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Do not anger fairies, they'll burn your house and you in it. Eleah + James + Ali

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() message posté Ven 9 Nov - 4:22 par Alastair H. Pratt
Le site web disait que c’était une recette toute simple. De l’agneau haché cuit dans de la purée de tomates et de la sauce Worcester, des petits pois en conserve, des carottes (en conserve pour le cas échéant), du sel, du poivre et des pommes de terres (toujours en conserve). Certaines recettes disaient d’y mettre de la crème de maïs. Mais Alastair n’en avait pas trouvé, au supermarché. Et l’agneau était bien trop cher. Le bœuf aussi. Il avait pris du porc haché. Lorsque Nate viendrait diner, il lui faudrait trouver un substitut à la viande. Mais… mais c’était pour un autre soir. C’était compliqué, de toute façon, trouver quoi que ce soit, au supermarché. Comment les gens pouvaient s’infliger ça, ne serait-ce qu’une fois la semaine? Il n’arrivait toujours pas à comprendre.

Le jeune homme touilla la cuiller en bois dans la poêle en regardant la viande cuire dans un pâté uniforme. Il s’ennuyait mortellement de la bonne qui passait, chaque jour, lui déposer des repas à son goût, dans son appartement, sur Air street. Il s’ennuyait déjà de la mère d’Erwan et de son ail en quantité industrielle et de ses foutus oignons qu'elle mettait partout. Il détestait les oignons. Au moins, elle cuisinait pour tout le monde, elle. Il renifla avec mépris et soupira, en abattant sa cuiller dans la poêle comme Jack l’Éventreur l’aurait sans doute fait, pour beaucoup moins que ça.

La sonnerie de la machine à laver retentit. Il abandonna la poêle pour s’occuper de ses draps. Mini-fée avait décidé d’y foutre toute la vaisselle sale, pour une énième fois, et du lait caillé avait coulé dessus. Et ça puait. Ça l’avait empêché de dormir. Il avait finit par comprendre la leçon. Il pesta en transférant le tissu mouillé jusqu’à la sécheuse. Sa main gauche lui faisait mal. Les draps n’étaient plus aussi blancs qu’avant, non?

Il leva un regard noir vers la mezzanine où de la musique jouait, dans la chambre au-dessus, avant de regarder autour de lui. Il frotta le plâtre qui recouvrait sa main gauche, d’un geste nerveux. Eleah s’était isolée dans sa chambre.

Il devait se compter chanceux. C’aurait être pire. Bien pire. Le loft de Mini-Fée était grand, suffisamment éclairé et très agréable à vivre. Il y avait suffisamment de place pour deux, depuis qu’Arthur était ailleurs, dans les bras d’une fille. Le canapé était plus confortable que ce fichu matelas gonflable que la famille d’Erwan avait pu lui offrir. Et puis il y avait ce piano, juste là, dans un coin du salon qui n’attendait que sa main gauche guérisse, enfin. Il avait presque hâte d’accomplir sa partie du marché et jouer pour ces petites ballerines, comme il avait promis. Et peut-être… peut-être l’engagerait-on pour plus que quelques heures par semaine? Peut-être… peut-être pourrait-il être pianiste dans une de ces nombreuses comédie musicale que les touristes adoraient? The Miserables ou…The Phantom of the Opera. Il serait pianiste pour The Phantom of the Opera…

En attendant la tournée. Cette tournée qui ne venait pas…

Il regarda son plâtre, que Nate avait colorié aux crayons feutres de petits mots affectueux qui l’attendrissaient, parfois, quand il se laissait aller. Il pouvait se compter chanceux oui. Nate l’avait échappé belle. Et qu’aurait-il pu faire, en tournée, avec une main qui ne marchait plus?

10 jours. Il ne restait que 10 jours avant qu’on lui enlève cette putain d’atèle. Il n’en pouvait plus…

La sonnerie de la porte tinta. Alastair fronça les sourcils. Il était 21h. Mini-fée attendait-elle quelqu’un? Il attendit une minute ou deux. Un autre coup de sonnerie. Elle ne devait pas avoir entendu. Non mais, ils ne pouvaient pas Il jeta la cuiller en bois sur le comptoir et abandonna son plat sur le rond du poêle pour aller ouvrir la porte.

