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Twin Peaks ( Castiel + Nate + Ali )

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() message posté Lun 9 Juil - 21:55 par Nathanael E. Keynes
« Bulgare. C'est du bulgare. Même si j'avoue que je parle un peu le gaélique écossais aussi. »

Je suis ça de loin, j'écoute d'une oreille distraite, un peu absente en réalité. C'est pas ce qui occupe mes pensées, à cet instant. L'état d'Ali, la signification de son attitude prostrée dans sa salle de bains, et celle des vinyles étalés au sol, bien plus - que je peux pas me résoudre à laisser à terre, aussi aberrant la démarche de les ramasser puisse sembler. Tout ça s'entrechoque dans ma tête, et les questions - outre l'identité de ce type aux traits trop similaires à ceux du pianiste - restent en suspens. L'essentiel est qu'il soit réchauffé, et ça a l'air en bonne voie. Je voulais m'assurer qu'il aille bien, et au moins physiquement, ça a l'air de revenir. Même psychologiquement, à vrai dire, il semble retrouver une part de sérénité. En réalité, je crois que j'ai besoin de me donner une contenance pour beaucoup de choses, et mettre de l'ordre a au moins l'avantage de le faire quelques instants. Trop courts instants, et je me retrouve rapidement assis au fond de ce canapé bien connu, mon propre verre à la main. Et si le blond touche pas à son contenu, se cantonnant à son fameux thé au jasmin, je tarde pas vraiment à tremper les lèvres dans le scotch hors d'âge que je nous ai servis.

« Vous pouvez arrêter de me fixer comme si j'étais un extraterrestre débarquant d'une autre planète ?? Non, parce que c'est assez perturbant en fait. »

Et je me rendais même pas vraiment compte que c'était ce que j'étais en train de faire.

« Pardon. »

Je me retrouve à fixer le liquide ambré qui tourne dans son récipient de cristal, incapable de savoir quoi dire, faire ou même penser à cet instant. Le silence plane, percé seulement du bruit d'étoffe quand Ali se penche pour ramasser un des vinyles empilés sur la table basse et mon regard observe l'enveloppe cartonnée, repère la rareté de l'exemplaire sans trop de peine, puis le geste nerveux de mon amant.

« Les cheveux. J’ai la même couleur de cheveux que toi, en vrai. Je me les teins, c’est tout. Je détestais qu’on me prenne pour Boucle d’or ou un putain de chérubin. On a dû te la sortir pas mal, celle-là, hein ? Chérubin. Et je ne sais pas vraiment parler gaélique. Ma mère m’a toujours empêché de me mêler aux autres gosses, quand j’allais la voir à Aberdeenshire, pour l’été. Je ne sais dire que quelques trucs grossiers. Tu sais « toll-tôine » « gôrach »... Ça m’étonne qu’un touriste sache le parler, faut vraiment aller dans des patelins reculés pour l’entendre. Alors tu es bulgare, c’est ça ? T’es né là-bas ? »

Mon regard est revenu fixer l'alcool tanguant au fond de mon verre, dont le niveau baisse encore après une gorgée supplémentaire. De trop, je suis de trop, définitivement. Je me vois pas me lever et partir, pourtant. Mais je n'ai rien à faire là, c'est indéniable. Cette conversation est entre eux, définitivement, et ma présence incongrue. J'écoute pourtant, enregistre les informations concernant son enfance, mais je la ferme, parce que j'ai rien vraiment à dire sur le sujet. Rien à dire tout court, en vérité.

« Moi, c’est Ali. Enfin… Alastair. Mais appelle-moi juste Ali. »

J'ai relevé la tête, comme il s'est présenté, et posé le regard sur l'inconnu face à moi. Une seconde d'hésitation, et je lève vaguement une main, comme pour accompagner le simple mot qui passe mes lèvres.

« Nate. »

Et je bois encore une gorgée de whisky, en détournant le regard. Je me suis présenté par politesse plus qu'autre chose, sans autre motivation que de pas paraître plus rustre que c'est déjà le cas, mais je suis pas certain que ça soit d'un intérêt primordial, bien au contraire. Je saurais pas dire pourquoi, mais j'ai la sensation diffuse qu'il est train de se jouer un truc important, là, comme si un lien entre eux ne demandait qu'à se créer... Un lien plus fort que ce que je pourrais imaginer, et qui éclipse totalement celui naissant entre Pratt et moi. Un truc qui me met mal à l'aise, et me fout grave la trouille au passage. Et je ferme ma gueule, j'aurais le sentiment d'interrompre un truc capital sinon, sans même comprendre pourquoi cette impression me colle à la peau, et je reste focalisé sur mon verre. J'ai rarement eu autant envie de me terrer dans un trou de souris qu'à cet instant, mais même l'idée de me lever pour changer de pièce me semble inenvisageable, comme si le moindre mouvement de ma part allait perturber davantage encore ce qui est en train de se dérouler...
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() message posté Mer 11 Juil - 18:55 par Castiel Eristoff

Twin Peaks
Ali & Nate & Castiel
Pendant un moment, tu  avais presque oublié que vous étiez trois dans la pièce. Non pas, que tu n'avais aucun intérêt pour Super Man brun, mais là pour le moment la saule chose qui comptait c'était toi et ce quasi sosie de toi. Vous aviez presque les mêmes grains de beauté sur le visage, tu en avais peut-être un peu moins que lui. Ses yeux étaient plus sombres que les tiens, comme s'il avait une part d'ombre plus importante que la tienne. Pourtant, malgré ça, il avait un côté fragile, un côté que tu avais perdu depuis longtemps. Un côté de personnalité que tu avais envie de protéger même si tu ne le connaissais pas. Et puis en voyant la scène qui avait eu lieu sous la douche tu comprenais bien que ce mec avait besoin d'aide dans sa vie. Il avait besoin de quelqu'un qui pouvait veiller sur lui, qui pouvait le protéger et être là quand il en aurait besoin. Heureusement, qu'il avait son ami...copain...enfin bref, heureusement qu'il avait beau goss avec lui. Tu ne sais pas pourquoi mais ce mec te donnais une impression d'empathie énorme, alors que tu connaissais son existence depuis un quart d'heure tout au plus.

