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Désastre dans les astres. {Nevana}

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() message posté Ven 18 Mai - 18:41 par Evana A. Artemieva
désastre dans les astres
Nevada & Evana

« And if the birds are just all the words flying along, singing a song, what would they do ? If they just knew what they could do.  »
Evana étouffait. Elle suffoquait dans ce sous-terrain. Elle manquait d’air ici-bas. Bien loin de sa Russie natale, de cet air frais qui avait emplis ses poumons durant tant d’année, elle se demandait ce qu’elle faisait ici, six pieds sous terre. Elle, amoureuse de la nature, avait de loin horreur des transports en commun, de la proximité avec autrui, de cette sensation d’étouffement qui accompagnait. Elle préférait de loin la marche à pied, le vélo ou encore les rollers, et cette sensation de s’envoler, d’être libre. Du plus loin qu’elle se souvienne, elle allait toujours crapahuter dehors remplir ses poumons d’air pur, c’est souvent qu’elle trainait sa sœur pour courir dans les herbes folles de la campagne, ou encore pour se rouler dans la neige fraiche descendu tout droit de la Sibérie. Mais tout ça, c’était le passé, les folles années, l’innocence et la pureté, avant la noirceur de la vie, et les séquelles des maladies. Des séquelles irrémédiables, et probablement encrée dans chacune des deux jumelles. Car qu’elle ne le veuille ou non, Evana était responsable de bien des maux de Nevada, et probablement responsable de son départ il y a de ça quelques années. Sa déchéance, elle ne la devait qu’à elle-même et à personne d’autre. Mais aujourd’hui, elle était là pour tenir une promesse faite à sa mère, et elle allait s’y tenir, car il n’était plus question de faire marche arrière désormais. Même si l’envie ne lui manquait pas à cet instant précis, car l’air frais lui manquait, ici, elle avait bien trop chaud. Mais tout était une question d’acclimatation. Oui, s’acclimater.

Evana traînait sa valise comme un boulet, et elle avait beau comprendre parfaitement l’anglais, elle se sentait totalement perdue face à ce plan de l’underground. Elle ignorait où elle allait, et encore pire, elle ne savait où loger le temps de la retrouver. Car sa mère ne lui avait griffonné qu’une adresse pour retrouver sa jumelle, ni plus, ni moins. Et elle n’avait pas pu se retourner car le billet d’avion décollait la soirée même où elle lui avait fait cette promesse. Alors elle était là, livrée à elle-même, attendant ne serait-ce qu’un signe pour lui dire où aller. Elle n’était jamais venue à Londres, de peur de revoir Nevada, et de rompre cette promesse qu’elle s’était faite, mais aujourd’hui, elle venue pour briser tous les tabous. Dire la simple vérité à sa jumelle : qu’elle n’a jamais pu vivre sans elle. Que tout ce qu’elle a dit n’était que pour la protéger de ce qu’elle était : une bombe à retardement. Mais là, elle ignorait totalement où la trouver, elle ignorait si elle allait la trouver un jour, car quand Evana se retournait, elle ne voyait qu’un afflux de personnes, tout aussi différente les unes que les autres, tous uniques en leur genre. Mais elle, elle voulait trouver son stricte identique, ce repère qu’elle avait perdu par sa faute. Car même si Evana avait désormais les cheveux courts, elle savait que ce reflet dans le miroir serait le même qu’il avait été auparavant, et que ce putain de lien serait là, pour toujours et à jamais.

Elle soupirait, regardait à droite, à gauche. La Circle Line était blindé, et elle pouvait voir que la rame en face était dans le même état que la sienne. Elle était plutôt timide Evana, elle n’osait pas vraiment demander son chemin, sortir des sentiers battus sans préparation, là, elle se lançait dans l’inconnu. Elle baissait son regard sur ses pieds, et ses baskets dégueulassés par la pluie tombante, elle devait probablement ressemblé à un chien errant, mais elle s’en foutait de ce qu’elle pouvait dégager, car elle n’avait pas prévu son parapluie. Elle n’avait pas prévu son voyage tout court. Un nouveau soupir, son regard était dans le vague, perdue comme elle l’était. Elle relevait la tête. Et ses yeux se posèrent un autre regard sur la rame d’en face. Un de ceux qu’on n’oublie jamais. Une paire d’yeux qu’elle ne connaissait que trop. Ce drôle de reflet dans le miroir. Elle était là, face à elle, les rails du métro les séparant. Les yeux dans les yeux, le reflet de l’âme de chacune dans les yeux de l’autre. Et cette putain de connexion. Ce cœur qui bat trop vite parce qu’il a compris plus vite que le cerveau. Nevada était là, et plus rien autour n’existait.
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() message posté Mar 29 Mai - 21:40 par Nevada F. Artemieva
Désastre dans les astres. Il en va souvent ainsi, c'est dans le silence que se retrouvent les gens qui s'aiment si fort que leur amour, au moment des retrouvailles, devient un monde à part entière. ↠ Se retrouver face au miroir et pleurer...
inspire.
☆ Evana & Nevada ☆