@Eleah O'Dalaigh @James M. Wilde
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() message posté Mer 14 Nov - 21:34 par James M. Wilde


« I just need a witness
To say that I was there to feel this
You'll forget me
So come with me to nowhere
And I'll show you nothing special
I'm still pleased to see you
Alive
»

Eleah
& Alistair
& James




Je me suis effroyablement bien tenu lors de l'interview filmée où nous étions invités dans le calme relatif d'une fin d'après-midi londonienne. Sans doute parce que les gars étaient là tous les deux pour m'encadrer, laissant peser leurs regards attentifs dès lors que j'ouvrais la bouche pour répondre à une question. Je me suis plu à laisser planer de ces hésitations calculées pour qu'ils retiennent leur souffle de concert tandis que je faisais mine de chercher mes mots. Leur mine soulagée après chaque intervention était si risible que je pense n'avoir jamais été aussi souriant que dans le canapé de Radio X, balayant la salle de mes prunelles amusées dès lors qu'il s'agissait de laisser parler mes comparses. Le journaliste s'est bien gardé de revenir sur les évènements français, et mes paroles assassines, depuis des jours reprises, passées en boucle, déformées par écrit à loisir sous des doigts peu précautionneux et qui rêvent de nous étrangler, ma carrière et moi. Les commentaires au sujet de l'annonce d'Eleah commencent à très légèrement et élégamment contrebalancer la vindicte organisée contre mon nom, mon album, mon groupe, surtout que les questions ont été nombreuses de la part du public à ce sujet. J'ai choisi de demeurer très évasif sur le spectacle que je ne cesse de modeler dans ma tête pour corrompre l'attente devenue maladive, que certains fans semblent partager également vu qu'il agit d'une création d'une toute autre teneur. Autant frustrer les interrogations pour voir grimper l'intérêt qui dévie les armes de mes détracteurs. Même Greg et Ellis ont ponctué de leur enthousiasme mes remarques au sujet du Royal Ballet, taisant soigneusement leurs craintes respectives à me voir ainsi quitter la protection de notre trio quand ils m'ont toujours gardé du pire et surtout de moi-même. Une indiscutable clémence donc, suivie d'une chanson en live qui a su attiser l'euphorie dans laquelle je me trouve, Survival atteignant ses aigus toujours enchanteurs, l'air martial encore dans ma tête et sous mes pas. Je ne l'ai pas prévenue de mon arrivée. Nous sommes ainsi, reliés dans un silence que nous étirons souvent pour le briser sans préambule, l'un apparaissant dans le champ de vision de l'autre en plein jour ou en pleine nuit, comme si cela devenait viscéral. Ce soir c'est moi. Parce que j'ai envie de lui raconter que pour une fois je n'ai pas lutté contre ces harmonies que j'ai composées, que en cette heure je suis presque heureux, presque débarrassé des angoisses et de la peine, indifférent devant cette date qui annonce mon départ prochain, enthousiaste comme je ne le suis plus depuis de trop longs jours. Depuis ces habitudes éthérées, la silhouette d'Arthur s'efface du décor, si nous nous croisons, nous ne nous saluons que d'un signe de tête, la communication entre nous préférant se brouiller plutôt que d'exhiber les lames que sous-tendent nos regards peu amènes. Je n'ai rien contre lui, hormis cette froideur tacite, quand l'on frôle quelqu'un de trop semblable, dont l'éclat esquinté nous rappelle ce néant auquel on est finalement destiné. Je sais cependant qu'il aime me caricaturer, peindre ces traits que je suis capable de renforcer dans mes frasques, rappeler à Eleah son alliance dangereuse, détestable. Je conçois qu'il me craigne, j'ai sans doute pris une place sans mesurer ces frontières que je déchirais au passage. Je me plais jusqu'alors à ignorer sa vindicte tant qu'il ne la tourne pas ouvertement vers moi. Je sais toutefois que je n'éviterai guère l'affrontement que sans doute il recherche. Que je recherche peut-être aussi, malgré moi, par ma simple présence dans des lieux qui sont à elle, à eux. J'ai pris l'escalier, parce que la frénésie est dessinée dans cette course jusqu'au loft, qui me laisse essoufflé sur le pallier. Je ne sonne pas tout de suite, la petite vieille du pallier, moitié gâteuse, me regarde par sa porte entrebâillée et me pose cette question récurrente et absurde qui me fait toujours marrer.
