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(Edward) ¬ Confessions of a broken heart.

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() message posté Sam 6 Oct - 1:48 par Helga S. Lindholm

Assise sur sa grande chaise de bureau, elle regardait le vide devant elle. Ses yeux clairs et vitreux se cachaient sous d'épais et longs cils noirs. Elle tenait du bout de ses doigts un stylo bleu, le faisant tournoyer avec une certaine indifférence autour de ses fines phalanges, dans un mouvement fluide et habile. L'air était lourd dans la pièce ; un mélange de parfum féminin, touches de groseilles et de lilas, et de tabac froid qui embaumait la petit salle rectangulaire. Elle n'avait jamais pu perdre cette habitude ; celle qu'elle avait de fumer dans son bureau, et ce malgré les nombreuses demandes de ses collègues allant dans ce sens depuis des années. C'était son bureau après tout. Elle aimait fumer en travaillant, et elle revendiquait son droit au maigre plaisir que ça pouvait lui procurer. La journée touchait à sa fin. Le jour avait tiré sa timide révérence derrière les nuages de Londres pour laisser place à la pénombre d'une nuit fraîche. Le silence était maître des lieux ; dans le couloir, seul le chariot que poussait le technicien de surface et dont l'une des roues tremblotante couinait légèrement se faisait entendre. La conservatrice soupira longuement. Sa main gauche était posée sur une pile de documents. Ses doigts se rétractèrent soudainement, froissant les premières feuilles sous ses paumes. Puis une larme roula sur sa joue jusqu'à s'écraser un peu plus bas, mouillant le papier blanc. Et l'encre bleue se mit à baver. Mais ça, Helga s'en fichait bien. Elle continuait de pleurer silencieusement. Son regard avait dévié sur cette photo, celle dans ce petit cadre, sur son grand bureau. Un visage enfantin, aux traits doux et angéliques ; de grands yeux bleus presque miroirs de ceux de la conservatrice, des pommettes rosées parsemées de tâche de rousseurs, et une chevelure châtaigne encadrant des joues rebondies. Walter, le prénom s'était échappé d'entre ses lèvres fébriles. Walter, un nom, une souffrance, une prière, mais surtout un enfant. Celui qu'elle avait perdu bien des années auparavant.

Il paraîtrait que les années apaisent les souffrances, qu'elles rendent les souvenirs moins amers ; Mais ceux de la jeune trentenaire étaient toujours bien vifs, comme une brûlure encore fraîche sur la peau, comme une gerçure sur la bouche qu'on ne peut pas s'empêcher de lécher. Le temps passant, elle avait appris à vivre avec, certes. Elle était souvent de mauvaises humeurs, surtout les lundis matins d'hiver. Elle criait régulièrement sur ses collègues Helga. Elle n'avait pas peur d'être franche, ni d'aller à l'encontre de l'opinion général. Elle était piquante Helga, comme une jeune rose à peine éclose, encore si fragile mais déjà si forte. Elle cherchait toujours à se protéger des autres Helga. À moins que ce soit les autres qu'elle cherchait à protéger. Mais elle pouvait sourire aussi. Elle riait Helga. Parfois, ses yeux pouvaient briller comme l'éclat d'une azurite. Elle aimait le bruit de la pluie qui s'écrasent contre les fenêtres, l'odeur de l'herbe fraîchement coupé, écouter son vieux voisin jouer du piano le dimanche matin. Il lui arrivait d'être insouciante, de ne pas voir le temps défiler tandis qu'elle lisait ou gribouillait au fusain sur une feuille rêche. Mais il y avait des jours particuliers. Des jours, qui malgré les années, malgré les distractions, malgré tout ce qui pouvait faire son bonheur aujourd'hui, ne pouvaient rien changer au fait que c'étaient des moments difficiles. Le cinq octobre était l'une de ses journées.

L'odeur des bougies lui revenaient en mémoire comme si l'on venait d'en éteindre une dans son bureau. Elle se rappelait les rires enfantins, la chute du papier cadeau rigide sur l’emballage plastique d'un jouet ; et le goût chocolat d'un gâteau sur sa langue, le chant mal ordonné et légèrement faux d'un joyeux anniversaire. Trois bougies, étincelantes dans le noir, les dernières qu'il avait soufflé, Walter. Aujourd'hui, il aurait dû en avoir huit de plus sur un tout nouveau gâteau. Il aurait dû être couvert de cadeaux. Helga aurait aimé lui offrir de nouveaux habits qu'il aurait fièrement porté à l'école le lendemain. Mais il n'y avait que le silence dans la pièce. Il n'y avait que Helga, et cette photo qu'elle caressait doucement entre ses doigts à présent.

