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() message posté Lun 30 Juil - 19:57 par Bodevan H. Andrews




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Honnêtement, j'avais cru que ce serait une bonne idée. De venir ici, de louer cette belle maison donnant sur la plage, m'éloigner de Londres. Mais je m'étais trompé, car ici, c'était pire encore. Tout ce à quoi je pensais, c'était ce qui me manquait. La dernière fois, nous étions trois. Dans nos bras, notre fille gazouillait et s'émerveillait d'un rien. Sa mère était belle, éclatante, heureuse. Et moi, j'avais été le père réfléchi et protecteur. Je revoyais parfaitement chaque détail de la photo prise sur ce bout de plage. Les cheveux au vent, mais le sourire prédominant. Elégants et épanouis. Je me souvenais de chaque détail, comme si j'avais passé des heures durant à la contempler. Pourtant, ce n'était jamais arrivé. Désormais, elle traînait dans un tiroir avec d'autres souvenirs révolus. La plage était silencieuse en cette fin d'après-midi. J'étais arrivé la veille, sur un coup de tête. Je ne m'étais pas encore senti prêt à rentrer. En temps normal, j'aurai sorti mon appareil pour tenter de capter les réfléxions de lumière sur l'eau turquoise. Mais aujourd'hui, je n'avais pas envie. J'avais troqué mon costard pour un simple short de bain. Assis les jambes repliées, j'observais mes orteils entrer puis sortir du sable. Je ne voulais plus contempler l'horizon. La dernière fois, je l'avais regardé avec espoir. Aujourd'hui, je n'en avais plus d'espoir. Je ne cessais de repenser à ce texto. Ca faisait toujours aussi mal. D'imaginer qu'elle ai pu en embrasser un autre. Qu'elle ai pu en fréquenter un autre. Eros avait toujours traîné autour d'elle, mais j'avais voulu croire que malgré tout, elle ne lui cèderait jamais. Je m'étais trompé. Il avait fallu que je disparaisse de sa vie pour qu'elle songe à en faire mon remplaçant. J'étais jaloux, blessé. Pleins de désillusions. Lentement, j'attrapais la bouteille de rhum qui se trouvait à côté de moi, et commençais à en boire. Ethan m'avait donné de mauvaises habitudes, des mauvaises habitudes que j'avais reproché à Rioja. Mais ce n'était que pour ce soir. Pour oublier un peu. Pour oublier que depuis trois semaines, j'évitais tous les messages et appeles de Rioja. Forcément, elle avait tenté de m'expliquer le message de son patron. Mais je ne la croyais pas. Je n'avais même pas prit la peine de répondre. J'évitais ses messages car j'en avais assez qu'elle me décoive. J'en avais assez de croire bêtement en un amour qui ne comptait pas autant pour elle. Je soupirais, abattu. Le programme de la soirée consistait à rester ici. A finir cette bouteille avant de vagabonder pour trouver de quoi manger. Puis j'irai me coucher. En espérant que le lendemain serait moins difficile. Du moins, ça aurait été mon programme si, une fois la nuit tombée, je n'avais pas entendu des pas derrière moi. Décontracté par mon ami la bouteille, je ne pris pas la peine de me retourner. Il aurait pu s'agir d'un bandit, je me serai laissé dépouillé et tué sans protestations. Mais non, ce n'était pas un bandit. Ce n'était que Rioja. Et je ne me rendis compte que lorsqu'elle vint s'assoir en silence à côté de moi. A l'autre bout du monde, elle était venue me chercher. Mais je n'arrivais pas à en éprouver du bonheur. Au contraire, j'avais peur. Car que je le veuille ou non, elle tenterait de s'excuser. Et je ne voulais pas en savoir plus. C'était suffisant. C'était déjà trop. Je ne tournais pas la tête vers elle. Je ne voulais pas la regarder. A la place, je bus une nouvelle et longue gorgée de rhum. Elle pouvait parler, critiquer, me reprocher de choisir la facilité comme elle l'avait déjà fait, je m'en foutais. J'avais tous les droits, après toutes ses conneries.


