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Truth carries with it confrontation. ☆ (Edward)

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() message posté Lun 11 Juin 2018 - 10:10 par Helga S. Lindholm

Le temps était menaçant, la grisaille s'étendait dans le ciel. Il n'y avait pas de quoi s'étonner, c'était une journée comme une autre à Londres ; le Grand Brouillard comme on pouvait parfois l'appeler, ne désignait pas cette ville par hasard. Cela n'avait pas empêché Helga de mettre le nez dehors pour autant. Elle avait revêtue une chemise blanche, ornée de dentelle sur le buste. Son cou était délicatement habillé par un col à volants, qui lui donnait une allure élégante. Elle avait enfilé un pantalon, cintré et noir, remontant jusqu'en haut de sa taille fine et marquée. Quant à ses pieds, ils étaient revêtus d'une paire de mocassins vernis. Enfin, elle avait drapé sur elle un long manteau en laine, écho au plumage majestueux des corbeaux. Ses cheveux avaient été relevé dans un chignon désordonné à l'aide d'une pince en argent ornée de fleurs ; des boucles ébènes s'étaient échappé de son emprise avec facilité.

Elle parcourait ainsi la ville bruyante et peuplée. En ce dimanche après-midi, le vent s’abattait avec dextérité sur elle, mais la trentenaire ne se laissait pas impressionner. Elle tenait bien contre elle, entre ses doigts fins, un livre à la reliure doré, pages jaunies par le temps, et dernière acquisition précieusement gardée ; Sa petite sacoche en bandoulière couleur jais, semblait danser au gré du vent sur son flanc gauche. Helga marchait à vive allure dans les ruelles étroites et parfois plus larges de Londres, afin de rejoindre son point de destination : Hyde Park. C'était un lieu qu'elle aimait tout particulièrement, et elle pouvait y passer le plus clair de son temps. Elle se rappelait avec mélancolie que Walter, son fils, adorait lui aussi cet endroit. Sachez en tout cas que si elle ne se trouve pas au travail ou à son appartement, vous pouvez être quasiment certain de la retrouver dans ce parc. La jeune femme espérait qu'il n'allait pas commencer à pleuvoir, et que le temps se montrait juste un peu capricieux. Lorsqu'elle levait les yeux au ciel, elle apercevait qu'à l'ouest de la ville, le ciel commençait à se dégager. C'était bon signe d'après elle; en tout cas, c'est ce qu'elle a pensé avant de reprendre sa route.

Comme elle aurait dû s'en douter, Hyde Park était presque désert. Quelques oiseaux chantaient cependant, et plusieurs écureuils sortaient leur frimousses des arbres. Le mauvais temps avait fait fuir les londoniens et les touristes, et tous s'étaient probablement réfugiés dans les centres commerciaux jusqu'à ce que le ciel se dégage enfin. Helga n'était pas malheureuse face à se constat, bien au contraire, et s'enfonça dans le parc avec assurance. Il y avait un endroit qu'elle affectionnait plus que les autres. Il se situait un peu plus loin, il fallait marcher un moment avant de l'atteindre. Là-bas, un coin isolé des autres, en forme circulaire ; des bancs y étaient situés en rond, des buissons et des fleurs arboraient les lisières herbacées et la rive du fleuve. La trentenaire aimaient s'y ressourcer et y lire tranquillement. Quelques enfants courraient dans les grandes étendues d'herbes, sous le regard attentif de leur parents. Helga les observait, une lueur de nostalgie dans les yeux. Ils devenaient plus brillants à mesure que les secondes défilaient ; puis elle reprit sa route, l'air de rien.

La brise s'adoucissait, mais peut-être n'était-ce là qu'une impression ; les arbres abritaient la jeune femme du vent. Elle déboutonnait son manteau. Cette balade à pied commençait à lui donner chaud.  Elle arrivait bientôt à destination, et pressait alors inconsciemment le pas. Elle avait hâte de s'assoir,  et de lire le bouquin qu'elle tenait toujours contre sa poitrine. L'histoire avait l'air passionnante ; un récit fantastique, avec de la magie et des histoires de sorcières (c'était bien là les seules folies que la jeune trentenaire s'accordait dans la vie). Il ne devait rester plus que quelques minutes de marche, tout au plus. La femme aux cheveux ébènes ne saurait sans doute l'expliquer, mais lorsqu'elle leva les yeux à ce moment précis pour regarder les alentours, elle fut surprise tandis que son regard se posait sur une silhouette qu'elle ne connaissait que trop bien. Il s'agissait d'Edward, le restaurateur du British Museum, et donc par extension, son collègue de travail. Pouvait-elle ajouter qu'il était également son ami ? Helga n'en était pas certaine. Leur relation n'avait rien d'une amitié, en réalité. Ils se côtoyaient au quotidien sur leur lieu de travail. Les débuts de leur relation n'avaient pas été sans remous, puisque la jeune femme n'était pas de celles qui se laissent approcher facilement ; elle était en quelque sorte comme une créature sauvage, fuyant le contact des inconnus, et peut-être plus particulièrement celui des humains. Mais aussi étrangement que cela puisse-être, Helga avait fini par reconsidérer son collègue ; leurs premiers échanges avaient été froids, mais elle avait su s'adoucir lorsque l'homme châtain lui avait montré qu'il n'était un charognard en quête d'une proie, comme pouvaient l'être certains de leur collègue au musée.

Quant était-il donc de leur relation ? Helga s'interrogeait elle-même sur le sujet. Ils étaient collègues, c'était la seule chose qu'on pouvait dire avec certitude. Maintenant que les choses étaient plus détendues, la trentenaire s'était laissée aller à la rigolade, à la taquinerie. Il lui arrivait même parfois de faire des sous-entendus de choses un peu plus fantasque. Edward était réceptif, ça oui. Pourtant, quelque chose manquait, une pièce au puzzle. Et bien, la femme aux cheveux ébènes n'était pas prête de livrer tous ses secrets, bien loin de là. Et de son côté, le restaurateur était aussi pour le moins évasif. Était-ce une méfiance vis-à-vis de l'autre, un manque de confiance ? Edward avait su prouver à Helga qu'il en était digne, pourtant. Mais ce n'était pas aussi simple, malheureusement. La jeune femme ne s'ouvrait pas facilement aux autres. Seul Ethan avait franchi cette ligne, mais probablement parce qu'au début, elle le considérait tout d'abord comme son psychologue, un professionnel régit par un code. En vérité, elle avait peur ; peur de laisser entrer une nouvelle personne dans sa vie. Elle avait déjà beaucoup perdu, et beaucoup souffert aussi. Edward attendait donc au pied d'une muraille qui au premier abord, semblait infranchissable, derrière laquelle s'était réfugiée la conservatrice. Et peut-être que cela l'avait lassé. Parce que ces derniers jours, il semblait beaucoup plus distant, et moins souriant également. Helga n'était pas dupe, bien loin de là ! Elle reconnaissait le moindre changement d'humeur chez ceux qu'elle avait l'habitude de voir régulièrement. Cela la taraudait, très sincèrement. Elle ne savait pas de quoi il retournait. Elle appréciait Edward, et ne pouvait nier (intérieurement bien évidement) qu'il ne la laissait pas indifférente. Alors ce changement soudain de comportement la dérangeait, voir même l'irritait. Elle voulait savoir. Peut-être avait-il trouvé une petite amie, peut-être n'avait-il jamais été vraiment intéressé, et préférait couper court avant qu'elle ne s'emplisse de trop d'espoir. Mais sur leur lieu de travail, difficile d'avoir une conversation sur le sujet, puisque les murs ont des oreilles.

Ici, dans ce parc, l'occasion semblait alors trop belle pour ne pas la saisir. Helga s'avança en direction d'Edward, qui n'avait pas l'air d'avoir pris connaissance de sa présence. Elle marcha rapidement, jusqu'à opter pour une petite foulée, arrivant finalement à sa hauteur. Elle posa une main sur son épaule, et sourit gracieusement. Elle se contentait d'ignorer le malaise qui pourtant, semblait bien présent entre eux. « Edward ! Je ne pensais pas que je te croiserais ici. Comment vas-tu ? » Demanda-t-elle avec enthousiasme et légèreté. Depuis peu, l'envie lui avait pris de le tutoyer, alors que quelques mois auparavant, elle s'était entichée à dire qu'elle vouvoyait toujours ses collègues de boulot. Il était étrange de le croiser en dehors du musée, mais cela leur permettrait sûrement plus de liberté sur leur discussion. Car même si Helga ne se lassait jamais de parler de l'Egypte ancienne ou de la dernière acquisition grecque par le British Museum, d'autres sujets savaient également la rendre plus soucieuse et embrumer son esprit de doute. Le regard qu'il posait sur elle semblait désintéressé, et son estomac se nouait lourdement face à ce constat. Mais quant était-il réellement ?