La journée avait été difficile. La femme aux cheveux d'ébène s'était levée avec une impression étrange. Pourtant le soir même elle s'était couchée avec le sourire. Parce qu'elle avait un rendez-vous la soirée du lendemain, avec une personne qui partageait un peu plus sa vie chaque jour. Une personne qu'elle appréciait un peu plus chaque jour, se hasardait-elle même à penser. Edward l'avait invité à dîner, alors qu'ils n'avaient fait que se croiser récemment ; Helga était partie deux longs mois se ressourcer à Helsinki auprès de sa famille. Et à son retour, elle avait eu beaucoup de travail par conséquent ; à croire qu'il n'y avait qu'elle qui travaillait correctement dans ce musée. Mais pendant ses vacances, elle avait écrit à Edward, trois fois. Helga était vieux jeu. Elle n'aimait pas appeler, envoyer des textos. Elle écrivait des longs courriers qu'elle parfumait avant de les sceller, pour qu'on puisse s'imprégner de l'odeur une fois ouverts. Elle lui avait raconté ses vacances dans ces fameuses lettres ;Le climat bien plus tempéré qu'à l'ordinaire, sa sœur qui s'était une nouvelle fois amourachée d'un parfait idiot, son frère qui terminait bientôt ses études de médecine, les recherches de sa mère. Elle avait cependant peu parlé de la sensation étrange qu'elle avait ressenti en voyant l'ancien bureau de son défunt père totalement vide, ou du moment où elle avait retrouvé tout un tas de vieilles photos d'enfance, mélangées à celles où on voyait Gustav, et Walter âgé de seulement quelques mois. Mais avec l'une de ses lettres, elle avait accompagné une photo où elle ne devait pas dépasser les six ans, et où elle tirait la langue sur une balançoire. Elle aimait bien cette photo, et elle avait espéré que cette dernière fasse sourire son correspondant. Dans sa dernière lettre, elle avait joint une fleure sauvage qu'elle avait cueilli près de la forteresse de Suomenlinna. Elle avait beaucoup pensé à Edward pendant ces deux mois. Une part d'elle se languissait de rentrer à Londres pour le revoir. Ce dîner devait en quelque sorte signer leur retrouvaille après tout ce remue-ménage. Ce n'était pas leur premier rendez-vous, mais Helga avait eu hâte tout ce temps pour ce moment.

Et puis elle s'était levée ce matin-là, elle avait réalisé quel jour on était. D'un coup, ça lui était revenu en pleine face. L'anniversaire de Walter, le passé, la souffrance et son cœur toujours frêle de la moindre émotion. La veille, elle avait préparé une belle tenue pour son rendez-vous Helga. Mais finalement, elle avait enfilé un simple pantalon noir, une chemise et un long chandail à grosses mailles noué à a la taille. Elle avait laissé ses cheveux détachés, alors qu'elle avait l'habitude de les nouer en chignon d'ordinaire. Et elle ne s'était pas maquillée. La belle robe qu'elle avait préparé la veille ne bougera finalement jamais de la chaise de sa chambre. Et puis elle s'était rendue au cimetière avant d'aller travailler. Elle avait acheté un beau bouquet, une composition spéciale qu'elle demandait toujours en ce jour particulier. Et elle l'avait déposé sur la tombe de son enfant, chaudes larmes déferlant sur son visage froid. Elle était restée un long moment assise, à regarder la grosse plaque en marbre gris avec l’épitaphe en l'honneur de son fils. Ensuite, elle était partie travailler. Elle s'était enfermée dans son bureau, et n'en était pas sortie de toute la journée. Son travail avait été son refuge en cette triste journée de samedi. Elle avait rempli dossier après dossier, répondu à tous ses mails, rédiger les lettres de demande de nouvelles pièces pour la collection temporaire du British Museum. Rapidement, il avait été midi, puis dix-huit heures en un éclair. Le temps était passé, et Helga n'avait toujours pas bougé. À présent, il était plus de vingt-et-une heure. Il n'y avait plus personne dans le musée, à part ceux qui faisaient le ménage, et les gardiens de nuit. La conservatrice avait finit par jeter un regard vaste sur l'écran de son portable, le saisissant doucement. Elle avait de nombreux messages de ses proches, ceux qui s'étaient rappelé quel jour nous étions : sa mère, sa sœur, son frère, Kenzo et Ethan même. Mais ce qui l'intrigua plus furent les quelques appels manqués en début de liste. Le nom d'Edward était affiché plusieurs fois sur l'écran. Il y avait même des messages vocaux qu'elle n'écouta que d'une oreille distraite. Il lui demandait où elle était, si elle allait bien. Il s'inquiétait. Elle n'était pas venue à leur rendez-vous. À quand remontait le dernier appel ? Quelle heure était-il déjà ? Helga n'était pas en mesure de répondre à toutes ces questions. Alors elle avait reposé son téléphone, en ignorant volontairement le reste. Helga bailla, passant une main devant sa bouche en émettant un soupire de fatigue. Elle posa ses doigts fins sur la gourmette qu'elle portait à son poignet droit, la faisant glisser sur sa peau de porcelaine. Elle avait toujours sur elle ce petit bracelet en or que Walter avait reçu à son baptême, bien qu'il eut été trop grand pour lui à l'époque. Elle jeta un œil autour d'elle ; les murs étaient encombrés de grandes étagères comportant des classeurs bien organisés, ce qui donnait à la pièce une ambiance très sérieuse et limite austère. Helga attrapa finalement son paquet de cigarette et en porta une à son bec qu'elle s'empressa d'allumer. Elle expira longuement, puis se replongea dans son travail, balayant une dernière larme sur sa joue. Et de l'autre côté de la porte vitrifiée de son bureau se dessinait une silhouette qu'elle aurait pu reconnaître entre mille, si tant est qu'elle eut levé les yeux de ses dossiers à ce moment-là.


