"Fermeture" de London Calling
Après cinq années sur la toile, London Calling ferme ses portes. Toutes les infos par ici [White City] Bruised and Scarred ♪ AliNael 2979874845 [White City] Bruised and Scarred ♪ AliNael 1973890357


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Nathanael E. Keynes
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() message posté Sam 24 Nov - 10:44 par Nathanael E. Keynes
Novembre 2018

- Viens avec moi, Ali.

Je suis là, face à lui, feignant l'assurance. Mais au fond, je ne suis pas si serein que ça, avec mes deux billets à la main. Des billets d'avion aller-retour pour l'Inde, et le mariage de Tiger et de la petite sirène. Spencer et Adriel. Mon meilleur ami et mon ancienne voisine. Des gens dont il a un peu entendu parler, mais qu'il n'a jamais rencontré, et pour cause puisqu'ils se sont installés littéralement de l'autre côté du globe. Et dont, s'il accepte, il fera réellement la connaissance le jour le plus important de leur vie. Il y a de quoi ne pas être serein, et je ne suis pas certain que j'accepterai à sa place, non pas parce que je ne voudrais pas faire partie de sa vie, mais simplement parce que je ne serais pas sûr d'être réellement à ma place là-bas. Et puis... Et puis on en revient toujours à ça : ces billets, à l'heure actuelle, il ne peut pas se les permettre, et c'est moi qui les paie. Et je sais bien qu'il apprécie moyen quand il a le sentiment que je lui fais la charité - et ça aussi, je le comprends assez bien. Mais j'ai pas vraiment envie de passer dix jours, là-bas, loin de lui. Ce jour-là, il est particulièrement important pour moi, parce que c'est de mon meilleur ami qu'il s'agit, et j'ai envie de partager ça avec l'homme que j'aime. Mais plus ça va, et plus je ne vois que des raisons pour lui de dire non, cela dit, parce qu'il n'y connaîtra personne à part moi... et ma mère. Et je ne suis pas vraiment certain que la présence de celle qui m'a donné la vie soit réellement un point positif. Encore moins le fait que ledit mariage se déroule précisément pendant les fêtes de Noël. Un événement familial et loin d'être anodin, avec celle qui constitue presque ma seule famille, ma demi-soeur exceptée, à l'autre bout du monde, pendant la période des fêtes familiales par excellence. Il y a de quoi paniquer.

- S'il te plaît.

Ok, pour l'assurance, on repassera. Je suis nerveux, inquiet pour lui à chaque seconde, plus encore qu'auparavant, je me vois pas l'avoir si loin de moi, si longtemps, et je suis tout aussi anxieux de sa réponse. Parce que j'ai besoin de lui, et parce que je deviendrais fou à ne pas savoir réellement s'il va bien ou non. Ces derniers mois n'ont pas été faciles, bien loin de là. Il a toujours la main immobilisée, et je ne comprends que trop bien comme ça doit le rendre barge. J'essaie bien souvent de trouver des subterfuges pour lui faire oublier, un peu, qu'il ne peut pas jouer pour le moment, mais je sais bien que ça n'est pas vraiment efficace. Je sais bien, aussi, qu'il y pense en permanence, à ces types qui nous sont tombés dessus sans crier gare, avec clairement pour volonté de le blesser. Je peux pas lui jeter la pierre, je revois la scène comme si j'y étais à nouveau, chaque fois que je pose le regard sur son plâtre.

***

- Lâchez-le ! For God's sake, foutez-lui la paix !

Je m'entends même pas vraiment parler, je sais pas ce que je vocifère encore, en tentant vainement de me défaire de leur emprise. Je sais pas d'où ils sortent, j'ai rien vu venir. Tout ce que je sais, c'est qu'ils s'en sont direct pris à lui, qu'ils m'entravent juste pour que je ne sois pas une gêne, et que ça doit bien les faire marrer me voir gesticuler dans tous les sens et hurler à plein poumons sans réussir à leur faire desserrer leur étreinte. Ils se foutent de ma gueule, je crois. Je crois, je sais même pas trop, je m'en fous. Tout ce qui compte, c'est le corps d'Alastair, malmené devant moi, et mon incapacité à lui venir en aide.

***

Je regarde ces petits mots à la con gribouillés au feutre sur son plâtre. Le logo de LuSt avec les signatures de nous trois, et quelques mots de Kaspar et Rika, d'encouragement. "On se retrouve sur scène bientôt". Ouais... On l'espère tous. Mais il faudra combien de rééducation pour qu'il retrouve son niveau de virtuosité, hein ? J'ai pas souffert autant que lui, moi j'étais qu'un dommage collatéral, c'est parce que je me suis débattu que j'ai pris des coups, et parce que je me suis mal rattrapé que je me suis foulé le poignet droit quand ils ont fini par me lâcher. Ca n'a pas d'importance, même si LuSt a fait une pause quelques semaines le temps que la foulure et mes côtes se stabilisent. Ca n'a pas d'importance, j'ai toujours le bar et mon équipe en or, et les gars jouent plus pour s'amuser qu'autre chose si bien que faire un break ne les a pas traumatisés. Non, ça n'a pas la moindre espèce d'importance.

Ce qui en a, c'est cette main immobilisée face à moi, c'est sa tournée en stand-by, et l'impression de défaite qui envahit son regard si souvent.
Et ces jours où il me fuit.
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Alastair H. Pratt
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() message posté Lun 26 Nov - 5:31 par Alastair H. Pratt
Novembre 2018

La fenêtre avait beau être entrouverte, la fumée de sa cigarette s’égarait un peu dans la chambre à coucher. Alastair essayait tant bien que mal d’agiter son bras gauche, pour ne pas empester la pièce. Mais peine perdue. On ne pouvait presque rien faire de toute façon, avec un plâtre. On ne pouvait pas prendre une douche, ni de mouvements trop brusques. On ne pouvait pas s’habiller à la va-vite et se déshabiller était pénible. S’allumer une cigarette aussi. Il replia les genoux contre son menton, le frotta l’avant-bras de sa main valide et accota son front contre la vitre. Tout en bas, le jardin de la maison était paisible. L’air dehors était un peu frisquet. Trop, sans doute, pour être assis là vêtu que d’un simple caleçon. Il frissonna et écrasa son mégot dans le cendrier, devant lui.

Son amoureux s’affairait dans la pièce d’à côté en lui parlant de tout et de rien. Du babillage réconfortant sur le Lucky Star, la petite de Rika, les clients du bar et les groupes qui passaient sur scène. Alastair avait un peu hâte qu’il finisse ce qui l’occupait pour se blottir au chaud contre lui, dans le lit.

