremblent, qui faillissent. Elle va pour lui répondre, mais c’est sans compter l’apparition impromptue de son acolyte. Elle ne l’interrompt pas, se fait presque spectatrice quand il semble pourtant s’adresser à elle. Son sourire devient plus ambigu, flirte dans la direction d’Alistair qu’elle devine sous les assertions presque crues de son camarade éméché.  Peut-être qu’il y avait eu quelque chose entre ces deux-là. Mais d’une idylle quelconque, ne restait plus qu’un malaise étrange. Quasiment épidermique de la part d’Alistair.

« Sauvage alors … Et écossais avec ça ? » dit-elle du bout des lèvres, masquant un sourire derrière une gorgée de son verre. « Non je ne suis pas journaliste. Et non, je n’ai pas de petit ami. » ajouta-t-elle avec douceur, comme si de rien n’était. Elle n’était pas là pour le mettre mal à l’aise, encore moins pour excaver le souvenir d’histoires qui ne la concernaient pas. « Quel surnom te donne-t-on toi ? Je suppose que « M’dame la Marquise » n’est pas celui que tu préfères. » l’interroge-t-elle, détachée.

Ses regards dérivent vers la silhouette évanescente de James. Elle l’observe au loin, déployant des attentions ici et là, se faisant serveur d’un soir, gravitant dans cet univers qui est sien. Elle voit cette façon qu’ils ont de le regarder. Surtout la gent féminine en réalité, avec cette forme d’avidité sans fard, presque indécente. Une personne normale aurait sans doute brûlé de jalousie à sa place, aurait rêvé de griffer son visage avec ses ongles pour n’effleurer ne serait-ce qu’un peu l’idée qu’il puisse lui appartenir. Mais rien ne vient de cette nature-là chez Eleah. Rien d’aussi brutal. Rien d’aussi acéré. Tout au contraire, ce sont des envies nouvelles qui surnagent dans les intensités de ses prunelles. Des envies qui rendent sa bouche plus pâteuse, et font battre son cœur un peu plus vite. Elle trouve que ce naturel-là lui va bien. Qu’il semble presque serein, à graviter ainsi entre ceux qui l’admirent sans pour autant le reconnaître.

« Tu danses, ou es- tu es trop sauvage pour t’y aventurer ? » finit-elle par proposer à Alistair, en sautant de son tabouret, un clin d’œil espiègle lancé en même temps dans sa direction.


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() message posté Jeu 7 Juin 2018 - 4:27 par Alastair H. Pratt
Ne. Jamais. Se. Laisser. Surprendre.

Jamais.

Même à la fin de la nuit, Alistair ne saurait jamais ce qui aurait été le pire. Le concert impromptu des Wild où tous les efforts pour tracer sa silhouette un peu trop éphémère dans l’iris de la foule avait été anéantis par un groupe plus grand et plus connu ou le fait d’avoir été berné par l’amante de leur chanteur? Ou peu importe le nom qu’il lui donne ou l’étiquette qu’elle veut ou pas porter. Il avait l’impression d’avoir été dupé. Il revit au ralenti Wilde prendre le verre de la fille et le recracher comme si de rien, en l’invectivant comme le Capitaine Haddock l’aurait sûrement fait, si la vie n’aurait été qu’une œuvre grotesque de fiction.

Erwan, dans son état un peu-beaucoup altéré, le remarqua aussi. Alistair allait une fois de plus repartir complètement seul. Comme toujours depuis presque deux ans. Le pianiste vit son batteur redresser la tête et faire un pas de trop pour tenter de s’infiltrer dans une porte qui se refermait doucement au nez de celui qui avait été son amant. Heureusement, le minet accroché à son cou le remarqua aussi, fronça les sourcils et l’entraina vers la sortie, d’une démarche chancelante. Erwan n’eut le temps que lui envoyer un baiser soufflé un peu trop sincère. Il ne remarqua même pas le regard glacial de Wilde à son encontre, trop obnubilé sans doute par la vision solitaire de son acolyte. Alistair se tourna vers le bar comme si de rien n’était. Le batteur ne se souviendrait plus de rien, à son réveil. Alistair se passa la main sur le visage et se força à sourire de plus belle.

« Il t’appelle réellement Sylphide des enfers ou c’est sur ton certificat de naissance? Wouah… Je savais que son esprit se trouvait encore quelque part sur l’île d’Atlante, niveau décalage horaire, quand il me donne rendez-vous mais ça… Ça… Permets-moi de retenir le genre de surnom. Ça doit impressionner les filles, de se faire appeler comme ça. Plus que de se faire appeler Mini-Fée, sans doute.»

Il fit un clin d’oeil vers la barmaid qu’Éléah avait, le temps d’une maigre seconde, convoîtée du regard et lui fit le sourire le plus séducteur possible, en levant son grand verre de ginger ale à moitié vide d’un air aguicheur.

« Ôôôôô Parthénope sublime de l’ivresse… tu me remplirais le reste du verre d’un bon scotch, dis? Ton maître sanguinaire me veut corps et âme à l’aube du jour pour mieux me dévorer entier mais on sait tous trèeeeees bien qu’on ne le verra point émerger de sa tombe avant le zénith. J’ai le temps de fêter encore un peu. »

Il lança un regard en biais vers Wilde qui servait la clientèle comme un simple barman. Avait-il réellement fait ce job une fois dans sa vie? Alistair repensa à cette conversation qu’il avait eu avec le type, dans le café de Giuseppe.        La sueur, les efforts et le sang qu’il faudrait suinter avant d’être libre. Une partie de lui avait envie de s’emballer aux propos du tyran. Jonathan Perse?! Vraiment?! Il bluffait. Alistair était sûr que Wilde bluffait. Mais une partie de lui rêvait déjà. Les Untitled sur la BBC One ou dans The Guardian. Un pas de plus vers la gloire. Un pas de moins vers la rue et la déchéance qui l’embrassait déjà. Les yeux d’Alistair brillèrent d’espoir. Non, c’était trop beau. Wilde mentait.

Son regard se reporta vers la demoiselle en train de siroter son virgin d’un air toujours espiègle. Wilde avait du goût, assurément.

« Moi, un surnom? Mais tu les as tous entendu à l’instant… Marquise, Lady Di, Sa Majesté, Midas, gosse de riche, «Brat» parfois… Faut croire que mon existence entière ne tourne autour que de la pourriture de mes origines. Et je ne parle pas de l’Écosse, non. Mais si tu veux me convoquer pour un rituel diabolique, Ali est toujours bienvenue. Ça me fait penser à Aladdin, tiens. J’ai toujours été fan des mille et une nuits. »

La barmaid revint avec un verre de scotch bien ordinaire et un regard appuyé qui voulait en dire long. Non, lui chanter des verses grecques antiques ne l’amadouait pas, elle. Erwan avait sans doute bu pour quatre, ce soir. Le jeune homme émit un petit rire et haussa les épaules en avalant d’un trait son verre. L’alcool lui brûla la gorge et l’apaisa l’espace d’un instant.

La nymphe sauta de son tabouret et lui tendit la main pour danser. Il regarda la main tendue avec un mélange d’envie et de crainte. Oh, il adorait danser. Presqu’autant que de jouer au piano. Debout devant son clavier ou sur une piste de danse, il se laissait sans broncher être le pantin de la symphonie et suivre ses mouvementns comme s’il n’avait plus aucune décision à prendre autre que de faire confiance au rythme. Mais la pensée d’un corps qui enlaçait de trop près le sien le terrifiait et réveillait bien pire que ce que Wilde pouvait psalmodier, dans son esprit. Il fit un geste entendu vers son tyran, à l’autre bout du bar.

