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[Hastings] We can rise above their truth and their lies ♪ AliNael

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() message posté Sam 28 Juil - 0:23 par Nathanael E. Keynes
Fin juillet 2018

- Ali ? Hum... Je... Enfin... Ah fuck ! Mes grands-parents ont une baraque à Hastings et je me demandais si ça te dirait qu'on y passe quelques jours...

Comme un pansement qu'on arrache : trop vite. Je parle trop vite, je suis trop nerveux, je sais plus sur quel pied danser, je sais plus ce que je dois penser, je sais juste que j'ai pas envie que ça reste comme ça, que si j'ai pas aimé le voir camé à Aberdeen, j'ai pas l'intention de m'arrêter à ça, que si j'ai pas aimé les menaces de son père, j'ai pas l'intention de lui faire le plaisir de battre en retraite, et que si je suis jamais trop à l'aise de sa proximité avec James, ne serait-ce que parce que je crains que ça lui attire des ennuis de... disons flirter avec moi, je peux clairement pas m'empêcher d'avoir envie de le revoir. De le serrer dans mes bras, de l'embrasser à nouveau. De remonter sur une scène avec lui, un de ces quatre. De repasser du temps avec lui, même pour rien, pour écouter de la musique, ou parler de Dylan, des Gallagher, des nouvelles scènes inconnues. Pour siffler un whisky et imaginer n'importe quoi. Pour oublier un temps nos familles dégénérées, et tout ce qui pèse sur nos épaules. Sur les siennes sans doute plus encore que sur les miennes.

Putain je suis comme un ado qu'invite pour la première fois la fille qui lui plaît à danser un slow, c'est pathétique ! Mais je peux pas continuer à repousser, j'en peux plus d'être loin de lui, et je sens bien que plus j'attends, plus je vais lutter à lui proposer. Alors je sais bien qu'il y a Wilde, et sans doute dix mille raisons qui pourraient faire qu'il ne me répondrait pas de façon favorable. Et sans doute que le pire dans l'histoire, c'est que je me suis déjà fait dix mille films de la sorte, et que je continue de trouver toujours d'autres raisons pour lui de dire non.

Et pourtant je viens de lancer ça, comme ça, sorti de nulle part, avec toute la maladresse dont je suis capable, faut croire.

- Juste quelques jours...

Comme si ça pouvait minimiser la chose, la rendre moins "grave"... Alors qu'il s'agit que d'un putain de séjour genre vacances... Même juste week-end, je m'en fous.

- Juste... Juste tous les deux...

Et là je me rends compte que je sais absolument pas si c'est un point positif ou un autre motif de crainte.

- Enfin c'est une idée comme ça, hein... C'est évidemment pas une obligation...

Evidemment que non, crétin. C'est pas comme si t'allais lui faire faire le trajet de force.

Pourtant je voudrais tellement qu'il dise oui. Parce qu'il y a tellement de choses qui sont restées latentes, en suspens, depuis Aberdeen. Tellement de non-dits qui nous empoisonnent. Je suis le premier à rien dire alors qu'il faudrait pourtant que je vide mon sac ; je sais pourtant comme ça nous tue à petits feux.

Et puis il y a trop longtemps, donc, que cette collection de disques attend de retrouver son véritable propriétaire...
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() message posté Sam 28 Juil - 9:02 par Alistair H. Pratt
Fin juillet, début de la soirée.

Non mais depuis combien de temps ils criaient tous les deux, comme ça? Se rendait-ils compte qu’il comprenait très bien le français? Peut-être pas philippin mais… la plupart de ce qui se disait était en français. Alistair attrapa l’oreiller, se l’enfonça sur la tête et se recroquevilla de plus belle dans son sac de couchage. Les cris finirent par cesser et la porte de la chambre à coucher grinça sur ses gonds. Erwan l’enjamba de peine et de misère et se laissa choir lourdement sur son propre lit.

« Allez, Sleeping Beauty, il est presque 18h, là. Ça fait deux semaines que tu restes couché toute la journée, voire toute la soirée, comme ça. T’as pas fait ta vaisselle hier soir et les corn flakes ont bien collé dans le bol et c’est juste impossible à enlever. Je te signale qu’on n’a pas de lave-vaisselle, nous, ici. On s’en fout que tu ne veuilles pas manger ce que ma mère prépare, à cause des oignions, mais les céréales, si tu ne rinces pas tout de suite, ça colle. Et tu n’as pas nettoyé l’évier de la salle de bains en te rasant, avant-avant-hier ni ramassé tes caleçons sales depuis. Faudra que tu apprennes à faire ta propre lessive. Ma mère fait dire qu’elle n’est pas ta bonne, vieux. »

Le jeune homme fit mine de ne rien entendre. Mais Erwan n’était probablement pas dupe.

