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Confidences • Rachelona

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() message posté Dim 29 Juil - 10:35 par Sharona K. García-Brown
Juin 2018

Rachel, je la connais pas beaucoup. Je sais juste qu'elle fait instantanément s'illuminer le regard de Frank dès qu'il la voit, dès que son nom est prononcé, même. Et rien que pour ça, c'est quelqu'un d'exceptionnel à mes yeux. Pourtant, j'ai jamais trop osé lui parler. Je suppose qu'elle était la compagne de Frank, et que je voulais pas m'immiscer dans leur relation. Parce que si lui a la place d'un père de substitution dans mon coeur et que je crois que c'est quand même un peu réciproque, elle, n'a sans doute rien demandé, et elle n'est absolument pas obligée de partager ce lien. Est-ce que j'aurais envie que ça soit le cas ? A vrai dire, j'en sais trop rien. Peut-être un peu... A vrai dire, à Noël, elle était là, et j'avais tellement l'impression qu'on était tous en famille, que j'imagine pas vraiment ne pas avoir de relation avec elle autant qu'avec Bowie et Frank... Mais j'ai quand même jamais trop osé aller vers elle. Et après cette soirée magique, j'ai d'autant moins compris le silence des semaines qui ont suivi de la part de mon mentor.

Moi aussi j'ai été occupée, c'est pas la question. Je lui ai quand même envoyé des messages, à Frank, pendant tout ce temps. J'ai pas eu tant de réponse, et j'ai l'impression que c'est même de moins en moins le cas. Alors je suis venue jusqu'à chez lui. Jusqu'à la caserne. Mais c'est pas lui qui m'a ouvert la porte. C'est elle, Rachel. Et je devrais pas en être surprise, en fait, mais j'étais tellement remontée contre son absence de réponse, et prête à râler direct quand il apparaîtrait dans l'encadrement de la porte que je suis restée une seconde figée en découvrant le visage de la brune. Du coup mon regard est passé en un instant d'un éclat colérique à la surprise, et je suis déstabilisée, je sais plus quoi dire.

- Oh euh... Rachel... Bonjour... Je venais voir Frank...

Sans blague, je suis chez lui, qui je viendrais voir d'autre, hein ? Mes doigts jouent nerveusement avec une de mes boucles brunes, tandis que j'observe le visage un peu anxieux, je crois, de la pédiatre.

- Je peux entrer tu crois ? Enfin peut-être que je te dérange pardon...

Je suis trop con, j'ai pas pris ça en compte. Je suis venue faire un esclandre à Frank, en occultant totalement que depuis avant Noël, il vivait pas seul. Qu'elle était là, elle aussi. Et que, forcément, elle serait aux premières loges si je pétais un câble dans l'entrée. Mais j'ai quand même pas envie de ne pas déballer mon sac. Et en même temps... En même temps, je sais pas, il y a un truc dans son regard, dans son attitude, qui fait naître un sentiment d'angoisse en moi, comme un frisson me parcourt l'échine.

- Je suis un peu venue les mains vides en plus, et à l'improviste, je suis désolée...

Et vu l'heure, Frank est sans doute en train de se préparer, en plus, un autre paramètre que je n'ai pas pris en compte. Non mais quel boulet...
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() message posté Lun 30 Juil - 12:55 par Rachel-Mary Parker-Davis
Confidences
Sharona & Rachel

 



J’avais rencontré Sharona à Noël, c’était la petite protégée de Frank et nous avions passé le réveillon chez elle. Cette jeune femme était vraiment adorable et j’étais heureuse que Frank soit si bien entouré. Il n’avait pas eu Bowie avec lui pour cette fête-là mais je savais que passer la soirée chez cette jeune femme qu’il considérait quasiment comme sa fille lui ferait plaisir. Malgré mon manque de sociabilité dû aux dernières années horribles que j’avais vécues avec mon mari, j’avais fait un effort et j’avais été enchantée. Que ça m’avait manqué de me sentir bien, entourée d’adultes bienveillants.

