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Unexpected ♪ Alinael

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() message posté Dim 10 Juin - 23:03 par Nathanael E. Keynes
Il faut pas une demi-seconde à son regard pour pétiller après que le mot "whisky" a passé mes lèvres et je souris, encore et toujours, déjà prêt à sortir la meilleure bouteille du bar, parce que persuadé qu'il sait ce qu'il en est. Pas celle qu'on sert aux minettes qui viennent descendre des whisky-coca ou tonic pour se donner l'impression de connaître les vrais alcools, mais qui les noient dans le sucre de l'un ou l'amertume de l'autre. Non. Celle qui vient des Hébrides, dont la tourbe et le goût fumé en rebute plus d'un.

« Whiiskey, lôôôve? Thiiis doesn’t fâll on a deeeaf eeearrr. Now ye talkin’, mâââte.
- Knew it...
- Pourrr the heeaven. Twiice lôôôôve, twiice. Quelque chose de bien corsé et de fumé, avec juste une lampée d’eau glacée à côté pour mieux goûter les arômes, veux-tu ?
- Got it. »


Je sors une de mes meilleures bouteilles, donc, bien sagement rangée à côté des deux bouteilles des speyside qui se démarquent de leurs camarades plus classiques par leurs double maturations en fûts respectivement de Xeres et de Bordeaux, lui sers son verre double, et m'en verse un simple, la soirée n'étant clairement pas terminée pour moi.

« Tu vois à quel point je n’y connais rien en guitare ? John… enfin notre voix mélodieuse ne fait pas que chanter, c’est aussi notre guitariste. Et Max, notre bassiste en joue aussi, parfois. Je vous envie, sérieux de pouvoir maitriser tous ces instruments. Les leçons de piano, ça passait à peine, à l’époque. Ça impressionnait les invités lors des dîners de leur sortir un petit prodige qui leur jouait du Chopin. Alors mes parents ont accepté de peine et de misère. Mais une guitare électrique… mon père me l’a refusée comme s’il avait vu le Fantôme de l’Avenir de Dickens en personne. Bon dieu, je ne l’avais jamais vu réagir comme ça. Il avait sans doute raison.
- Je visualise, ouais. J'ai pas vraiment eu son accord, non plus. A vrai dire, je lui ai pas demandé. Au début, je jouais chez mon meilleur ami. Jusqu'à ce que je vive plus sous le même toit que lui. »


Une goutte d'eau fraîche dans nos verres et je le vois humer les arômes qui s'échappent du sien, lève le mien en sa direction. A la tienne, mate.

« J’ai essayé d’en jouer chez des potes ou aux pratiques. Je ne te dis pas que je n’arriverais pas à en faire sortir quelques accords devant un feu de camp, pour impressionner les filles, mais rien qui est digne d’une scène, crois-moi. Nah, mon truc, c’est le piano…
- Chacun son truc, hein ! »


C'est pas une tare de maîtriser surtout un instrument. Je suis une quiche si tu me fourres derrière une batterie, des baguettes entre les doigts. Chacun son truc, ouais. Sois bon avec ton instru, c'est tout ce qui compte. C'est pas un concours à qui en maîtrisera le plus, ça n'a pas d'intérêt si ça ne te permet pas de faire passer le message et les émotions qui se cachent dans tes textes et tes mélodies. Mais qui je suis pour la ramener après tout ?

« Les LuSt hein ? Je crois que j’ai entendu un peu parler de vous, au travers des branches. Ce que vous faites est excellent, à ce qu’il parait. Il ne me reste qu’à l’entendre pour le confirmer.
- Name your day. »


Un sourire carnassier d'un côté comme de l'autre. Sérieux, quand tu veux mec. Je monte sur scène dans la seconde où on me donne une opportunité même infime. Kaspar et Rika suivent, tant que leurs fille et nièce ont une garde et ma mère se propose naturellement quand ils n'ont pas d'autre solution - quoi que généralement, Rika n'ait pas vraiment besoin d'aide à ce niveau-là. Ma filleule considère ma mère comme sa grand-mère et étant donné l'absence de famille de mon batteur, c'est sans doute pas plus mal. Alors ouais, quand tu veux.

