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La chute du piédestal

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() message posté Mer 30 Mai - 14:50 par Frank Turner
La chute du piédestal
ft Dylan B Turner


Les coups arrivent toujours sans que l'on ne s'y attende. Voyez par vous-même, lorsque les mauvaises choses arrivent, elles surviennent d'un seul coup sans prévenir. D'ailleurs, on voit rarement des catastrophes arriver, même si nous essayons le plus possible de nous y préparer. Fatalistes, nous sommes ?! Le passé est écrit, nous ne pouvons de ce fait le changer. Ce qui est fait, est fait, cependant, c'est à nous et nous seul de choisir le futur, pour le meilleur ou pour le pire. Le choix nous appartient, alors à nous d'éviter les catastrophes à venir. « - Un autre ! » lança la voix incertaine de ce type délesté de son aura et de son héroïque splendeur d'autrefois. De toute évidence, son admission à l'hôpital pour un coma éthylique et une forte absorption de médicaments, ne lui avait pas suffi et il continuait malheureusement à s'enfoncer, loin de Rachel, avec qui il avait préféré rompre, plutôt que d'affronter conjointement leur réalité. Adossé au comptoir du pub et assit inconfortablement sur le tabouret qui lui faisait face, Frank ne comptait plus les verres ingérés. Ses phalanges abîmées, les quelques coupures sur son visage et sa lèvre entaillée nous délestaient du moindre doute quant à ses activités passées. Le chien fou avait donc frappé à nouveau et qui, sommes-nous en droit de nous demander ?

Quelques heures plutôt…

Voilà trois ou quatre jours que Frank Turner avait déserté la caserne. Il était incapable d'en avoir la certitude puisqu'il avait coupé les ponts avec son propre monde et puis soumis aux aléas de la nouvelle technologie, il avait renoncé, par manque de batterie à donner des nouvelles. C'était trop tôt, se disait-il pour ne pas culpabiliser davantage. Rachel et lui avaient eu, peu après s'être promis de s'en sortir, une grosse dispute, suite à la venue surprise de deux inspecteurs bien décidés à interroger la victime. Son agresseur ayant quitté l'état comateux, il fallait dès lors s'inscrire dans la procédure pour éviter à ce monstre, une sortie trop rapide. Bien sûr, l'enquête menait en amont par Jean Marceau, qui stalkait le tueur depuis plusieurs mois, était suffisamment complète pour maintenir le tueur sous bonne garde, mais Frank qui peinait encore à avoir foi en la justice avec toutes ses mésaventures, préférait rester sur ses gardes. Toujours est-il que Rachel fut contrainte de sortir de son silence pour témoigner, mais ne parvint à l'accepter, n'étant pas encore prête. Frank aurait dû le savoir, il aurait dû le comprendre et pourtant nous en sommes là aujourd'hui.

Assit dans sa voiture, le regard embrouillé par la fatigue, Turner quitta le parking de l'hôpital où il était parvenu, sans se faire repérer à voler de quoi préparer un cocktail médicamenteux mortel avec en-tête de gondole des comprimés à base de codéine un opiacé qui s'il est utilisé à mauvais escient, peut faire quelques dégâts. Franky plaça tout ce dont il avait besoin dans sa veste, avant de disparaître. En ayant fait quelques recherches sur internet, l'ancien flic avait découvert la mortalité de certaines substances et c'était dès lors convaincu d'en voler à l'hôpital plutôt que de prendre le risque de passer par le marché noir. Il ne lui restait plus à présent qu'à préparer le funeste cocktail qu'il ferait ingérer à l'homme qui en plus de prendre la vertu de Rachel, l'avait brisé privant Turner de la femme qu'il avait aimé. « Qu'il avait aimé » Le fait d'y penser et de conjuguer cette phrase au passé plongea à nouveau ce pauvre Frank dans une profonde détresse. Aujourd'hui, il ne savait plus où il en était et comment faire pour sortir de cette spirale infernale. La main quelqu'un peu tremblante, il ouvrit la boîte à gants pour y cacher les médicaments et attraper la fiole de Whisky qu'il gardait à portée de main en cas de coup dur. Il reporta ensuite son attention sur le courrier qui se trouvait sur le siège, côté passager. L'écrit émanait du cabinet d'avocat employé par Maxwell et laissait entendre que d'ici quelques jours, il parviendrait à obtenir une injonction d'éloignement pour Madame Davis. L'ancien flic avala le contenu de sa fiole métallique avant de mettre le contact et de prendre la direction du bureau de ce cher Maxwell Davis. C'était idiot, il le savait, mais ne pouvait toutefois se résoudre à accepter de voir cette enflure continuait à jouir impunément de son pouvoir sans être inquiété.