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() message posté Sam 13 Oct - 21:12 par Edward O'Sullivan
Confessions of a broken heart
Helga & Edward

   
Installé à une table dressée pour deux dans l'un de ses restaurants préférés, Edward était plongé dans ses pensées en attendant l'arrivée d'Helga. Ils n'avaient pas eu beaucoup d'occasions de se voir en-dehors du musée ces temps-ci, et le restaurateur devait bien avouer que cela lui manquait. Il avait mis un temps infini avant de pouvoir organiser une sortie en compagnie de la jeune femme mais maintenant que ces petits rendez-vous étaient devenus monnaie courante, Ed ne regrettait pas sa persévérance. Même s'il devait affronter le regard interrogateur de ses collègues, qui se demandaient tous pourquoi il s'entêtait à fréquenter celle que personne ne semblait apprécier à par lui, le jeune homme n'en avait que faire. Il n'avait d'ailleurs jamais prêté trop d'attention au regard des autres, et la situation actuelle lui prouvait bien qu'il avait eu raison sur toute la ligne. Car s'il s'en était tenu aux "on-dit", s'il avait suivi les mises en garde des collègues qui fréquentaient Helga depuis plus longtemps que lui, Edward ne serait jamais parvenu à briser l'armure ni à entrevoir la personne réelle qui se cachait dessous. Bien sûr, il n'avait pas encore percé tous les secrets de cette femme mystérieuse mais le restaurateur tenait déjà sa victoire. Car contrairement à ces individus qui ne la connaissaient en réalité pas du tout même s'ils la côtoyaient depuis des années au musée, il pouvait se targuer d'avoir rencontré quelqu'un de bien. Quelqu'un de secret, de méfiant et de blessé par la vie, mais quelqu'un qui n'en finissait pas de le fasciner et de lui donner envie d'aller plus loin. En somme, Edward se considérait un peu comme un privilégié et même s'il avait du faire preuve d'un brin d'insistance à ses débuts, il ne regrettait pas aujourd'hui d'être un des seuls à pouvoir fréquenter Helga comme il le faisait, n'en déplaise à son entourage professionnel.

L'attente était longue, et pour combler le vide Edward repensa à ces derniers mois durant lesquels Helga était partie se ressourcer dans sa famille en Finlande. Le temps avait paru bien long au restaurateur mais peu de temps après le départ de la brune, il avait eu la surprise de trouver une lettre écrite de sa main dans sa boîte aux lettres. Une lettre puis deux, puis trois... qui avaient abouti à un échange manuscrit d'un autre temps. En repensant à ces lettres, Edward ne put s'empêcher d'esquisser un sourire en songeant que cette façon de faire ressemblait en tous points à Helga, qui semblait fuir les nouvelles technologies pour rester ancrée dans des manières que certains auraient qualifiées de "vieux jeu". Edward lui-même aurait peut-être pu porté un tel jugement sur ces lettres dignes d'une correspondance d'adolescents, mais il s'agissait d'Helga... Et comme si cela suffisait à lui faire voir les choses d'un autre œil, Ed avait simplement trouvé cela adorable et s'était d'ailleurs prêté au jeu sans rechigner. Avec un peu de maladresse certainement, mais il avait répondu à chacune des lettres de la jeune femme, commentant les petits bonus qu'elle glissait dans ses enveloppes, ou racontant ses propres journées londoniennes et son quotidien, aussi banal soit-il. Mais Helga était finalement revenue dans ce quotidien, pour le plus grand bonheur du jeune homme qui était ravi de pouvoir de nouveau passer du temps avec elle. C'était d'ailleurs le but de son invitation ce soir mais en voyant l'heure avancer sur le cadran de son téléphone portable, Edward déchanta. Il s'était d'abord dit qu'Helga ne souhaitait pas arriver en premier, puis qu'elle avait simplement un peu de retard, puis un impératif de dernière minute... mais à présent, le jeune homme comprenait qu'elle ne viendrait pas. Il avait pourtant essayé de la joindre à plusieurs reprises mais rien n'y faisait, et Helga était toujours aux abonnés absents. Elle n'avait pas donné signe de vie de la soirée, pas même un message pour s'excuser ou s'expliquer, ce qui poussa le restaurateur à être aussi inquiet que déçu par cette absence. Edward était tout bonnement tiraillé entre l'idée qu'il lui soit arrivé quelque chose de grave, et celle pas moins désagréable qu'elle ait simplement décidé de ne pas venir. Après tout, Helga restait extrêmement secrète, parfois distante malgré la relation qu'ils entretenaient depuis quelques mois, et Edward avait peut-être fait preuve d'un peu trop d'initiative en lui proposant ce dîner, bien qu'il ne soit pas le premier. Quoi qu'il en soit, le jeune homme se fit une raison et quitta sa table à contrecœur, décommandant ce diner auprès du serveur le plus proche avant de sortir de l'établissement pour braver la fraicheur automnale et rentrer chez lui.