« Qu'on puisse te prouver qu'on vole pas notre réputation... »

Qui fait toujours plaisir à entendre soit dit en passant. Particulièrement quand ça émane d'habitués du Viper - de faire-valoirs pour Wild si on me demande mon avis. Et même si on me le demande pas d'ailleurs. Je doute pas une seconde de l'ego de ce type. Et je serais pas très étonné qu'il se venge du moindre affront - ou de ce qu'il peut considérer comme tel.

« L’exclu au Viper ? Tu rigoles ? »

Non mais la réaction immédiate m'arrange. Pas d'exclu là-bas, donc la possibilité de les voir jouer ici. Et de piquer un groupe à ces ravagés du casque ? Ouais, avec le plus grand des plaisirs. Bon je parie pas trop, j'imagine très bien que ce ne serait certainement que ponctuel, mais n'empêche. Ça se sent que je peux pas les voir en peinture ? Un peu plus à chaque minute qui s'écoule ouais. Tant pis. Il y a un moment que j'ai laissé le politiquement correct derrière moi.

« À part en alcool et en cuites, ce n’est pas comme s’ils nous payaient.
- C'est souvent comme ça... »


Ca je le concède. Quoi que je mette un point d'honneur à ce qu'il y ait toujours une partie des pourboires pour le groupe, qu'il y ait au moins un chapeau comme on dit, qui tourne pour ceux qui se démènent sur scène. C'est pas forcément grand chose, mais tout de même. Ca et les consos gratuites, mais ça, ça va de soi.

« Je dois admettre qu’ils nous font une fichue bonne pub, par contre. Il faut leur donner ça. Et comme je te dis… je crois que ça ferait du bien à John, Erwan et Max de rejouer dans un pub aussi sympa que celui-ci. Surtout à Max, notre bassiste, en fait. Il est un peu perdu, au Viper. Tu sais lui, sa vie, c’est l’histoire de l’art. Il ne faisait de la basse que pour s’amuser, le pauvre. Parfois, je… »

La pub, j'en doute pas. Ca fait toujours une méga-visibilité de jouer là-bas. Pour ma part, j'aurais l'impression d'avoir vendu mon âme au diable, et j'en ai pas vraiment l'intention, mais je comprends la démarche. Je comprends aussi que leur groupe va finir dans le mur s'ils ne sont pas tous en phase. Leur bassiste n'a pas la même visée, manifestement, et Pratt est visiblement celui qui les pousse. A bout ? Possible, un de ces quatre, s'ils arrivent pas à lâcher du lest pour se faire un peu plaisir, sans pression. Et il le sait, le fils d'avocat face à moi, la gorgée d'alcool et sa tête qui se secoue à cet instant me le confirment.

« Je leur en parle dès demain si tu veux et on regarde ça prochainement. Ce n’est pas comme s’ils avaient vendu leur âme à Wilde, eux.
- Parce que toi si ? »


Je fronce les sourcils, interrogateur, songeur... L'impression d'un abîme sans nom au fond duquel il serait coincé me colle aux basques, sans que j'arrive à saisir pourquoi, et ça me fait pas vraiment plaisir. Il y a des gens pour qui ça me passerait au-dessus, mais c'est pas vraiment un inconnu que j'ai face à moi, et si je peux pas piffer son père, à peu près autant que j'exècre le mien, à la base j'ai rien contre lui, d'autant moins que les points communs entre nous se multiplient. Au contraire.

« Ok, c'est certainement pas mes oignons, et tu vas certainement m'envoyer chier. T'auras sans doute raison parce que j'ai pas à me mêler de ça, mais c'est pas comme si j'avais tellement l'habitude de fermer ma gueule, alors... »

Je hausse les épaules, avant de poursuivre sur ma lancée, parce que si je l'ai mis en garde quant au fait que ce que j'allais dire allait pas lui plaire, c'est pas pour m'arrêter en si bon chemin.

