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Sometimes it’s faded _ Victoria&James

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() message posté Mer 4 Juil - 19:41 par James M. Wilde


« Sometimes it's faded
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Sometimes it's faded
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Victoria
& James




Mon soupir, la tête tournée vers la vitre, étend les accents du désarroi sur la buée qui s’y condense. Une demie-heure. Une demie-heure que j’attends ici, comme un connard ordinaire, dans ce café ridicule qui ne sait même pas proposer un espresso digne de ce nom. Je ne sais pas pourquoi j’ai choisi cet endroit. Peut-être pour la neutralité d’un lieu très récemment ouvert dans le quartier, aucun souvenir ne s’y raccroche, c’est un nouveau territoire à explorer, afin de gommer la honte et la médiocrité de certaines errances qui s’engluent sur ma peau. Je joue un instant avec la tasse minuscule et design que l’on a posée devant moi, renâcle à terminer la dernière gorgée plutôt infâme qui y demeure, telle une injure à tout le personnel select qui gravite autour de moi, cherchant à s’attirer une autre commande, peut-être un sourire quand je me complais à demeurer ici, vautré et renfrogné. Souvent, j’essaye de reconnaître sa démarche ou son tailleur, ses cheveux qui jouent sur ses épaules droites, telle que ma mémoire me la dépeint. Mais de Victoria, j’ai des échos très flous et des sentiments compliqués qui surnagent le brouillard. Je l’ai rencontrée dans un moment de déchéance aggravée, l’ai jugée impropre et inapte à la première seconde, mais depuis que nous avons vaguement signé le contrat qui nous relie désormais, elle s’est plutôt démenée pour faire avancer l’organisation et la digne marche de notre album, que je persiste pourtant à torpiller. Tout ce qu’elle monte, il semble que je le détruise dans la foulée. Une parole trop agressive en interview, une déclaration déformée, des attitudes déplacées dans un lieu public. Je m’étonne presque qu’elle ne m’ait pas encore demandé de simplement ne plus apparaître dans tout ce qui concerne l’actualité des Wild. Même ce concert improvisé au Viper, où j’ai sorti des titres normalement consacrés à la tournée, elle a dû faire transiter l’information à rebours pour la prod, histoire d’excuser les libéralités dont Moira n’a pourtant jamais été inconsciente. Mais… Je ne lui parle plus. Je n'adresse plus un seul mot à ma productrice. Cet état de fait, comportement suspect sur lequel je refuse d’épiloguer, met notre jeune succès en péril. Les contours deviennent flous, et mes adorations ne semblent plus totalement tournée vers la musique du groupe, mes activités secondaires dévorant le temps que je devrais allouer aux répétitions ou aux shootings, ou bien encore à ces shows qui veulent absolument nous convoquer pour y apparaître dix minutes, une petite chanson et puis plié, tout se relâche, tout se disperse. Et je dispense mon énergie ailleurs, sur les répétitions des Untitled ou encore sur les projets que nous avons avec Eleah. De quoi porter l’inquiétude sur quiconque s’occuperait de nous, alors oui… J’ai fini par l’appeler, notre fameux agent, paravent de toutes mes fanfaronnades, des exactions et des moments de splendeur. Difficile de s’y retrouver quand je distille l’information à l’envi, en omettant tout ce qui pourrait lui faciliter la tâche. Elle devait me rejoindre ici, mais elle semble en retard. Connaissant d’elle les vertus professionnelles dont elle se pare, j’imagine que ce retard est non seulement étudié, mais aussi punitif. A moins que la circulation très dense de Londres en cette fin de mâtinée ne l’ait retenue quelque part.

