"Fermeture" de London Calling
Après cinq années sur la toile, London Calling ferme ses portes. Toutes les infos par ici felix - screaming loud from the underground 2979874845 felix - screaming loud from the underground 1973890357


felix - screaming loud from the underground

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() message posté Mar 7 Aoû - 3:15 par Invité

Felix Busby

London calling to the faraway towns
NOM(S) : Busby. Encore un comme disaient les profs et pas le dernier en plus. PRÉNOM(S) : Felix. Tout simplement. Oui, on sait, c'est chiant, mais les blagues les plus courtes sont les meilleures il parait. ÂGE : Vingt-huit ans. Vinght-neuf à la fin de l'année. DATE ET LIEU DE NAISSANCE : Je suis né à Londres le 17 décembre 1989. NATIONALITÉ : Anglais STATUT CIVIL : Éperdument célibataire MÉTIER : Je suis ingénieur civil architecte de formation ce qui est déjà pompeux à dire. A ça, tu peux rajouter un master en Économie et Finances, plus pour son utilité que par un réel intérêt de ma part. Au final, je suis PDG de ma propre entreprise, Sinuos, qui est dans un premier temps un cabinet d'ingénieurs en génie civil et d'architectes et, dans un second temps, une chaine d’hôtels liant design, inventivité et écologie. TRAITS DE CARACTÈRE : Tout ce que je vais dire dans les prochaines lignes sont des observations à prendre avec un peu de recul. Sans plus être prompt à l'autodépréciation comme je l'étais plus jeune, je ne suis pas certain que je sois, malgré tout, le mieux placé pour parler de mon propre caractère. Mais puisqu'il faut y aller. Par où commencer ? Enfant j'étais du genre timide et réservé, un peu craintif peut-être aussi, pas très causant, voir même carrément taiseux. Un peu solitaire, curieux et passionné, mais calme et plutôt facile à vivre. Conciliant, presque insipide peut-être. Dire que j'ai changé du tout au tout serait mentir, mais on en est pas très très loin quand même. Un peu plus sociable et avenant, je suis malgré tout resté profondément réservé et peu causant. Certains me trouveront peut-être même un peu froid ou du moins nonchalant au premier abord. C'est juste que je n'aime pas tellement être le centre de l'attention et j'apprécie écouter les gens plus que de leur parler. J'aime les petits plaisirs simples, je suis plutôt quelqu'un de naturel et de spontané. J'estime également être plutôt serviable, ouvert d'esprit et souriant. Néanmoins les premières choses qu'on dit à mon sujet sont probablement plus du gabarit: ambitieux, travailleur, têtu, autoritaire, perfectionniste et intransigeant. Dans le tas de tout ces adjectifs me collant en effet à la peau, j'aimerais rajouter que si je sais ce que je veux et que je mets les moyens pour l'obtenir, j'essaye toujours de le faire en restant juste et à l'écoute. Mais il est vrai qu'une fois en mode boulot, j'apprécie qu'on m'écoute et qu'on s'exécute à moins d'avoir une excellente raison de ne pas le faire. Il m'arrive parfois de me montrer arrogant ou de faire preuve d'une franchise un peu acerbe. Quelque chose qui m'est venu de je ne sais où et tard dans la vie et qui ne me rend probablement pas des plus sympathiques, mais heureusement je suis également peu susceptible et toujours prêt à me remettre en question si on me fait remarquer que j'ai dépassé les limites. Étant constamment coincé dans le fourmillement de mes pensées, il arrive que je ne m'en rende pas compte par moi-même. Ceux qui me connaissent vraiment bien sauront également que sous mes airs parfois nonchalants et peut-être même un peu confiants, se cache quelqu'un de nerveux et d'angoissé. J'étais enfant lorsque les crises d'angoisse et les cauchemars ont commencé et ils ne m'ont jamais plus quitté, quand bien même j'ai appris à les gérer depuis le temps. Je suis souvent la source de mes propres angoisses. A force de me poser des questions sur tout et sur rien, il arrive que je me laisse emporter et que tout finisse par s'embrouiller dans ma tête, comme un train lancé à vive allure et qui déraille. J'ai tendance à être plus dur avec moi-même que je ne le suis avec les autres. Ce qui n'aide pas vraiment. Néanmoins je n'ai plus une aussi mauvaise image de moi-même que je ne l'avais étant adolescent. J'ai plutôt un tempérament calme et doux, que je tiens de ma grand-mère parait-il, plutôt tolérant et loyal. Je suis également rancunier et j'ai tendance à me montrer gratuitement méchant lorsque j'ai été réellement blessé. Un défaut dont je ne suis pas trop fier, mais il m'en faut bien quelques uns non ? Oui j'ai aussi pas mal d'humour comme tu peux le voir. Bon je suis plutôt versé dans le sarcasme, mais toutes les situations ne s'y prêtent pas. Et eum...voilà, je crois que c'est bon là, t'en sais assez non ? Faut que j'en garde encore un peu sous le coude pour te surprendre, sinon c'est pas marrant. GROUPE : black cabs