« De ce que tu me décris, ton bassiste, t'es en train de le perdre. Peut-être pas que lui d'ailleurs. S'ils sont si mal au Viper et que vous continuez à vous défoncer là-bas et à vous mettre une pression de malade, il va péter un câble et te claquer la porte au nez. Et perso, je suis pas sûr que je lui donnerais tort, mais je peux pas les blairer là-bas, donc je suis pas vraiment objectif sur ce point. Je sais pas ce qui te lie à Wilde, je sais pas par quoi il te tient, mais je serais bien tenté de te conseiller de lui dire de ma part de bien aller se faire foutre. Un peu comme ton père, mais faut croire que j'ai un léger problème de tolérance à l'autorité. »

Un besoin d'indépendance et de libre-arbitre un peu trop exacerbé, peut-être. On saura que ça m'a pas valu que des bonnes choses, mais je suis pas capable de faire autrement, pas pour rien que je suis mon propre patron à présent. Et si je suis parfaitement sincère, je me tourne moi-même en dérision sur la fin de ma tirade histoire d'atténuer un peu le coup, mais j'imagine sans peine que mes propos ne vont pas être très bien accueillis. Ca change rien. Tu viens jouer ici quand tu veux. Et ma porte est ouverte si besoin. Parce que j'ai pas vraiment envie de laisser les connards dans le genre de Pratt senior ou les mégalo tyranniques comme Wilde détruire des gens sans rien faire, surtout quand ça me demande pas tant d'effort que de tendre la main pour tenter d'empêcher ça... Quitte à me prendre une rouste au passage, ça sera pas la première fois en même temps.

« Ouais, le Viper, ça fait une super pub. Il y a plein d'autres moyens d'en faire cela dit, que ce soit ailleurs ou d'une autre manière. C'est jamais facile, j'en conviens. Mais pour ce qui me concerne, la question se pose même pas. »

Mais t'es pas moi, et eux non plus, d'accord. LuSt, c'est pas Untitled. Et je m'attends à me prendre dans les dents qu'on est pas pro, et c'est un fait. Je sais pas si j'en ai toujours envie, au fond, c'est certainement la grande différence. Quelque part, le rêve reste toujours un peu latent, au fond de mon esprit, mais comme n'importe quel rêve de gosse qu'on a abandonné quand on a grandi, je suppose. Et mes potes sont contents de pouvoir être sur scène régulièrement, même si c'est pas ça, leur vie principale. Kaspar bosse au musée, et tout ce qui compte, c'est le bonheur de sa fille. Rika a sa peinture. Et moi j'ai le bar et le blog, la gérance et l'écriture. Sauf que je vivrais clairement pas sans musique, quoi qu'il advienne. Alors sans doute que je ferais mieux de fermer ma gueule, mais j'ai l'impression qu'ils sont en train de se détruire à petits - ou grands - feux et je sais pas encaisser ça sans broncher.
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() message posté Mar 12 Juin - 8:26 par Alistair H. Pratt
Le verre suspendu dans les airs, Alistair observa longuement le fils du diplomate lui dire sans détours des vérités qui ne faisait pas nécéssairement bon d’entendre, non. Mais il savait déjà tout ça, depuis longtemps. Parce que ce n’était pas la première fois que leur chanteur venait le voir, en douce, pour lui dire de freiner un peu ses ardeurs. Ce n’était pas la première fois qu’il voyait la panique dans le regard de Max, leur bassiste. Et l’audition au Viper Room était arrivée et elle n’avait simplement fait que faire exploser au grand jour l’écart qu’il y avait, entre Alistair et le reste du groupe. Exécré, John avait tenté de le faire dégager et Erwan et Max avait pris sa défense, malgré la nuit blanche qu’il leur avait fait subir.