Malheureusement, la fin d’année ne continua pas sur une si belle lancée. Peu avant le réveillon du nouvel an, j’avais dû me rendre à une soirée de gala organisée par l’entreprise de mon mari. C’était le deal, j’étais tombée enceinte à cause de lui, alors j’étais partie pour habiter chez Frank (sans le préciser à Maxwell) car je ne supportais plus sa présence. Maxwell avait eu ce qu’il voulait, il aurait sa descendance, alors il devait arrêter de me stresser. Mais je devais quand même être là pour ses foutues représentations officielles. La célébrité et la richesse avaient beaucoup d’inconvénients et je ne faisais que me noyer dedans. Et au cours de cette soirée, je crus que ma dernière heure était arrivée. Sans que je sache réellement ni comment ni pourquoi, on m’avait droguée et enlevée. J’avais repris connaissance dans une sorte de pièce sordide où un psychopathe m’infligea ensuite les pires tortures possibles et imaginables ce qui entraîna une fausse couche. J’aurais pu y rester au moins dix fois, mais Frank, par je ne sais quel miracle, était parvenu à me retrouver avec ses anciens équipiers de la police. Je m’étais retrouvée une semaine hospitalisée avant d’enfin avoir le droit de rentrer à la caserne avec lui. Pendant longtemps, je ne voulais plus voir personne, j’en étais tout simplement incapable. Je restais enfermée à l’intérieur, je ne répondais même pas au téléphone, et je sais qu’à cause de moi, Frank se sentait mal. Il avait sombré à un moment donné dans l’alcool. Il avait pu se désintoxiquer, et moi peu à peu j’avais pris sur moi pour réapprendre à vivre normalement, oser mettre le nez dehors, même si j’avais encore beaucoup d’appréhensions. Le petit Bowie, sans le savoir, m’y avait beaucoup aidé. Pendant la cure de Frank, je l’avais gardé et il m’avait forcée à sortir, le dernier jour, pour que je lui achète une glace. Dehors, j’avais été terrorisée, mais finalement, ça m’avait aidée à comprendre que j’en étais capable. Ce mois de janvier n’avait pas été facile, mais peu à peu, après, nous avions appris à nous aider mutuellement. Enfin, c’était surtout Frank qui m’aidait.

Aujourd’hui, j’étais enfin capable de retourner à l’hôpital. Travailler m’avait beaucoup manqué, il n’y avait que comme ça que je me sentais utile. Je ne me sentais pas encore d’opérer à nouveau, mes mains étaient encore parfois prises de tremblements, notamment lorsqu’un stress quelconque m’assaillait, et je ne voulais pas mettre la vie de mes jeunes patients en danger. Je me contentais de dispenser mon savoir à des chirurgiens moins expérimentés, donner des conférences en tout petit comité et expliquer mes travaux de recherche.

On en peut pas dire que j’étais guérie. J’allais mieux, c’était vrai, mais il y avait encore des choses que je ne maîtrisais pas, comme le fait de sursauter au moindre bruit. Par exemple lorsque la sonnette retentit ce jour-là. Je sentis mes mains se mettre à trembler. Frank était parti tôt pour son travail et je me devais donc d’aller ouvrir. Je détestais ça, ça m’angoissait terriblement, j’avais toujours peur d’une mauvaise nouvelle, ou pire, de voir la tronche de Maxwell débarquer. Mais après avoir regardé par l’oeil de bœuf, je fus rassurée. J’ouvris la porte et vis l’étonnement de Sharona.

- Bonjour Sharona.

Elle venait voir Frank, évidemment. Je hochai la tête, souriant malgré mon coeur qui avait du mal à calmer sa cadence. Mais ça allait venir, il fallait positiver, c’était le mot d’ordre. Je me poussai alors pour la laisser passer.