C’était la nervosité. Sentiment qui l’enlaçait et la faisait presque étouffer, lianes dont elle ne parvenait à s’en débarrasser. C’était le clignement d’yeux premier, puis le suivant, le soupire suivit du bâillement. En fixant le plafond de sa chambre elle sentit cette boule prête à éclore, comme un bourgeon de fleur, toutefois le fruit ne serait pas quelque chose de beau mais plutôt quelque chose qu’il faudrait qu’elle porte jusqu’en fin de journée. Ainsi, elle s’était attardée à fixer le plafond de nombreuses minutes, à refaire le monde, inquiète, ne parvenant à décrire toutes les rêveries présentes dans sa tête. Puis elle s’était levée, Nevada, le brun des yeux semblant un peu plus sombre, les lèvres pincées, en tendant le bras elle effleura les poils doux de son chat. Pizza Guy roupillait encore... ce fût sa première pensée avant que ses yeux ne viennent doucement s’ouvrir pour la fixer. Quelque part, il semblait presque remarquer ses quelques intempéries émotionnelles. La fourberie féline ou bien n’était-ce qu’il ne l’a connaissait un poil trop bien ?

La jeune russe tourna la tête, les deux billes d’amande se posant sur l’autre silhouette connue de la maison. Shakespeare était debout, le corps plaqué contre le tapis aux teintes de rouge/marron. Longuement, ils regardèrent tous les deux, elle tendit son autre main, la gauche, main dominante pour tapoter délicatement le haut de sa tête. Il adorait lorsqu’elle faisait ça et s’en retrouvait tout joyeux par la suite. L’heure sonna comme celles des occupations. C’était l’heure de délivrance. Alors, petit à petit elle s’était activée, s’était levée d’abord de manière un peu traînante et nonchalante. Ses membres semblaient rester de marbre, ce ne fut qu’au bout du deuxième étirement qu’elle ne parvint à se sentir complètement libre. Lentement sa démarche la mena jusqu’à la salle de bain où elle traîna pas mal de temps, lorsqu’elle en ressorti habillée c’était une autre histoire, il semblait qu’elle avait laissé une grosse partie de sa nonchalance quelque part entre le robinet et la douche. C’était agréable.

Un soupire, elle se pencha en glissant une mèche nerveuse derrière son oreille vers son téléphone. Aucun message. Depuis qu’elle avait repris contact avec sa famille en Russie, elle n’avait pu s’empêcher de télécharger l’application pour parvenir à lire ses mails sur son téléphone. Sa mère était comme elle de la vieille époque, appréciant toujours les échanges de lettres, avançant doucement dans la progression des machines. Alors d’un naturel commun elles s’étaient penchées vers les mails, plus facile, rapide, on pourrait y développer un roman entier. Puis le bonheur de pouvoir en voir un attendant qu’elle ne le lise était de ceux qui lui créaient des petits papillons dans le ventre, qui lui faisait esquisser un sourire. En les lisant elle se sentait encore un peu comme la petite fille de sa mama, déchiffrant avec facilité les quelques mots russes et expressions courantes, riant lorsqu’elle lui racontait des souvenirs. Oh, elle les aimait ses mails. Ils lui donnaient l’impression d’être encore à la maison, de ne point avoir vieilli, de ne pas avoir pris des années et de se rapprocher de cette trentaine qui la paniquait complètement. Ces mails lui donnaient l’impression de revivre l’enfance, lui rapportaient une proximité. Ils lui faisaient presque oublier qu’Evana lui manquait, énormément. Qu’elle avait besoin d’elle, parce qu’il en avait toujours été ainsi.