_ Mais non madame Prokovich, je ne suis pas le livreur de pizza. Est-ce que vous me voyez porter un carton hein ? Non. Eh bien essayez de déduire le rapport de causalité. Non, je ne suis pas le gérant de l'immeuble non plus. Non, je m'appelle James, vous vous souvenez, nous nous sommes déjà croisés dans l'ascenseur.
Elle ne se souvient pas et j'abrège mon monologue sur un haussement d'épaules avant d'appuyer mon doigt sur la sonnette en deux a-coups péremptoires, comme pour l'appeler à la rescousse et me dérober à la maison de retraite.
_ Bonsoir madame Prokovich. Oui c'est ça. Je le lui dirai quand il sera là. Oui. Au revoir.
Je ne sais pas pourquoi la vieille voit des livreurs de pizzas partout. Peut-être qu'elle attend son dîner depuis 15 ans… Je ne tourne pas immédiatement la tête vers la porte qui dévoile Alastair, nonchalamment appuyé au chambranle :
_ J'espère que tu es prête, petite fille, à offrir tes...
J'allais poser en charmeur en tournant vers elle mon regard tendancieux sur ma remarque pleine de trivialité quand je m'aperçois qu'il s'agit de mon estropié favori. Je demeure suspendu à ma phrase avant de recomposer une allure plus décontractée, ostensiblement amusé, tandis que je complète :
_ Oublie. Elle est là ? Bonsoir au fait. Je suis perturbé. J'ai loupé mon entrée tu vois. Et encore, je me suis arrêté juste à temps, je m'en sors bien. Parce que je suis sobre.
J'ai un sourire en coin en me remémorant certaines phrases aux allures d'injure qu'elle est sans doute la seule à savoir recevoir dans le creux de son oreille sans rougir ou sans minauder. Je tapote l'épaule d'Alastair pour le contourner avant de m'enquérir de son état, signe évident de mon humeur au beau fixe. Je désigne son plâtre :
_ C'est quand qu'ils te virent ça ? Je te préviens pas le temps pour la rééducation à la con, mais j'ai des techniques éprouvées, t'inquiète. Tu retrouveras bientôt tous tes talents.
Je sais que pour tout musicien, se confronter ainsi à ce genre d'incapacité est une source d'angoisse effroyable. Parce que l'on ne peut jamais être certain de ce que l'on perd dans ces instants là. Je me souviens de ces putains de bandages qu'il m'a fallu porter, arborer l'impuissance des jours entiers sans savoir si je pourrais toucher de nouveau une corde sans trembler. J'ai un regard compatissant, avec au fond des yeux une sorte d'accusation muette. Je ne lui ai pas demandé comment il s'était fait ça mais je me souviens de ma première réaction. Glaciale. Parce qu'il ne s'agissait pas d'un jour où l'euphorie était dans mon ventre pour y lover sa brûlure. Je lui ai simplement dit : “Alors tu as fini par trouver une excuse pour fuir plus loin encore ? Pour mériter toute ta médiocrité ?” La même accusation flotte dans mes iris qui le toisent dans le silence qui s'étire, comme s'il s'agissait de lui faire porter plus encore son tourment, comme s'il était question d'une sorte d'échappatoire à tout ce que j'ai commencé à mettre en place pour lui. Ce rôle de leader que je le pousse à endosser, pour éclipser sa petite bande de copains que je ne peux pas piffrer… Je finis par ponctuer, dissipant les ombres avec un naturel confondant, elles n'ont pas leur place ici. Sans doute suis-je déjà enivré par la simple perspective de la voir :
_ Ça sent quoi ? Bordel ne me dis pas qu'elle te fait cuisiner. Je reconnais bien là sa perversion naturelle ceci dit…
J’ai un sourire félin, tandis que je me balade de mon propre chef dans le loft, jusqu’à l’espace central de la cuisine, avant de clamer tout haut, après une interjection dégoûtée, une sorte de juron étouffé par mes lèvres :
_ C’est censé se bouffer ça ?!
Oui parce que forcément, il faut que je donne mon avis alors qu’on ne le sollicite pas. Je relève mes regards dans la direction de la mezzanine, laissant traîner mon doigt sur le revêtement du comptoir où elle a un jour abandonné un café à mon attention. Je tends l’oreille, cherchant à percer les secrets de la musique dans laquelle elle se laisse bercer, j’aime l’idée qu’elle ne sache pas forcément que je suis là, dans le décor de son appartement. Je farfouille dans les placards, et déniche un verre, ainsi qu’une bouteille de vin dans le frigo que je fais claquer d’un geste souple :
_ Je te sers ? C’est ma tournée. À ses frais, c’est encore meilleur...
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() message posté Jeu 15 Nov - 22:02 par Eleah O'Dalaigh
do not anger fairies
alastair & james & eleah