- Oh oui… bien sûr, entre. Non non, tu déranges pas, jene travaille pas aujourd’hui. Viens.

Je refermai la porte derrière elle que je pris le soin de verrouiller à nouveau.

- Frank n’est pas là, il est parti très tôt. Est-ce que… tu veux que je lui dise que tu es passée ?

Je ne comprenais pas vraiment pourquoi elle ne l’avait pas directement appelé… et pourquoi elle venait aussi tôt. Je réalisai alors que si elle avait fait tout ça, c’était peut-être qu’il y avait urgence.

- Il se passe quelque chose de grave ? Tu vas bien ?


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() message posté Sam 18 Aoû - 11:54 par Sharona K. García-Brown
Je devrais pas être si surprise, c'est normal qu'elle soit là, c'est pas aberrant qu'elle m'ouvre la porte, mais je m'attendais tellement à sauter à la gorge de Frank - enfin pas littéralement, mais tout de même - que je me retrouve déstabilisée par son visage et sa voix calme. Je me doute pas une seconde que son coeur bat la chamade dans sa poitrine. A vrai dire, je me doute pas une seconde de quoi que ce soit concernant les derniers événements tragiques qu'ils ont vécu.

- Bonjour Sharona. Oh oui… bien sûr, entre. Non non, tu déranges pas, je ne travaille pas aujourd’hui. Viens.

Ah. Bon, je la laisse fermer derrière nous, hésite à entrer plus avant dans cette pièce que je connais pourtant par coeur. Et plus encore quand elle me confirme que la personne que je suis venue voir - et engueuler - n'est pas là.

- Frank n’est pas là, il est parti très tôt. Est-ce que… tu veux que je lui dise que tu es passée ?
- Oh euh... Non, je repasserai... Il part si tôt que ça le matin ?


Je veux pas qu'il soit prévenu et qu'il me sorte des excuses bidons. Je veux le confronter en direct, qu'il me dise en face pourquoi j'ai pas eu de nouvelle pendant tous ces mois ou presque.

- Il se passe quelque chose de grave ? Tu vas bien ?

J'étais presque à dire que je n'allais pas la déranger mais la sollicitude me touche, et j'esquisse un sourire, secouant légèrement la tête et mes boucles brunes.

- Non, ne t'inquiète pas, tout va bien pour moi. Les cours se terminent, le boulot habituel, les filles et les vidéos d'urbex. Pas de souci...

Mais mon regard s'assombrit comme je suis incapable de dire ce qu'il en est pour eux, et je me mordille un instant la lèvre, ne sachant pas trop comment poser la question. Alors je reste neutre, tout d'abord, comme si je craignais de me heurter à un mur si je me montrais trop indiscrète. Et c'est tout à fait le cas, en fait.

- Et toi ? Et vous ? Ca fait un petit moment qu'on s'est pas vus et...

Un petit moment... Je soupire, c'est pas vraiment mon genre de faire des cachotteries, et j'aime pas ça, de toute façon j'y arrive pas, alors je secoue encore la tête avant de reprendre.

- Non en vrai ça fait pas "un petit moment", ça fait super longtemps, et j'aime pas ça. Je sais pas ce qu'il se passe, mais c'est pas rien, hein ? Dis-moi Rachel, s'il te plaît, je déteste rester dans le flou comme ça, j'ai l'impression...

Je ferme les yeux, soupire encore, pas très à l'aise de dire ce genre de chose, surtout à elle, avec qui j'ai eu si peu de contact encore, mais puisqu'il n'y a qu'elle. Alors je plonge mes prunelles sombres dans les siennes, inquiète.

- J'ai l'impression de plus faire partie de sa vie, et je supporte pas...