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() message posté Mar 31 Juil - 4:22 par Rioja Ibanez
Dix-huit heures plus tard, l’avion atterrissait -enfin- à Bali, en Indonésie. Le simple fait d’avoir acheté un billet jusqu’ici avait suffi pour raviver des souvenirs profondément enfouis dans la tête de Rioja. La dernière fois que ses pieds avaient foulé le sol de Bali, elle y était avec son mari et sa fille afin qu’ils puissent se marier que tous les trois. Rioja n’avait pas pu avoir le mariage que toutes les petites filles rêvent d’avoir et ça ne l’avait jamais dérangé. Certes, sa mère avait été déçue, mais au final, celle-ci avait compris la décision de son seul enfant. Rioja c’était mariée dans un environnement d’amour. Probablement la raison qui l’avait poussé à acheter un billet en première classe de Londres Heathrow jusqu’à Bali. Par amour, elle avait voyagé pendant dix-huit heures après avoir envoyé un email très bref à Eros lui disant qu’elle serait absente pour quelques jours. Elle ne lui avait pas dit la raison, ça ne le regardait pas parce qu’au final, il aurait le papier qu’elle devait écrire dans les prochaines heures. Parce qu’un vol de dix-huit heures avait suffi à Rioja pour écrire tout ce qu’elle avait au sujet des produits beautés que toutes les femmes devaient posséder dans son sac à main pour l’été. Désirant le retrouver à tout prix afin de lui expliquer la situation puisque monsieur décidait de la bouder en filtrant ses appels ou ses messages. Aucune réponse de sa part depuis leur dernière rencontre. Celle où il l’avait abandonné. Rioja avait compris trop tard que c’était parce qu’il avait lu le message d’Eros. Un message qui ne signifiait rien. Eros était son patron, elle n’avait pas le choix de communiquer avec lui. Mais Bodevan s’était fait une toute autre idée. Il pensait sûrement qu’elle le trompait, qu’ils étaient allés plus loin tous les deux alors que pas du tout. Le seul écart avait été un baiser et Rio lui avait bien fait comprendre qu’il avait franchi la ligne. À une époque, elle aurait raconté tous ses problèmes à Margot, mais celle-ci n’était plus ici. Bref. La route jusqu’à l’hôtel qu’il avait réservé était longue et même si Rioja aurait tué pour une douche, ce n’était pas le plus important. À l’arrière du taxi, elle s’était endormie et ce n’est qu’à la voix du chauffeur que Rioja se réveillait en sursaut. Après, suffisait qu’elle montre la photo de Bodevan à la réceptionniste pour savoir si sa carte de crédit ne mentait pas. Elle ne mentait pas. Elle lui affirmait qu’il était ici, quelque part. Les escarpins qu’elle avait aux pieds la tuait lentement, mais ce n’était pas dans sa nature de mettre des souliers ordinaires. Marchant jusqu’à lui, elle le trouvait, assis dans le sable, une bouteille d’alcool près de lui. Maintenant, Rioja ne se gênait plus. Elle allait déranger son petit moment parfait. Pourtant, elle avait gardé le silence jusqu’à s’asseoir près de lui tout en conservant une bonne distance. Elle ne désirait pas le brusquer après tout ce trajet. Ils restèrent un bon cinq minutes dans ce silence, elle ne le regardait pas non plus. À la place, son regard était rivé sur l’horizon. Dire qu’à une époque, elle avait été heureuse ici, quelque part. « Il était loin ton pressing. » D’une certaine manière, Rio espérait peut-être que ça détente l’atmosphère tout en étant un reproche. « Tu peux laisser m’expliquer, s’il-te-plaît ? » Finit-elle par souffler. Elle voulait qu’il lui laisse une chance de réparer ce qu’elle n’avait pas voulu briser.

