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So we meet again • Evanwin

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() message posté Dim 12 Aoû - 14:01 par Edwin Turner
7 août 2018

- Une nuit Franky, de toute façon, je leur dois déjà... Mais demain, promis, je viens m'installer chez toi.

Ca te fait bizarre l'idée de vivre avec ton frère. Tu l'as pas connu jusqu'à il y a quelques mois, et voilà que tu vas t'installer pour une durée indéterminée chez lui. T'as un peu menti en disant que seulement une nuit leur était due, à cet hôtel : t'avais réservé la semaine, et tu sais qu'ils vont te garder un peu d'argent en pénalité d'annulation de dernière minute, mais tu voulais pas que Frank se sente obligé de participer financièrement ou quoi que ce soit du genre. Déjà qu'il t'accueille gracieusement chez lui jusqu'à la fin de ton séjour, et c'est toi qui te sens redevable. Tu sais d'ailleurs pas comment tu pourras lui revaloir ça, mais tu te promets de trouver un moyen d'une manière ou d'une autre.

T'as passé ton anniversaire avec lui, et t'es certain de garder ce souvenir-là jusqu'à la fin de te jours, et pour ça aussi, tu lui seras éternellement reconnaissant, à ton frangin. T'as évidemment eu ta mère et ton oncle au téléphone, pris des nouvelles de Dylan au passage, que t'as retransmis à votre aîné avec plaisir, et tu découvres une nouvelle ville. Rien de tel pour te mettre le smile jusqu'aux oreilles. Ce matin, t'as récupéré tes affaires, donc, pas que t'aies quarante mille bagages non plus, c'est pas vraiment ton genre, mais t'as tout de même ta valise et ton laptop dans ton sac à dos. T'attends à la réception, qu'on veuille bien s'occuper de toi. Tu pensais pas qu'ils auraient besoin d'autant de temps pour ton check out, mais manifestement, ils sont pas habitués à ce genre d'annulation. Ou la blondinette est nouvelle et galère un peu. Tu sais pas, tu demandes pas, et tu t'en formalises pas. C'est pas comme si t'avais un impératif horaire de toute façon, Frank passera te prendre quand tu lui feras signe, et d'ici là, t'as bien envie de te balader dans le quartier un peu, avant que ton pied à terre devienne Hammersmith.

Et en attendant, t'as fini par te retourner pour observer l'accueil de cet hôtel que t'auras finalement pas tellement visité... et là tu bloques. Tu restes interdit, la bouche entrouverte devant ce visage gravé dans ta mémoire. Tu reconnaîtrais sans peine ces grands yeux sombres, ces mèches brunes un peu rebelles.

- Eva...

T'arrives même pas à prononcer son nom en entier, tellement t'en reviens pas de la voir ici. T'es en train de rêver c'est pas possible. Tu te souviens de ces instants magiques au Brésil, de ta détresse et de l'incompréhension quand elle a disparu du jour au lendemain, sans te laisser de coordonnée ni d'explication. Tu t'en es tellement voulu de pas avoir pris son numéro, mais vous étiez tellement dans un autre monde à ce moment-là... et puis t'es presque sûr qu'elle aurait pas répondu à tes appels, de toute façon, si t'avais pu et tenté de la joindre.

Et voilà qu'elle se trouve là, face à toi, et tu sais tellement pas comment réagir ! T'as envie de la prendre dans tes bras et de l'embrasser, mais t'as peur d'être repoussé, comme elle t'a abandonné là-bas, il y a quelques années maintenant. Puis rien te dit qu'elle t'a pas oublié, depuis le temps, elle a peut-être même bien rencontré quelqu'un avec qui faire sa vie depuis. Et tu lui en veux un peu, au fond, de pas t'avoir au moins donné une explication, ou même juste dit au revoir. Mais ça n'empêche pas les battements de ton coeur de s'accélérer, et ton souffle de s'arrêter un instant quand elle croise ton regard et t'en oublie complètement la blonde de l'autre côté du comptoir pour t'approcher doucement d'elle, une main nerveuse sur ta nuque.

- Je pensais pas qu'on se reverrait un jour... encore moins comme ça par hasard... Ici, à Londres...

T'essaies d'avoir un air naturel mais tu sens bien que t'es à côté de la plaque, t'es hésitant, dans tes gestes autant que tes mots. Tu brûles de lui demander pourquoi elle est soudain partie, mais t'as peur de sa réponse autant que de la voir fuir encore et ces mots-là restent au fond de ta gorge.

- Comment tu vas depuis... ?

Ta question reste en suspens comme tu sais pas comment la terminer sans que la rancoeur l'emporte, mais elle saura bien combler le vide, n'est-ce pas ?