Le silence flottait dans l'appartement. Vous étiez assis tous les trois autour de la table basse. Ton double, semblait absorbé dans ses pensées, tandis que super héros, ne le lâchait pas du regard. Ils étaient presque mignons à ce regarder comme ça. Tu te sentais un peu de trop en fait. Tu n'aimais pas trop ce silence pesant alors tu as dis la première chose qui te passais par la tête en voyant l'autre contempler son vinyle. "Moi aussi j'aime la musique. J'ai quelques vinyles aussi, même s'ils n'ont surement pas autant de valeurs que les tiens. Tu émet un petit sourire en coin  qui se veut encourageant. Comment avoir l'air débile en essayant de briser la glace par Castiel Eristoff. Mais bon il fallait bien commencer par quelque chose. Et puis les mots sortirent enfin de la bouche de l'autre jeune homme. Finalement, il avait une voix plutôt calme et apaisante quand il ne faisait pas de bad trip ou qu'il ne hurlait pas. Un sourire amusé prit place sur ton visage, vous aviez même la même couleur de cheveux. C'était vraiment étrange. Tu n'arrivais pas à le voir avec des cheveux châtain clairs, ça ne lui irait pas du tout. "Non...on ne m'a jamais vraiment traité de chérubin non..." Enfin, pas vraiment. Même s'il est vrai que pas mal de personnes qui ont abusé de toi depuis ton enfance disaient souvent que tu ressemblais à un ange. Un ange tombé du ciel pour assouvir leur désirs. Tu déglutis difficilement en repensant à ça. Tu n'aimais pas que l'on te compare à un ange, parce que tu n'en étais pas un, même si tu en avais le prénom. "Il est vrai qu'en te voyant maintenant, tu n'as plus vraiment l'air d'un chérubin, je dirais plutôt un petit diable." Tu te permis de boire un peu de thé, écoutant le jeune homme continuer sa tirade. Et tu ne pu empêcher ton corps de tiquer quand il te parla d'Aberdeen. Tes sourcils se froncèrent sous l’incompréhension. Il était d'Aberdeen lui aussi ?! Ok, non là c'était quand même vachement bizarre : qu'elle était la probabilité pour qu'un mec de pratiquement son âge, avec le même visage que lui soit né dans la même ville que lui. C'était juste impossible. Tu avais basculé dans une dimension parallèle sans t'en rendre compte ça ne pouvait être que ça. Tu te penchais pour poser ta tasse sur la table basse, parce que tu sentais que les événements qui allaient suivre risquaient de changer le cours de la soirée d'une manière que tu ne voulais pas forcément. Tu te rapprochais du bord du canapé, posant tes coudes sur tes genoux, attrapant ton médaillon dans un réflexe de protection. L'autre en profita pour t'apprendre son prénom et prince charmant en fit de même. Alistair...son prénom commençait par un A. Ok, là tu commençais à te sentir vraiment, vraiment bizarre. "Castiel." Tu n'ajouta rien de plus faisant un petit sourire timide aux deux autres. Tu avais envie de leur dire tellement de choses à ce moment précis mais tu ne savais pas quoi...ni vraiment comment ou pourquoi. Un raclement de gorge plus tard tu te lançais finalement, espérant ne pas passer pour un fou après ta tirade. "Je suis d'origine bulgare, mais j'ai toujours vécu au Royaume-Unis. C'est ma mère qui est d'origine bulgare et c'est ses conquêtes qui parlaient gaélique quand ils avaient un peu trop forcé sur la boisson. Du coup, je connais que des mots pas très sympathiques et plutôt vulgaires. Mais c'est bien pratique parfois." Tu marquais une pause. Il fallait que tu parles d'Aberdeen, mais tu ne savais pas comment l'aborder et tu avais un peu peur de la réaction qui allait suivre. Tu pris une profonde respiration avant de finalement te lancer. "Hum...je veux surtout pas te faire flipper ou quoi, hein. Mais...je suis né et j'ai grandis à Aberdeen...jusqu'à mes seize ans. Aberdeen en Ecosse." Tu levais les yeux jusqu'à ton homologue, essayant de voir sa réaction à travers ses yeux. Un silence encore plus lourd que tout à l'heure régnait sur la pièce. Tu sentais les regards sur toi encore plus présent que tout à l'heure.
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() message posté Mer 11 Juil - 22:19 par Alastair H. Pratt
À la mention des vinyles, son regard se replongea sur ses disques étalés sur le plancher verni de l’appartement. Les précieux singles des Beatles côtoyaient maintenant Led Zeppelin, Pink Floyd et Bob Dylan. Un 78 tours d’Edith Piaf des années 40 avait été isolé sur le fauteuil et ses précieux Jacques Brel s’empilaient tristement les uns sur les autres avec tous les autres. Ils n’avaient pas de valeur, ceux-là. Du moins… pas pour un collectionneur anglais. Tu as quelques vieilleries et des jouets inutiles dont tu pourrais te défaire à bon prix, fils… Alistair les regarda avec la gorge serrée. Il sentit les larmes lui picoter les yeux, comme une fillette. Ses disques. C’étaient ses disques. La musique qui le faisait vibrer au diapason avec l’artiste, dès que l’aiguille du vieux tourne-disque se mettait à danser sur leur surface.

« On s’en fout de la valeur monétaire. On s’en fout. Ce qui est important, c’est ce qu’ils nous font ressentir. Mais ça… si tu aime la musique… bas besoin de te le dire, hein? Qui n’aime pas la musique? Tu en joues, aussi ou tu ne fais que l’écouter? »

Il lança un regard à Nate et se racla la gorge. Il prit une gorgée de scotch et se leva, en trainant son édredon avec lui en ramassant un ou deux autres vinyles que Nate n’avait pas eu le temps de ramasser sans doute. Il en tendit un simplement à l’étranger, avec un sourire en coin.

« Castiel, hein? Putain, tu parles, toi, d’un nom. Quoique en Bulgarie… Je sais rien, de la Bulgarie. Comme… attends… C’était quoi? La série… un ange déchu, l’ange de… Oh, je sais plus. Tiens, Chérubin. Stairway to Heavens. Tu dois sûrement déjà l’avoir. Mais si tu ne l’as pas, il est à toi. »

Il se tourna vers son amant, avec un regard triste, en lui frôlant la main et tenta de lui sourire également.

« Tu prends ce que tu veux, tu sais, hein? Il faut … que je fasse un peu de ménage, de toute façon… »

Il retourna s’assoir et but le restant de son verre d’un trait, avant de s’en resservir un autre, faisant fi du jugement de tout le monde autour de lui il lança un regard à son reflet et l’écouta distraitement parler des origines de sa propre mère slave et de ses Jules… jusqu’à ce que l’autre évoque la ville où il était né.

Non, où ils étaient nés.

Pourquoi n’avait-il pas remarqué avant les R qui roulait et les Ô qui s’allongeait sous la voix tranquille de l’autre, résidu subtil d’un accent que le pianiste imitait presque à merveille, à force de l’avoir cotoyé durant les étés de son adolescence?

Le verre en suspens, Alistair blêmit. L’autre, Castiel, avait porté instinctivement la main à son cou et tortillait nerveusement un pendentif. La lettre A. La putain de lettre A. L’impression d’être revenu dans une zone d’ombre entre la réalité et la psychose le reprit à la gorge, comme si l’autre avait tenté de l’étrangler avec sa chaîne. Il regarda Nate, ahuri, recherchant désespérément une confirmation que tout ce qui se passait n’était pas le fruit de son imagination noire et ténébreuse. Est-ce que Nate voyait ce type aussi? Est-ce qu’il entendait les même choses que lui? Puis revint vers son reflet, plus pâle que jamais.

« Si tu ne voulais pas me faire flipper… C’est… c’est raté, vieux… complètement raté. Mais qu’est-ce que tu fous avec la première lettre de mon prénom autour du cou? »


Il se releva à nouveau, plus chancelant que jamais et enjamba les vinyles épars pour se précipiter vers son bureau, dans la bibliothèque. Il ouvrit frénétiquement les tiroirs du secrétaire un à un avant dans sortir un carton noir qu’il laissa tomber sans ménagement sur la table basse entre eux trois. La bouteille de scotch faillit se renverser sur le luxueux tapis persan, à leurs pieds. Mais c’était bien le dernier souci du jeune homme.

De vieilles photos de lui quand il était môme et que sa mère n’avait pas daigné ramener avec elle à Aberdeen. Des reçus de scolarité. Son diplôme du lycée, son diplôme de BAC. Des compte-rendu de la fois où on avait du l’hospitaliser pour une appendicite. Et son certificat de naissance. Il le prit les mains tremblantes pour l’examiner. Il n’y avait jamais porté d’attention. Ce n’avait jamais été davantage qu’un simple bout de papier, comme un autre… Là figurait ses multiples prénoms qui prenaient presque toute la largeur, le nom de son père qui en faisait autant. Le nom de sa mère, Dolores Eileen Mc Kay. La date, l'heure de sa venue au monde, la signature du médecin et...

« Je… Je ne comprends pas. Je… suis né à Aberdeen. À la Aberdeen Maternity Hospital. Putain, toutes mes gouvernantes n’arrêtait pas de jacasser là-dessus. Sur ma naissance, le temps déguelasse qu’il faisait dehors, pour un mois de mai, le manque d’équipement... Ma mère… ma mère tenait à accoucher auprès de sa famille. Et là… là ça dit que je suis né à Londres. »

Il laissa tomber le document sur la table avant de s’affaler sur le canapé. Il prit en tremblant son verre et le revida à nouveau. Il secoua la tête.

« Mon père… mon père gardait les papiers importants dans son cabinet… et l’ancien a cramé il y a neuf ans, dans un incendie. Il a dû tout faire refaire… Il a dû se tromper... pauvre Vieux con...»

Il n'arrivait plus à réfléchir. Plus du tout. Il se tourna vers son amant une fois de plus.

« Tu... tu y comprends quelque chose, toi? »
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() message posté Jeu 12 Juil - 0:44 par Nathanael E. Keynes
« Moi aussi j'aime la musique. J'ai quelques vinyles aussi, même s'ils n'ont surement pas autant de valeurs que les tiens.
- On s’en fout de la valeur monétaire. On s’en fout. Ce qui est important, c’est ce qu’ils nous font ressentir. Mais ça… si tu aime la musique… bas besoin de te le dire, hein ? Qui n’aime pas la musique ? Tu en joues, aussi ou tu ne fais que l’écouter ? »


En d'autres circonstances, la question m'aurait interpellé, j'aurais renchéri, fait vivre la conversation. Mais trop de questions me traversent l'esprit pour que je parvienne à faire autrement, à cet instant, qu'écouter et siroter mon verre. J'extrapole, tente de faire des liens entre tout ce qui se dit, et pour l'instant, je n'arrive à aucune réponse probante. Mon verre, en revanche, arrive en fin de vie, tandis que l'autre renchérit sur le potentiel surnom qu'on aurait pu lui donner.

