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[Hastings] We can rise above their truth and their lies ♪ AliNael

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() message posté Mer 8 Aoû - 23:04 par Nathanael E. Keynes
« Je ne veux pas que ça soit un adieu. Je ne veux pas.
- Moi non plus. »

Ses mains sont venues prendre les miennes, leur retirant le verre de vin comme si j'allais le laisser échapper. Est-ce que je pourrais affirmer honnêtement que ça ne serait pas le cas ? J'en sais foutrement rien, si ça se trouve trois secondes après, on aurait retrouvé le parquet imbibé de vin et jonché de morceaux de verre. Tout ce que je sais, c'est que la pression de ses doigts sur les miens est le seul réconfort auquel je me raccroche ou presque, à cet instant, pour ne pas craquer. Il est là. Il a vu mon trouble - difficile de faire autrement, j'en conviens - et cherche visiblement à l'atténuer. Et bordel, moi non plus j'ai pas envie qu'on se fasse des adieux ! Tellement pas ! Ce baiser sur mes mains me permet peut-être un peu de calmer mes nerfs, mais je sais bien qu'on a beaucoup de choses à évoquer avant de pouvoir recommencer à avancer, et si je suis parfaitement conscient que ne pas le faire serait juste suicidaire pour notre relation, je sais aussi que ça ne va pas être facile, et je sais pas comment ça va se terminer. Parce qu'Aberdeen n'est pas un sujet anodin, et qu'on sait tous les deux que les choses à dire ne nous plairons pas. Parce qu'il y a trop de choses qu'on ne dit pas, par nature, par habitude, et qu'aller à l'encontre de cet état de fait ne pourra pas être simple.

« Si c’est pour ce qui s’est passé à cette foutue réception, je… Je savais que ça allait être la merde. Je voulais que ce soit de la merde. Pour tout ce que mon père m’a fait subir. Pour cette impression de n’être qu’un foutu pion. Ses menaces s’étaient accentuées au cours des derniers mois et… et … Et quand j’ai appris mon diagnostic… Tu ne peux pas imaginer la terreur que ça fait… De savoir que tu vas finir par crever d’un truc moche éventuellement ou que ton propre père va se retourner contre toi et probablement tenter de te faire oublier en douce et essayer de cacher ce qui reste de ton existence… J’en pouvais plus et il fallait que ça cesse. Et pour ça, il fallait que ce soit la merde. Mon père… je sais que mon père est capable de faire de la vie de quelqu’un un enfer et… et je te l’ai dit. Je ne voulais pas que tu sois dans sa ligne de mire… Et je voulais… prendre le contrôle de ma vie, pour une fois. Qu’on arrête enfin de me prendre pour un incapable. Confronter mon père et le faire seul, comme n’importe qui. Quand, je vous ai vu Castiel, toi… C’est comme… c’est comme si on me prenait encore comme une putain mauviette. J’ai pêté un cable… un sacré cable… Je sais que ce n’était pas ton intention, c’est juste… c’est juste… J’étais… j’étais en colère. Contre tout. Je suis désolé...»

Je l'écoute évoquer la réception des Pratt, son besoin de s'émanciper de leur emprise, la nécessité que ce soit avec perte et fracas. Et ça je le comprends. Je le comprends parfaitement. On a grandi dans le même monde, des Pratt et des apparences, on en a connues d'autres. Des cages dorées et des geôliers aux allures de maîtres d'hôtel aussi. Je hoche tristement la tête. Ce n'est pas ça le problème, pour moi, ce n'est pas ce coup d'éclat qui me tue. Mais il n'a pas terminé, et si les mots qu'il met sur sa colère sont compréhensibles, je baisse le regard, ne peux pas m'empêcher de secouer légèrement la tête.

« Non ce n'était pas du tout mon intention. Je... Je peux pas prétendre comprendre ce que tu ressens vis-à-vis de lui ni de la maladie. Manifestement, mon vieux joue pas dans la même cour. Mais je comprends que t'aies eu besoin d'exploser tout ça, vraiment. Je comprends que t'aies voulu me protéger, parce que j'aurais fait la même chose, mille fois. »

Dix mille. Un million de fois, même. Je te ferai jamais ça, t'infantiliser et te laisser entendre que t'es pas capable de faire quoi que ce soit par toi-même. Je prendrai pas de décision pour toi, je t'imposerai rien. Je fonctionne pas comme ça. Je crois. Tyler et sa façon d'être me rappellent gentiment que ce sont peut-être bien des pensées en l'air. Je veux rien t'imposer, mais à lui, je lui ai bien imposé ma présence, mes envies de sortie, mon besoin de ressentir qu'il avait pas honte d'être avec moi, de contact aussi. Et je suis parti quand il a refusé ce désir d'enfant que je savais bien qu'il pourrait pas accepter. Est-ce que je suis si compréhensif que ça, au fond, hein ?

« Je suis pas mal perdu en ce moment, je n’arrive pas vraiment à penser clairement… Je… je tiens à toi. Je tiens vraiment à toi. Que tu sois une foutue fouine ou non… Je m’en fous, je ferai avec… J’ai juste peur que tu me laisse tomber quand tu auras marre d’être avec un fou furieux…
- T'es pas le seul à être désolé. Je... voulais pas te donner cette impression, et j'ai jamais ne serait-ce que pensé ce genre de chose. J'ai jamais eu cette vision de toi, et je l'aurais jamais. Crois jamais ça. Et... Et tu m'aurais dit qu'il allait y avoir cette soirée mais que tu voulais pas que je vienne, j'aurais accepté. Je me serais sans doute un peu fait un sang d'encre toute la nuit jusqu'à avoir de tes nouvelles, mais j'aurais pas mis les pieds là-bas si tu m'avais dit que c'était ce que tu souhaitais. Mais je suis pas venu pour que tu te penses pas capable de gérer seul... Juste... Je peux pas te laisser dans la merde sans essayer de rien faire, ça c'est au-dessus de mes forces. Et je... Je flippais à l'idée de plus pouvoir te revoir après ça... d'autant plus avec la came... »

Parce que même si c'était pas dit, c'était visible, et j'ai déjà vu ces pupilles dilatées chez Stan, notamment. Résultat, je t'ai pas vu pendant quinze jours, et j'en suis malade, même alors que t'es là, juste devant moi, tes doigts enlacés aux miens.
Quant à Pratt Sr...

« Mais je crois que ton père m'a en ligne de mire depuis qu'il a dû avoir des échos de ma présence chez toi par Ricardo. Déjà qu'après la débâcle de mon paternel, il a assez certainement une dent contre nous... Alors que je sois venu ou pas à son petit moment de gloire pré-orchestré... Je crois que s'il a la moindre occasion de me pourrir la vie, il hésitera pas. Il a juste une excuse de plus que de faire tomber celui qu'a fait chuter son ami il y a quelques années à présent et qui déprave son si précieux héritier. »

J'en suis convaincu, même. Et je suis prêt à gérer ce qu'il faudra. Qu'il essaie de me prendre le bar, de monter mes salariés contre moi, tiens ! Mais qu'il s'en prenne surtout pas à ma mère, ou à mes employés. A Castiel, même. A toi... Oh bordel, qu'il n'essaie même pas ! J'ai pas le bras aussi long que lui, j'ai pas les mêmes moyens, certes. Mais je partirais pas sans me battre, jamais. Et ça, il ne le sait sans doute pas encore assez. J'ai déjà prévenu Nik, qu'il ne tombe pas des nues s'il se passait quoi que ce soit... Quant aux menaces physiques à peine déguisées... Je les garde pour moi, alors pourtant que je ne devrais pas, je le sais bien.

« Est-ce qu’il y d’autre chose que tu aimerais savoir, Nate?
- Tout... Quand tu te sentiras prêt à en parler. »

Je soupire.