Une voiture freine brutalement, attirant mes regards, dans une manoeuvre désespérée qui évite de justesse le carnage. Quelque chose en moi se frustre de ne pas avoir assisté à la débauche d’une violence qui demeure si ancrée à l’intérieur de moi. Les concernés s’invectivent, je hausse mes maigres épaules avant de revenir à mon café, soulevant ma tasse pour la rendre à la serveuse en grognant :
_ Ramenez ça jusqu’aux enfers d’où vous l’avez sorti. Je voulais un double espresso, pas l’expression d’un talent absent, et d’un arabica dégueulasse. Vous n’avez rien d’autre ? Dans le genre, qui peut fièrement porter ce nom ? Sinon je vous montre hein, j’ai du temps à tuer, et vous me remercierez, parce que cet endroit va fermer sinon.
“Mais monsieur, nos fournisseurs ont été sélectionnés avec le plus grand…”
_ Le plus grand quoi ? Hein, ma jolie, le plus grand désaveu envers toute l’industrie qui porte en foutu étendard la caféine ? Ramenez-moi un café buvable ou bien disparaissez.
La fille se tire, sans doute pour se plaindre auprès de son manager qui ne tardera pas à venir m’emmerder, ou bien pour enfin apprendre à manier un percolateur, allez savoir, toujours est-il que dans mon champ de vision c’est la silhouette de Victoria qui se présente, toujours impeccablement mise. Je hausse un sourcil et grommelle :
_ Vous vous êtes faites un peu trop désirer. Un peu plus et je faisais la révolution dans ce trou. Vous devriez prendre tout sauf un putain de café vu qu’ils ne savent pas les faire. Il doit y avoir des jus de fruits à la con, parce que ça fait bien, les jus de fruits. Ça fait sain. Mais j’approche pas mes lèvres de ces machins-là, imaginez ça pourrait déclencher des intolérances quand on a l’habitude d’une vie tout sauf recommandable. Whatever… Vous êtes venue…
Mon regard est plus clair, plus franc, et bien moins agressif que la dernière fois que nous nous sommes croisés. J’ai un léger rire, presque gêné pour qui me connaîtrait bien. Sans doute avec des sonorités suffisantes pour tous les autres qui s’accrochent uniquement à l’image dont j’abuse en permanence :
_ Vous savez, je croyais que vous alliez me planter là. Avec la dernière fois, puis le reste… Je tiens à dire qu’ils ont déformé mes propos, sur Absolute Radio.
La bonne blague, j’étais en direct, mais quand même, ils ne m’ont pas épargné en passant presque en boucle le passage où je traitais leur radio de… C’était quoi déjà ? “Absurde, profondément inadaptée, ne valant pas ma musique qui diffusée sur leurs ondes seraient salie par leur ridicule.” Pas la peine de dire qu’ils ne nous diffusent plus depuis, surtout que les mots étaient fleuris après ça. J’offre un grand sourire à Victoria, en présentant mes mains, paume vers le ciel, en signe de reddition :
_ Qu’est-ce que vous voulez, je ne sais pas me tenir.
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() message posté Mer 11 Juil - 19:01 par Victoria J. R-Stewart
L'aspirine ne semblait plus faire d'effet. Et Victoria s'en étonnait à peine. Non, elle n'était pas étonné du tout. Sans doute parce que sa boite d’anti-dépresseur était vide, vide alors qu'elle était persuadé de l'avoir acheté il y avait seulement quelques jours ou était-ce quelques heures ? La notion de temps ne lui échappait pas en règle générale. Le temps, c'était de l'argent et on ne gaspillait pas une denrée aussi importante. Sûrement la seule valeur que lui avait inculqué son père, la seule qu'elle est bien voulu retenir en tout cas. Mais quand elle observait sa maison et surtout son dressing, elle devait bien reconnaître qu'elle avait appliqué le dicton à la lettre. Les sacs à mains en cuir côtoyaient les escarpins sur-mesure dans un mélange de classe et de luxe qui pouvait faire pâlir n'importe quelle fille. Oui, Victoria se tuait à la tâche pour s'offrir toutes ces choses, pour effleurer soie et dentelle dans l'immensité de son dressing. Un dressing qu'elle partageait seule désormais. Et il était sans doute là le problème. Sa grande maison était bien vide aujourd'hui. Victoria secoua la boite d'aspirine dans l'espoir qu'elle se remplisse miraculeusement. Mais de toute manière, elle aurait pu s'en envoyer tout un flacon que sa douleur ne disparaîtrait pas. Même son traitement anti-dépressif ne lui faisait plus le même effet. Et pas moyen de se gratter une ordonnance supplémentaire, Aidan y avait veillé. C'était là son dernier cadeau en tant que mari : bloquer son traitement en l’empêchant de se droguer à sa guise. Le docteur Stewart avait frappé. Il avait voulu l'emmerder jusqu'au bout, alors même qu'il avait fait ses bagages et décidé de la rayer de sa vie. Et son manque de drogue la mettait de mauvaise humeur, du moins plus que de d'habitude. Mais elle n'allait pas se laisser aller pour autant.