« Non...on ne m'a jamais vraiment traité de chérubin non... »

J'ai du mal à imaginer Ali en blond. J'ai du mal à les imaginer l'un comme l'autre en petits anges. Ca n'a pas grande importance, cela dit, et même si je ne peux que songer que l'impression de l'autre est plutôt juste, je garde le silence, les laissant faire connaissance, me demandant à nouveau si je ne ferais pas mieux de les laisser en paix.

« Il est vrai qu'en te voyant maintenant, tu n'as plus vraiment l'air d'un chérubin, je dirais plutôt un petit diable. »

Un pâle sourire étire mes lèvres comme je visualise les sourires d'Ali qui correspondent parfaitement à cette expression. Un vrai petit diable... Je suis sûr que ses parents et les personnes qui se sont occupé de lui petit pourraient que confirmer la description. A peu près comme on le faisait pour moi simplement parce que je ne tenais jamais en place.

« Castiel.
- Castiel, hein? Putain, tu parles, toi, d’un nom. Quoique en Bulgarie… Je sais rien, de la Bulgarie. Comme… attends… C’était quoi? La série… un ange déchu, l’ange de… Oh, je sais plus. Tiens, Chérubin. Stairway to Heavens. Tu dois sûrement déjà l’avoir. Mais si tu ne l’as pas, il est à toi. »


Je bugue. Je fronce les sourcils, tandis que mon regard passe du vinyle à Castiel donc, et de Castiel au vinyle. Les doigts d'Ali frôlent les miens, et si l'envie de nouer nos mains m'effleure un instant, ses mots coupent court à tout élan en ce sens.

« Tu prends ce que tu veux, tu sais, hein? Il faut … que je fasse un peu de ménage, de toute façon…
- Tu plaisa... »


Je finis même pas ma phrase, pince les lèvres et détourne le regard, comme ce qu'il vient de proposer jette un autre jour sur la situation, sur les mots qu'il a prononcés un peu plus tôt dans la salle de bains et enflamment un peu plus la haine que je peux ressentir pour sa famille. Evidemment qu'il ne plaisante pas. Pas comme ça. Pas sur ce sujet-là. J'ai pas le fin mot de l'histoire, bien loin de là, mais je suis au moins certain d'une chose : il en serait pas à se débarrasser de sa si précieuse collection sans leurs menaces et ça me rend complètement dingue.

« Je suis d'origine bulgare, mais j'ai toujours vécu au Royaume-Uni. C'est ma mère qui est d'origine bulgare et c'est ses conquêtes qui parlaient gaélique quand ils avaient un peu trop forcé sur la boisson. Du coup, je connais que des mots pas très sympathiques et plutôt vulgaires. Mais c'est bien pratique parfois... Hum... je veux surtout pas te faire flipper ou quoi, hein. Mais...je suis né et j'ai grandis à Aberdeen...jusqu'à mes seize ans. Aberdeen en Ecosse. »

Flipper. C'est ce mot qui m'incite à quitter le meuble en face du regard pour revenir le poser sur Ali, et je crois bien que je l'ai jamais vu aussi exsangue qu'à cet instant. Mes prunelles glissent vers Castiel qui se raccroche encore et toujours au A qui pend à son cou, dans l'incompréhension la plus totale... Et la crainte d'entrevoir de possibles explications aussi ahurissantes qu'inacceptables.

Les yeux clairs d'Ali cherchent les miens, et je tends une main pour serrer la sienne comme si ça pouvait apporter le moindre réconfort.  

« Si tu ne voulais pas me faire flipper… C’est… c’est raté, vieux… complètement raté. Mais qu’est-ce que tu fous avec la première lettre de mon prénom autour du cou ? »

L'instant d'après Ali s'est relevé d'un bond, mais je le sens vacillant comme il enjambe les vinyles pour gagner le bureau de l'autre côté, ouvrant des tiroirs avant de ramener vers nous ce carton dans lequel il se met à fouiller. J'ai hésité à me lever à mon tour, mais sa fébrilité, la tension qui règne encore un cran au-dessus dans la pièce m'en empêche, et je suis pas loin de paniquer quand j'identifie le document qu'il sort, les doigts tremblant. Son certificat de naissance. Le document qui confirme que les soupçons qui se forment dans mon esprit n'existent pas que dans ma caboche, et je serais prêt à parier qu'on est trois, à cet instant, à envisager un secret les impliquant tous deux et leurs familles respectives.

« Je… Je ne comprends pas. Je… suis né à Aberdeen. À la Aberdeen Maternity Hospital. Putain, toutes mes gouvernantes n’arrêtait pas de jacasser là-dessus. Sur ma naissance, le temps dégueulasse qu’il faisait dehors, pour un mois de mai, le manque d’équipement... Ma mère… ma mère tenait à accoucher auprès de sa famille. Et là… là ça dit que je suis né à Londres. »

Il a abandonné le document officiel sur la table basse, vidé à nouveau son verre, et secoue la tête tandis que je m'empare du feuillet, le parcours des yeux, mettant clairement à l'usage ma mémoire généralement assez peu défaillante.

« Mon père… mon père gardait les papiers importants dans son cabinet… et l’ancien a cramé il y a neuf ans, dans un incendie. Il a dû tout faire refaire… Il a dû se tromper... pauvre Vieux con...»

Si seulement ça pouvait n'être qu'une erreur, qu'une simple erreur de paperasserie ! Mais le doute est loin de s'évanouir de mon esprit, bien au contraire, et quand le pianiste se tourne à nouveau vers moi, c'est un regard désolé qui croise le sien avant que je ne reporte mon attention sur le blond.

« Tu... tu y comprends quelque chose, toi ? »

J'hésite une seconde, conscient que la question que je m'apprête à poser risque seulement d'embraser nos imaginations respectives, mais je ne peux simplement pas en rester là.

« Castiel... Tu veux bien nous donner ta date de naissance s'il te plaît ? »

J'appréhende la réponse autant que j'imagine d'ores et déjà la connaître, et l'angoisse doit s'entendre dans ma voix. Le 22 mai 1993. C'est ce qu'il va répondre, j'en mettrais ma main à couper. Je ne sais pas - là non plus - ce que ça peut vouloir signifier exactement, mais j'en ai la certitude, aussi aberrante ma conviction peut-elle sembler. Et si découvrir il y a trois ans que j'avais une petite soeur était déjà assez perturbant pour moi, je ne vais même pas essayer d'imaginer ce que ça peut-être s'il s'agit bel et bien de découvrir un jumeau dont on ignorait tout jusque-là...
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() message posté Sam 14 Juil - 22:00 par Castiel Eristoff

Twin Peaks
Ali & Nate & Castiel
C'est dingue, vous étiez semblable physiquement, mais apparemment vous aviez aussi les mêmes goûts. La musique vous rapprochait. Tu te voyais bien discuter de vos groupes devant un café ou devant un verre. C'est quelque chose qui pourrait être sympa. Il faudrait que tu lui en parle à l'occasion, mais là il y avait d'autres choses à discuter. Tu haussais les épaules, te passant une main timide dans les cheveux. "J'aime en écouter, mais j'en joue aussi. J'ai commencé à l'âge de sept ans. Je joue du piano, du saxophone, de la trompette, du violon, de la guitare et de la flûte traversière. Mais ce que je préfère c'est le violon." Pendant que tu répondais tu remarqua le regard que lançait Alistair à Nate. C'était vraiment mignon de les voir faire, comme s'ils étaient attirés comme des aimants et ne pouvaient pas se retenir trop longtemps. Tu les enviais vraiment tous les deux, tu aimerais avoir quelqu'un comme ça dans ta vie. Tu espérais le rencontrer, même si tu te disais que ça risquait de prendre encore du temps. Tu en étais là de tes réflexions quand Alistair te sortie de tes pensées. Te tendant l'un de ces vinyles. Tu regardes le jeune homme en face de toi, puis le disque, puis de nouveau le jeune homme. Tu hésite un instant. "Euh...je c'est super gentil, mais c'est le tien...et puis on ne se connait pas vraiment, enfin je veux dire...tu dois y tenir énormément, t'es sûr de toi ?? Je voudrais pas que tu le regrette plus tard." Tu vois Nate le regarder d'un air choqué lui aussi. Preuve que ça ne doit pas être dans ses habitudes de faire ce genre de choses. Du coup tu hésites encore plus à le prendre, ne voulant pas que le jeune homme le regrette par la suite, même si évidemment tu lui rendrais s'il le re-voulait.