« Et je la comprends, hein. Y a déjà assez de mon père qui fout la même chose que toi à la journée longue. Ça la rend folle, tu sais. Elle trouve que tu devrais commencer à te chercher un boulot et tout, que ça te ferait du bien, de bouger un peu… Et puis, je te connais, Ali, tu sais? Là, tu reste couché parce que tu veux tout éviter et parce que t’es malade de trouille sur ce qui va t’arriver, si Wilde va revenir et bla, bla et bla. Et même s’il revenait… Ce serait bien que tu te trouves quand même un job. Je passe le fait que tu m’as jamais réellement expliqué parce que t’as décidé de rompre avec moi. Tu le ne lui fera pas le même coup, d’accord? Serait pas temps que tu l’appelles, ton Nate? Que tu arrêtes de l’éviter? Tu te rends compte que le volume de ton téléphone est au max, hein, quand tu écoutes tes messages vocaux? Tu l’aimes. Ça se sent et ça se voit. Je sais que ton père t’a rejeté et  foutu dehors suite à la réception et tout mais… Lui, non, okay?  Alors, tu te lèves. Y a un train pour Hastings est à 19h24 et je te fous dedans. Ma mère a besoin d’une pause syndicale, de toute façon. »

Et voilà qu’il était dans ce putain de train pour la plage, en classe économique pour 90 minutes. Il y a avait une famille de cinq marmots qui s’en donnait à cœur-joie, à côté de lui. 30 livres pour ça? La valeur de l’argent lui paraissait si monstrueuse maintenant que les cinq cent livres qu’il lui restait diminuait à vue d’œil…

Erwan avait raison. Il évitait Nate depuis Aberdeen. Tout était flou. Wilde, son père, Castiel, Nate, sa mère, Millard et la coke. La coke qu’il avait prise et reprise plusieurs fois dans la soirée. Le sentiment d’invulnérabilité. Et la chute, bien sûr. Comment avait-il pu se permettre que Nate le voit ainsi, les pupilles complètement dilatées? Comment avait-il pu supporter de voir la panique et l’inquiétude dans les yeux de son amant? Et qu’est-ce qu’il foutait là, encore, bordel?

Alistair ferma les yeux et serra son sac de sport contre lui. Peu importe. Nate lui manquait, atrocement. Le goût de ses lèvres, son bras autour de ses épaules pendant qu’ils écoutaient de la musique. Il avait honte, c’était tout. Tellement honte… Mais il n’avait pas tout viré en l’air pour continuer de tout éviter, non?
Même s’ils devraient finalement aborder les sujets difficiles. Ces maudits non-dits qui les séparaient encore et toujours.

Et puis, il arriva à l’adresse des grand-parents de Keynes. Il l’avait googlé, sous la supervision du batteur. Alistair prit une grande inspiration et jeta un coup d’œil à l’étendue de sable et à la mère grise que surplombait la grande villa. Et il frappa à la porte. Qu’est-ce qu’on disait, encore dans ces situations-là?

La porte s’ouvrit et le visage de Nate lui apparut. Il retint l'envie de se jeter sur lui et de l'enlasser, gêné par tout ce qu'ils devraient se dire. Alistair lui fit un sourire timide.

« Tes grand-parents ne sont pas là au moins, dis? »
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() message posté Sam 28 Juil - 10:18 par Nathanael E. Keynes
Chaque fois que mon téléphone a sonné, ensuite, j'ai sursauté, je me suis un peu trop précipité pour finir déçu et... Et puis il y a eu ce message. D'un expéditeur tout d'abord inconnu mais qui a vite été ajouté à mes contacts. Putain Erwan, t'imagines même pas comment ce que tu me dis me fait plaisir. Mes collègues... bien plus. Parce que ça fait quinze jours qu'ils me voient soucieux. Je fais genre, mais on se connaît tous suffisamment pour qu'ils repèrent les signes de stress, et ne rien savoir, ne pas avoir de réponse, me rend fou d'inquiétude. Pour lui comme pour moi. Pour lui, pour son état, pour l'endroit où il peut s'être réfugié après Aberdeen. Pour moi, parce que j'ai la sensation désagréable de me retrouver face à un nouveau mur de glace, et je suis tellement fatigué de me battre pour les percer...

Et puis, donc, ce message est arrivé, et je suis persuadé sans les avoir regardés que Nate et Kassie ont stoppé momentanément leurs activités pour m'observer. Et je crois qu'il y a un poids de moins sur leurs épaules quand ils voient mon visage s'illuminer d'un si large sourire.

"Hey Nate, je ne sais pas si tu me replaces mais... je suis le batteur des Untitled. Ali a bien reçu ton message vocal hier et arrête pas de l'écouter en boucle, même à 4h du matin. Garde espoir, vieux, crois-moi. J'm'arrange pour te l'envoyer direct à la piaule de tes vieux d'ici samedi matin. Cheers, Mate."

Bien sûr que je le replace. Pas comme si je pouvais effacer de ma mémoire grand chose, de base, mais alors les Untitled, encore moins. Ali a reçu le message. Ali a reçu le message et il l'écoute en boucle. Il l'écoute en boucle ! Putain mon coeur fait tellement des bonds dans ma poitrine, c'est ridicule. Je m'explique pas tout à fait pourquoi il ne répond pas, je me doute cependant qu'il reste hésitant, et si ça n'annonce rien de facile, au moins il ne l'a pas rejeté direct. Au contraire, il l'écoute en boucle. Et moi ça fait déjà dix fois que je relis ce putain de sms.

- Alors ?

Nate s'est approché, presque à lire par-dessus mon épaule.

- Alors... Vous allez devoir vous passer de moi quelques jours. Je sais, je sais, je vais vous manquer.

Grand sourire crétin, et c'est Kass' qui s'est hissée au dessus du comptoir pour venir déposer une bise sur ma joue.

- Va le retrouver, ton pianiste, on gère.
- Je sais.