« Je te suis, ô Sylphide des enfers. Mais permets-moi d’être preux et chaste dans cette épreuve. Je ne voudrais surtout pas réveiller la Bête qui m’attend demain aux petites heures du jour. »
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() message posté Dim 10 Juin 2018 - 10:08 par Eleah O'Dalaigh

leave me high and dry
Son esprit repart, compte à rebours. La mesure d’un temps qui passe, se dissout. Il n’y a plus de groupe sur la scène, mais la musique pulse toujours. Elle s’alanguit, rejoint les silhouettes enténébrées par l’alcool qui se meuvent sur la piste comme des spectres effervescents de vie, ou au contraire putréfiés par elle. James passe tel un météore dans la sphère qu’ils ont su créer, sans forcément le vouloir. Il vient, brûle tout sur son passage. Surtout Alistair, qui semble réagir avec une infinie vigueur à chaque geste qu’il entreprend, à chaque parole qu’il prononce. Alors avec la discrétion d’un lynx qui observe sa proie avant de fondre sur elle, Eleah les regarde. Surtout lui … Surtout lui. Il y a tant de colère sous la jeunesse qu’il arbore, tant de ces noirceurs qu’elle retrouve sans peine dans la silhouette de James. La même matière, la même essence.  Est-ce pour cela qu’ils sont entrés en collision tous les deux, parce qu’ils se ressemblent ? Eleah n’en sait rien mais elle l’imagine, et sa curiosité s’accentue tandis que ses regards oscillent de l’un à l’autre. Qui es-tu, toi ? Petit être déjà las et fatigué, assombri par une haine qui suinte par tous les pores ? Qu’est-ce qui a fait de toi ce que tu es ? Dans une dernière lampée, elle terminer son verre et le fait glisser sur le comptoir poli. Elle ne l’abandonne pas, non, elle n’en a pas envie.

« Chacun a sa manière de témoigner son affection. Il m’adore vois-tu, même s’il ne l’admet pas. Mini-fée c’est assez cute aussi cela dit. J’aime bien, ça me donne l’impression d’avoir des pouvoirs magiques. »
La réponse lui parvient accompagné d’un clin d’œil tandis qu’un rire spontané et cristallin s’échappe de ses lèvres. Son timbre flirte avec l’ironie, mais elle n’est en réalité pas du tout offusquée par les surnoms dont on peut la qualifier. Les gens qui gravitent autour d’elle ont toujours eu ce penchant-là, sans qu’elle ne sache réellement pourquoi. La faute à ses attitudes détachées sans doute : comme si rien ne pouvait véritablement atteindre toute cette lumière dans laquelle elle cherche à s’incarner en permanence, et faisait d’elle une entité plus adorable qu’impressionnante. Un autre rire s’éprend de sa gorge lorsqu’Alistair entame son ode à la jolie barmaid : elle aime l’ironie sombre, proche du sarcasme, dont il est capable de faire preuve. C’est sans doute le signe d’une personnalité acérée.

« Tes origines ? … Laisse-moi deviner … Tu es issu d’une bonne famille dont t’as toujours refusé les carcans … Ce qui a fortement déplu à tes parents … Ou ton paternel plutôt ? »
Comme lui … Comme lui, sans doute. Peut-être. Une autre ressemblance, un autre point commun qui les font se raccrocher l’un à l’autre, quand elle sent le fossé se creuser et l’éloigner davantage. Ils ne savent pas, non ils ne savent pas, ce que cela fait. De naître sous l’égide d’un nom anonyme, de craindre les lendemains plein d’infortune. D’avoir honte, si honte. D’être soi. D’être quelqu’un. De n’être personne non plus en réalité. D’être son engeance à lui de n’avoir pas su lui faire honneur à elle. Ses mains tremblent imperceptiblement, et pendant une courte seconde, le masque se fissure tandis que des pensées la navrent à l’intérieur. Ses lèvres se fendent d’un sourire instinctif de parade.

« Va pour Ali alors, ça te va bien je trouve. »
Oui, cela lui va bien. Eleah hoche la tête, descend de son tabouret, lui offre cette danse dont elle a tant envie depuis de longues minutes. Sa main se tend vers lui avec assurance, respecte sa décision de la suivre ou bien de refuser de l’accompagner. Il hésite. Semble tergiverser entre deux sentiments contraires. Les fers de sa liberté rudement acquise brûlent ses poignets lorsqu’elle le voit avoir un geste entendu vers James. Comme si … Comme s’il lui promettait d’être sage, de ne pas empiéter sur son territoire … Sur elle. Mais elle n’est pas à lui. Ni à quiconque. Eleah n’appartient à personne. Les jalousies possibles que l’on imagine pouvoir projeter contre sa silhouette, elle les mord, les éviscère. La possession la navre plus qu'elle ne la transcende. Si grande soit sa fascination pour James, et tout ce qu'il sait faire naître en elle, tout ce qu'il lui inspire, elle cherche à se défendre malgré tout, l'élan farouche d'indépendant mordant sa chair jusqu'à la faire saigner.
« De quoi as-tu peur ? Ce n’est qu’une danse … Pourquoi te reprocherait-il quoique ce soit ? Je ne suis à personne. »
Avec insistance elle le regarde, le défie presque. Sa paume à plat, tournée vers le ciel, elle se demande après coup si cela n’est pas une parade de sa part pour éviter le contact physique. Alors comme le dompteur s’approche du cheval fou pour mieux l’amadouer, c’est avec douceur, voire avec prudence, qu’elle lui offre un sourire confiant, venant effleurer du bout de ses doigts les contours de sa main ballante pour l’inciter à la suivre.
« Allez viens … Laisse toi aller, fais-moi confiance. Je te promets que je serais sage comme une image, et que tu n’auras rien à regretter. Comme je te le disais … Ce n’est qu’une danse … »
Sans exercer une pression trop forte autour de sa chair, elle l’entraîne sur la piste, libère sa main, se poste en face de lui pour danser sans pour autant le toucher. Elle a préféré au centre de la piste totalement surpeuplé un coin un peu plus tranquille, où les silhouettes peuvent osciller sans avoir à s’entrechoquer. Tout son corps s’emplit de la musique qui se réverbère dans le Viper, devient le réceptacle d’une danse dissolue. En face d’Alistair, en miroir, elle lève ses paumes et les place devant lui, comme posées sur un mur de verre.
« C’est assez chaste si je te demande de juste poser tes paumes contre les miennes pour que je puisse te guider ? » lui demande-t-elle, ses lèvres se fendant d’un sourire en demi-lune.


