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(fb) Once, there was only dark. Ask me, the light is winning.┊Rachel-Mary.

Guyliner.

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Guyliner.

» Date d'inscription : 13/10/2016
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() message posté Jeu 17 Mai - 1:47 par Ethan I. Hemsworth
There was a moment, I know, when I was under in the dark, that something… whatever I’d been reduced to, not even consciousness, just a vague awareness in the dark. I could feel my definitions fading. And beneath that darkness there was another kind—it was deeper—warm, like a substance. It was like I was part of everything that I have ever loved (…). And all I had to do was let go. And I did. I said, ‘Darkness, yeah.’ and I disappeared. ✻✻✻ Partir de l'appartement, marcher jusqu'à l'hopital, le col relevé et la tête baissée, tracer le chemin les yeux fermés jusqu'à mon bureau et n'en décoller qu'en cas d'absolue nécessité. La notion d'absolue nécessité s'avérait vague. Rendre visite à un patient dans sa chambre, bien sûr, mais aussi accrocher un nouveau dessin en salle d'attente. Offrir un café à l'ambulancier qui -je jurais voir juste- tapait dans l'oeil de ma nièce. Essayer d'en payer un à Rachel-Mary quand je la croisais -ce qui se révélait cruellement ardu récemment-. Gâcher les cinq minutes de pause de ma stagière. Il fallait croire qu'un autre genre d'urgence toute particulière s'ajoutait à la liste en cette fin Janvier. Un qui m'avait éjecté hors de l'hôpital, poussé par l'inquiétude en direction du domicile de Frank. Quel mois pourri. J'étais à deux doigts de ramener couverture et oreiller dans mon bureau, juste pour être sûr de ne plus avoir à en bouger. Mais je ne le faisais pas. J'avais beau rester jusqu'à l'heure la plus tardive, surprendre les lumières du service s'éteindre avant moi, ça ne suffisait pas à me faire renoncer à l'oscillation latente bureau, pub. Je me branchais sur la même fréquence depuis des mois et un rien pouvait faire basculer l'onde d'un extreme à l'autre. Frank était un de ces rien, m'entrainant de plus en plus de tournée de bars en tournées de bars ces deniers temps, au point que j'étais devenu le plus raisonnable des deux. Couverture et oreiller m'attendaient peut-être déjà dans un de ces bars, en prévisions, prêt à accueillir le premier de nous deux qui cèderait à la tentation. Je ne me faisais aucune illusion. Malgré les jours entiers cloitré entre quatre murs de l'hôpital, c'était sur un tabouret un verre à la main que je finissais mes nuits. J'avais beau songer à Amanda, me dire qu'elle s'envolerait sous peu vers un séjour merveilleux le jour, je me laissais prendre par des pensées bien plus noires quand tombait la nuit. Et tout recommençait le lendemain. Sauf qu'un lendemain bouleversa mes plans. Des choses entendues au détour de couloirs faisant échos à d'autres, des paroles de Frank à propos de l’odieux mari de sa conquête impossibles d’oublier. J'empruntais si peu ces couloirs, pourtant. Des murmures -tu crois qu'il sait ? parvint à mon oreille-, des regards les hantaient. Je me sentais épié du coin de l'oeil, le coin de l'oeil de personnes sur lesquelles je ne pensais pas m'attarder un jour, de ceux que j'évitais pour atteindre mon but quotidien : vite entrer dans mon domaine. Pour comprendre d'où venait cette drôle d'ambiance, pour saisir l'ampleur de l'horreur derrière les ragots, il fallait les écouter, leur donner de l'importance, exactement ce que j'accordais à mes patients, uniquement mes patients. Si j'avais repris le travail plus tôt après les fêtes, où à des horaires plus réguliers, j'aurais sûrement vu des coupures de journaux trainer, peut-être même directement dans les mains du personnel. Celui du genre à jaser. Mais je revenais après la guerre, après les cuites aussi, mes horaires calés sur ceux d'Ava depuis qu'Amanda était partie en voyage. Quand, un matin : "Où est-ce qu'elle est le docteur Rachel-Mary ?" et j'avais dû écouter. Non, la réponse n'était pas dans son bureau, ni au bloc comme l'évidence le voulait. La vraie question n'était pas où, je devinais aisément où, mais dans quel état.