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() message posté Dim 17 Juin 2018 - 16:36 par Edward O'Sullivan
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Helga & Edward

   
Edward n'avait jamais été un grand fan de sport. Tout petit déjà, l'enfant qu'il était préférait passer des heures à arpenter les allées du British Museum avec son grand-père dans le but de percer tous les mystères des innombrables œuvres qui s'y trouvaient, quitte à délaisser son groupe d'amis qui enchainait les parties de football ou de basketball dans les parcs de la ville. Bien sûr, cette passion peu commune pour son âge le mettait quelque peu en retrait mais le jeune Edward n'en avait que faire. Se souciant peu du regard des autres, il préférait s'adonner à ce qui le passionnait même si cela impliquait de ne pas rentrer dans le moule des autres enfants de sa classe. Pourtant, en prenant de l'âge le britannique s'était essayé à pratiquer une activité sportive qui se voulait régulière et contre toute attente, il y avait presque prit goût. Si bien que lorsque l'envie lui en prenait, Edward quittait son appartement en petite foulée pour se lancer à l'assaut des rues et des parcs londoniens au cours de footings plus ou moins soutenus, qu'il partageait parfois avec un ou deux amis. Mais avant tout, ces exercices improvisés étaient pour lui un bon moyen de se maintenir en forme, et d'éviter de passer le peu de temps libre qu'il lui restait affalé dans son canapé. Non pas qu'il craigne de devenir l'un de ces horribles personnages s'apparentant à de véritables limaces dès l'arrivée de leurs trente ans, mais le jeune homme aimait tout de même prendre soin de lui. Il n'était clairement pas ce que l'on pouvait appeler un séducteur mais quand bien même, il était toujours agréable de plaire et même s'il n'avait pas pour ambition de se caser dans l'immédiat, Ed ne rechignait pas aux quelques histoires sans lendemain qui se présentaient à lui. Le fait de s'entretenir était important pour lui mais avec le temps, il avait également trouvé dans le sport une manière de décompresser et de faire le vide dans son esprit, chose dont il avait grandement besoin ces derniers temps. Car même s'il était revenu à Londres depuis un bon moment maintenant, ses vieux démons étaient toujours là pour le hanter. A plusieurs reprises, Edward avait craint que les méfaits qu'il avait commis en Italie ne le poursuivent jusqu'ici mais fort heureusement, il n'avait pour l'heure pas encore été inquiété. Si des échos de ses agissement arrivaient jusqu'ici, Edward savait qu'il perdrait certainement son travail ainsi que la confiance d'une multitude de personnes. Et s'il y avait quelque chose à laquelle tenait le jeune homme, c'était bien son travail qui représentait également pour lui une passion. Alors, tous les moyens étaient bon pour chasser ses craintes de son esprit, à commencer par un footing comme celui qu'il avait décidé de faire aujourd'hui.

Le vent fouettait son visage depuis plusieurs dizaines de minutes déjà lorsqu'Edward se dirigea vers Hyde Park. Le jeune homme se plaisait généralement à terminer ses séances dans ce parc où il trouvait le calme nécessaire pour se poser et récupérer un peu avant de rentrer chez lui. Dans ces allées, il croisait aussi de nombreux joggeurs qui, comme lui, profitaient de ce dimanche après-midi pour se dépenser en plein air. Mais s'il y avait une personne qu'il ne s'attendait pas à croiser aujourd'hui, c'était bien sa collègue de travail Helga. Et pourtant, il s'agissait bien de sa main qui venait de se poser sur l'épaule du jeune homme alors qu'il se dirigeait vers un des bancs du parc pour récupérer pendant quelques minutes. Sa main, et sa voix qui l'interpellait et le forçait à faire volte-face pour se retrouver nez-à-nez avec elle. La scène était pour le moins inattendue et Edward dut prendre quelques secondes pour réaliser qu'elle se trouvait bien en face de lui alors qu'ils n'étaient pas au musée. Les deux trentenaires ne s'étaient en effet toujours côtoyés que grâce à leurs boulots respectifs et l'image d'une Helga en balade au beau milieu de Hyde Park avait quelque chose d'inédit. « Hey ! » s'exclama le jeune homme qui, malgré la surprise, était ravi de croiser au hasard celle qui occupait ses pensées depuis des mois sans que personne n'en sache rien. Néanmoins, Ed ne fit pas preuve d'un enthousiasme débordant et resta sur la retenue, comme il le faisait depuis quelques temps maintenant. Si leurs débuts avaient été difficiles et si Edward s'était heurté à un mur un nombre incalculable de fois, la conservatrice avait finit par lui laisser entrevoir une autre facette d'elle-même. Une facette qu'il avait longtemps cherché à découvrir, étant intimement convaincu qu'Helga n'était pas seulement cette femme froide et inaccessible que ses autres collègues décrivaient. Mais depuis qu'il l'avait croisée pour la première fois, Edward avait aussi vu dans ses yeux une lueur qu'il connaissait bien, et qui le portait à croire que la jeune femme cachait au fond d'elle une multitude de secrets. Et c'était bien là le problème. Même s'il avait un temps cru avoir gagné sa confiance, Ed avait vite déchanté en constatant qu'Helga s'efforçait de maintenir une certaine distance entre eux. Malgré les sourires inespérés qu'elle lui offrait, le jeune homme avait le plus grand mal à la percer à jour. Elle soufflait le chaud et le froid et peu à peu, Edward s'était lassé. Même si cette femme le fascinait toujours autant, il s'était quelque peu détaché tant parce qu'il en avait besoin que pour voir quelle réaction Helga pour avoir face à cela. « Je... ça va  Désolé, je ne suis pas présentable !  » répondit-il finalement en faisant référence à sa tenue composée d'un short et d'un débardeur marqué par les traces de sueur que les quelques kilomètres qu'il avait parcouru au pas de course avaient laissé. Ce look peu commun assorti d'une tignasse en bataille devait drastiquement trancher avec les tenues qu'il portait au musée, et dans lesquelles Helga avait l'habitude de le voir mais qu'importe ; Edward n'avait de toute façon pas l'opportunité de se changer dans l'immédiat. « Et toi, tu vas bien ? » s'enquit-il, se délectant de ce tutoiement qu'elle lui avait longtemps refusé mais qu'elle avait fini par adopter, ce qui le différenciait ainsi de la majorité du personnel du British Museum. « Qu'est-ce que tu fais là ? Tu viens souvent ici ?  » poursuivit Edward tout en reprenant son souffle après la course qu'il venait tout juste d'achever.

   
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() message posté Ven 29 Juin 2018 - 20:27 par Helga S. Lindholm

Cette rencontre était pour le moins inattendue, pour ne pas dire, inédite. C'était bien la première fois qu'Helga croisait Edward en dehors de leur terrain commun et quotidien, le British Museum. Et ce n'était pas pour déplaire à la jeune trentenaire. Car outre le fait que ça laisserait champ libre aux collègues de, pourquoi pas, discuter d'autre chose que du travail, Helga eut également tout le plaisir d'observer Edward dans un autre accoutrement que celui qu'elle lui connaissait habituellement. Même s'il ne s'agissait que d'un simple short et un débardeur, c'était pour le moins inattendu. La conservatrice aurait pu se sentir gênée et chercher à tout prix à poser son regard ailleurs, notamment parce que les habits du restaurateur lui collait au corps (elle en déduit par ailleurs assez rapidement qu'il avait fait du sport à en juger par la sueur sur le tissu de son haut). Mais ça serait mal la connaître. Elle n'était pas de celle qui détourne les yeux et dont les joues s'empourpre facilement. Il devait le savoir à présent.

Elle scrutait fixement Edward, sans pour autant l'oppresser. Elle souriait aimablement, alors qu'il s'excusait pour sa tenue. Elle gardait une certaine prestance, mais avait essentiellement de la bienveillance dans le regard. Elle ne le jugeait pas, bien entendu. En fait, elle ne pensait pas qu'Edward serait le genre d'homme à faire du sport un dimanche après-midi. Elle se rendait compte avoir encore bien des choses à apprendre de lui. D'une certaine façon, le travail leur avait permis de faire connaissance, car qu'on se le dise, jamais ils n'auraient pu se rencontrer autrement que comme ceci dans l'immensité qu'était la ville de Londres. Mais c'était aussi ce qui leur mettait des bâtons dans les roues. Déjà d'une part car dès le tout début, Helga s'était méfié du restaurateur, faisant un amalgame entre lui et leurs autres collègues qui lui avait déjà causé du tord plus d'une fois. Et puis, même si le malaise s'était finalement dissipé, il y avait toujours cette barrière entre eux ; il était difficile de construire une relation forte sur un lieu de travail, surtout pour Helga. Elle n'avait jamais fais ça. Elle n'était pas ami avec ses collègues, elle n'avait jamais été proche de l'un d'entre eux. De toute évidence, elle n'avait jamais été aussi loin avec aucune de ses fréquentations de travail qu'avec Edward. Pourtant, elle se rendait compte qu'elle ne le connaissait finalement pas tant que ça. Ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Mais elle ne savait pas comment s'y prendre, sur quel pied danser. Elle laissait parfois le naturel ressortir lorsqu'ils discutaient. la vraie Helga, la sarcastique avec un humour aiguisé, la sensible avec une once de malice. Elle avait déjà fais des sous-entendus plus osés à Edward pour tout dire. Et il y avait répondu positivement par ailleurs. Mais dès lors que la conversation allait hors des sentiers battus, la conservatrice se refermait telle une huitre, et imposait à nouveau de la distance. Le restaurateur devait se sentir au moins aussi perdu avec elle. Peut-être que cela expliquerait cette lassitude qui semblait à présent l'habiter, et dont Helga ne semblait pas s’accoutumer. « Ne t'excuse pas, je me doute que tu ne fais pas du sport dans une chemise et un pantalon cintré. » S'exclama-t-elle, une once d'ironie dans la voix, et un sourire doux aux lèvres. « Ceci dit, cette tenue te va à ravir, tu devrais peut-être songer à venir travailler au musée comme ça un de ces jours. » Malgré les hostilités de ces derniers temps qu'elle avait pu constater entre eux, Helga ne pouvait s'empêcher d'enrailler la machine et de tenter de nouvelles approches.