La main de Nate sur mon épaule, une embrassade à Kass', des mains serrées pour les autres collègues du bar, et je suis rentré chez moi récupérer quelques affaires, et surtout ces cartons de vinyles qui feront le trajet avec moi. Quelques heures plus tard, j'étais à Hastings. Je retrouvais cette plage dont j'ai foulé le sable tant de fois. Je retrouvais cette maison que j'ai toujours connue ou presque, qui a été témoin de tellement d'épisodes de ma vie, de celle des Keynes en général. Tout comme au début du mois, je suis entré poser mes affaires. Retrouver cette chambre qui a toujours été la mienne quand on venait ici. Les cartons de vinyles ont gagné le petit salon, où le vieux tourne-disques de mes grands-parents n'attend que l'occasion de servir à nouveau. Et presque mécaniquement, comme si j'avais besoin de redécouvrir les lieux que je connais pourtant par coeur, j'en ai refait le tour. Vérifier les courses à faire en cuisine. Traverser le grand salon, caresser du bout des doigts les touches du piano antique. M'attarder dans la véranda à y observer le jardin arrière. J'ai fait le tour des chambres pour aérer un peu, et puis je suis descendu sur la plage. Juste pour regarder les vagues en contrebas. Avant de ressortir faire quelques courses, et... et de tourner en rond.

D'ici demain matin... C'est loin, demain matin.

Alors je me suis levé du divan du petit salon où je grattais ma guitare pour refaire un tour de la baraque, comme si ça allait pouvoir me faire gagner un peu de temps... Et j'ai fini par m'asseoir derrière ce piano que je suis le seul à utiliser depuis des années, le seul à entretenir aussi. Et j'ai joué, tout ce qui me passait par la tête, dont ce morceau que j'ai entendu sur la route, un peu en boucle... jusqu'à ce que des coups frappés à la porte à une heure somme toute relativement tardive, me tirent de la mélodie et me fassent froncer les sourcils. L'instant d'après, c'est le coeur battant avec l'espoir que ce soit bel et bien la continuité du message d'Erwan que je me suis dirigé vers la porte d'entrée, ouvrant sans doute un peu trop vite le battant pour découvrir son visage inquiet et son sourire timide.

« Tes grand-parents ne sont pas là au moins, dis ?
- Ils ne font plus la route depuis quelques années déjà, mon grand-père mélange les panneaux, et ma grand-mère ne conduit pas... »


Et non, je ne les ai pas emmenés avec moi. Quant à mon père, il est très bien en France, aux dernières nouvelles (pas que je cherche à en avoir, cela dit).

« On n'est que tous les deux... »

Et Dieu que j'ai envie de l'embrasser et de le serrer dans mes bras. Je m'efface pourtant pour le laisser entrer, tout d'abord, et le décharger de son sac de sport pour le poser un peu plus loin dans le couloir, en attendant de le monter dans la chambre à l'étage. Mais je peux pas résister bien longtemps à l'envie de combler la distance entre nous, et je me suis rapproché, cherchant doucement à le prendre dans mes bras, avec réserve cependant, de peur de le brusquer, de lui faire peur, encore...

« Je suis content que tu sois venu, tu sais ?... »

Mais peut-être que mon coeur bat tellement fort dans ma poitrine que tu vas finir par le sentir contre ton torse, à force...
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() message posté Dim 29 Juil - 8:07 par Alistair H. Pratt
« Je suis content que tu sois venu, tu sais ?... »

Nate, devant la porte, avec son regard doux et acceuillant. Nate qu’il n’avait pas vraiment vu depuis le retour précipité et rageur à Londres. Nate qu’il n’avait pas osé toucher depuis cette histoire de capote déchirée. Il avait eu si peur de l’infecter… Ses yeux s’embuèrent et pinça les lèvres pour ne pas éclater en sanglots. Bordel qu’il était pathétique, avec ses crises de rage et de panique. Avec sa came… Ne s’était-il pas juré d’arrêter tout ça, après ce qui était arrivé à Rome?

Et pourtant, Nate était là, à l’attendre sur le seuil de la maison de ses grand-parents. Et lorsque celui-ci l’enlaça, avec toute la gêne qui subsistait entre eux, il ne put s’empêcher de laisser tomber son sac par terre et de s’agripper à lui, et de cacher son visage dans le creux du cou de l’autre, de peur que Keynes disparaisse.

Combien de temps restèrent-ils ainsi? Alistair ne savait plus trop. Il avait l’impression que le Haar l’avait suivi jusqu’à Londres et qu’il venait à peine de se lever. Le soleil se pointait enfin.

Son retour à Londres avait été cauchemardesque. Trop fier, trop bouillant de rage envers le monde entier, il avait voulu rentrer seul, malgré les supplications de Nate et de Castiel. Au terminal d’Aberdeen, on l’avait informé que son billet avait été annulé. Il avait dû prendre le bus. À l’escale de Newcastle on Thyne, c’est sa carte de crédit et son compte bancaire qui ne fonctionnait plus. Fatigué et ereinté, il avait espéré pouvoir dormir une dernière fois chez lui mais le portier avait déjà reçus d’autres ordres. Le reste de ses vêtements, ses livres et ses effets personnels l’attendraient bien sagement dans sa nouvelle chambre au campus d’Oxford, dès que Monsieur Pratt Jr. serait prêt, en août, pour son dernier trimestre. L’appartement serait mis en vente dès mardi et devait être nettoyé et rénové d’ici là. Monsieur Pratt désirait-il qu’un chauffeur le conduise chez Monsieur son père, en attendant? Le portier lui avait assuré que son père l’accueillerait les bras ouverts, quand il serait prêt à revenir.