My style, my life, my name

001 : Enfant et jeune adolescent, j'étais victime de harcèlement à l'école. Un harcèlement assez violent lorsqu'il s'agissait de mon petit groupe attitré de bourreaux. Petit, chétif, taiseux et craintif, j'étais la victime idéale. Le fait que j'ai sauté des classes ne m'aura pas réellement aidé au final, que du contraire, ça faisait une raison en plus de se moquer. Aucun répondant, complètement passif je n'en parlais à personne, pas même à mes frères et sœurs et j'étais devenu fort doué pour le cacher. Jusqu'au jour où on m'a envoyé valdinguer dans les escaliers et que je me suis retrouvé à l'hosto avec des ecchymoses remontant parfois à des semaines désormais à la vue de tous. Je ne saurais même pas t'énumérer toutes les crasses qu'on m'a fait vivre, mais parmi les plus terrifiantes il y a: me faire coincer la tête dans les toilettes, me retrouver suspendu à bout de bras dans le vide par delà le toit de l'école, enfermé une journée entière dans placard crasseux, attaché aux tuyaux de la chaufferie pendant une journée d'hiver,... Au final, je m'estimais presque heureux lorsque j'avais juste droit à quelques coups de pied dans le ventre ou qu'on me volait mon argent de poche ou mes vêtements après un cours de gym. Rajoute à ça des cauchemars récurrents et une tendance marquée aux crises d'angoisse et tu obtiens moi à treize ans, une véritable bombe à retardement. 002 : J'ai toujours adoré l'école et apprendre de nouvelles choses, mais être scolarisé à la maison à partir de treize ans m'a probablement sauvé la vie. Je passais le plus gros de mon temps tout seul ou avec les adultes et n'ai eu que très très peu d'amis, voir pas un, avant d'entrer à l'université à dix-sept ans. Sans être réellement un génie (sérieusement, faut arrêter, je n'en suis pas un. Un génie c'est à partir de 140 points de quotient et au delà, je suis bien en dessous), j'ai la chance d'avoir une très bonne mémoire et comprendre rapidement de nouveaux concepts tout en les reliant facilement à ceux que je connais déjà. Mes domaines de prédilection étaient les maths et les langues (j'en parle plusieurs). Ma seconde plus grande passion a toujours été le dessin et plus particulièrement le dessin d'architecture. J'aime également l'art de manière générale, même si j'ai une affinité toute particulière pour la musique. Je joue d'ailleurs du piano depuis que je suis petit, enfin jeune parce que j'ai toujours été petit. Bien que j'ai tenté de nombreux autres instruments, c'est le seul pour lequel je faisais l'effort de me dégager du temps. 003 : Sinuos est une société d'urbanisme et un cabinet d'architectes qui a pour but d'allier design élégant et innovations écologiques. C'est d'ailleurs dans cette idée que nous avons lancé notre propre chaines d’hôtels il y a deux ans maintenant. Si j'ai eu le courage et l'opportunité de lancer une telle entreprise à un très jeune âge c'est grâce au soutient de ma famille et particulièrement celui de mon grand-père maternel qui m'aura aidé à m'organiser, planifier, garder la tête froide et me faire des contacts. 004 : Je dors très peu, ce qui m'arrange un peu, mais qui inquiète également souvent mes proches. Je suis sujet aux cauchemars et mes tendances insomniaque me donne plus de temps pour bosser. Peu dormir ne me pause donc aucun problème. Je ne suis pas étranger aux journées de 18h de boulot. Passionné, perfectionniste et obstiné, il m'arrive aussi parfois d'oublier de manger lorsque je suis sur un projet qui me tient à cœur. 005 : J'ai beau n'avoir aucun soucis d'argent, je ne suis pas quelqu'un de franchement dépensier ou qui cherche réellement à engranger le plus d'argent possible. Tu ne me trouveras pas dans un penthouse avec un garage rempli de belles voitures. Déjà parce qu'avoir une énorme baraque c'est complètement crétin quand on est jamais dedans et de jolie voitures à Londres, où conduire est juste une plaie, l'est tout autant. Mes plus grosses dépenses sont pour les fringues. Oui j'ai une petite obsession pour les fringues quand bien même je passe les trois quarts de ma vie en chemise blanche et pantalon de costume. Pour les fleurs aussi. Pour une raison que j'ignore j'adore en offrir à mes sœurs et à ma mère. 006 : Je suis gaucher. Voilà tu le sais. Je suis certain que tu es heureux de l'apprendre. Je porte toujours ma montre et une panoplie de petits bracelets au bras droit. Cela dit, ne le dis à personne, mais c'est plus pour masquer les cicatrices que par soucis de style ou de praticité. 007 : Pour une raison que j'ignore, les animaux ne m'aiment pas beaucoup, ils me fuient presque. Mis à part les chiens. Les chiens m'adorent, mais c'est les seuls. J'ai donc très vite laissé tomber l'idée d'avoir des chats, quand bien même j'adore ça. J'ai un chien qui me suit absolument partout par contre. Un adorable berger australien un peu timide, mais très calme et câlin, qui s'appelle Elmo. 008: Je bois mon café noir et corsé. Non je déconne, en fait ma drogue à moi sont les latte caramel macchiato avec une double dose de sucre et un peu de vanille. En fait je suis un grand consommateur de sucreries, genre j'ai de quoi tuer une armée de diabétiques dans mes armoires. Un grand consommateur de thé vert aussi. Aucun rapport, mais j'avais envie de le dire. 009: J'ai un certain penchant pour le sexe qui laisse des traces ce qui est emmerdant parce que je ne peux certainement pas me pointer en réunion avec des clients avec des suçons plein le cou et je déteste les cols roulés. 010: Je fume, ça met ma mère dans des états de nerfs pas possible, mais c'est un vice dont j'ai énormément de mal à me défaire. Heureusement étant souvent très occupé, je fume peu, mais je fume. Par contre je ne bois pas d'alcool. C'est déjà ça non ? 011: Mon téléphone portable est ma vie, je ne m'en sépare jamais et si un jour il m'arrive de le perdre tu peux être certains qu'on me retrouve devenu fou et à l'asile. Y a tout là dedans ho ! 012: J'ai fait une tentative de suicide à l'âge de treize ans, c'est malheureusement mon frère qui m'a retrouvé baignant dans mon propre sang. Avoir ma famille à mes côtés, sortir du système scolaire classique et être scolarisé à la maison, des longues heures de thérapie et un exutoire sain à ma rage (le self defence et le kickboxing) sont autant de choses qui m'auront permis de m'en sortir. Le travail que j'ai fait sur moi-même pendant presque trois ans est colossal et me permet, sans aucun doute, d'être celui que je suis aujourd'hui. 013: Je ne suis pas claustrophobe le moins du monde, mais s'il y a bien un endroit où je pourrais le devenir très rapidement, ce sont les boites de nuits ou les soirées étudiantes. Jamais plus tu ne m'auras dans un de ces endroits. Le fait que j'ai une très mauvaise tolérance pour les gens bourrés n'arrange rien au sentiment. Tu pourrais crever à la suite d'un coma éthylique, que je n'en aurais absolument rien à foutre. Tu t'es foutu dedans tout seul, démerde toi. 014:  Je ne crie pas lorsque je m'énerve, je devient froid et cinglant. En fait je me demande même si quelqu'un m'ait un jour entendu crier tout court. 015: Je n'ai eu aucune vie amoureuse et encore moins sexuelle avant l'âge de dix-huit ans. Bah oui... late bloomer. Je pourrais dire que je me suis rattrapé depuis, mais eum... enfin si je me suis bien rattrapé dans l'un des deux, mais voilà. Je connais pas énormément de gens qui s'enjaillent à l'idée de devoir prendre rendez-vous deux semaines à l'avance pour un date éclair dans un bureau vide, face à des plats à emporter. Les petits coups vite fait sont plus facile à caser à l'improviste. Non, mais blague à part, j'ai un emploi du temps assez chargé et même s'il n'est pourtant pas difficile de piquer mon intérêt, je n'ai encore jamais vraiment rencontré quelqu'un qui me donne réellement envie de dégager du temps pour une relation sérieuse. Ce n'est pas une peur de l'engagement non plus, ce n'est simplement pas dans mes priorités pour le moment. Ma dernière histoire vraiment sérieuse date de l'université et ne s'est pas très bien terminée. Mon copain de l'époque avait un problème de drogue et on a été assez cons pour tenter un sevrage maison parce qu'il était trop flippé que la fac ne l'apprenne s'il allait en cure. Je me souviens encore avoir passé deux jours à faire de mon appartement une zone aussi safe que possible, allant même jusqu'à cacher tous les objets lourds et tranchants. Je me souviens aussi des crises de nerfs et de l'oeil au beurre noir que je me suis trimballé pendant dix jours après qu'il ait perdu les pédales dans un de ses mauvais jours. Avec le recul, je me dis qu'on était peut-être pas aussi prêts qu'on ne le pensait et que ça aurait pu réellement mal tourner. Au final on a réussi. Ça nous a pris presque six mois pour qu'il puisse retourner à une vie normale sans que je sois constamment sur son dos pour le surveiller, mais on a réussi. Faut croire que c'était trop long cela dit, parce qu'un beau jour il s'est simplement volatilisé. Pas un mot, pas une explication, pas un au revoir, rien. Il est simplement parti, envolé, déménagé à l'autre bout du monde pour terminer ses études sans un regard en arrière. (ce que je n'ai appris que récemment en reprenant contact avec un ami que nous avions en commun). Dire que je l'ai toujours un peu en travers de la gorge n'est pas bien loin de la vérité. 016: Dans les dix années à venir, j'ai deux projets qui me tiennent particulièrement à cœur. Premièrement celui de tripler le nombre de nos hôtels en nous installant également hors Europe et celui de monter un label artistique. Une autre de mes lubies serait d'installer un hôtel totalement autosuffisant à Séoul, une ville qui m'a toujours fait rêver. Mais chaque chose en son temps. 017: J'ai toujours dessiné, d'aussi loin que je m'en souvienne et ma mère dit d'ailleurs souvent que je gribouillais des maisons avant même d'avoir dit mon premier mot (je ne sais pas trop ce qui la rend fière là-dedans, j'ai commencé à causer assez tard pour un môme). Fut un moment vers le milieu de l'adolescence où j'avais le croquis tellement compulsif que je me dessinais sur les bras. C'est à se demander comment je suis arrivé à vingt-huit ans sans avoir le moindre tatouage. J'ai suffisamment de point de beauté partout sur le corps pour ne pas avoir à rajouter des gribouillis dans le tas j'imagine. Il y a des jours où ce n'est pourtant pas l'envie qui me manque. 018:Ma couleur préférée: le vert. Mon chiffre préféré: le 8. Mon odeur préférée: le bois fraichement scié. Mon fruit préféré: la mangue. Mon plat préféré: toute la bouffe asiatique. Ma boisson préférée: le café glacé au caramel. Mon livre préféré: impossible de choisir. Mon film préféré: Fight Club. Mon animal préféré: le renard. Ma fleur préférée: l'hortensia bleue. Ma chanson préférée: Hurt de Johnny Cash. Mon sport préféré: le kickboxing. Mon gros mot préféré: douchebag ou twat. 019: Comme on a pas toujours le temps de se voir, j'ai tous les jours au moins un membre de ma famille au téléphone, c'est un minimum. Le jour où ça n'arrivera pas, c'est que la fin du monde est proche, très proche. Le plus souvent ce sont pour des conneries, mais j'ai besoin d'entendre la voix d'un de mes proches au moins une fois sur ma journée, même si c'est juste un message laissé sur le répondeur. C'est con, mais c'est comme ça. 020: love ya buddy  felix - screaming loud from the underground 2237618149
PSEUDO : Asphodels PRÉNOM : Manon ÂGE : J'ai arrêté de compter à vingt ans, ça fait déjà un moment maintenant. PERSONNAGE : inventé,  AVATAR : Dylan O'Brien CRÉDITS : l'avatar est un vieux truc à moi et les icones viennent de tumblr. COMMENT ES-TU TOMBÉ(E) SUR LC ? : Un top-site il me semble, je ne sais plus lequel. Le tout premier forum sur lequel je me suis inscrite quand j'ai commencé le rp était un forum basé à Londres du coup je me suis dit que ça me porterait peut-être chance CE COMPTE EST-IL UN DOUBLE-COMPTE ? : pas le moins du monde, je suis incapable de gérer trop de trucs à la fois.