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() message posté Mar 31 Juil - 13:18 par Bodevan H. Andrews




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Mon existence entière était un mensonge. Ma mère m'avait abandonné par manque d'argent, manque d'amour aussi sûrement. Mon père était resté une vague silhouette dans l'inconnu. Mon véritable nom, je ne le connaissais pas. Pendant dix-huit ans, j'avais porté celui de ma famille adoptive en pensant être du même sang qu'eux. A mon tour, j'avais épousé Rioja après avoir transmis mon nom à notre fille. Cette famille, elle n'existait plus, elle n'existait pas. J'avais voulu croire qu'il m'était possible de tout construire mes propres mains. Au bout d'un moment, tout s'était effondré. Je passais ma vie à chercher des réponses, à essayer de trouver de meilleures alternatives que celles déjà connues. Je ne supportais pas l'échec, ni l'ignorence. Pourtant, aujourd'hui, j'acceptai d'avoir échouer. J'acceptais de ne pas en savoir plus sur la relation entre Rioja et Eros. Je ne voulais pas en savoir plus. Fut un temps où nous étions amis, où je ne craignais pas qu'il me vole la femme. Il avait désormais ce qu'il désirait. Pourtant, Rioja était là. Elle avait fait le voyage jusqu'ici juste pour quelques explications. A mon tour, je voulais la repousser comme elle l'avait fait avec moi dans ses moments sombres. Mais je n'étais pas stupide : ma femme voulait me récupérer, elle avait sans doute tracé ma carte bancaire pour me trouver. Personne ne faisait tant d'efforts pour quelques justifications. Elle parla la première, rebondissant sur le sujet de notre dernière rencontre. Elle m'arracha un sourir, et levant la tête vers le ciel, je répondis : « Ouais, mais c'est plus joli par ici. » Mon sourire disparut tout aussi vite. Entre nous, Kala aurait du se trouver là, assise à jouer dans le sable. Mon coeur se serra. Soupirant, je tournais alors la tête vers Rioja, et plongeais mon regard dans le sien. « Ai-je vraiment le choix? » Evidemment que non. Que je le veuille ou non, Rioja allait se mettre à parler pour m'expliquer de quelle manière elle était venue à me tromper. Je ne voulais pas entendre ça, alors, détournant mon regard du sien, j'attrapais la bouteille, bus une nouvelle gorgée, mais cette fois ci, la gardais dans mes mains. La suite serait dure à encaisser, je devais être préparé. Je ne comprenais pas à quel moment les choses avaient merdé à ce point là. Pourquoi tout d'un coup le malheur s'était abattu sur notre famille. Je voulais revenir en arrière. six ans plus tôt. Je voulais me retrouver devant l'hôtel, ma fille dans mes bras, et promettre à Rioja de l'aimer chaque jour et pour toujours. Mais Kala n'était plus là. Le temps était passé, et les amoureux inscoucients que nous étions à l'époque avaient aujourd'hui disparu. Dans tous les livres que j'avais lu, dans tout ce que j'avais étudié, aucune réponse ne m'avait été donné. Seul le temps guérissait les blessures, pourtant c'était de lui dont nous manquions le plus. La trentaine était passée désormais. C'était l'instant ou jamais de reconstruire une famille, mais je n'en avais pas le coeur. Ma vie, je la voyais aux côtés de Rioja. Mais pas sans Kala. Je n'étais plus prêt, plus prêt pour rien. J'avais besoin que sur cette plage, Rioja me redonne confiance en moi, en elle, en nous. J'avais besoin qu'elle me rappelle qui j'étais et ce que j'avais toujours désiré. Car désormais, je ne savais plus. La seule vérité qui me sautait aux yeux désormais, c'était la place vide entre nous, et les erreurs qui s'y étaient accumulées. Des deux côtés.