Dis-moi qu'il va pas m'abandonner, lui aussi. Je veux pas le voir disparaître, je m'en remettrais pas bien, je le sais. Je commence tout juste à reprendre des marques positives, dis-moi qu'il faut pas que je recommence tout, s'il te plaît...
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() message posté Mer 29 Aoû - 8:53 par Rachel-Mary Parker-Davis
Confidences
Sharona & Rachel

 



Sharona était entrée et je m’étais empressée de verrouiller à nouveau la porte. Je me sentais bête de craindre ainsi que l’on vienne m’agresser chez moi, mais je savais aussi qu’avec le traumatisme que j’avais vécu, le sentiment d’insécurité perdurerait un bon moment. Grâce à Frank, j’apprenais à prendre mon mal en patience. J’avançai ensuite vers ma jeune interlocutrice, lui demandant de ses nouvelles. J’avais peur qu’elle m’annonce quelque chose de terrible et que Frank ne soit pas là. Mais elle m’assura que tout allait bien, je lui sourit alors, cela me rassurait. Une si gentille jeune femme ne méritait pas qu’il lui arrive quoi que ce soit de mal. Je hochai la tête jusqu’à ce qu’elle me demande de nos nouvelles, arguant qu’on ne s’était pas vus depuis bien longtemps. A la vérité, depuis ce réveillon de Noël, du moins pour ma part. Je me crispai un peu quand elle se reprit pour dire qu’en fait, cela faisait bien une éternité. Machinalement, j’esquivai son regard, braquant le mien sur le sol. J’avais probablement l’air d’une petite fille que l’on grondait, mais c’était parce que je me sentais coupable. Comme toujours, à cause de moi, Frank était privé de sa liberté. Pendant des semaines voire des mois, il avait pris soin de moi et n’avait, de ce fait, pas pu voir Sharona. Parce que je n’étais pas foutue d’aller mieux, d’être capable de sortir de la maison, de ne pas avoir peur de tout et n’importe quoi, et ce pendant presque six mois. Je me mordillai la lèvre inférieure tandis que la pauvre Sharona se faisait des films, imaginant que Frank ne l’avait pas revue délibérément.

- Viens t’asseoir… finis-je par lâcher avant de me diriger vers le canapé. Je vais t’expliquer.

Cela faisait partie de ma thérapie, en quelque sorte. Je devais être capable de parler de ce qui m’était arrivé. C’était très difficile pour moi, je sentis mon coeur se serrer et mes mains se remettre à trembler, alors, une fois assise, je les dissimulai sous mes cuisses. Il me fallait lui expliquer, je ne pouvais pas la laisser penser qu’elle ne faisait plus partie de la vie de Frank, c’était faux.

- Si Frank n’a pas pu venir te voir tout ce temps, c’est à cause de moi. Je suis désolée, Sharona. En fait… ce qui s’est passé, c’est que la veille du réveillon du jour de l’an, un maniaque m’a enlevée.

En disant ces mots, des flash me revenaient, me faisant tressaillir. Je sentais mes mains trembler de plus belle et je tâchai d’appuyer tout mon poids dessus pour essayer de calmer tout ça.

- Frank et ses collègues m’ont retrouvée avant qu’il ne me tue, mais j’ai subi des choses que personne ne devrait subir.

Mes yeux s’étaient embrumés de larmes et j’avais du mal à voir clair à présent. Mais au moins, Sharona savait le fin mot de l’histoire.

- Je suis restée hospitalisée une semaine environ et quand on est rentrés, j’étais incapable de sortir de la maison. Ça a duré des mois, je ne voulais voir personne d’autre que Frank, j’avais peur. Je sais que c’est stupide, mais c’était très difficile pour moi. Je te demande pardon.