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() message posté Lun 11 Juin 2018 - 16:13 par James M. Wilde


« Don't leave me now
Don't say good-bye
Don't turn around
Leave me high and dry
I hear the birds on the summer breeze,
I drive fast, I am alone in midnight
Been tryin' hard not to get into trouble,
But I, I've got a war in my mind
I just ride, just ride,
I just ride, just ride »

Eleah
& Alistair
& (James)





Là sans l’être, en clair-obscur de leurs regards qui se jaugent et soupèsent la présence évanescente que je distille. Encore porté par l’onde, je suis ici, je suis là-bas, j’ai envie de tant d’imparfaits pour déchaîner mon ire, de tant de mots corrélés pour porter ma déraison en étendard. Mes yeux caressent la silhouette d’Eleah, glissent jusqu’à lui que je détaille plus encore ce soir dorénavant que les futurs se tracent sous le sceau d’un potentiel article. Digne poulain des exigences dont je l’accable, esprit aventureux n’acceptant aucune de mes entraves, les combattant sans cesse, cherchant à fatiguer ce lien qui nous taraude, pour mieux le renier un jour sans doute. Tuer le père une seconde fois, dévoyer le fils une dernière, apposer le sceau du courroux sur une nuit de tourmente. Mais pas encore. Pas encore. Les schémas se troublent car ils ne s’accordent pas, trop distincts, trop contraires, de sa destruction je ne veux pas. Je ne veux pas. J’aimerais l’imaginer construire sur les harmonies que je cherche à lui faire frôler, j’aimerais me perdre dans les siennes. Nous n’avons pas la même musique, nous partageons une fougue si semblable pourtant. Si différents, si éphémères, opposés dans un contraire à l’harmonie farouche. Alistair ne détonnera jamais dans mon univers, malgré moi, malgré les siens, malgré mon groupe même, j’aménage la place qu’il devra se tailler. J’oppose l’épreuve quand il a déjà tout gagné. Mon respect transite dans mes yeux, un amusement joue sur ma bouche, parce que mes deux rêves ce soir ne font plus qu’un. Elle et lui. Lui et elle. Reliés par tous les mots qu’ils doivent se confier. J’aime bien. J’aime bien. De ce tableau-là non plus, je ne me lasserai pas. Le mojito à la fraise, sirupeuse injure que je ravale sans renâcler, tant dérober tous les breuvages infâmes qu’elle affectionne devient une habitude. Une habitude qui n’a pas le poids du quotidien. Pourquoi… Pourquoi. Un sourcil se hausse sur mon oeil égrillard :
_ Moi ? Je suis l’innocence même. Ce serait mon style de t’attendre dans l’ombre en piétinant d’une impatience dévorante ? Qu’est-ce que tu imagines, petite fille.
Notre jeu toujours restauré, l’orgueil qui ne flanche pas, certainement pas en public, alors qu’Alistair me sert d’audience. Mon menton se hausse, j’ai une exclamation farouche, comme un animal hérissé, trahi par la nature éprouvée d’un caractère éminemment passionné. Je regarde Kait’, lui distribue l’un de mes sourires ravageurs et élance la conversation jusqu’à elle :
_ Je t’aurais choisie pour ton cul tu crois ?
Elle tire la langue dans ma direction, avant de balayer l’air devant elle comme pour me chasser au loin.
_ Hmm. Disons que ça n’a pas été le seul critère. J’ai surtout aimé le fait qu’elle ait l’air d’un petit animal pris dans les phares d’une voiture, à ne rien savoir rétorquer, quand je la torturais. C’était le bon temps !
Mon sadisme creuse mes joues, Kaitlyn passe derrière moi et frappe mon épaule, en grommelant “ça a bien changé” et le rire que j’exhale montre la communion entre l’équipe du Viper et moi, cette tyrannie de façade qu’ils ont tous su, à leur manière, déjouer pour la remplacer par une camaraderie enflammée. Elle n’a pas eu peur de moi si longtemps… Moins que Phil, il a fallu quelques longs mois pour qu’elle comprenne qu’elle aussi pouvait m’atteindre, qu’importe la distance factice que j’opposais.

J’écoute d’une oreille la dissertation sur le concept du petit-ami qui chez elle me fait doucement sourire, comme si j’avais déjà avalé ma proie. J’ai soudain un flash, me demandant sans doute ce qui se passerait si je croisais inopinément l’une de ses conquêtes. Sans doute strictement rien. Sans doute. Parce qu’elle n’est pas à moi. Que je ne suis pas à elle non plus. Qu’il y a dans la zone grise que nous aménageons, cherchant à l’opacifier plus encore que les jours nous emènent, des accords tortueux, des confidences inachevées, et d’autres serments à porter qu’une fidélité trop commune pourrait entacher. Puis je m’éloigne, je m’amuse d’un regard d’une fille anonyme, converse au loin dans la passivité de mon rôle assigné, serre l’alcool qui bat mes veines depuis que j’ai bu d’un seul trait mon verre de scotch pour mieux parsemer les réminiscences de la scène de feux nourris et dévorants. Je détaille Alistair, son visage, ses allures, ses retenues aussi. Puis surtout les moments de blanc qui font qu’il se pare pour mieux sauver la face. Je ris de bon coeur à la caricature de mon langage fleuri qui dans sa bouche est d’un élégant décalage. Kaitlyn roule des yeux mais s’en amuse beaucoup, revenant vers le jeune homme dans une fausse austérité, s’exécutant dans un geste gracile, tout en semblant compatir avec lui devant le régime que j’impose. Elle murmure “Fais gaffe, si tu deviens pour lui, Parthénope chantera jusqu’à ce que tes oreilles saignent”. Je sujoue l’indignation, la provoque d’un geste directif pour l’intimer à me rejoindre, ce qu’elle fait non sans rectifier au dernier moment le cocktail que j’improvise en ne regardant guère les proportions. Je fais couler un espresso de ma machine de l’espace qui vient rejoindre le breuvage de la fille qui me tient la jambe depuis tout à l’heure. Elle est en train de me raconter qu’elle a connu le Viper à son ouverture, je me demande si je l’ai déjà croisée, et oubliée aussitôt. J’essaye de rester sur des territoires neutres, abscons, pour ne pas trahir le fait que je ne sais même pas qui elle est. Pour l’instant, elle semble s’en contenter. Le tempo change tout autour, la musique devient plus saccadée, je remarque un spot très légèrement décalé et me retient de remonter immédiatement pour aller corriger le millimètre qui lui manque. Ma maniaquerie dévale mes regards qui se plissent en direction de la régie, avant que je ne revienne à… Britanny ? Beatrice ? J’ai déjà oublié. Concentre-toi putain. Mais je songe à Perse, à ce qu’il demandera, comment il cherchera à les piéger tout en les mettant en lumière. Il faudrait que je les briefe un peu, à moins qu’il ne s’agisse là du parcours normal et du bizutage classique de la caste journalistique dont je me méfie comme de la peste. Notre désamour est légendaire. On en parlera demain. 10h. Je me lèverai. Je commente auprès de ma barmaid :
_ Depuis quand je ne me lève pas pour être à l’heure en rendez-vous hein ?
Elle demeure interdite et écarquille les yeux :
“Depuis… Toujours, James ?”
_ Mais vous n’y connaissez rien, c’est ce qui s’appelle un retard étudié.
“Quand il s’agit d’une heure de retard, c’est un retard tout court.”
_ C’est un retard étudié très longuement. Voilà ce que c’est !