Max était parti passer les vacances dans sa famille à Manchester. Seul avec son clavier et ses boîtes, Alistair n’avait pas eu le courage d’appeler Keynes ou Castiel. Il s’était résolu à demander asile à Erwan. Après des cris, les injures et les menaces ouvertement homophobes du paternel en français, en breton et les protestations plus timides dans la langue vaguement asiatique de la mère de son ami, quelqu’un avait sorti un vieux sac de couchage poussiéreux d’un placard, l’avait étalé par terre, dans la chambre minuscule et mal ventilée d’Erwan et Alistair n’en était pratiquement pas sorti depuis des semaines, la tête remplie de brouillard.

Et puis, soudain, il était là, au bord de la mer dans les bras de son amant. Il inspira l’odeur salée dont il avait rêvé depuis des semaines, en écoutant le bruit distant des vagues, au loin.

« Tu m’as manqué, Sunshine. Tu m’a tellement manqué… »

Il s’essuya la joue et tenta de reprendre le contrôle de lui même et de cacher son émoi en se penchant pour ramasser son sac.

Seuls. Ils seraient seuls tous les deux. Pas de réception, pas de chute, pas de came, pas de frère prodige qui portait ses brûlures de cigarette sur les bras comme des milliers d’accusations vivantes, pas de Wilde ni de gloire, pas de disputes de l’autre côté de la porte… Pas d’attente. Juste être là, avec Nate.

« Alors… tu me fais visiter, Sunshine dis? »
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() message posté Dim 29 Juil - 9:31 par Nathanael E. Keynes
Sa silhouette dans l'encadrement de la porte. Son visage, là, devant moi. J'ai l'impression d'avoir attendu une éternité pour avoir droit à ce spectacle, et si j'eus préféré un sourire éclatant à ces lèvres pincées et ces yeux embués de larmes, je suis plus qu'heureux qu'il soit finalement venu. Collé dans ce train par Erwan.

La dernière fois que je l'ai vu, c'était Aberdeen. Quand il a refusé qu'on le ramène, quand il est parti, shooté, rageur, vers l'aéroport. Et ensuite... ensuite plus rien. Plus rien que mes sms non répondus s'inquiétant de son état. Plus rien que le silence, et l'absence. Les questions qui restent en suspens. Et les révélations pourtant, qu'il aurait tellement fallu que je puisse partager avec lui ! Castiel a été le premier informé, contre mon gré, pour la peine : je ne pouvais pas garder les résultats pour moi si longtemps. Et je ne pouvais pas lui confirmer ça sur messagerie ou sur un banal sms sur son portable.

Alors j'ai fini par laisser ce message, sans grand espoir en réalité... et il y a eu le message d'Erwan, et le voilà sur le pas de ma porte, et je peux pas laisser le peu de distance qui reste encore entre nous subsister, je m'approche, l'enlace, presque timidement... et il y a cette vague de soulagement qui me submerge comme il s'accroche à moi comme au dernier rocher visible. Mes bras se referment sur lui, je resserre doucement mon étreinte, savoure le contact de son visage dans mon cou, respire l'odeur de sa peau à mon tour.

« Tu m’as manqué, Sunshine. Tu m’as tellement manqué…
- Tu m'as manqué aussi, Starshine, terriblement... »


Je sais pas combien de temps on est restés là, comme ça, dans l'entrée, j'ai pas compté, et ça n'a pas la moindre espèce d'importance. Je vois bien ses efforts pour cacher ses larmes, et ça me laisse pas indifférent. Mes yeux sont pas aussi secs qu'ils devraient, je peux pas vraiment complètement cacher mon trouble, même si je me tais comme il le fait lui-même en ramassant son sac.

« Alors… tu me fais visiter, Sunshine dis ?
- Bien sûr, viens. On en profitera pour poser tes affaires... »


Ma voix est plus rauque, tremblante qu'elle devrait. Je m'efforce pourtant de rester au maximum stoïque en prenant sa main pour le guider à l'étage, pour commencer, de sorte qu'il puisse y déposer ses affaires - dans ma chambre ou une autre, comme il préférera. Je décris les quatre pièces avec quelques traits d'humour, descend en flèche la déco de celles que mon vieux utilisait quand il venait encore, et le fait qu'il se soit octroyé la salle de bain privative, dépeins avec un regard sans doute trop attendri la chambre d'ami et la mienne, redécorées par ma mère, et avec nostalgie celle qui ne bouge plus depuis des lustres, mes grands-parents ne descendant plus tellement jusqu'ici. La salle de bains, ce coin lecture où j'ai tellement vu ma mère, ce vieux sofa dans ma chambre qui a vu des heures et des heures de guitare...

Et puis on est redescendus faire le tour du rez-de-chaussée. Le grand salon et son piano - tout à ta disposition Starshine - suivi de la salle à manger et sa véranda qu'on risque assez peu d'utiliser, je suppose. Et le petit salon rouge où je me calerai sans doute tous les matins pour prendre mon café, juste avant la cuisine où trône une de ces cafetières qu'il utilise en version modernisée - je me revois poser la question au magasin des plaques sur lesquelles elle devrait être posée "vous êtes sûr que ça fonctionne sur l'induction ?". Cette pièce où le vieux tourne-disques attend impatiemment que je sorte sa collection pour être mis à contribution. Où je nous vois déjà installés à siroter un scotch hors d'âge ou une de ces luxueuses bouteilles de rouge de la cave...
Quand on aura crevé l'abcès.

« Tu veux boire quelque chose ?... »

C'est quand même cette question banale qui passe tout d'abord mes lèvres, comme si je cherchais à gagner du temps... ou à trouver un truc pour nous donner une contenance, surtout, pour la conversation qui doit avoir lieu mais qui ne s'annonce pas facile.