Et puis arriva le moment où vous avez compris que vous étiez nés dans la même ville. La coïncidence était vraiment trop grande. Comment cela était possible ? Aberdeen était une grande ville certes, mais deux personnes aussi semblable qu'eux, quelqu'un les aurait forcément confondu un jour ou l'autre. Cela te perturbais vraiment beaucoup. Alistair semblait ne pas être sûr de ce qu'il se passait vraiment. En même temps tu n'en étais pas très sûr non plus. Tout se mélangeait dans ta tête, mais tu ne savais pas trop se qui était vrai ou non. Tu baissais alors ton regard sur ton pendentif, tu étais tellement à l'avoir que par moment tu oubliais presque que tu le portais autours du cou. Tu le lâchais alors, comme si tu avais l'impression qu'il ne fallait pas faire ça. "Azrael. Le prénom de mon frère." C'était étrange de parler de lui à quelqu'un. Très peu de monde connaissait l'existence de ton jumeau. Elly, Nemo, Hideo...bref, ils se comptaient sur les doigts d'une main. Et là tu en parlais à un parfait inconnu. Peut-être le fait que tu avais l'impression d'être devant un miroir, du coup tu te sentais plus en confiance. AListair se leva alors, allant chercher une boîte où il commença à fouiller. Une espèce de boîte à souvenirs. Tu avais envie de jeter un coup d’œil, étant curieux de nature, mais tu te dis que se n'était peut-être pas le bon moment, apparemment, il cherchait son acte de naissance, marmonnant à propos de sa naissance à Aberdeen, alors qu'il était noté Londres sur son acte de naissance. Tu attrapais la feuille qu'il tenait pour vérifier ses dires, non pas qu'il doutait d'Alistair, mais il voulait voir ça de ses propres yeux. Effectivement, il était bien écrit qu'il était né à Londres. Tu fronçais les sourcils avant de lever les yeux vers le brun. "Comment tu peux te tromper sur le lieu de naissance de ton fils unique ? Je sais pas c'est un truc dont tu te rappel toute ta vie non ?" Tu n'étais pas très sûr non plus parce que tu n'avais pas vraiment eu un parfait exemple de parent, donc tu ne pouvais pas vraiment juger le père de ton homologue. Et puis soudain, la voix de Nate s'éleva dans la pièce, te posant une question qui te fis encore plus froncer les sourcils. Ta date de naissance ? Qu'est-ce que cela venait faire dans l'histoire ? Tu haussais les épaules, répondant à la question le plus naturellement du monde. "22 mai 1993 à 23h11." Tu avais précisé l'heure sans vraiment y penser, tu le faisais tout le temps à cause d'Azrael qui était né après toi et mort tout aussi vite. Et là, tu remarqua la tête des deux autres. La peau encore plus blanche et translucide d'Alistair et les regard mi-étonné mi-inquiet de Nate. Ok. Pourquoi ils faisaient cette tête là, tu avais dis un truc qu'il fallait pas. Tu allais leur poser la question quand tes yeux atterrir sur une autre ligne du certificat de naissance du jeune brun. Sa date de naissance. 22 mai 1993. Et surtout son heure de naissance. 23h27. Non. Non. Non ! Tes doigts lâchèrent le morceau de papier qui tomba au ralentis jusqu'au sol à tes pieds. Tu releva la tête, regardant tour à tour les deux jeunes hommes. Non, impossible. Impossible ! Tu sentais ton souffle qui commençait à se saccader et tes mains qui tremblaient toutes seules. Ta vu devenait trouble, sans que tu sache si c'était des larmes ou non. Ta tête te tournait, tu avais envie de vomir mais tu étais incapable de faire le moindre pas. Tu essayais de parler mais aucun son ne sortait de ta bouche. C'était une blague. Une putain de mauvaise blague n'est-ce pas ?! "Moyat bog ne. Ne, ne e vŭzmozhno, prosto ne e vŭzmozhno."* C'était les seuls mots qui sortaient de ta bouche, tu étais incapable de te contrôler, tremblant de partout et essayant de ne pas perdre totalement le contrôle.
14/07/18
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*"Mon dieu non. Non, c'est pas possible, c'est juste pas possible."
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() message posté Dim 15 Juil - 9:29 par Alastair H. Pratt
« Un Pratt assume toujours les conséquences de ses actes. »

Alistair avait répété les mêmes mots qu’on lui avait assénés, encore et encore, tout au long de sa vie. Des mots foutrement vides, à bien y penser. Comme le reste. Comme le mariage de ses parents, qui ne devaient plus baiser ensemble depuis vingt-cinq ans et qui vivaient chacun aux deux extrémités du Royaume-Uni depuis bientôt treize ans. Comme les catins que son grand-père ramenait, dans cet appartement, à l’insu de tout le monde. Comme lui, sans doute, lorsque Lundi prochain, il se retrouverait à chialer comme un morveux devant tout ce qu’il aurait perdu, tout seul dans le salon minuscule de Max.

Mais il avait passé sa vie à fuir.
Il assumerait les conséquences de ses actes. Il l’avait promis à Wilde.
Et se l’était promit à lui-même.

Un disque… Putain un disque ne serait rien à côté de la déchéance qui l’attendait. La rue, le vide… La mort, éventuellement. Il sourit tristement, la main tendant toujours le 33 tours en signe d’offrande à son reflet.

« Prends-le. Maintenant, c’est le tien. Si je te dis que je te le donne, je te le donne, okay? Et puis, t’es pas un étranger. Même le portier que je croise à tous les jours t’as pris pour moi, quand vous êtes entrés.»

Il posa le disque sur la table basse et fit les cents pas comme un fantôme dans l’immense living-room pour s’arrêter devant son clavier et écouter avec admiration Castiel lui énumérer les instruments qu’il maîtrisait.

« Fuck… Du violon… de la guitare… Tu ne peux pas savoir à quel point je t’envie… »

Il leva la tête vers son amant et lui refit un autre soupire peiné.

« À quel point, je vous envie, tous les deux… On m’a interdit de toucher à un instrument de musique jusqu’à mes quinze ans. J’ai jamais trop su pourquoi. Et encore, il a fallu que… »

Il secoua la tête. Il n’aimait pas se rappeler de cet épisode. L’ennui. Le vide qui avait faillit l’emporter pour de bon. L’auto-mutilation. L’herbe. La drogue plus dure. La tentative de suicide en mélangeant des valiums et de l’alcool. L’hopital et l’absence de sa mère à son chevet. Les putains de psychologues qui ne comprenaient pas pourquoi il se sentait à ce point comme un étranger et incomplet. Ses errances, dans Londres, qui l’avait conduites jusqu’à cette boutique de disque et son vieux piano désaccordé. Son père avait finit par plier pour quelques leçons pour l’été, en pensant que cette lubie finirait par lui passer, comme les autres. Il caressa les touches de son clavier et vint sagement se rassoir à sa place.

« Je ne sais jouer que du piano. Mais c’est toute ma vie… Toute ma vie. Je… je suis pianiste dans un petit groupe rock. On joue sur quelques scènes du quartier. J’espère… c’est con mais j’espère qu’un jour, on sera vraiment connu, tu vois.»

Il se passa la main dans les cheveux et laissa le fil de la conversation s’éteindre. Puis Aberdeen frôla aussi les lèvres de l’autre et l’angoisse remonta de toute part. Le carton sur la table basse et son contenu bourré d’erreurs et de mensonges n’arrangeait rien. Rien du tout.

16 minutes. Il avait 16 minutes de différence avec un fils d’immigrant qu’il n’avait jamais vu de sa sainte vie et qui avait les mêmes traits que lui. Qui était né au même putain d’endroit que lui. Castiel. Castiel et Azrael.

Sa mère avait 46 ans au moment de sa naissance. Elle avait fait deux fausses couches des années et des années avant qu’il ne vienne au monde. Il était un petit miraculé. On le lui avait dit des centaines et des centaines de fois.
Non. Sa mère n’aurait pas avoir de jumeaux.