Mais pendant combien de temps prendraient-il sa défense? Pendant combien de temps encore le soutiendraient-ils malgré leur incompréhension.

Parce qu’il y avait un fossé entre lui et les gens ordinaires. Un fossé que Wilde avait prophétisé. Un besoin viscéral, aussi, Wilde le lui avait également répété. Il aurait toujours besoin de Max, Erwan et même de John. Et il aurait besoin d’un type comme Nate, tiens.

Pour le rammener dans la dure réalité et le porter sur leur épaules, lors qu’il aurait dépassé toutes les limites imaginables et laissé son propre corps rompu par la chute. Il aurait besoin de leur grand cœur et de leurs deux pieds sur terre, quand il s’envolerait trop loin. Parce qu’Alistair le savait, il ne pourrait jamais s’empêcher de vouloir monter toujours un peu plus haut, encore et encore, jusqu’à ce que ses ailes de cire brûlent au soleil. Et même dans sa centième chute, il planifierait encore de les reconstruire pour aller de nouveau rejoindre le ciel.

C’est ce qui le liait à Wilde. Cette noirceur abyssale et cette soif de l’infini qui ne s’abreuverait jamais.

Il maintint le regard à la fois sérieux et passionné de Keynes et l’écouta sans broncher. Puis, il but une gorgée avant de poser doucement son verre sur le bois verni du bar et posa le menton dans sa main, accoudé au bar et fit un sourire triste au jeune homme.

« T’es adorable, toi, tu le sais? Tu crois vraiment que je vais t’envoyer chier alors que tu dis tout haut ce que tout le monde sait? Ce serait un peu con, non? Tu as raison. Je sais que je suis en train de les perdre. Pas tout de suite, non. Mais bientôt. J’essaie… j’essaie de me calmer et de les ménager, crois-moi. »

Et c’était vrai. Il ne leur mentionnait pas toutes les nuits qu’il passait à composer et à paufiner chaque morceau encore et encore avant de sombrer une heure ou deux dans un sommeil de plomb pour ensuite se traîner devant Wilde qui le poussait jusqu’aux derniers retranchements. Tout ça, il le gardait pour lui. Il présentait simplement ses pièces aux pratiques, sans prétention et les laissaient décider quels morceaux ils voulaient jouer et ce qu’il fallait ajouter. Seuls son teint pâle et ses larges cernes trahissaient toute la soif qui l’habitait. Il leva son verre vers Nate.

« À ton intolérance de l’autorité! »

Alistair se mit à rire doucement.

« Parce que tu crois vraiment que c’est un monstre? Et si je te disais que sous son masque se cache un type bien plus sensible qu'il n'y parait? Et si je te disais que lui et moi, on se ressemble bien plus que de raison? J'essaie pas de le défendre... ni même de me défendre moi. On est peut-être bien des monstres lui et moi. On ne connait que ça, la monstruosité. On n'a que la musique... et rien d'autre...»
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() message posté Mar 12 Juin - 20:48 par Nathanael E. Keynes
Un échange de regards qui en dit long. Je suis pas déjà en train de me faire envoyer bouler, ce que je dis n'est donc pas réfuté en bloc, et c'est plutôt positif. Positif, parce que c'est sans doute que le message est entendu. Accepté, c'est une autre paire de manches, mais je reste convaincu de ce que j'avance. Même si ça ne fait sans doute pas tellement plaisir à entendre. Et pour avoir vu mon ancien batteur et mon ancien bassiste se barrer parce qu'ils n'ont plus trop supporté les tensions avec mon guitariste et co-lead, je sais le mal que ça fait à un groupe. Et je lui souhaite pas ça, clairement.

Certainement pas alors que ça se voit, ça se sent, que ce groupe lui tient à coeur. Que la musique, ça fait partie intégrante de son être, au plus profond de ses tripes. Je pourrai pas vivre sans elle, et certainement que lui non plus. J'ai peut-être pas cette lueur folle dans le regard - peut-être juste que je suis plus en phase avec moi-même et avec ma guitare, mes compos, peut-être que je suis juste plus serein j'en sais foutre rien - mais je mourrai avant d'arrêter de jouer, c'est une certitude. Et je suis à peu près certain que lui aussi.