« Je veux pas te tirer les vers du nez, ni te braquer. Je sais bien qu'il y a des choses que tu n'aborderas pas facilement. Peut-être même jamais, même si au fond j'aimerais que t'arrives à me faire assez confiance pour m'expliquer ce qu'il s'est passé un jour. Mais même si ça en a ptêt l'air, je suis pas en train de te poser des questions de façon déguisée... Je veux juste que tu saches que je serai prêt à écouter, le jour où tu te sentiras prêt... Et je veux pas vivre dans ces mensonges qu'ils vendent à tout le monde, tout le temps. Je veux plus de ça, des faux semblants et des émotions factices pour coller à l'image qu'il faut donner. Je te demande pas de tout me raconter en détail ; moi non plus, je suis pas sûr de pouvoir parler de tout dans les grandes largeurs mais... Mais ce qui se passe dans ta vie maintenant, je peux pas rester en dehors... Je veux pas... Et je m'en fous que tu sois un fou furieux, tant que t'es le pianiste avec lequel je peux triper à l'arrache sur scène et ce type qui partage un whisky et quelques heures juste pour profiter de la musique de ces bêtes de scène qui composent cette putain de collec... »

Nouveau soupir, et comme ses mains ont lâché les miennes avant qu'il ne pose le regard sur la mer au loin, c'est à mon tour d'avaler une longue gorgée de vin.

« Et... et moi aussi, il y a des choses qu'il faut que je te dise... »

On verra si t'en as toujours rien à foutre que le type qu'est près de toi soit cette foutue fouine, après ce que je peux avoir à révéler...
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() message posté Jeu 16 Aoû - 8:01 par Alastair H. Pratt
Nate était parfait. Parfois trop. Parfois, il avait l’impression de sombrer, à côté de cette perfection. Il savait que tôt ou tard une autre crise arriverait, plus forte que la première, qu’il éclaterait. Qu’il ferait comme quand il était gosse et qu’il ferait tout pour le mettre à bout. Tout. Pour arracher le masque. Parce qu’il y avait toujours un masque. Toujours.

Sauf qu’il avait cette impression qu’avec Nate, tout ce qu’il finirait par arracher, c’était le cœur. Comment faisait-il pour vouloir le reprendre, après ce qui c’était passé à Aberdeen? Pour vouloir encore de lui, après son départ furieux. Et oui, la came… La putain de came… Était-il conscient que son amant n’était pas pas un enfant de chœur? Il sourit tristement.

« C’est pas comme si c’était ma première fois, Nate… »

Il laissa sa phrase en suspend. Non, c’était loin d’être la première fois. Même l’overdose de Pettigrew et son renvoi d’Oxford ne l’avait pas ébranlé. Et puis, il s’était décidé de tout arrêter, après Rome. D’arrêter les lignes de coke, d’arrêter le speed et même d’arrêter de boire. Pourquoi? Il n’en savait rien. Parce qu’il pensait avoir touché le fond, finalement. Il avait passé deux ans à vivre et revivre ses flashbacks dans l’abstinence et ça n’avait rien changé. Rien.  Et maintenant, il se tenait là avec son verre à la main. Un Pratt tient toujours ses promesses. Mon cul, oui. Il avala une gorgée de vin.

Il n’était plus un Pratt. Non?

Il savait qu’il était vulnérable. Il avait beau faire le fier devant Wilde et lui cracher en pleine figure sa dépendance à la dame blanche, pour sentir mieux que lui… La simple vue de cette poudre sur le bois verni du piano lui avait redonné le vertige et le goût des hauteurs.

She comes along
She gets inside
She's better than anything you've tried
It's her kiss
The black seal
It runs deeper than you can dare to dream it could be


Qu’allait-il se produire, s’il partait, un jour, avec Wilde? Greg serait là, surement. Et Baby Boy. Baby boy lui parlerait de Nate et le rammènerait sur terre. Pour lui. Parce que Max était un peu comme Nate. Il le sermonnerait, comme une maman de Manchester, jusqu’à ce que les oreilles lui vrillent le crâne. Est-ce que ce serait suffisant? Il avait vu la panique, dans les yeux de son amant, à son départ d’Aberdeen. Il avait été incapable de le rassurer, paralysé par sa propre rage. Il secoua la tête, soupira lourdement, en s’emparant de la bouteille, près d’eux.

« Putain de Ricardo… Il est venu voir, tu sais. Mon père. Le jour où… le jour où vous m’avez retrouvé, toi et Castiel… Il est venu… je ne sais même pas pourquoi il est venu. Il est venu me rappeler que j’étais sa chose, à sa façon. Me mettre en garde de ce qu’il pourrait faire. Ouais il savait à propos de moi… J’ai toujours fait attention, de ne pas… de ne pas ramener de mecs… mais… mais j’ai fait une connerie, il y a quelques mois. Un type… un type avec qui j’étais au lycée… Mon père… mon père n’est pas comme le tien, non. Jamais de fessée. Jamais un mot plus haut que l’autre. Non… c’est… j’arrive même pas à l’expliquer. Il s’en foutait de ton père, crois-moi. Les gens, ce sont des pions sur un échiquier, pour lui. Il fait ce qu’il veut avec, tant qu’ils sont utiles. Et là… je ne lui sers plus à rien, non? C’est pour ça que tu ne devais pas être là, tu comprends? Pour qu’il s’aperçoive que je ne lui sers à rien, avec ou sans toi. Qu’il ne mette pas la faute sur tes épaules et ne se serve de toi pour me reprendre. Et qu’il nous foutent la paix, le temps de se trouver un autre pantin. Ça fait deux semaines que je n’ai plus de nouvelles. Je suppose qu’il attend comme un con que je craque. »

Il se versa un verre plein avant d’en boire une gorgée. Son père n’était pas si con. Combien de fois avait-il failli craquer, devant la vision ignoble du père d’Erwan, dans son fauteuil élimé? Et cette putain d’entrevue qu’il avait eu en revenant d’Aberdeen, dans ce supermarché, pour un simple poste de commis à l’emballage. Le type l’avait fait venir juste pour se moquer de lui, de son beau Bachelor degree d’Oxford et du fait qu’il n’avait jamais travaillé de sa vie. Là, il avait bien failli craquer.

Nate était parfois trop parfait. Trop patient. En avalant cette gorgée de bon vin, la pensée lui vint en tête qu’il aurait presque voulu que son amant le pousse à parler, lui fasse des menaces, le prenne par le collet. Qu’il lui fasse une crise parce qu’il ne pouvait pas le baiser une fois pour toute. Toute cette patience le déstabilisait. Il aurait voulu baiser, sur cette putain de plage. Avoir du sable partout et s’en foutre.

S’en foutre partout.

Il leva la tête vers Nate, prêt à entendre le pire. Qu’il lui dise qu’il avait baisé un autre mec pendant ces deux dernières semaines, tiens. Qu’est-ce que Nate avait de si horrible à cacher, pour être si mal à l’aise.

« Vas-y. Vas-y, je t’écoute. »
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() message posté Jeu 16 Aoû - 22:19 par Nathanael E. Keynes
Parfait.
C'est ce que mon père a toujours voulu que je sois, que j'ai jamais été à ses yeux. Jamais je m'en suis même approché. C'est pas faute d'avoir essayé, des années durant. Et même si j'ai jeté l'éponge il y a longtemps, il y a des trucs qui restent, sans doute, dans ma façon d'être, dans cette volonté de toujours vouloir faire en sorte de ne pas craquer, de ne jamais laisser voir la moindre faiblesse. Si ce n'est celle des sentiments, mais c'est un point de vue qui se discute et que je ne partage pas. Pas complètement toujours.

Je suis pas parfait. Je suis une fouine, incapable de pas me mêler de ce qui me regarde pas, sauf si ça doit blesser mes proches - et encore. Je suis fier, et rancunier, et jaloux, et maniaque, et perfectionniste au point que ça en devient presque maladif. Je suis claustrophobe, et allergique aux chats, et végétarien, c'est pas forcément simple pour les autres de composer avec tout ça. Je tiens pas en place, je m'arrête jamais, faut toujours que je fasse quelque chose et je sais que c'est chiant pour plein de gens, mais je suis pas capable de faire autrement. Je tolère les erreurs des autres, je me pardonne pas les miennes. Et je dis rien, bordel, je dis jamais rien de ce qui me ronge de l'intérieur et que je garde tout au fond de moi. Je dis rien, jusqu'à ce que je pète un câble et que je claque la porte. Je suis con putain, à vouloir que les autres comprennent sans que je leur donne les clefs pour qu'ils le fassent.

Alors non, bordel, je suis pas parfait.
Et je m'en fous que tu le sois pas non plus.