Ils bougent, j’imagine qu’elle veut danser, son corps est ainsi, son esprit est encore pire. J’imagine déjà le conflit qui se crée cependant en Alistair, il a des terreurs qui ressemblent aux miennes mais plus prégnantes encore, les séquelles sont sans doute bien plus récentes, accepter le contact est une douleur si intense. Si dérangeante aussi. J’entends de loin la promesse et sans même regarder dans leur direction, je me fais l’écho de ce qu’affirme Eleah au même moment. Une sorte de verset qui suit le tempo tout autour de nous :
_ Elle ne m’appartient pas, elle fait strictement ce qu’elle souhaite.
Et dans un seul regard je l’observe, son profil menu, ma mémoire me rappelle cet après-midi qui fut sans doute l’aube de l’accord qui nous relie : Ce pouvoir-là, je n’en veux pas, je n’en veux plus. Elle ne sera jamais à moi. Jamais. Je ne le supporterais pas, elle serait avilie, elle serait différente, elle serait broyée par une attente pleine d’obligations qui finirait par nous évider de tous nos rêves. Je veux qu’elle m’adore, je veux qu’elle puisse me quitter. Je veux qu’elle parte, je veux qu’elle reste. Je veux qu’elle s’immole à d’autres chairs et se souvienne de la mienne. Je ne veux qu’être là. Juste là. J’y suis bien, je ne veux rien de plus, rien de moins, que ce tout qui feule ses mensonges quand nous sommes réunis. Ce rien quand nous sommes trop loin. Elle ne m’appartient pas, je la veux libre tout à côté de moi. Mais notre façon de le clamer étonne alentours, il y a comme une évidence qui renferme autre chose, d’autres non-dits que nous ne permettons guère. Je reviens à la fille. Brianna. Je crois que c’est Brianna. Cherche à en apprendre un peu plus sur ses occupations, pour meubler le silence assourdissant de sa conversation. Je crois que je la connais. Non, je ne sais pas. Hmm. Je ne sais pas. Je ne me souviens plus. Ils ont disparu, j’espère qu’il se noie dans le bruit, qu’elle sait l’entraîner dans l’univers qui lui est propre, fait d’impossibles et d’infinis aveuglants. Elle ne m’appartient pas. Lui non plus en définitive. Mais… Je ne le laisserai pas se faire piéger par Perse, je le décide entre deux paroles creuses que j’adresse à Brianna, en zyeutant avec régularité ses courbes. Je la connais ? N’est-elle pas identique à toutes les autres, à ce rien qui demeure, juste là ? Juste là… Mais je me contente de ces regards entendus, je n’esquisse aucun geste, je sirote mon verre, et laisse la musique continuer de battre mes pensées pour les emmener au loin. Demain. Après. Avec lui et elle. Elle et lui. Ici. Et en même temps, là-bas.
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() message posté Mar 19 Juin 2018 - 7:31 par Alastair H. Pratt
Alistair fronça les sourcils lorsque la fille devina un peu trop bien son talon d’Achille et une moue un peu boudeuse apparut sur ses lèvres. Ses prunelles glissèrent en biais vers Wilde qui entretenait une gonzesse anonyme. Il ne causait pas de lui avec ses amantes, quand même, non?

« Parce que j’ai l’air d’un type qui a des daddy issues, moi? Vraiment? Ça a l’air de quoi, quelqu’un avec des daddy issues? Encore tes pouvoirs magiques à l’œuvre, Mini-Fée? Dis, tu peux me dire aussi à quelle heure ton ténébreux amant va réussir à se libérer des bras de Morphée, de l’éther, de la Dame blanche ou encore des tiens, pour que je puisse roupiller une petite heure de plus?»

Il se rapprocha d’elle comme un félin, pour l’observer plus attentivement. La candeur qui émanait d’elle, le corps de nymphe, le rire cristallin qui éclatait à tout moment et le regard lumineux et espiègle qui irradiait. Tout le contraire de Wilde et de ses tourmentes. Pourtant, elle était là à détailler sa silhouette au bar avec le regard scintillant. Comment quelqu’un qui avait toute sa tête pouvait vraiment regarder Wilde de cette manière? Ou même… ou même lui? Pourquoi les gens étaient si attirés par la déchéance et les ténébres?

Mais elle était assise sur cette chaise de plastique, avec lui, quelques heures plus tôt. Elle aussi avait ses ténèbres. Ça, Alistair le savait. Le reste importait peu.

Un sourire un peu bravache joua sur les lèvres du pianiste et il mâchonna son cure-dent de plus belle, en claironnant, juste assez fort pour être entendu de celui qui faisait mine de ne plus les voir.

« Ou peut-être pourrais-tu me parler de ce Jonathan Perse qui semble avoir toute ma destinée entre les mains? C’est une fable nocturne pour mieux m’appâter demain, pour rompre son ennui ou ton compère, il est vraiment sérieux? »

Il fit un clin d’œil à la fille et avala d’une traite de ce qui restait du fond de bourbon que la barmaid avait bien daigné lui servir. Il observait les faciès de l’autre côté du comptoir se foutre absolument de l’autorité de leur sombre patron, avec un désinvolture qui ne cessait jamais de le surprendre. Les gérants des autres bars parlaient de Wilde comme d’un mégalomaniaque, comme d’un tyran ou psychopathe à éviter à tout prix. Il se souvenait encore de sa propre frayeur lorsqu’Erwan lui avait nonchalamment appris que son Baby Boy à lui était parti rencontrer le dragon noir seul. Des semaines, des semaines et des semaines plus tard, même après cette discussion dans ce vieux café italien, même après toutes ces répétitions où le supposé monstre n’arrivait jamais à l’heure, même après avoir vu les regards amusés de ses propres employés à son encontre, Alistair continuait un peu à le voir comme le Bonhomme Sept heures* de son enfance. Une figure noire et autoritaire qui le fascinait, le terrifiait, le repoussait et le modelait, bien malgré lui.

Daddy issues, I suppose.

Et puis la fée Clochette se leva de son tabouret avec la grâce d’une colombe et se tourna incandescente vers lui, avec une main tendue vers lui, prête à l’entrainer au rythme des corps fiévreux du plancher de danse. En échange de la paume de sa main. Il prétexta la rage de la Bête qui convoitait sans doute la nymphe mais personne ne fut dupe. Même pas lui. Un autre prétexte de plus pour fuir, comme d’habitude.

Alistair eut le vertige. Il adorait danser avant, pourtant. Se fusionner au rythme de la musique d’autrui et ne faire qu’un avec elle, à défaut qu’elle ne parte de lui. Il l’avait rarement fait, depuis qu’il avait remis les pieds à Londres. Il se souvenait encore du sentiment de contrôle qu’il avait enfin eu de son corps, sur la piste désertée du White Swan. Il se souvenait encore du minet qu’il avait vu tout à l’heure de cette main libidineuse et vide qui s’était posée sur son torse. De Derek et de la rudesse du mur de brique, dans son dos, alors que les pulsions qui faisaient encore de lui un homme s’étaient réveillé des morts, après de longs mois de deuil. Et Alistair se souvenait encore de la crise de panique qu’il avait eu, dans cette chambre d’hôtel médiocre. Et cette jeune fille voulait la paume de sa main?

Timidement, il la lui tendit. Elle allait le regretter, il le savait. La sueur froide maculait déjà le front du pianiste et son sourire angélique avait disparu. Est-ce que la terreur se voyait, dans ses yeux? Il tenta de lui sourire et de se convaincre que ce n’était que la paume de la main prêtée en toute conscience à une petite fée qui la rendrait bien assez vite. Il était en terrain connu ici, non? Il avait à peine bu un verre d’alcool. Il avait vu la barmaid le tirer directement de la bouteille. On n’avait pas touché à so Il tenait encore debout. Personne ne l’avait drogué. Ce n’était qu’une simple fille qui voulait s’exacerber en riant, histoire de se sentir en vie et d’axacerber la convoitise de la Bête qui ne leur prêtait plus attention.

De quoi avait-il peur?

Il la suivit comme un pantin de bois, guidé par des fils invisibles et s’éveilla à son rythme comme s’il sortait de la brume et se fondit, comme elle dans la musique endiablée.