Etrangement, il a l'air calme après ma tirade et je le regarde poser son verre sur le zinc, et sa tête sur sa main en avalant à mon tour une gorgée de liquide ambré. Le feu de l'alcool me réchauffe la gorge, et j'esquisse un sourire un peu narquois quand il reprend la parole.

« T’es adorable, toi, tu le sais ? »

Et bah ça, c'est une première.

« Tu crois vraiment que je vais t’envoyer chier alors que tu dis tout haut ce que tout le monde sait ? Ce serait un peu con, non ? Tu as raison.
- Je sais que j'ai raison. Mais ça serait quand même pas la première fois qu'on veut pas l'entendre.
- Je sais que je suis en train de les perdre. Pas tout de suite, non. Mais bientôt. J’essaie… j’essaie de me calmer et de les ménager, crois-moi.
- C'est déjà pas mal... »


Mais ça suffit pas à ce que je comprends. Ca n'empêche, c'est déjà une bonne chose. C'est plus facile d'arriver à arrondir les angles et à éviter le clash s'il y a une réelle volonté de s'accorder. Avoir conscience d'un problème ça reste la première étape pour y trouver une solution.

« À ton intolérance de l’autorité ! »

Un rire sec de ma part, un peu morne et sans doute aigri, devance le sien, plus doux, presque triste. Ouais buvons à ça tiens, en plus du reste.

« Parce que tu crois vraiment que c’est un monstre ?
- J'en sais rien, je le connais pas. Mais manifestement on bosse pas de la même manière. Et vaut mieux que ça reste comme ça, parce qu'on partirait au clash en permanence, je crois bien. Mon intolérance à l'autorité, tu sais...
- J'ai le droit de remettre en cause tes directives aussi alors, Boss ? »


La voix de Nathan - l'autre Nate du bar - me tire de mes pensées concernant Wilde. Ça m'évite de songer trop longtemps que ce que je viens de dire, c'est pas vraiment une bonne réponse, et peut-être que je me fourvoie complètement vis-à-vis de lui. Peut-être que je me fais de fausses idées. Peut-être que mon besoin d'indépendance, mon rejet viscéral de l'autorité et des chaînes quelles qu'elles soient m'aveugle. J'en sais rien, et j'ai pas vraiment envie de creuser jusque-là. Même s'il pique un peu ma curiosité en soulevant cette question, et j'attends la suite qui ne manque pas de venir, après avoir adressé un magnifique doigt à mon barman qui va servir une jolie blonde en se marrant. Genre on est tellement hiérarchisés ici, tiens !

«  Et si je te disais que sous son masque se cache un type bien plus sensible qu'il n'y parait ? Et si je te disais que lui et moi, on se ressemble bien plus que de raison ? J'essaie pas de le défendre... ni même de me défendre moi. On est peut-être bien des monstres lui et moi. On ne connait que ça, la monstruosité. On n'a que la musique... et rien d'autre...
- Et vous croyez qu'elle vient d'où votre musique ? »


Je le dévisage en faisant tourner l'alcool dans mon verre comme si je cherchais à lire la réponse dans son regard avant qu'il ne prenne la parole.

« Un monstre hein ?... »

Je secoue la tête.

« Je vois tellement d'humanité là-dedans, je sais pas où tu vas le chercher ton monstre... »

Quant à la sensibilité de Wilde, je passe mon tour. J'ai déjà donné dans les coeurs de glace qui se sont seulement forgé une carapace en acier trempé pour pas qu'on les blesse. Je suis pas sûr d'être capable de me lancer dans un nouveau perçage de cuirasse. J'y ai laissé un peu trop de plumes, j'ai encore mes propres blessures à panser.