Azrael. Mais où avait-il entendu ça, hein? Où? Mais quels cinglés donnaient des noms pareils à leurs mômes? Alistair eut le vertige et eut le sentiment de perdre complètement pied.

Il sortit frénétiquement une photo de la boîte qu’il fit glisser vers Nate. 14 mai 1993. Sa mère, Dolores, enceinte de lui jusqu’aux yeux, les chevilles complètement enflées, l’air malade et fatiguée, malgré toutes les couches de maquillage. Son père, Harold, qui regardait l’objectif avec un air faussement jovial.

Un petit miraculé.
Pourquoi…Pourquoi n’avait-il pas vu ça avant?


« Ton frère Azrael… Qui… qui est Azrael? »

Le pianiste espérait presque que l’autre lui raconte que c’était son défunt petit frère de dix ans, mort noyé dans un ruisseau. Presque. Mais au fin fond de lui, il se doutait pas mal de la réponse. L’autre ne répondait plus et s’était enfermé dans son monde. Un monde dont il n’apercevait que quelques notes stridentes de panique. Les larmes s’étaient mises à couler sur ses joues et Castiel baragouinait des choses complètement incompréhensibles.

Il était un Pratt. Il était un Pratt. Il était un Pratt. Il était…

Il se souvenait encore de la première fois où cet enfant imaginaire était apparu, dans les sermons horribles de son père. Il devait avoir quatre ans et il avait fait une crise de larmes monumentale en pleine réception pour quelque chose dont il ne se souvenait même plus. Du gâteau ou l’heure d’aller au lit. Et son père s’était assis sur le bord de son lit pour lui parler de cet enfant imaginaire avec son œil au beurre noir et sa vilaine mère imaginaire qui lui criait dessus. Les coups de ceinture. Est-ce que le petit Harold aurait aimé recevoir des coups de ceinture lui? Est-ce qu’il aurait voulu faire des choses sales à de vilains messieurs? Non? Alors, il fallait aller au lit. Et sans pleurer. Cet enfant continuait encore de le hanter. Il revenait, surnoisement, à chaque rebellion, chaque erreur, chaque faux-pas.

Est-ce qu’on lui avait fait le même coup, à Castiel?

Des choses sales à de vilains messieurs. Il se passa la main sur la joue, là où la griffure le brûlait toujours.

Alistair ferma les yeux un moment et il n’eut que les halètements et les sanglots. Quelque chose ne tournait pas rond. C’était tout ce à quoi Alistair était capable de penser. Le reste s’entrechoquait dans son esprit et s’infiltrait entre la réalité et les fables cauchemardesques de son enfance. Quelque chose ne tournait fucking pas rond.

Il se leva, s’empara de la bouteille et but de longues gorgées, comme s’il était seul dans son living-room. Puis, il s’approcha de son reflet et lui mit doucement une main sur l’épaule, l’espace d’un très bref instant avant de la retirer pour lui laisser son espace et lui tendit le reste de la bouteille de scotch, avec compassion.

« Et si… si tu me racontais ton histoire, hein? Et si… on reprenait depuis le début? Je vais me servir une tasse de ton putain de thé au jasmin»

Il tourna le regard implorant vers Keynes.

« Nate… Nate, il va nous aider à démêler tout ça. »
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() message posté Lun 16 Juil - 9:30 par Nathanael E. Keynes
« Un Pratt assume toujours les conséquences de ses actes. Prends-le. Maintenant, c’est le tien. Si je te dis que je te le donne, je te le donne, okay ? Et puis, t’es pas un étranger. Même le portier que je croise à tous les jours t’as pris pour moi, quand vous êtes entrés.
- Euh... je c'est super gentil, mais c'est le tien... et puis on ne se connait pas vraiment, enfin je veux dire... tu dois y tenir énormément, t'es sûr de toi ?? Je voudrais pas que tu le regrettes plus tard. »


Regretter. Tu parles oui ! Je garde tout ça dans un coin de ma tête, parce que je sais bien que je ne peux rien faire pour le moment, mais il est juste hors de question que je laisse ça indéfiniment sous silence, c'est un fait. Je me prononce pas non plus sur cette phrase, qui sonne comme une litanie entendue des milliers de fois, apprise par coeur presque à son insu, et qui me donne envie de vomir. La musique. Parlons de musique, ouais, ça au moins c'est un sujet qui nous est agréable, n'est-ce pas ?

« J'aime en écouter, mais j'en joue aussi. J'ai commencé à l'âge de sept ans. Je joue du piano, du saxophone, de la trompette, du violon, de la guitare et de la flûte traversière. Mais ce que je préfère c'est le violon.
- Fuck… Du violon… de la guitare… Tu ne peux pas savoir à quel point je t’envie… »


Les similitudes entre eux deux ne s'arrêtent donc pas à leurs apparences physiques si proches. J'entends Castiel énumérer les instruments qu'il maîtrise avec un intérêt certain, autant pour ce que ça révèle de leurs points communs que parce qu'il s'agit purement et simplement d'un musicien aguerri et que dans n'importe quelle situation, ça aurait attiré mon attention. Je vois cependant l'air triste de mon amant, alors que son geste, tendant un de ses précieux vinyles à son miroir ne risquait pas de passer inaperçu. On ne se connaît pas depuis très longtemps, lui et moi, pourtant je crois qu'on se comprend terriblement bien sur bien des points, et celui-là ne fait pas exception. Je sais comme il aurait aimé pouvoir toucher à d'autres instruments, comme on a bridé sa musique en espérant qu'il l'oublie, je sais aussi à quel point cette collection lui tient à coeur, et qu'il s'en sépare ainsi n'est pas anodin, bien loin de là. La surprise se lit sur mon visage autant que sur celui du blond face à nous, mais sans doute pour des raisons un peu différentes.

« À quel point, je vous envie, tous les deux… On m’a interdit de toucher à un instrument de musique jusqu’à mes quinze ans. J’ai jamais trop su pourquoi. Et encore, il a fallu que… »

La phrase reste en suspens, et ça non plus, ça ne me plaît pas. Je peux m'imaginer douze mille fins à cette assertion mais aucune n'est engageante, et toutes confirment un passé que je sais déjà bien assez triste - je connais nos familles.

« Je ne sais jouer que du piano. Mais c’est toute ma vie… Toute ma vie. Je… je suis pianiste dans un petit groupe rock. On joue sur quelques scènes du quartier. J’espère… c’est con mais j’espère qu’un jour, on sera vraiment connu, tu vois. »

Non Ali, c'est pas con. C'est loin de l'être, parce qu'on a tous besoin de rêve, d'espoir... Et ça l'est encore moins parce que vous avez vraiment le potentiel pour, Untitled et toi. Et bordel, c'est tout le mal que je vous souhaite ! Mais pour l'heure, c'est un autre point qu'on ne laisse pas sous silence, et la ville de leur naissance est un autre sujet hautement sensible. Je prends du bout des doigts la photo que le pianiste me tend, montrant clairement l'état maladif de sa mère, une semaine avant sa naissance... Une semaine avant... Est-ce qu'elle est seulement réellement arrivée jusqu'au terme de cette grossesse manifestement difficile ?

« Azrael. Le prénom de mon frère.
- Ton frère Azrael… Qui… qui est Azrael? »


Ce type a un frère. Un frère dont il porte l'initiale autour du cou et qu'il touche comme un talisman dès qu'il est contrarié. On parie combien que c'était un jumeau et qu'il n'est plus de ce monde ? Merde. Merde, merde, merde, merde, merde, merde, MERDE ! Dites-moi que je me plante, que je me fais des films odieux, qu'il faut que j'arrête d'imaginer les pires scénarios...

« Comment tu peux te tromper sur le lieu de naissance de ton fils unique ? Je sais pas c'est un truc dont tu te rappelles toute ta vie non ? »

Sans commentaire. Je suis pas si certain que mon père se souviendrait de ça si ça avait pas été dans la ville où on a toujours vécu. Mais tout de même. Tout de même, là, c'est trop gros. Trop mal ficelé à mon sens. Et peut-être que c'est une déformation de mon passif journalistique, d'avoir trop entendu les collègues d'investigation et suivi leurs intuitions avec le plus grand intérêt... Peut-être... Ou peut-être que c'est le même genre d'intuition, justement...