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() message posté Mar 7 Aoû - 3:16 par Invité
Coucou  felix - screaming loud from the underground 1990396812 J'aimerais juste prévenir, histoire d'avoir la conscience tranquille, qu'il y a quelques éléments dans cette fiche qu'on pourrait juger violents et à caractère sensible. Rien d'extrêmement cru ou graveleux, je ne pense pas du moins, mais j'aime quand même autant prévenir.Je ne voudrais mettre personne dans une position inconfortable.

Memory One, Family


C'est une énorme responsabilité, une responsabilité plus grosses que sa tête et c'est donc avec toute la prudence et la concentration du monde qu'il avance sur ses petites jambes potelées. A chaque pas, il peut entendre le tintement des verres qui s'entrechoquent et il ne sait pas trop s'il doit plutôt regarder à ce que rien ne déborde ou à là où il pose les pieds pour éviter de trébucher sur la première brèche dans les dalles de la terrasse. Heureusement, il connait l'endroit comme sa poche, capable de visualiser le moindre obstacle sur sa route avant même d'y parvenir. Arrivé aux deux petites marches qui mènent au jardin, il s'arrête et ressert ses doigts autours du plateau qu'il a entre les mains, prend une grande inspiration et entame sa descente avec précaution. C'est le moment difficile de sa course, mais il tient bon, ses grands yeux mordorés posés obstinément sur les deux verres de limonades qui sont sur son plateau. Ils arriveront à bon port quoi qu'il en coute où il ne s'appelle pas Felix Busby. Après de longues secondes, ses petons nus entrent en contact avec des brins d'herbe fraiche. Il y est arrivé ! A partir d'ici, c'est presque facile. Avant de reprendre son chemin, il gigote de ses orteils dans la pelouse douce, un sourire content au coin des lèvres. Monsieur Nu Pied comme l'appel son grand-père. Quatre ans déjà que ses parents doivent lui courir après avec ardeur pour arriver à lui faire enfiler des chaussures et il suffit de voir son petit visage poupon s'illuminer à chaque fois qu'il saute pieds nus dans l'herbe ou dans une flaque pour que la course poursuite soit remise à plus tard, quand il n'y aura vraiment plus le choix. Il entend un peu plus loin les rires de James et Lou-Ann et se rappelle soudainement pourquoi il tient un plateau avec deux verres de limonade dessus. Toujours concentré sur le liquide doré dans les verres, il se laisse guider par la voix de ses ainés et le bruit d'un ballon après lequel on court et dans lequel on shoot. Il n'est plus très loin de la partie de foot improvisée lorsqu'on semble le remarquer enfin, la voix de James se rapprochant très rapidement. « Hey Felix ! C'est pour nous la limonade ? » La petite tête brune hoche doucement de la tête, ne sachant trop si son frère a vraiment pu voir sa réponse, son visage étant caché derrière le plateau qu'il porte toujours à bout de bras. Tout d'un coup, le plateau s'allège et il est entouré de James et Lou-Ann s'abreuvant avec enthousiasme. Son plateau est enfin vide et il laisse échapper le souffle qu'il retient depuis qu'il a entamé son périple depuis la cuisine. Ce qui fait rire James qui reprend avec un air faussement surpris. « C'est toi qui a porté le plateau depuis la cuisine, tout ce temps ? » Et du haut de ses 4 ans, Felix est fier. Non seulement c'est lui qui a tout porté et sans rien casser ni rien renverser, mais c'est aussi lui qui a mélangé les citrons dans l'eau et qui a rempli les verres. Comme un grand. Alors face à la fierté surjouée de son frère, il sourit de toutes ses dents, dont une qui à commencé à bouger quelques jours plus tôt et hoche frénétiquement de la tête. Ouais, c'est lui qui l'a fait tout seul ! Et si sa grand-mère a veillé sur lui de loin tout du long, personne n'a besoin de le savoir. « Tu viens jouer avec nous ? Tu peux être dans mon équipe si tu veux. » claironne Lou-Ann avec son incroyable énergie, déjà prête à se remettre à courir après avoir engloutit son verre quasiment d'une traite et à qui on expliquera plus que des équipes de un, c'est pas vraiment des équipes. Sur ce coup là, Felix est moins enthousiaste. Courir c'est pas beaucoup son truc et les ballons encore moins. Surtout depuis que James lui en a envoyé un dans la figure par accident il y a quelques mois. Ce n'est pas faute de s'être confondu en excuses et d'avoir fait péter des bisous magiques partout sur son visage jusqu'à ce que le petit Felix se remette à rire, mais en attendant, le foot c'est pas trop trop son truc et ça doit se voir sur son petit visage poupon et dans ses grands yeux expressifs parce que Lou-Ann fait soudainement la moue. Quatre ans, mais pas vraiment un grand causeur, alors sa famille a rapidement appris à lire dans ses moues, dans ses humeurs et dans ses petites manies, habituée à ne pas l'entendre souvent. Sa soeur se ravise finalement  avec un sourire. « Tu peux nous regarder si tu préfères ? Tu veux être l’arbitre ? Tu comptes les points d'accord ? » A ça il hoche de la tête et sourit de plus belle. Il aime bien compter. Il pose le plateau dans l'herbe, remet les verres vides dessus et s'assied à côté, les bras en l'air, prêt à gesticuler gaiment pour encourager sa sœur. Il se fiche un peu de qui gagnera au final, mais c'est moins douloureux si c'est Lou-Ann. James est un tout petit peu plus mauvais gagnant qu'il n'est mauvais perdant.

Lorsque la partie se finit enfin, les deux ainés se fichent bien des points. Simplement heureux d'avoir passé un bon moments et Felix lui, trottine gaiment derrière eux. Il n'a pas joué au foot, mais il aime bien regarder alors c'est tout pareil. Mais ce qu'il aime encore plus après avoir passé une journée dehors à s'amuser avec ses ainés, c'est de rentrer s'assoir près de sa maman et de poser son oreille sur son ventre rebondi alors qu'elle lui fait des doudouces dans les cheveux. Il va avoir une petite sœur, c'est ce qu'on lui a dit il y a quelques semaines maintenant et il s'inquiète un peu. Il ne sait pas trop comment il doit faire pour être un grand frère. Peut-être qu'il devrait demander à James de lui expliquer.