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() message posté Jeu 2 Aoû - 4:37 par Rioja Ibanez
L’unique raison que Rioja se trouvait à des kilomètres de son chez elle, c’était parce que, pour une fois, elle pensait sincèrement que son mariage pouvait être sauver. Du moins, c’était ce que l’autre soir lui avait donné comme impression, mais ça c’était avant de recevoir le message d’Eros. C’était un message plus que stupide qui ne voulait absolument rien dire. Pourtant, ça avait suffi à Bodevan de lui en vouloir. De lui en vouloir jusqu’au point où il ne répondait même pas à ses appels et messages. Et Rioja avait essayé, très fort. Mais Bodevan pouvait se montrer aussi têtu qu’elle lorsqu’il en avait envie et c’était l’une de ses fois-là. Donc, la jeune femme était ici, assise auprès de son mari qui la boudait. À une époque, ça avait été qui noyait sa peine dans l’alcool et là, tout de suite, c’était Bodevan. La seule différence était que lui avait suffisamment de force pour s’arrêter. « Ouais, mais c’est plus joli par ici. » Même si son sourire avait duré une fraction de secondes, Rioja l’avait vu. Elle l’avait remarqué. Ça lui donnait espoir qu’elle était toujours en mesure de le faire sourire. Ce sourire, ça lui avait manqué. Elle donnerait tout pour le revoir sur une base régulière. Elle ne voulait plus le blesser comme elle avait fait dans le passé. « Ai-je vraiment le choix? » Au fond, même lui savait qu’il n’avait pas le choix parce que même s’il lui aurait dit non, Rioja se serait mise à parler. À lui donner des explications qu’il méritait et ce, même s’il ne voulait pas les entendre. Probablement trop borné de croire qu’elle le trompait. Et pour la seconde fois de sa vie, Rioja se sentait faible. La première fois ayant été lorsque sa fille avait été déclarée morte. Alors, elle avait besoin de courage. Le seul courage qu’elle pouvait bien avoir était de prendre une très grande inspiration comme il lui était impossible de boire de l’alcool. « Je ne t’ai pas trompé, Bo. C’est aussi simple que ça… » Rioja cherchait les bons mots à employer pour qu’il lui fasse confiance, à nouveau. Trahir la confiance d’un être cher était toujours difficile et dur à encaisser. « Il ne s’est jamais rien passé entre Eros et moi et ça n’arrivera jamais. Ce message ne signifiait absolument rien. Je bosse au même endroit que lui, c’est mon patron, je n’ai pas le choix de le côtoyer ou d’aller prendre un repas avec lui parce qu’on doit discuter du prochain numéro pour le magazine. » Lâchait Rioja en regardant le sable. De tout son cœur, elle espérait qu’il croît ce qu’elle lui disait puisque c’était la seule explication qui lui venait en tête. Osant lui jeter un regard, elle ne savait pas exactement ce qu’il pensait et c’était peut-être pour le mieux. Finalement, Rioja cessait de le regarder pour se concentrer devant ce point invisible. « Et explique-moi pourquoi je laisserais un autre homme me toucher alors que je n’étais même pas en mesure de supporter tes propres mains sur ma peau ? » Et au début, Bodevan avait essayé pour se faire repousser en tout temps. Il y a un an et plus, elle n’arrivait même pas à supporter qu’il la prenne dans ses bras pour la réconforter. Ça ne lui semblait pas logique qu’elle laisse Eros poser ses mains sur son corps. « Je sais que je n’ai pas été la femme la plus parfaite au monde, mais s’il y a bien une chose que je serais incapable de faire c’est tromper mon mari. J’ai fait vœu de fidélité. Je t’ai fait ce vœu. » C’était tout ce qu’elle avait à lui dire. La balle était maintenant dans son camp à lui. Elle avait fait le trajet pour lui expliquer, elle ne lui avait pas laissé le choix de l’écouter et Rioja avait dit ce qu’elle avait à dire.