« 22 mai 1993 à 23h11. »

Mais merde quoi ! Quelle probabilité peut-il y avoir pour que deux personnes aussi semblables qu'eux soient nés dans la même ville, le même jour, à un quart d'heure d'écart, hein ? Et si un instant, nos visages surpris laissent Castiel perplexe, au moment où ses yeux se posent sur l'heure et la date de naissance d'Ali, son trouble devient presque palpable, appesantissant l'atmosphère de la pièce. Il panique, je le vois, je le sens, et c'est pas forcément beaucoup mieux à côté de moi. Et moi à vrai dire, je n'en mène pas beaucoup plus large.

« Moyat bog ne. Ne, ne e vŭzmozhno, prosto ne e vŭzmozhno. »

Des larmes coulent et j'ai bien du mal à retenir les miennes, j'ai pas vraiment besoin de comprendre les mots prononcés pour en saisir la substance, le contexte et le ton de voix suffisant plus que largement à la compréhension. La bouteille de whisky s'échappe, je sirote la fin de mon verre, regrette qu'il ne soit pas davantage rempli à cet instant, mais laisse les deux sosies en vider le contenu.

« Et si… si tu me racontais ton histoire, hein ? Et si… on reprenait depuis le début ? Je vais me servir une tasse de ton putain de thé au jasmin. »

Le regard d'Ali cherche le mien, et je le lui rends autant que je peux, m'efforçant d'apporter un soutien silencieux à mon amant. Jusqu'à ces mots.

« Nate… Nate, il va nous aider à démêler tout ça.
- You bet I will. »


La question ne se pose même pas, pas même une fraction de seconde. Je peux pas rester sur autant d'incertitudes, c'est pas dans ma nature de fouine, absolument pas. Et puis je peux pas juste les laisser, tous les deux, dans cet état-là sans réagir. A vrai dire, dès que mes soupçons ont commencé à se former, j'avais déjà dans l'idée de me rapprocher de mes anciens collègue. Et je sais parfaitement vers qui me tourner en premier lieu...

« Tu aurais de quoi noter ?... »

J'ai une très bonne mémoire, je le sais, et je pourrai sans doute reprendre en note la majorité de notre conversation a posteriori, mais je sais aussi que je suis légèrement perturbé par tout ça, et donc moins concentré que d'ordinaire... En tout état de cause, j'ai bien l'intention d'apporter un dossier déjà bien renseigné à Eli...
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() message posté Ven 20 Juil - 21:44 par Castiel Eristoff

Twin Peaks
Ali & Nate & Castiel
L'autre insistait pour te donner son disque alors tu finis par le prendre du bout des doigts comme si c'était la chose la plus précieuse qu'on t'ai jamais donné. En même temps c'était peut-être le cas. Tu te jurais de prendre soins de se disque pour que son ancien propriétaire ne le regrette pas. Un sourire se dessina sur ton visage pendant que tu remerciais le jeune homme en face de toi. Tu posais ensuite le précieux disque sur la table basse afin de ne pas l'abîmer.
Et puis vous vous êtes mis à parler musique et là se fut comme si Alistair se transformait. Son regard avait changer, tu voyais ses yeux s'illuminer au fur et à mesure que tu énumérais les instruments dont tu jouais. On aurait dit un enfant, tu trouvais ça mignon. "Je pourrais t'apprendre si tu veux. Et puis un de ces jours on devrait se faire une cession." Tu lui lançais un sourire éclatant. Toi aussi quand on te parlait de musique tu devenais un enfant. La musique c'était ta passion, ta raison de vivre. Sans la musique tu serais mort depuis longtemps. C'est elle qui t'as permis de tenir dans les moments les plus sombre de ta vie. Alors de voir qu'AListair ressentait la même chose que toi par rapport à ça te rendais vraiment très heureux. Contrairement au jeune homme tu ne souhaitais pas devenir célèbre avec ta musique, c'était ta passion, mais tu ne voulais pas en faire un métier. Tu voulais rester un simple anonyme, être dans l'ombre, celui qui s'occupe de ce qu'on ne voit pas. Celui derrière la caméra, celui en coulisse, celui qui fait les montages, etc...peut-être que vous pourriez faire équipe dans le futur : Alistair en rock star et toi à gérer ses tournées. L'idée te plaisait bien, il faudrait que tu lui en parle un de ses jours, mais là c'était pas le moment clairement.

Et puis la conversation que tu redoutais tant finis par arriver. Les choses étaient confuses, étranges, tu avais l'impression que tu vivais une scène qui n'appartenait pas à ton histoire. Comment, lui et toi pouviez être si semblable et aussi étranger à la fois. Tu te serais cru dans un mauvais film dramatique, au moment où le héro apprend un secret énorme sur sa famille. Tu jetais un coup d’œil à la photo qu'Alistair montrait à Nate. En tout cas, une chose était sûr c'est qu'il ne s'agissait pas de ta mère. Non, rien à voir. Tu ne savais pas trop si cela devait te rassurer ou non d'ailleurs. Et puis la question sur Azrael arriva. Tu savais qu'il faudrait en parler à un moment ou à un autre, mais tu ne savais pas trop quoi dire. Tu n'aimais pas parler de ton jumeau aux autres, encore moins quand tu ne les connaissais pas. Tu attrapais alors ton collier pour te donner du courage, parce que là il t'en fallait une sacré dose de courage. "Azrael. Mon jumeau. Il est né après moi et il est mort quatre minutes plus tard. Ma mère l'a appelé ainsi car Azrael est l'ange de la Mort. Moi, mon prénom est celui de l'ange des larmes et de la solitude...le résumé de ma vie quoi." Tu émis un sourire ironique en pensait à ça. Ta mère avait bien trouvé ton prénom finalement, tu avais passé ta vie seule et à pleurer. Parfois, tu enviais presque ce jumeau qui n'avait pas eu le temps de connaître tout ça. Tu aurais presque aimé être à sa place. Et puis, après ça, tu t'enfermais dans ton monde. Te mettant à parler bulgare sans t'en rendre compte, ne sachant même pas trop toi même se que tu disais. Tu pensais à tellement de chose que tu ne savais plus ce qui était vrai et faux. Et puis, soudain une main sur ton épaule te sorti de tes pensées. Tu posais tes yeux sur la dite main, celle d'Alistair et tu remontais les yeux jusqu'à lui. Tu ne tremblais pas. Tu ne ressentais aucun dégoût. Comment cela était il possible ?? Même avec Elly et Hideo qui était les deux personnes que tu aimais le plus au monde tu ne pouvais t'empêcher de frissonner quand ils te touchaient. Il t'avait fallut des mois pour accepter qu'Hideo ne pose une main sur ton épaule. Et là...Alistair te touchais et ça ne te faisais rien. Pourquoi ? Pourquoi ton corps ne te disais rien comme aux autres ? Décidément quelque chose était étrange. Tu étais encore en train de réfléchir à ça, quand le jeune homme te tira de tes pensées pour te dire qu'il avait besoin d'un thé, tu hochais la tête, toi aussi il t'en fallait encore. Tu allais dans la cuisine, pendant que tu entendais, l'autre jeune homme te demander de lui raconter ton histoire. Apparemment, lui aussi voulait comprendre. Tu reviens t'asseoir, posant une tasse devant toi et une devant ton double. Nate avait prit de quoi noté. Tu ne sais pas trop à quoi cela allait servir, mais il avait peut-être raison,mieux valait noter tout ça au cas où. Tu pris une grande inspiration pour te donner du courage, jouant avec ton pendentif comme tu le faisais toujours en cas de stress. "Ok, alors...Ma mère Ivanka est arrivée en Ecosse à l'âge de douze ans avec sa famille. Elle a été mise à la porte, pour une raison que je ne connais pas à l'âge de seize ans. L'année d'après, le 22 mai, elle nous a mis au monde moi et mon frère. Je ne sais pas qui est mon père, elle ne m'en a jamais parlé. Comme je te l'ai dis Azrael est mort quatre minutes après sa naissance. Et c'est là que ma vie est devenu un enfer..." Ta voix se brisa légèrement. Tu n'aimais pas parler de ça, mais il le fallait si tu voulais savoir la vérité,alors tu pris une gorgée de thé avant de reprendre. "Ma mère m'a toujours rabaissé, me traitant de monstre car c'était de ma faute si mon jumeau était mort. Elle ne m'a jamais frappé, mais les mots font aussi mal que les coups. Et puis...il y avait ses copains. Ma mère n'a jamais eu de véritable homme dans sa vie, ils allaient et venaient, certains étaient un peu plus sympathiques que d'autres. Disons que certains, ne me faisait pas autant de mal que d'autres." Tu te raclais la gorge. Parler de ça faisait remonter des souvenirs que tu n'aimais pas du tout. Tu te mordais la lèvre pour ne pas craquer avant de continuer ton histoire. "A douze ans un juge à décidé que c'était mieux pour moi d'aller en foyer. En même temps il devait en avoir marre de me voir devant lui depuis mes huit ans." Tu relevais alors les yeux,les deux autres ne te quittais pas du regard, te rendant un peu mal à l'aise. Tu décidais de faire une pause dans ton récit pour laisser le temps à Nate de noter ce qu'il voulait noter et pour laisser le temps à Alistair de diriger les informations que tu lui avais donné.
20/07/18
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() message posté Dim 22 Juil - 21:04 par Alastair H. Pratt
S’imaginer en train de jouer du violon et de la guitare sous la tutelle patiente de son semblable. Alistair arrivait même à visualiser celui-ci lui replacer le coude, le poignet ou lui toucher les mains pour améliorer son doigté. Il arrivait à imaginer les doigts de cet étranger sur les siens sans avoir envie de le repousser Il se voyait bien, tous les trois, jammer sur la petite scène du Lucky Star. Peut-être pourrait-il demander à Baby Boy, Erwan et John d’ajouter un peu de violon dans leurs morceaux? La tête qu’ils feraient en voyant leur nouveau violoniste…