« C’est pas comme si c’était ma première fois, Nate…
- Je m'en suis douté, oui... »


Et je sais pas ce que je peux répondre d'autre. Je dirais bien qu'il faudrait qu'il arrête, mais je sais bien que c'est pas si simple. Je me souviens de Stan et de la difficulté pour l'envoyer en cure. Et je sais bien que c'est illusoire d'espérer qu'il puisse se sevrer sans aide pourtant... Pourtant je peux pas m'empêcher d'espérer que j'aurais pas à voir ça. Que j'aurais pas à le laisser loin de moi. Pourtant c'est bien ce qu'il se passera quand il partira en tournée, avec son groupe, face a des fans en délire, non ?

« Putain de Ricardo… Il est venu voir, tu sais. Mon père. Le jour où… le jour où vous m’avez retrouvé, toi et Castiel… Il est venu… je ne sais même pas pourquoi il est venu. Il est venu me rappeler que j’étais sa chose, à sa façon. Me mettre en garde de ce qu’il pourrait faire. Ouais il savait à propos de moi… J’ai toujours fait attention, de ne pas… de ne pas ramener de mecs… mais… mais j’ai fait une connerie, il y a quelques mois. Un type… un type avec qui j’étais au lycée… »

J'étais pas là, j'ai rien à dire, et il a bien le droit d'avoir eu une vie avant... avant nous, s'il y a vraiment un nous, s'il y en a encore un à la sortie de cette discussion douloureuse. Mais je peux pas m'empêcher de ressentir les griffes de la jalousie se refermer sur mon coeur. Je ferme ma gueule, parce que j'ai pas vraiment le droit de dire grand chose. Mais au fond, je veux rien savoir de ce mec, je voudrais presque même pas savoir qu'il existe.

Peut-être parce que ça me rappelle ce type, qui s'est tapé Tyler, pendant que j'étais pas là. Parce que j'ai claqué la porte, et que j'ai été trop con pour revenir tout de suite. Parce que j'avais la trouille qu'elle me soit reclaquée au nez, et surtout par fierté. Parce que je voulais pas admettre que j'avais eu tort de partir comme ça. C'est différent ici, pourtant. On s'était pas revus depuis les soirées mondaines, on en aurait presque oublié l'existence de l'autre, s'il s'était pas pointé par hasard dans mon bar ensuite, il avait bien le droit de faire ce qu'il voulait avec ce type.

Sauf que ça arrive pas avec moi non plus, et que la frustration aide pas à faire passer la pilule. Je le vois avec un mec imaginaire, je le visualise faire... Tout ce qu'on arrive pas à faire depuis qu'on a passé cette première nuit dans son appart' près de Golden Square. Et ça me rend dingue.
Mais je dis rien. Je ferme ma gueule, encore.

« Mon père… mon père n’est pas comme le tien, non. Jamais de fessée. Jamais un mot plus haut que l’autre. Non… c’est… j’arrive même pas à l’expliquer. Il s’en foutait de ton père, crois-moi. Les gens, ce sont des pions sur un échiquier, pour lui. Il fait ce qu’il veut avec, tant qu’ils sont utiles. »

Je crois que c'est encore pire. Je crois que mon père s'est fait avoir comme un bleu, et j'ai beau lui vouer une haine notoire, je serais presque désolé pour lui. Presque. Mais pas tout à fait, faut pas déconner non plus. Il n'a levé la main sur moi que ce jour-là, le jour où ma mère l'a quitté, mais les mots et les regards... Sa plus grande déception. C'est définitivement ce que j'ai toujours été pour lui.
De toute façon ça n'a pas d'importance. C'est tellement accessoire au milieu de tout le reste.

« Et là… je ne lui sers plus à rien, non? C’est pour ça que tu ne devais pas être là, tu comprends? Pour qu’il s’aperçoive que je ne lui sers à rien, avec ou sans toi. Qu’il ne mette pas la faute sur tes épaules et ne se serve de toi pour me reprendre. Et qu’il nous foutent la paix, le temps de se trouver un autre pantin. Ça fait deux semaines que je n’ai plus de nouvelles. Je suppose qu’il attend comme un con que je craque. »

Il s'est resservi, boit encore une gorgée de vin, et je tends la main pour faire de même, attrape le verre dont il m'a délesté peu avant pour le vider d'un trait, et une seconde durant, j'hésite à me resservir mais mes doigts tremblants me dissuadent. Je me rabats sur une cigarette que j'ai toutes les peines du monde à allumer, et je peste dans mon coin, en me levant presque d'un bond, incapable de rester en place. La démarche saccadée qui témoigne de ma nervosité, je me dirige vers la porte-fenêtre qui s'ouvre vers la mer et déverrouille le battant pour laisser s'échapper la fumée.

« Vas-y. Vas-y, je t’écoute. »

Un instant, une seconde, une minute ? Le silence plane, comme je suis incapable de trouver les mots calmes pour annoncer ce que j'ai à dire. Et puis j'ai l'impression de m'entendre parler d'en dehors de moi-même. Comme si ça n'était pas vraiment moi, là, debout à regarder l'étendue d'eau au loin, incapable de soutenir son regard.

« Je voulais t'en parler d'abord, mais Castiel a répondu en premier, et je lui ai pas caché... J'ai fait analyser vos tasses, de ce jour-là, tu sais ? Je vous ai dit que je trouverais, j'ai toujours des contacts... d'autres fouines plus accrocs aux scoops que moi, même. J'ai pas encore tout le déroulé, je sais pas comment ça s'est fait. Mais je sais que vous êtes pas semblables pour rien. J'ai les résultats là, sur la console derrière... »

Derrière ce fauteuil dont je me suis levé. Derrière toi, assis tout près. Je suis pas capable de me retourner et de croiser son regard. Je suis pas capable de dire tout ce qui me bouffe et qui pourtant aurait tellement besoin d'être évoqué. Comment on dit à quelqu'un qu'on aime que tout ce qu'il a toujours cru toute sa vie durant, c'est bel et bien du vent ? Comment on détruit les maigres illusions qu'on peut garder, dont on peut continuer à se bercer pour pas complètement être noyé dans l'inconnu ?

« Des jumeaux séparés à la naissance... Un magnat du barreau incriminé... Ca lui ferait un super scoop, tiens... »

Mais j'en ai rien à battre du scoop, moi. Faire tomber son père, c'est même pas ma priorité. Pas cette fois. Pas alors qu'il s'agit de lui. Et j'imagine toutes les réactions possibles, le déni, la colère, des éclats, des portes qui claquent, des larmes. Tout sauf une acceptation simple de ce qui peut être écrit sur ces documents de laboratoire.

« Des pions sur l'échiquier... »

C'est tout ce qu'on est pour Pratt. C'est tout ce qu'il voit dans cet enfant qu'il s'est approprié pour avoir cet héritier qui lui faisait tant défaut, n'est-ce pas ? C'est tout ce qu'il voit dans le môme battu qu'il a laissé être torturé, abusé, pour le prendre en exemple et faire filer droit son double, pour pas qu'il sorte de sa cage dorée. Et il croit que je vais être ça, la pièce qui lui permettra de mettre encore son fils en échec, et lui imposer sa retraite ?

« Je serai pas une putain de pièce qu'il utilisera pour te ramener dans ses filets... »

Je me suis retourné, finalement, sur ces mots-là. Je réfléchis à voix haute plus qu'autre chose, depuis cinq minutes, mais je cherche enfin son regard, et le mien est un peu trop brillant, de douleur et de rage à la fois.

« Et s'il tente quoi que ce soit dans ce sens, je refuse que tu te sacrifies pour tenter de me protéger. Il a régi toute ta vie, jusqu'ici, pour que tu prennes sa suite. Tu viens à peine de te libérer de cette prison, le laisse jamais t'emprisonner à nouveau... »

Je cautionne pas la forme, mais je peux que valider le fond de son coup d'éclat à Aberdeen. J'ai détesté le voir partir en furie, parce que j'ai flippé à mort de plus jamais le revoir, et on sait tous les deux qu'on a souffert de ce week-end, n'est-ce pas ? Alors que ça ne soit pas en vain.