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() message posté Ven 3 Aoû - 0:44 par Bodevan H. Andrews




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« Je ne t’ai pas trompé, Bo. C’est aussi simple que ça… » J'avais lâché un rire moqueur. Rien ne serait plus jamais simple dans notre histoire. Elle pouvait me dire ce qu'elle souhaitait, je n'avais pas été là cette dernière année pour vérifier. Je ne voulais plus croire en Rioja. J'avais trop peur de croire de nouveau en Rioja. Elle était imprévisible et caractérielle. Il suffisait qu'elle ouvre la bouche pour que je crois en chacune de ses paroles. J'avais fini par y croire un peu trop, si bien que désormais, je n'étais plus capable de faire la part des choses. Je ne parvenais pas à savoir ce qui rentrerait dans l'ordre et ce qui resterait ainsi. J'en avais assez de souffrir. Alors je ne répondis rien, me contentant d'observer la mer comme si cette dernière pouvait trouver les réponses à mes questions. Et Rioja se tenait à côté de moi, me parlait, tentait de me faire oublier ce putain de message sur lequel j'étais tombé. Elle ne comprenait pas ce que c'était. Elle ne savait pas ce que c'était de perdre son enfant, se faire abandonner par sa femme, et craindre chaque jour qu'un autre lui vole son coeur. Et si, sans le savoir, Rioja était tombée amoureuse d'Eros? S'il avait suffit que je disparaisse de sa vie pour qu'elle se rende compte qu'un autre homme était capable de la combler? Si en ce jour elle n'en avait pas conscience, je n'étais pas à l'abri, moi, d'une révélation prochaine, et soudaine. Elle continuait de parler, choisissant bien ses mots. Et pour une fois, j'aurai vraiment aimé qu'elle se taise. Qu'elle contemple le paysage et qu'elle cesse de me prendre la tête avec l'autre pseudo dieu de l'amour. Fut un temps où Eros et moi avions été amis, quelques temps à Cambridge. Et puis, j'avais gagné le coeur de Rioja, et en gagnant son coeur, j'avais perdu l'amitié d'Eros. Depuis dix ans il convoitait le coeur d'une femme qui ne l'avait jamais remarqué de cette manière là. Le karma existait, la chance tournait. Combien de temps allait-il devoir l'attendre avant d'obtenir son amour? Profondément énervé par toutes ses questions, je finissais par tourner la tête vers elle, machoire serré. Puis, sans attendre, je calais une cigarette au coin de mes lèvres, pour me calmer. Elle regardait désormais le sable, sûrement à la recherche d'autres arguments. Finalement, elle posa une question à laquelle je ne m'attendais pas, et désemparé, je détournais la tête pour ne pas avoir à croiser son regard. En silence, je réfléchissais avant de répondre sèchement : « Peut-être parce qu'Eros ne t'a jamais donné d'enfant, Rio. » Là dessus, je ne la croirais jamais. Pendant plus d'un an elle avait repoussé chaque geste, chaque contact tenté à son égard. J'avais fini par comprendre que c'était moi le soucis, que c'était moi qu'elle ne voulait plus aimer, embrasser, toucher. Parce que cette tendresse nous avait donné une fille. Et que la vie nous l'avait reprit. Rioja craignait d'autres enfants, craignaient que les choses se passent ainsi, craignaient qu'on remplace la passé par le futur. Je n'étais pas comme ça, je ne l'avais jamais été. Il avait fallu qu'elle trouve un fautif, un responsable, une personne à blâmer et détester. Cette personne avait été moi, pour la simple raison que je l'avais trop aimé. Blessé, je me mis à jouer de nouveau dans le sable du bout des doigts, tel un enfant boudeur. Mes oreilles continuaient d'écouter ce qu'elle me disait, mais mon cerveau et mon coeur, eux, s'en foutaient. Finalement, je répondis sans même la regarder : « T'en as fait d'autres des voeux ce jour là Rio. Pourtant, je ne vois toujours pas ton alliance à ton doigt... » Ses promesses avaient du sens selon ses besoins. Quelques mois auparavant, nos voeux de mariages n'avaient aucune ampleur sur la situation. Aujourd'hui, je devais lui pardonner grâce à ses mots. Non. Notre mariage était foutu et elle avait décidé de le foutre en l'air. J'en avais assez des promesses. Je voulais des preuves. Des preuves que cet amour, elle le voulait encore. Des preuves qu'elle m'aimait encore et qu'elle ne partirait pas au bout de quelques mois. Elle ne le comprenait pas, mais moi je savais. Je savais que je ne survivrai pas à ça une seconde fois.