Nate lui manquait. Atrocement. Mais les derniers temps n’avaient pas été faciles. Oh non. Probablement que c’était dû à l’attaque, au Lucky Star. Probablement. Ou le fait de ne plus pouvoir poser tous ses putains de doigts sur un piano. Mais les spectres qui occupaient son esprit s’étaient fait omniprésents. Et seul un état proche du coma éthylique arrivait, la plupart du temps, à les éloigner, maintenant.

Parce que les spectres n’étaient plus seulement à Rome. Ils étaient dans le son de ses os qui craquaient sous le marteau, en plein cœur de Londres.

**

Ça s’était passé vers la fin août. Il avait voulu aider Nate à fermer le bar, comme il le faisait souvent, maintenant qu’il n’avait plus ses cours, le lendemain matin. C’était un mardi soir, un mardi soir assez tranquille. Il devait être 3 ou 4h du matin, sans doute. Tout le monde était parti un peu plus tôt. Même le doorman. Nate était dans son bureau, à faire de la comptabilité. Lui était au fond du bar et s’était donné comme mission de mettre toutes les chaises sur les tables et les comptoirs. Comptait-il vraiment passer la serpillère? Non. Bien sûr que non. Il n’avait jamais passé la serpillère de sa vie. Il y avait des gens payés pour ça, non?

Et puis la cloche de la porte avait retenti. Il avait juré entre les dents. La soirée avait été si tranquille qu’il avait oublié de verrouiller la porte. Nate le sermonnerait un peu, il le savait. Là, autour d’une table, il y avait quatre types qui s’étaient installés sur une banquette. Ils avaient demandé un pichet de bière.

« On est fermé. Va falloir revenir demain, les mecs. »

Alastair n’était plus trop sûr du reste. Un des mecs s’étaient avancé vers lui et avait commencé à débiter des trucs obsènes sur ses préférences sexuelles. Qu’il n’était qu’un petit pédé qui refusait de faire son job. Puis un premier coup de poing l’avait atteint au ventre et un deuxième, à la tempe. Un des autres mecs avait calmement dit un truc qui avait marqué le pianiste aussi sûrement que la douleur. « Il a dit qu’il fallait pas lui bousiller la tronche. »

Mais la directive avait été rapidement ignorée. Un autre coup de poing était venu lui exploser le nez. Puis il avait entendu la voix angoissée de Nate dans son dos. Ils l’avaient entrainé jusque sur le comptoir du bar et lui avait maintenu la main gauche dessus, alors qu’il se débattait et que Nate hurlait à pleins poumons. D’où était sorti le marteau? Alastair ne le savait pas. Ça avait fait un bruit dégueulasse et il s'était évanoui de douleur.

**

Il ne voulait pas que Nate le voit ainsi. À lutter contre des choses qui n’étaient plus que dans sa tête. Parce qu’il sentait trop l’inquiétude de son amant à le toucher à présent. Après Hastings. De peur de réveiller les démons, en lui. Alors, il se cachait, tout simplement, quand les fantômes prenaient trop de place. Dans des pubs perdus, à l’autre bout de la ville. Au Ten Bells, tiens. Juste à côté de cette église d’albâtre qui donnait un peu le cafard… Et puis il revenait vers Nate quand…

« Viens avec moi, Ali. »

Alastair releva la tête, un peu hébété. Son amant se tenait à présent devant lui, des billets d’avion à la main.

« S’il-te-plait. »

Il pinça les lèvres, mal à l’aise. Une autre dépense de plus. Une autre gâterie hors de prix qu’il ne pouvait plus se permettre. Ni rembourser, maintenant. Les rêves de gloire étaient loin, très loin maintenant que sa dextérité était en jeu. Et ce n’était pas seulement les billets d’avion. Ce serait la chambre d’hôtel, la nourriture, le transport, tout. Il serait complètement dépendant de son amant, là-bas. Dans une contrée qu’il ne connaissait pas du tout.

Et il n’était pas certain de pouvoir affronter le regard de sa belle-mère. Après tout, son fils avait été tabassé par sa faute. Savait-elle qu’il était séropositif? Sûrement pas.

Mais c’était l’ami d’enfance de son amoureux. Cet ami qui lui avait appris la guitare et qui l’avait accueilli dans sa propre famille. Nate n’arrêtait pas d’en parler, de ce type. Ce mariage était important pour lui. Il ne s’imaginait pas lui refuser ça. Pas après tout ce qu’ils avaient vécu cet été. Pas après tout ce que Nate avait fait pour lui.

Et puis, ça allait être Noël. Que préfèrait-il? Passer Noël seul ou avec celui qu’il aimait?

Il prit la main de son amoureux dans la sienne et sourit.

« Si tu juges que je suis assez présentable pour ne faire foirer le mariage de ton meilleur ami… Je veux bien. Je te suivrai au bout du monde. »
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Nathanael E. Keynes
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() message posté Dim 9 Déc - 23:10 par Nathanael E. Keynes
Il y a des jours comme aujourd'hui, où il est là, près de moi, dans mes bras, ou dans la pièce à côté, et où les choses semblent simples et naturelles. Comme si c'était dans la logique des choses qu'on soit là, à discuter de tout et de rien au milieu des tâches ménagères, à rester quelques dizaines de minutes de plus au lit, juste pour savourer le contact du corps de l'autre dans ses bras, comme si on vivait ici, ensemble, en permanence. Et puis il y a les jours où il m'échappe complètement, où malgré mes tentatives pour le joindre, je me heurte au silence ou à sa boîte vocale, et où je dois me faire violence pour ne pas le harceler, ce qui ne m'empêche pas, de loin, de me faire un sang d'encre. Ces jours-là, je tire une tronche de six pieds de long, et j'ai beau tenter de me raisonner, je peux pas m'empêcher de redouter une rupture que je me sais pas capable d'encaisser. Et ces jours-là, ce traitement me semble tellement inutile...

Et puis il revient, et on se retrouve, là, comme ça, comme si rien ne s'était passé. Je parle à tort et à travers, je lui raconte tout ce qui me passe par la tête, tandis que je m'affaire dans la pièce qui me sert à la fois de bureau et de salle de musique, à y déballer les derniers cartons qui avaient pris la poussière dans l'autre pièce, depuis mon emménagement, de peur que le silence ne s'installe à nouveau, et que je me retrouve incapable de le briser.

Incapable de repousser le souvenir horrible de ce marteau qui s'abat sur ses doigts, du craquement terrifiant des os qui se brisent, au milieu des cris, de douleur, de terreur, et des rires des salauds qui ont fait ça.

***

« Docteur Taylor ? Je suis un ami d'Alastair Pratt, votre patient... Votre numéro est dans son téléphone, et... pardonnez-moi de l'annoncer comme ça, mais il a subi une agression cette nuit... ils sont encore en train de l'opérer... »

Expliquer à une parfaite inconnue pour moi l'horreur de ce que je viens de vivre, alors qu'au fond de moi, je n'ai qu'une envie, tambouriner à la porte des urgences et du bloc opératoire pour qu'on me laisse enfin le voir.