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() message posté Sam 29 Sep - 9:52 par Sharona K. García-Brown
Je ne réalise même pas qu'elle ferme la porte avec tellement d'empressement, trop engoncée dans ma rancoeur et mon incompréhension, dans la surprise aussi, de ne pas me retrouver face à lui, et ce que ça fait retomber de pression d'un coup. Je peux pas en vouloir à Rachel de pas me donner de nouvelles, on se connaissait pas vraiment, de toute façon, si ce n'était par l'intermédiaire de Frank, alors ça me semble pas illégitime de sa part. Mais lui... Lui... Je lui en veux tellement ! Et je me rends pas tout de suite compte que mes mots, sans doute empreints de ma colère pourtant dirigé contre lui et non contre elle, la blessent. Pourtant j'aurais dû voir ces yeux baissés, cette lèvre qu'elle mordille... J'aurais pu. Si j'avais été tournée vers elle, et non centrée sur ma propre ire.

- Viens t’asseoir… Je vais t’expliquer.

Le ton, l'attitude, loin d'être choquants pourtant, me laissent sans voix, et je pressens une suite loin d'être sympathique. Paralysée une seconde, je m'exécute finalement, viens m'asseoir sur le divan mais pas trop près d'elle, un pli soucieux barrant mon front, que ses mains tremblantes n'aident pas à atténuer.

- Rachel, qu'est-ce qu'il y a ?

Je sens bien qu'elle cherche les mots, et qu'ils ne sont pas faciles à sortir. Raison de plus pour que l'inquiétude monte d'un cran.

- Si Frank n’a pas pu venir te voir tout ce temps, c’est à cause de moi. Je suis désolée, Sharona. En fait… ce qui s’est passé, c’est que la veille du réveillon du jour de l’an, un maniaque m’a enlevée.

Je bloque sur ces mots. Je n'ai pas entendu ça, ça ne peut pas être ce qu'elle vient de dire, j'ai du mal comprendre. Les yeux écarquillés, je la dévisage, cherchant une autre explication dans son regard, dans son discours, mais rien ne vient.

- Frank et ses collègues m’ont retrouvée avant qu’il ne me tue, mais j’ai subi des choses que personne ne devrait subir.

Ses yeux se sont embués, et les miens n'ont pas mis longtemps à faire de même. J'ai pas besoin d'explication sur les choses que personne ne devrait subir, je visualise très bien. Moi j'étais môme, ça a pas été bien loin parce que Tyler est intervenu, et peut-être que ça aurait été différent de toute façon comme c'était une fille même s'il n'avait pas été là, mais elle, elle n'a pas eu cette chance. Personne n'est arrivé à temps pour lui éviter ça. Personne n'a empêché qu'on dispose de son corps comme on voulait, contre son gré. C'est bien de ça qu'il s'agit, hein ? Ca tourne dans tous les sens dans ma tête, j'imagine des tas de choses que je devrais même pas imaginer, des amalgames de ma position de gamine plaquée dans un coin d'une salle vide avec ce qu'elle raconte, et les larmes roulent sur mes joues.

- Je suis restée hospitalisée une semaine environ et quand on est rentrés, j’étais incapable de sortir de la maison. Ça a duré des mois, je ne voulais voir personne d’autre que Frank, j’avais peur. Je sais que c’est stupide, mais c’était très difficile pour moi. Je te demande pardon.
- C'est pas stupide... Et t'as pas à... à me demander pardon.

J'articule difficilement, entre deux sanglots.

- Je suis désolée Rachel... Je savais rien de tout ça... Je voulais pas t'obliger à parler de ça...

Parce que je sais comme ça peut faire mal, comme ça rouvre la blessure, alors qu'on a qu'une envie, c'est d'oublier qu'elle a existé. Et je m'en veux, je m'en veux de ma colère et ma rancoeur inconscientes, alors que eux, ont vécu tellement de malheur ! Pourtant elles restent là, malgré tout. Parce qu'on s'est promis de se parler, parce que j'aurais pu être là pour le soutenir, les soutenir, avec mes maigres moyens, s'il m'en avait laissé l'occasion. Et je m'en veux de me mettre dans cet état, alors que j'ai aucun droit de craquer comme ça.