« Qu'il mette toutes les fautes du monde sur mes épaules si ça lui chante, je suis plus à ça près... C'est pas comme si j'avais pas l'habitude qu'on me discrédite. On en reparle du gamin pas crédible en patron de bar ? Du journaliste trop blanc-bec pour être pris au sérieux ? Du musicien qu'ira jamais plus loin que sa propre scène ? Laisse-le me foutre tous les torts sur le dos, si ça peut lui faire plaisir. Que je sois ce mec déviant, instable, dangereux pour sa santé et celle des autres, cette déception terrifiante pour ma mère, qu'a laissé filer une vraie carrière et qui lui donnera jamais de petits-enfants, tout ce qu'il veut... mais le laisse jamais t'enfermer à nouveau. T'es pas son fils, et quand bien même ce serait le cas, il a aucun droit sur toi. T'es pas sa chose, t'es majeur, et t'as tous les droits de faire ce que tu veux de ta vie, personne à rien à y redire. »

Pas même moi. Et je me rends même pas compte, aveuglé par la rancoeur contre ce type qui représente tout ce que je déteste, de ce que je viens de révéler, et de la dureté de mes derniers mots.
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() message posté Sam 18 Aoû - 9:12 par Alastair H. Pratt
Alistair avait noté le silence de son amant. Oh oui, il l’avait senti ce silence lorsqu’il avait mentionné Derek, entre les lignes. Pourtant, Nate ne mentionnait rien. Que s’imaginait-il? Il détestait sentir toutes ces doutes, dans les silences de Keynes. Tous ces non-dits. Il aurait presque voulu le prendre par le collet et le secouer pour qu’il crache enfin toutes ces putains de questions. Pourquoi lui et pas moi? Où as-tu chopé cette putain de maladie? Pourquoi la coke? Pourquoi tu n’as pas mis de capote, ce soir-là, Ali? Pourquoi t’ai-je retrouvé dans recroquevillé dans ta douche?

Pourquoi est-ce que je ne peux pas te prendre et de sentir ce que ça fait, d’être en toi, hein?

Mais les questions restaient bloquées par sa peur de ne pas le brusquer. Toujours cette putain de peur de le briser, comme s’il avait été une statue de cristal ou un bibelot sur le bord de la cheminée… et les réponses, par la honte. Toujours cette putain de honte. La prison dorée que son père lui avait infligée, pendant vingt-cinq ans n’était presque rien, à côté de cette honte.

Et puis Nate se leva et s’apprêta à passer aux aveux. Quelles lourdes révélations pouvait-il donc cacher? Qu’il avait baisé quelqu’un d’autre durant deux semaines? Il le regarda finir son verre d’un trait et se lever nerveusement pour fuir vers la fenêtre, vers la plage. Pour le fuir lui.

Et les révélations de Nate tombèrent. Des révélations, vraiment? Était-ce réellement une surprise pour qui que ce soit? Il se souvenait encore du bras de son père autour des épaules de Castiel, à Aberdeen, avec la tête penchée vers son frère comme s’il lui faisait des confidences. Et des iris bleus qui s’étaient directement posé à ce même moment sur lui, caché derrière son minable rôle de serveur soi-disant invisible. Et il lui avait souri. * Qu’est-ce qui s’était dit, là-bas? Alistair n’en savait rien. L’image avait tourné en boucle dans sa tête et l’avait poursuivi jusque dans le fond de ce maudit sac de couchage dans lequel il s’était terré, pendant deux semaines.

Son père savait. Il avait toujours su.

Alistair prit le dossier à l’endroit indiqué et l’ouvrit avec frénésie. Il avait eu un séminaire à Oxford sur les résultats d’ADN et leur portée, dans un procès. Même ADN. Jumeaux identiques.
Il s’appelait Azrael Eristoff. Il était le putain de bâtard d’une pauvre fille-mère bulgare et son putain de certificat de décès était sans doute aimanté à un vieux frigo dans un appartement insalubre d’Aberdeen, si Castiel n’inventait rien. Toute sa vie, tous ses airs supérieurs et tous ses caprices de gosse de riche n’avait été qu’une illusion.

Il jeta rageusement le dossier dans la cheminée et s’appuya dessus, pour contrôler la colère qui se remparait de lui. Bien sûr que tout le monde savait que Castiel et lui étaient jumeaux! Il fallait être aveugle pour ne pas le voir.

Et puis, la vision de son père, plombé sur sa canne lui revint en tête. Le regard fuyant de Millard lors qu’il lui annonçait que son père prenait sa retraite aussi. L’angoisse du scandale le terrassa. Le ton posé de son père, sur ce qui se passait à l’abri des regards lui revint en tête. Éviter le scandale, à tout prix. Alistair eut l’impression que c’est quelqu’un d’autre qui parlait, lorsqu’il ouvrit la bouche.

« Il n’y aura aucun scoop, aucun article, est-ce que c’est clair? »

Le ton sans équivoque d’un avocat sur le point de livrer une injonction de la cour. Une interdiction de publication. Alistair en eut presque un haut-le-cœur. Son père l’avait bien modelé, après tout.

Il secoua la tête lorsque Nate tenta passionnément de lui faire comprendre qu’il ne permettrait pas à son père de l’enlever à nouveau et de gâcher sa vie à cause de lui. Il faillit fondre et enlacer son amant, en lui promettant que rien de tout cela n’allait arriver, qu’ils seraient juste tous les deux et qu’il ne retournerait jamais à Nothing Hill ni à Oxford. Puis le discours de son amant s’enflamma et sa voix trembla en vociférant des ignominies sur son manque de sérieux, ses différents choix de carrière, de son art… De la honte qu’il devait sans doute faire à sa mère et… et de son instabilité et sa perversité. Le pianiste figea, quelques instant, en le regardant se rabaisser…

Et Alistair éclata de rire. Un fou rire aigre et sans joie qui lui arracha des larmes aux yeux. Il se calma en vidant son verre et en reniflant comme un môme mal élevé.

« Tu te rends compte que c’est lui que j’entends, au travers de toi, en ce moment Nate? Tu le sais qu’il fait passer son message au travers de toi? Tu te rends compte de ça, hein? Est-ce que tu vois ce qu’il réussit à faire, juste là? C’est à Aberdeen qu’il t’a dit tout ça ou avant? Tu vois, c’est ça qu’il fait, Nate. C’est ça qu’il fait. Mais tu le sais pourtant que tu devrais être fier d’avoir ce bar. Tu le sais qu’on s’en fout, tout les deux, que tu ne veuilles pas de célébrité. Bordel, même le bassiste, le chanteur et le batteur de mon putain de groupe n’en veut pas. Il n’y a que moi qui veut ça. Moi et ma putain d’ambition destructrice. Et tu sais très bien que ta mère t’aime comme tu es. Que je t’aime comme tu es. »

Il s’approcha d’un pas et lui caressa la joue.

« Les enfants que tu ne pourras supposément pas avoir. Ça revient souvent chez toi, hein? »
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() message posté Sam 18 Aoû - 11:13 par Nathanael E. Keynes
Je suis pas serein quand je recommence à parler. Je suis pas serein quand je lui indique ce putain de dossier, médical, mais pas seulement. Toutes les notes prises chez lui, les quelques photos rajoutées ensuite, Castiel, lui. Mon écriture et celle d'Eli. Qu'a évidemment gardé des copies de tout, en bonne fouine qu'elle est. Elle travaillait déjà sur le sujet avant que je la contacte, je lui ai apporté de l'eau à son moulin, je me fais aucune illusion quant au fait qu'elle soit sur le pied de guerre à présent. Je suis encore moins serein quand il balance tout, rageusement, dans la cheminée, et s'appuie dessus. Et c'est pas vraiment lui que j'entends quand il se décide à prendre la parole.