Mais ces images sereines et fugaces avaient fait place à une histoire bien plus glauque. Celle d’un enfant mort-né et  de celui qui lui avait survécu.

Castiel et Azrael. Deux êtres qui n’avaient fait qu’un au moment de la conception. Deux êtres qui avaient partagé les mêmes sensations en sourdine, les mêmes mouvements, côte à côte dans l’intimité la plus pure pendant neuf mois.  

Neuf mois. Alistair avait-il seulement eu une relation intime aussi longue, dans sa vie? Non, bien sûr que non. Il posa le regard vers Nate qui fouillait dans ses effets scolaires dans le bureau, à la recherche d’un stylo et de papier. Il l’avait recherché, cette putain d’intimité. Corps et âme, toute sa vie. Il l’avait fuit aussi, avec terreur. Cette terreur d’être abandonné et de ressentir cet immense vide que l’autre peinait toujours à remplir. Les psys de son adolescence disaient qu’il ne comprenait pas les limites de l’intimité. Qu’il la recherchait là où il ne devait pas en avoir et repoussait ceux qui importait vraiment. Comme son père, par exemple.

Il dévisagea à nouveau Castiel, les yeux aggrandis. Toute sa vie, il avait presque – presque! – souhaité avoir eu un grand frère. Ce Harold Gerald Alexander III que sa mère mentionnait parfois du bout des lèvres avant d’éclater en sanglots, lorsqu’elle avait trop bu. Une fausse couche. Un type avec une stature de joueur de football, comme son père, qui lui aurait détruit la tronche à coup d’oreiller, dans des soirées pyjamas improvisées. Qui l’aurait défendu au lycée, lorsque tout le monde le traitait de pédé parce qu’il jouait du piano. Un homme qui aurait accueilli toutes les responsabilités du cabinet avec honneur pendant qu’Alistair faisait comme tous les petits frères du monde : perdre son temps avec grâce. Mais non.
Il était fils unique.

Et là, se tenait un étranger qui avait le même visage que lui et était né un quart d’heure avant lui. Un quart d’heure.

D’un côté, une fille-mère de 17 ans, sans famille, sans ressources, abandonnée comme un déchet, à elle-même et à la vie dans son ventre, par un pauvre imbécile qui ne voulait pas que son plaisir soit gâché par un préservatif, sans doute. Était-elle seulement consciente qu’elle aurait des jumeaux, la pauvre conne, avant de faire le choix de garder le bébé et de ne pas avorter, dans l’espoir que son Prince Charmant revienne et veuille prendre ses responsabilités? Et là, dans cet hôpital perdu, elle se retrouvait soudainement avec une bouche de plus à nourrir que prévu.

De l’autre, des vieillards fortunés qui n’arrivait pas vraiment à concevoir depuis vingt ans, qui avait désespérément besoin d’un héritier et qui avait besoin que ça soit discret.

L’équation lui brulait les neurones et s’imprégnait en lui au fer rouge. Il n’était pas un Pratt. Il n’était rien. Rien qu’un enfant anonyme, dont on ne voulait pas, cédé à des étrangers.
The unplanned one.

Mais même avec cette logique implacable, quelque chose clochait. Ses parents tenaient à leur putain de lignée de sang bleu comme si leurs vies en dépendaient. Sa mère… surtout sa mère, détestait tous ce qui ne provenait pas de sa famille. Il se rappelait soudain d’une conversation qu’il avait entendu, une fois, sur ces stars qui adoptent à l’international; Madonna, Angelina Jolie… Le mépris que sa mère avait exprimé sans gêne alors aurait hérissé n’importe qui et donné une crise cardiaque à n’importe quel travailleur social réglementaire à toute adoption ou bénévole humanitaire. Mais on ne sait pas ce qu’ils vont devenir, avec leurs tares et leurs gênes! Mais qui voudrait réellerment d’un enfant qui finira, de toute façon, comme ses parents?

Il prit la tasse chaude qu’on lui mettait entre ses mains glacées comme une marionnette et se brûla la langue sur le liquide parfumé encore un peu trop chaud. Le thé lui réchauffa la gorge mais l’angoisse ne partait pas. Il posa la tasse sur la table basse et se leva pour attraper son zippo et son étui à cigarettes. Ses mains tremblaient encore. Il dut s’y prendre à trois fois avant de pouvoir s’allumer une clope.

Castiel n’avait fait qu’utiliser des expressions neutres. Mais Alistair avait ressenti pire, bien pire entre les lignes. Il sentait les larmes lui monter aux yeux. Azrael, l’ange de la Mort. On l’avait nommé en l’honneur de l’Ange de la Mort. Quelle ironie! Mais quelle putain d’ironie!

Et Castiel, l’ange de la Solitude. Les insultes, les coups des Jules de passage, la délinquance… et quoi d’autre, hein?

Tu aimerais faire des choses sales à de vilains messieurs?
Ça aurait pu être toi, Harry.


Ça aurait pu être toi.

Quelque chose ne collait pas. Il finit par exhaler une large bouffée de fumée qu’il balaya nerveusement, pour ne pas incommoder son amant et son sosie et se tourna vers la fenêtre pour y poser le front et cacher ses tremblements.

« Ça… ça colle pas, ton truc, Chérubin… TA vieille… TA vieille est complètement folle. Complètement folle. Mais qui accuse un môme d’être responsable de la mort de son frère alors qu’on a clairement signé des papiers d’adoption, hein? Parce que les travailleurs sociaux, il ne lui aurait pas qu’enlevé seulement qu’un gosse, tu vois. Je le sais, MON père joue au golf à chaque été avec Mcpherson, le putain de juge de la cour des mineurs de la section des Highlands. Elle a signé des fucking papiers et a simplement donné un bébé et pas l’autre. À moins que tu vois d’autres explications? Non mais c’est quoi ce trip de culpabilité à la con? TA mère a choisi à pile ou face de qui elle allait se débarrasser et c’est tout. C’est tout. Pile ou Face, je te dis. Pile, celui de gauche, face, celui de droite. Mais qui t’as dit que ton putain de jumeau était mort-né, hein? Qui? »

Il ferma les yeux et se râcla la gorge.

« Je… je suis désolé... Castiel, je… Je sais plus où j’en suis…  »
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() message posté Ven 27 Juil - 8:27 par Nathanael E. Keynes
« Je pourrais t'apprendre si tu veux. Et puis un de ces jours on devrait se faire une session. »

La musique aussi. C'est pas que leurs traits qui sont identiques, ils ont aussi cet amour-là en eux, et l'image évoquée par Castiel me fait sourire. Dès qu'il est question de jouer, leurs deux regards s'illuminent tellement ! Je les comprends parfaitement, parce qu'il y a le même éclat dans le mien. Et une fois de plus, je me sens de trop. Etranger à cette espèce de communion incompréhensible, presque instinctive, qui semble s'opérer entre eux. Je bouge pas pour autant, mais mon malaise sans doute déjà assez palpable n'est pas près de s'amoindrir vu le récit que s'apprête à nous livrer le blond.