Sur son chemin se trouvait le British Museum et alors qu'il approchait des bâtiments qui abritaient les bureaux et les ateliers, le jeune homme fut surpris de voir de la lumière à travers la fenêtre qui donnait sur le bureau d'Helga. A l'heure qu'il était, et surtout pendant le week-end, elle devait être seule au bureau avec pour seule compagnie le ballet incessant des quelques vigiles qui se relayait en permanence dans l'ensemble des bâtiments du musée. Mais que pouvait-elle bien avoir à faire de si urgent pour être encore ici, alors même qu'elle aurait du se trouver au restaurant avec Edward ? Pour l'heure, le restaurateur n'en avait pas la moindre idée mais il entendait bien tirer les choses au clair. Si bien qu'il se dirigea instantanément vers l'entrée arrière dudit bâtiment, passant sans encombre les contrôles de sécurité en saluant les vigiles qu'il connaissait quasiment tous à présent. Quelques instants plus tard, le jeune homme se retrouvait devant la porte fermée du bureau de la conservatrice, y donnant quelques coups timides du bout des doigts pour s'annoncer. Et avant même qu'on ne l'y autorise d'une quelconque manière que ce soit, Edward se permit d'entrouvrir la porte pour y glisser la tête. « Hey. » murmura-t-il, avant d'ouvrir complètement la porte pour entrer une bonne fois pour toute dans la pièce, en enchainer : « Qu'est-ce que tu fais ici à cette heure, je t'ai appelée plusieurs fois ! T'as oublié qu'on devait... » Au beau milieu de sa phrase Edward se tut brusquement, au moment même où il croisait pour  la première fois le regard de la conservatrice. Et ce qu'il y distingua sans pour autant pouvoir mettre un nom dessus le frappa, si bien qu'il resta bouche bée quelques instants en cherchant une réponse quelconque dans ces yeux qui semblaient être le miroir d'une infinie détresse. Lentement, le regard du jeune homme glissa alors autour de lui, tombant fatalement sur le téléphone portable d'Helga, placé bien en vue sur son bureau et ne laissant planer aucun doute quand au fait qu'elle avait certainement vu chacun des appels d'Edward. Réalisant alors qu'elle avait délibérément évité leur rendez-vous, le jeune homme fronça les sourcils tout en continuant son inspection visuelle qui l'amena à remarquer les nombreux mégots de cigarette trônant dans un cendrier, puis ce qui ressemblait de loin à un cadre photo abandonné au milieu des dossiers qui parsemaient le bureau. Mais ce ne fut qu'en reportant son regard sur le visage de la jeune femme que le restaurateur s'attarda sur des indices évidents, des indices qu'il aurait du remarquer au moment même où il avait franchi la porte. Ces yeux rougis qui le fixaient, ces traces zébrant les joues d'Helga... tout était réuni pour qu'il en ait la certitude : la jeune femme avait pleuré, et sa présence ici n'était due ni au hasard ni à son extrême professionnalisme. Délicatement, Edward referma alors la porte derrière lui comme pour rétablir l'illusion de cette forteresse dans laquelle Helga semblait vouloir se réfugier, puis il fit quelques pas à l'intérieur du bureau sans cesser de l'observer. Et plus il approchait, plus il découvrait l'ampleur de la gravité sur les traits de son visage. Troquant sa déception du début de soirée contre une dose d'inquiétude supplémentaire, le restaurateur s'arrêta à hauteur du bureau juste en face de la jeune femme puis, d'une voix la plus douce possible, il questionna : « Qu'est-ce qu'il se passe Helga ? Tout va bien ? » Certes, tous les signes étaient là pour lui prouver qu'il avait bel et bien déjà la réponse et que quelque chose clochait, mais la formule lui était venue naturellement sans qu'il ne prenne le temps d'y réfléchir. Et après tout, qu'importe la formule, l'essentiel était de savoir ce qui se tramait dans ce bureau pour comprendre pourquoi la conservatrice était dans cet état.