Elle ne savait pas ce qu'elle voulait avec Edward, mais une chose était sûre ; elle ne souhaitait pas le voir lui filer entre les doigts. Du moins, pas sans qu'elle le décide de son plein gré. Elle était comme ça Helga, elle ne supportait pas l'idée qu'on puisse décider à sa place. Peut-être pouvait-elle aussi se montrer possessive par moment, mais ça faisait bien longtemps qu'elle n'avait plus éprouvé ce genre de sentiments. Et de toute façon, elle ne les écoutait plus. La femme aux cheveux ébènes ne saurait définir ce qui la traversait réellement lorsqu'elle pensait à Edward. Elle n'était pas sûre de vouloir faire entrer une nouvelle personne dans sa vie. Particulièrement un nouvel homme. La conservatrice était marquée par certains évènements de sa vie, elle était indécise. Elle ne savait pas ce qu'elle voulait, et si son cœur le supporterait. Le restaurateur s'était montré docile et plein d'abnégation, et elle en avait conscience. Mais il n'était pourtant pas simple de s'extirper de ses vieux démons. Peut-être que si elle apprenait à mieux le connaître... Car oui, il lui restait cette part de mystère qu'elle n'arrivait pas à percer à jour. Des ombres dans le passé d'Edward qu'elle ne pouvait pas déchiffrer. Il lui semblait plus simple d'examiner une statue d'Egypte Antique et d'en extraire toutes les informations possibles, plutôt que de chercher à élucider le mystère qui planait autour de cet homme. Il savait se montrer bienveillant, patient et attentif, mais qui était-il réellement ? Il ne parlait pratiquement pas de lui. C'était quelque chose qui frappait Helga un peu plus à chaque fois, et qui peut-être, la faisait douter aussi. Car comment accorder sa confiance à une personne, aussi adorable puisse-t-elle être, qu'on ne peut percer à jour ? Il en était peut-être de même pour Edward envers Helga. Et dans ce cas, les deux collègues se retrouvaient dans une boucle sans fin, jusqu'à ce que l'un finisse par faire le premier pas et s'ouvrir à l'autre. Mais un siècle pourrait bien s'écouler avant que cela n'arrive, n'est-ce pas ?

Edward demanda prestement à Helga si elle allait bien à son tour. Elle ne savait pas si c'était sa séance de sport qui l'avait fatigué, ou simplement un vœu de sa part d'être distant avec elle, à moins que ce ne soit que le fruit de son imagination. Le sourire d'Helga disparaissait peu à peu, bien qu'elle ne souhaitait pas non plus paraître austère. Elle réajusta sa sacoche contre elle, toujours son livre entre ses mains. « Ça va aussi, merci. » Elle replaça des mèches rebelles tombant devant ses yeux, derrière ses oreilles délicates. Le vent semblait s'être levé à nouveau, frappant le dos de la conservatrice et faisant virevolter de plus bel ses cheveux d'ébènes. Helga remarqua qu'Edward avait du mal à reprendre son souffle, aussi songea-t-elle qu'il devait tout juste terminer sa séance. Elle se demandait qu'il avait l'habitude de faire du sport dans ce parc, car elle ne l'avait jamais aperçu auparavant. Elle n'était pas toujours en train d'arpenter les chemins terreux du Hyde Park, mais elle y allait tout de même au moins plusieurs fois par semaine. C'était cependant bien la première fois qu'elle le voyait ici. Finalement, comme un écho à ses pensées furtives, Edward demanda à la jeune trentenaire. «  Qu'est-ce que tu fais là ? Tu viens souvent ici ?  » Surprise, mais non pas malheureuse que le restaurateur poursuive la conversation et s'intéresse à elle plutôt que de bafouiller une excuse pour l'esquiver, Helga sourit de plus belle. Elle se dit qu'après tout, l'amabilité valait mieux que l'hostilité. Elle en tirerait peut-être d'avantage partie plutôt qu'en adoptant un comportement qui lui donnerait envie de fuir. Elle fronça légèrement les sourcils puis se reprit rapidement. « Je venais me balader un peu, et lire sur un banc. Je fais souvent ça, j'aime beaucoup cet endroit. » Elle marqua une légère pause, laissant à peine le temps au silence de s'installer. « Et toi ? Je ne pense pas t'avoir déjà croisé ici, mais je n'ai peut-être pas fais attention. Il faut dire que ce parc est tellement grand ! » S'empressa-t-elle d'ajouter, arquant un sourcil et regardant autour d'elle.

Elle continuait d'observer Edward, avec toujours cette impression qu'à la première occasion, il ne s'éterniserait pas et partirait aussi vite qu'il était apparu. C'était peut-être toujours qu'une impression, mais c'est ainsi qu'elle le voyait. Et puisqu'elle n'avait pas la langue dans sa poche, c'est toujours un léger sourire aux lèvres, et d'une voix plus douce (voir même hésitante?) qu'Helga finit par formuler quelques mots de plus. Elle le retenait en quelque sorte entre ses griffes d'harpie, bien qu'elle ne comptait pas pour autant le manger tout cru au dîner. En vérité, elle cherchait juste des réponses à des questions, à ses propres interrogations. « Ça me fait plaisir de te voir là en tout cas, Edward. Je veux dire, pas ici en particulier, même si le lieu est agréable, mais dans le sens où nous ne sommes pas au musée. Enfin, j'aime beaucoup mon travail mais... » Bon sang, depuis quand n'avait-elle pas bafouillé de cette façon ? Qu'est-ce qu'il lui prenait tout à coup, elle qui d'ordinaire avait toujours les mots. Mais là, c'était comme si quelque chose était en jeu. Leur relation, probablement. Elle reprit son souffle et gagna en prestance, se fermant un peu au passage pour gagner d'avantage de sérieux. Elle détestait réagir de cette façon. La belle avait sa fierté, elle se sentait désavantagée, et ça ne lui plaisait pas. Elle fronçait à présent les sourcils. « J'ai l'impression que les choses étaient un peu tendue entre nous ces derniers jours... Je l'ai bien remarqué, ne fais pas l'innocent. Mais c'était plutôt compliqué d'évoquer le sujet au travail. » Elle se risqua finalement à poser une dernière question, prenant le risque qu'Edward se braque, ou parte en courant (après tout, il avait déjà la tenue pour, n'est-ce pas?). Le ton dans sa voix était plus froid, parce qu'elle-même, tout cela la taraudait et la dérangeait. « Nous pourrions peut-être en profiter pour en discuter, si tu es d'accord ? » Sans trop savoir dans quoi elle s'embarquait, la jeune trentenaire lui avait posé la question d'une traite, un air de défi dans ses yeux bleus. En vérité, elle ne lui laissait pas vraiment le choix.

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() message posté Ven 20 Juil 2018 - 14:31 par Edward O'Sullivan
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Helga & Edward

   
Cette journée plus qu'ordinaire que s'apprêtait à passer Edward prenait tout à coup une toute autre tournure. Il avait suffi d'une rencontre fortuite pour que tout bascule mais au fond, le jeune homme ne s'en plaignait pas. Il aurait pu croiser n'importe qui dans ce parc, mais le hasard avait voulu qu'il s'agisse de sa collègue de travail Helga. Etrangement, c'était la première fois que les deux employés du British Museum se retrouvaient ensemble à l'extérieur de leur lieu de travail et cela donnait une saveur toute particulière à cette rencontre. Car quoi qu'ils puissent bien en dire, l'ambiance qui régnait au musée était bien évidemment strictement professionnelle et ne laissait que peu de place aux à-côtés. Et Helga ne faisant pas partie des éléments les plus fêtards de l'équipe du British Museum, il n'était finalement pas si étonnant que cela de ne jamais l'avoir côtoyée à l'extérieur. Et si la situation paraissait singulière à Edward, il en était visiblement de même pour la jeune femme qui ne manqua pas de scruter l'accoutrement dans lequel elle trouvait son interlocuteur. Ne sachant dire si elle était surprise ou simplement amusé, le restaurateur s'excusa pour cette tenue peu conventionnelle qui finit tout de même par susciter l'ironie de la brune. Comme à chaque fois qu'elle lui souriait ou presque, Ed ne put s'empêcher de ressentir une pointe de satisfaction et presque de fierté, lui qui avait tant œuvré pour lui arracher ce précieux sourire au moment de leur première rencontre. Et après d'innombrables tentatives, il avait finalement réussi à obtenir ce précieux sésame que peu de ses collègues avaient pu avoir. Mais bien au-delà de la satisfaction que cela lui procurait, Edward devait bien avouer qu'il observait toujours ce sourire avec une certaine admiration. Helga était une belle femme. C'était un fait, et Edward l'avait remarqué dès l'instant où leurs regards s'étaient croisés. Mais lorsqu'elle lui souriait, le jeune homme sentait parfois ses moyens l'abandonner alors qu'il se laissait bien volontiers séduire même s'il n'en laissait rien paraître. « Je ne suis pas sûr que tout le monde soit de cet avis... » plaisanta finalement le restaurateur alors qu'Helga lui soufflait avec ironie de venir travailler dans cette tenue de temps en temps.    