« Je suis désolé, Mr Keynes, mais je ne peux répondre qu'à sa famille. Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'il n'est pas encore sorti d'opération. »

Et je ne suis pas sa famille. Je suis juste le type qui a été témoin - et dommage collatéral - de l'agression. Juste celui qui a appelé les secours, prévenu de sa séropositivité ceux qui sont venus nous emmener à l'hôpital, juste celui qui a appelé son médecin habituel en fouillant dans son téléphone. Mais je suis juste un ami. Et ça me tue, bien plus encore que les quelques semaines d'immobilisation de mon poignet et de repos forcé.

Alors c'est au docteur Taylor qu'ils ont fini par expliquer la situation. Et l'incertitude quant à sa capacité à utiliser sa main à l'avenir comme il le faisait jusque-là. Tout dépendra de comment se passe la consolidation, puis la rééducation. Ca prendra du temps. Il en faut toujours pour ces choses-là. Autant que pour oublier. Si tant est qu'on y arrive un jour.

***

« Vous devriez rentrer vous reposer Mr Keynes. Je vous tiendrai informé quand il pourra vous voir...
- Nate. Mr Keynes, c'est mon géniteur, et je me passe de la comparaison. Et je vous remercie de votre sollicitude, mais je ne partirai pas sans savoir, je ne peux pas... Je peux juste pas... »


La femme a soupiré, et pour la énième fois, elle est partie se renseigner sur l'avancée de l'intervention sur Alistair. Il n'a pas fallu longtemps pour qu'elle comprenne que j'étais plus qu'un ami pour son patient. Et à attendre des heures l'un à côté de l'autre, nombre de sujets ont fini par tomber dans la conversation. Y compris celui des moyens de prévention dont je n'avais pas forcément complètement connaissance, jusque-là. Discuter avec elle d'options que je ne savais pas envisageables jusque-là a au moins eu le don de faire passer plus vite les heures d'angoisse, et si mettre en pratique les conseils du praticien n'était pas concevable dans l'immédiat - pas tant que vous serez sous anti-inflammatoires, Mr... Nate. Vous pourrez commencer dès que votre poignet et vos côtes seront remises - elle m'a retrouvé dans son bureau dès que j'ai pu stopper la prise de ces cachets.

***

Je me sens le coeur au bord des lèvres comme au début du traitement. Ca fait quelques jours, pourtant, que les prises matinales n'entraînent plus ces désagréments. Mais là, face à lui, dans l'attente de sa réponse, je suis pas fier, inquiet de sa décision. Evidemment, je respecterais son choix, quel qu'il soit. Mais je ne m'imagine tellement pas aller là-bas sans lui. Même si le pays ne fait clairement pas partie des contrées les plus gay friendly. Même s'il a fallu tout expliquer à Maman - qui avait déjà une partie des pièces du puzzle en tête depuis Aberdeen - et tenter de rassurer l'inquiétude légitime d'une mère pour son fils.  

Ma main tremble légèrement sur ces billets tendus, mais ses doigts glacés se refermant dessus valent toutes les médecines du monde.

« Si tu juges que je suis assez présentable pour ne pas faire foirer le mariage de ton meilleur ami… Je veux bien. Je te suivrai au bout du monde. »

J'esquisse un sourire, secoue légèrement la tête et viens chercher un baiser sur ses lèvres enfumées. Je te suivrai au bout du monde. Littéralement. Il a suffi de cette seule phrase, pour qu'un poids énorme quitte mes épaules. La confiance qu'il témoigne par cette affirmation et ce qu'il ressent qui y transparaît, ça vaut tout l'or de la terre.

« Aucun risque. Et puis je vais avoir besoin de quelqu'un pour me faire oublier que je vais passer dix heures enfermé dans un avion. »

J'adore ma mère, mais ça ne suffira pas, je le sais bien. Les somnifères risquent d'être indispensables, ça aussi, je le sais bien. Tiger m'a déjà embarqué là-bas, et si le souvenir que je garde du voyage en lui-même est plutôt positif, le peu de période éveillé pendant le vol représente un véritable cauchemar pour moi.

« T'es gelé, viens-là. »

Je l'ai attiré à moi, comme si ma chaleur corporelle pouvait en une fraction de seconde réchauffer son corps glacé. Je suis pas beaucoup plus couvert que lui, un tank top gris supplémentaire seulement, mais je me suis activé pendant un bon moment contrairement à lui... et faut croire que j'ai naturellement tendance à servir de bouillotte. Quelques instants plus tard, les billets trônent sur la table de chevet, et je serre mon amant contre moi, au creux de mes draps, juste pour le plaisir de sentir son corps se réchauffer contre le mien.
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Alastair H. Pratt
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() message posté Mar 11 Déc - 8:32 par Alastair H. Pratt
Il s’esclaffa de rire. Un rire espiègle et cristallin qui jaillit alors qu’il mettait sa main valide, bien glaciale, là, juste là où c’était bien chaud, sur le ventre de son amant, sous le débardeur et le caleçon et plissa des yeux avec une moue amusée en regardant son petit ami grimacer à cause du froid.  Il lança un regard aux billets, sur la table de chevet.

« Oh Bordel… j’avais oublié ce détail… c’est combien d’heures de vol ? »

Nate et sa claustrophobie. Ça faisait maintenant presque six mois qu’ils se cotoyaient, maintenant. Alastair en oubliait presque la peur panique de Nate pour les espaces clos. Les ascensceurs, les cabines de trains, le métro, les petits espaces qui le rendait mal à l’aise. Il s’était habitué, maintenant. Il montait tout simplement les marches avec lui. Ils prenaient la voiture quand il le fallait. Non, sérieux, il n’y pensait plus vraiment. Mais l’avion… oh putain l’avion… il imaginait déjà le topo. Ça promettait, oui. Il rigola de plus belle et plaqua sa main et son plâtre bien froids dans les zones plus sensibles de l’anatomie de l’autre en lui effleurant des lèvres le lobe de l’oreille et se blottit davantage contre ce corps chaud et acceuillant de son amoureux.

Putain que Nate lui manquait.
Mais il ne voulait pas qu’il le voit au bord du gouffre. Oh ça, non.

**

« Naaaaaate!!!!! »

Il avait gueulé ça, alors qu’on l’emmenait dans la salle d’opération. Nate. Il voulait que Nate soit là. Parce que l’infirmière lui avait donné un sédatif pour anesthésier l’horrible douleur qui irradiait et qu’il perdait peu à peu la maîtrise de son corps. Il avait commencé à se débattre, là , devant tout le personnel, devant Nate. À se débattre et à hurler et à insulter qui de droit comme un perdu pour retrouver la maîtrise de sa carcasse qui l’abandonnait peu à peu et éloigner toutes ces mains dégueulasses qui s’emparaient de lui.