« Azrael. Mon jumeau. Il est né après moi et il est mort quatre minutes plus tard. Ma mère l'a appelé ainsi car Azrael est l'ange de la Mort. Moi, mon prénom est celui de l'ange des larmes et de la solitude... le résumé de ma vie quoi. »

L'ange de la mort et l'ange des larmes. Mais bordel, elle a quoi comme grain ta mère, mec ? Parce que mes prénoms aussi sont bibliques et qu'un jour j'ai cherché à savoir d'où ils sortaient, mais "Don de Dieu" et "Dieu avec nous" c'est autrement plus sympathique que les nom qu'elle leur a refilé à ses mômes. Autant dire qu'elle était pas vraiment partie pour les aimer quoi...

Ali tente d'apporter son soutien à un Castiel en panique, et j'ai beau savoir ce que c'est d'être paniqué - foutez-moi dans un ascenseur, ça va être rigolo dans dix secondes - je sais plus comment agir. Parce que lui, je le connais pas, et que je crains que le moindre geste n'envenime les choses. La main sur son épaule a le don, au moins, de l'apaiser une seconde, et je jurerais presque qu'il en est le premier surpris.

Un putain de thé au jasmin en main, le blond a commencé à se livrer, finalement, en serrant mécaniquement ce pendentif autour de son cou. Ce qu'il reste de son frère.

« Ok, alors...Ma mère Ivanka est arrivée en Ecosse à l'âge de douze ans avec sa famille. Elle a été mise à la porte, pour une raison que je ne connais pas à l'âge de seize ans. L'année d'après, le 22 mai, elle nous a mis au monde moi et mon frère. Je ne sais pas qui est mon père, elle ne m'en a jamais parlé. Comme je te l'ai dis Azrael est mort quatre minutes après sa naissance. Et c'est là que ma vie est devenu un enfer... Ma mère m'a toujours rabaissé, me traitant de monstre car c'était de ma faute si mon jumeau était mort. Elle ne m'a jamais frappé, mais les mots font aussi mal que les coups. Et puis...il y avait ses copains. Ma mère n'a jamais eu de véritable homme dans sa vie, ils allaient et venaient, certains étaient un peu plus sympathiques que d'autres. Disons que certains, ne me faisait pas autant de mal que d'autres. »

Je sens mon coeur se serrer à l'évocation de la violence verbale dont il a pu être la victime, d'abord, comprenant assez bien comme les mots peuvent faire aussi mal que les coups. Mais le reste est pire encore, et si je continue à prendre des notes, j'ai la gorge nouée à l'entendre parler. Putain prends ton temps, mec, et te force pas trop non plus, parce que je sens bien que je vais pas aimer ce que tu vas continuer à dire et je veux même pas imaginer ce que c'est que de le vivre.

« A douze ans un juge à décidé que c'était mieux pour moi d'aller en foyer. En même temps il devait en avoir marre de me voir devant lui depuis mes huit ans. »

Je hoche sobrement la tête. Je sais pas comment ça se passe en foyer, mais de ce que sous-entend son discours, ça pouvait difficilement être pire qu'avec sa mère. Bordel, entre ses huit et ses douze ans... Comment on peut faire du mal à un môme de cet âge-là ? Ca me rend malade. Et je vois bien les mains tremblantes d'Ali, je vois comme il galère à allumer sa clope, je tends ma propre flamme de ce zippo à l'emblème de la marque de clope de mon meilleur ami que je chéris depuis plus de dix ans maintenant pour l'aider, et j'hésite à l'imiter... Mais c'est comme si mon corps refusait de bouger de ce putain de canapé maintenant que je suis calé avec mes notes et ce crayon, de peur de ne plus y avoir de place à l'avenir, sans doute.

« Ça… ça colle pas, ton truc, Chérubin… TA vieille… TA vieille est complètement folle. Complètement folle. Mais qui accuse un môme d’être responsable de la mort de son frère alors qu’on a clairement signé des papiers d’adoption, hein? Parce que les travailleurs sociaux, ils ne lui auraient pas qu’enlevé seulement qu’un gosse, tu vois. Je le sais, MON père joue au golf à chaque été avec McPherson, le putain de juge de la cour des mineurs de la section des Highlands. Elle a signé des fucking papiers et a simplement donné un bébé et pas l’autre. À moins que tu voies d’autres explications? Non mais c’est quoi ce trip de culpabilité à la con? TA mère a choisi à pile ou face de qui elle allait se débarrasser et c’est tout. C’est tout. Pile ou Face, je te dis. Pile, celui de gauche, face, celui de droite. Mais qui t’as dit que ton putain de jumeau était mort-né, hein? Qui? »

Ses pensées et ses questions s'emmêlent, mais il y a de quoi après tout. Pourtant moi, je vois bien une explication. Celle qui régit tout notre monde, après tout. L'argent. Le pouvoir. Non, les travailleurs sociaux ne lui auraient pas retiré qu'un seul enfant. Mais officiellement Azrael est mort. Et la mère de Castiel en est peut-être bien convaincue. Combien sont dans la connivence, hein ? Combien sont au courant de la magouille que j'entrevois, pour qu'un couple fortuné et vieillissant n'ait pas à subir la perte de l'héritier qu'ils attendaient tant, au mépris de l'impact que ça pourra avoir sur la jeune mère défavorisée, qui en aura toujours un autre à chérir, après tout. A quel point ils se regardent pas dans le miroir en se disant qu'ils ont fait une bonne action, au fond, en lui retirant le fardeau d'une seconde bouche à nourrir, à cette pauvre fille qu'avait sans doute même pas vraiment les moyens de subvenir à ses propres besoins et à celle de ce fils qui lui reste ?

« Je… je suis désolé... Castiel, je… Je sais plus où j’en suis… »

Je vais vomir, les liens qui se créent dans mon cerveau me filent clairement la gerbe.

« Je... Suis pas certain qu'elle ait choisi... Je suis pas certain de grand chose à vrai dire mais... »

Je parcours mes notes, comme si elles recelaient le détail qui me donneraient l'illumination, la preuve irréfutable. Evidemment, il n'en est rien, je n'ai que le récit dramatique de la vie d'un gosse maltraité et mes suppositions pour me faire un avis.

« Mais je vous promets que je finirai par avoir le fin mot de l'histoire. Je sais pas combien de temps ça pourra me prendre, mais je trouverai... »

Et je peux être une tête de mule, tu le sais, ça, Ali ? Je me mordille le pouce, me rendant même pas compte que ce geste fait miroir à celui du brun le premier soir où on a joué ensemble, tout à mes réflexions. Bordel, un test génétique, ce serait le meilleur moyen de savoir s'ils sont bel et bien jumeaux. Castiel et Azrael. Sauf que je me vois pas demander ça, là, alors que l'un est en panique après je ne sais quel événement dont il n'est pas prêt à parler à l'évidence, qu'ajouté à ça, il a l'air prêt à se débarrasser de ce qui lui tient le plus à coeur, et je suis pas rassuré une seconde de cette éventualité parce que j'imagine assez bien d'où ça peut lui venir, et que l'autre n'est pas vraiment dans un état psychologique serein, et à vrai dire, vu ce qu'il vient de relater, on ne peut pas vraiment lui jeter la pierre. Résultat... Résultat, je ferme ma gueule. Mais l'idée de subtiliser un verre à Ali, et de trouver un moyen de récupérer l'ADN de Castiel sans le brusquer n'est clairement pas prête de quitter mon esprit.

« Y a un portable où on peut te joindre Castiel ? Parce que le jour où j'ai des réponses, je pense que ça serait bien que je puisse vous en faire part à tous les deux... »

Ca, et puis je compte bien qu'on se revoie dans d'autres circonstances pour te demander... je sais pas n'importe quoi, un cheveu, ta brosse à dent, ton verre ou d'accepter que je frotte un coton-tige dans ta bouche, mais j'ai bien l'impression que le contact avec les autres, toi non plus t'es par archi-fan, alors... Un truc où y ait ton ADN, toujours... que je puisse trouver quelqu'un pour l'envoyer dans un labo - mais pour ça, j'ai déjà ma petite idée...
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