@Evana A. Artemieva
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() message posté Dim 12 Aoû - 20:37 par Evana A. Artemieva

so we meet again •
On la connaît tous, cette solitude qui nous mine parfois. Qui sabote notre sommeil ou pourrit nos petits matins. C'est la tristesse du premier jour d'école. C'est lorsqu'il embrasse une fille plus belle dans la cour du lycée. C'est Orly ou la gare de l'Est à la fin d'un amour. C'est l'enfant qu'on ne fera jamais ensemble. C'est quelquefois moi. C'est quelquefois vous. Mais il suffit parfois d'une rencontre ... ( evanwin ) Jamais il n'avait eu le courage de lui avouer son amour. Certains jours, il pensait qu'elle était amoureuse de lui, mais comment en être certain ? Surtout, il ne se sentait pas de taille à supporter un refus. Il l'aimait trop pour ça.
Evana avait retrouvé sa petite sœur, son double, cette jumelle si inaccessible durant toutes ces années, et putain ce que ça fait du bien. Elles avaient passés le reste de la journée, une partie de la nuit à parler, à rire, à être comme avant : inséparables. Elles s’étaient même endormis dans le canapé de Nevada, l’une contre l’autre, dans un sommeil aussi paisible l’une que l’autre. Un sourire aux lèvres, le cœur à l’unisson. Evana ne pouvait qu’admettre ce matin-là que sa sœur lui avait manqué plus que raison, et qu’elle avait comblé le trou de son cœur, béant depuis tant d’années. Nevada était le maillon manquant de sa vie, la voile qui maintenait son bateau à flot, l’élément qui lui permettait de garder l’équilibre, elle lui permettait d’aimer la vie avec ses saveurs. Ce matin-là, Evana se rendait compte à quel point elle avait été stupide de la rejeter de la sorte, car sans elle, elle n’avait même pas réussit à survivre. Aujourd’hui, elle avait décidé de ne plus jamais la quitter, elle avait décidé de ne plus jamais l’abandonner. Elle allait aller de l’avant, et réapprendre à vivre dans cette ville où tout est différent. Elle allait tirer un trait sur le passé, sur la Russie, sur ces années en enfer, et elle allait lui dire la vérité. Sur sa vie de ses dernières années, sur sa lâcheté, sur cette maladie qui lui pourrit la vie, mais elle savait qu’avec elle, elle allait garder le cap.

En ouvrant les yeux ce matin-là, son cœur n’était plus douloureux, ses pensées n’étaient pas noires, mais plus teinté de rose. Pour la première fois depuis des années, elle était heureuse. Comme là-bas, comme au Brésil. Son cœur se serrait un peu à cette pensée, elle avait tant laissé en Amérique du Sud, elle avait probablement laissé filé l’amour de sa vie. Par bêtise, par lâcheté. Elle espérait qu’il aille bien, qu’il était heureux comme à Rio. Elle soupirait à cette pensée, puis son regard croisait celui de sa sœur, et un rire apparaissait entre les deux jeunes femmes, lui permettant de chasser cette triste pensée.

Evana pris sa douche, enfilait une petite robe d’été, et coiffait son carré élégant, espérant intérieurement que le climat londonien allait lui donner du répit. Tropéziennes au pied, maquillage léger, elle sortait en tournoyant sur elle pour montrer à sa sœur qui validait sa tenue de la tête. Elle mit sa montre thérapeutique, instrument indispensable à sa survie malgré le bonheur qui coulait dans ses veines. Aujourd’hui, elle allait vivre. Nevada devait travailler, et l’avait supplié d’annuler sa réservation d’hôtel, de rester ici, près d’elle. Alors elle devait se rendre à Notting Hill, et signer la fin de sa vie de reine. Petit déjeuner avalé, sa jumelle lui indiquait le chemin à prendre, et après un doux baiser sur sa joue, Evana pris son sac, ainsi que les clés de sa sœur, et pris la direction de Notting Hill.

Elle ne s’était pas perdue, et elle n’était pas peu fière de ça, elle qui avait un sens de l’orientation si mauvais. Et elle s’était directement rendue au comptoir, expliquer les raisons de son désistement.

« - Bonjour, je suis Mademoiselle Artemieva. J’avais une réservation pour une semaine, je viens l’annuler, j’ai quelqu’un pour m’héberger finalement. »

Un sourire à faire pâlir les hommes autour et le standardiste, elle jouait la carte de la séduction pour que tout se passe bien. Elle se savait en tort, elle savait qu’il y avait des pénalités en jeu, mais elle espérait surtout le moins de casse possible. Et à voir le sourire de l’homme en face d’elle, elle avait gagné. Il lui expliquait qu’à l’avenir il fallait prévenir plus tôt, mais que pour cette fois, il ne lui ferait pas payer de frais supplémentaires. Un sourire faussement excusé, des remerciements mille fois trop généreux, et Evana s’apprêtait à s’en aller, quand elle entendit son nom. Elle se retournait alors, et ses yeux se posaient sur lui.