   
✻✻✻
CODES LITTLE WOLF.
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() message posté Dim 14 Oct - 21:41 par Helga S. Lindholm

Octobre, c'était les nuages gris, les pluies glacées et les feuilles multicolores. Pour beaucoup, ce mois représentait le début de l'automne. Par extension, la saison qui pour Helga avait le plus de caractère. Elle avait toujours aimé l'automne, sa météo capricieuse et ses teintes chaudes qui se dessinait dans la nature. Mais elle n'aimait pas Octobre. C'était toujours une période très compliquée pour elle. Le cinquième jour du mois était le pire de tous, et les semaines qui s'en suivaient n'étaient guère mieux. La peine finissait toujours par s'apaiser, mais il fallait du temps pour ça. Du temps pour s’accommoder à cette souffrance sourde. Du temps que son fils n'avait pas eu la chance d'avoir. Helga se muait toujours dans un profond silence à cette période. Les premières années avaient été les pires. Elle n'avait parlé à personne. Elle était partie un long moment en Finlande, avant de revenir à Londres, bien des mois plus tard. Autour d'elle, ses collègues connaissaient l'histoire, puisqu'elle avait été largement relayé par les chaînes d'information régionales. Alors ils ne disaient rien, ils la regardaient du coin de l'oeil, et murmuraient derrière son dos. Si certains prenaient le risque de lui adresser la parole, ils étaient récompensés par un silence ou une réponse glaciale. Et puis, au fil des années, les collègues avaient changés, beaucoup étaient partis et avaient été remplacés; et les mémoires avaient oubliés. Mais on se rappelait toujours vaguement de cette affaire sordide, où un jeune enfant avait été enlevé puis retrouvé mort dans les bois, à la lisière de la ville de Londres. On avait juste oublié le visage de ses parents. C'est là que les rumeurs commencèrent à divaguer à propos d'Helga. Pourquoi était-elle aussi froide, aussi inaccessible ? Tout le monde la craignait, personne ne voulait lui causer du tord. Mais comme elle ne parlait toujours pas d'elle, on commença à raconter des sottises sur elle. Certains disaient qu'elle avait participé à une affaire crapuleuse, et qu'on avait jamais réellement pu prouver sa culpabilité, ni son innocence. « Elle fait peut-être partie de la mafia russe » qu'ils disaient, convaincus alors que son accent provenait de l'union soviétique. D'autres parlaient de la mort d'un enfant, sans vraiment savoir de quoi ils parlaient. Helga se contentait de tous les ignorer ; puisque de toute façon, rien n'avait vraiment plus d'importance pour elle, et certainement pas le jugement d'autrui.

Mais cette fois, elle ne s'était pas contentée d'ignorer seulement ceux qu'elle n'aimait pas, puisque même Edward y avait eu le droit. Bien qu'elle ne le remarqua pas tout de suite, ce dernier l'avait appelé à plusieurs reprises au cours de la soirée. Mais Helga ne réagit pas en voyant son nom s’inscrire sur l'écran de son vieux portable. Elle savait pourquoi il avait appelé, elle n'était pas idiote. Mais elle s'était contenté de sécher ses larmes, et de reprendre son travail là où elle l'avait cessé un instant auparavant. Elle n'avait pas envie de confronter qui ce soit aujourd'hui. Peut-être même encore moins Edward. Car elle aurait bien pu faire semblant ce soir. Sourire faussement, aller à ce rendez-vous, manger et boire jusqu'à avoir la panse bien remplie. Mais c'était bien au dessus de ses forces. Elle ne voulait d'une part pas lui mentir, ni se mentir à elle-même. Ce n'était pas sain, et leur relation lui tenait bien trop à cœur à présent pour se comporter de cette façon. La femme aux cheveux de jais n'avait pas la tête à festoyer, ni même à sortir ; alors elle s'était contentée de se terrer dans un nouveau silence. Edward ne méritait pas qu'on lui mente, mais peut-être qu'il ne méritait pas non plus qu'on l'ignore. En vérité, c'était plus un système de défense de la part d'Helga. Et son bureau, c'était comme des remparts. Elle s'était construit un nid confortable pour la journée, un terrain familier, avec une odeur et une tâche familières, qui permettaient à la jeune trentenaire de perdre cette notion du temps qu'elle ne voulait plus aborder pour le moment.