Mais après les quelques politesses d'usage passées, un bref moment de flottement s'installa entre les deux collègues. Moment auquel Ed s'empressa de mettre un terme en se renseignant sur les raisons de la présence d'Helga à Hyde Park. Car même si elle semblait vouloir mettre un peu de distance entre eux, le jeune homme n'en était pas moins toujours intéressé par la vie et le quotidien de sa collègue. Et lorsqu'elle lui expliqua qu'elle venait souvent se balader et lire dans un coin tranquille du parc, Edward ne fut pas spécialement surpris. Au fond, ces petites habitudes correspondaient bien au personnage d'Helga, ou du moins à l'idée qu'il s'en faisait jusqu'à présent. Car même s'il aurait voulu en savoir plus, la jeune femme gardait cette part de secret qu'il ne parvenait toujours pas à élucider. Tout comme lui, elle ne parlait pas souvent d'elle et elle lui en fit d'ailleurs une nouvelle démonstration en lui retournant la question qu'il venait de lui poser. « Je ne peux pas dire que je suis un grand sportif habitué des lieux, malheureusement... Mais il m'arrive de vouloir prendre les choses en main, et de venir courir un peu le week-end ! » annonça-t-il avec une certaine ironie, en faisant référence à ses capacités et à son allure tellement éloignées des athlètes qui parcouraient Hyde Park quotidiennement. Une nouvelle fois, un bref silence s'immisça dans la conversation, les réponses d'Edward étant pour le moins brèves, et pour cause. Ces derniers temps, Helga avait tellement eu pour habitude de couper court à chacune de ses tentatives que le jeune homme ne savait plus réellement sur quel pied danser, ni comment s'y prendre avec elle. Et contre toute attente, alors qu'Ed s'apprêtait presque à la saluer pour poursuivre sa journée de son côté, la jolie brune reprit la parole en se lançant sur un terrain aussi étrange que glissant. Pour la toute première fois, Edward eut l'immense surprise de se trouver face à une Helga hésitante et balbutiante. Mais pour autant, la teneur de son discours retint toute l'attention du restaurateur qui fronça légèrement les sourcils sans même s'en rendre compte et afficha un petit sourire en coin sans pouvoir s'en empêcher en voyant son interlocutrice perdre ses moyens. Comme il aurait pu s'en douter, ce moment de faiblesse fut de courte durée mais Edward resta tout ouïe, curieux de connaître la suite des évènements. Mais lorsqu'elle évoqua la tension palpable de ces derniers jours, le jeune homme resta interloqué, pas certain de comprendre où elle voulait en venir. Pour lui, il ne faisait aucun doute qu'Helga était elle-même à l'origine de cet éloignement qu'ils opéraient depuis quelques temps. Et s'il était un peu moins réceptif avec elle, c'était avant tout à cause des revers et des déconvenues qu'il avait connus par le passé. Néanmoins, le restaurateur était curieux de savoir ce qu'elle pourrait bien avoir à lui dire à ce sujet, et ce fut donc sans aucune hésitation qu'il accepta sa proposition. « Bien sûr, on peut en discuter si tu veux. »  affirma-t-il en soutenant le regard qu'elle lui adressait, jusqu'à ce que chacun d'entre eux prenne la direction du banc le plus proche. Edward s'y installa donc à ses côtés tout en reprenant son souffle une bonne fois pour toute, conscient que la conversation qui suivrait allait requérir toute sa concentration. Son regard chercha celui d'Helga pour venir s'y ancrer, et chercher une nouvelle fois à démêler les signaux contraires qu'elle lui envoyait. Car une fois de plus, même si sa volonté d'évoquer les tensions qui avaient rythmé les semaines précédentes était louable, le ton froid qu'elle adoptait pour en parler brouillait totalement les pistes. Alors, pour une fois, le jeune homme décida de prendre les devants et de se lancer le premier en soufflant avec une pointe d'amertume : « Pourquoi j'ai l'impression que tu me tiens pour responsable de tout ça ? » Peut-être sa question sonnerait-elle comme un reproche aux oreilles de la jeune femme, mais elle reflétait pourtant à la perfection les interrogations qui tracassaient Edward. Cependant, pour ne pas risquer de la froisser inutilement, il s'empressa de reprendre en développant un peu le fond de sa pensée. « Tu sais, je suis bien conscient de m'être un peu éloigné ces derniers temps... » débuta le jeune homme, tout à coup un peu moins à l'aise qu'à l'accoutumée. « Mais si je l'ai fait, c'est parce que c'est ce que tu voulais... a priori. »


   
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() message posté Mar 31 Juil 2018 - 7:23 par Helga S. Lindholm

Helga continuait de sourire, alors qu'elle écoutait attentivement ce qu'Edward avait à dire. Elle avait toujours son livre contre elle, bien logé entre ses bras et sa poitrine. Il était pratiquement sûr qu'elle n'en lirait pas une seule page cette après-midi, maintenant qu'elle avait de la compagnie. Il y a quelques années encore, Helga aurait sûrement ignoré le restaurateur, faisant mine de ne pas le voir, et continuant sa route jusqu'à ce fameux banc, où quelques minutes auparavant, elle s'était vu poser son postérieur jusqu'à ce que le jour décline à l'horizon. Mais il fallait croire que la restauratrice avait changé, contre tout attente. Elle n'avait pas hésité un seul instant à rejoindre Edward ; il n'y avait pas eu de mouvement de recul, ou même de négation. Elle avait presque couru vers lui, à vrai dire. C'était loin de ce qu'elle avait pu être ces derniers années. Elle avait fait du chemin, grâce à tous ceux qui l'avaient épaulé, ceux qui l'avait aidé à surmonter l'insurmontable. La route était encore longue de l'autre côté, mais la femme aux cheveux d'ébènes était, sans vraiment s'en rendre compte, sur la bonne voie.

Elle avait retourné la question d'Edward, celle portant sur sa fréquentation du grand parc. Le vent foutait une nouvelle fois le dos de la trentenaire, faisant trembler les feuillages alentours. Replaçant une mèche de cheveux derrière ses oreilles, elle pouvait entendre au loin des cris enjoués et des rires d'enfants, mais aussi les cacardes des oies et les nasilles des canards. Cependant, c'était son interlocuteur qui l'intéressait d'avantage à ce moment-là. «  Je ne peux pas dire que je suis un grand sportif habitué des lieux, malheureusement... Mais il m'arrive de vouloir prendre les choses en main, et de venir courir un peu le week-end ! » Helga reconnut bien là le ton ironiquement d'Edward, et un sourire plus large se fraya un chemin sur ses lèvres. Elle n'avait personnellement jamais pensé que son collègue avait besoin de faire du sport. Et puis, qui était-elle pour le juger ? Helga n'avait pas fais de sport depuis au moins l'invention de l'ordinateur portable. Elle avait ça en horreur à vrai dire. Pourtant, son corps svelte laissait plutôt penser qu'elle pratiquait régulièrement de l'exercice. En réalité, si Helga était aussi mince, c'était principalement à cause de sa dépression qui lui avait coupé tout appétit pendant de longues années. «  Ce n'est pas comme si tu en avais réellement besoin, mais j'admire ton courage. » Avait-elle finalement répondu, offrant au restaurateur un compliment dissimulé sous des paroles sincères et un sourire impeccable. Helga cachait à peine le fait qu'elle trouvait son collègue plutôt attirant. Pas particulièrement à ce moment précis, mais en général. Elle n'y avait pas songé dès les premiers instants, mais plutôt à partir du moment où la glace s'était brisée. Edward était charmant, et ce n'était pas la première fois qu'elle flattait son apparence avec ce genre de phrase à double sens. Et il y avait de quoi rendre d'avantage confus son interlocuteur.

Elle n'avait pas envisagé la possibilité de croiser son collègue de travail au Hyde Park lorsqu'elle avait décidé de s'y rendre un peu plus tôt dans la journée. Pourtant il était bien là, devant elle, et elle faisait irrémédiablement la conservation avec lui. L'occasion avait alors été trop belle pour la laisser passer. La conservatrice se connaissait un petit côté impulsif, à parler avant de penser, à agir avant de mesurer la situation, bien que les années lui avaient appris à se contrôler. Elle avait notamment appris à étouffer ses émotions, à ne plus les laisser diriger ses actes. C'était comme ça depuis qu'elle avait tout perdu. La Helga d'avant, la jeune Helga pourrait-on dire, Edward l'aurait sûrement adoré ; pleine de fougue et de jovialité. Mais il demeurait des traces, des fragments de cette vie d'avant. Parce qu'après tout on ne change jamais vraiment, et on ne peut pas repousser l'éternel naturel. C'était peut-être la Helga d'avant qui avait pris la parole, qui avait dit au restaurateur qu'elle souhaitait parler avec lui de cette tension entre eux. Parce qu'au fond, même si son masque de glace était revêtu sur sa peau d'ivoire, les émotions elles, étaient plus difficiles à ignorer que jamais. Les mots avaient filés de ses lèvres sans qu'elle s'en aperçoive vraiment, donnant un bafouillage qui ne lui ressemblait pourtant pas.