* Vous dîtes le Croque-Mitaine, en France, je crois. Le Bonhomme Sept heures est le psychopathe de toute les générations d'enfants québécois qui venait les enlever et les dévorer s'ils n'étaient pas couchés et endormis à 19h tapantes. Le Québec ayant sa forte part de colonisation anglaise bizarrement assimilée, l'expression ''Bonhomme Sept Heures'' vient de l'anglais ''Bone Setter'' ou ramancheur.. bref, le médecin de fortune qui passait de village en village remettre les os cassés en place.
** Il se peut que j'édites... si j'ai le temps mais vous pouvez répondre si l'inspiration vous vient entre-temps.
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() message posté Mer 4 Juil 2018 - 23:02 par Eleah O'Dalaigh

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Se recomposer une image. Là, quelque part. Là, dans l'ombre des corps dévolus. Imaginer que cela suffira. Qu'ils y croiront tous. Qu'il n'y aura plus que cela, juste cela. Son esprit se façonne et se fascine, aimanté aux airs désinvoltes qu'Alistair divulgue. Qui le rendent si semblable, et en même temps si différent de celui dont elle traque les contours, là-bas, quelque part entre d'autres corps, sans même s'en rendre compte, alors qu'il vient de partir. Partir, oui. Alors qu'il sait, au fond, qu'au-delà de toute vraisemblance, c'est pour lui qu'elle est venu. Qu'elle aurait voulu qu'il reste, juste un peu plus. Son corps, plutôt que tous ces autres. Qu'il reste, sans qu'elle ne sache pourquoi. Sans qu'elle soit capable d'expliquer, ce qui la retient, ce qui la lie, ce que la terrifie aussi. Mais quelle importance ? Il est parti. Elle ne le traquera pas. Elle n'ira pas le chercher non plus. Pas toute de suite. Pas maintenant. Eleah ne dit rien. Elle se contente de rire avec un naturel confondant, illusoire aussi. Ils ne voient rien n'est-ce pas ? Non. Bien sûr que non. Un sourire plus délicat s'arrime à ses lèvres tandis qu'elle détaille le jeune homme avec une attention plus fine. Il est joli garçon. Les airs renfrognés qu'il arbore doivent fonctionner à merveille avec les filles, ou même les jeunes dandy.   Elle pose son coude sur le rebord du bar, enfonce son menton au creux de sa paume avec des airs faussement sceptiques. Je ne sais pas … Je ne sais pas. Il ne m'appartient pas tu sais … a-t-elle envie de dire, devinant déjà sous la diction de ses assertions les stigmates d'une éducation dont elle n'a pas jamais connu les codes, mais dont elle a appris à déchiffrer les marques au fil de ses rencontres.

« T'as des airs de garçon bien élevé, sous tes assertions désinvoltes. » glisse-t-elle, le ton mesuré, le sourire angélique, l'air de rien, ajoutant ensuite : « Sois à l'heure va. Je ne sais pas à quelle heure il sera là, ni avec qui il passe sa nuit. On est pas du genre à se rendre des comptes tu sais. »

L'assertion, presque incisive. Comme pour se défendre de tous ces fers ignobles qu'on est si prompts à passer autour des poignets, et qu'elle n'est pas prête à accepter. Ni hier. Ni aujourd'hui. Ni demain. Ce serait la tuer sans doute. Il lui faudrait être sans paraître. Accepter ce qui crève à l'intérieur, le mettre en exergue, le partager. Être de ces gens assis, contrits, sur les chaises des cercles de parole, et parler. Parler à son tour. Devenir une histoire parmi d'autres. Le  mot « survivant », écrit sur le front, en lettres capitales, faisant oublier tout le reste. Non, jamais. On ne parle pas de l'indicible. On le pleure, on le caresse, on le broie, on l'immole. Mais on ne le dit pas, n'est-ce pas ? Qu'est-ce que tu ne dis pas, Alistair ? Qu'est-ce que tu tais ? Ses pupilles s'embrasent à l'imaginer dire ce qu'il est, assis sur la courbure de la chaise plastifiée. Est-ce qu'elle l'écouterait comme tous les autres, de cette oreille absente et confuse ? Maintenant qu'elle le connaît un peu, juste assez pour que d'inconnus, ils deviennent de sombres connaissances, peut-être pas. Non … peut-être pas.

« Je ne pense pas qu'on puisse faire preuve de négligence, lorsqu'il s'agit de Jonathan Perse. S'il t'en as parlé … C'est qu'il est sérieux. Forcément. Il faudra le convaincre, lui aussi. »

Assertion mutine, alors que l'image du journaliste se réverbère dans sa mémoire. Elle le connaît bien sûr. Pas en personne, mais de notoriété. Le nom qu'il faut avoir sur son carnet d'adresse sans jamais songer à l'en rayer. Un homme dont il vaut mieux éviter la disgrâce. Une clef parmi d'autres, capable de pousser vers la lumière qui irradie. Qui brûle aussi. Si les Untitled parviennent à le convaincre lui, ce serait une porte d'accès pour d'autres sphères. Est-ce cela qu'ils veulent ? Cette notoriété et qui transcende, autant qu'elle détruit ?

Eleah descend de son tabouret, fait un pas, puis deux. L'envie brusque son corps, la tentation de rejoindre la piste trop grande pour qu'elle lui résiste simplement. Avec innocence, elle cherche à entraîner dans son sillage son comparse d'un soir. Si réticent alors. Si désespéré. Si troublé de devoir la suivre, la regardant comme si elle incarnait un précipice dans lequel il se fracasserait. Sur le coup elle ne comprend pas. Pas tout à fait. Elle ne veut pas entrevoir, cette terreur qu'elle reconnaît dans ses yeux, telle une évidence. L'ignorer serait bien plus simple. L'entraîner, continuer, jusqu'à le brusquer et le faire fuir lui aussi. L'acculer dans ses terreurs, pour oublier les siennes, si semblables parfois. Mais Eleah ne fait rien, incapable de l'oppresser, ou de le forcer, quand pourtant ce serait si simple. A la place un sourire rassurant s'aimante à sa figure. Sa paume, juste sa paume. L'un contre l'autre, apposées, sans s'imposer. Ses doigts ne cherchent pas à s'emmêler aux siens, ils demeurent allongés, comme en équilibre. Elle danse, fait corps avec la musique. Prudemment au début, presque en contretemps. Pour lui laisser le temps d'accepter de la suivre. De consentir, à cet espace qui se ressert autour d'eux. A l'atmosphère qui devient plus oppressante maintenant que les corps ondulent alentour, décadent, grotesques, ignobles, attirants pourtant … si attirants.

« Regarde moi Alistair. Ne ferme pas les yeux. Reste avec moi. Il n'y a personne d'autre, tant que tu gardes les yeux ouverts. »

Elle le regarde, elle le convoque. Ne pas fermer les yeux, ne laisser aucune place aux ombres qui traquent et vénèrent le moindre instant où elles peuvent être invoquées. Tant qu'il la regarde, il demeure avec elle. Il ne peut pas partir, dans cet ailleurs qui semble le terrifier, et qu'elle ne connaîtra sans doute jamais tout à fait.