Il avait continué à le gémir alors qu’un infirmier lui en avait donné une seconde dose, via injection pour le calmer.

Il s’était réveillé au matin, attaché à une civière, le front en sueur. Engourdi de partout avec un mal de crâne épouvantable. Sa joue droite et sa lèvre lui faisaient mal.

Il ne sentait plus sa main gauche. Plus du tout. L’angoisse le submergea. Il tenta de se débattre mais en vain. Il hurla mais l’infirmière de service l’ignora. Il se rendormit, le sommeil secoué de cauchemars atroces.

Il s’éveilla à nouveau au contact d’une main sur son front qui lui carressait les cheveux. Il pensait que c’était Nate. Ça aurait dû être lui.

Mais c’était son père. Débraillé, mal peigné et arraché de son lit. Avec le visage creusé, comme s’il avait prit dix ans en une nuit. Il se tenait là, assis, à coté du lit, à regarder la fenêtre d’un air absent. Alastair ne l’avait jamais vu comme ça. Puis le vieux sortit de sa transe et avec un geste tendre, se pencha pour le border et balayer les mèches de cheveux encore collés à son front, avec délicatesse.

Le border, putain.
Il n’avait jamais fait ça.

Il a dit de ne pas lui

« Dors Har… Dors fils. Tu en as besoin. Je suis là, d’accord? Je suis toujours là. »

**

Il avait blotti son visage dans le cou de Nate. Il adorait tout de cet homme. Son odeur, ses granfs yeux expressif. Même sa bougeotte.

Il s’inquiétait un peu. L’Inde… Il ne connaissait pas du tout l’Inde. C’était pas le pays le plus ouvert du monde, non? Est-ce que Spencer était au courant?

« Tu sais que je suis passé maître dans l’art de falsifier des prescriptions de valium, hein? Alors je vais t’avoir juste à moi, endormi dans cet avion pendant des heures? Là, sans bouger? Je vais pouvoir faire tout ce que je veux de toi pendant ce temps-là, c’est ça? »

Sa main, légèrement plus tiède, glissa le long de la hanche et ses lèvres vinrent effleurer celle de Nate, dans un sourire enjôleur.
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Nathanael E. Keynes
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() message posté Dim 6 Jan - 11:16 par Nathanael E. Keynes
Je suis pas super frileux, mais je peux quand même pas ne pas réagir au contact de ses mains glacées sur mon ventre, et je grimace un instant, ce qui reste très certainement l'effet escompté. Saleté va. Moi je venais gentiment te réchauffer et voilà comme tu me remercies ? Je souris cependant comme son rire emplit la pièce. Bordel que ça m'avait manqué, ça ! Sa voix, sa présence, son rire, juste naturel comme ça. Son corps contre le mien. Même glacé.

« Oh Bordel… j’avais oublié ce détail… c’est combien d’heures de vol ?
- Une dizaine... Je vais mouriiiiir... »


J'en rajoute volontairement, un peu pour dédramatiser le truc, mais en réalité, je suis pas fier du tout à l'idée de me retrouver coincé dans la carlingue de cet avion. Et voilà que ses mains froides cherchent encore le contact avec mes flancs m'arrachant un frisson qui n'a pas grand chose à voir avec le plaisir de ses lèvres sur le lobe de mon oreille. Je ferme un instant les yeux, mes bras se refermant sur son corps un instant avant que ma main prenne la sienne et ne l'apporte à mes lèvres pour y déposer quelques baisers à mon tour.

Bientôt, ils doivent lui enlever ce putain de plâtre. Est-ce que j'arriverai à oublier les cris dans ce foutu couloir d'hôpital, alors ? A oublier les heures d'attente, sur ces fauteuils inconfortables et le café insipide pour me tenir éveillé, tant que je n'aurais pas pu le voir ? J'en sais rien. Parfois, avoir une mémoire d'éléphant, ça n'est pas vraiment un avantage.

« Je suis navrée Mr Keynes, mais vous ne pouvez pas voir Mr Pratt jr. pour le moment. Son père est déjà auprès de lui, ne vous inquiétez pas, rentrez chez vous maintenant. »

Est-ce que je l'oublierai, le regard presque hautain de cette infirmière comme elle m'envoyait paître pour la je ne sais combien-tième fois alors que je demandais à le voir, à savoir comment il allait ? Est-ce que j'arriverai à oublier le regard peiné du Docteur Taylor comme je refusais pour la énième fois de rentrer me reposer, malgré ses conseils et l'assurance qu'elle me tiendrait informé ? Oublier, surtout, l'air condescendant de Pratt sr. lorsqu'il est venu jusqu'à moi avec son air suffisant et supérieur ? Avec cette lueur victorieuse, presque, dans le regard, même ?

« Nathanaël... Vois-tu donc ce que j'évoquais lors de la réception ? Toute cette insécurité ? Et c'est aujourd'hui mon fils qui en fait les frais... »

Les salutations d'usage et le reste, je les ai complètement occultées. Mais ces quelques phrases, ces accusations latentes, et ce demi-aveu m'ont laissé le coeur au bord des lèvres alors que la douleur irradiait de mes poings serrés, mon poignet endolori acceptant assez mal le geste. La mâchoire crispée, je n'ai pas détourné un instant le regard des yeux ridés de l'avocat, ni répondu le moindre mot. J'avais peut-être l'air buté d'un adolescent en pleine crise à ses yeux, mais je n'ai pas bougé d'un poil, refusant catégoriquement de courber l'échine devant lui. Jusqu'à ce qu'il me conseille encore la prudence et ne prenne congé lui-même.

Bon Dieu, que j'avais envie de hurler et de dévaster ce putain de service jusqu'à ce qu'on me laisse le voir ! Mais j'aurais juste joué contre moi, et apporté de l'eau au moulin de Pratt père, et ça c'était hors de question. Je sais pas combien de fois j'ai remercié le Docteur Taylor d'être venue, ensuite. Pour les informations qu'elle a pu me faire suivre, pour sa compagnie, pour ses conseils... Pour ce traitement que je suis aujourd'hui, et qui me rend plus serein aussi quant à ma relation avec le pianiste lové contre moi.

Ses lèvres sur mon oreille. Malgré le frisson qu'il génère par ses mains glacées, je peux rien contre l'onde de chaleur que ce contact induit systématiquement. Et même si le sujet du vol jusqu'en Inde n'est pas le plus réjouissant qui soit pour moi, avoir Ali, espiègle et souriant, tout contre moi, ça vaut bien ce désagrément.