On réfléchit avec la tête Frank, pas avec le cœur ou les poings. On croit se connaître, on pense se maîtriser, savoir quand s'arrêter, on estime être en mesure de ne pas outrepasser ces limites qui nous sommes propres. Et si c'était faux ? Et si finalement nous ne nous connaissions pas tant que ça ? Et si faute de mieux, on se berçait d'illusions pour ne pas devoir affronter ce que nous sommes en réalité ? Toutes ces illusions, ne seraient-elles pas la couverture sous laquelle nous nous cachons pour nous préserver de la vision de ces monstres qui peuplent impunément nos songes. Ose te défaire de tout ça Frank, affrontes tes peurs, regarde ce que le reflet du miroir laisse paraître.... Victor !!!

« - Espèce de connard ! » Maxwell était au sol, l'arcade sourcilière ouverte et la lèvre inférieure fendue. Frank, défiguré par la colère, levait le poing en l'air, il s'apprêtait d'ailleurs à frapper à nouveau le mari de Rachel « Vas-y fais-le ! Je sais que tu en meurs d'envie Turner. Tu vas tout perdre cette fois, tu peux me croire. » La veine sur le front de l'Américain pulsait, il luttait de toutes ses forces pour ne pas frapper « son rival » à nouveau, une lutte âpre au vu du malin plaisir que pouvait prendre l'homme d'affaires à chercher celui qui lui avait volé sa femme. « C'était mon enfant Turner, elle portait mon enfant » Le cœur de Frank loupa un battement, son poing toujours fermé peinait à rester en hauteur sous l'effet du tremblement, il trouva de ce fait le sol avec violence, avant que son propriétaire ne se mette à hurler en cognant le sol à plusieurs reprises. Il revoyait ainsi son père, abattre sa fureur sur lui et sa mère. Lui-même arborait sur son front cette odieuse veine qui ne paraissait que lorsqu’il était au comble de la colère. Déstabilisé, Frank n’eut pas le temps de parer le coup en traître de Maxwell qui opta d’abord pour un crochet, avant d’envoyer un coup de pied dans l’estomac de l’assaillant, puis un autre coup de poing, qui explosa à son tour l’arcade de Frank. « Allez défends-toi petit enculé ! » Mais rien, Frank restait à terre et se laissait passer à tabac jusqu’à ce qu’un agent de sécurité ne pénètre la pièce pour les séparer et foutre le visiteur dehors sans ménagement. Cette intervention n’avait rien arrangé. Frank ne se sentait pas mieux au contraire, le fait de se sentir à nouveau proche de son père dans les heures les plus sombres de sa vie, acheva le jeune homme qui quitta le complexe et remonta dans sa voiture. Il tremblait toujours, il lui fallait un verre, qui pourrait peut-être apaiser ses maux. C’est ce qu’il espérait encore.