Memory Two, School


Ses oreilles sifflent et les parois de son crâne font ricocher le tapage de son sang sur ses tempes. Il tousse, crache et halète alors que ses poumons tentent, tant bien que mal, d'envoyer de l'oxygène dans tous ses membres endoloris, mais chaque bouffée d'air ne le fait que suffoquer un peu plus. Il y a de l'eau partout. Elle coule dans son cou, contre ses joues, le long de ses bras nus, dans sa trachée et il tousse un peu plus encore. Les yeux fermement clos, il tente de se concentrer sur sa respiration, de profiter de cette bouffée d'air, mais c'est peine perdue. Il est frigorifié et pourtant il trouve un certain soulagement à sentir le carrelage froid contre sa joue. Noyé sous l'adrénaline, son cerveau est frénétique, mais toujours incapable de traiter ce qui se passe autour de lui. Il n'a pas la moindre idée depuis combien de temps ça dure. Dix minutes ? Vingt Minutes ? Peut-être même pas tant que ça, peut-être que ça ne fait qu'une minute et pourtant il lui semble être là depuis des heures à panteler, à se noyer. Il ne s'est pas encore complètement défait de l'eau qui lui obstrue encore les voix respiratoires qu'une main agrippe violemment les cheveux à l'arrière de son crâne et un couinement terrorisé lui échappe avant qu'il se ne se retrouve une fois de plus la tête dans l'eau. Ses réflexes de survie se mettent en marche bien malgré lui et il gigote frénétiquement, se débat, tente de se défaire de la poigne qui le tient fermement plié en deux. Ses genoux nus glissent sur le carrelage trempé. Le rebord de la cuvette lui rentre douloureusement dans les côtes et chaque soubresaut de son corps qui lutte ne fait que faire rougir et écorcher la peau de son buste. Il aimerait pouvoir saisir quoi que ce soit, poser sa main contre un mur, contre le sol, pouvoir se trouver assez d'équilibre pour pousser à contre sens de l'étau qui le maintient la tête sous l'eau. Mais ses bras sont coincés dans son dos, maintenus sans le moindre ménagement, serrés si fort que le sang ne lui parvient même plus au bout des doigts qu'il agite frénétiquement, comme à la recherche d'une prise sur le vide. Il a les yeux fermés, la bouche fermée, quand bien même il aurait envie de hurler. Mais il se bat pour retenir le peu de souffle qu'il lui reste. Deux trois fois rien. Ses poumons brulent furieusement et crient de détresse, n'ayant plus grand chose à distribuer à ses membres qui doucement s'affaiblissent et se ramollissent. Son cerveau se déconnecte peu à peu, le froid et le noir s'engouffrent par tout ses pores et lentement, trop lentement, il se sent partir. Il se sent mourir. Tout doucement, il est trop proche de l'asphyxie et son corps ne se débat presque plus. C'est alors qu'il a l'impression lointaine qu'on le relève et soudainement, jeté au sol, il peut respirer à nouveau. Il peut tousser, cracher, haleter à nouveau dans des glapissements monstrueux. Ses oreilles se remettent à siffler, son sang à cogner dans sa caboche alors que son cerveau reprend rapidement le boulot, sans pour autant lui permettre de reprendre pied avec la réalité. Lorsqu'il ouvre les yeux, sa vision est floue, mais il s'en fiche bien. Il n'y a rien à voir de toute façon, il sait parfaitement ce qui l'entoure. Il sait que s'il lève les yeux, il fera face à trois visages familiers, aux sourire répugnants et aux petits yeux cruels. Il ne veut pas croiser leurs regards, il ne doit pas croiser leurs regards ou il aura certainement droit à une salve de coups dans le ventre ou dans les jambes pour l'obliger à baisser les yeux à nouveau. Alors il garde le regard bas, fixe au loin des morceaux de papier toilette crasseux tombés au sol, oubliés par des élèves qui se fichent bien de nettoyer derrière eux. Son cerveau tourne de nouveau à plein régime, prêt à l'envoyer valser dans une nouvelle vague d'angoisse, de terreur, alors il ferme les yeux à nouveau et geint de sentir l'air autour de lui bouger, conscient que trois silhouettes sont désormais penchées sur lui. Il se recroqueville en gémissant de trouille, content d'être encore trop sonné pour être capable d'entendre ses propres plaintes. Il sent l'air frémir et, même sans réellement pouvoir les entendre, il sait qu'ils rient. Il se moquent et frappent son corps meurtris de paroles malveillantes qu'il ne connait que trop bien. Il n'a pas besoin que son cerveau ne lui fasse parvenir leurs mots, il les entend clairement dans sa tête. Pleureuse, cinglé, looser, gros bébé et beaucoup d'autre bien plus fleuris. Leurs ricanements ne sont que trop souvent la bande son de ses cauchemars. Une fois de plus on lui empoigne les cheveux et un sanglot de douleur lui échappe, les faisant probablement rire de plus belle, alors que la panique le prend de nouveau à la gorge. Le voilà donc reparti pour un tour dans la cuvette. Alors, en désespoir de cause, il ferme les yeux comme si ça pouvait le protéger, mais rien ne se passe. Les bruits qui l'entourent sont encore étouffés, lointains, mais il sent l'un de ses bourreaux se rapprocher de son visage et des paroles ricochent contre sa joue sans qu'il ne puisse comprendre ce qu'elles disent. Probablement rien de gentil à en juger par le petit sourire sadique qu'il aperçoit du coin de l’œil. Ça na jamais été quoi que ce soit de gentil. Il ne sait pas ce qu'on lui dit, mais ça ne l'empêche pas de trembler. Finalement on le lâche sans crier gare et on le laisse s’effondrer contre le sol poisseux. Il tente laborieusement de se racrapoter sur lui-même, certain que cette fois ce seront des coups auxquels il aura droit. Mais au bout de longues secondes, rien ne vient et l'air autour de lui se remet à bouger pour finalement retomber. Tout est calme. Si on oublie le battement frénétique de son cœur, et le fatras frémissant dans sa tête. Allongé en position fœtale, nu comme un ver et trempé, il tremble de tous ses membres, terrifié et désespéré. Il y a de l'eau partout et c'est tant mieux, il ne sentira pas les larmes couler le long de ses joues.  

Ses vêtements, il les a retrouvé dans la cuvette voisine et après les avoir passé de longues minutes sous le sèche main, ils sont enfin secs et chauds. Un bien piètre réconfort, mais dans son état, il prendra tout ce qu'il pourra. Il a mal au crâne et la nausée, tous ses membres endoloris et son cerveau toujours sur la brèche, prêt à le laisser tomber à chaque instant dans la mélasse dégueulasse de son angoisse, de son dégoût, de sa tristesse. Ses doigts tremblent encore lorsqu'il les passe dans ses cheveux, enfin secs eux aussi, pour tenter de leur redonner un semblant d'ordre. Il y a un trou dans sa manche au niveau du coude et ça l'arrange. Ça l'arrange parce qu'un bleu est déjà en train de fleurir sur le côté droit du haut de son front, là où il s'est cogné plusieurs fois contre la porcelaine des toilettes et le carrelage du sol. Ça l'arrange parce que comme ça, lorsque son professeur lui demandera comment ça se fait qu'il a raté la première heure de cours après la pause de midi, il pourra lui dire qu'il a trébuché, qu'il est tombé, qu'il s'est cogné la tête et qu'il s'est donc rendu à l'infirmerie où il est resté le temps que son étourdissement passe. Personne ne cherchera plus loin. Il est souvent à l'infirmerie, quand bien même il n'y a pratiquement jamais mis les pieds de sa scolarité. Il n'a pas besoin que qui que ce soit voit les ecchymoses, les égratignures et les cicatrices, il soignera tout ça quand il rentrera chez lui. Lorsqu'il sort des toilettes du troisième étage, personne ne l'attend de l'autre côté de la porte et il se permet de respirer un peu plus sereinement, prenant route vers sa classe en rasant les murs malgré tout. Et comme prévu, une fois son bleu expliqué, son professeur le laisse s'assoir derrière son banc sans une remarque, même s'il semble perplexe d'avoir eu droit à l'excuse de l'infirmerie pour la troisième fois en deux semaines. Mais ce n'est pas important ça. Ça Felix s'en fout. Le plus important c'est que lorsqu'on lui remet sa copie de la dernière interro de math, il peut être fier, une fois de plus, d'avoir obtenu la note maximale. Le plus important c'est que dans cinq jours ce sont les vacances d'hiver et il pourra se lever sans la peur au ventre pendant deux longues semaines.

Demain Felix a onze ans et dans quinze jours, c'est la nouvelle année. Il n'est plus assez naïf pour penser que cela changera quoi que ce soit.