Cependant, on vint finalement interrompre cet étrange équilibre silencieux en tapant à la porte. Helga ne se doutait pas de l'identité de la personne qui s'y tenait de l'autre côté. Elle pensa furtivement que c'était probablement un gardien de nuit ou un technicien de surface qui allait la déranger ; et elle avait pourtant bien spécifié qu'il ne fallait la déranger sous aucun prétexte, mais il fallait croire que certains étaient sourds d'oreille. Une râle s'échappa de la gorge d'Helga, mais elle eut ni le temps de répondre, ni même de relever les yeux que la porte s'ouvrait déjà. La femme aux cheveux de jais fronça presque immédiatement les sourcils lorsqu'elle reconnut son interlocuteur. Lui, dont le nom un instant auparavant était inscrit sur l'écran de son téléphone. Helga fut prise d'une sensation étrange ; la même que lorsqu'on pense à quelqu'un et que cette personne se trouve sur le trottoir d'en face sans qu'on s'en soit aperçu avant. Edward la salua furtivement avant de pénétrer dans la petite pièce. Helga se releva, droite comme un i sur son siège. Elle passa rapidement une main sur ses joues et ses yeux, puis dans ses cheveux, comme si cela pouvait enlever les traces pourtant évidentes de sa détresse. Elle ne comprenait pas ce qu'il faisait ici, ni même comment il avait su qu'elle était ici. C'était pour ainsi dire, une situation improbable. Et ne pas comprendre l'irritait d'autant plus qu'elle se laisse voir par Edward dans cet état. « Qu'est-ce que tu fais ici à cette heure, je t'ai appelée plusieurs fois ! T'as oublié qu'on devait... » Edward s'arrêta en plein milieu de sa phrase, comme si la réalité le percutait enfin de plein fouet. Helga se sentait minable, mise à nue, déstabilisée. Elle détestait qu'on la voit comme ça, et c'est bien pour ça qu'elle se coupait du monde quand ça arrivait. Le regard d'Edward était plus qu'insistant, ce qui dérangeait encore plus la conservatrice. Elle aurait aimé s'enfuir et se terrer chez elle. Il y aurait peu de chance qu'il la trouve là-bas au moins, vu qu'il ne sait pas où elle habite. Mais au lieu de ça, elle était toujours assise sur sa chaise, la posture stoïque, le regard sombre. Elle posa une main sur le cadre où se trouvait la photo de Walter et le retourna, laissant apparaître le dos de l'objet, comme pour se préserver, garder un tant soit peu le contrôle de la situation. « Je pourrais te retourner la question, je croyais pourtant que tu ne travaillais pas aujourd'hui. » Finit-elle par répondre d'un ton sec, esquivant volontairement la question du restaurateur. Lorsque le regard de ce dernier se posa finalement à hauteur de son portable sur le bureau, elle ne put faire semblant plus longtemps. « Non, je n'ai pas oublié. » Helga n'avait pas envie de prétendre qu'elle avait oublié, ou qu'elle n'avait pas vu ses appels, parce que ce n'était pas le cas. Et cela ne démotiva apparemment pas Edward qui s'avança près d'elle, jusqu'à se stopper devant le bureau qui les séparait. Le regard du restaurateur s'adoucit, même si celui de la conservatrice ne désamplifiait pas.  « Qu'est-ce qu'il se passe Helga ? Tout va bien ? »  Lui demanda-t-il avec bienveillance et inquiétude. Helga eut envie de rire jaune. Rien n'allait, et son état laissait-il vraiment prétendre le contraire ? S'il posait la question, c'est bien qu'il voyait qu'il y avait un problème, non ? La femme aux cheveux de jais leva un sourcil, même si sa mine semblait toujours aussi sévère. « À ton avis ? Est-ce que j'ai l'air de bien aller d'après toi ? » Répondit-elle agressivement tout en lançant un mauvais regard à Edward. Tout cela était trop. Edward, son regard insistant, cette inquiétude qui ne quittait plus ses traits. Elle avait l'impression de vivre une intrusion dans sa vie privée. Elle ne savait pas comment se comporter vis-à-vis de la situation. Cependant, elle regretta amèrement le ton employé aussi rapidement qu'elle le débita.