Et Edward avait acquiescé, se dirigeant avec elle vers le premier banc venu. Helga ne se sentait pas particulièrement frêle, marchant la tête haute comme toujours, mais plutôt faite comme un rat. Elle s'était elle-même mise dans cette situation, et elle n'avait plus vraiment d'échappatoire maintenant. Au fond, c'était l'occasion ou jamais de mettre à plat les choses, n'est-ce pas ? La conservatrice n'était pas du genre à se dégonfler. Elle s'assit d'un côté du banc, à quelques centimètres d'Edward. Elle posa à côté d'elle son livre pour libérer ses mains. Puis elle ancra à nouveau son regard sur lui, ne sachant pas trop par où commencer, ou cherchant une once de réconfort quelque part aussi. Étrangement, elle avait peur d'être trop directe, comme si quelque chose était en jeu. C'est finalement Edward qui ouvrit le bal, son regard se durcissant à vue d'oeil alors qu'il demandait amèrement pourquoi il sentait qu'elle le tenait responsable des tensions entre eux. La conservatrice fut quelque peu surprise par la froideur avec laquelle il lui avait demandé ça, mais déjà prête à monter sur ses grands chevaux. Le restaurateur ajoutait avec empressement un instant plus tard : «  Tu sais, je suis bien conscient de m'être un peu éloigné ces derniers temps... Mais si je l'ai fait, c'est parce que c'est ce que tu voulais... à priori. » Helga se rendait compte qu'elle avait vu juste. Il est étonnant de voir comment l'instinct nous dirige vers les bonnes conclusions la plupart du temps. Au fond, ne se doutait-elle d'être la responsable de cette distance entre eux ? Qui pourrait y voir clair dans son jeu, qui saurait sur quel pied danser avec elle ? Ses mains, posées sur ses cuisses, se recroquevillèrent doucement, serrant le tissu de son pantalon. Elle fronça les sourcils, puis dirigea son regard vers le lac. Jusqu'ici, elle n'y avait prêté que très peu d'attention. Il était calme et plat comme toujours; on aurait dit un miroir posé à l'horizontal, reflétant le ciel et les nuages. Des oiseaux en tout genre s'y baignaient, et les enfants s'amusaient à leur lancer de la nourriture. Elle finit par baisser les yeux, regardant le sol pierreux. «  Je m'excuse Edward, vraiment. » La voix de la trentenaire était étrangement douce et hésitante. Ce n'était pas tous les jours qu'on entendait Helga s'excuser de son plein gré. Elle leva les yeux pour les planter dans le regard clair et vraisemblablement empli de question de son collègue de travail. «  Ce n'est pas ce que je veux, non. Mais ce n'est pas aussi simple... » Entendre de la bouche d'Edward qu'il n'avait mis de la distance entre eux que parce qu'il avait jugé que c'était ce qu'elle souhaitait, ça lui faisait une sensation étrange. Car même si la conservatrice se doutait qu'elle pouvait être la cause de cette tension, maintenant que c'était dit, ça devenait réel. Peut-être aurait-elle finalement préféré que ce soit pour n'importe quelle autre raison. Car maintenant, les choses devenaient compliquées.

Devait-elle tout lui dire ? Ne serait-il pas plus prudent de se braquer et de partir pour ne pas avoir à s'expliquer ? Mais n'était-ce pas elle qui avait provoqué cette discussion ? Si elle partait maintenant, elle pouvait faire une croix sur Edward, c'était certain. Alors que faire ? Helga prit une longue inspiration. Son sourire d'il y a encore quelques instants avait été balayé par une mine beaucoup plus sérieuse. Son regard était triste, mélancolique, plein de remords inavoué. Et peut-être même que la colère s'était installée elle aussi. Pourquoi les choses ne pouvaient-elles pas être simple pour une fois ? Helga était fatiguée émotionnellement parlant. «  Il s'est passé des choses dans ma vie... des choses graves, et difficiles. » Sa voix tressaillait légèrement tandis que les mots sortaient de sa bouche. Elle ne pouvait rien dire d'autre, pas pour l'instant. Ça serait trop dur sinon. Helga gardait un certain contrôle sur elle-même, elle savait quelle limite ne pas franchir pour ne pas craquer. Elle détestait qu'on ait pitié d'elle. Elle détestait pleurer devant les autres. Elle avait une fierté. Et ce n'était pas le moment pour ça. «  Et depuis j'ai beaucoup plus de mal à m'ouvrir aux autres, à leur faire confiance... » Elle était incertaine de la continuité de son discours, mais se faisait violence pour achever son raisonnement, malgré le regard dur que lui accordait le restaurateur. Elle sentait que son accent nordique se faisait d'avantage entendre alors qu'elle hésitait avec le choix de ses mots. Finalement prise d'une impulsion, peut-être parce qu'elle avait peur que les mots qui allaient sortir soient trop dur, ou simplement pour se donner du courage, elle attrapa doucement l'une des mains d'Edward. «  J'aimerais bien que les choses soient différentes entre nous, tu sais... mais j'ai l'impression de te connaître sans que ce soit vraiment le cas. Et je ne peux résolument pas te faire entrer dans ma vie si je ne sais rien de toi, Edward... » Elle lâcha finalement la main de son interlocuteur lorsqu'elle se tut, prenant une nouvelle grande inspiration. Elle tourna à nouveau son regard vers le lac. «  Mais je ne te blâme pas d'avoir voulu prendre tes distances, parce que tu as raison, tout ça est de ma faute. » Ajouta-t-elle plus froidement, comme si cela la dérangeait d'avouer que c'était bel et bien de sa faute. Son visage se détendit, et la conservatrice finit par sourire tristement, la brise caressant doucement son visage. Quelques rayons du soleil firent leur apparition entre les nuages gris, et Helga se décida à ôter son manteau qui, avec l'apparition du soleil, commençait à lui tenir définitivement trop chaud. À moins que ce ne soit la discussion avec Edward qui commençait à lui donner des sueurs.

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() message posté Jeu 2 Aoû 2018 - 6:02 par Edward O'Sullivan
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Helga & Edward

   
Edward n'avait jamais été du genre à rouler des mécaniques ni même à se la raconter, sauf lorsqu'il s'agissait de plaisanter. Pourtant, comme tout un chacun, il ne rechignait pas à recevoir quelques compliments bien sentis et notamment lorsque ceux-ci sortaient de la bouche d'Helga. Ce n'était pas la première fois qu'elle le gratifiait de ce genre de réflexions à peine masquées, mais il ne manqua pas de relever le compliment sur sa forme physique. Sans pouvoir s'en empêcher, Ed afficha un petit sourire empreint d'une certaine fierté qu'il adressa également à sa voisine, signe qu'il appréciait que ses quelques efforts du week-end puissent payer. Mais cette flatterie déguisée, aussi agréable soit-elle, démontrait une nouvelle fois au jeune homme à quel point sa collègue pouvait être insaisissable. Et comme pour illustrer cette réflexion, Helga enchaina rapidement sur un tout autre sujet en reprenant cette froideur presque habituelle qui dénotait tant avec le ton avenant qu'elle adoptait parfois. La jeune femme était tout bonnement incompréhensible et même si Edward avait toujours été intimement persuadé que cette attitude se justifiait par un lourd passé, il devait bien avouer qu'elle devenait de plus en plus pesante. A tel point qu'il avait prit la décision de s'éloigner d'Helga en songeant que c'était probablement ce qu'elle souhaitait. Pourtant, alors qu'elle le sollicitait pour parler de façon claire et sans détours de cette situation, le jeune homme eut le sentiment qu'elle regrettait cette distance qu'il avait instaurée. Mais une fois de plus, Ed ne pouvait être sûr de rien tant les signaux que sa collègue lui envoyait étaient contradictoires. Alors, il décida de jouer cartes sur table en expliquant la vérité, ce qui sembla sensiblement contrarier son interlocutrice. Le jeune homme put distinctement voir les mains d'Helga se crisper sur le tissu de ses vêtements et alors que son regard azur se détournait de lui, il sembla deviner le trouble qu'il venait de semer dans son esprit. Peut-être avait-il été un peu direct mais après tout, Edward avait besoin de savoir. Il éprouvait la nécessité de connaître le point de vue de la jeune femme et surtout ses désirs. Car quoi qu'il arrive, puisqu'elle avait elle-même provoqué cette discussion, le restaurateur comptait bien en ressortir avec les éléments de réponse qu'il attendait. Pour lui comme pour elle, Edward restait persuadé qu'il serait bien plus sain d'être fixés une bonne fois pour toute.