Sur celui avec qui elle n’avait été que plus heureuse. Celui qu’elle avait abandonné sans explication, sans raison. Edwin. Le hasard faisait tellement bien les choses, elle avait pensé à lui le matin même, s’était remémorés les doux moments passés à ses côtés. S’était souvenu de chaque trait de son visage, de la douceur de ses contacts, de son rire. Son cœur eut un loupé, et son sourire s’agrandissait quand elle se rendait compte qu’il était là, devant elle. Un pied de nez au destin. Elle ne s’était pas attendue à ça, encore moins maintenant, pas après toutes ces années. Et elle ignorait totalement ce qu’il devait penser d’elle. Peut-être qu’il l’a détesterait, peut-être qu’il renierait tous ces moments merveilleux, mais elle vit dans son regard cette même envie qu’elle. Cette envie hiératique de le prendre contre elle, de l’embrasser, de renouer, de rire, de vivre. Tout avait été plus simple avec lui. Et pourtant, il ignorait tout d’elle. Absolument tout. Il ne l’avait vu que sous son plus beau jour. Elle sentait son cœur malade s’emballer dans sa poitrine, et le bruit de sa montre lui indiquait qu’il battait trop vite, qu’il était temps qu’elle se calme. Un rire sortait de ses lèvres, et elle fermait les yeux, reprenant sa respiration qu’elle avait cessée durant une minute. Elle était comblée de le revoir. Et quand il s’approchait d’elle, son sourire fut plus grand, plus sincère encore, et elle acceptait cette proximité avec plaisir non dissimulée.

« - Le hasard fait bien les choses. »

Et après le bonheur, venait la culpabilité. Sournoise, et vile. Elle savait que ce qu’elle avait fait c’était mal, elle lui devait des explications, mais en réalité, elle avait peur de lui dire qu’elle avait eu peur. Que tout était lié à son existence souvent merdique, qu’elle n’était pas stable, qu’elle n’était qu’une grenade dégoupillée. Mais elle avait surtout peur qu’en lui disant tout ça, il prenne la fuite. Son cœur lui ne cessait pas sa chamade, et elle savait que ce n’était pas bon pour elle. Alors elle coupait la sonnerie émanant de sa montre, et regardait Edwin qui semblait mal à l’aise face à elle. Elle sentait le blanc venir, et elle voulait effacer ce malaise entre eux. Alors elle lui souriait qu’un peu plus.

« - Je vais bien. Ça te dit un petit déjeuner, toi et moi, au café d’en face. Histoire de se détendre un peu et de te donner les explications auquel tu as le droit ? »

Elle savait qu’il n’allait pas refuser, parce qu’il n’était pas de ce genre-là. Alors elle hélait la femme qui s’occupait de son dossier, et lui expliquait qu’elle pourrait les trouver en face si elle le cherchait pour terminer son annulation. Peut-être qu’elle allait lui épargner des frais inutiles. Et comme avant, elle prit sa main, et le conduisait au bistrot d’en face, s’installant en terrasse, face à lui. Elle ouvrit son sac, prit son cachet pour le cœur et l’avalait avec un peu de sa bouteille d’eau, avant de retirer sa montre et de la mettre sur la table. Elle voulait cesser d’entendre ce bruit, elle ne voulait entendre que lui. Elle posait alors son regard sur lui, et lui fit un sourire, disant simplement.

« - Tu n’as pas changé Edwin. T’es toujours aussi beau. »

Authentique et sincère. Elle ne s’en était jamais cachée.
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() message posté Lun 13 Aoû - 9:59 par Edwin Turner
Elle est rayonnante. Magnifique dans sa tenue estivale qui te rappelle tellement Rio ! T'as envie de retrouver la mer et les vagues, d'entendre à nouveau son rire sur la plage, et de la serrer dans tes bras, oh bon dieu, la serrer contre toi encore une fois ! Si t'avais le moindre doute - mais en réalité, il n'y en avait pas le moindre - il est levé quand elle se présente à l'accueil, et tu sourirais presque si t'étais pas aussi chamboulé, du hasard, du destin : elle aussi vient annuler sa réservation. Elle aussi, était descendue ici, mais a finalement un autre hébergement. Tu sais pas encore qu'elle aussi, elle a retrouvé sa famille. Vos situations sont différentes, mais tu retrouves ton frère, et elle sa soeur. Drôle de parallèle dans vos vies, après cette parenthèse au Brésil.