« Ecouter quelque chose ?... »

Et j'ai déplacé les deux trois pots de plantes d'intérieur qui dissimulaient vaguement les cartons de vinyles calés sur la gauche de l'ancienne cheminée inusitée. Nous débarrasser de ce moment difficile, pour pouvoir profiter de ces quelques jours tous les deux, ensuite, sans craindre l'orage... C'est l'idée, mais je suis quand même pas très fier en posant cette question, et en dévoilant mes manigances...
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() message posté Jeu 2 Aoû - 19:48 par Alistair H. Pratt
C’est ici qu’il aurait voulu finir ses jours, Alistair le savait. Avec son magnifique piano antique et sa véranda au bord de la mer. Même la chambre du grand-père, figée dans le temps, lui plaisi Avec cette même cafetière à induction rouge sur le poêle et ce même décor, dans le petit salon. Dieu qu’il lui tardait de poser les doigts sur ce piano et d’en faire ressortir les harmonies!

Il avait déposé son sac de sports dans la chambre d’ami, par politesse. Comme pour avouer ses fautes et sa défaite. Non, il n’avait pas été l’amant parfait que Nate méritait. Il le savait. Il savait que le guitariste méritait quelqu’un de meilleur que lui. Il savait que ce week-end apporterait son lot de discussions difficiles. Mieux valait ne rien prendre pour acquis.

Il suivit Nate jusqu’à cette petite salle confortable où siégait ce vieux tourne-disque sans âge et caressa l’aiguille avec tendresse, en écoutant distraitement la question de son hôte à ce qu’il désirait boire.

« Surprise me, lôôôve. »

Il lui fit un clin d’œil, pour détendre l’atmosphère. Il sentait que Nate était aussi tendu que lui. Comme pour s’occuper les mains, il déplaçait de ça et là des objets, des plantes, en lui demandant s’il voulait écouter un peu de musique, il hocha la tête en examinant le tourne-disque rêveusement. Le sien, plus moderne, reposait dans sa petite valise, dans la chambre d’Erwan, avec les deux ou trois disques qui avait survécu à la purge. Mais le vieux d’Erwan avait gueulé à chaque fois qu’il avait osé mettre un disque. Dieu que cela lui manquait…

Mais Nate resta silencieux, derrière lui. Il se retourna, inquiet, pour découvrir les cartons que le guitariste poussait devant lui. Pendant un instant, il crut que le bonhomme Keynes avait été lui aussi un fin collectionneur de disques. Mais les titres ne collaient pas à l’austérité qu’il avait vu dans la chambre de l’ancêtre, en haut. Puis, il reconnu la pochette de son Led Zeppelin original de Janvier 1969. Cette petite égratignure sur le coin droit.

Alistair sentit les larmes lui picoter les yeux. Là, il reconnaissait la pochette de Blonde on Blonde sur laquelle il avait renversé une tasse complète de café. Et ce fameux vinyle d’Edith Piaf. Ses disque. C’était ses disques! Il leva les yeux, hébété vers son amant et le dévisagea, la bouche ouverte.

Un schéma se dessinait lentement devant ses yeux. N’avait-il pas trouvé l’acheteur un peu jeune pour s’intéresser à tout ça? Et la petite bagnole qui ne payait pas de mine… Comment ce type avait pu se permettre de claquer 1000 livres d’un coup? Alistair se mordit la lèvre. N’importe quel collectionneur savait que ces disques valaient au moins trois fois, cinq fois, dix fois plus. Combien Nate l’avait payé? Un mélange de honte, de colère et de soulagement le submergea et le pianiste resta paralysé pendant un moment. Il se passa la main devant le visage, mal à l’aise. Ne l’avait-on pas encore une fois infantilisé? Essayé de l’enchaîner à des dettes matérielles, comme son père?

« Comment… Comment tu as eu tout ça? Tu sais… Tu sais que je ne peux plus rembourser tout ce que tu as payé, pour ça. Mon père m’a coupé les vivres. Je n’ai plus rien. Même pas de toit. Tu sais ça, Nate? »

Il ramassa The Freewheelin' Bob Dylan et le regarda avec tendresse. Il savait bien que Keyns n’était pas son père. Qu’il n’avait pas voulu mal faire. Comme il n’avait pas voulu mal faire en s’élançant à Aberdeen, comme Lancelot sur son cheval blanc pour combattre des dragons bien plus puissants que lui. Même si le combat n’avait appartenu qu’à Alistair et à lui seul. Il soupira et baissa la tête et s’avança vers son amant pour l’enlacer et poser la tête sur son épaule.

« Comment tu fais pour supporter un con comme moi, dis? »
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() message posté Ven 3 Aoû - 0:40 par Nathanael E. Keynes
Cette maison, j'ai eu une phase de ma vie où je n'ai plus pu la voir en peinture. Trop proche des Keynes, de mon père... mais il y a quelques années maintenant que j'ai fait la paix avec cette partie de ma vie, et ici... ici c'est chez moi. Autant que White City, autant que Shoreditch a pu l'être. Et partager cet endroit avec la personne qui fait battre mon coeur... ça m'importe plus que je pourrais le dire. Le voir poser son sac dans la chambre d'ami me pince le coeur même si je m'efforce de n'en rien montrer, c'est son choix et je ne veux le forcer en rien.

Si ce n'est à parler. Parce que ça nous est nécessaire, quoi que je sache parfaitement que ce risque d'être une conversation houleuse. Je l'ai vu caresser presque amoureusement le vieux tourne-disque, l'ai entendu me répondre de façon dérisoire quant à ce qu'il désirait boire, le temps que je découvre ses cartons.