Nevada mît ses chaussures, sa veste et attrapa son parapluie, refermant la porte derrière elle après avoir nourrit ses animaux. En cette journée elle n’avait pas grand chose à faire, toutefois elle avait besoin de sortir, de voir que le monde tournait encore, de distinguer certains sourires. Tout cela calmait son angoisse, l’apaisait jusqu’à ce qu’elle ne se fasse plus sentir. En chemin dans les villes, elle se permit de se prendre un café, passant dans son bureau que pour s’occuper de quelques affaires, vérifiant que son père n’était pas de retour et n’était pas passé sans prévenir, comme il le faisait tout le temps. Il n’avait pas changé. Aucunement. Il lui paraissait que rien n’avait réellement changé, toutefois dix ans, c’était long, beaucoup trop long. Parfois il lui arrivait d’avoir envie de revenir juste pour revoir sa famille, rouler sur la neige, contempler les paysages immenses et sauvages. Elle ne le pouvait pas. Pas alors qu’elles avaient fait leur vie de leur côté et elle la sienne. Il lui fallait piétiner tous ses sentiments et les ranger dans sa boîte de Pandore, attendre que tout passe, car tout dans le monde ou presque était passager n’était-il pas ?

Ses pas la menant vers le quai afin de prendre son train, elle eût envie de traîner un peu plus en ville, de se rendre chez un de ses chocolatiers préférés et se faire plaisir. La pluie battante contre son parapluie était agréable, elle se surprit à le garder encore ouvert de nombreux mètres avant qu’on ne l’a dévisage. Le bout de ses bottes frottant contre le sol goudronné, l’odeur des moteurs lui chatouillait le nez, le vent la fit frémir quelques peu et se blottir contre le tissus duveteux de sa veste. En face il y avait le monde, sans doute des personnes qui attendaient leur train également. Nevada souleva la tête, rangea son téléphone dans sa poche, son café lui brûlant presque la pulpe des doigts. Ses yeux traînèrent un instant sur les rails, puis sur une famille face à elle, un peu sur le côté. Alors qu’elle allait tourner la tête, elle la vit.

Reflet de ce monde.
Yeux en tout points semblables.
Deux cœurs qui battaient en synchronisation.

Evana...

Un clignement d’yeux. Puis un autre. Le silence se fit bourreau de ses oreilles tandis qu’elle l’observait de loin, que le vent ne battait plus, que la pluie ne coulait plus. Lentement ses yeux s’écarquillèrent, la reconnaissant toujours, pouvant la sentir toujours. Elle était là. A quelques mètres. Dix ans s’évaporaient en un seul instant. En un battement de cœur, elle partit au courant au milieu de la foule, poussant les gens sans même se daigner à s’excuser, son sac traînant à ses côtés si lourd qu’elle ressentit presque l’envie de le balancer au loin, pour gagner de la distance, être plus légère. Et son cœur battait, secoué par une sorte de nervosité grandissante, par la peur que tout ceci ne soit qu’une sorte de rêve, peut-être s’était-elle endormie dans son bureau ? En quelques secondes elle débarqua près des escaliers et les descendit en tout hâte, tournant rapidement à droite, remontant la minuscule pente pour ensuite se diriger vers les autres escaliers. Celle qui mènerait à la voie dans laquelle elle était. Lorsqu’elle arriva essoufflée, elle la distingua au loin, la même tenue, elle était toujours là. Sa jumelle.  

— EVANA !

Elle hurla presque à s’en déchirer les cordes vocales, le bruit du train approchant du quai la faisant presque paniquer. En quelques instants elle reprit sa course, plus rapide, presque volatile. Il ne lui fallut que quelques précieuses minutes pour la rejoindre. La prendre dans ses bras. Renverser ce gobelet de café sur le sol et sur un malheureux inconnu qui passa par là.

— Non mais vous êtes complètement tarées ?!
— Eva’...

Sa joue vint se blottir contre la sienne alors que son sac tomba lamentablement sur le sol. Tout doucement, mais fermement elle la serra contre elle, retenant ses larmes, retenant son cœur qui battait trop fort, les mots de trop, les excuses, tout. Dix ans. Elle lui avait tellement manqué. C’était elle, elle le savait. Les mots n’étaient pas nécessaires.

— Qu’est-ce que tu fais ici ? Tu aurais dû me dire. Oh Evana...