Alors pourquoi je suis là face à lui s'il est de la même veine, hein ?
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() message posté Ven 15 Juin - 20:47 par Alistair H. Pratt
Le mouvement circulaire de l’alcool dans son propre verre lui semblait être l’image même de son état d’âme. Il tournait en rond. Il était là, dans un bar inconnu, assis devant un type que son père avait faillit démolir, autrefois. Un type avec qui il avait des tas de points communs. Un type qu’il trouvait vraiment mignon. Et il était là à se comparer au pire concurrent de celui-ci, un type que Keynes ne pouvait pas voir en peinture, si on en jugeait de ses propos et réactions… Qu’est-ce qu’Alistair voulait au juste? Lui-même ne savait pas.

Il secoua doucement la tête et sourit doucement au mec en face de lui. Nate était passé de l’autre côté du mur de verre. Il s’était fondu au monde ordinaire et vivait simplement. Alistair l’enviait. Lorsqu’il serait dans la rue, à faire de petits boulots, de ça et là, pour qui voudrait bien engager quelqu’un qui n’avait jamais travaillé de sa vie, est-ce qu’il arriverait lui aussi à se fondre avec les autres? Est-ce qu’il le voulait vraiment?

« Je suppose que les monstres sont ceux qui, dans l’ombre de leur tour d’ivoire ou de leur cavernes abyssales rêvent de toucher les étoiles. Ils ont passé leur enfance à se faire dire qu’ils étaient assez grands pour le faire, même si au fond, c’est impossible. On leur a dit que les étoiles, c’était leur seul salut, leur seul espoir de survie. Alors, tu vois, ils sont tellement rivés dessus que quand ils sortent de l’ombre, ils ne se rendent pas compte qu’ils écrasent tout le monde. Ou peut-être qu’ils le voient, le sentent mais ne peuvent s’empêcher d’avancer, tant que l’espoir d’un peu de lumière les obsèdent. Je suppose que de regarder en bas et de voir que tout le monde porte des éclats de lumière en lui est un apprentissage qui ne se fait pas du jour au lendemain… »

Il huma son verre sans y boire. Déjà, il sentait la tête lui tourner un peu. Un an et demi sans boire avait un peu baissé ses propres excès, il fallait croire.

« Je t’envie toi et Max. Et John et Erwan, hein, de jouer de la musique juste pour le fun et pouvoir retourner ensuite à vos vies respectives comme si de rien n’était. Je… je ne sais pas comment vous faîtes. Moi c’est tellement viscéral… la musique dans ma tête, mon piano, la foule qui hurle et qui en veut un peu plus, le temps de retourner vivre sa vie… Un jour, il faudra me montrer comment on fait ça, si je ne me dévore pas avant. Mais bon, j’ai encore un peu trop la tête en l’air, je crois. »

La barman taquina son employeur et sa tirade sur l’autorité et Alistair se moqua de bon cœur du gérant. Fallait croire qu’il ne restait plus grand chose du gosse de riche, chez Keynes. Ce bar lui faisait vraiment chaud au cœur. Les joues rosies, il prit une petite gorgée et reposa son verre sur le zinc, en sortant son portefeuille. Il prit un billet pour payer sa note et le posa doucement sur la table.

« Ahhhhhh mais je suis loooooouurrrrrrd ce soir!!! Écoute, penses à un trou libre pour nous dans les prochaines semaines. Les gars vont adorer, ici, je le sais. Et ça fera du bien à tout l’monde. La seule raison pourquoi je ne te book pas une date maintenant c’est qu’il faut quand même que les autres me disent oui, officiellement. Y a pas que moi qui prends les décisions, je t’assure. On est un groupe, après tout.

Il finit son whisky d’une traite et fit un clin d’œil à Keynes, avec un sourire angélique.