« Tu sais que je suis passé maître dans l’art de falsifier des prescriptions de valium, hein? Alors je vais t’avoir juste à moi, endormi dans cet avion pendant des heures? Là, sans bouger? Je vais pouvoir faire tout ce que je veux de toi pendant ce temps-là, c’est ça? »

Sa main sur ma hanche, ses lèvres sur les miennes... Je lui rends le baiser furtif, viens en chercher un plus appuyé et laisse mes mains glisser le long de son corps dénudé.

« Mmmmh oui, presque... mais ma mère est invitée aussi, tu sais ? »

J'en ai déjà parlé, mais tout semblait encore lointain. Les Khan ont toujours connu ma mère, et son appartement était voisin de celui du père d'Adriel. Elle a évidemment répondu oui à l'invitation avec le plus grand des plaisirs. Non feint, cette fois, à l'opposé de la fête donnée par les Pratt. Et je pouvais pas prendre un avion différent du sien, juste pour n'être qu'avec mon amant. D'autant moins qu'elle est parfaitement au courant de notre relation, et qu'elle n'a manifesté que la plus profonde inquiétude pour lui au fil des mois passés. Accepter ma bisexualité et ma relation suivie avec un homme n'a pas été si facile que ça pour elle, je le sais bien, c'était contraire à son éducation et son milieu, mais elle a déjà fait le travail d'acceptation à ce niveau-là du temps de Tyler. Et on n'a jamais été aussi proches que depuis qu'elle a divorcé. J'ai redécouvert ma mère, et trouvé une oreille attentive et aimante que je n'aurais pas cru pouvoir obtenir, il y a quelques années.

« J'imagine qu'il se posera la question, alors tu diras à Alastair que je serai ravie de vous avoir tous les deux auprès de moi pour le mariage de Spencer. »

Je crois qu'elle a ajouté quelque chose du genre qu'elle se sentira moins vieille entourée de beaux jeunes gens et j'ai dû lui dire quelque chose comme quoi elle n'était pas vieille du tout...

« Je crois qu'elle a hâte de nous voir ensemble autrement que... »

Je ne termine pas cette phrase, mais on sait tous les deux quand il l'a vue pour la dernière fois. Autrement qu'à la réception d'Aberdeen, où elle savait qu'il y avait quelque chose entre nous, mais où il a littéralement pété les plombs. Et c'est une chose d'entendre mes propos, de savoir que notre relation a évolué, que sa main devrait être rétablie, que je vais bien à présent, aussi... mais je pense qu'elle a besoin de le voir de ses yeux, malgré tout. Pas qu'elle ne me fasse pas confiance, ça n'est pas ça, mais elle s'inquiète, et pas seulement pour moi, je le vois bien. Elle me demande souvent de ses nouvelles, et parfois, je ne sais pas trop quoi répondre, comme il me fuit. Et puis quelque part, j'ai envie, moi, égoïstement peut-être, qu'ils se rencontrent. Même si passer Noël en compagnie de ma mère et de mon amant, pour assister au mariage de mon meilleur ami, n'a sans doute pas grand chose d'anodin...
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Alastair H. Pratt
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() message posté Sam 26 Jan - 8:26 par Alastair H. Pratt

Dix heures de vol… Alastair imaginait bien ce que ce serait, pour son amoureux. Oh! Ce n’était pas arrivé souvent et Nate, avec son perfectionnisme obsessionnel avait tout fait pour le cacher, mais il avait vu quelques fois son amant dans un piteux état. Haletant et le front en sueur. Comme si les murs se refermaient sur eux. Comme s’ils allaient mourir oui. Et voir la panique dans ces beaux yeux-là lui était insupportable. Ils prenaient sa voiture pour leurs déplacements, c’est tout et évitaient le métro. Il montait les escaliers avec Nate sans rechigner. Il y avait toujours moyen de s’arranger.

Il tourna légèrement la tête pour jeter un œil aux billets, sur la table, en se mordant la lèvre. Il n’osait pas demander si c’était des billets de première classe. Il se souvenait encore de son retour d’Italie. La secrétaire de son père avait prétexté qu’avec un si court délai, ils n’avaient pas réussi à lui trouver des billets de première classe. Agité, nauséeux et endolori de partout, il s’était retrouvé dans une classe économique bondée, coincé dans un siège trop étroit qui lui faisait mal aux genoux entre des fêtards qui ne cessaient d’hurler dans ses oreilles et une famille dont le marmot qui avait pleuré tout le long. Le voyage avait duré moins de trois heures mais il n’imaginait pas Nate dans de pareilles conditions pendant dix autres. Juste de l’imaginer ainsi lui serrait le cœur. Mais il savait que son amant tenait à aller à ce mariage. Spencer devait être un type vachement bien pour tout ce sacrifice…

Il se laissa embrasser à nouveau et glissa ses lèvres sur la machoire mal rasée de l’homme dans ses bras et taquina du bout des lèvres la peau tendre de l’oreille. Ça faisait frissonner Nate à chaque et il adorait ça. Sentir les muscles de l’autre se crisper, presqu’involontairement, sous ses doigts, à sa merci. Parfois, il aurait voulu que Nate se laisse simplement caresser, sans rien faire. Comme si il n’y avait que son corps à lui et que le sien n’existait plus. Il rigola doucement à la simple pensée de l’avoir endormi paisiblement, la tête contre son épaule, pour lui tout seul, dans la lumière tamisée d’une cabine de première classe et la clandestinité d’une couverture partagée.

Mais le visage désapprobateur d’Analisa, sa belle-mère, se juxtaposa à toute la scène et Alastair prit un air faussement dramatique, en roulant sur le flanc et levant les yeux au ciel, en râlant, juste pour la forme.

« Non mais! Tu gâches tout là! J’étais en train de m‘imaginer te faire toutes sortes de cochonneries sous un plaid, moi… Et toi, tu mentionnes ta mère! »

Il espérait que ses airs exagérés masqueraient un peu son trouble. Nate avait beau le rassurer sur la bienveillance de sa mère, il n’était pas certain de pouvoir croiser son regard. Même son amant n’arrivait pas vraiment à parler de cette foutue réception, à Aberdeen. Avait-il été si terrible que ça? Son regard tomba sur leurs vêtements, emmêlés sur la moquette. Sur son jeans qu’il avait abandonné là, au pied du lit. Il détourna la tête pour embrasser l’épaule et cacher son visage dans le cou de son amant.

Bien sûr qu’il avait été un enfant terrible, ce soir-là. Il s’en était assuré. Il avait tout fait pour gâcher cette putain de réception, tout. Il avait engueulé son propre père devant les centaines de convives. Il s’était moqué de l’alcoolisme et de l’hypocrisie de sa mère, avait traîné dans la boue la réputation de son illustre grand-père devant les directeurs mêmes d’Oxford et rejeté en bloc tout ce que son père avait comme projets pour lui au grand ravissement de Wilde. Le tout, les yeux injectés de sang et la poudre encore collée à la narine droite.