 

 
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() message posté Dim 3 Juin - 12:17 par Dylan B. Turner
Dylan était blotti contre l’épaule d’Andras, tous deux fixaient l’écran de télé. La main de son petit ami sur sa hanche, il profitait de ce moment de complicité, heureux de faire partie de sa vie, de l’aimer, de le comprendre sans savoir. C’est à ce moment que son portable se mit à vibrer dans sa poche, il détestait ce maudit téléphone, il n’était jamais annonciateur de bonnes nouvelles. On ne laissait plus le choix à la solitude, les relations humaines étaient forcées de se joindre à tout moment sous prétexte qu’on avait un téléphone portable, un facebook ou autre moyen de communication. Lui n’avait pas tout ça, il était déjà miraculeux qu’il ait investis dans cet appareil. En décrochant il entendit la voix apeurée de Rachel, elle lui expliqua la situation. Une longue sueur froide pressa le bas de sa colonne vertébrale alors que sa poitrine se resserrait, incapable de répondre, il ne faisait qu’écouter, elle semblait énumérer tout ce qui arrivait dans la vie de franque. Il avait reçu un poing en pleine figure, il avait disparu de l’hôpital où il avait terminé en coma éthylique, bien qu’on soupçonne aussi une overdose médicamenteuse. Andras le regardait curieusement, son visage était devenu blême, tendu, il se sentait déchiré, la détresse de cette femme était contagieuse. Il ne savait pas s’il devait pleurer, rire, croire à une mauvaise blague. Son frère avait touché le fond, comme lui-même avait touché le fond. Ne cherchant pas à réfléchir, il se saisit de sa veste, raccrochant en remerciant Rachel de l’avoir prévenu. Le danseur c’était redressé s’inquiétant pour lui, il alla déposer ses lèvres sur les siennes, lui disant qu’il ne savait pas à quelle heure il devait rentrer. Il insista pour l’accompagner, surtout depuis que lui-même c’était fait agresser dans la rue par un connard. Or cette fois il s’agissait de son frère, seul lui pouvait intervenir. Il allait mal vraiment très mal.

Comment faire pour le retrouver ? Quelle logique suivre ? Londres était vaste, il se mit donc à chercher dans les bars, à faire le tour, des endroits discrets, sachant quel quartier il fréquentait. Frank avait quitté la caserne, ce havre de paix qu’il avait lui-même construis, comment avait-il pu se trahir ainsi ? Pourquoi en arriver là ? Sans s’en rendre compte sa veste était trop large, il avait piqué celle d’Andras, elle le rendrait peut-être plus fort en cet instant, son odeur imprégnée partout le rassurait. Sa vie semblait pourtant s’améliorer, à aucun moment il n’avait imaginé qu’il allait chuter à nouveau et affronter de nouveaux démons encore plus forts. Or cette fois ça n’était pas les siens, la nuit était fraiche. Il fuma une cigarette ou deux, continuant de pousser inlassablement des portes, il se faisait tard. Signaler un flic disparu ne serait pas une bonne idée, avant d’envisager les solutions extrêmes, il allait devoir se débrouiller. Dylan voulait garder la tête froide mais au plus profond de lui, il y avait ce petit garçon recroquevillé, apeuré et sanglotant, lui demandant de retourner dans la chaleur des bras de son amant. Or la famille, c’était important, il n’avait aucun droit de l’abandonner. Franky était son héro, la personne dont il avait le plus respect dans ce monde.

Alors que tout espoir se diluait telle une goutte d’encre se diluant dans un verre d’eau cristalline. Il le vit à travers cette vitre glacée, levant le verre mécaniquement avec son bras. De ses mains il poussa la porte, faisant face à un spectacle pitoyable, une lèvre fêlée, les mains rongées par les stigmates d’une violence encore proche. Le jeune garçon flairait les premières odeurs d’un conflit fraternel. S’approchant de lui, il n’avait plus son frère mais une race rare d’animal que lui-même avait été un jour. Avec douceur il déposa une main sur son épaule, il savait ce qu’il était de boire, de se droguer et surtout d’être incompris. « Frank ! Il faut qu’on rentre maintenant ! » Sa voix était la plus douce possible, il était important de ne pas rentrer dans le cercle vicieux du conflit. La caserne il l’avait fuis, le ramener là bas ne serait pas facile, mais au moins jusque chez lui, dans son petit studio pour soigner ces quelques plaies. « Ca n’est pas une bonne idée de rester ici ! »