Son accent russe revenant alors qu’elle lui parlait dans leur langue maternelle, ne se décollant pas, restant ainsi, comme lorsqu’elles étaient encore petites. Sa main passa tendrement derrière son dos, la soutenant, l’encourageant, désirant se rassurer sur le fait qu’elle était bel et bien là. Elle n’avait pas changé, malgré les années.

— Tu m’as tellement manqué.

Et le monde recommençait à tourner.

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() message posté Dim 3 Juin - 4:42 par Evana A. Artemieva
désastre dans les astres
Nevada & Evana

« And if the birds are just all the words flying along, singing a song, what would they do ? If they just knew what they could do.  »
Cette putain de connexion. Ce truc qu’elle ne maitrisait pas, ni elle, ni sa jumelle. Cette certitude que le monde vivait tant qu’elle était là. Et son monde se remit à tourner, car au moment même où son regard se posait dans le sien, elle savait. Elle savait qu’elle était là, tout près, et que plus rien ne pourrait l’atteindre. Elle n’avait pas besoin d’être sûre, elle savait que c’était elle. Elle et personne d’autre, la seule et l’unique, son tout sur cette terre. Alors elle fermait les yeux un instant, et se mit à pleurer comme un enfant, tant son cœur ne la faisait plus souffrir, tant la revoir lui fit un bien intense. Elle lui avait tant manqué. Et le poids de ces dix ans passés loin d’elle, s’envolait à mesure que le vent soufflait dans ses cheveux. Elle était trempée comme une souche, lourde par le poids de la pluie sur ses vêtements, mais Evana se sentait si légère. Enfin complète, son cœur avait repris sa partie manquante, et mieux, la vie lui avait enfin fait le signe qu’elle attendait tant. Elle allait peut-être être enfin heureuse qui sait. Mais quand elle rouvrit ses yeux, et essayait de ravaler ses larmes, elle ne la vit plus. Comme si elle n’avait été qu’un mirage, une illusion dans son esprit tordu. Alors elle regardait à droite, à gauche, en face, derrière elle, cherchant cette paire d’yeux semblable à la sienne. Et son cœur qui avait été heureux l’espace d’un instant, se déchirait un peu plus quand elle ne la trouvait point. Comme disparu. Elle lâchait sa valise subitement, se mit à suffoquer, prête à rompre tout contact avec la réalité. Non, pas ainsi, pas comme ça, elle ne pouvait pas avoir disparu de la sorte, car elle savait qu’elle était là. Pas loin. Très proche. Son épiderme entier le lui avait dit, son cœur et son âme le lui avait soufflé, et la sérénité avait empli son être. Ça ne pouvait pas être son imagination, ce n’était pas possible. Elle était prête à hurler le prénom de sa jumelle, à cramer deux trois tympans dans la bataille, juste pour apaiser son cœur douloureux, et être sûre que ce n’était pas son cerveau qui déraillait, mais elle entendit son prénom. Cette voix. Son sang ne fit qu’un tour, et elle se retournait subitement en direction de la voix. Un sourire indélébile sur les lèvres, les larmes qui roulaient sur ses joues, des larmes de joies. Elle le savait, elle en avait été sûre, et elle avait eu raison d’y croire. Nevada l’avait devancé, et elle la réceptionnait à la fin de sa course, la serrant tellement fort contre elle, riant. La joie était telle qu’elle pleurait et riait en même temps. Ça lui faisait un bien fou de la serrer, de respirer son odeur, et de savoir que dans sa cage thoracique c’était le même cœur qui battait à l’unisson du sien.

« - Oh Nevada ! »

Elle avait tant besoin de dire son prénom, de caresser ses cheveux, son visage. Elle déposait un baiser sur sa joue, noyait son regard dans le sien, juste pour être sure que c’était bien elle, et les doutes s’envolaient, comme la peine de ses dernières années. Elle était tellement belle, tellement elle. Elle se blottissait contre Nevada, se moquant du monde entier, de la rame bondé, du bruit environnant. Il n’y avait qu’elle, et sa voix douce. Elle arrivait à faire abstraction des personnes autour d’elle, ne se focalisant que sur sa jumelle, car après tout, elle avait toujours été le centre de son univers. Elle versait des larmes de crocodile, mais elle était tellement heureuse de la revoir.