Après un moment de silence, Helga reprit la parole d'une manière qui laissa son collègue un peu interdit. La voix de la jeune femme avait littéralement changé, s'étant adoucie alors qu'elle présentait des excuses sincères à Edward. Curieusement, il ne s'était pas vraiment attendu à ça, et ce même s'il s'agissait a priori d'une réaction normale pour faire suite à ce qu'il venait de dire. Seulement voilà, Helga n'était pas quelqu'un de "normal", dans le bon sens du terme comme dans le mauvais. Jamais auparavant il ne l'avait entendue s'excuser de la sorte, et tout dans son attitude laissait penser que cela ne faisait clairement pas partie de ses habitudes. Mieux, Helga avoua qu'elle n'avait jamais souhaité qu'il s'éloigne d'elle de la sorte. Mais alors qu'une bribe d'espoir naissait dans l'esprit du restaurateur, les mots de sa voisine vinrent rapidement l'anéantir. Evidemment, les choses n'étaient pas aussi simples... mais Edward n'allait certainement pas se contenter de cette réponse-là. Elle ne pouvait pas le laisser dans l'inconnu sans lui livrer plus de détails mais au moment où le jeune homme s'apprêtait à protester avec une pointe d'agacement, son regard s'attarda un peu sur celui d'Helga. La tristesse qu'il put y entrevoir calma immédiatement ses ardeurs, et le poussa à lui laisser le temps dont elle semblait avoir besoin pour aller plus loin. Et lorsqu'elle en vint aux faits, la fragilité de sa voix prouva à Edward qu'il avait eu raison de ne pas la brusquer. Helga disait avoir vécu des choses graves et difficiles par le passé, ce qui fit baisser les yeux d'un Edward qui souffla sans s'en rendre vraiment compte : « Je sais... » Depuis leur première rencontre, il avait vu dans son regard cette lueur qu'il connaissait par cœur pour l'avoir lue dans les yeux de sa mère des années durant. Cette douleur indescriptible et impossible à masquer complètement qu'il avait su reconnaître, même s'il aurait grandement préféré se tromper sur toute la ligne. Mais en réalisant qu'il venait de dire à voix haute ce qu'il pensait tout bas, le jeune homme se reprit brusquement en justifiant :  « Enfin, j'veux dire... je m'en doutais. Je connais cette attitude. » Il n'avait en effet pas eu à faire des recherches très approfondies sur la vie d'Helga pour deviner qu'elle portait un poids immense sur ses frêles épaules. Et même s'il était conscient que sa maladresse venait certainement d'éveiller quelques soupçons chez la jeune femme, il ne voulait surtout pas l'effrayer. Heureusement pour lui, elle semblait encline à poursuivre son récit et contre toute attente, Helga le gratifia même d'un contact inattendu en se saisissant doucement de sa main, sur laquelle il baissa immédiatement les yeux. Ce spectacle le troubla, et Ed se prit à laisser aller son pouce à une caresse sur cette main frêle avant qu'elle ne lui échappe, un peu trop rapidement à son goût. Lentement, le regard du jeune homme tenta de capter celui d'Helga... en vain puisque cette dernière semblait avoir reporté son attention sur le lac tout proche. Néanmoins, les aveux qu'elle venait de lui fournir le touchaient et lui prouvaient qu'il avait peut-être mal interprété le comportement d'Helga. Malgré les revers qu'il avait subi, les intentions de la jeune femme semblaient aller dans son sens, même si elles étaient encore freiné par des craintes contre lesquelles il ne pouvait pas grand-chose.

Le moment des aveux étant passé, la jeune femme ne tarda pas à reprendre une nouvelle fois une attitude plus froide et plus distante en observant le lac, un peu comme si elle ne pouvait s'empêcher de se réfugier dans son armure après chaque ouverture qu'elle laissait malencontreusement entrevoir. Elle rejetait la faute sur elle, et même si c'était précisément ce qu'Edward avait fait quelques instants plus tôt, il tenta tout de même d'adoucir un peu ses propos en poursuivant : « C'est pas ce que je voulais... pas du tout même. Mais j'ai cru que c'était la meilleure solution. C'était certainement stupide. » avoua-t-il en prenant lui aussi une part de responsabilité dans cette histoire. « Tu l'as dit toi-même, c'est pas évident d'évoquer ce genre de choses au boulot... » Edward haussa légèrement les épaules, en songeant qu'il s'imaginait mal raconter sa vie au beau milieu des couloirs du musée, même si cela impliquait de passer un moment avec Helga. « Mais je ne suis pas contre le fait de t'en apprendre un peu plus sur moi... Moi aussi j'aimerai pouvoir te connaître un peu mieux. » se hasarda-t-il à avouer sans savoir s'il risquait de la voir se refermer comme une huître instantanément ou si elle daignerait poursuivre la conversation. Et comme pour en avoir le cœur net, Ed osa une nouvelle fois dire tout haut le fond de sa pensée : « La question, c'est de savoir si tu es prête à me laisser essayer... Est-ce que... par exemple si je te proposai d'aller boire une verre un soir, ou de dîner avec moi... est-ce que tu accepterais ? » Peut-être était-il trop direct mais après tout, il n'y avait pas une infinité de solutions pour tenter d'y voir plus clair dans leur situation commune. S'ils voulaient apprendre à se connaître ils devraient bien commencer par se fréquenter un peu plus souvent en-dehors du musée, n'en déplaise à Helga. « Qu'est-ce que tu aimerais savoir sur moi ? » questionna finalement Edward avec une pointe de curiosité dans la voix, tout en pivotant légèrement vers sa voisine. Mais sans laisser le temps à Helga de renchérir, il opta pour une réponse toute trouvée qui lui permettrait aussi de rattraper sa maladresse précédente. « Tiens, on peut commencer par là : si je t'ai dit que je connaissais cette attitude toute à l'heure, c'est parce que ma mère avait la même. Elle m'a toujours regardé avec  cette même distance que tu mets entre nous, et... c'est comme ça que j'ai su que tu avais du traverser des épreuves difficiles. Je ne suis pas devin, mais dès l'instant où je t'ai croisée au musée, j'ai reconnu ce... truc, dans tes yeux. Ne me demande pas comment c'est possible, j'en ai pas la moindre idée. »  Au fil de son récit, la voix d'Edward s'était faite plus grave, son regard plus noir, bien loin de l'enthousiasme qu'il avait essayé de mettre dans ses propositions jusqu'à présent. Le fait d'évoquer sa propre histoire, ainsi que celle de sa mère, était un exercice auquel il ne se prêtait pas souvent, pour ainsi dire jamais. Mais cette fois, il comprenait tout l'intérêt et tout l'enjeu d'un tel aveu. Helga avait besoin d'être rassurée et pour cela, il n'avait pas d'autre moyen que de se livrer un peu que ça lui plaise ou non, sans quoi il risquait de la perdre pour de bon.

   
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() message posté Dim 5 Aoû 2018 - 21:49 par Helga S. Lindholm

Elle se sentait vulnérable, Helga. Elle avait dévié son regard vers le lac, elle regardait les rayons du soleil se refléter et scintiller sur l'étendue calme de l'eau. Elle regardait les stands de restauration-rapide en bois vernis sur le bord du bassin, et les gens autour échangeant quelques pièces contre un hot-dog ou un simple sandwich. Et puis, elle avait fini par parler à Edward. Elle avait commencé par s'excuser, c'était un bon point de départ. Elle n'avait jamais voulu semer le trouble dans l'esprit de son collègue. Sa vie ne ressemblait qu'à une succession de bouleversements, alors elle avait perdu le compte du nombre de fois où c'était arrivé. Elle lui avait expliqué que les choses n'étaient pas aussi simples qu'elles pouvaient le laisser paraître. Peut-être que le restaurateur avait cru qu'elle jouait avec lui. Mais c'était loin d'être le cas. Helga avait vécu les dix dernières années de sa vie seule. Elle n'avait que très peu d'amis, et tous savaient à quel point elle pouvait se comporter de manière instable. La conservatrice pouvait avoir des bons jours, des jours où elle souriait, faisait la conversation facilement, se laissait même traîner dans le bar du coin. Et des plus mauvais, des jours où elle broyait du noir, où elle se renfermait sur elle-même et où elle ne voyait plus d'échappatoire. Elle avait vécu la dépression, Helga, et ce n'était pas si loin derrière elle tout ça. Elle n'avait rien trouvé de mieux que de se protéger en revêtant ce masque de glace. Tout le monde la croyait sans cœur parce qu'elle préfèrait laisser paraître cette facette de sa personnalité, plutôt que de laisser entrevoir aux yeux de tous. Ça faisait moins mal. Parce qu'après tout, lorsqu'une cicatrice est encore fraîche, elle est sensible au moindre contact. Mais Helga s'était laissée alors à la confidence pour une fois. Peut-être commençait-elle à baisser la garder trop facilement. Peut-être que les années l'avaient ramollis. Peut-être qu'elle commençait à comprendre qu'elle ne s'en sortirait pas en évitant les autres.