Memory Three, Work


« Lix, tu as déjà jeté un oeil aux nouveaux plans pour l'immeuble Marshall ? » L'interpellé lève doucement la tête d'un dossier plus épais que lui, un sourcil levé de manière amusée alors qu'un sourire légèrement sarcastique flotte au coin de ses lèvres. Il est entouré de papiers, de dossiers, de fardes, on en voit même plus le bureau en bois foncé derrière lequel il est assis depuis plus de trois heures maintenant. « Oui bien sur. Je suis allé courir en salle, manger avec le président et j'ai fait une sieste sur la plage aussi. » Son ton est sardonique, mais sans réelle hargne alors qu'il sourit avec amusement à sa collègue et meilleure conseillère. Cette dernière lève les yeux au ciel et lui sourit en retour avant de s'assoir dans un fauteuil pas loin. « C'est donc ça ! Je me disais bien que tu avais de jolies couleurs aujourd'hui. » Ce qui est parfaitement faux et ils le savent très bien tous les deux. Ça doit faire une semaine déjà qu'il n'a plus vraiment profité de la lumière du soleil, cloitré dans son bureau presque seize heures par jour. Il a les cheveux en bataille, comme à son habitude, les traits un peu tirés par la fatigue et la teint un pâle, faisant un plus gros contraste encore avec les nombreux points de beauté qui décore sa peau. Malgré tout, ses yeux mordorés sont brillants d'espièglerie et de vivacité. « Cela dit ça serait bien que t'y regarde, la réunion a été avancée à aujourd'hui. » Et là il n'a plus vraiment envie de rire. Ses épais sourcils se froncent et ses yeux s'assombrissent alors qu'une moue soucieuse prend place sur ses traits fins. Réunion avancée ? De plus de deux semaines ? Depuis quand ? Il n'a pas le temps de poser plus de question sur ce contretemps qu'on toque à la porte et il est tellement habitué à cette façon gracieuse de frapper qu'il sait déjà qui c'est. Et ça tombe bien, c'est exactement la personne qu'il lui faut !. « Entrez Hannah. » Quelques mètres plus loin devant lui, la porte d'un noir mat et chic s'ouvre et une demoiselle en tailleur d'un joli bleu indigo (tiens ils sont raccords tous les deux aujourd'hui) entre en vitesse, l'air agitée et les lunettes de travers. Ça c'est pas bon et Felix fait un peu plus la moue alors qu'il préférerait lui adresser un sourire de bienvenue. Il n'a pas le temps d'ouvrir la bouche qu'elle se précipite dans la grande pièce lumineuse et se poste devant le bureau, le nez sur son téléphone portable qui n'arrête pas de vibrer. « Vous allez bien Hannah ? » Il n'est pas d'une grande humeur, mais ce n'est pas un ours merci bien et voir sa secrétaire si désarçonnée le fait un peu paniquer. Elle qui leur a déjà sauvé la mise à tous plus d'une fois se laisse difficilement déborder. «Je.. euh oui. Enfin non. Je veux dire si, je vais bien merci, mais eum on a un soucis. »  Probablement pas qu'un pour qu'elle soit fébrile comme ça et Felix s'éloigne de son bureau et se laisse aller contre le dossier de sa chaise, se triturant nerveusement les mains pour éviter d'aller tripoter ses cheveux qui sont déjà bien en bataille, prêt à tout entendre ou presque. « J'ai eu Monsieur Marshall en personne au téléphone, il a un contretemps qui l'oblige à avancer la réunion pour l'immeuble à aujourd'hui 17h. » Jusque là rien de nouveau, bien que Felix soit un peu contrarié d'être apparemment le dernier mis au courant et lance un regard sidéré à Sahila, son associée, qui lui lance un sourire amusé et un petit hochement de tête fataliste du fauteuil dans lequel elle est toujours assise. Ses longs cheveux noir ébène venant voiler ses grands yeux sombres dans son mouvement. « Le problème c'est que Taylor est coincé sur un chantier à Liverpool et que je suis allé voir Madena à la finance et qu'il lui manque de nombreux devis pour le bilan d’investissement. Il est coincé au téléphone avec nos fournisseurs italiens depuis presque une heure, mais rien ne bouge. Ça c'est pour le plus urgent. » Parce qu'évidemment, ça ne s'arrête pas là. Ça serait trop beau. Il trouvait aussi que ça avait été calme ces derniers jours niveaux emmerdes. Fallait bien que le retour de bâton arrive un jour ou l'autre. Toujours bien attentif aux paroles d'Hannah, Felix se met à ranger son bureau, ferme des dossiers, note rapidement sur des post-it où il en est dans ses observations et attrape la veste de son costume bleu de prusse qui pend sur une poignée de l'armoire derrière lui. « Sinon, Bahmra voudrait savoir où on en est avec les analyses pour le terrain de Dublin et ne parvient pas à accéder aux fichiers de l'intranet ce qui l'empêche d'avancer sur les croquis pour Bristol, j'ai donc appelé le technicien, mais ça ne répond pas, j'ai peur qu'il soit en vacances et Davis est absent aujourd'hui. Le chantier d'Édimbourg est à l'arrêt à cause des intempéries et il semblerait qu'il y ait eu du dégât. Ce que je déteste la pluie. Sinon j'ai eu Cruz des ressources humaines et il semblerait qu'aucun des profils qu'il n'ait reçu jusqu'ici ne satisfasse à nos attentes, ce qui veut dire que Reed est officiellement en congé maternité et qu'on a toujours personne pour la remplacer. J'ai reçu les papiers de l'assurance pour l'accident à Kensington et Thompson aurait besoin de vous voir pour les dernières signatures et boucler le dossier. Il vous attend à 16h. » Hannah ferme finalement la bouche et lance un regard décidé aux deux autres personnes dans la pièce. Elle est prête à en découdre, impatiente de régler la situation et c'est ce qui a toujours plu a Felix, son tempérament combatif, débrouillard et passionné. Le fait qu'elle soit là depuis le début et qu'il ait toujours pu compter sur elle est un très gros plus bien évidemment. Remettant en place les manches retroussées de sa chemise blanche, Felix se relève gracieusement de sa chaise et enfile rapidement sa veste. C'est avec des gestes assurés qu'il attrape son téléphone portable et une pile de dossier qu'il avait mis sur le côté. Les épaules droites, le regard affuté et confiant, il est dans son élément et ça se voit. Il est loin le petit garçon peureux et réservé. Le petit garçon effacé qu'on entendait jamais, qui passait inaperçu. Felix est désormais un homme. Un homme intelligent et passionnée par son boulot, un homme à l'esprit vif et adaptable. A ce moment, Felix est un leader et ça se sent dans la façon dont il se tient, dans la façon dont il marche et rejoint Hannah qui est déjà près de la porte, dans la façon silencieuse dont il invite Sahila à les suivre. « Ok. Hannah vous commencez par me réunir l'équipe de Taylor dans la salle de réunion. Je les veux tous là-bas dans un quart d'heure. Madena aussi, il connait les habitudes de nos fournisseurs italiens mieux que personne, on fera sans les devis pour le moment, ça restera approximatif, mais c'est mieux que rien. Que Taylor reste sur le chantier à Liverpool, Sahila va l'appeler pour avoir un petit briefing de sa part sur le dossier et on se débrouillera sans lui pour le moment. » Les trois compères filent avec aisance dans les couloirs, ne croisant que peu de monde sur le chemin et quand bien même quelqu'un les verrait passer, ce n'est pas un spectacle rare de les voir dans une telle dynamique. Le bruit d'un bâtiment qui fourmille d'activité ne les gène pas, ils sont concentrés, ils ont beaucoup de choses à faire en très peu de temps. « Ça, ce sont les analyses de Dublin, je les aies lues, elles sont très bonnes, Bahmra sera content d'y jeter un oeil. Faites lui parvenir, mais dites lui que j'en ai besoin à nouveau sur mon bureau demain matin. En fait, donnez lui rendez-vous à 9h demain, on en discutera ensemble comme ça. » Felix se défait d'un premier dossier qu'il a dans les bras et le tend à Hannah sans trop regarder où il va, c'est donc de justesse qu'il évite Namjoon Park, un de ses employés et un des premiers architectes avec lequel il s'est sentit en phase dès leur première rencontre. Il lui adresse un sourire contrit auquel on lui répond d'un rire et le léger accent coréen de Namjoon vient agréablement lui chatouiller les oreilles quand bien même il crie presque après les silhouettes qui s'éloignent de Felix et ses deux comparses. « Hey Felix, c'est toi qui a les plans Bradford ? » Il n'a pas besoin d'y réfléchir plus d'une fraction de seconde, permettant ainsi à son cerveau de continuer à réfléchir sur les autres affaires dont il doit s'occuper aujourd'hui alors qu'il se retourne pour lancer un énorme sourire à son collègue tout en continuant d'avancer à reculons pour ne pas perdre de temps. Sahila le tenant par la manche comme si ça pouvait suffire à le retenir si par malheur il chutait. « Oui, ils sont excellents. Dans mon bureau, troisième tiroir sur la droite, pochette violette. Je les ai déjà annotés, tu peux les avoir, sers-toi ! » Il a à peine le temps de voir le jeune homme au bout du corridor lui faire un joyeux thumbs up avant de se retourner et continuer sa course dans les couloirs qu'il connait par coeur. Non seulement pour les fouler tous les jours, mais aussi pour être celui qui les a dessinés. Lorsqu'ils arrivent à l’ascenseur, Sahila est déjà au téléphone avec Taylor, ou du moins c'est ce qu'il suppose des quelques mots qu'il aura grappillé de sa conversation et Hannah tape furieusement plusieurs textos sur son téléphone. « Pour l'intranet, appelez Jenkins, elle saura peut-être y faire quelque chose. Il suffit que ce soit bêtement un problème de mise à jour ou une autorisation qui n'aurait pas été enregistrée. Bahmra est une tanche avec les ordinateurs, ça le rend attachant. Je sais qu'elle a du relancer le système la semaine dernière, elle n'a peut-être pas eu le temps de remettre toutes les autorisations en place depuis. Si elle n'arrive à rien, essayez le technicien du plantage de Noël dernier. Sahila, tu t'occupes d’Édimbourg. Pour Reed, j'ai repris son dernier projet, il est sur mon bureau et j'y travaille doucement. Je vous donnerai le dossier après la réunion Marshall, vous en ferez une copie et la remettrez à Peters pour qu'il y travaille aussi. On va essayer de faire avancer les choses tous les deux en attendant que les RH nous trouve quelqu'un. Dites lui que j'essayerai de venir le voir demain, mais je ne promets rien alors prenez toujours rendez-vous avec lui fin de la semaine prochaine au moindre trou que vous trouvez dans mon horaire, même pendant l'heure de midi s'il le faut. Si vous pouviez retéléphoner aux RH pour leur rappeler de mettre à jour l'offre d'emploi, parce qu'il me semble que ce n'est toujours pas fait, ça serait bien aussi. Oh et si vous pouviez prendre contact avec Reed pour vous assurez qu'elle n'a besoin de rien ? J'ai entendu dire qu'elle avait eu quelques complications de grossesse peu avant son départ, je veux qu'elle sache que si elle a besoin de quoi que ce soit, elle ne doit pas hésiter à demander, d'accord ? » Du coin de l’œil, il voit Hannah hocher vigoureusement de la tête et il lui adresse un sourire par le biais du miroir de l'ascenseur lorsqu'elle relève finalement le nez de ses notes et qu'il fixe le col de sa chemise en soupirant devant le spectacle de ses cheveux indomptables. Tant pis, c'est pas comme s'il n'était jamais allé en réunion avec bien pire sur la tête. La jeune femme à la superbe peu matte et dorée qui était restée en retrait jusqu'ici, raccroche son téléphone avec un soupir et Felix lui lance une moue pleine de questions silencieuses. « Taylor ? » « A cran. » « Comme d'hab quoi. » Rit-il légèrement en lui lançant un clin d'oeil avant de lui emboiter le pas et sortir de l'ascenseur, Hannah sur les talons. Elle a déjà l'oreille collée à son téléphone et Felix pose doucement sa main sur son bras pour attirer son attention, parlant à voix basse, comme pour ne pas déranger la personne à l'autre bout du fil. « Pour Thompson, dites lui 16h30. » La jeune femme hoche de la tête et s'éloigne d'un pas énergique avant de se retourner lorsque Felix l’interpelle une dernière fois. « Oh et Hannah !?! Merci ! » Il lui adresse un grand sourire et rattrape rapidement Sahila, continuant tout deux leur route vers leur prochaine mission du jour.