« - Ce n’était pas prévu, je te le jure, ça c’est fait comme ça… Oh Nevada, ce que tu m’as manqué, tu ne peux pas savoir. »

Instinctivement, elles avaient oubliés l’anglais, parlant le Russe. Cette langue qu’elles connaissaient par cœur, cette langue bien à eux, ces mots qu’elles seules ne pouvaient comprendre. Evana et Nevada, elles étaient dans leur monde, dans leur bulle et plus rien ne pouvait les atteindre. Elle sentit le contact chaleureux de sa sœur, la douceur de ses mots, la tendresse de son regard, et elle ne pouvait s’empêcher de bisouiller sa joue, de la recouvrir de baiser pour lui prouver à quel point elle lui avait manqué. Elle n’était plus la jeune femme de vingt-huit ans mais celle de dix ans, prête à tout pour sa petite sœur. Le temps était figé, et c’était bien comme ça. Elle prit le visage de sa sœur dans les mains, noyait ses pupilles dans les siennes et sortait ses mots simplement, comme ils étaient pensés.

« - Je suis désolée Nevada pour tout… Ce que tu es belle petite sœur. »

Evana c’était ça, la spontanéité, l’authenticité. Elle n’arrivait pas à faire semblant, pas avec sa sœur, pas avec elle. De toute façon, elle sondait son âme à chaque regard, et elle savait déceler chacun de ses mensonges, hormis celui où elle lui avait demandé de s’en aller. Celui-ci elle l’avait gobé, comme si ça avait été probable qu’Evana ne veuille plus de sa sœur. Ce mensonge qui les avaient détruites l’une et l’autre, celui qui avait poussé les jumelles dans un précipice. Evana savait qu’elle était la responsable de leurs cœurs meurtris, et elle savait aujourd’hui qu’elle devait rétablir la vérité, et tout dire à Nevada. Elle savait qu’elle allait lui faire du mal, mais c’était un mal pour un bien. Elle devait savoir que son absence avait failli lui couter la vie, qu’elle était l’élément central de sa vie, que c’était ainsi et qu’elle n’arrivait pas à faire autrement. Mais Evana lui dirait en temps voulu, et ce n’était sûrement pas ici, entouré d’inconnus. Là, elle voulait juste profiter de sa sœur, amplement, complètement. Ces cœurs en symbiose parfaite, elle n’avait pas besoin de lui parler pour se comprendre c’était ainsi. Ce putain de lien, cette connexion inéluctable. Elle caressait ses cheveux, la dévorant du regard, puis déposait un baiser sur son front, avant de poser son front contre le sien, les yeux clos. Un petit truc qu’elles faisaient enfant, un petit truc qu’elle n’avait jamais oublié. Et ça faisait du bien, tellement de bien. Elle était là, et ce n’était pas un mirage. Pour une fois son esprit et son cœur était en parfaite harmonie, et c’était comme si tous ces maux s’étaient envolés, que l’insuffisance cardiaque n’était plus et que le borderline avait disparu. Comme si elle n’était qu’Evana, et qu’elle n’était que Nevada. Les deux hémisphères de la planète, les deux parts d’un seul être.

« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé ». Il disait vrai, et maintenant elle savait que plus jamais elle ne pourrait la quitter.

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() message posté Sam 16 Juin - 20:14 par Nevada F. Artemieva
Désastre dans les astres. Il en va souvent ainsi, c'est dans le silence que se retrouvent les gens qui s'aiment si fort que leur amour, au moment des retrouvailles, devient un monde à part entière. ↠ Se retrouver face au miroir et pleurer...
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☆ Evana & Nevada ☆

C’était le soulagement. L’impression de raccrocher, de se retrouver.
De finalement ne jamais s’être perdues.