« Et excuses-moi pour tout ce bafouillage un peu glauque. Il faut croire que j’ai complètement oublié comment bien flirter avec un joli garçon. »
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() message posté Ven 15 Juin - 22:52 par Nathanael E. Keynes
Son père, le mien, j'ai plus envie de perdre du temps avec des types dans leur genre. J'ai plus envie de me poser de question quant à leur vision de ma vie, ni de celle de personne d'autre. J'ai plus de compte à rendre, je crois ; j'estime pas en avoir en tout cas. J'en ai assez bavé comme ça, non ? Peut-être pas plus que plein de gens, mais pas forcément moins que beaucoup non plus. On a chacun son lot de misères, faut croire, et j'ai plus vraiment envie de m'attarder sur ça non plus. C'est de bien beaux idéaux un peu utopistes, mais j'ai tout de même cette envie de profiter de ma vie, de ce qui reste de  bien dedans, de ce qui me fait du bien, et d'occulter le reste. Le fait que le mec avec qui je me voyais finir mes jours ne fait plus partie de ma vie, par exemple. Que la personne qu'est censée être génétiquement programmée pour m'aimer peut pas me blairer. Ou celle qu'une partie de mes rêves de gosse sera jamais réalisée sans doute...

« Je suppose que les monstres sont ceux qui, dans l’ombre de leur tour d’ivoire ou de leur cavernes abyssales rêvent de toucher les étoiles. Ils ont passé leur enfance à se faire dire qu’ils étaient assez grands pour le faire, même si au fond, c’est impossible. On leur a dit que les étoiles, c’était leur seul salut, leur seul espoir de survie. Alors, tu vois, ils sont tellement rivés dessus que quand ils sortent de l’ombre, ils ne se rendent pas compte qu’ils écrasent tout le monde. Ou peut-être qu’ils le voient, le sentent mais ne peuvent s’empêcher d’avancer, tant que l’espoir d’un peu de lumière les obsèdent. Je suppose que de regarder en bas et de voir que tout le monde porte des éclats de lumière en lui est un apprentissage qui ne se fait pas du jour au lendemain… »

Je l'écoute, l'observe, vois ce gosse de riche englué dans ce qu'on lui a inculqué, qu'a l'impression qu'une seule échappatoire existe, et qui s'y raccroche comme à la dernière bouée de sauvetage qu'il lui reste. Ecraser tout le monde pour atteindre son étoile, aussi inaccessible soit-elle... d'un côté, je comprends. Peut-être que la mienne est moins éloignée. Peut-être qu'elle brille moins fort. J'en sais rien... Peut-être que j'ai eu la chance de trouver ces morceaux d'étoiles chez plein de gens au fil des années, peut-être parce qu'il y a longtemps que j'ai arrêté d'être aveuglé par le feu sombre que dégageait mon père. Allez savoir. Je sirote mon verre comme il fait tourner le liquide dans le sien sans trop y toucher à présent.

« Je t’envie toi et Max. Et John et Erwan, hein, de jouer de la musique juste pour le fun et pouvoir retourner ensuite à vos vies respectives comme si de rien n’était. Je… je ne sais pas comment vous faîtes. Moi c’est tellement viscéral… la musique dans ma tête, mon piano, la foule qui hurle et qui en veut un peu plus, le temps de retourner vivre sa vie… Un jour, il faudra me montrer comment on fait ça, si je ne me dévore pas avant. Mais bon, j’ai encore un peu trop la tête en l’air, je crois.
- Tu te méprends. La musique, c'est pas juste du fun. C'est... C'est toute ma vie. De bien des manières. C'est pas pour rien que j'ai investi ici. C'est l'essence de ce lieu, davantage même que l'alcool qui coule dans les verres. C'est le coeur des articles que je publie, quelque soit le lectorat qui s'y intéresse. C'est... l'étincelle qui s'embrase dès que je fous un pied là-bas, qui commence même à brûler aux premières notes des autres, que ce soient celles que j'entende ou celles que je lise... »