Son cœur était brisé devant ce spectacle affligeant, bien pire, il se rendait compte de ce qu’il avait été à une époque où tout allait mal. Aucun jugement, aucune condamnation, seulement cette vague incroyable de repentir. Sauf que par rapport à Frank, il n’allait pas pouvoir le maitriser, son corps était mince, un brin musclé, là il était face à un bestiaux de 1m80, 1m90 et une bonne dose de muscles à soulever.
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() message posté Lun 4 Juin - 17:50 par Frank Turner
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« Souviens-toi, que chacune de tes actions aura un impact sur la vie d'autrui. Souviens-toi Frank, que c'est à toi et à toi seul de prendre cette décision. Mais quoiqu'il arrive, garde en tête que je suis fier de toi mon grand, tellement fier de toi ! » Quelque part, dans le tréfonds de sa mémoire, les paroles paternelles de son oncle, peu avant qu'on ne lui remette son diplôme à l'issue de plusieurs années d'études à l'école de police, lui revenaient tel l'écho lointain d'une époque révolue. Que penserait-il de lui en le voyant ainsi, avachit sur son tabouret, le cœur en miette et incapable de passer outre le désespoir qui l'aveuglait et l'empêchait de songer à l'avenir. Par chance, les tremblements avaient cessé d'ébranler ses mains, une maigre consolation en dépit du reste. Frank savait bien malgré lui, qu'il avait passé la phase de boire par envie, la tremblote l'avait trahi, désormais, c'était un besoin, le pire des scénarios possibles et pourtant tellement prévisible. « Quand on est lâche, autant l'être jusqu'au bout » Le visage entre ses mains, l'homme poussa un long soupire, aussi profond que la peine qui ne le quittait plus depuis qu'il avait fuis et Rachel et la caserne. « Tu vas mal mon chéri ! » Il releva aussitôt le visage et qu'elle ne fut pas sa surprise en découvrant sa mère à ses côtés. « - Non, tu n'es pas là ! » lança-t-il en brassant de l'air avec sa main comme s'il eut s'agit d'une mouche qu'il cherchait à faire déguerpir. « - J'ai trop bu et tu apparais ! »

« Frank, mon grand, mais qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi agis-tu ainsi ? Ce n'est pas toi ça, tu n'es pas ce genre de personne. » L'ancien flic porta son verre jusqu'à ses lèvres et en guise de provocation, il le siffla d'une traite en posant son regard sur le tabouret vide à ses côtés. Le barman qui l'observait depuis son arrivée, commençait un peu à s'inquiéter, devait-il continuer à le servir puisqu'il en était rendu à parler avec une entité invisible ? Toujours est-il qu'il payait ses consommations, n'en déplaisent aux quelques clients effarés d'être à proximité d'une telle épave. « - Maman ! Je me demandais quand tu allais apparaître. Tu vois, tout baigne quand ça saigne. Ma vie est tellement géniale si tu savais. »

« Tu vas devoir te reprendre et vite ! »

« - Sinon quoi ? »

« Sinon tu vas tout perdre Frank. Tout ce que tu as construit, ce pourquoi tu as travaillé si fort. »

« - Je n'ai plus rien

« C'est faux, tu as ton fils, ton frère, tes amis et Rachel. Comment peux-tu la laisser alors qu'elle a besoin de toi ? »

« - Moi aussi, j'avais besoin de toi. Et l'autre connard qui m'a laissé entrevoir un infime espoir, mais qui n'a fait que me mentir même sur son lit de mort. Et puis le boulot regarde, on m'a tout pris, tout ce qu'il y avait de bon, on l'a cassé. »