Le trentenaire ne méritait pas qu'elle le traite ainsi. Il avait probablement attendu longtemps, attablé à la table de ce restaurant. Il était vraisemblablement angoissé, déçu aussi sûrement qu'elle ne soit pas venue. Helga se détestait pour avoir eu ce comportement. Une autre larme coula sur sa joue, bien qu'elle ne sut si c'était pour Walter ou Edward. Perdue dans ce tourbillon d'émotion, Helga ne savait plus où donner de la tête. Elle se mordit violemment la lèvre inférieure, retenant d'autres sanglots, puis soupira longuement. Elle posa les yeux vers Edward, puis se leva de sa chaise. Elle fit quelques pas jusqu'à s'adosser à l'une des fenêtres de la pièce. Elle baissa les yeux et croisa les bras, observant l'extérieur. Le ciel était couvert, mais on voyait très distinctement les lumières des voitures au loin, tracer un sillon lumineux sur les routes. « Je suis désolée Edward... pour tout ça. » Commença-t-elle. Même si Helga ne voulait pas vraiment s'aventurer dans des plus vastes explications, elle pensait tout de même qu'il méritait au moins ça : des excuses. Elle finit par tourner la tête dans la direction de son interlocuteur, posant un regard plus incertain sur lui. « Quand tu m'as demandé si je voulais sortir dîner avec toi hier, je n'avais pas réalisé quel jour nous serions aujourd'hui. C'est un jour spécial pour moi et je ne voulais pas... je... » Helga ne parvint pas à terminer sa phrase. Ses idées étaient vraiment confuses. Que souhait-elle vraiment lui dire ? Devait-elle parler de cette fameuse journée ? Qu'elle avait préféré enfiler cette tenue, parce qu'elle avait rendue visite à la tombe de son fils le matin-même pour lui souhaiter un joyeux anniversaire ? Que l'idée de dîner et de profiter en cette journée qui aurait dû être celle de l'anniversaire de son fils, c'était pour elle l'équivalent d'une profanation à la mémoire de Walter ? C''est lui qui devrait être en train de festoyer, pas elle. Alors, comment pourrait-elle profiter de cette journée ? Une déferlée de larmes s'en suivit, que la conservatrice ne put arrêter à temps. Un sanglot s'échappa de sa bouche, qu'elle cacha derrière l'une de ses mains comme pour l'atténuer, tandis que ses yeux se plissaient dans une douleur infinie. Helga finit par lâcher prise ; elle glissa dans un bruit sourd le long de la paroi murale pour se retrouver accroupie, recroquevillée par terre, ses bras entourant son propre corps. « Pardon Edward, pardon... » Dit-elle avec détresse entre deux sanglots, hoquetant. Ce fut là tout ce qu'elle était capable de dire, ou de faire. Chaque parcelle de son corps ou de son esprit semblaient prisonniers de cette souffrance. C'était un fardeau qu'elle avait choisi de porter seule tout ce temps. Dieu, son ex-mari, tous l'avaient abandonné dans cette épreuve. Et bien qu'elle semblait moins lourde à porter sur ses épaules par moment, il y avait ce jour où elle avait l'impression de s'écrouler sous son poids étouffant ; cette fameuse journée du cinq octobre.


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Confessions of a broken heart
Helga & Edward

   
En pénétrant dans le musée et en approchant du bureau de la conservatrice de patrimoine, Edward n'avait pas la moindre idée de ce qu'il allait y trouver. A vrai dire, tout un tas de scénarios s'étaient dessinés dans son esprit sur le chemin qui était censé le conduire chez lui, et qui l'avait finalement amené jusqu'à ses couloirs si familiers. Peut-être avait-il trop insisté sans s'en rendre compte, et l'avait-il effrayée au point qu'elle décide de ne pas se rendre à leur dîner ? Pourtant, ce n'était pas la première fois qu'ils se retrouvaient tous les deux et la jeune femme lui avait plutôt donné l'impression d'apprécier ces moments par le passé... à moins qu'il n'ait vu que ce qu'il souhaitait voir dans ces rendez-vous à deux. Ou alors, Helga avait-elle eu un problème plus grave, qui l'aurait empêchée de se rendre jusqu'au restaurant et de répondre aux nombreux appels qu'il avait tenté de lui passer ? Mais ce ne fut qu'en voyant la lumière filtrer à travers la fenêtre de son bureau qu'une nouvelle hypothèse pointa dans la tête du restaurateur : peut-être avait-elle simplement trop de travail, si bien qu'elle avait du mettre à profit sa journée de samedi pour en venir à bout ? En réalité, Edward peinait un peu à croire à cette possibilité, préférant penser qu'elle l'aurait averti avant si elle avait du faire face à ce genre de contretemps. Mais malgré les nombreuses hypothèses qui lui étaient venues en tête, jamais Edward n'aurait pu prédire qu'il allait assister à la scène qui se dessinait pourtant devant lui. Car quelques instants seulement après avoir pénétré dans le bureau de la jeune femme, il resta interloqué par l'état dans lequel elle se trouvait. Il n'y avait définitivement pas de problème de surcharge de travail, ni même d'accident, mais il y avait bien pire encore à en croire le visage marqué de la finlandaise. Subrepticement, Edward la vit retourner le cadre photo qui trônait en place centrale sur son bureau, ce qui attira toute sa curiosité sans pour autant qu'il ne puisse l'assouvir de suite. Car même sans un mot, le jeune homme comprenait que ce triste spectacle avait tout à voir avec cette photo, ou plutôt avec ses protagonistes dont il ignorait l'identité.