Quelle image sa belle-mère avait-elle de lui, hein? Bien sûr que la mère de son amant essayait d’être compatissante et compréhensive. C’était la meilleure maman qu’Alastair avait vu de sa vie, si on excluait celle de Max, qu’il adorait, en secret. Bien sûr qu’elle demandait des nouvelles de lui, qu’elle demandait des nouvelles d’eux. Elle voulait le bonheur de son fils, elle. Mais au fond, elle devait être terrifiée. Terrifiée pour Nate de se retrouver avec un garçon aussi instable que lui.

Et cette putain d’attaque au Lucky Star… les côtes fêlées de Nate, son poignet… ce n’était pas vraiment un hasard, non? D’où il sortait, ce putain de marteau? Qui se balade à 3h du matin avec un marteau? Qui, hein? Qui?

Il se mordit la lèvre et se crispa un peu, au bord de la panique. Il écrasa son visage dans le cou de Nate pour ne pas complètement basculer, une fois de plus. Il fallait se concentrer sur son odeur. Sur la rudesse de sa joue mal rasée, sur le sel de ses lèvres de sa langue et sur les angles de son corps, dans les couvertures. D’un geste vif, il roula sur lui pour surplombler son amant et plonger ses yeux dans les siens. Il ne voulait plus penser à rien. À rien sauf au corps de Nate, sous lui. Sa main valide ouvrit avec hâte le tiroir de la table de chevet et il se pencha pour embrasser fougueusement celui qu’il aimait.

« Je vais prendre un bain, je reviens. »

Alastair posa un baiser tout tendre sur la bouche de son amant et lui caressa doucement la joue. C’était devenu une espèce de rituel. Une douche brûlante, un caleçon et un T-shirt bien propre, une dernière clope, avant de se réfugier à nouveau sous les draps contre les reins tous chauds de Nate. Il faisait moins de cauchemars ainsi. Il ne se réveillait plus autant en panique en se demandant pourquoi il était nu et pourquoi tout son corps était rompu. Le plâtre rendait les choses plus complexes. Mais il faisait avec.

Vingt minutes plus tard, vêtu d’un des vieux de T-shirt de Nate, il se blottit enfin contre lui et ferma les yeux, en soupirant d’aise et se promettant de dormir tard, le lendemain.
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Nathanael E. Keynes
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() message posté Dim 17 Fév - 10:31 par Nathanael E. Keynes
Dix heures de vol, et cette fois, je n'aurai pas de solution de repli. Pas de voiture ou mes pieds pour se substituer au métro. Les escaliers au lieu de l'ascenseur. Pas de subterfuge de porte laissée ouverte pour ne pas sombrer dans la panique. Là, il n'y aurait que la carlingue close à des kilomètres et des kilomètres de la surface, et l'impossibilité d'en sortir pendant dix longues heures de vol. Le personnel de bord habitué et les autres passagers qui n'ont rien demandé et qui ne comprendront pas.

Et Ali et ma mère, juste à côté.

Je sais que je vais avoir besoin de tout leur soutien. Je sais aussi que la cohabitation pendant dix heures entre mon amant, et celle qui m'a donné la vie ne risque pas d'être si évidente. Je me souviens de son regard inquiet quand on a quitté cette foutue réception, pour lui, dans l'état dans lequel il est parti, et pour moi aussi. Il a fallu que je la rassure à ce sujet - non je ne me drogue pas, je n'ai même jamais touché à ça, je mets assez de poison alcoolique et nicotinique dans mon corps, ça suffit - mais ses inquiétudes concernant le fils des Pratt ne se sont pas taries. Au fil des semaines, des mois, je crois que ma mère a eu à peu près toutes les pièces du puzzle de notre histoire. Six mois. Six mois depuis qu'il est entré dans mon bar à l'improviste. J'ai parfois l'impression qu'on a déjà passé une vie entière ensemble, à traverser épreuve sur épreuve... Et ça n'est sans doute pas terminé.

Sans doute que ma mère s'en inquiète, un peu. Mais elle se montre plus compréhensive que jamais. Et je crois qu'elle s'inquiète sincèrement pour lui aussi, quoi qu'elle tente de ne pas trop s'immiscer dans l'histoire.

« Non mais! Tu gâches tout là! J’étais en train de m‘imaginer te faire toutes sortes de cochonneries sous un plaid, moi… Et toi, tu mentionnes ta mère! »

J'éclate de rire à son air faussement outré, savoure le contact de son visage au creux de mon cou. J'imagine assez que l'idée de la rencontrer - et de ne pas pouvoir y échapper - ne le rassure pas tant que ça. Aberdeen est resté un sujet tabou, qu'on tente désespérément d'enfouir dans le sable et de laisser derrière nous. Pour lui, pour moi, pour ma mère aussi. Ce qu'elle a vu ce soir-là... Ce n'est pas le Ali que je connais, pas que ça en tous les cas. Mais ma mère n'a pas vraiment vu autrement le fils de l'avocat. Elle n'a que mes dires, ou presque. Et après l'attaque au Lucky...

Ali est revenu sur moi, le désir brûlant dans son regard. Et je me fais pas prier, clairement, pour lui rendre le baiser fougueux qu'il me donne une seconde après. Ne plus penser à tout ça, ne plus penser à rien, rien que lui et moi, que nos corps enfiévrés et le plaisir de l'étreinte partagée.

« Je vais prendre un bain, je reviens. »

Je hoche doucement la tête, dépose un baiser de plus sur ses lèvres tandis qu'il caresse doucement ma joue et le laisse s'éloigner. Comme à chaque fois, après chaque étreinte, il gagne la salle de bain, avant de revenir se lover contre moi. On n'en parle pas, mais je me doute qu'il a besoin de ce moment à lui. Depuis qu'il a pris cette habitude, ses réveils nocturnes se sont amoindris. Alors je le regarde quitter ma chambre sans bouger. L'envie de le rejoindre me prend parfois, mais je me retourne et reste dans mon lit, le temps qu'il me rejoigne. Et bien souvent, je suis déjà en train de m'assoupir quand il vient se lover contre moi.

Il fait à peine jour, cependant quand je m'éveille, et il est toujours endormi contre moi. Un sourire attendri sur les lèvres, je le regarde dormir un instant, avant de m'extirper des couvertures et de gagner à mon tour la salle de bains. Et après une douche brûlante, je m'attache à ranger un peu nos vêtements épars, me prépare à mettre une machine en route.

Je ne m'attendais pas à trouver ça dans sa poche de jeans. Je suis resté comme un con, un petit moment, à regarder le sachet blanc entre mes doigts. Un petit moment à revoir Aberdeen, encore et encore. Et puis j'ai fini de mettre la machine en route, et j'ai gagné la cuisine, pour me préparer un café... et laisser le sachet bien en évidence sur la table basse devant laquelle je me suis assis, sachet dont je ne parviens plus à détacher mon regard.