Victoria venait de raccrocher avec son assistant. Celui-ci venait de lui rappeler son rendez-vous de quatorze-heure. Maintenant. A une heure seulement du dit rencard. « Vous pouvez me rappeler combien je vous paye déjà ? ». L'assistant en question eu l'intelligence de ne pas répondre. « Je dois traverser la moitié de la ville pour m'y rendre ! Et l'agenda partagé, vous vous en servez ou quoi ?! C'est votre job de tout noter pour que ce genre de chose n'arrive pas imbécile ! ». Elle avait braillé tellement fort qu'elle imaginait très bien son assistant devoir décaler le téléphone de son oreille pour ne pas risquer un tympan percé. Sans lui laisser le temps de s'excuser, elle raccrocha et balança son téléphone en travers de son lit. Elle avait choisi de repasser chez elle récupérer des dossiers. Elle en avait profité pour passer une robe de saison couleur saumon ainsi que des talons haut noirs. Sa pochette en cuir noir sous le bras, elle sauta dans le premier taxi venu et indiqua rapidement l'adresse du café où elle devait rejoindre son client. James Wilde. Elle regrettait davantage de n'avoir pas tenté d'amadouer le pharmacien pour obtenir ne serai-ce qu'une boite de cachet. Elle espérait que le musicien serait d'une meilleure humeur que la dernière fois. Le taxi la déposa à l'entrée et elle lui jeta un billet pour payer la course. Un regard à sa montre et elle comprit qu'elle était en retard, forcément. Son assistant n'avait pas fini d'entendre parler de cette bourde. Surtout que James ne se ferait pas prier pour lui faire une remarque, lui, l'expert en matière de remarque cinglante.

A son entrée, elle repéra rapidement l'individu, le seul à parler plus fort que tout le monde. Un regard de biais à la serveuse suffit à Victoria pour comprendre qu'il était entrain de la malmener. Il ne changerait probablement jamais. Les deux femmes se croisèrent et Victoria prit place en face du chanteur. « Vous vous êtes faites un peu trop désirer. Un peu plus et je faisais la révolution dans ce trou. Vous devriez prendre tout sauf un putain de café vu qu’ils ne savent pas les faire. Il doit y avoir des jus de fruits à la con, parce que ça fait bien, les jus de fruits. Ça fait sain. Mais j’approche pas mes lèvres de ces machins-là, imaginez ça pourrait déclencher des intolérances quand on a l’habitude d’une vie tout sauf recommandable. Whatever… Vous êtes venue ». Elle est presque surprise de son attitude. Il semble prêt à discuter, ce qui est tout sauf normal venant de lui. James Wilde ne discute pas, il beugle des ordres, il ricane, il provoque. Victoria dépose sa pochette sur la banquette et lui adresse un sourire professionnel, sur ses gardes. « Je m'excuse pour le retard, j'ai eu une urgence », mentit-elle avec aplomb. Elle n'avait rien contre critiquer les incapables, mais pas devant un client. Il pourrait penser qu'elle faisait pareil dans son dos et avec les stars, le moindre écart pouvait coûter cher. « Je vois que vous vous êtes fait une nouvelle amie », glissa-t-elle en désignant la serveuse un peu plus loin. Elle aussi pouvait faire de l'humour noir. De toute façon, il était de notoriété publique que James Wilde était un emmerdeur de première. « Vous savez, je croyais que vous alliez me planter là. Avec la dernière fois, puis le reste… Je tiens à dire qu’ils ont déformé mes propos, sur Absolute Radio ». Victoria afficha un sourire amer, entrecroisant ses doigts au dessus de la table. Au moins, James était franc, il n'avait pas peur de parler de ses conneries. « Je ne crois pas, non, mais peu importe. Vous êtes plutôt doué pour semer la pagaille là