« Il n’y aura aucun scoop, aucun article, est-ce que c’est clair ? »

Le ton me glace le sang. C'est pas Alistair que j'entends à cet instant, c'est son père - ou tout au moins celui qui l'a élevé comme tel. Et je peux pas faire de promesse à ce sujet, parce que ça n'est plus réellement dans mes mains. Je peux découvrir le fin mot de l'histoire, mais je suis pas le seul impliqué. Et elle ne lâchera pas l'affaire, je le sais bien. Mais je peux pas laisser le moindre risque que la cage des Pratt se referme encore sur lui, je supporterai pas qu'il se retrouve à nouveau enchaîné après le prix qu'on a payé pour qu'il se défasse de ses fers une bonne fois pour toute, alors mon discours s'emporte, et je me déteste pour ce que je suis en train de marteler. Ca non plus, c'est pas moi. C'est tout ce que j'ai entendu toute ma putain de vie. Tout ce contre quoi je me bats en permanence. Et quand il éclate d'un rire sec, les larmes aux yeux, je porte ma clope à mes lèvres en détournant le regard, tandis qu'il vide son verre.

« Tu te rends compte que c’est lui que j’entends, au travers de toi, en ce moment Nate? Tu le sais qu’il fait passer son message au travers de toi? Tu te rends compte de ça, hein? Est-ce que tu vois ce qu’il réussit à faire, juste là? C’est à Aberdeen qu’il t’a dit tout ça ou avant? Tu vois, c’est ça qu’il fait, Nate. C’est ça qu’il fait. Mais tu le sais pourtant que tu devrais être fier d’avoir ce bar. Tu le sais qu’on s’en fout, tout les deux, que tu ne veuilles pas de célébrité. Bordel, même le bassiste, le chanteur et le batteur de mon putain de groupe n’en veut pas. Il n’y a que moi qui veut ça. Moi et ma putain d’ambition destructrice. Et tu sais très bien que ta mère t’aime comme tu es. Que je t’aime comme tu es. »

J'avais dix mille choses à répondre, mais ces derniers mots me clouent le bec et me figent un instant, tandis que sa main se pose sur ma joue. Je t'aime comme tu es. J'ai jamais entendu ça ailleurs que dans la bouche de ma mère, tu le sais ça ? Je t'aime comme tu es. Ca tourne en boucle dans ma tête, anesthésie mes pensées. Je devais dire quelque chose, non ? Je sais pas, je sais plus où je voulais en venir, je sais juste qu'il est là, tout près de moi, sa main sur ma joue, et que c'est encore trop loin.

« Les enfants que tu ne pourras supposément pas avoir. Ça revient souvent chez toi, hein? »

J'ai pas répondu tout de suite, certainement pas à ce dernier point, mais je suis venu l'enlacer, serrer son corps contre le mien, blottir ma tête au creux de son cou, sentir l'odeur de sa peau. Une seconde, une minute, dix ? Je sais pas, je m'en fous. Je voudrais rester là indéfiniment. Mais il y a trop de choses à dire, trop de questions en suspens.

« C'est pas juste lui, tu sais ? C'est pas que ton père. Oui, c'est le genre de trucs à la con qu'il a pu me sortir à Aberdeen, mais c'est pas le premier à tenir ce genre de discours, ça sera sûrement pas le dernier. C'est ce qu'on me sort partout, tout le temps, depuis... Je sais même pas te dire depuis quand. Je suis fier de mon bar, de mon groupe, de mon blog, tu sais ? C'est pas vraiment ça le truc. Et objectivement, je sais que ça fonctionne, que le staff est pas resté malgré les changements de proprio et d'enseigne pour rien, que la salle est pas remplie tous les soirs pour rien, qu'il y a pas tant de vues sur mes articles pour rien... »

Je me suis détaché un peu, pour finalement croiser son regard en continuant sur ma lancée. Je me rends même pas vraiment compte que mes yeux sont trop humides, pas encore toujours. Je sais que c'est un sujet qui me touche plus que je ne le laisse voir, pas pour rien que j'en parle pas d'ordinaire. Ca n'a pas d'importance, les mots sortent, parce qu'ils ont besoin de le faire, et je sais pas si je me rends tellement compte de ce que je suis en train de dévoiler, je crois qu'il vaut mieux pas que j'y réfléchisse de trop.

« Et c'est pas que je veux pas de la célébrité... God, je kifferais de faire de plus grandes scènes devant un public en délire. De sentir la foule vibrer en même temps que nous sur scène... Mais mon bassiste et mon batteur non plus en veulent pas, tu vois ? Comme Max et Erwan, Rika et Kaspar, ils sont là pour se faire plaisir, mais pas plus. Et une part de moi voudrait les pousser comme tu le fais pour Untitled, mais je suis sur trop de fronts à la fois, et malgré toute la passion que je mets dedans, ça suffit pas. Ca peut pas suffire. C'est jamais assez. »

Ma voix se brise de sanglots étouffés sur ces derniers mots, bien trop lourds de sens pour moi. J'ai jamais parlé de ça, pas même à ma mère qu'essaie pourtant d'être là pour moi, particulièrement depuis ce jour-là, je parle pas de ces blessures de môme que je garde quoi que je fasse pour les faire oublier. De cette fêlure, qui menace à tout instant de faire s'écrouler l'ensemble.

« I'm never enough. »

Un souffle, à peine audible. Les larmes roulent sur mes joues, mais j'en suis même pas complètement conscient. Mes prunelles claires sont toujours plongées dans les siennes, comme si je voulais graver leur éclat dans ma mémoire, pour le jour où elles vont disparaître de ma vue. Parce que c'est ce qui finira par arriver, n'est-ce pas ? Toi aussi tu finiras par partir, quand t'auras mieux dans ta vie. Comme on jette un jouet cassé. Quand je serais plus assez bien. Quand ça suffira plus que je t'aime au point de traverser tout le pays pour m'assurer que tu vas bien, au point de laisser dix mille messages sur ton téléphone quand t'es aux abonnés absents, de racheter ta collection de disques pour pas que tu t'en sépares, ou de faire chier ma pote et son labo pour qu'ils me rendent ta tasse en parfait état parce que je sais que t'y tiens. Combien de temps je suis resté comme ça, avant de réaliser que tout ça, j'ai encore fait que le penser, et que contrairement au sujet des enfants que je suis pas prêt à aborder en détail, c'est quelque chose que je veux qu'il sache. Tout comme j'avais terriblement besoin de l'entendre.

« Moi aussi je t'aime Ali. J'étais pas vraiment prêt à ça pourtant, je voulais pas tomber amoureux... Je voulais pas prendre le risque que ça s'arrête un jour... T'imagines pas à quel point j'ai peur de plus t'avoir dans ma vie, de dire ou faire quoi que ce soit qui te ferait claquer la porte et plus revenir... »

Et je voudrais l'embrasser, là, et taire tous les doutes dans un baiser passionné, mais ma clope consumée presque toute seule parce qu'abandonnée entre mes doigts, et sa braise parvenant à ma peau me coupent dans mon élan. Je lâche le mégot par réflexe qui tombe sur le parquet sous mon exclamation d'un « aoutch » ridicule, et je secoue piteusement la tête, sèche d'une main nerveuse les larmes sur mes yeux - ah... il y a de l'eau sur mes joues... - avant de me baisser pour ramasser le filtre, écraser la braise avant de faire trop de dégâts. La latte de bois ne s'en sort pas trop mal, ma maniaquerie, un peu moins, et si ce qu'il reste de ma cigarette gagne le cendrier non loin, je dois me faire violence pour pas immédiatement aller chercher de quoi nettoyer ça...
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() message posté Mer 22 Aoû - 7:55 par Alastair H. Pratt
Avoir le sentiment de ne jamais en faire assez. De ne jamais être à la hauteur pour qui que ce soit. Dieu qu’il connaissait ça. Mais alors qu’il avait tout fait pour donner raison à tout ceux qui le dénigraient et se donner l’image ce gosse de riche trop gâté et capricieux qu’on s’attendait de lui, au fond.

Nate lui, c’était différent. Nate accumulaient les sourires et les corvées. Nate travaillait dur, très dur pour plaire à tout le monde. Ça se voyait, ça se sentait. Parfois, Alistair en avait le tournis. Non, tout ce qu’il ferait ne serait jamais assez, s’il voulait plaire à la Terre entière, comme il s’efforçait de le faire. Non, ll ne serait jamais assez, s’il voulait plaire à tout le monde.

Mais pour lui? Alistair n’aurait pu rêver mieux.

Du pouce, il écrasa la larme qui coulait sur la joue rugueuse et l’observa, presque fasciné, faire ses sillons au creux de sa paume. Nate pleurait. Au travers du masque chevaleresque, une faille venait d’apparaître. Jamais assez. Alors c’était donc ça, qui se cachait, sous des couches et des couches de chevalerie. La peur de ne jamais en faire assez. Il ne fit que répéter doucement ce qu’il avait dit plus tôt.