they'll burn your house and you in it.
Le pied marque une mesure. Cavalcade. Harmonie qui s’arroge le droit de faire ployer la cheville, la faire tournoyer dans le vide, la laisser danser sur les rythmes jazzy qui s’infiltrent dans l’épaisseur de la vapeur d’eau dont la pièce est emplie pour mieux la napper de ses sonorités. L’eau n’est pas encore tiède. Elle y disparaît, s’y abîme. Les odeurs se mélangent. Celle de la bougie parfumée, au nom tapageur, qu’elle n’a pas pu s’empêcher d’acheter. « Moonlight ». Elle ne résiste jamais face à ces vindictes purement marketing. Les senteurs de patchoulis, de bois, de bergamote et de bambou, quoi de mieux que ces fragrances-là, pour assouplir les sens et modeler l’orgueil aux soies de la tranquillité passagère. Cela, et les notes sucrées du bain moussant, de ces instants de solitude qu’elle ne s’accorde que peu, en ce moment, tant les projets la préoccupent, l’enivrent, l’entraînent. Des patchs décongestionnants sur les yeux, alanguie et brouillée par le nuage de brume, elle se laisse porter vers ce calme salvateur où les songes ne sont plus rien si ce n’est des bruits confus et lointain au fond de l’oreille. Elle se repose, dort presque enfin. Arbore de ces expressions de quiétude qui lui manquent depuis la France. Depuis qu’elle le sait quelque part, là, dehors. Depuis qu’il n’est plus cloîtré entre les quatre murs où il aurait dû rester toujours.  Elle ne l’a toujours pas dit à Arthur. Aucun moment n’a semblé propice, et depuis que James vient s’évader dans l’intimité de sa sphère, sa présence est plus évanescente encore. Elle apprécie cette indépendance qu’il s’arroge, cette manière qu’il a de disparaître, comme si enfin il réalisait devoir s’accomplir quelque part ailleurs, en dehors d’elle. Mais une partie d’elle ne peut s’empêcher de regretter ces moments où ils se retrouvaient tous deux, sur son lit, sur le canapé du salon, à partager cette complicité qui n’a guère besoin de mots pour s’exprimer. Il réserve ces attentions-là à Jessica désormais. Ou une autre … Qu’en sait-elle après tout ? Ils n’échangent plus que des banalités difformes. Des regards qui frôlent la désolation, lorsqu’ils s’aperçoivent tous deux atteindre la limite d’un point de rupture qu’ils ont toujours frôlé. Elle sait que son frère n’apprécie guère qu’elle fréquente James avec trop de régularité. Il lui ressemble trop, sans doute, pour qu’il daigne accepter ce lien qui l’éloigne d’elle chaque jour davantage. Elle ne fait rien, rien pour arranger cela. Rien pour le convaincre de rester, pour l’inciter à partir. Une indifférence qui doit lui apparaît comme le pire des désaveux. Il lui en veut, il est incapable de la haïr pour autant. Une part de lui-même se réjouit de cette énergie nouvelle qu’elle déploie autour d’elle, presque fracassante. Les obsessions nourries sont trop grandes, trop exclusives, trop débordantes. Il y a trop de rêves, trop de barrières à abattre pour ces deux êtres qui ont toujours appris à briller seuls. Il craint le pire, il le voit venir, à travers les stigmates qu’il aperçoit sur sa peau, sur la leur. Les marques d’une passion qui n’a pas de limite, ni de pudeur. Il ne fait rien pourtant, rien de vraiment concluant en tout cas. Des remarques, glissées à droite et à gauche. Des regards inquisiteurs qu’elle ne cesse