Je n'avais pas réfléchi. J'étais parti, sur un coup de tête, quand l'inquiétude devint trop forte, quand, à force de repenser au nombreuses propositions de beuveries de mon comparse que j'avais déclinées récemment, la volonté d'en découdre avec mes interrogations fut plus forte que la raison. La petite voix d'Ethan le rustre me répétait de ne pas y aller, que ce n'étaient pas mes affaires, et, comme le rustre a toujours eu un petit côté égoïste, que j'allais mieux, mieux valait ne pas y réfléchir à deux fois pour la faire taire. Qu'est-ce que je pouvais bien lui dire bordel ? Rachel n'était pas une patiente, encore moins un enfant devant lequel je m’agenouillais. La meilleure idée que je trouvais, me pointer devant la caserne deux cocktails à la pastèque dans les mains. Un clin d'oeil au Turner qui raffolait de ces trucs. « Hey buddy t’es là ? T’as intérêt, c’est pas tous les jours que j’achèterai tes cocktails de gonzesse pour te faire plaisir. » Vu l'heure, je savais qu'il ne serait pas à l'intérieur. Sûrement au post ou ailleurs. J'espérais que les boissons donnent plus de crédit à mon manège. Encore fallait-il que Rachel m'ouvre. Ce qui me posa un autre problème : le code. Je le connaissais. Deux solutions s'offraient à moi, entrer et risquer de lui faire peur ou insister à l'interphone et risquer qu'elle se planque. Je me tâtais un instant, les yeux oscillant entre les boissons et le clavier numérique. Merde. Non. Pas question de repartir aussitôt venu. Je tapai les quatre chiffres et entrai, comme je l'aurais fait si j'avais été réellement certain de le trouver de l'autre côté de la porte. « Si tu ne viens pas au bar, le bar viendra à toi ! » Des paroles que le policier ne risquait pas d'entendre. Rachel-Mary, par contre... Je la forçais à m'accueillir. Pour l'instant, je ne pouvais pas être plus crédible. Mais venait la seconde étape, le moment de me confondre en excuses.
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() message posté Jeu 17 Mai - 16:16 par Rachel-Mary Parker-Davis
There was a moment, I know, when I was under in the dark, that something… whatever I’d been reduced to, not even consciousness, just a vague awareness in the dark. I could feel my definitions fading. And beneath that darkness there was another kind—it was deeper—warm, like a substance. It was like I was part of everything that I have ever loved (…). And all I had to do was let go. And I did. I said, ‘Darkness, yeah.’ and I disappeared. ✻✻✻ Les jours passaient à une lenteur folle et atroce. Chaque minute semblait durer une journée et je me surprenais à regarder l’heure plusieurs fois en l’espace de cinq minutes. Je ne me supportais plus, je ne supportais plus celle que j’étais devenue, et Frank non plus, la preuve, il passait le plus clair de son temps dehors. Je ne lui en voulais pas, comment l’aurais-je pu ? Il était le grand amour de ma vie, il faisait tout pour moi, pour que je me sente bien, j’en avais conscience, mais malgré tout ses efforts, je n’y arrivais pas. Je n’arrivais simplement plus à supporter de vivre. Comment pouvais-je infliger mon odieuse présence ? Comment pouvait-il accepter d’endurer la vision de ma pauvre carcasse ? Je lui avais proposé, lorsque nous étions revenus de l’hôpital après mon séjour forcé là-bas, de partir, de le laisser pour qu’il ait une chance d’être heureux. Je ne voulais que son bonheur, et je n’étais tout simplement pas capable de le lui donner, je n’étais même plus capable de lui sourire. Il l’avait mal pris, ça lui avait fait de la peine, et je m’en étais voulu de lui avoir encore infligé du chagrin. J’étais en-dessous de tout, décidément. Ce fut bien cette réaction de sa part que je n’avais de cesse de revoir qui m’empêchait de commettre l’irréparable. Parce que oui, j’en étais réduite à ça. Je n’avais plus la force d’affronter chaque matin avec son soleil qui se levait, mais je m’y sentais obligée pour Frank, parce que j’étais persuadée, sans comprendre pourquoi au vu des malheurs qu’il vivait à cause de moi, que si j’en venais à trépasser, il serait encore plus malheureux. Il avait risqué sa vie pour sauver la mienne, je devais essayer. Seulement essayer ne suffisait pas, c’était trop dur, je n’y arrivais pas. Je n’avais pourtant jamais été du genre à renoncer, la preuve, j’étais arrivée dans les plus hautes sphères de la médecine. Ce monstre m’avait décidément tout pris. CES monstres. A commencer par mon mari, Maxwell, qui avait bien entamé la démarche. Je m’étais toujours refusée à laisser son emprise me détruire. Certes je n’en menais pas large, mais avoir retrouvé Frank m’aidait à tenir le coup. Mais là, ce que j’avais vécu avant le réveillon de la Saint Sylvestre, c’était trop. Je ne sais pas quel être humain aurait été capable de gérer, mais moi, je ne le pouvais pas.