« Surprise me, lôôôve. »

Love. Est-ce que j'ai réellement le droit à cette appellation ? Je suis en train de lui montrer que j'ai passé des semaines à lui mentir ou tout au moins, à lui taire la vérité. Et en même temps... en même temps je ne suis pas le seul à m'être tu. Lui aussi. Pour Aberdeen, pour ses disques vendus, pour ces dernières semaines. Est-ce qu'on peut encore être quelque chose, si on n'est pas capables de se parler franchement, de se faire suffisamment confiance pour se dire la vérité ?

Je vois ses yeux s'embuer, avant qu'il ne pose sur moi ce regard hébété puis ne passe une main nerveuse sur le sien.

« Comment… Comment tu as eu tout ça?
- C'était le frère de Rika...
- Tu sais… Tu sais que je ne peux plus rembourser tout ce que tu as payé, pour ça. Mon père m’a coupé les vivres. Je n’ai plus rien. Même pas de toit. Tu sais ça, Nate?
- Je te demande pas de le faire... et... et je m'en doutais un peu... »

Il a pris en main le disque de Dylan, le premier qu'on ait écouté ensemble. Le titre "Don't think twice it's alright" me saute aux yeux et me serre le coeur. Je ne voudrais tellement pas qu'il soit prémonitoire... mais à cet instant, je n'ai aucune idée de comment les choses vont se terminer. A vrai dire je n'ai aucune idée de ce qu'il va dire, avant qu'il ne vienne vers moi, comblant la distance pour venir se lover dans mes bras, sa tête contre mon épaule.

« Comment tu fais pour supporter un con comme moi, dis? »

Mes bras sont venus se refermer autour de ses épaules, et j'ai penché la tête pour la lover au contre de son cou à mon tour.

« Tu poses vraiment la question ? »

Comment tu peux douter de l'explication à ce week-end inopiné en Ecosse, à cet investissement imprévu dans ta collection de disques, à cet appel presque désespéré pour te faire venir ici ?

« Rika fouine les disquaires et les sites en ligne. Il lui a pas fallu longtemps pour tomber sur ton annonce. Je savais bien que t'aurais refusé que je te paie quoi que ce soit, mais je pouvais pas te laisser te séparer de ça alors que ça te tient tellement à coeur... »

Je me suis éloigné un peu juste pour prendre son visage entre mes mains.

« C'est pas de la pitié, d'accord ? Crois jamais ça. Je veux juste... juste continuer à te voir t'éclater sur scène, qu'on puisse encore se passer des soirées à écouter tes disques en sifflant un whisky hors d'âge, et te voir sourire le matin devant ton café italien... Je fais ce que je peux parce que j'en ai envie et parce que j'en ai les moyens. Et si t'as besoin dun toit... »

Mes yeux aussi deviennent trop humides, mais je finis pas cette phrase, je sais qu'il va refuser... Je sais même pas si je peux me raccrocher à ces images de concert, de nous deux sur un canapé, un scotch en main, ou une tasse de café fumante...

« Et si... si c'est trop lourd de savoir que c'était mon fric... dis toi... dis toi que tu me rembourseras quand tu seras une rockstar mondialement connue. »

Si tu te souviens encore du patron de ce petit bar dans Soho, du chanteur de ce petit groupe sans réelle prétention, d'ici là. Mais ça, je suis pas plus capable de le dire que de répondre à sa question autrement que par une autre...
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() message posté Sam 4 Aoû - 20:07 par Alistair H. Pratt
« Tu poses sérieusement la question? »

Oui, il posait sincèrement la question. Parce qu’il savait que Nate méritait tellement mais tellement mieux qu’un pauvre type colérique comme lui. Qu’ils savaient tous les deux qu’il y aurait d’autres crises de psychose comme celle où Nate l’avait trouvé, glacé, sous la douche. Qu’il y aurait encore d’autre coke, sans doute. Qu’il y aurait toujours cet espèce de vide et cette espèce de rage en lui. Et ce sentiment, parfois, de ne plus savoir ce qui était réel ou non.

Et le sida. Le sida lui, serait toujours là, entre eux deux, comme une paroi invisible. Alistair cacha son visage aux creux de l’épaule de Keynes laissa ses doigts se promener dans sa chevelure. Oui comment pouvait-il mériter un mec pareil? Il soupira et resta silencieux un moment.

Lui aussi voulait revoir encore et encore cet air endormi du matin. Il voulait entendre Nate gratter sa guitare, à la brunante, sur cette plage. Est-ce que lui-même serait allé se jeter dans la gueule du loup de l’autre côté du Royaume, s’il avait senti que ça n’allait pas pour son amoureux? Est-ce qu’il aurait racheté toute une collection pour 1000 livres, pour 5000 livres? Absolument. Il s’était déjà mis dans la merde pour Derek, qui l’avait planté là. Alors pour Nate… Nate méritait le monde. Alors pourquoi était-il aussi en colère? Pourquoi avait-il aussi honte?

Parce qu’il avait peur qu’on l’enchaîne de nouveau. Mais Nate était tout le contraire de son père, non?
Et pourtant…

Il serra davantage Nate contre lui et frotta sa joue mal rasée contre la sienne.

« Ouais… ouais, si Wilde revient… on a plus de nouvelles, tu sais? Greg… enfin ses musiciens, ils sont en train de virer fous. On sait pas… Mais ouais… je te jure que si j’arrive à percer et à devenir le nouveau David Bowie de cette génération, je nous rachète les deux autres baraques à côté pour qu’on soit seuls tous les deux sur cette plage et que tes petits-enfants y fassent toutes les conneries du monde. Je te le jures. »

Il sourit timidement et se recula pour observer le visage du guitariste et poser un léger baiser sur ses lèvres.