Le ciel étoilé s'étend à perte de vue par delà la baie vitrée, alors que quelques mètres plus bas, l'éclairage public baigne de lumière la foule de gens encore présents dans les rues à cette heure tardive. Beaucoup semblent être de sortie, les coins branchés n'étant pas très loin de là. On voit encore quelques cravatés, quelques tailleurs bien ajustés qui se pressent le long des trottoirs, mais ils sont rares désormais, la plupart déjà rentrés chez eux. Londres fourmille et c'est un spectacle que Félix aime regarder lorsqu'il boit un thé entre deux affaires. Aujourd'hui, il n'a pas vraiment pris le temps de le faire, encore penché sur des croquis, ses lunettes à montures noires et épaisses ayant, depuis quelques heures déjà, remplacé ses lentilles de contact. Seule sa lumière de bureau éclaire la pièce et baigne ses yeux sombres et sa mine concentrée de couleurs chaudes. L'atmosphère est paisible et studieuse, une chanson de James Bay s'élevant tout bas dans la pièce, et son dernier thé oublié sur un coin de sa table d'architecte, froid. Sa chemise est déboutonnée de plusieurs boutons, ses manches relevées comme elles le sont très souvent durant la journée. La pointe affutée de son crayon se balade avec aisance et assurance sur la feuille qu'il a sous les yeux. Petit à petit, les choses prennent forme et il est tellement appliqué à la tâche, presque fasciné, qu'il n'entend pas qu'on toque à sa porte, ni ne voit la lumière du couloir qui se déverse paisiblement dans son bureau sombre. Ce n'est que lorsque s'élève un petit « Felix ? » qu'il lève le regard de son ouvrage. L'espace d'une seconde, on peut voir dans ses yeux expressifs, qu'il ne sait plus trop où il est, mais une fois ce moment passé, il adresse un sourire à la jeune femme qui se tient à sa porte, emmitouflée dans un long manteau beige. « J'y vais. » Toujours le sourire au bout des lèvres, il lui adresse un petit hochement de la tête. « Oui, rentrez bien Hannah, soyez prudente sur la route. » Sa voix est grave et douce, un peu rauque de ne plus avoir été utilisée depuis quelques heures déjà et il s'éclaircit la gorge sans grand résultat. « Merci, vous aussi. Ne tardez pas trop à rentrer chez vous, il est déjà tard et vous avez eu une grosse journée. » Aussi professionnelle se montre-t-elle durant la journée, il est passé une certaine heure ou Hannah se défait de son sérieux et de son impassibilité. Un moment où ils sont les derniers dans le bâtiment et où elle s'adresse à lui avec douceur et inquiétude, s'assurant de façon toujours polie et subtile de son bien être. Il aime bien cette Hannah là aussi. Un léger rire échappe au jeune homme toujours assis à sa table alors qu'il hoche une fois de plus la tête. « Vous aussi vous avez eu une grosse journée. Heureusement que vous êtes là, je ne sais pas comment on s'en sortirait sans vous. » Rien que pour le léger rouge qui lui monte au joues et le sourire satisfait qui s'installe sur son doux visage, Felix est content de lui avoir dit et lui adresse une petite moue espiègle pour lui faire savoir qu'elle ne doit pas être gênée et que quand bien même ses mots sont sincères, ce n'est qu'une remarque lancée dans une ambiance bon enfant. « Je ne tarderai plus, c'est promis.» Ils savent tous les deux que c'est un pieu mensonge, mais après s'être souhaité bonne nuit, Felix se retrouve une fois de plus seul dans son grand bureau à moitié englouti par la pénombre. Sur son fauteuil, il s'étire quelques secondes et pose son crayon avant de jeter un oeil à sa montre. 23h15, c'est peut-être bien l'heure de prendre un thé bien chaud en regardant les gens et les voitures passer au bas de l'immeuble. Après ça, il s'y remet.


Memory Four, Friends



Ils sont assez loin de la rue principale et dans ce genre de petite ruelle peu ragoûtante, la lumière est faiblarde et l'air lourd et sale. Un néon datant probablement de la guerre, clignote de temps en temps un peu plus loin et plonge les lieux dans une lumière rouge rosée un peu lugubre. Ça sent les ordures, le tabac et l'urine, clairement le genre d'endroit qu'on s'attend à trouver à l'arrière d'un pub branché et bondé. On peut entendre la musique étouffée par les murs épais, les conversations décousues et les rires alcoolisés qui viennent de l'intérieur. Ou du moins il pourrait entendre tout ça si son cerveau parvenait à faire taire les hurlements de rage qui ricochent dans son crâne, à stopper le défilement des images de haine qui prennent toute la place dans ses pensées. Son sang brûle dans ses veines et sa respiration est laborieuse et éreintée. Il ne peut s'arrêter de frapper, de cogner et ses muscles, raides de colère, ne semblent pas se fatiguer le moins du monde. Ça ne fait qu'une minute que la situation a dérapé dans une violence incroyable. Les premiers coups partant avant même qu'il ne se rende compte qu'il bout littéralement sur place. Il n'en sortira pas indemne, un goût de fer se répand déjà dans sa bouche à cause de sa lèvre fendue et lui donne la nausée. L'une de ses pommettes est en feu, il ne sait plus trop laquelle et il s'en fiche. Tout ce qui importe c'est qu'en quelques secondes, il parvient à avoir le dessus et depuis, plus rien d'autre n'a plus d'importance que ce corps immonde qui se tortille de douleur à ses pieds. Il shoot, encore et encore, de toutes ses forces, peu importe où le coup atterrit. Il n'a plus qu'une chose en tête: détruire. Il veut lui briser les jambes, lui exploser le nez et la mâchoire, lui lacérer la peau. Il veut se baigner dans ses gémissements de douleurs et en rire comme rendu à moitié fou. « Alors du con, ça te fait toujours marrer !?! C'est beaucoup moins drôle quand on est celui qui s'en prend plein la tronche hein. !?! » Sa voix est rauque et vénéneuse, ses mots dégoulinant d'années passées dans la terreur et la douleur. L'homme au sol n'a pas le temps de tenter la moindre réponse que Felix lui assène un nouveau coup de pied dans le plexus, rendant sa respiration plus pénible encore.