C’était simple, je n’osais pas mettre le nez dehors, je ne regardais même pas par la fenêtre de peur d’apercevoir un être humain. Le seul que je tolérais dans mon champs de vision sans mourir de peur était Frank. Et encore, il m’arrivait de sursauter lorsqu’il faisait des gestes brusques. Et je m’en voulais aussitôt, bien que ce réflexe soit incontrôlé, parce que je savais qu’il s’en vexait. Lui qui ne m’avait jamais voulu aucun mal, il ne fallait pas qu’il pense que j’avais peur de lui. Pourtant, j’en étais là. A l’issue de la première semaine, délai que je m’étais fixé, je voulu essayer de m’entraîner à nouveau aux sutures. Mes mains tremblaient de manière incontrôlable et il fallait que je fasse cesser tout ça. Echec cuisant. Certes, je n’aurais pas été prête à retourner à l’hôpital, mais au moins, je ne me serais pas sentie comme une moins que rien. Et pourtant si. Je n’étais même plus capable de faire mon métier. Inciser puis suturer une peau de banane m’était impossible.
La semaine suivante, Dylan, le petit frère de Frank, était passé à l’improviste. Je crus mourir de peur en me trouvant nez à nez avec le cadet des Turner, que je n’avais encore jamais rencontré. Je n’avais pas eu le choix. Je détestais ne pas avoir le choix, j’avais l’impression que l’on m’avait retiré bien trop souvent cette capacité, et là encore, je ne pouvais plus. Parallèlement à cela, les flics s’acharnaient à vouloir m’interroger, mais j’avais dit à Frank que je ne voulais plus jamais parler de cette histoire, ni à lui ni à personne. Je voulais oublier. Je ne répondais même pas au téléphone, je ne voulais pas entendre la pitié dans la voix des interlocuteurs. J’avais cette horrible impression que tout le monde savait ce qui m’était arrivée, et je ne m’en sentais que plus sale encore. J’étais détruire, j’aurais voulu m’enterrer dans un trou et attendre que la mort vienne me chercher. Mais je pensais sans cesse à Frank.

La seule occupation que j’avais trouvée et que les tremblements répétés de mes mains ne gênaient pas trop, c’était faire le ménage. Autant dire que la caserne brillait, on aurait pu manger par terre. Passer l’aspirateur, la serpillière, essayer de déplacer les choses sans les faire tomber, tout cela me permettait de me concentrer sur autre chose que ma misérable existence. Je m’en voulais tant. Je n’arrivais même pas à parler à Frank. J’échangeais avec lui seulement quelques mots par-ci par-là, et je savais que ça lui faisait du mal. Mais j’avais si peur, peur de ce qu’il pourrait me dire.

Je m’étais réveillée tard ce matin-là, sur les coups de dix heures. Les médicaments m’abrutissaient beaucoup le soir et ça me permettait de m’endormir. Cependant, cela n’empêchait pas les cauchemars et en général, je me réveillais fréquemment en pleurant. J’étais donc très fatiguée. J’avais fait un brin de ménage et m’étais forcée à manger quelque chose. Même les choses que j’adorais avant me semblaient insipides. Frank pourtant achetait tout ce que je préférais. Quel amour.

Alors que je m’étais décidée à réessayer les sutures, les plus simples pour commencer, j’entendis du bruit émanant de l’entrée. Une voix, et ce n’était pas celle de Frank. Mon coeur bondit dans ma poitrine et je me levai d’un bond du canapé sur lequel j’étais assise. Je ne reconnus même pas la voix d’Ethan. Mon coeur s’était mis à battre la chamade et je ne savais que faire, tétanisée. J’entendis la porte se déverrouiller et des pas approcher. Qui était-ce, qui avait le code, qui pouvait entrer ? Ce n’était pas la voix de Dylan. Ce n’est qu’en voyant son visage que je réalisai qu’il s’agissait d’Ethan. J’avais probablement pâli à vu d’oeil. Qu’est-ce qu’il faisait là ? Visiblement, il s’attendait à voir Frank. Je me sentais si mal, j’aurais voulu disparaître. Pourquoi mon collègue était-il là ?

- Je… euh… Bonjour Mr Hemsworth, balbutiai-je.

Je ne savais plus où j’en étais. Je le savais proche de Frank, mais savait-il pour nous ? Que savait-il au juste ? Je n’en savais rien. Tout ce que je savais, c’était qu’il était là en face de moi avec deux verres de cocktail à la main. Quelle drôle d’entrée. Je le regardais fixement comme si j’étais face à un tigre ou un dinosaure.

- Frank n’est pas là, dis-je simplement.

Pourquoi ne l’avait-il pas appelé s’il voulait le voir ?

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