« Toi … La musique … Personne d'autre pour te voir … Pour te traquer. Juste toi. »

Ses paumes, traçant des arabesques dans les airs, cherchent à la guider. Juste ses paumes, quand son corps, lui, marque ses distances, se défend d'envahir la sphère qui lui appartient. Elle se modèle pourtant, à cette musique qui gronde. Peu à peu elle y disparaît, chaque accord vibrant dans les nerfs tandis sur l'ossature. Le corps, en mouvement. Le corps, instrument de cette musique. Jusqu'à ne plus savoir, ce qui est, ce qui fut. Jusqu'à oublier de traquer la silhouette que pourtant elle crève de rejoindre dans l'obscurité. Mais pas maintenant. Pas tout de suite.  


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() message posté Mer 25 Juil 2018 - 4:24 par Alastair H. Pratt
Les regards qui tendent vers les ombres révèlent bien plus de chaînes que la jeune femme ne veut l’admettre. Ils ne s’appartiennent pas, non. Mais ils sont liés, elle et Wilde. Elle tend vers lui comme un aimant. Alors qu’elle tente de donner de l’importance au jeune homme, elle est auprès de lui en songe, Alistair le sent.

Comment peut-elle vouloir valser avec un cadavre décharné comme Wilde et vouloir s’unir avec lui? Alistair rougit. Comment pouvait-il la juger? N’était-il pas une espèce d’ange de la mort lui-même, avec le virus insipide qu’il transportait, en lui? Et que dire de ces liens invisibles qui l’assujettirent lui-même à la vedette? Wilde était la clé de sa avenir, son mentor et le reflet de son avenir. Alistair ne se faisait pas d’illusions. Il finirait comme Wilde, il le savait. Aussi maigre, aussi tremblant que lui, alors que les ravages de la gloire et de la drogue auraient fait leurs effets.

La gloire… Alors Wilde était vraiment sérieux, à propos de cette entrevue? Vraiment? Un frisson d’excitation lui parcourut l’échine. Alors c’était vrai? Ses rêves les plus fous se réaliseraient?

Bien sûr qu’il serait là à l’heure. Bien sûr. Même s’il était en train de vomir ses tripes partout, après avoir trop bu. Même si la tête lui exploserait, au petit matin. Il avait beau jouer au brave et au rebelle, tout le monde autour de ce comptoir savait qu’il serait sagement debout devant la porte du studio d’enregistrement, à dix heures tapantes.
À attendre que Wilde ne daigne se pointer au rendez-vous. À attendre la gloire.
Comme un enfant sage qui attend que son père le prenne par la main pour embarquer dans la voiture.

« Mes airs de garçon bien élevé?! Mais où tu piges ça, toi, Mini-Fée? Même celle qui m’a mis au monde s’évanouit dès que j’ouvre la bouche, généralement. »

Il éclata d’un rire qui sonnait presque vrai, presque, en avalant d’une traite ce qui restait de ce mauvais scotch au fond de son verre et le brandit à la barmaid comme un drapeau blanc, pour qu’on lui en resserve un autre.

Parce que tout le monde savait que malgré tout, il serait là. À dix heures tapantes.

Et puis la dryade se laissa soudain échoir avec grâce de son tabouret, sans doute pour fuir le vide que Wilde avaient laissé, entre eux deux. Le chainon manquant qui les reliait, elle et lui vers une même danse. Une danse pour oublier. Pour s’évader.

Elle lui tendait la main, les yeux brillant, un sourire bienveillant aux lèvres. Que les paumes. Juste les paumes. Viens, Alistair, viens. Viens danser avec tes démons et les miens.

Les siens. Quels étaient-ils? Quelle emprise avaient-ils sur elle pour l’obliger à s’assoir, une fois la semaine, au fond d’une salle glauque, peinte aux teintes de la maladie?

Juste les paumes. Alors que le moindre contact humain lui faisait revivre les mêmes images, les mêmes distorsions encore et encore, comme un disque brisé. Depuis combien de temps n’avait-il pas vraiment dansé avec quelqu’un? Il adorait danser, pourtant. Presque autant que de jouer un instrument. Son corps devenait alors le réceptacle de la musique des autres et il se soumettait entièrement à leurs accords, comme une marionnette. Jusqu’à rester éreinté au petit matin. Jusqu’à ce que tous les muscles de son corps lui fassent mal. Alors, il se sentait en vie. On lui avait souvent murmuré que toutes les filles ne rêvaient que de ça, de danser avec lui. Alistair aimait croire que son minois n’en était pas l’unique raison. Que la grâce et la volupté qu’il économisait dans son verbe s’exaltaient dans ses mouvements pour ne faire qu’un avec la musique.

Les mains de la jeune femme étaient chaudes, contre les siennes. Ses yeux étaient rivés dans les siens.

Il n’y a personne d’autres, tant que tu gardes les yeux ouverts.

« Oh, Mini-Fée, si tu savais… »

Il s’était laissé échappé mais les vibrations avaient sans doute enterré ses aveux. L’aveu que même les yeux grand ouverts, ses fantômes suivaient chacun de ses mouvements, leurs mains froides dans le creux de ses mains et dans son intimité.

Comme deux mimes d’un film décousu, il s’accorda à la nymphe avec une souplesse infinie, comme si leurs mouvements avaient été presque pré-destinés. Il la regardait, fasciné, les entrainer, lui et ses démons, du bout des doigt dans sa cadence à elle. Il réussit de peine et de misère à sourire et à mettre un masque désinvolte sur ses traits pétrifiés et s’avança pour lui murmurer à l’oreille.

« Mini-fée, Sylphide des enfers et quoi d’autre, hein? Je ne sais même pas ton vrai nom, ni même pourquoi tu étais là. Hein? Pourquoi tu étais là? Et pourtant, je te suis déjà comme un con. Je te le dis, moi… tu as des pouvoir magiques… »
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() message posté Ven 3 Aoû 2018 - 10:45 par Eleah O'Dalaigh

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Un rire l'étreint. Un rire l'emporte. Frivolité factice, déparée de la honte. Si crue qu'on la pense sans fard. Mais pendant ce temps là, il y a de ces fers qu'elle ne maîtrise pas qui se raccrochent à ses poignets, qui font saigner ses phalanges. Ils les navrent, tour à tour, mordant la finesse de la chair qui aspire à d'autres choses qu'une liberté toute illusoire. Dans la dérobée d'un regard, elle devine qu'il cherche à la voir. A discerner ce qui se trame, à l'intérieur. Lui. Elle. Les deux ensembles. La curiosité d'Alistair dans les œillades qui tendent vers eux. Elle aimerait pouvoir clamer qu'il se trompe. Qu'il n'y a rien de ces carcans destructeurs entre eux. C'est au-delà de cela. Peut-être … Peut-être bien. L'assertion du jeune homme la cueille, en même temps que ce rire qui le caractérise. Elle ne saurait dire s'il est chargé de spontanéité, ou s'il est parvenu lui aussi à se parer d'une désinvolture qui le protège du monde extérieur. Le sourire d'Eleah est plus ténu lorsqu'elle le regarde, après cela. Il n'y a pas besoin de le regarder longtemps, ou d'imaginer quoique ce soit d'inadéquat. Elle n'a jamais été élevée dans ces hautes sphères étincelantes, où les désirs sont satisfaits avant même d'avoir été exprimés. Elle n'a jamais connu la faim, celle qui fait glapir le ventre et retourne les entrailles, parce qu'il y avait toujours de ces entités qui veillaient à ce qu'elle ait quelque chose dans son assiette pour se nourrir. C'est une autre misère dans laquelle elle a vu le jour. Différente. Plus maligne. Le décharnement d'une misère humaine, souffreteuse et indicible. La peur dans le ventre, pulsant contre les tempes douloureuses. Les rugissements gutturaux … Le raclement de la rage sur une langue desséchée par l'alcool bon marché. Parce que le Bourbon, ou le Scotch, consommé avec outrage, c'était pour les autres. Pour tous ceux qui avaient les moyens de déguster autre chose qu'un liquide bon à déboucher les chiottes. Il n'y avait pas de jolies tournures dans les phrases prononcées. Pas à cette époque là en tout cas. Il n'y avait pas de beautés dans cet univers aux nuances obscures, et poisseuses.