Des années déjà qu'il n'avait plus revu cet abruti mal dégrossi, presque quinze ans même et il aurait adoré qu'il en reste ainsi à jamais ! Mais par un malheureux coup du sort, pour une fois qu'il prenait enfin le temps de se faire une petite sortie avec des amis, il aura fallu qu'ils se retrouvent tous les deux dans le même pub. Et ce trou du cul qui pense pouvoir venir lui taper la causette comme ça, comme si de rien était. Comme s'il n'avait pas passé toute sa misérable adolescence à lui pourrir la vie, à le torturer. Felix n'avait mis qu'une seconde pour le reconnaitre et sentait la crise d'angoisse lui enserrer la gorge avant même que l'autre homme ne s'approche de lui avec un grand sourire et ses éternels yeux vides et vicieux. Il ne savait même pas ce que ce porc pouvait bien lui raconter, lui balançant probablement des mondanités insipides alors que lui luttait déjà pour chaque bouffée d'air, au bord de l'implosion. Incapable de voir les regards inquiets des quelques amis avec qui il était venu ce soir là. Une inquiétude qu'il avait réussi à esquiver, s'excusant d'une voix faible et presque étranglée et faisant rapidement route pour la porte donnant sur une ruelle à l'arrière. Une fois seul dans la pénombre, il s'était laissé aller à frémir, à haleter. D'angoisse ou de rage il n'en savait trop rien. Probablement un mélange des deux. Ses mains tremblotantes avaient longuement cherché après son paquet de cigarette et il avait du s'y reprendre à plus d'une fois pour arriver à en allumer une. Ensuite, il s'était concentré de toutes ses forces sur cette fumée qu'il sentait emplir doucement ses poumons et faisait de son mieux pour l'en sortir d'un souffle stable, mais il lui aura fallu quelques essais de plus et une seconde cigarette pour retrouver un semblant de calme. Qui ne dura malheureusement pas très longtemps. La porte non loin de lui s'était ouverte et ce n'était pas l'un de ses amis venant prendre de ses nouvelles. La silhouette qui s'approchait prudemment de lui était celle de ce type qu'il haïssait de toutes ses tripes et qui osait lui demander s'il allait bien. S'il va bien ? Fantastique ! Il ne lui fallut qu'une seconde de plus en compagnie de ce fantôme de son enfance pour chavirer, déborder, exploser.

Ça ne fait que deux minutes que le barrage de sa haine a éclaté, mais il semble bien parti pour y rester toute la nuit. Noyé par les vagues tempétueuses de sa rancœur et de sa douleur, il n'entend même pas quelques voix familières lui crier, le supplier d'arrêter. Il ne revient à lui, pantelant et tendu comme un arc, que lorsque deux bras robustes lui enserrent le buste et le soulèvent pour l'éloigner de sa pauvre victime. Malgré lui il se débat, décidé à y retourner, mais Thomas le maintient en place contre lui et, petit à petit, les voix de ses autres amis présents lui parviennent enfin. Ses yeux encore embrumés de colère courent sur leurs visages inquiets et leurs mines ébahies et c'est en voyant des larmes terrifiées dans les grands yeux bleus de sa meilleure amie qu'il arrête de se débattre. En fait, il dégonfle tout d'un coup, se laisse aller et devient un poids mort dans les bras de Thomas qui ne le maintient désormais contre lui que pour lui éviter de s'écrouler au sol. Sa respiration est encore saccadée, mais son cerveau semble être soudainement plongé dans du coton et c'est à peine s'il a conscience qu'on le fait bouger. Il est en état de choc. Assez pour ne pas remarquer qu'on l'installe dans une voiture et qu'une main douce lui caresse le dos dans un geste de réconfort alors que plusieurs voix lui demandent probablement ce qu'il s'est passé ou comment il se sent.

« Felix ? » L'intéressé sursaute et ses yeux perdus font le tour de la pièce sans comprendre. Comment est-il arrivé chez lui ? Assis sur son lit ? Lorsque ses yeux se reposent sur la personne à ses côtés, il est étrangement soulagé de trouver un sourire, certes forcé, sur le visage de sa meilleure amie. Il voit l'inquiétude dans ses yeux, mais il est encore trop loin pour pouvoir y faire quoi que ce soit alors il baisse le regard vers leurs mains jointes posées sur ses genoux et garde le silence alors qu'elle se lève et revient quelques instants plus tard avec une trousse de premier soin. Il est presque étonné lorsqu'il aperçoit ses doigts bleus et rouges, lacérés et et sanglants, se demande comment c'est arrivé. Lorsqu'elle lui attrape délicatement les mains, il la laisse faire sans rechigner, sans un bruit, sans un soubresaut. Les événements de la soirée lui reviennent dans le désordre et de manière complètement floue et ce n'est que lorsqu'elle s'attaque à sa seconde main, la première soignée et de nouveau propre, qu'il se rend compte qu'une larme silencieuse coule le long de sa joues. « C'était qui ce type ? » Cette fois il ne sursaute pas lorsque sa voix basse s'adresse à lui et il est encore un peu dans les vapes lorsqu'il pose une fois de plus les yeux sur elle. Il ne sait pas quoi répondre, submergé par cette délicatesse avec laquelle elle désinfecte ses plaies et ses yeux qui se veulent rassurants. Il ne sait pas s'il mérite réellement un ange comme elle alors, lorsqu'il ouvre enfin la bouche, pour la première fois depuis qu'on l'a empêché de tuer un autre être humain, sa voix s'étrangle. « Quelqu'un qui l'a mérité. ». Il n'y a aucun jugement dans les beaux yeux qui lui font face, rien de plus que de la tristesse et de la compassion et s'en est trop pour lui. Felix éclate en sanglot au moment même ou deux bras frêles s'enroulent autour de lui dans une étreinte réconfortante.


Memory Five, Love



« T'exagères, je ne suis peut-être pas un roi de la cuisine, mais ça ne pouvait pas être dégueulasse à ce point ! » Son ton est à l'humour, même si la situation l'est beaucoup moins. Il fait de son mieux pour alléger un peu l'ambiance immaculée de sa salle de bain. Il semblerait que ça marche plus ou moins puisque entre deux soubresauts apparemment douloureux, un rire rauque résonne. Milo relève la tête des cuvettes au-dessus desquelles il est penché depuis près de dix minutes à vomir ses tripes. Il est pâle comme la mort et sue à grosses gouttes, quelques mèches collent à son front, mais ses yeux sont rieurs. « C'était meilleur dans un sens que dans l'autre en tout cas » Voilà qui est parfaitement cracra, mais ils rient tous les deux un instant. Les nausées semblent doucement se calmer et Felix se redresse maladroitement après avoir passé quelques minutes à frotter affectueusement le dos du pauvre malade. Ses genoux craquent lorsqu'il fait un premier pas vers la porte de la salle de bain, fatigués d'être restés si longtemps dans une position inconfortable. Il fait rapidement route vers la cuisine où il attrape un verre qu'il rempli d'eau et dans lequel il ajoute quelques gouttes se sirop de canneberge. Lorsqu'il revient à la salle de bain et tend le verre à Milo, celui-ci est penché sur l'évier à se rincer la bouche d'une main malhabile. Ses jambes peinent un peu à soutenir son poids alors, lorsque Milo accepte le verre bien content de faire passer le goût de son malaise, Felix se ne se fait pas prier pour se coller contre son dos et entourer sa taille de ses bras, plaçant quelques baisers contre la peau moite de son cou. Imperceptiblement, Milo approche son visage, cognant affectueusement son nez contre sa joue et Felix sourit bêtement dans son cou. Le plus jeune des deux se penche doucement pour attraper les lèvres de son homologue, mais Milo éloigne son visage en grognant.« Arrêtes, je suis tout crado. » Felix ne parvient pas à retenir le petit rire de nez peu élégant et un chouilla condescendant qui lui échappe alors. « Oh je t'en prie, on a fait pire. » Voilà une remarque qui se passe de tout commentaire et cette fois il attrape délicatement la joue de Milo avant de poser ses lèvres contre les siennes. C'est un baiser chaste, plus du domaine de la caresse réconfortante, mais tant que le grand malade ne s'éloigne pas à nouveau, il est content de le faire durer. Les secondes sont longues et douces et finalement ils finissent pas se décrocher l'un de l'autre et Felix fronce du nez avec un petit sourire taquin au coin des lèvres. « T'as raison, une bonne douche bien chaude et un brossage de dent vigoureux s'impose. » Milo lui assène une tape sur le bras comme seules représailles, tente de réprimer son sourire alors que Felix, lui, il rit bêtement en lui tirant la langue. Enfin la force n'y est pas vraiment, c'est difficile de vraiment qualifier ça de tape et voir son petit ami si faible lui comprime le coeur. Et ce n'est pourtant que le début. Mais ça, il évite de trop y penser et préfère mettre couler l'eau de la douche et revenir vers Milo pour le défaire du tshirt qui lui colle à la peau à cause de la sueur. Il s'attaque ensuite au pantalon sans un mot et se remet à rire dans sa barbe face aux plaintes du grand malade qui grommèle comme un enfant "qu'il n'est pas une demoiselle en détresse et qu'il peut le faire tout seul". Ce qui ne l'empêche pas de se laisser faire, de n'opposer aucune résistance lorsque Felix se relève en déposant à l'aveuglette quelques baisers sur son torse avant de le pousser délicatement vers la douche après s'être déshabillé à son tour. « Come on Princess, aujourd'hui tu as droit à un massage au gel douche et si t'es sage, je te lave même les cheveux. »  