C'était il y a des mois, mais s'il a toujours ça dans sa poche, c'est qu'il en consomme toujours, de façon plus ou moins régulière - et je ne peux pas m'empêcher d'espérer que ça soit moins, plutôt que plus. Pourtant je sais bien au fond, que si je n'étais pas serein chaque fois qu'il disparaissait, c'est que je craignais quelque chose de ce genre-là. Je me suis sans doute voilé la face, si je n'ai rien remarqué depuis tout ce temps... Ou rien voulu remarquer.

Et je finis mon café en attendant qu'il s'éveille à son tour, lève un regard peiné sur sa silhouette endormie quand il apparaît finalement dans l'encadrement de la porte.

- T'as jamais vraiment arrêté, hein ?

Mes doigts poussent le sachet de l'autre côté de la table, en attendant sa réaction.
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Alastair H. Pratt
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() message posté Ven 1 Mar - 7:18 par Alastair H. Pratt
« Oooooh noooooon, noooooooooonnn…Reste encooooore chhhhiiiin minurrrffff… »

Il s’était rendormi avant même de terminer sa supplication. Son bras était retombé mollement sur l’oreiller et il s’était roulé en boule dans la tiédeur que Nate avait laissée au creux du matelas.

Depuis combien de temps n’avait-il pas dormi dans un vrai lit? Une bonne semaine, au moins. C’était la dernière fois qu’ils s’étaient vus, Nate et lui. Il remerciait le ciel à chaque soir de l’hospitalité d’Eleah. Son canapé, ses draps propres et son loft aéré étaient bien plus confortables que le matelas gonflable sur lequel il avait dormi tout l’été mais ça restait un foutu canapé. Et il n’avait certes pas la taille de géant de son père mais aucun canapé ne pouvait vraiment lui permettre de s’étendre les jambes comme il le fallait. Et puis, il y avait l’odeur de son amant, juste là, dans le creux de l’oreiller. Il s’y fourra le visage et retomba docilement dans les bras de Morphée, insensible aux tâches matinales qui papillonnaient, autour de lui.

Il ne broncha même pas, lorsque la laveuse se mit en marche.

Quelle heure était-il, lorsqu’il rouvrit les yeux? Tard. Les rayons de soleil inondaient le lit. Ses vêtements, propres, l’attendaient, minutieusement pliés sur une chaise. On avait passé l’aspirateur. Il n’avait rien entendu. Il se leva, la tête encore embrumée de rêves et de cauchemars avec trois mots en tête. Café. Clope. Nate.

Comme un somnambule, il fouilla son sac de voyage pour trouver ses cachets qu’il avala, sans même prendre de liquide, prit son étui à cigarettes, puis il descendit l’escalier qui menait à la cuisine, avec les yeux encore à moitié collés. Il se rendit à l’aveugle vers la cafetière, alluma la hotte de la cuisinière et s’alluma une clope, avec des gestes tous plus automates les uns que les autres. Puis il fronça les sourcils, un peu. Le café était froid. Nate n’en avait pas refait? Il haussa les épaules et s’en servit une tasse quand même, noir comme d’habitude. Les cachets avaient un goût dégueulasse, en bouche.

Encore complètement endormi, il se dirigea vers le salon, complètement décoiffé, en T-shirt et en caleçon, les cheveux dans les yeux, en se décrochant la mâchoire d’un baillement peu élégant. Il se surprenait lui-même parfois de pouvoir laisser toute cette éducation trop stricte de côté et montrer ses petits travers à son amoureux. Ces petits gestes du quotidien que l’on faisait, à l’abri des regards indiscrets. Se frotter la machoire qu’il faudrait raser tout à l’heure, se gratter le ventre. Le derrière. S’affaler, à moitié réveillé devant l’autre et faire du bruit, en sirotant son café. Souffler sa fumée par les narines, les yeux fermés, la tête renversée sur le dossier du fauteuil. Tout ça témoignait d’un confort auquel il n’était pas vraiment habitué, en présence de quelqu’un d’autre.

« Tu sais pas ce que j’ai rêvé… Sunshine. Bordel… T’étais un polonais, à New York et moi, j’étais ton groupie. Vraiment… Je venais à chacun de tes shows. Sauf que toi… toi tu avais honte d’être attiré par moi… Et puis, après… et puis j’ai rêvé qu’on était à Edinburgh et que j’étais encore sous l’emprise de mon père et que j’étais devenu un putain d’avocat de la Couronne et que tu étais… tu étais… tu… »

Le jeune homme se passa nerveusement la main dans le visage. Ces yeux en amandes, torturés, inondés de culpabilité et de violet lui donnaient la nausée. Pourtant, il était si beau, en rêve, si beau …

Il ouvrit les yeux, juste pour s’assurer que Nate était bien Nate. Le type qu’il aimait, là, à Londres et qui avait tous ses démons derrière lui. Le type qui l’acceptait comme il était.

Puis son regard tomba sur le sachet. Blanc immaculé sur le vernis de la table basse.

« Bloody hell… »

Il vit son amant pousser vers lui la poudre blanche d’un air dépassé. Triste et dépassé. Le même regard que celui d’Aberdeen. Ce regard qu’il fuyait depuis des mois, quand il se sentait trop vulnérable pour ne pas flancher.

« T'as jamais vraiment arrêté, hein ? »

Il resta silencieux, incapable de parler, le regard rivé sur la table basse. Non, ils n’avaient jamais parlé d’Aberdeen. Pas vraiment. Ils s’étaient tous les deux mis la tête dans le sable en prétextant que ce n’était qu’anecdotique. Et ce l’était, à l’époque. Il avait passé ses années d’Université à en faire. Il n’avait pas refait de coke depuis Rome. Et puis, il y avait eu Millard qui avait étalé la poudre sur le vernis sombre du piano, dans la remise. Il y avait eu Aberdeen. Il y avait eu Wilde et sa chute. Cette petite boite, toute précieuse, juste à côté de son majestueux instrument. Le souvenir de l’invulnérabilité, qu’il avait ressenti, lors de cette putain de réception, avant que tout dégénère. Il était sorti de chez Wilde et s’en était trouvé une dose. Juste pour lui, incapable de tenir sa sobriété plus longtemps.

La coke avait le don de tenir ses démons à l’écart, lorsque plus rien d’autre ne fonctionnait.

Il ferma les yeux un moment, l’index et le pouce contre l’arête de son nez. Il ne savait pas quoi dire. Ni quoi faire. Il savait que Nate n’aimait pas ça. Il le savait, pourtant.