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() message posté Mer 8 Aoû - 19:57 par Rioja Ibanez
L’image de Bodevan, en ce moment, ne plaisait pas à Rioja. La bouteille de rhum dans les mains, ça ressemblait presque à un appel d’aide. Mais ce n’en était pas, du moins, elle n’espérait pas que ce soit le cas parce que s’il y avait une personne qui savait s’arrêter de boire, c’était bien Bodevan. Il devait lui laisser le rôle de l’alcoolique à elle. « Peut-être parce qu’Eros ne t’a jamais donné d’enfant, Rio. » Peut-être, peut-être pas. Mais aux yeux de Rioja, ça ne changeait rien au fait qu’elle n’appréciait pas qu’on la touche. Du moins, si la personne était un homme. Avec les femmes, ça ne semblait pas déranger Rioja même si, techniquement, les gens préféraient éviter que d’avoir un contact avec Rioja, elle qui n’était jamais doué pour montrer une affection. « T’es tellement têtu que tu crois que c’est ton touché à toi que je repousse. C’est tout le monde. » Elle ne regrettait pas de lui avoir dit ces mots et ce, même si Rioja savait qu’elle avait besoin de marcher sur des œufs en présence de Bodevan. Il avait mal et beaucoup de son mal était de sa faute à elle. Rioja acceptait ce fait, même qu’elle essayait de se rattraper pour toutes les jours, semaines et mois où elle lui avait donné l’impression que leur mariage était foutu. Ça lui avait peut-être pris un an pour le réaliser, mais comme le disait le dicton : mieux vaut tard que jamais. Et c’était tout récemment que Rioja l’avait réalisé que bientôt, il n’y aurait plus d’espoir pour eux. Pourtant, même sa présence auprès de lui, Bodevan arrivait à jouer avec la manière dont elle s’adressait à lui. C’était comme si tous les mots qu’elle lui disait ricochait sur sa peau. Auparavant, Rioja aurait abandonné en lui souhaitant une bonne vie dans sa misère, mais pas ce soir. Ce soir, Rioja avait parcouru des milliers de kilomètres afin de récupérer l’homme qu’elle aimait. Son mari. Cet homme de la jungle qui n’écoutait pas ce qu’elle lui disait. Ce qui, au fond, rendait sa tâche bien plus difficile. « T’en as fait d’Autres des vœux ce jour là Rio. Pourtant, je ne vois pas ton alliance à ton doigt. » Même si son cerveau savait que son alliance et sa bague de fiançailles n’étaient plus où elles devraient être, les yeux de Rioja s’était baissé vers sa main gauche précisément sur l’annulaire. Depuis un an, les deux bagues se trouvaient sur une chaîne, autour de son cou. Ce n’était pas la première fois que Bodevan lui faisait la remarque. Sans savoir quoi lui répondre dans l’immédiat, Rioja soupira. Longuement et lourdement. À une époque, elle lui aurait demandé si un jour il allait en revenir. Toujours pas ce soir. Ce soir, elle resterait muette devant ses reproches jusqu’à ce qu’il décide d’ouvrir les yeux afin de la croire. D’une main, elle chassa la fumée de la cigarette qu’il avait aux coins de la bouche. « Ça te prend vraiment ça ? Que je porte les deux bagues que tu m’as offertes au doigt pour que tu cesses de faire ton bébé ? Parce que si c’est que tu as besoin, aucun problème. Je vais retirer cette stupide chaîne et mettre les deux bagues à mon doigt… Comme t’as fait. » Jamais une fois, Bodevan ne lui avait demandé pourquoi elle les avait retiré. Étonnement vu le nombre de fois où il avait questionné sa vie, à elle. « T’es tellement déterminé à croire que j’aurai pu te tromper que tu vois seulement le négatif dans ce que j’ai fait au cours de la dernière année. Oui, j’ai été injuste et horrible envers toi, envers notre mariage. Au final, peut-être que je ne te mérite pas, mais je suis là Bo, non ? Je suis là, à des kilomètres de mon confort dans le simple but de te prouver que je ne t’ai pas trompé, que je t’aime toujours. Et toi, tu veux simplement te concentrer sur le mauvais… Qu’est-ce que je suis supposé faire ? » Rioja était perdue. Elle avait besoin que Bodevan la guide. Qu’il lui donne une piste. Quelque part. N’importe où.

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