Allongés au beau milieu du lit, les jambes entrelacées, les draps oubliés dans un coin par cette chaude soirée d'été, les deux amoureux respirent presque en parfaite synchronisation. Après avoir rusé et déployé des trésors d'imagination pour lui changer les idées et le fatiguer, Felix est heureux d'enfin voir son amoureux dormir. Lui n'en est pas encore là, mais il s'en fiche, il a l'habitude. Ses longs doigts habiles grattouillent tendrement dans le fatras des mèches soyeuses de la petite tête posée contre la sienne. De l'autre main, il trace des arabesques du bout des doigts tout le long du dos de Milo, de sa nuque au bas de sa colonne vertébrale, encore et encore. Il ne sait pas trop combien de temps il passe les yeux dans le vide à se prélasser dans la chaleur qu’émane du corps à ses côtés, cajolant sa peau douce et tentant de copier son rythme de respiration, mais lorsqu'il pose les yeux sur le réveil un peu plus loin, il constate que c'est déjà un nouveau jour. Ses yeux se posent ensuite sur les bouquins et la montagne de paperasse éparpillée un peu partout sur le sol de sa chambre, dernier vestige de leur session d'étude qui aura tourné courte. Dissert et révisions oubliées pour la soirée. Un soupir lui échappe et il finit par fermer les yeux en se blottissant un peu plus contre son compagnon de pieu. Quatrième jour de sevrage pour Milo et Felix prie pour qu'ils puissent tous deux dormir jusqu’au matin, ils en auront besoin. Le pire est encore à venir.  



Present One, Life



Les conversations enjouées lui parviennent avant même qu'il ouvre la porte de cette maison dans laquelle il aura grandit. Entre ses murs, tous ses meilleurs et ses pires souvenir et debout dans le salon, dans la salle à manger et dans la cuisine, ceux qui ont toujours rendu la vie meilleure. Il a le sourire aux lèvres avant même de pouvoir les voir et s'arrête un instant dans l'embrasure de la porte pour les contempler à sa guise. James lui envoie un sourire et un signe de tête auquel il répond de son propre sourire et d'un petit coucou de la main alors qu'il se met en route pour la cuisine où il peut entendre la voix de celle qui importe réellement en cette belle journée de printemps. Son père est probablement déjà en train d'essayer de chiper dans les plats et sa mère lui tape sur les doigts avec une cuillère en bois en riant. Elle sursaute à peine lorsque Felix l'enroule dans ses longs bras, la serre contre lui et plante un baiser presque baveux sur sa joue. « Bonne fête mamounette ! » Le rire chaleureux de sa mère lui caresse la joue et le coeur et elle vient poser à son tour un baiser contre sa joue avant de se figer complètement. Felix l'imite sans même s'en rendre compte et lorsqu'il relève les yeux vers le visage de sa mère, il ne peut s'empêcher de prendre un air coupable et contrit. « Felix ! » Houla ça c'est la voix des tracas. Elle a les sourcils froncés et le ton qui gronde, la tête des remontrances et Felix se racrapote un tout petit peu sur lui-même sans pour autant la lâcher. Il lui lance une moue innocente et lui répond d'une petite voix qui se voudrait pleine de candeur alors que son cerveau se questionne à mille à l'heure sur ce qui va bien pouvoir lui tomber dessus. « Ouiii ? » Il n'a pas le temps de fermer la bouche qu'un coup de cuillère en bois s’abat sur son crâne et sa chère maman se défait de sa prise, se tournant vers lui pour prendre la posture de La Grande Consternation et le menaçant de sa maudite cuillère alors qu'il se frotte le front en en faisant des tonnes, comme s'il souffrait le martyr. « Tu sens le tabac, t'as fumé !  » l'accuse-t-elle en le pointant de son arme et lui il n'est pas un assez bon menteur, ni un assez mauvais fils pour la contredire alors il lui tend le bouquet de fleur qu'il est allé chercher en sortant du bureau pour la distraire et lui offre un petit sourire contrit. « J'arrête la semaine prochaine ? » Le ton est plus à la question qu'à l'affirmation et sa mère lui répond d'un roulement des yeux assez impressionnant avant de se saisir du bouquet avec un sourire. Ils savent tous les deux que la semaine prochaine il lui dira à la même chose, mais l'ambiance est à la fête et non aux prises de bec alors elle n'insiste pas et lui fait signe de déguerpir au plus vite après lui avoir embrasser la joue une seconde fois. Felix ne se fait pas prier pour fuir la cuisine à toute jambe, mais seulement après avoir offert une accolade affectueuse à son paternel.

Lorsqu'il arrive dans le salon, tout le reste de la famille est déjà là. Il est le dernier, comme d'habitude, mais au moins il est là et c'est déjà ça. Il offre une petite tape affectueuse à l'arrière du crâne de James et lui tire la langue lorsque celui-ci lui envoie un regard faussement courroucé. Il continue en plantant un baiser furtif dans le cou d'Emily, la faisant couiner de surprise et la coupant dans une explication apparemment enthousiaste qu'elle était occupée de donner à Cassie. A qui il offre un clin d’œil amusé avant de lui attraper la main et d'y poser furtivement les lèvres. Continuant sur sa route des bonjours pour arriver enfin à Lou-Ann qu'il sert dans ses bras jusqu'à ce que celle-ci se mette à rire et le somme d'arrêter tout de suite, ses pieds ne touchant presque plus le sol. Il ne l'a pas encore entièrement lâchée quand deux petits bras lui attrape la jambe et lorsqu'il baisse les yeux, il se retrouve à observer la bouille d'ange de son neveux. « Hey Timeo, mon bonhomme ! ». Un sourire radieux sur le visage, Felix s’accroupit pour être à la hauteur du petit garçon dont il ébouriffe affectueusement les cheveux avant de lui taper dans la main comme deux vieux copains. « What's up champion ? » Son neveux lui répond d'un haussement d'épaule et Felix fait semblant d'être impressionné. « A ouais tout ça quand même ! Ça te tente qu'on aille jouer au foot dans le jardin ? » Il n'a jamais vu quelqu'un hocher de la tête aussi vite, à part peut-être Lou-Ann lorsqu'elle était enfant et ça le fait sourire de plus belle. D'un geste ample et confiant, il attrape le petit bonhomme par la taille et le soulève pour le poser sur ses épaules, faisant semblant de lui manger ses petites jambes qui pendent de chaque côté de sa tête juste pour le plaisir d'entendre le garçon glousser gaiment. D'un pas presque dansant, ils s'en vont comme ça vers le jardin et arrivé aux deux petites marches qui permettent de passer de la terrasse à la pelouse Felix s'arrête. « Tonton ? On pourra avoir de la limonade après ? » demande-t-il d'une voix aigüe et joyeuse et le dit tonton relève le nez vers lui avec un air déterminé et un grand sourire avant de sauter dans l'herbe les pieds nus. « Ouep et même que c'est moi qui te la préparerai ! Je suis doué pour la limonade ! »
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Ethan I. Hemsworth
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() message posté Mar 7 Aoû - 3:28 par Ethan I. Hemsworth
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Bienvenue par ici & courage pour ta fiche felix - screaming loud from the underground 208687334
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Lola Barnett
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Autumn L. Schoemaker
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() message posté Mar 7 Aoû - 7:13 par Autumn L. Schoemaker
Dylan felix - screaming loud from the underground 3744571258 en frère de Lou felix - screaming loud from the underground 1922099377

Bienvenue parmi nous felix - screaming loud from the underground 1922099377
& bon courage pour ta fiche felix - screaming loud from the underground 1973890357
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Alastair H. Pratt
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() message posté Mar 7 Aoû - 7:22 par Alastair H. Pratt
J'aime l'avatar! Bienvenue!
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Jake O. Cavendish
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() message posté Mar 7 Aoû - 8:33 par Jake O. Cavendish
bienvenue parmi nous felix - screaming loud from the underground 1942225346 et bon courage pour ta fiche felix - screaming loud from the underground 1973890357
n'hésite pas si tu as des questions felix - screaming loud from the underground 208687334
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Alycia Hemsworth
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() message posté Mar 7 Aoû - 9:58 par Alycia Hemsworth
Bienvenue felix - screaming loud from the underground 1922099377 felix - screaming loud from the underground 2941632856 bon courage pour ta fiche felix - screaming loud from the underground 1973890357
En cas de besoin n'hésite pas felix - screaming loud from the underground 1935183664
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() message posté Mar 7 Aoû - 10:01 par Invité
Bienvenue parmi nous felix - screaming loud from the underground 1973890357 Courage pour ta fiche.
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() message posté Mar 7 Aoû - 10:20 par Invité
Bienvenue parmi nous felix - screaming loud from the underground 1973890357
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