C’était la joie de sentir entre ses doigts glisser ses fils fins, semblables aux siens, plus courts mais toujours les mêmes. Sentir contre le bout de son nez son épaule, son odeur lui rappelant celle de son enfance. C’était sentir que tout redevenait dans l’ordre, que tout reprenait sa place. Sur ses joues, petit à petit les larmes coulèrent, discrètement, comme des perles, des morceaux de lunes qu’elle lui aurait offert. Puis, de plus en plus grandes, elles cascadaient ses pommettes et se perdaient dans les tissus de ses vêtements, jusqu’à en inonder quelques pans. Oh. Elle était si contente de la voir, si contente de pouvoir enfin lui dire qu’elle lui avait manqué, qu’elle regrettait, qu’elle avait pensé à reprendre contact avec elle chaque jour toutes ses années. Ses larmes, jamais elles ne coulaient devant autrui, elles étaient toujours contenues, toujours renfermées dans sa boite de Pandore, dans sa poitrine, dans cet endroit remplis de souvenirs auquel elle ne voulait plus toucher. Toutefois pas là, cette fois-ci elle fût presque contente de les laisser couler pour elle. Evana la connaissait, depuis toujours, elle savait distinguer ses moindres mots susurrés. Un baiser posé contre sa joue, elle se mit à rire, de ce rire clair, celui qu’elle n’offrait que lorsque ses émotions débordaient trop. Elle ne savait plus trop si c’était le soulagement de la voir, la joie ou bien la surprise. Un peu des trois. Un peu de tout. Le bonheur.

— Je suis désolée. Je suis tellement désolée Evana. Je suis désolée pour tout. Pour tout ça.

Et elle pleurait, comme l’enfant qu’elle était encore, celui qui ne savait pas et ne voulait pas grandir sans aide. Celui qui regardait encore les étoiles en espérant pouvoir les compter une à une. Oui, leur vie avait sans doute changé, elles avaient avancé, construit leurs projets. Toutefois cela faisait tellement peur, sans une aide, sans une petite main semblable à la sienne pour lui garder les pieds sur Terre. « Je suis désolée… » Elle recula tout doucement, passant sa main derrière son dos avec tendresse, essuyant lentement ses larmes, un regard à la fois triste et apaisé. Elle regrettait d’être l’origine des peines qu’elle avait pu avoir plus jeune. Elle regrettait d’être partie. Désolée de ne jamais avoir les bons mots pour la rassurer lorsqu’elle était dans le besoin, de ne pas avoir pu être les bras pour la soutenir lors de ses moments difficiles. Elle regrettait de la faire pleurer en cet instant, car elle voyait, elle s’apercevait que finalement Evana avait tout autant souffert qu’elle. Si ce n’était plus. Tout était oublié. Il fallait recommencer.

— Ne pleures pas, ça va aller. Je suis là. C’est fini, tout est fini Eva’.

Son pouce effleura sa joue, de cette manière presque religieuse, contenue, comme si elle était faite de porcelaine et qu’en un instant, au moindre mot elle pourrait la fissurer. Comme quelque chose de précieux et elle l’était dans le fond. « - Ce n’était pas prévu, je te le jure, ça c’est fait comme ça… Oh Nevada, ce que tu m’as manqué, tu ne peux pas savoir. » Et leurs regards se croisèrent, elle eût ce rire soulagé à nouveau, laissant son sac traîner, n’ayant des yeux que pour cette partie d’elle, présente et non plus absente. Elles étaient les mêmes sur ce plan là, parfois capables de tout plaquer en un instant pour un imprévu, les deux reines dans le domaine de la spontanéité. Guidées par les émotions, les ressentis et les promesses. Rien n’avait changé de ce côté, les cœurs étaient les mêmes. Tout doucement, elle déposa un baiser sur sa joue, ramenant une de ses courtes mèches vers l’arrière de son oreille. Elle n’avait pas changé, elle était là, unique, la seule pouvant comprendre toutes ses peines, capable de les ressentir aussi.

— On a toujours été très bonnes pour tout faire en improvisation. Ça n’a pas changé ! Mais… je suis vraiment, vraiment contente de te voir. Rien ne changera ça. Tu m’as tellement manqué Evana…

Tellement. Au point que souvent elle se retrouvait anxieuse avec un téléphone à la main, prête à l’appeler pour lui raconter tout ce qui se passait dans sa vie, à quel point elle sentait que quelque chose manquait car elle n’était plus là. Il en avait toujours été ainsi, à la moindre petite chose elle se faufilait dans sa chambre pour tout lui dire, pour la voir prendre doucement sa main et lui murmurer que ce n’était rien, qu’elles seraient toujours là, une pour l’autre, comme une ombre, une présence et une pensée. Oui, elle avait tellement eu envie de l’appeler, lui écrire des pavés et des pavés, lui raconter comment tout se passait, comment elle était confuse par rapport à Daley, pour lui demander comme elle se débrouillait de son côté, si elle s’en sortait, si elle n’avait pas peur du monde comme elle pouvait l’avoir. Finalement, elle restait la petite fille de sa mama et la petite sœur de sa Evana. Et c’était agréable, doucereux.