d’ignorer. Que d’attentions sans but aucun, quand il sait ne pouvoir la garder de la chute dans laquelle elle s’est à escient précipitée. Elle atteindra le sommet de son art à ses côtés. Il la propulsera là où elle n’est jamais allée, même si elle ne doit pas en revenir. Il ne peut pas lui reprocher cette envie-là, même s’il ne la comprend pas entièrement. Alors il s’efface peu à peu, de sa vie, de son quotidien, de ses territoires. Il lui prouve qu’il peut être responsable en ne l’appelant plus systématiquement lorsqu’il a un problème. Il n’a en revanche pas pu s’empêcher de ramener à bras le corps Alastair, quelques temps plus tôt, alors qu’elle revenait tout juste de France. Il a pris sa place lui aussi. Il a rempli le vide qu’il a laissé derrière lui. Le visage d’Arthur se dessine dans les tréfonds de sa conscience. Le lien indéchiffrable, impossible à détruire, impossible à oublier. Elle se demande ce qu’il fait, alors qu’elle se prélasse dans son bain. Ses doigts glissent sur l’émail, tracent enfin des arabesques sur la surface maquillée de mousse de l’eau devenue tiède. Elle entend du bruit au rez-de-chaussée. Alastair qui semble vouloir s’affairer dans la cuisine, se rendre utile. Des mécanismes qui n’atteignent pas l’évidence lorsqu’on a souvent été habitué à être servi comme un prince. Il n’y a pas de noblesse dans sa maison, ni de serviteurs. Juste la certitude d’un endroit où dormir, d’un espace où se perdre le temps d’une nuit, d’une soirée. Plusieurs fois elle s’est évadée de chez elle pour le rejoindre, sur les territoires conquis du Viper. Sans prévenir, sans annoncer sa venue. Menée par un besoin impérieux de le savoir, de marquer sa peau de ses ravages et lui appartenir. Être seule, seule avec lui. Sans personne d’autre, pour lui dire ce qu’elle devrait faire, penser, ou même croire. Sans le songe de ces pensées inconnues qui se tournent vers vous et vous toisent, impudiques. Elle ne regrette pas la photographie postée sur ses réseaux sociaux, pour annoncer leur projet. C’est surement sa manière à elle, de rendre tangible la promesse qu’elle lui a faite, de ne pas le renier, jamais, même lorsque la critique l’éclabousse de manière franche et vindicative. Mais elle ne s’attendait pas à un tel engouement, à toutes ces questions, en permanence, qui n’attendent pas de réelles réponses puisqu’il semble bien plus simple pour tous ces curieux d’en inventer à leur guise. C’est tout un univers qui se déploie sous ses pas, qui éveille ses curiosités, et certaines peurs, inavouables. Elle ne sait pas bien où elle va, si ce n’est dans la direction qui la mène jusqu’aux tourments de sa nature. En ces circonstances, la présence d’Alastair lui apparaît apaisante. Elle aime l’idée qu’il l’accompagne, en tournée. Qu’il soit cet incertain phare qu’ils ont en commun pour les éloigner des récifs où ils pourraient se fracasser pour n’en pas revenir. Elle ne lui a pas encore demandé de veiller sur lui, au loin. Elle le fera sans doute … Oui … Il le faudra. Il le faudra, elle en est persuadée. La musique s’est éteinte. Les voix résonnent, en bas, tout en bas. D’indistincts murmures. Eleah soulève l’un des patchs qu’elle a sur les yeux, s’égaye d’un sourire parce qu’elle a reconnu leurs timbres, en bas. Elle les a appris par cœur, tour à tour. Elle rince le masque qu’elle a laissé poser sur ses cheveux, s’extirpe à rebours de son bain devenu presque froid. Sans précipitation, comme ralentie par une sorte de torpeur, elle passe des vêtements de soirée recluse, enfile un pantalon ample en lin crème, un pull blanc au col suffisamment évasé pour qu’il retombe sur l’une de ses épaules nues. Elle demeure les pieds nus, les cheveux encore humides, posant ses coudes sur la balustrade de la mezzanine pour les observer en contrebas, dans la cuisine.