Les premiers mots que la jeune femme prononça furent si abrupts qu'ils ramenèrent instantanément Edward sur la terre ferme, en l'extirpant de ses pensées et de la nouvelle vague de possibilités qui s'offraient à son esprit pour expliquer la situation. « J'étais sur le chemin du retour, je me suis simplement arrêté parce que j'ai vu de la lumière dans ton bureau... » répondit Edward lorsqu'elle lui retourna sa première question, comme s'il avait à se justifier de quoi que ce soit. Sans qu'il ne le veuille réellement, son ton s'était également fait un peu plus dur, comme s'il était piqué au vif par la manière dont la jeune femme l'accueillait alors qu'il l'avait lui-même attendue pendant de longues minutes au restaurant... tout cela pour la retrouver installée à son bureau avec son téléphone portable à portée de main. Et comme pour enfoncer un peu plus le clou, Helga ne se priva pas de signaler qu'elle n'avait pas oublié leur rendez-vous, rendant délibérée son absence au restaurant. Laissant échapper un bref soupir, Edward n'eut pour autant pas le cœur à la discorde. Son regard toujours accroché à celui de son interlocutrice, il semblait saisir l'ampleur de la douleur qui la rongeait et renonça par conséquent à parlementer pendant des heures. Elle ne semblait clairement pas avoir besoin de ça et contre toute attente, il referma la porte derrière lui pour mieux s'avancer dans le bureau. Pour autant, la brune ne désarma pas et répliqua même avec véhémence lorsqu'il la questionna bêtement sur son état. Pour le coup, Edward n'avait pas volé cette réponse pour le moins brutale et il ne put que baisser les yeux en niant d'un mouvement de tête. Non, elle n'avait pas franchement l'air d'aller bien... restait à savoir pourquoi.

Impuissant, le britannique observa Helga qui se levait pour rallier la fenêtre et se perdre un instant dans la contemplation d'une soirée londonienne ordinaire. Et tout à coup, alors qu'elle ne le regardait même pas, la jeune femme formula des excuses qu'Edward accepta en silence, par peur de la couper dans un récit qu'elle s'apprêtait peut-être à lui livrer et qui viendrait l'éclairer sur les évènements de la soirée. La brune se retourna d'ailleurs vers lui  et comme il l'avait espéré, débuta d'un discours auquel il prêta toute son attention. Elle parlait d'un jour particulier, de la date d'aujourd'hui qu'Edward interpréta comme un souvenir particulier, un mauvais souvenir probablement. Mais alors que ses réflexions allaient bon train, Helga sembla soudain lâcher les armes. Elle stoppa d'abord son monologue, puis Edward put distinctement voir son regard perdu s'emplir de larmes qu'elle ne cherchait visiblement plus à retenir, avant qu'elle ne s'écroule littéralement sous le poids de cette douleur qui l'accablait mais sur laquelle il n'avait toujours pas mis un nom. Pour certains, la scène aurait pu être surréaliste. Helga, qui paraissait toujours si inaccessible, si forte et que rien ne semblait pouvoir atteindre... Cette même Helga était là, au ras du sol et enveloppée dans ses propres bras, à exprimer bien malgré elle la détresse extrême qui la rongeait. Un peu perplexe, Edward resta immobile quelques instants, son regard empli de cette tristesse qu'il ressentait pour elle sans même savoir pourquoi. Il était touché, certainement bien plus qu'il n'aurait du l'être normalement et le fait d'entendre Helga murmurer de nouvelles excuses fut le coup de grâce pour lui. Sans un mot, il s'approcha d'elle et vint s'asseoir par terre à ses côtés. Pendant quelques secondes, il se contenta de l'observer d'un regard qui se voulait réconfortant mais après un temps d'hésitation, il vint envelopper la jeune femme de ses bras pour la ramener vers lui et lui offrir une étreinte silencieuse. C'était bien la première fois qu'ils se retrouvaient si proches tous les deux et dans d'autres circonstances, Helga aurait sans doute manifester une volonté de garder ses distances mais aujourd'hui, le restaurateur avait senti qu'il s'agissait d'un jour particulier. En la voyant si fragile, bien loin de la femme forte qu'il connaissait, Ed n'avait pas pu résister à l'envie de l'aider, de lui montrer qu'il était là, quoi que cela puisse bien représenter pour elle. Sans desserrer son étreinte, Edward s'autorisa même à glisser une de ses mains vers les cheveux pour une fois détachés de la jeune femme et à y appliquer de douces caresses pour tenter de l'apaiser, au moins un peu. Plusieurs secondes s'écoulèrent, plusieurs minutes peut-être, le jeune homme aurait été incapable de le dire. Mais qu'importe le temps qu'il y passerait, son seul et unique but était d'être là. Simplement d'être là, et de prouver à Helga qu'elle n'était plus seule dans cette galère, quelle qu'en soit la nature. Et après un long moment de silence, sans pour autant bouger d'un pouce, le jeune homme se décida finalement à murmurer : « Est-ce que tu peux m'en parler ? » Il se doutait que l'exercice n'avait rien de facile, et même s'il était prêt à la soutenir les yeux fermés, une partie de lui ressentait tout de même le besoin de savoir, de connaître la vérité. « Qu'est-ce qui est arrivé ce jour-là ? »

   
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CODES LITTLE WOLF.
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