- Je voulais pas remuer le couteau dans la plaie, je sais que ça fait trop mal... T'as sans doute juste envie d'oublier, pardon...

Je me rends même pas compte que mes mots, mon ton de voix, mon attitude sans doute aussi, témoignent sans doute de trop de vécu pour que ça passe inaperçu. Mais je ne suis pas certaine, moi non plus, d'avoir envie d'en parler...
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() message posté Lun 5 Nov - 16:36 par Rachel-Mary Parker-Davis
Confidences
Sharona & Rachel

 



La pauvre Sharona pensait que Frank l’avait oubliée, et j’étais responsable de ça. Frank mettant tellement un point d’honneur à s’occuper de moi, à tout faire pour que je sois bien qu’il en avait sans doute quelque peu délaissé ses proches. Je m’en voulais. Tout était de ma faute. Pourtant, je n’avais jamais voulu de mal aux proches de Frank, quiconque avait été bon avec l’homme que j’aimais avait ma sympathie, et c’était le cas de Sharona. J’appréciais cette jeune fille, bien que je ne la connaisse pas si bien que ça. Je l’appréciais car elle aimait Frank et Frank l’aimait, c’était un peu comme sa fille, ou une nièce, elle était importante et comptait pour lui, et par ma faute, elle s’était imaginé que ce n’était plus le cas. Alors, je lui devais une explication, et je la lui donnais. C’était d’une difficulté extrême pour moi d’en parler. J’avais dû le faire pourtant quelques fois, avec Frank, avec Ethan, je devrais sans doute encore le faire face à un juge, ça me terrifiait. Non pas que sans en parler, les images ne revenaient pas, mais pourtant le fait de matérialiser par des mots rendait les actes plus réels encore. J’avais l’impression de ressentir encore la douleur de la fausse-couche, l’engourdissement de mes muscles à cause des drogues qu’il m’avait fait ingurgiter, l’odeur répugnante de cet homme sur moi, la lame qu’il avait plantée dans ma cuisse, le sang qui s’échappait de mon corps, ce même sang dans lequel j’étais tombée en essayant de m’enfuir. J’avais encore mal en y repensant, alors que tout cela s’était passé des semaines auparavant. J’en tremblais comme au premier jour alors que j’avais réussi à calmer les tremblements de mes mains. Mais il n’y avait rien à faire, chaque fois que je devais en parler, c’était comme ça. Mais Sharona avait le droit de savoir pourquoi Frank n’avait pas trop donné signe de vie.

Sans parvenir à me contrôler, les yeux s’était emplis de larmes qui ne tardèrent pas à dévaler mes joues. Je n’osais pas regarder ma jeune interlocutrice mais j’entendis au son de sa voix qu’elle aussi pleurait. Je me sentais d’autant plus idiote. La pauvre, voilà qu’en plus elle pleurait à cause de moi.

- Non, tu pouvais pas savoir, Sharona. Ne sois pas désolée, c’est pas de ta faute.

Ce n’était la faute de personne. Des gens avaient des pathologies mentales graves, dues la plupart du temps à des mauvais traitements dans leur jeunesse. Personne n’y pouvait rien et certainement pas Sharona, elle n’avait pas à culpabiliser. Quelque chose me frappa alors dans son discours. Un « je sais » qui me parut bien trop affirmé.

- Co… comment ? Tu sais… tu veux dire que tu as été agressée ?

La pédiatre reprenait le dessus. J’avais l’habitude d’analyser les mots de mes jeunes patients, et même si Sharona était une adulte, elle n’en restait pas moins un être humain avec ses failles.

- Excuse-moi, j’ai pas à te demander ça. Tu es libre de me dire ce que tu veux, tu sais, me contentai-je d’ajouter.

Ce qui était vrai. J’étais quelqu’un de naturellement à l’écoute, ce n’était pas pour rien que j’avais choisi de faire médecine.


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