« Tu dois avancer Frank, là, tu fais du surplace ! Je t'en prie, ressaisis toi avant qu'il ne soit trop tard ! »

« - Santé ! » lança-t-il avant de s'enfiler son verre d'une traite. La porte de l'échoppe s'ouvrit à nouveau, laissant entendre le tintement d'une petite cloche qui n'ébranla pas Frank toujours avachi sur son tabouret à fixer son verre vide qu'il espérait remplir à nouveau pour le vider sans traîner. Une main chaude se posa alors sur son épaule. Bon dieu qu'il était pitoyable, tellement qu'il n'avait même pas remarqué la présence de son petit frère. « - Je payerais la note c'est bon ! » Il détourna de ce fait le visage et laissa la surprise l'emporter en découvrant l'identité de son nouvel interlocuteur. « - Ah putain Dylan ! Je t'aurais bien payé un coup, mais je crois que je n'aurais pas assez de monnaie. » Il se mit à rire devant l'absurdité de la situation. Le jeune garçon était inquiet, mais tâchait de ne pas trop le montrer. Il connaissait mieux que quiconque les aléas de l'addiction quelle qu'elle soit et était de ce fait, le plus à même à gérer la situation. Rachel avait bien fait en l'appelant lui plutôt qu'un autre. « - Tu es mignon, mais ici, je me sens bien, tu vois.J'ai pas à subir quoique ce soit. J'ai juste qu'à poser mon cul et à boire. » Le barman ne l'entendait cependant pas de cette oreille et fit savoir à Dylan qu'il était préférable de faire sortir le loustic, sinon quoi, il ne se gênerait pas pour appeler la police. « - Hey du con, la police c'est moi ! Enfin c'était avant » Levé, prêt à se faire entendre, Frank fit un peu hésitant vers le comptoir avant que Dylan ne le face dévier de sa trajectoire tout en réglant la note. « - Bon ok, d'accord crapule je te suis, mais pas chez moi. Moi, je veux aller chez toi. En plus tu sais quoi ? Bah tu vas quand même le savoir de toute façon. J'ai un truc super important à te dire » Son discours était imparfait, décousu, enfantin même ce qui devait rendre la vision pénible pour Dylan qui traîna son aîné jusqu'à sa voiture pour le ramener chez lui.

 

 
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() message posté Dim 10 Juin - 11:37 par Dylan B. Turner
Ne pas retenir l’image précise de son frère attablé au comptoir d’un bar glauque, totalement ivre et parlant dans le vide. Dylan ne savait pas à qui il parlait plus tôt. Il faisait une approche en douceur, ne voulant pas entrer dans son jeu, quand on se drogue, quand on boit, on oublie, on est en colère contre le monde entier et surtout on refuse l’idée qu’on puisse nous retirer l’objet de notre addiction. Il avait posé sa main sur son épaule, il allait devoir faire attention à chacun de ses mots. Attention à ne pas le blesser dans son orgueil, à aller dans son sens afin de pouvoir l’extirper d’ici. Lui rappelait aussi qu’il existait vraiment et qu’il n’était pas le fruit de son imagination. Lui payer un verre alors qu’il ne touchait plus à une goûte d’alcool. Quand on a réussis à nettoyer son corps de la drogue, on ne chute pas dans une autre addiction, il n’est pas conseillé de boire. De passer de drogué à alcoolique, n’est pas une bonne idée dans l’échelle sociale. « Tu sais très bien que je ne bois pas Franky ! » Même s’il avait envie de pleurer, de secouer son frère pour lui rappeler la chance qu’il a d’avoir une femme comme Rachel, une caserne, un boulot. Il ne pouvait pas, une nouvelle colère semblait gronder en lui, car il est sensé montrer l’exemple, il lui a fait une promesse un jour, entre les quatre murs blancs d’un centre de désintoxication. Ils devaient être là l’un pour l’autre et se serrer les coudes. Dylan répondait présent, acceptant les lignes de cet accord verbal, Frank va devoir en faire autant en arrêtant ses conneries. Ses mots étaient rudes, comment pouvait-il se sentir mieux dans un bar ? Les effets bénéfiques de l’alcool, le berçant dans l’illusion que pendant cinq minutes ou deux heures que tout va bien, le retour à la réalité équivaut à un bon coup de poing dans la figure. Il fait tellement mal, qu’on boit à nouveau pour se soigner, un cercle sans fin, la chute étant toujours plus douloureuse. Il restait très silencieux, sachant que la moindre parole pourrait être mal interprété et se retourner contre lui. Rendre docile son grand frère était sa mission.