Peu importe la raison, elle lui avait fait un premier aveu. Edward pouvait se sentir fier, car il était probablement le collègue qui en savait le plus sur sa vie à présent. Certes, ce n'était pas grand chose, mais pour la femme aux cheveux d'ébènes, c'était déjà beaucoup. Ces mots étaient éprouvants à dire pour Helga, à chaque fois. Parce qu'avec les mots venaient les souvenirs qui y sont rattachés. Des images qu'elle préférait oublier par moment, juste par lassitude de souffrir, des souvenirs qui la hantait encore aujourd'hui. Et ça, même si plus d'une décennie s'était déjà écoulée entre ces événements et maintenant. Et tandis que son esprit semblait s'emplir à nouveau de cette peine qu'elle tentait si bien de refouler, elle entendit la voix troublée d'Edward transportée par la douce brise. « Je sais...  » Elle releva alors la tête, fronçant les sourcils. Que voulait-il dire exactement ? Helga n'était pas sûre de comprendre. Fort heureusement le restaurateur s'empressa d'ajouter un instant plus tard afin d'éclaircir la situation. « Enfin, j'veux dire... je m'en doutais. Je connais cette attitude.  » La conservatrice ne comprenait toujours pas où il voulait en venir exactement. Avait-il lui même vécu une situation similaire ? Comment pouvait-elle savoir. Elle ne savait rien de lui. C'était bien pour ça qu'il y avait toujours cette étrange méfiance entre eux. Et ce fut le prochain sujet abordé par la trentenaire d'ailleurs. Elle voulait qu'il comprenne qu'elle ne pouvait pas accorder pleinement sa confiance en quelqu'un qui ne faisait pas de même pour elle. Helga n'allait pas se confesser auprès d'une personne dont elle ne connaissait qu'une infime parcelle de sa personnalité, de son histoire. Qui était vraiment Edward ? Où avait-il passé son enfance ? Helga savait qu'il était né à Londres, puisqu'il lui avait dit la première fois qu'ils avaient eu une réelle discussion. Elle savait aussi qu'il avait fait ses études en Italie et qu'il avait travaillé là-bas un certain temps après. Mais dans quelle école avait-il fait ses études pour devenir restaurateur ? Dans quel musée ou quel monument historique avait-il travaillé avant d'arriver au British Museum ? Était-il marié ? Ça probablement pas, du moins, elle l'espérait secrètement. Car sinon, cela voudrait dire qu'elle eut mal déchiffré les signes qui s'étaient présentés à elle. Ou sinon, l'avait-t-il déjà été ? Avait-il la chance d'avoir des enfants ? Même ça, Helga l'ignorait. Edward n'était rien d'autre qu'un collègue un peu plus sympathique, avenant et déterminé que les autres. Ça se résumait à ça. La trentenaire aurait aimé plus, bien évidemment. Qu'ils deviennent amis peut-être, pourquoi pas, dans un premier temps. C'était bien pour ça qu'ils discutaient sur ce banc après tout, n'est-ce pas ? Mais il fallait rester lucide : leur relation ne prenait probablement pas cette direction. Cependant Helga ne s'en rendait pas parfaitement compte pour le moment.

Après ses propres aveux, ce fut à Edward d'en découdre et de prendre la parole. « C'est pas ce que je voulais... pas du tout même. Mais j'ai cru que c'était la meilleure solution. C'était certainement stupide. » Helga se sentait coupable de cette situation, elle avait l'impression de ne semer que le chaos autour d'elle. Elle se mordit la lèvre inférieure, serrant plus fort entre ses poings le fin tissu de son pantalon. Elle osa poser ses yeux dans le regard clair de son interlocuteur. La conservatrice avait perdu l'habitude d'être avenante, d'être simple, de rendre la vie des autres un peu plus agréable. Ses seules relations actuelles se résumaient à Ethan, son psychologue qui avait fini par devenir son ami, et Kenzo qu'elle avait prise sous son aile, et pour qui elle représentait ce qui se rapprochait le plus d'un mentor. Elle n'avait rien, Helga. Sa famille habitait en Finlande, bien trop loin pour qu'elle puisse les voir régulièrement. Elle avait déjà songé à rentrer dans son pays natal, Helga, ne serait-ce que pour avoir un peu plus de présences autour d'elle. Mais son travail comptait beaucoup pour elle. Elle avait trimé pour l'obtenir, elle ne pouvait pas tout abandonner comme ça. Alors elle avait toujours repoussé son départ, et elle en était là aujourd'hui. Edward consentit que leur lieu de travail n'était pas propice à la discussion qu'ils avaient actuellement, et Helga se contenta d’acquiescer. Elle n'en voulait pas une seule seconde à son collègue pour avoir mis des distances entre eux, maintenant que la raison avait été évoqué. En fait, la seule personne pour qui elle éprouvait de la rancune, c'était elle-même. Elle se demandait combien de fois elle avait blessé Edward dans sa fierté avec son comportement aléatoire. Quelle idiote elle faisait. Mais l'heure n'était déjà plus aux reproches, tandis que le restaurateur continuait sur sa lancée. « Mais je ne suis pas contre le fait de t'en apprendre un peu plus sur moi... Moi aussi j'aimerai pouvoir te connaître un peu mieux.  » Les sourcils jusqu'ici légèrement froncés d'Helga se détendirent finalement, laissant place à un air plus serein sur les traits fins de son visage. Un sourire incertain se dessina sur ses lèvres charnues. C'était une chose qu'elle pourrait envisager. Pas maintenant, bien sûr. Mais peut-être qu'avec le temps, elle pourrait lui en dire plus. Son cœur était fragile, à Helga. Elle ne laissait rien paraître, mais les mots d'Edward lui avaient mit du baume au cœur. La conservatrice était satisfaite d'attiser la curiosité de son collègue. Ou plutôt, de toujours l'attiser. Parce qu'elle avait eu peur de ne plus l'intéresser du tout. Elle était bien souvent fière, Helga. Et au fond, même si elle ne l'exprimait que trop mal, ça lui plaisait qu'on s'intéresse un peu à elle, autrement que pour alimenter son image de reine des glaces. « D'accord. » Répondit-elle simplement, en acquiesçant une nouvelle fois. Son expression faciale était plutôt neutre, mais il ne fallait pas en attendre moins d'elle. Helga avait définitivement arrêté de tripoter le tissu de son bas de vêtement, elle semblait plus calme, plus sûre d'elle et concentrée, ne quittant pas des yeux son interlocuteur.

Avec hésitation, Edward s'aventura sur un chemin plus houleux, osant ainsi lui proposer d'aller boire un verre ou de dîner avec lui un soir. Et bien, Helga ne s'attendait pas à un tel revirement de situation. S'il avait fallu qu'elle déclenche cette discussion pour débloquer les choses de manière aussi spectaculaire, elle n'aurait pas poirauté dans l'incertitude pendant des semaines avant de provoquer la dite-discussion. La conservatrice fronça à nouveau les sourcils, laissant un silence planer quelques secondes. Elle semblait plus sérieuse, tandis qu'elle répondait à sa proposition. « Boire un verre, dîner avec toi... Tu veux dire, entre simples collègues de travail, comme des amis ou bien... est-ce que ça serait un rencard ? » Helga le taquinait un peu, mais c'est finalement après s'être tu qu'elle sourit de manière quelque peu espiègle. « J'aimerais beaucoup, vraiment beaucoup ça, Edward. » Son regard et son sourire étaient plus doux. Peut-être même que ses yeux brillaient un peu, et que le rictus sur ses lèvres laissaient apparaître ses dents blanches et régulières plus que de raison. Même si j'ai peur d'être un peu rouillée pour ça maintenant. Elle se contenta de garder cette dernière confidence pour elle. Ce n'était pas le moment de se sous-estimer, après tout.

Edward enquilla rapidement sur un tout autre sujet, prenant la trentenaire quelque peu au dépourvu. Il se confessa sur sa mère, cette pauvre femme qui apparemment avait eu son lot de souffrance elle aussi. Helga se demanda un instant si c'était parce qu'Edward avait deviné qu'elle-même avait beaucoup souffert qu'il s'était intéressé à sa collègue en premier lieu. Mais surtout, elle ne put que compatir intensément aux mots de son collègue de travail. C'était comme si un lien unissait tous ceux qui avaient souffert, parce qu'ils savaient. Et ils ne pouvaient que compatir à la peine des autres de la manière la plus sincère et la plus pure qui soit. Personne ne sait ce que ça fait de tout perdre tant que ça ne lui arrive pas personnellement. Mais la mère du restaurateur n'avait apparemment pas tout perdu, puisque son fils était assis à côté d'Helga, là, bien en vie. Non, elle n'avait pas vécu la même chose qu'elle, c'était certain. Mais si ses yeux avaient la même peine que les siens lorsqu'on croisait son regard, alors forcément, elle avait souffert. Et ça, ça attristait Helga. Cette fois, elle attrapa les deux mains du restaurateur, l'une après l'autre, et elle ne les lâcha pas cette fois, comme elle avait pu le faire quelques instants plus tôt. Elle se contenta au contraire d'en caresser le dos avec ses pouces, comme Edward l'avait fait, et elle sourit d'une manière compatissante, ancrant intensément ses yeux dans les siens. « C'est triste. Autant pour elle, que pour toi qui a du supporter de voir ta mère dans cet état. Je ne souhaiterais ça à personne, pas même à mon pire ennemi... » Helga fit un petite pause, baissant les yeux sur leurs deux mains liées. Elle ne put s'empêcher de remarquer à quel point celles de son interlocuteur était plus chaudes que les siennes. « C'est difficile de se reconstruire quand... et bien, quand on a l'impression d'avoir tout perdu. Ou quand on a véritablement tout perdu. C'est souvent comme ça qu'on en arrive à mettre de la distance avec tout... Parce qu'au fond, rien n'a plus vraiment de saveur quand ce sentiment nous envahit... » La conservatrice s'appuyait sur sa propre expérience pour dire ces quelques mots. Elle prit aussi et inconsciemment l'initiative de parler au nom de la mère d'Edward par la même occasion. Elle savait de quoi elle parlait après tout, et la sincérité dont elle avait fait preuve ne pourrait d'ailleurs tromper personne là-dessus. C'était étrange pour elle de dire ces mots-là à voix haute. Mais elle se rendait compte qu'elle les avait prononcé avec plus de recul qu'elle ne l'aurait imaginé. « Que lui est-il arrivé ? Si ce n'est pas indiscret. » Se surprit-elle à demander ensuite, prise d'une curiosité, mais aussi d'une envie de montrer qu'elle s'intéressait vraiment à la vie d'Edward. Même s'ils n'avaient pas commencé par les sujets les plus joyeux, c'était un début. Et pour Helga, c'était déjà beaucoup.