où vous passez ». Quant au reste, elle ne savait pas par où commencer. Le groupe Wild était un contrat juteux, mais son leader à lui seul, lui coûtait la moitié de son temps et de son énergie. « Qu’est-ce que vous voulez, je ne sais pas me tenir ». Et elle était sûr qu'il était plutôt fière de ça. La serveuse revint vers leur table et Victoria commanda un café latté. « C'est le moins qu'on puisse dire, en effet. Mais certains de vos fans adorent cet état d'esprit », admit-elle. Victoria épluchait tous les jours les articles de journaux et commentaires de réseaux sociaux afin de suivre les cotes de popularité de ses clients. « Bien, je suis ici pour quoi ? Vous avez une autre connerie que je dois arranger ? Parce que je passe mon temps à vous sauver les fesses ces temps-ci ».
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() message posté Ven 27 Juil - 14:35 par James M. Wilde


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Victoria
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Leurs regards ne m’échappent pas et du coin de l’oeil je gratifie la serveuse que je viens de sermonner des minutes durant de mes airs mal-aimables qui la font repartir plus vite que d’accoutumée vers son sacro-saint comptoir. Clinquant parce qu’il est chromé, absurde parce que personne ne peut s’y asseoir à cause de l’immense vitrine où ces cons ont cru bon de foutre un aquarium, ridicule parce qu’elle paraît naine derrière avec son mètre cinquante cinq. Toujours est-il que j’ai terminé mon immonde café, que j’en aimerais un autre, digne de ce nom celui-ci et qu’il ne viendra pas parce que la gueuse est vexée comme une adolescente rabrouée par la mère supérieure. Je résiste car j’ai l’envie de me jeter à sa suite pour l’incendier encore, aller manier moi-même le percolateur, jusqu’à obtenir un breuvage buvable. La survenue de Victoria cependant m’en empêche et si je grommelle sur son retard, mon visage se fait jovial, presque avenant, comme si nous nous étions quittés la veille autour de palabres échangés sur le ton de la confidence, accompagnés l’un et l’autre d’un bon verre. Je me demande une seconde si au moins, par ici, le pinard qu’ils servent est potable, mais rien que d’imaginer une bouteille visée par une capsule, j’ai une sorte de vertige, si bien que je me contente de jouer avec ma soucoupe, tout aussi chromée que le comptoir idiot, tout en observant les yeux de chat de mon vis-à-vis. Elle n’est vraiment pas dégueulasse à regarder, elle est vraiment belle, il faut le lui concéder. Un peu froide, hautaine dans ses humeurs, sa façon de s’asseoir, sa pochette impeccable qui doit presque coûter la moitié du gourbi new age où nous sommes aujourd’hui. N’y-t-il rien qui détonne chez elle, qui menace ? Il y a tant d’apparat chez cette femme que mes esprits sondent ses prunelles, cherchent des failles, ne trouvent qu’un air placide, aiguisé, intelligent, peut-être un poil tendu par la fatigue. Mais rien de ces plaies béantes où je sais m’insinuer d’habitude, rien de cela. Peut-être que mon mojo est pété, que mon pouvoir s’est carapaté à cause de tous les ennuis que je me trimballe. J’accepte ses excuses cependant, enfin, disons que je les ponctue d’un bourru :
_ Ca va, on va pas passer cent ans sur l’étiquette, je suis pas le Prince consort. Juste je croyais que vous faisiez votre sucrée soudain, parce que vous réalisez combien je suis un impossible connard. Mais non, toujours là, vous tenez la cadence, je suis presque admiratif, voire surpris. Vous savez que j’ai parié avec les gars que vous vous tiriez avant la tournée ? J’ai perdu, il semblerait.