Il lui proposa de le suivre. Bien entendu il était sûr qu’il n’allait pas le suivre tout de suite. Qu’il allait devoir faire preuve d’audace. Au regard du Barman, à la fois agacé et suppliant de faire disparaitre son frère. Lorsque sa voix gronda, il fut pris de nausée, ne sachant pas comment faire. Et à sa grande surprise, il accepta de le suivre. Avant de quitter le bar, il vida l’ensemble de son porte feuille pour payer l’addition. Et vu la somme qu’il dû sortir, Frank c’était facilement vider une ou deux bouteilles. A plusieurs reprises sur le chemin de sa voiture, il passa son bras pour éviter qu’il ne tombe, le rattrapant, le chemin fut pénible et ses derniers mots le tourmentaient. Qu’est ce qu’il avait de si important à lui dire ? « Tu me diras ça chez moi d’accord ? » Son haleine piquait les yeux, son odeur corporelle était infecte, et il ne monta pas dans la voiture. Non lourdement il se laissa tomber sur le siège passager. Dylan n’avait pas de voiture mais par chance avait le permis. Avec prudence, il le ramena dans le quartier dans lequel il vivait. Si les flics les arrêtaient, la situation ne serait pas dramatique, elle serait bien pire.

Avec patience, il l’extirpa de l’habitacle, sans qu’il ne vienne à rencontrer le trottoir ou ne se cogne contre le toit ou la portière. Manipuler son frère et son corps musclé demandait pas mal d’efforts, lui était bien mince à ses cotés. Il appuya sur le bouton de l’ascenseur et il le casa dans un angle. Le voyage fut long et pénible, mais au moins ils arrivèrent sans mal dans son petit studio, il l’avait quasiment déserté en ce moment, passant pas mal de nuits chez Andras. « Maintenant café et aspirine ! » Ca lui rappelait la situation très étrange qu’il avait rencontrée avec Lex il y a peu de temps. Il se hâta vers la cuisine, par chance séparé de la pièce principale, il plaça une tasse, mettant le plus de caféine possible, une fois la tasse assez remplie, il ne su s’il avait envie de revenir dans la pièce principale.

Tremblant, il entra à nouveau dans la pièce et ses yeux s’écarquillèrent sous l’effet de surprise, il cru qu’il allait lâcher la tasse, la serrant fermement, les pupilles brouillaient par les premières larmes. Les retenant au maximum.
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() message posté Dim 17 Juin - 23:59 par Frank Turner
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La santé mentale est un bien précieux. Certains l'économisent comme les gens économisaient jadis de l'argent pour en avoir suffisamment le moment venu. Malheureusement pour Frank, il n'avait plus rien, la comparaison tombait donc à l'eau, une eau alourdit par l'alcool, une eau limpide cependant. Mais que l'on ne s'y m'éprenne, il est très facile de se noyer dans une eau, aussi claire soit-elle. Le cœur de Frank se contracta lorsqu'il comprit que la personne qui venait d'entrer et qui se trouvait à ses côtés était bien plus qu'un être lambda. Londres, n'était-elle pas assez vaste pour éviter une telle rencontre ? Ou alors était-ce le Destin, pas repus, qui continuait à s'acharner sur Turner senior (le dernier en lisse.) ? Était-ce si plaisant de voir un homme chuter de la sorte ? Les abysses et la déchéance humaine semblaient s'être mués en un divertissement à la mode pour d'indéfinissables forces. Son monde, n'était-il tout simplement pas en train de sombrer ? Mais pourquoi ? Qu'avait-il donc accompli (ou pas) pour que la fatalité s'ancre à sa cheville tel le boulet du condamné.