« - Je suis désolée Nevada pour tout… Ce que tu es belle petite sœur. »

Elle lui offrit un sourire, retrouvant son authenticité, sa franchise, sa manière de lui dire toujours les bons mots. Les mains de sa jumelle vinrent se perdre contre ses joues, elle cligna des yeux, les plongeant dans les siens, d’un brun miel, elle s’y retrouvait toujours. Puis, sans avoir besoin de plus, elle déposa un baiser sur son front, le même qu’elle lui avait toujours offert en étant petite, celui qui lui faisait fermer les yeux, pencher la tête sur le côté, le front contre le sien. Elles restèrent ainsi un moment, Nevada retenant ses quelques larmes, les yeux clos, reniflant quelques peu. C’était le moment-où plus rien n’existait, si ce n’étaient elles et ce lien qui ne les lâcherait jamais. Ses paupières se rouvrirent, lentement, elle attrapa une de ses mains, la caressa du bout du pouce avant de secouer doucement sa tête, de droite à gauche, les excuses n’étaient pas nécessaires, elle avait toujours été incapable de lui en vouloir longtemps de toutes façons.

— Ce n’est pas grave, c’est rien. Tu n’as pas besoin de t’excuser, je t’ai pardonné dès le moment où je suis sortie de ta chambre d’hôpital.

Elle n’était pas revenue car elle ne voulait pas plus la blesser que cela, car elle savait qu’Evana vivait une épreuve difficile, que tout était compliqué, qu’elle était fatiguée. A aucun moment elle n’eût comme envie celui d’être une fardeau pour elle. Alors, elle a fermé les yeux et a accepté de ne plus la voir, de ne plus la prendre dans ses bras. C’était comme si on lui avait arraché une partie de son cœur. Mais elle l’avait fait pour elle, Evana en aurait fait autant, elle le savait. Nevada se mordit la lèvre inférieure, reculant quelques peu, la regardant comme si elle désirait savoir son état actuel. Elle regrettait de lui avoir tourné le dos, dans le fond, c’était elle qui devait s’excuser, c’était elle la plus lâche.

— Je suis désolée d’être partie… Tu es magnifique Eva’.

Et elle lui sourit, de ce sourire sincère, plein d’étincelles dans les yeux. Lorsque le train ferma ses portes, elle tourna la tête, reprenant son sac, tendant le bras pour attraper la valise de sa jumelle. Elle devait être épuisée du voyage. « Laisses, je m’en occupe. Tu dois être épuisée… Tu allais quelque part ? » Elle l’accompagnerait et ne la lâcherait plus. Elles avaient tellement de choses à se dire, tellement de temps à rattraper. En tournant la tête la russe distingua le cadavre de son gobelet de café sur le sol, elle s’accroupi et le ramassa, voyant au plus loin d’homme sur qui elle avait pu renverser se plaindre. Ah. C’était signe de problèmes. Il fallait partir. Doucement elle tendit la main, attrapa tendrement le bras de sa sœur, la prit contre elle alors qu’elle pressait le pas.

— On va devoir courir à cause de moi, je suis désolée !

Ainsi elle se mit à courir, se faufilant dans la foule, les doigts contre les tissus des manches d’Evana, la serrant légèrement, elle n’avait pas envie de la perdre. En quelques précieuses secondes, elle se mit à rire, comme un enfant, comme plusieurs années en arrière, lorsqu’elles avaient fait une gaffe et qu’elles cherchaient à éviter les conséquences. Ensemble. Toujours. Elle ne s’arrêta qu’au centre de la gare, puis repris son souffle, une main posée sur son ventre. Elle jeta le gobelet, reposant ses yeux sur son autre moitié d’âme.

— Tu vas bien ? Ça fait tellement longtemps… j’ai tellement du mal à le réaliser, encore. Et mama, comment elle va ? Je pense que le mieux se serait qu’on s’installe quelque part non ? J’ai tellement de choses à te dire, je ne sais pas par quoi commencer.

Elle n'avait jamais été bonne pour exprimer ce qu'elle ressentait et ses pensées elles, se bousculaient pour être une des premières choses qu'elle dirait. Elle espérait qu'Evana l'excuserait d'être elle et de ne pas s'avoir s'exprimer dans sa maladresse.
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