« Ne le prend pas mal, Nate... Je… Je suis impossible à vivre, tu sais ça? Je ne suis pas vraiment prêt à vivre avec qui que ce soit. Je veux… je veux que les moments que je passe avec toi restent magiques, tu vois? Je veux pas que le quotidien tue tout ce qu’on… ce qu’on avait… Je veux pas ça. »

Il pinça les lèvres, d’un air un peu honteux.

« Je veux que ça redevienne magique, entre toi et moi. »
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() message posté Lun 6 Aoû - 0:30 par Nathanael E. Keynes
Foutaises. C'est ce que je répondrais sans doute, avec un reniflement un peu mauvais, si j'entendais ses pensées. Je mériterais mieux que lui ? En quoi ? Pour quelle raison ? Foutaises, définitivement. Alors certes, il y aura sans doute d'autres crises. De colère, de panique. D'autres sujets de désaccord, comme la coke qu'il s'est enfilé à Aberdeen, ou sa décision de rentrer seul. D'autres moments de doutes, pendant ses absences. Et sa maladie, oui.

Mais cet instant, son visage au creux de mon cou, ses doigts dans mes cheveux, son coeur qui bat tout contre le mien, ça éclipse tellement tout le reste ! Je sais bien que ça ne durera pas, pourtant. Parce qu'il y a des sujets qu'il faut qu'on aborde. Parce qu'il ne sera pas toujours aussi près de moi, si sa carrière décolle - si tant est qu'il reste avec moi, mais les chances sont minimes ; il aura le monde à ses pieds, alors... je réprime un frisson, profite tant qu'il m'est donné de le faire de pouvoir resserrer un peu mon étreinte sur son corps, respirer l'odeur de sa peau.

« Ouais… ouais, si Wilde revient… on a plus de nouvelles, tu sais? Greg… enfin ses musiciens, ils sont en train de virer fous. On sait pas… Mais ouais… je te jure que si j’arrive à percer et à devenir le nouveau David Bowie de cette génération, je nous rachète les deux autres baraques à côté pour qu’on soit seuls tous les deux sur cette plage et que tes petits-enfants y fassent toutes les conneries du monde. Je te le jure. »

Fais pas de promesse que tu pourras pas tenir, c'est la première pensée qui traverse mon esprit, mais je la garde pour moi. L'image est séduisante pourtant, et je me projetterais tellement facilement dans un tel avenir... tellement que je sais que je vais y laisser des plumes. Wilde est aux abonnés absents. Et si ça me désole pour ses musiciens laissés sur le carreau, ça me bouffe surtout pour le brun dans mes bras.

« Avec ou sans lui, je sais que t'y arriveras. »

Et c'est pas juste parce que je veux qu'il tienne sa promesse.
Je ferme un instant les yeux quand il dépose ce baiser chaste sur mes lèvres après que j'ai presque épuisé mon stock de propositions d'aides.

« Ne le prends pas mal, Nate... Je… Je suis impossible à vivre, tu sais ça? Je ne suis pas vraiment prêt à vivre avec qui que ce soit. Je veux… je veux que les moments que je passe avec toi restent magiques, tu vois? Je veux pas que le quotidien tue tout ce qu’on… ce qu’on avait… Je veux pas ça. »

Avait. J'encaisse le passé, accuse le coup comme je peux, mais je peux pas empêcher mon coeur de se serrer.

« Je veux que ça redevienne magique, entre toi et moi. »

Qu'est ce que je peux répondre à ça ? Pas grand chose en réalité, même si l'idée qu'il reste embourbé dans une situation plus que précaire en refusant mon aide me tue. Je veux qu'on retrouve ces moments hors du monde, hors du temps, tous les deux. C'était magique, oui, c'est le mot. C'était notre petit monde à nous. Moi aussi je veux retrouver ça. Comment je pourrais le refuser ?

« Ok... »

Un souffle à peine. Je pose mon front contre le sien, ferme les yeux encore un instant avant de hocher doucement la tête.

« Mais si je peux t'aider en quoi que ce soit, laisse-moi le faire, je t'en prie... »

Parce que je veux pas me retrouver paumé, spectateur impuissant, et dommage collatéral même, d'un second Aberdeen. Je peux pas supporter l'idée que tu sois mal, en difficulté, en danger, même, sans que je sois au courant, sans que je puisse rien faire pour l'empêcher.

« Je pourrais pas supporter de rester en dehors de ta vie... d'une partie de ta vie. Je peux pas être là que dans les bons moments, je veux pas... »

Je veux pas être avec toi qu'à moitié, j'y arriverai pas. Je me suis écarté, et je passe une main nerveuse sur mon visage défait, nous sers deux verres d'un vieux bordeaux qui aurait sans doute mérité d'être carafé... Je peux pas ne pas avoir les idées suffisamment claires pour évoquer tout ce qui doit l'être alors je fais l'impasse sur le scotch hors d'âge. Un autre soir... j'espère.

« Je suis une fouine, tu sais... »

Je lui ai tendu un des deux verres, comme si mes mots avaient déjà tout expliqué, cherchant un instant sa main libre pour l'amener à s'asseoir sur un des deux fauteuils face à la baie vitrée. J'arrive pas à me résoudre à la lâcher cela dit.