Et tu t'en fous tellement, alors, des pénalités de désistement de l'hôtel, de la différence de traitement entre elle et toi comme le type qui s'occupe d'elle ne lui oppose aucune résistance et accède avec un sourire ravi à sa demande. Tout ce qui accapare tes pensées, c'est qu'elle est là, face à toi, souriante, et tu crois rêver. Alors certes, il y a ce pincement dans ton coeur dû à l'abandon, et une pointe de rancoeur, mais ils ne peuvent rien contre le bonheur que ça te fait de juste revoir son visage autrement qu'en pensée.

« Le hasard fait bien les choses.
- Vraiment ? »


Tu peux pas empêcher la question de passer tes lèvres : après tout si elle est partie comme une voleuse ce jour-là, c'était peut-être qu'elle n'avait pas envie de te revoir. Pourtant son visage souriant, cet éclat dans son regard, sa démarche paisible comme elle s'approche à son tour, comblant le peu de distance que t'osait laisser entre vous, tout ça te confirme qu'elle est heureuse de te revoir aussi. T'entends ce bip à son poignet comme un parasite lointain, plus rien n'a d'importance que son regard plongé dans le tien. Et ces mots qu'elle prononce, rompant le silence que tu ne sais pas vraiment comment briser toi-même.

« Je vais bien. Ça te dit un petit déjeuner, toi et moi, au café d’en face. Histoire de se détendre un peu et de te donner les explications auquel tu as le droit ? »

T'esquisses un sourire, hoche simplement la tête. Tu pourrais embrayer sur ces explications qui auront mis des années à venir, alors que tu t'es posé mille questions pendant tout ce temps, sur ce que tu avais bien pu faire ou dire ou ne pas faire ou ne pas dire pour qu'elle s'enfuit ainsi. Tu souris encore lorsqu'elle fait son numéro de charme à l'hôtesse qui s'occupe de ton cas, et laisse sa main trouver la tienne, naturellement. Comme avant. Et t'as pas la moindre envie que ça ne soit pas comme avant, comme c'était entre vous, là-bas, sous le soleil des tropiques. Tes doigts enlacent les siens, t'as presque l'impression que si tu les lâches, elle va s'évanouir dans les airs, que tu vas te réveiller dans ta chambre et que t'auras rêvé tout ça. Mais vous vous installez en terrasse en face de cet hôtel que tu vas quitter sous peu, et tu la vois ouvrir son sac sans que rien ne s'efface.

Tu fronces les sourcils, cependant, en la voyant sortir un cachet qu'elle avale avec les gestes simples de l'habitude, tout comme elle retire sa montre et la pose sur la table. T'es pas médecin, et t'es pas au fait de toutes les avancées technologiques dans ce genre de domaine, mais t'es sportif, et des montres retraçant tes signaux vitaux et précisant les résultats de tes entraînements, t'en as connu un certain nombre. Il y a une alerte qui s'allume dans ton cerveau, sans que tu parviennes à déterminer tout ce qui découle de ce bip qui s'éteint soudain. Mais t'as pas le temps de poser de question qu'elle a déjà repris la parole, et tu souris encore, comme si c'était tout simplement impossible pour toi de ne pas le faire face à elle.

« Tu n’as pas changé Edwin. T’es toujours aussi beau.
- Merci du compliment, mais il est tout autant valable pour toi. Tu es superbe... radieuse même. »


Et si t'es plus qu'heureux de la revoir, de la retrouver aussi belle qu'auparavant, tu peux pas t'empêcher de penser qu'elle est si radieuse sans toi, et que, peut-être, ta présence auprès d'elle n'est pas une si bonne idée. Ou peut-être qu'elle aussi, c'est te revoir qui lui donne un sourire aussi rayonnant ? T'es confus, et tu sais réellement pas sur quel pied danser. Alors même si t'as peur de sa réponse, même si tu sais plus trop si tes mots ou tes gestes seront pris aussi simplement que là-bas, ta main a à nouveau cherché la sienne, et après une seconde à observer vos doigts noués, tu relèves le regard vers ses prunelles sombres qui t'ont envoûté dès le premier instant, avant même qu'on vienne prendre votre commande.

« Qu'est-ce qui s'est passé, Evana ? Est-ce que j'ai fait quelque chose qui...? »

Tu sais même pas vraiment comment formuler cette question, t'as tourné votre séjour ensemble dans tous les sens dans ta tête, et t'as pas trouvé de réponse à cette question. Pendant des semaines, des mois. Et une fois encore, tu la laisses en suspens, cherche la réponse dans son regard avant qu'elle ne reprenne la parole.
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