Alcool, drogue, sexe, liste peu exhaustive tant les humains sont affables lorsqu'il est question d'addiction, de dépendance ou d'assuétude pour ceux et celle qui se plaisent à manier la langue avec subtilité et qui sont adeptes des « jolis » mots et du genre à minimiser la chose. Si l'on prend le temps d'ouvrir son dictionnaire et d'arpenter les abysses sinueux de l'internet, l'on évoquera un sujet qui malgré la conscience aigüe qu'il a de l'abus ou de la perte de sa liberté d'action, se livrera à son addiction, et ce, malgré ses efforts pour s'y soustraire. Frank y avait plongé pour mieux se perdre, pour toucher du bout des doigts la fenêtre entrouverte. Le besoin d'alcool était non-vital, mais n'en demeurait pas moins un moyen à sa portée pour s'évader, évitant ainsi grossièrement la réalité. Il était tellement lâche et pathétique, une désolation décuplée par la forte absorption d'alcool. D'ailleurs, il peinait à se mouvoir et c'est non sans mal que Dylan le ramena jusqu'à la voiture qu'il accepta de conduire. Frank se laissa lourdement tomber, comme la sombre merde qu'il était. Sa vision se brouillant sous l'effet de l'ivresse, il était par chance incapable de percevoir clairement son reflet dans le rétroviseur et aveuglé par la lueur émanant des réverbères, il ferma les yeux à plusieurs reprises, espérant amoindrir le choc visuel. Mais rien n'y faisait, chacun de ses sens, détraquait par l'ivresse, le trahissait l'obligeant à se calmer, de plus la fatigue le happait peu à peu, rendant chaque mètre parcouru soporifique au possible.

« - J'suis désolé… » tenta-t-il d'articuler non sans mal lorsque Dylan gara le véhicule. « - Non mais j'suis vraiment vraiment désolé » réitéra Frank lorsque son cadet l'extirpa de la voiture pour le conduire jusqu'à l'intérieur. L'ascenseur était à portée de main, la progression n'en demeurait pas moins difficile au vu de l'état d'ébriété de l'ancien flic qui fixait le vide avec intensité tandis que l'ascenseur montait. Plus silencieux que jamais, Frank dans le fond de la vague, ressentait dès lors une profonde détresse l'envahir peu à peu. Il ne vit même pas Dylan s'éclipsait pour aller préparer le sacro-saint café. Frank sans trop savoir comment et pourquoi, parvint à trouver une photo sur laquelle il posait avec Dylan, aux côtés de leur mère, pourvu d'un foulard sur la tête pour cacher la perte de ses cheveux. Il resta interdit face à l'image. Dylan et Jude souriaient, mais lui semblait si triste. Une vague de souvenirs l'assaillit malgré l'ébriété. Des souvenirs illustrant sa fuite en avant, son addiction pour le travail qui l'avait amené à fuir la réalité de la maladie de sa mère. Puis il revit Rachel, son sourire qui s'éclipsa aussitôt pour ne laisser paraître que la peur, la tristesse, la désolation, leur vie gâchée… Et une fois encore, il avait mis les voiles. Frank se laissa tomber à genoux et commença à pleurer incapable de s'arrêter. « - Pardon ! » murmurait-il en serrant le cadre photo contre son cœur. Il pensa aussi à son fils, à son oncle, ses collègues, à Dylan qui venait d'ailleurs de refaire son apparition dans la pièce de vie. Le flic honteux, reposa le cadre où il l'avait trouvé. « - J'ai besoin d'aide ! » laissa-il entendre la voix étreinte par les sanglots.


 

 
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