« Ce qu'on me cache, je peux pas ne pas chercher à le déterrer... Je sais pas rester dans le flou et faire abstraction des infos manquantes, je fonctionne pas comme ça. Encore moins quand ça touche quelqu'un à qui je tiens. »

Parce que je tiens à toi, oui, plus que je suis capable de le dire. Et oui, quelque part, je t'en veux un peu de m'avoir mis à l'écart. D'Aberdeen, du trajet de retour, de cette dernière quinzaine d'attente insoutenable.

« Je saurai pas ne pas chercher à combler les vides et je pourrai pas m'empêcher de m'inquiéter... alors si ça sonne comme un adieu... »

Bon Dieu, t'imagines pas à quel point ça me terrorise ! Je détourne le regard, clairement pas serein. T'es là, tout près de moi, pourtant j'arrive pas à m'ôter de l'esprit la sensation de te regarder pour la dernière fois qui s'est insinuée en moi quand t'as quitté la demeure des Pratt. J'ai ta main dans la mienne, et je suis mort de trouille de la voir s'en échapper à tout moment. Et j'ai beau tenter de me raisonner - tu serais quand même pas venu jusqu'ici pour repartir aussitôt, n'est-ce pas ? - je peux pas empêcher mes doigts de trembler, sur mon verre que je porte à mes lèvres comme entre les tiens.
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() message posté Mer 8 Aoû - 8:17 par Alistair H. Pratt
L’hébètement avait laissé la place à la panique. La même panique qui l’avait terrassé dans le train. Nate ne le faisait pas venir simplement pour lui dire que tout était fini, n’est-ce-pas? Que tout n’était pas une sinistre ironie.ironie.

N’est-ce-pas?

Sans s’en rendre compte, il s’était agenouillé et s’était emparé du verre de bordeaux pour le mettre n’importe où ailleurs que dans ces mains tremblantes qui l’horrifiaient. Nate était le plus fort, le plus solide d’entre eux. Lancelot sur son cheval blanc. De le voir trembler ainsi lui était insupportable. Comment avaient-ils pu en arriver là? Il lui pris les mains et les serra dans les siennes.

Les mots s’entrechoquaient, dans sa tête. Il savait parfaitement quoi faire pour faire comprendre à quelqu’un de ne plus le rappeler. Quoi dire pour rompre une idylle qui ne menait nulle part. Mais dire à quelqu’un qu’il ne voulait pas le voir partir? Comment exprimait-on ça, hein? Il embrassa les mains de Nate et demeura silencieux un long moment.

« Je ne veux pas que ça soit un adieu. Je ne veux pas. »

Il avait dit ces derniers mots comme un môme, il le savait bien. Il savait bien qu’il faudrait bien plus que des paroles d’enfant gâté pour réparer ce qui s’était passé à Aberdeen. Alistair n’était pas sûr de comprendre. Comprendre pourquoi Nate tenait tant à voir toute cette noirceur corrosive qu’il avait en lui. L’image de son grand-père lui revint en tête. Les vices grouillant sous le tapis persan et que tout le monde faisait mine d’ignorer alors qu’ils prenaient de plus en plus d’ampleur, de plus en plus d’acidité, à force de se nourrir d’eux-mêmes. Lui et Nate provenait de ce milieu-là. Un milieu de princes et de princesses presque dignes de Disney qui cachaient toutes leurs vermines insipides sous leurs propres jupes. On avait deux choix. Soit on faisait comme les autres, soit on apprenait à vivre avec la vérité. Keynes lui ne voulait plus d’ombres cachées dans les angles morts. Il baissa la tête.

« Si c’est pour ce qui s’est passé à cette foutue réception, je… »

Il hésita un moment en regardant leurs mains entrelacées.

« Je savais que ça allait être la merde. Je voulais que ce soit de la merde. Pourtout ce que mon père m’a fait subir. Pour cette impression de n’être qu’un foutu pion. Ses menaces s’étaient accentuées au cours des derniers mois et… et … Et quand j’ai appris mon diagnostic… Tu ne peux pas imaginer la terreur que ça fait… De savoir que tu vas finir par crever d’un truc moche éventuellement ou que ton propre père va se retourner contre toi et probablement tenter de te faire oublier en douce et essayer de cacher ce qui reste de ton existence… J’en pouvais plus et il fallait que ça cesse. Et pour ça, il fallait que ce soit la merde. Mon père… je sais que mon père est capable de faire de la vie de quelqu’un un enfer et… et je te l’ai dit. Je ne voulais pas que tu sois dans sa ligne de mire…»

Il déglutit.

« Et je voulais… prendre le contrôle de ma vie, pour une fois. Qu’on arrête enfin de me prendre pour un incapable. Confronter mon père et le faire seul, comme n’importe qui. Quand, je vous ai vu Castiel, toi… C’est comme… c’est comme si on me prenait encore comme une putain mauviette. J’ai pêté un cable… un sacré cable… Je sais que ce n’était pas ton intention, c’est juste… c’est juste… J’étais… j’étais en colère. Contre tout. Je suis désolé...»

Alistair soupira et caressa la joue du guitariste.

« Je suis pas mal perdu en ce moment, je n’arrive pas vraiment à penser clairement… Je… je tiens à toi. Je tiens vraiment à toi. Que tu sois une foutue fouine ou non… Je m’en fous, je ferai avec… J’ai juste peur que tu me laisse tomber quand tu auras marre d’être avec un fou furieux… »

Il secoua la tête, affligé et lâcha les mains de son amant pour prendre son verre et le finir d’un trait, sans même prendre le temps d’en savourer la teneur et regarda la plage, par la fenêtre d’un air absent et soupira doucement.

« Est-ce qu’il y d’autre chose que tu aimerais savoir, Nate? »
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