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() message posté Dim 12 Aoû 2018 - 6:20 par Edward O'Sullivan
Truth carries with it confrontation.
Helga & Edward

   
Pour la première fois depuis qu'il l'avait rencontrée, Edward sentait qu'Helga pouvait se laisser aller à la confidence. Peut-être était-il parvenu à lui prouver qu'elle pouvait lui faire confiance, ne serait-ce qu'un peu, et ce même sis on dernier réflexe avait été de s'éloigner d'elle en pensant bien faire. Peut-être avait-elle aussi besoin de se confier après tout... Elle semblait porter sur ses épaules des secrets et un passé tellement lourds qu'il n'aurait pas été étonnant qu'elle ressente le besoin de se livrer un peu, ne serait-ce que pour tenter de se libérer de ce poids. Même si un simple collègue de travail n'était a priori pas le genre de personne à qui on se livrait en premier lieu, Ed ignorait tout du cercle familial ou amical de la jeune femme. Mais quoi qu'il en soit, le restaurateur accueillait ces confidences une pointe de fierté et surtout beaucoup de bienveillance. Au vu des revers qu'il avait trop souvent subi, et que le reste de ses collègues subissaient encore dès qu'ils la croisaient, Edward se sentait tout à coup un peu privilégié. Helga disait vouloir le connaître un peu mieux et sans hésiter, il décida de lui en donner l'occasion en provoquant un prochain rendez-vous et en observant avec la plus grande des attentions la réaction de sa voisine. Même si elle avait déjà accepté que le fait de mieux se connaître devait aller dans les deux sens, le jeune homme savait bien qu'il faudrait du temps avant qu'il ne parvienne à la cerner totalement. Alors, lorsqu'elle répondit à sa proposition sans se priver de le charrier un peu, il répondit le plus sincèrement du monde : « Ce sera ce que tu veux que ce soit... » Edward ne s'avançait pas trop, considérant que la simple opportunité de passer un peu de temps avec elle en dehors du musée était une chance. Bien évidemment, il ne pouvait nier avoir une préférence pour l'option rencard mais une nouvelle fois, il ne souhaitait pas la brusquer ou l'effrayer en précipitant les choses, au risque de la voir s'enfuir. Mais à sa plus grande surprise, ce fut finalement un sourire qu'il ne lui avait jamais connu par le passé qui vint littéralement éclairer le visage de son interlocutrice qui salua même la proposition avec un enthousiasme auquel Ed ne s'était pas attendu. Ses yeux restèrent d'ailleurs accrochés à ce sourire un peu plus que de raison, avant qu'il ne redescende sur Terre pour en esquisser un à son tour. Troublé, il se contenta alors d'acquiescer le temps de reprendre une certaine contenance, puis de sauter sur l'occasion pour enchainer : « Disons cette semaine alors... Qu'est-ce que tu dirais de demain soir par exemple ? » Le sourire et le regard d'Helga l'avaient fait revenir sur la prudence qu'il affichait quelques instants plus tôt, le poussant à prendre les choses en main puisqu'il semblait avoir la bénédiction de la jeune femme.

Passées ces quelques réjouissances, Edward décida de rentrer directement dans le vif du sujet en expliquant la réaction qu'il avait eue au moment où la jeune femme s'était confiée sur son passé. Il le faisait pour se justifier, mais aussi et surtout pour lui donner ce qu'elle attendait. Helga voulait le connaître et l'histoire chaotique qu'il avait eue avec sa mère, même s'il ne s'agissait pas de l'évènement le plus heureux de sa vie, constituait néanmoins une grande part de lui-même. Aussi triste soit-il, cet épisode restait pour lui le plus marquant et quoi qu'il puisse bien en dire, il le poursuivrait probablement jusqu'à la fin de ses jours. Et à peine eut-il débuté ses explications qu'Helga vint renouer le contact en se saisissant des deux mains du jeune homme pour les caresser avec une douceur qui l'apaisa instantanément. Comme par réflexe, il referma d'ailleurs ses mains sur celles de sa voisine qui étaient glacées, en écoutant ses mots avec attention. Ses mots qui étaient d'une justesse absolue, et qui prouvaient une fois de plus au jeune homme qu'elle avait eu à affronter des épreuves insoutenables. Et face à ce discours qui ressemblait autant à un moyen de le réconforter qu'à un récit de ses propres ressentis, le restaurateur ne put que garder le silence en plongeant son regard dans celui d'Helga. De manière un peu détournée elle se livrait de nouveau à lui, peut-être même sans s'en rendre compte, et cela touchait énormément Edward. Lui qui pensait quelques minutes auparavant qu'elle voulait juste qu'il s'éloigne d'elle, se retrouvait finalement dans une situation totalement différente. Et même si c'était douloureux, même s'il aurait préféré partager des moments plus gais avec elle, cette conversation prenait à ses yeux une valeur inestimable.

Après un temps de silence et de flottement, Helga questionna le restaurateur sur l'histoire de sa mère, qu'il ne tarda pas à lui livrer sans la moindre hésitation. Il avait à présent le sentiment qu'ils se trouvaient tous les deux en confiance, et que la jeune femme manifestait un réel intérêt pour son histoire, pour son passé, et pour ce qui faisait de lui l'homme qu'il était aujourd'hui.  « Le type avec qui elle sortait était une ordure, et quand il a apprit qu'elle était enceinte... il s'est empressé de mettre les voiles.  C'est à ce moment-là qu'elle a tout perdu et qu'elle a lâché prise. Même quand je suis né... rien ne s'est arrangé. Elle n'a jamais été présente, et ce sont mes grands-parents qui m'ont élevé. Elle ne m'a jamais vraiment considéré comme son fils je crois... » expliqua-t-il alors en haussant les épaules avec une certaine forme de détachement, tant il se sentait parfois éloigné de cette femme qui lui avait donné la vie. Toute son affection allait en effet à ses grands-parents, qui s'étaient donné tant de mal pour lui offrir une enfance la plus normale possible, et surtout l'opportunité de faire ce qui lui plaisait. Car s'il pouvait vivre de sa passion aujourd'hui, c'était avant tout grâce à eux. Et plus globalement, tout ce qu'il lui avait été donné de vivre jusqu'ici avait bien plus à voir avec ses grands-parents qu'avec cette mère absente. Et alors qu'il poursuivait son récit toujours sur le même ton, Edward déclara : « Elle est morte pendant que je faisais mes études en Italie, à cause d'une trop grosse dose de médicaments. » de manière peut-être un peu trop abrupte. « Elle n'a jamais été capable de remonter la pente. Elle n'a pas eu la force... j'imagine. » souffla-t-il en guise d'analyse, en songeant qu'Helga, elle, avait été plus forte puisqu'elle était toujours debout. Evidemment, il restait difficile et même impossible de se détacher complètement d'un lourd passé mais malgré cette attitude qui trahissait sa douleur, Helga était toujours là. Et les sourires qu'elle avait pu offrir à Edward étaient là pour lui prouver qu'il y avait de l'espoir, qu'elle pouvait refaire surface et briser l'armure pour enfin vivre. Simplement vivre de nouveau, et si le jeune homme pouvait contribuer à cela il le ferait sans hésiter. Sans pouvoir s'en empêcher, Edward scrutait les yeux de sa voisine pour tenter d'y entrevoir un indice, une ombre de réponse à la question qui lui brûlait les lèvres, plus que jamais : qu'avait-il bien pu lui arriver ? Qu'avait-elle perdu, QUI avait-elle perdu puisqu'il était vraisemblablement question de ça ? Cependant, le restaurateur savait qu'il ne pouvait se permettre d'être aussi direct qu'elle en posant sa question de but en blanc. S'il pouvait parler aussi librement de l'histoire de sa mère, c'était probablement parce qu'il s'en sentait aujourd'hui assez détaché. Mais dans le cas d'Helga, le drame semblait l'avoir touchée plus directement et ses blessures paraissaient si profondes qu'Edward craignait de les raviver trop violemment. « Mais c'est du passé maintenant. Je ne l'oublie pas bien sûr, c'est pas ce que je veux dire, mais... Je préfère me concentrer sur le présent, et sur l'avenir. » Edward avait bien moins de qualités d'analyste qu'Helga et ses paroles pouvaient paraître terriblement banales, comme sorties d'un mauvais film, mais elles retraçaient néanmoins ce qu'il pensait. Et inconsciemment, peut-être aussi le message qu'il souhaitait faire passer à son interlocutrice. Néanmoins, il ne tarda pas à changer de sujet et opta pour quelque chose d'un peu plus léger, bien conscient qu'il devait laisser Helga en venir aux faits quand elle serait prête à le faire. « Tu ne m'as jamais dit d'où tu venais... » enchaina-t-il sans transition, en esquissant un petit sourire rassurant comme pour l'encourager à le suivre sur ce changement de conversation. « J'ai bien essayé de chercher mais cet accent... Je suis incapable de dire d'où il vient. » Car oui, Edward remarquait ce petit accent qui pointait parfois lorsqu'elle s'exprimait, et il ne pouvait d'ailleurs pas nier qu'il le trouvait absolument craquant même s'il arrivait souvent dans des moments d'énervement de la jeune femme.

   
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