« Je t’aime comme tu es. Je ne veux pas d’un mec parfait, surtout pas. Je te veux juste toi, okay? »

Alistair eut un sourire triste. Il savait, au fond de lui-même que peu importe ce qu’il dise ou fasse, il n’arriverait jamais complètement à effacer cette impression de la tête de son amant. Que la faille serait toujours là. Il soupira et secoua la tête, en regardant vers la fenêtre, alors que Keynes lui avouait sa terreur qu’il ne le quitte au moindre faux pas. Son silence des deux dernières semaines n’y était pas étranger, il le savait. Il se savait responsable de ces mains tremblantes et de ces larmes. Lui et son foutu caractère de princesse. Lui et sa propre terreur d’être abandonné. Sa propre manie de fuir et de créer lui-même ses propres abysses. Il inspira profondément et se frotta machinalement l’arête du nez. Il savait qu’il ne pouvait rien promettre, rien.

« Moi aussi, j’ai peur qu’on m’abandonne au moindre fait et geste. J’ai peur… j’ai peur que tu finisse par te lasser, Nate. Je ne sais pas ce que tu t’imagines… Je ne m’imagine pas avec une autre diva comme moi. J’ai… j’ai déjà pas mal de difficulté dans ma propre peau pour endurer un autre con comme moi et je m’en fous de toutes ces petites groupies qui me tournent autour, au Viper Room. T’as pas idée à quel point je m’en fous. T’as pas idée à quel point ça me fout la trouille que tu t’en ailles. Putain, je ne suis même pas capable de baiser… Et ce n’est pas l’envie qui me manque, c’est… C’est toi que je veux. Toi. Même si je ne peux pas te promettre que … »

Il baissa la tête .

« Même si je ne peux pas te promettre qu’une crise comme celle d’Aberdeen ne se reproduira plus. Et si un jour, je claque la porte… dis-toi que c’est parce que j’avais juste trop peur de te perdre toi et que c’était juste insupportable de te voir partir en premier. Mais… mais on en n’est pas encore là, non? »

Il allait prendre Nate dans ses bras lorsque le filtre de la cigarette brûla les doigts de son amoureux. Il eut un petit rire. Il fallait croire qu’il n’était pas le seul à faire ce genre de conneries. Il attrapa négligemment une des feuilles du dossier et se mit à genoux, la tête penchée comme celle de son amant et balaya le reste des cendres sur la page à mains nues avant de la froisser et de la rejeter dans le foyer, comme si ce n’était que du simple papier d’allumage. N’était-ce pas le cas, de toute façon?

Il se frotta les mains et regarda tour à tour ses paumes salies et la bouteille de bordeaux maintenant vide, qui trônait, sur la cheminée et soupira.

« Il y a d’autres choses dont tu voulais parler? Parce que moi, j’irais à la recherche d’un p’tit blanc pour profiter un peu de cette plage qui nous attend, tous les deux. »
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() message posté Mer 22 Aoû - 10:39 par Nathanael E. Keynes
Sa main sur ma joue efface une larme, que je m'en veux déjà d'avoir versée. Combien d'autres sont écrasées d'une main presque rageuse alors ? Aucune idée. Je m'en veux de me laisser aller comme ça, pour un truc aussi débile que ça. Parce que c'est stupide, n'est-ce pas, que de vouloir tout faire, tout gérer, tout seul, partout, tout le temps ? Pour avoir l'air parfait aux yeux de tout le monde, la terre entière, de peur de les voir vous tourner le dos. C'est ridicule, je serais le premier à dire aux autres qu'on peut pas plaire à tout le monde, et puis qu'est-ce qu'on en a à foutre de ce qu'ils pensent ? Et regardez-moi... Faites ce que je dis, pas ce que je fais, hein !

« Je t’aime comme tu es. Je ne veux pas d’un mec parfait, surtout pas. Je te veux juste toi, okay?
- Ca tombe bien, je le suis pas. »


Sur le ton de la dérision, encore et toujours. Comme si ça pouvait effacer la portée de ce que je dis. Comme si ça pouvait faire oublier tout le reste. Mais ce sourire triste est sans équivoque, il n'oubliera pas plus que je ne suis pas capable de me raisonner moi-même. Comme je ne suis pas capable de ne pas mourir de trouille à la moindre distance, comme si c'était la fin de tout.

« Moi aussi, j’ai peur qu’on m’abandonne au moindre fait et geste. J’ai peur… j’ai peur que tu finisses par te lasser, Nate. Je ne sais pas ce que tu t’imagines… Je ne m’imagine pas avec une autre diva comme moi. J’ai… j’ai déjà pas mal de difficulté dans ma propre peau pour endurer un autre con comme moi et je m’en fous de toutes ces petites groupies qui me tournent autour, au Viper Room. T’as pas idée à quel point je m’en fous. T’as pas idée à quel point ça me fout la trouille que tu t’en ailles. Putain, je ne suis même pas capable de baiser… Et ce n’est pas l’envie qui me manque, c’est…  C’est toi que je veux. Toi. Même si je ne peux pas te promettre que … »

Je sens bien qu'il en a gros sur le coeur, lui aussi. Que sa tête baissée manifeste de son malaise. Mais qu'est-ce qu'il pourrait dire de si horrible que je finirais par le lâcher ? Je vois pas, je veux pas voir. La suite n'a rien d'agréable, pourtant, mais elle n'efface aucunement mon besoin d'être près de lui.

« Même si je ne peux pas te promettre qu’une crise comme celle d’Aberdeen ne se reproduira plus. Et si un jour, je claque la porte… dis-toi que c’est parce que j’avais juste trop peur de te perdre toi et que c’était juste insupportable de te voir partir en premier. Mais… mais on en n’est pas encore là, non?
- Non, on n'en est pas là. »


Mais si tu claques la porte, est-ce que je peux la rouvrir et te courir après ? Parce que je le ferais s'il y a une chance pour que tu me reprennes. Ou est-ce que ta propre fierté te laissera revenir, même quelques jours après ?

J'ai pas le temps de poursuivre sur le sujet, j'ai complètement oublié ma clope. Ca m'arrive jamais, pourtant. Ca lui est arrivé quand on a rencontré Castiel, l'immense tapis troué en reste le stigmate, et un joli souvenir aux Pratt, mais moi... Je fais jamais ça. Comment j'ai fait mon compte ? Pourquoi je l'ai allumée, déjà, cette tige ? Mon cerveau a définitivement décidé que ces questions-là n'avaient pas d'intérêt, tout comme Ali ne fait pas cas des feuilles de mon putain de dossier et s'en sert pour balayer les cendres et jeter le tout dans la cheminée.

« Il y a d’autres choses dont tu voulais parler? Parce que moi, j’irais à la recherche d’un p’tit blanc pour profiter un peu de cette plage qui nous attend, tous les deux.
- Il n'y a toujours pas de feu dedans, tu sais ? »


Son regard passe de ses mains à la bouteille vide, et je me fais violence pour pas... Non je peux pas. Une seconde, je suis parti dans la cuisine avoisinante, y ramenant la bouteille vide au passage et nos verres pour les rincer, histoire de lui rapporter aussi - et surtout - de quoi s'essuyer les mains - ce n'est que de la cendre, n'est-ce pas ? Ouais mais elle n'a rien à faire sur ses doigts - et les clefs. Plus tard, ce dossier épars dans l'âtre. Plus tard, tout le reste, je sais même pas si je veux réellement aborder autre chose de toute façon. Lui, moi, la plage et une bouteille de vin blanc. Je prends.

« Name your poison, honey. S'il y a bien une chose dont je sais gré à mon paternel, c'est le remplissage de la cave de mes grands-parents... T'as quelques bouteilles là, près de la cheminée, si tu trouves ton bonheur, sinon je descends... »

Des vins moelleux, de plus secs d'Anjou et de Touraine, des fruités d'Alsace, vieilles vignes, vendanges tardives. Ce que tu veux... Quelques minutes plus tard, c'est avec une couverture, une bouteille et deux verres à la main qu'on descend sur la plage déserte, sous la lumière d'un premier quartier de lune. Assis près de lui, je nous ouvre la bouteille avec les gestes mécaniques de l'habitude, sers deux verres pour lui en tendre un, mais j'ai à peine touché au mien que je viens passer ma main libre derrière sa nuque et chercher un baiser.  