« Ta mère n'a pas dû voir le pire très souvent dans ce cas. »

Elle l'imagine déjà, haute stature maternelle avec des aspirations toutes élégantes pour son fils. Parler bien. Avec mesure, tout le temps. La tête haute. Digne. Elle ne doutait pas du fait qu'il ait dû lui en faire voir des vertes et des pas mûres, juste avec sa désinvolture. Une partie d'elle s'amusait de l'imaginer, se rebellant un peu. Juste assez pour la faire se hérisser. La désespérer un peu. Mais que sont les rebellions de ces enfants-là, contrairement à ceux qui n'ont rien connu d'autre que le décharnement, la misère, les trottoirs humides, depuis l'enfance ? Violence accrue … Différente … Oui, différente. Les deux se valent sans doutes, car à la fin, elles sont semblables quand elles se mettent en exergue dans le corps rompu par la colère, et la haine. La haine de tout, de soi, des autres.

D'un geste prompt elle l'entraîne, le guide. Créatures dans l'éther d'une danse qui leur échappe encore un peu. Surtout lui, qui peine à la rejoindre. Elle a connu trop de corps, trop de ces stigmates que les silhouettes révèlent lorsqu'elles se projettent l'une contre l'autre. La tension qui le traverse est indicible, inexprimable. Il est là, être de chairs et de matières, paume contre paume. Il est là mais sa tête est si prompte à s'évader ailleurs qu'elle craint de le voir s'évanouir dans la pénombre pour y demeurer, et la laisser là, exsangue. Elle aimerait lui répondre. Lui dire qu'elle sait … Oui, elle sait, ce que cela fait. La terreur, venue du fond des âges, suintant par tous les pores d'une peau blême. Elle aimerait le lui dire, murmurer quelque chose qui le rassurerait peut-être davantage que toutes les autres tentatives qu'elle pourrait mettre en place. Mais elle ne dit rien. Mutisme acéré de sa nature lorsqu'il s'agit d'ouvrir la chambre secrète de son essence. Alors à la place, ses lèvres se fendent d'un sourire entendu. Avec prudence, elle entrelace ses doigts entre les siens, gardant toujours une distance réservée avec les contours de son corps. Elle ne connaît pas le morceau qu'ils sont en train de passer. Elle l'entend pour la première fois, laisse chaque note imprégner les contours de son corps, se modeler à lui, y disparaître. La musique, prolongement de ses membres qui s'exaltent sur la piste de danse, les paupières alourdies par la sensation grisante de s'évanouir en elle même pour n'être plus qu'une créature ondoyante dans les flashs abruptes de lumières. Peu à peu elle le sent, qui à défaut de totalement se laisser aller, s'abandonne un peu. Elle distingue les harmonies d'un corps en souffrance qui aimerait se libérer. Qui ne le peut pas totalement encore … Elle aimerait le voir essayer, elle aimerait savoir lui donner les clefs de l’affranchissement qu'il quémande. Mais c'est à lui de toutes les trouver n'est-ce pas ? C'est à lui … Oui, sans doutes.

« Eleah. » murmure-t-elle dans un souffle rauque, alourdi peu à peu par la chaleur étouffante qui gagne ses membres. Ses paupières se rouvrent, les pupilles dilatées par la pénombre. Il a fallut que tu demandes, n'est-ce pas ? Il a fallut que tu prononces, cette question qui n'aurait jamais dû franchir la barrière de tes lèvres. Tu n'as pas pu t'en empêcher n'est-ce pas ? Non … Tu n'as pas pu. Pendant une seconde, son visage se transfigure dans une expression incertaine. Pendant une seconde, la candeur s'étiole. Pendant une seconde, elle paraît son âge. Plus abrupte. Plus rude aussi. « Pourquoi hein … Pourquoi ? » Elle se rapproche de son oreille, glisse son souffle le long de sa mâchoire, murmure presque vipérin lorsqu'il l'atteint dans un instinct de défense. « Je pourrais te le dire. Te dire ce que tu veux entendre … Mais il faudrait que tu me répondes ensuite. Il n'y a rien que je donne sans chercher à arracher quelque chose ensuite. » Elle se détache un peu de sa silhouette, arrime son regard au sien. « C'est ce que tu veux ? »  


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() message posté Ven 28 Sep 2018 - 6:45 par Alastair H. Pratt
« Ta mère n’a pas dû voir le pire très souvent. »

Le sourire espiègle qui jouait sur ses lèvres pris un pli plus aigre qu’il n’aurait désiré le montrer.

Sa mère.

Parce qu’il n’y avait pas que les daddy issues, n’est-ce pas? Entre les accès de rebellion de toutes sortes contre la figure suprême de son père, il y avait eu l’absence de sa mère. Sa distance, surtout. Ses regards. Comme s’il avait été un étranger. Elle-même en était une, au fond. Que savait-il d’elle et du pire qu’elle avait vu? Pratiquement rien, vraiment. À part peut-être qu’elle avait déjà été mariée à quelqu’un d’autre avant de tomber dans les bras de l’imminent avocat chargé de son divorce, qu’elle avait eu deux fausses couches avant de mettre son seul fils au monde et qu’elle avait caché toute la déception que représentait cet enfant soi-disant béni derrière une coupe de vin et beaucoup de maquillage.

Il se souvenait encore de ce matin de mai, juste avant son douzième anniversaire où il avait trouvé les valises de sa mère sur le seuil de leur maison à Nothing Hill. « Occupes-toi de ton fils, Harold. » Elle était partie sans même lui jeter un regard dans sa ville natale en l’abandonnant là, à la merci de son père et aux projets que celui-ci avait pour lui. Certes, il la voyait toujours quelques semaines tous les étés. Et elle accédait à tous ses caprices sans même poser de questions. Pour avoir la paix. Pour finir sa bouteille de vin sans qu’on la dérange. Mais pouvait-on qualifier leur relation de filiale? Même la séparation n’avait jamais enlevé complètement l’amertume qu’il surprenait dans les yeux de sa génitrice quand elle posait le regard sur lui. Où avait-il foiré? Quel âge avait-il lorsqu’elle avait décidé qu’il ne serait jamais aussi bien que les deux autres garçons imaginaires qu’elle avait eus? Alastair se demandait parfois ce qui l’avait façonné le plus. Sa rebellion contre son père ou sa façon de donner à sa mère ce qu’elle voulait. Et si elle voulait être à ce point déçue de lui… il s’était bien arrangé pour qu’elle le soit. Et son langage de charretier n’était bien que la pointe de l’iceberg.  

Il plongea dans le regard limpide de la nymphe à ses côtés. Pas de déception dans ces yeux-là. Pas encore. Son sourire s’élargit.

« Le pire, elle le voile de rouge. »

Il secoua son verre toujours vide d’un air guilleret. Comme si il se remplirait par magie. Dix heures tapantes. Promis.