Je hausse les épaules, mon sempiternel sourire en coin s’éprend de mes lèvres, je glisse les sous-entendus, toujours amical, toujours incisif, puis je roule cette fois-ci des yeux, comme un enfant que l’on prend sur le fait :
_ Bah quoi ? J’ai un talent fou pour me faire des copains, je suis extrêmement populaire, c’est bien connu. Puis... c’est juste une pleurnicheuse. Qui ne sait pas faire un putain de café.
J’ai haussé le ton sur la dernière assertion, histoire que ça lui arrive aux oreilles, à la médiocre, qui doit se tasser plus encore derrière le comptoir qui, soit dit entre nous, est toujours et encore inregardable. On pourrait perdre un oeil à fixer ce machin. Victoria se voit rémunérée d’un très large sourire lorsqu’elle ne se laisse pas démonter par mon esbroufe. Je raille, doucement :
_ Un vrai talent. En ce moment, j’ai du mal à m’en empêcher, tout est très… tout est très…
Je cherche les termes qui m’échappent, caresse l’air en furetant avec les doigts comme pour rattraper une terminologie devenue absconse pour mes idées. Je soupire enfin, laissant là ma phrase avortée, les épaules légèrement plus basses. Je sonde ma tasse vide, j’ai presque l’impression de tomber dedans, la spirale du désaveu que j’ai moi-même orchestrée m’abrutit une seconde. Je soupire de nouveau. Puis reprends, en lui lançant un regard qui cherche à l’atteindre, non pas à lui faire mal, mais bien à la trouver, à ce qu’elle m’entende, à ce qu’elle comprenne.
_ Oui et non. Ce n’est pas une connerie à proprement parler. C’est un projet. Et… J’en ai pas causé à la prod. Et j’aimerais retarder la tournée pour ça. Ou la couper en deux. Ou bien la distribuer autrement sur ce putain de calendrier. Vous voyez ?
Non elle ne voit pas, parce que je ne dis pas tout, et que je m’emmêle dans des envies que je n’explicite pas. Je ne sais pas si elle se doute que si je n’en parle pas à Moira directement, ce que j’ai toujours fait, c’est bien parce que je ne peux même plus la regarder en face, pas après tout ce qui s’est décompensé ce soir là. Pas après avoir manqué buter son associé, puis l’avoir presque mutilée sur ce mur, chez elle. Je frissonne, je cherche une clope dans la poche de ma veste, pour tenir compagnie aux précédentes.
_ Si je reprends dans l’ordre, vous allez voir, c’est presque sensé. Je veux jouer sur la scène du Royal Ballet. J’ai l’accord de la directrice, et la danseuse parfaite pour ma musique. Mais… Je ne veux pas de Wild sur scène, je me veux juste moi, tout seul. Les gars font la gueule, et je ne sais même pas si je suis libre de le faire selon les modalités de mon contrat, sachant que les morceaux concernés appartiennent à l’album. Mais je ne veux pas que la production y foute son nez. Je ne veux pas.
Je le rajoute presque tout bas, ce “je ne veux pas” qui semble être le point le plus capital de mon discours, comme si mélanger mes univers les menaçaient. Ce spectacle nous appartient, à Eleah et à moi. Pas aux autres, pas à Moira, pas à Oaks Production. J’ajoute, dans cette détermination terrible qui m’anime toujours :
_ De toute façon je grimperai sur cette scène. Et vu que vous savez y faire, je me disais que vous pourriez arrondir les angles. Auprès de... Moira.
Je me reprends aussitôt :
_ Auprès de Moira Oaks.
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