« Si un jour tu claques la porte parce que t'as peur que je parte en premier, je mettrai pas un mois à venir te chercher... »

Mon regard baissé et le ton de voix témoigne sans doute du sentiment de vécu sous-jacent, tandis que mon pouce caresse doucement sa joue mal rasée, mais j'ai pas vraiment envie de m'étaler sur l'anecdote en question.

« T'étonnes pas si je cours me planter devant toi pour te rappeler que je t'aime comme un fou et que j'ai pas l'intention de sortir de ta vie comme ça... »

Parce que je referai pas la même erreur, je laisserai pas les semaines passer à me détruire autant que toi. J'attendrai pas que tu m'oublies, ou que tu me remplaces, ou que tu m'en veuilles d'avoir trop attendu. J'aurais trop peur d'arriver trop tard. Je relève le regard, plonge mes prunelles olive dans les siennes.

« Mais on n'en est pas encore là, non... »

Comme si ça pouvait clore le sujet. Même si on sait tous les deux que c'est un truc qui restera entre nous, au fond de nos esprits, enfoui. Ca suffit pour ce soir, je crois. Je l'aime, il m'aime, et j'ai envie de mes lèvres sur les siennes, de ses mains sur ma peau. De sentir nos corps moites l'un contre l'autre, de par l'acte et non la canicule ambiante. Bien sûr que j'ai envie de sentir ce que ça fait d'être en lui, ou lui en moi, comme il voudra... Mais... 

« On en est à "je te veux toi et personne d'autre"... Et je dis pas que je m'en fous complètement qu'on puisse pas faire l'amour toute la nuit tous les deux, bien sûr que ça me frustre un peu, mais je suis pas si aveugle, je vois bien que toi aussi. Je vois bien que t'as envie. Et je me doute un petit peu d'où le blocage peut venir... »

Pas dans les détails, mais disons que j'en ai une idée, à peu près, dans les grandes lignes. Je sais pas si je pose pas de question seulement pour pas le brusquer, ou si une part de moi cherche à se préserver de l'horreur que j'imagine. Ca change rien au fait que j'ai envie de lui, pas de qui que ce soit d'autre, et que j'attendrai le temps qu'il faudra.

« "Je te veux toi", c'est tout ce que j'ai besoin de savoir... »

Je te veux toi, et personne d'autre.
Et mes lèvres sont reparties à l'assaut des siennes, comme pour le confirmer.
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() message posté Dim 2 Sep - 20:58 par Alastair H. Pratt
Une bonne bouteille de vin blanc, bien sec, une couverture et deux verres. Était-ce assez pour oublier l’angoisse de ce qui s’était dit? Pour oublier les pages de ce foutu dossier qui gisait, épars, dans la cheminée éteinte? Alistair n’en savait rien.

Mais pour l’instant, il n’y avait qu’eux, le sable encore chaud et le bruit de la mer. Il porta le verre frais contre sa joue et se laissa bercer un moment par le bruit des vagues et par les promesses de son amant. Revenir vers l’autre. Encore et toujours.

« T'étonnes pas si je cours me planter devant toi pour te rappeler que je t'aime comme un fou et que j'ai pas l'intention de sortir de ta vie comme ça... »

Sous la faible lumière qui venait de la villa, en amont, le visage contrasté de Nate prenait de ces airs passionnés d’un chevalier en armure dorée. Lui avait-on dit des choses aussi enflammées, dans sa vie? Non, bien sûr que non. Il ne leur avait jamais laissé le temps. Dès qu’une flamme comparable avait conquis le cœur des autres, il prenait la poudre d’escampette. Avait-il eu lui-même ce discours? Une fois, oui. Cette fille rencontrée sur la plage à Nice. Et il s’était retrouvé seul au petit matin.

Mais ils étaient encore là tout les deux. Sur une plage bien plus froide que les eaux chaleureuses qui avaient acceuilli ses anciennes amours. Et lorsque les lèvres de Nate rejoignirent les siennes, après tous ces aveux, ses mains l’agrippèrent de toutes ses forces.

Celui-là, il tenterait de ne pas le laisser filer entre ses doigts… Même s’il ne pouvait rien promettre. Comment promettre quelque chose quand son pire ennemi était soi-même?

Il aurait voulu s’unir à son amant, peu importe qui prenait l’autre. Peu importe le lit qui craquait, peu importe combien de préservatifs il faudrait mettre. Juste sentir ce désir contre le sien, juste… Là, sur cette plage. Il resta un moment immobile, la main aggripée dans les cheveux de Nate.

« Tu ne peux pas savoir à quel point j’ai envie de toi, juste de toi, aussi…»

Il repensa à Eleah, à cette danse paume contre paume, dans cette lumière artificielle bleutée du Viper Room où les ombres et les fantômes du passé rôdaient dans les coins. Son secret en échange du sien. Mais à ce jeu, on était vite décu et on s’apercevait que les frissons d’horreur espérés n’étaient rien à comparé à la bêtise des fait. Son secret valait-il vraiment tout ce qu’on s’imaginait? Alistair eut un sourire triste.

« Il n’y a rien à imaginer, Nate. Rien. J’ai été con et c’est tout. »

La même excuse évasive qu’il avait donné à Baby boy. J’ai trop bu, ce soir-là. Max avait tout gobé. Parce qu’au fond, tout le monde savait qu’Ali était insouciant. Trop d’alcool, pas de préservatif. N’était-ce pas la vérité, après tout? Il embrassa la joue rugueuse qui s’offrait à ses lèvres et répondit à cette étreinte passionnée qui l’acceuillait tel qu’il était, avec ses doutes, ses peurs, ses conneries. Arriverait-il à se laisser aller? Il ne savait pas. Il imaginait les mains de Nate sur son corps et la chaleur s’insinua dans son corps, suivie de près par les souvenirs moins agréables…

Il dut se reculer une minute, tenaillé par les mains glaciales de ses fantômes et termina son verre pour cacher son malaise et se leva.

D’un geste nonchalant, il enleva son T-shirt et ses shorts avec un sourire espiègle et les laissa tomber sur la couverture, près de Nate, en lui tendant la main.

« Tu crois que l’eau est froide? »

Oh, elle serait plus froide que celle de Nice, Alistair le savait. Mais il savait qu’il y aurait bien plus qu’un simple mot sur l’oreiller, le lendemain matin.
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() message posté Lun 3 Sep - 0:55 par Nathanael E. Keynes
Revenir vers l’autre.
Comme toi ici ce soir. Comme moi à Aberdeen. Encore. Et encore. Et encore.
Je sais que je peux faire preuve d'impulsivité, que je suis capable de claquer une porte sous le coup de la colère et de mettre quelques temps à redescendre en pression et ravaler ma fierté, mes doutes et mes craintes aussi. Je sais à présent, aussi, que je suis pas le seul.
Mais revenir, encore et toujours, pour ne pas laisser l'autre disparaître, pour ne pas lui laisser l'occasion de nous remplacer.

Est-ce que je me rends compte de l'image idéalisée qu'il se fait de moi, dans ces moments-là ? Pas vraiment non. Je le conçois pas très bien, ce portrait chevaleresque que ses pensées me collent au corps. Tout comme je conçois mal l'image complètement obscure qu'il peut avoir tendance à dépeindre de lui-même. Et si je crains toujours un peu de trop m'enflammer quand je me rapproche de lui, quand mes lèvres trouvent les siennes, et que mes doigts s'accrochent à lui, ses mains agrippées à mon propre corps attisent davantage encore mon désir grandissant.

« Tu ne peux pas savoir à quel point j’ai envie de toi, juste de toi, aussi… »

Let's say we're even...
C'est pas vraiment comme si c'était un concours, ni comme si le doute subsistait encore, à présent que ses doigts emmêlés dans mes cheveux refusent de s'en détacher. Pourtant ses mots suivants, en réponse à mes propres propos évasifs, n'ont rien de bien excitant, bien au contraire.