« Et vous ne me servez même pas un verre, bande de mécréants ? » lance-t-elle à leur encontre, s’égayant d’un sourire alors que ses regards passent de l’un à l’autre.
Elle descend, avec lenteur, la tranquillité en étalage, les traits reposés et rafraîchis par les soins prodigués. Son attention se porte sur Alastair d’abord, qu’elle tance d’un faux air de réprimande.
« Alors comme ça tu laisses rentrer n’importe qui quand j’ai le dos tourné ? T’exagères quand même. »
L’espièglerie de son regard se balance, s’appose sur la silhouette de James qu’elle ne tarde pas à gratifier d’une attention plus sensible. Une caresse d’abord, prudente et évanescente, sur l’arrière de son dos, en passant derrière lui. Puis elle s’arrête, s’arroge le droit impudique de glisser une attention dans le creux de sa nuque, presque derrière son cou.
« Tu sens bon. » murmure-t-elle, comme pour dire bonjour. Dans un naturel confondant, qui ne s‘encombre d’aucune règle particulière. Caresse furtive, baiser évasif. Qu’Alastair soit là pour témoigner ou non, cela lui est égal. Elle est chez elle, dans l’opacité de son univers. Elle ne veut pas se cacher, feindre d’être autre chose. Ses envies la guident, sans brimades, ni faux semblant. Au-dessus de l’épaule de James elle se penche pour étudier le plat préparé par Alastair.
« Qu’est-ce que tu nous as préparé là ? C’est … Créatif. » Ses lèvres se pincent, pour réprimer un sourire. L’attention est adorable, elle ne peut le nier. Il fait des efforts, depuis qu’il est arrivé. « On pourrait peut-être rajouter une touche de salade verte, avec ce gloubi-boulga, qu’est-ce que tu en dis ? » le taquine-t-elle ouvertement, volant le verre de vin de James au passage en s’arrogeant le droit d’en boire une gorgée. Accoudée sur le rebord du bar, elle se détourne d’ailleurs vers lui ensuite. « Tu débarques sans prévenir maintenant ? Quelle impudence. Monsieur prend ses aises. » Elle le toise, hausse deux sourcils inquisiteurs, quand ses prunelles rient. Si seulement ils avaient la décence de se prévenir. Un détail dont ils ne s’encombrent que peu, depuis leur retour de France. Ses attentions passent de l'un à l'autre, jusqu'à sentir le pelage de Valhalla qui se frotte, tout contre ses jambes, en ronronnant à pleins gaz. « Coucou toi. Non ... Non, tu ne sors pas les crocs avec eux. » babille-t-elle, en prenant la chatte dans ses bras, la gratifiant de caresses derrière les oreilles pour parer à l'éventualité qu'elle aille planter ses griffes dans les mollets tendres d'Alastair, ou même de James, avec un plaisir non feint. Ils en ont déjà fait les frais tous les deux, elle le sait bien. La chatte aussi, alors qu'elle fait rouler copieusement sa tête sur le pull de sa maîtresse, remettant ses desseins de prédateur à plus tard.


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