Je sais, je sens, le regard de Nathan sur moi comme je parle, parce que je sais que lui aussi partage cette passion. Kassandra aussi, pas pour rien qu'elle a sa chaîne youtube et de nouvelles vidéos toutes les semaines. Et à vrai dire, tous les employés du bar ou presque. L'amour de la musique et une certaine insubordination, donc, vu comme la hiérarchie est clairement pas trop respectée et j'entends le rire d'Alistair autant que celui de mon barman. J'ai un moment d'hésitation, presque prêt à refuser le billet, mais la façon de s'exprimer de Pratt me fait penser que le sketch vise à faire oublier ce qui a été trop sérieusement évoqué peu avant. Il a les moyens de se payer un whisky et une bière, après tout... même s'il n'a, si j'ai tout bien suivi, pas vraiment libre accès à son propre argent.

« Ahhhhhh mais je suis loooooouurrrrrrd ce soir !!! Écoute, pense à un trou libre pour nous dans les prochaines semaines. Les gars vont adorer, ici, je le sais. Et ça fera du bien à tout l’monde. La seule raison pourquoi je ne te booke pas une date maintenant c’est qu’il faut quand même que les autres me disent oui, officiellement. Y a pas que moi qui prends les décisions, je t’assure. On est un groupe, après tout. »

Je le regarde finir son verre d'une traite, accueille le clin d'oeil et le sourire en souriant à mon tour.

« Et excuse-moi pour tout ce bafouillage un peu glauque. Il faut croire que j’ai complètement oublié comment bien flirter avec un joli garçon.
- Je te jette pas la pierre, je suis pas tellement mieux non plus... »


Le côté donneur de leçon, c'est pas vraiment le meilleur plan pour brancher quelqu'un, n'est-ce pas ? Je note pourtant le flirt, plutôt flatté, un peu malgré moi. Et un peu en colère contre moi-même de pas savoir comment gérer ça, de plus être capable de flirter avec un joli garçon comme j'ai pu en être capable par le passé moi non plus.

« Tiens... »

Il est sur le départ à l'évidence, et je sens bien que j'ai pas vraiment envie d'en rester là, sur une promesse qui risque d'être oublié dès le petit matin. Pour la musique, et l'envie de voir leur groupe se produire ici. Mais pas que... Et je lui tends une carte du bar, au dos de laquelle les coordonnées de LuSt apparaissent... et mon téléphone pour la peine.

« Appelle-moi quand t'as fait le point avec les autres, je trouverai toujours un moyen de caler Untitled quelque part... »

C'est tout aussi sincère et honnête que le don de cette carte n'est pas complètement désintéressé, et Kassandra s'approche après le départ d'Alistair, de l'autre côté du bar, pose son plateau et sa tête sur sa main comme un curieux miroir à la position de Pratt peu avant. Silence. Nos regards restent plongés l'un dans l'autre quelques instants avant que je ne finisse par esquisser un geste du menton dans sa direction.

« Oui ?...
- J'ai rien dit. Mais tu feras gaffe, Boss, tu baves un peu... »


Des éclats de rire de part et d'autre du bar, et je proteste, râle pour la forme. Un torchon vole en direction d'un visage, il commence à se faire tard et le bar à se vider quelque peu.

« A choisir, j'préfère te voir comme ça... »

Elle a repris son plateau, partie pour débarrasser quelques tables vides. Nate continue de servir le bar, comme il a si bien appris à le faire, et le groupe sur scène finit son tour, tout comme je finis mon verre, songeur. Quelques minutes plus tard, je suis dans le bureau, porte entrouverte, à compulser les plannings, prêt à intervertir certaines dates s'il le faut, et à m'engueuler intérieurement de la démarche : si ça se trouve, il rappellera jamais. Après tout, s'il est si accroché à Wilde, qu'est-ce qu'il viendrait foutre à nouveau ici, hein ? Et quand je rentre chez moi après la fermeture, y a des morceaux de conversation de cette soirée qui flottent dans mon esprit, au milieu de quelques dates envisageables pour les prochaines semaines, donc, quitte à déplacer nos sessions perso, Rika, Kaspar et moi...

¤ Terminé ¤
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