« Il n’y a rien à imaginer, Nate. Rien. J’ai été con et c’est tout. »

Un soupir m'échappe, témoigne du peu de crédit que je porte à cette affirmation. Il y a peut-être du vrai, mais ce n'est clairement pas suffisant. Pourtant je m'efforce de rester neutre, je pourrais le harceler de questions mais je me contente d'un « Si tu le dis... » tout aussi évasif que le reste.

But we both know that it's not the whole story.
Je peux pas croire que ton attitude prostrée le jour où la rencontre de Castiel a fait voler en éclats toutes tes certitudes soit du seul fait de la visite de ton père. Je peux pas croire que la terreur qui s'empare de toi quand les choses commencent à s'embraser entre nous, que tes mises en gardes initiales et ces mouvements de recul soudains ne soient que le fruit de la crainte de la transmission de la maladie. Que si tu te raccroches à ton verre, à cet instant, et t'éloignes à nouveau de moi, ça ne soit pas dû à un souvenir plus traumatique encore qu'une connerie même lourde des conséquences qu'on connaît. Et je passe ma frustration sur mon verre, alors qu'il se lève et s'affaire à se délester des vêtements qu'il porte depuis son arrivée.

Mon regard ne le quitte pas un instant, mes prunelles détaillent les lignes de chacun de ses muscles malgré la pénombre, tandis que le vin roule sur ma langue. Jusqu'à cette main tendue, comme une invitation silencieuse précédent sa verbalisation plus ou moins directe. Une longue gorgée achève de vider mon verre avant que je ne me lève à mon tour et ne commence à déboutonner ma chemise, clairement décidé à l'accompagner - mais y avait-il la moindre raison d'en douter ?

« Tu crois que l’eau est froide ?
- Define cold... Ca reste la Manche, tu sais, même si on est en période de canicule... »


Mais j'ai l'habitude pour ma part, c'est toujours ici que je viens, après tout, et puis surtout, je n'ai pas vraiment l'intention d'esquiver un bain de minuit avec l'homme que je désire aussi ardemment. Il ne faut guère que quelques instants de plus pour que je me retrouve délesté de mes vêtements à mon tour, et mes doigts viennent enlacer les siens, mais je me fais violence pour ne pas plaquer mon corps contre le sien, pas encore toujours. Je brûle de sentir le contact de sa peau contre la mienne, pourtant c'est vers les vagues déjà fraîches que je l'entraîne.

De quoi calmer mes ardeurs, peut-être... ou en faire naître de nouvelles.
Parce qu'on n'est clairement pas encore complètement immergés que je résiste plus à l'envie de serrer son corps dénudé contre le mien.

« Verdict ?... »

Un petit sourire au coin des lèvres, je le dévisage, le regard brûlant, contraste saisissant avec la morsure du froid de la mer sur nos jambes...
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() message posté Dim 23 Sep - 7:52 par Alastair H. Pratt
« Si tu le dis… »

Un haussement d’épaules. Le même que celui de Derek. Pas de question. Pas d’insistance. Personne ne voulait vraiment savoir. Qui voulait vraiment entendre parler de ces choses-là, hein, qui?

Le mouvement #metoo avait inondé son fil Facebook, comme tous les autres occidentaux. Des tonnes de témoignages de femmes partout au travers le monde avaient dénoncé les agressions sexuelles qu’elles vivaient. Alastair les avaient lu, la gorge nouée. Kevin Spacey, qu’il adorait, y avait perdu la face. Agression sur un jeune homme. Depuis quand Spacey était gay? Il avait lu l’annonce les lèvres pincées. Parce qu’il était bien beau, ce mouvement, sur les réseaux sociaux. Dans la vraie vie, les chroniqueurs s’époumonaient qu’on faisait un procès injuste aux hommes ordinaires et on chuchotait dans votre dos que vous ne cherchiez que de l’attention. Et un mec qui se fait sexuellement agresser… Allons donc, hein? Man up!

C’est ce qu’ils diraient tous. En fait, non. Nate ne le dirait pas. Nate n’était pas Derek. Il ne le traiterait pas de taré ou rien de tout ça. Mais il le verrait dans ses yeux. Pourquoi t’a pas dénoncé, hein, Ali? Pourquoi? Tu veux de l’attention, Ali? Il le regarderait comme le docteur Taylor ou comme l’une de ces foutues intervenante du groupe d’entraide. Avec un hochement de tête silencieux. Avec un débordement de compassion et un arrière-gout de doute. Et une accusation muette dans les yeux.

Si c’est vrai, pourquoi t’as porté plainte? Et puis, tu l’as un peu cherché, non?

Tu l’as cherché.

Oui, il l’avait cherché. N’était-ce pas ce qu’il voulait, lorsqu’il avait mis les pieds dans ce club, ce soir-là? Vivre des sensations fortes? Il avait eu ce qu’il voulait, non?

Et qu’est-ce que son amour dirait en sachant qu’il était entré dans ce bar alors qu’il savait qu’il blesserait son petit ami de l’époque, hmm?

Alors pourquoi il avait la gorge nouée, lorsque Nate avait haussé les épaules? Pourquoi? Pourquoi espérait-il que Nate lui ouvre une porte et insiste? Pourquoi mourrait-il presque d’envie de lui dire?

Alastair secoua la tête. Dieu qu’il avait envie d’une cigarette. Il regarda la mer devant lui. Les vagues noires venaient inlassablement s’abattre sur le sable brut pour se retirer dans la nuit. Au loin, les lumières des fenêtres de la villa la plus proche venaient de s’éteindre. Ils étaient seuls sur la plage. Seuls.

On était loin de Nice. Loin de ces vacances luxueuses qu’il s’était payé, dès qu’il avait enfin pu passer ses étés ailleurs que dans Aberdeenshire. On était loin de ces plages de sable doux et blanc et de cette mer bleue et chaude. Loin de toute cette musique pop et de ces fêtes décadentes qui envahissaient la plage, dès que le soleil disparaissait du firmament.

Avec précautions, il trempa un pied dans l’eau et le retira aussitôt en pestant. Keynes avait raison. C’était la Manche, après tout. L’eau était froide. Même l’insupportable canicule n’avait pas réussi tout à fait à réchauffer l’eau.

Un souvenir de son adolescence lui revint en tête. Un été dans les Highlands avec des potes quelconques. Une journée presque aussi étouffante que l’été qu’ils vivaient. Qui l’avait mis au défi de plonger dans le Loch Ness? Alastair ne s’en souvenait plus. Bourré d’hormones, d’orgueil et de stupidité, il avait plongé tête première dans l’eau opaque et noire. Ça avait été comme plonger dans une mer de glace. Son cœur avait failli s’arrêter et il avait bien failli rejoindre le monstre à jamais, ce jour-là. On ne nageait pas dans le Loch Ness, il l’avait appris à ses dépends.

Il pesta une seconde fois et prit son courage à deux mains pour s’avancer dans l’eau, jusqu’aux épaules, entraînant son amant dans son sillage. C’était la Manche. Pas le Loch Ness. Les seuls monstres qu’il y avaient, dans ces eaux-là étaient ceux qu’il y avait dans sa tête.

« Verdict ? »

Entre deux claquements de dents, il se pendit au cou de son amant pour le submerger dans l’eau froide, avec lui. Il colla son propre corps au sien, s’enivrant du contraste de la chaleur du corps de Keynes contre le sien et de l’eau froide autour d’eux. Ici, les mains fantomatiques de ses agresseurs se dissolvait dans le courant marin. Ils n’avaient pas toute leur emprise. Presque sans s’en rendre compte, il donna un coup de bassin sur celui de Nate, alors qu’ils remontaient tous deux à la surface. Un sourire espiègle fendit son visage, malgré les frissons qui parcouraient son corps. Ses doigts frolèrent l’intimité de son ami de cœur et une vague de chaleur submergea. Son sourire coquin s’élargit et il s’ébroua en rigolant à gorge déployée.

« Putain! Mais on se les gèle ici! »

Les hanches contre les siennes, Alastair suivit les ondulations de l’eau et se lovea contre amant comme une ondine, en pressant ses lèvres et ses hanches contre les siennes.

Alors que leurs corps s’habituaient peu à peu, les vagues les bercaient.

Il était prêt.

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