« Et moi d’Ambre et de goût de pétrole. Comme quoi le fruit ne tombe jamais bien loin de l’arbre. Et toi, ta mère, a-t-elle vu le pire, hein? »

La danse.

Entre les éclats de lumière bleutée et violette, ils étaient là tous les deux, fusionnés par les simples paumes de la main, à esquiver des silhouettes intangibles, au rythme d’un air qu’ils connaissaient à peine. Alastair ne put s’empêcher de penser à toutes les sornettes, qu’il avait entendu, dans la prison estivale qu’avait été pour lui Aberdeen. Toutes ces conneries à propos des fées. Tourist trap, of course. Mais là, sur cette piste de danse, le jeune homme se sentait comme à la cour des fées. The Seelie Court. Ou peut-être The Unseelie, où dansaient les ombres rampantes. N’était-ce pas ce qui tournoyaient autour d’eux? Des ombres sans visages?

Eleah, son nom était Eleah. Un nom de pixie fort bien plausible, si on voulait l’avis d’Ali.

Suivre le rythme, ne pas perdre la fraîcheur de la paume qui le soutenait, bien malgré lui. Les yeux limpides l’enveloppaient, purs encore de toute déception. La question restait en suspend, comme des goutelettes sur leurs mains moites. Que faisait-elle là, dans le fond de cette salle, tout à l’heure? Que faisait-elle là, être de lumière, au milieu des damnés? Qu’as-tu vu de pire, Mini-Fée, hein?

Il fit un autre sourire espiègle, au milieu des ombres.

« Moi Mini-Fée, je suis le Prince de la cour, ici. Comme dans les légendes écossaises, tu vois. Mais quiconque fait un marché avec moi risque de n’avoir exactement ce qu’il a demandé. Et rien de plus. Tu risque d’y perdre, crois-moi. »
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() message posté Lun 8 Oct 2018 - 14:08 par Eleah O'Dalaigh

leave me high and dry
Le rouge, c’est commode. De carmin ou de vermeil, délicate parure sanguine venue duper ceux qui ne regardent que les fards, s’aveuglent en se mirant en eux. Un rouge à lèvre ou un sourire, confus et délicat à la fois, pour leur donner l’impression qu’ils savent quand au contraire ils ignorent. Eleah connaît cette stratégie-là. Par cœur, jusqu’à l’essence, jusqu’à s’en écœurer. Rire, pleurer. Tout cela est si vide maintenant qu’elle y pense. Corrompu, insensé. Elle aimerait pouvoir crier ce qu’elle éprouve. Ce qui fait si mal, en permanence. Mais elle ne dit rien. A la place elle rit, elle danse, elle les entraîne, tous autant qu’ils sont, dans l’intimité d’une sphère illusoire qui suppure, comme une plaie béante. Il est comme eux, Alastair. Il ne voit rien. Il ne fait que deviner, se contenter de cette superficielle image, parce que cela l’arrange sans doute de ne rien voir d’autre. Commode, si commode. Parfois elle comprend ces mères qui ont maquillé leurs aigreurs derrière des personnages factices, aux revers acariâtres. Le costume de la fuite qui se trame, à l’intérieur. Nichée au creux du ventre, à retourner les entrailles. Un semblant de sourire étire les coins de sa bouche.
« C’est une stratégie comme une autre trésor. »
La stratégie des faibles. Ou de ceux qui survivent, à l’orée d’une existence en précipice. En équilibre, sur le bord. Tout à côté de ces récifs acérés. Si attirants, si terrifiants toutefois. La question la cueille, ouvre l’écrin de cette intimité qu’elle garde d’habitude irrémédiablement close. Eleah, elle ne parle pas de sa famille, de ce qu’elle éprouve, de l’endroit où elle est née, des personnes avec lesquelles elle a grandi. Elle laisse les autres s’épancher sur son épaule, recueille les confidences. Sa vie n’est pas un secret. C’est un journal, un journal aux gros titres racoleurs, en lettres capitales. Pour inciter à lire la Une, sans s’intéresser aux bas de lignes. Les seuls qui ont du sens, les seuls qui disent la vérité. Les seuls que personne ne veut lire.
« Le meilleur, le pire … C’est un contrat qu’elle a choisi de signer. »
Quand elle l’a épousé. Son père. C’est ce qu’ils s’étaient promis, l’un et l’autre. Serment inviolable, qu’il a eu à cœur de mettre en application. Surtout pour la seconde épithète. Il a donné le meilleur de lui, l’a maquillée de rouge, elle aussi. Le sourire d’Eleah perd de sa franchise, se voile de ces lueurs indistinctes qui trahissent les songes dans lesquels elle s’enlise peu à peu. Tout l’échange l’oppresse, emprunte des territoires qui ravivent ses instincts de fuite. Elle hésite. Une seconde, puis deux. A quoi bon mentir ? A quoi bon le leurrer davantage ? Elle n’a rien à cacher. Encore moins cette réalité qui se retrouve sans difficultés. Il suffirait d’une recherche quelconque pour l’apprendre.
« Ma mère est morte quand j’étais jeune. C’est sans doute la meilleure chose qui pouvait lui arriver. »
La délivrance, la délivrance. Après le pire. Après les injures, les heurts, les humiliations et la haine. Après toutes ces calomnies, venues ravager son corps et son âme. Que restait-il d’elle, sur cet émail immaculé ? Plus grand-chose … Plus grand-chose. Il avait déjà tout pris, tout arraché. Le monstre. Son monstre. Alors c’est sans doute la plus belle chose qui ait pu lui arriver. Mourir, partir. Un répit enfin. Loin de tout, loin d’eux, loin de lui surtout.

Ils dansent, dansent. Tourbillon de lumières, de pas qui s’emmêlent, de silhouettes qui se chevauchent. Danser dans les boîtes nocturnes comme ça, cela finit toujours par lui donner la sensation d’être ivre, même si elle n’a pas bu une seule goutte d’alcool depuis le début de la soirée. Ses rêves se greffent à ses paumes le temps d’un instant à la fragilité de cristal. Elle aime cette façon dont il pare le malaise de désinvolture, se surprend à éprouver une forme de tendresse face à ses airs. Là, tout en étant ailleurs. Cet ailleurs qu’elle ne connaît pas, et qu’elle ne peut-être pas prête à entrevoir. Sa phrase lui arrache un léger rire, et dans un élan, Eleah envahit sa sphère, glisse avec lenteur le plat de sa main contre sa colonne vertébrale. Ses lèvres s’approchent de son oreille, caressent d’un murmure audible par lui-seul :
« Ne concluons rien dans ce cas. Rentre chez toi petit Prince. Rentre dans l’ombre de tes souvenirs, grandit dans l’onirisme de tes peurs … Et demain … demain … Ce sera un autre jour. Un jour où tu brilleras peut-être. Un jour où les spectres ne te feront plus trembler. Un jour où la musique sera assez forte pour tout braver …  Si tu t’en donnes les moyens … Si tu es là, avec lui, à 10h. Tapante. »
Elle le libère, arbore un sourire. Angélique, énigmatique. Envoûtante, quand en réalité, elle est en train de le fuir. A sa manière, brouillant les pistes, effaçant les traces derrière les pas de sa danse éthérée. Lâche, terriblement lâche. Elle lui lance un clin d’œil, disparaît tout à fait dans la foule, entre les corps, à travers eux. Loin de lui, de tous les autres. Entité solitaire. L’instinct de fuite en étalage.

Topic terminé.

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