« Tu… Tu ne comprendrais pas, Nate… Je… Je ne voulais pas que tu voie ça. Je ne veux pas que tu me vois comme ça, okay? Toi, t’es tellement parfait… Je ne voulais pas que tu me vois comme ça, je te jures...»
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Nathanael E. Keynes
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() message posté Ven 15 Mar - 22:16 par Nathanael E. Keynes
« Oooooh noooooon, noooooooooonnn… Reste encooooore chhhhiiiin minurrrffff… »

La supplique me fait hésiter une seconde. Ah ! Rester encore un peu lové contre l'homme que j'aime, bien sûr que c'est tentant ! Mais il se rendort déjà et je le regarde sombrer dans le sommeil avec un sourire attendri, un instant encore avant que ma bougeotte naturelle ne prenne le dessus. Ca doit faire une huitaine de jours que je n'ai pas eu droit à ce spectacle et chaque nuit seul est une petite torture de plus. Il me manque, atrocement, à chacune de ses absences. Mais je ne veux pas lui imposer ma présence, je ne veux pas qu'il se sente obligé en quoi que ce soit. Il y a bien eu assez d'hommes prêts à régenter sa vie pour que je ne m'ajoute pas à la liste. Même si ça me tue, chaque fois qu'il disparaît.

Et ce matin, j'ai une partie de l'explication devant moi, tâche blanche éclatante sur ma table basse. Un tout petit paquet, qui a fait voler en éclat en un dixième de seconde le bien-être précédent, aussi sûrement qu'un verre se brise en rencontrant le sol. Et une part de moi se demande "à quoi bon ?". A quoi bon continuer à s'attacher à quelqu'un qui va forcément partir, tôt ou tard, pour une dose trop forte, ou un paiement tardif ? La maladie ne m'effraie pas autant que la poudre blanche face à moi, à l'évidence, et je suis toujours là, à la fixer, quand il paraît, décoiffé, débraillé, à peine réveillé. Et foutrement désirable. Une autre part de moi a envie de fermer les yeux, de simplement venir l'enlacer, voler un baiser, se lover au creux de son cou. Sentir son odeur, sa peau sous mes doigts, et oublier tout le reste. Je le vois s'installer confortablement, l'écoute raconter ses rêves, et presque malgré moi, un sourire étire mes lèvres.

« Tu sais pas ce que j’ai rêvé… Sunshine. Bordel… T’étais un polonais, à New York et moi, j’étais ton groupie. Vraiment… Je venais à chacun de tes shows. Sauf que toi… toi tu avais honte d’être attiré par moi… Et puis, après… et puis j’ai rêvé qu’on était à Edinburgh et que j’étais encore sous l’emprise de mon père et que j’étais devenu un putain d’avocat de la Couronne et que tu étais… tu étais… tu… »

Mes sourcils se froncent. Le rêve est devenu cauchemar, à l'évidence, et la main qu'il passe nerveusement sur son visage en témoigne. Et je m'en veux déjà, je m'en veux d'avance, de ce que je m'apprête à dire. Et son regard tombe sur le sachet, là, comme un mur entre nous.

« Bloody hell… »

Je n'aurais pas dit mieux, je crois. Peut-être bien que ça m'a échappé, quand mes doigts se sont refermés dessus, dans la poche de son jean, qu'il a bien dû retrouver plier, là-haut, avec le reste de ses affaires. Et je me sens démuni, face à ça, face à la confirmation que ce que j'ai tenté d'occulter pendant ces derniers mois existe bel et bien. Je revois 'Stan, défoncé, étalé sur mon canapé dans Shoreditch. Je me revois le livrer plus ou moins directement à cette fliquette qu'attendait que ça. Mais je sais pas si j'aurais la force de faire la même chose s'agissant d'Ali. Je sais pas si j'aurais la force d'aller le visiter dans un centre de désintox où il serait enfermé, comme je suis allé voir 'Stan le week-end. J'ai juste envie de le serrer dans mes bras, et de le garder contre moi, indéfiniment, comme si ça pouvait éviter qu'il retouche à cette saloperie. Mais ça ne suffira pas, je le sais bien. Rien n'a disparu après Aberdeen juste parce que j'ai espéré très fort que ça soit le cas. Et ce sachet de poudre entre nous en est la preuve.

Mon regard attristé le fixe, tandis qu'il garde ses yeux clairs rivés sur le centre de la table. Et puis il a fermé les yeux, et si j'ai l'air stoïque, peut-être, en apparence, dans ma tête et dans mon coeur, c'est la tempête. Ce geste, ses doigts sur l'arête de son nez, avant qu'il ne prenne la parole, me fait frissonner, et je m'attends au pire, soudain glacé jusqu'aux os.

« Tu… Tu ne comprendrais pas, Nate… Je… Je ne voulais pas que tu voies ça. Je ne veux pas que tu me vois comme ça, okay ? Toi, t’es tellement parfait… Je ne voulais pas que tu me vois comme ça, je te jure… »

A mon tour, je ferme les yeux, un court instant, comme je me force à inspirer profondément.

« But I'm not perfect, goddammit ! »

Je siffle presque entre mes dents. Je ne suis pas parfait, je ne l'ai jamais été, je ne le serai sans doute jamais. Je peux pas vraiment dire que j'ai fait la paix avec ça, je sais pas si je la ferai jamais. Mais devoir le justifier face à lui, c'est pire encore que de lire la déception dans le regard de mon père, pendant toutes ces années. C'est pire que de lire la crainte dans celui de ma mère, encore aujourd'hui parfois, et son inquiétude.

Je passe une main fébrile sur mon visage, les doigts pressant mes globes oculaires fatigués. Et puis je me suis relevé pour venir près de lui, combler la distance qui semble soudain s'être terriblement creusée.

« Je veux pas te perdre Ali... et y a déjà bien assez de risques dans nos vies pour pas en rajouter avec ça... »

Il y a déjà la maladie, quoi qu'on fasse pour se protéger et en minimiser les effets, malgré tout. Il y a son paternel et ses manigances, qui vont terriblement loin à l'évidence quand on voit son bras à l'heure actuelle. Alors on n'a clairement pas besoin d'un risque d'overdose en plus, si ? Et puis qu'est-ce que je pourrais faire, hein, s'il prenait une dose trop forte ? J'ai déjà rien pu faire le jour où ils ont débarqué à quatre dans mon bar pour lui briser les doigts, qu'est-ce que je peux faire contre ça ?

*

Je n'ai pas eu le temps de réagir - mais aurais-je seulement été capable de le faire, de toute façon ? - que mes mouvements ont été entravés par des bras bien plus puissants que les miens et que malgré mes tentatives pour me débattre, je suis resté incapable de me défaire de leur emprise et de lui venir en aide. Tout ce qui s'est imprégné dans mon cerveau, c'est son bras blessé, l'angle incongru de ses phalanges, et le hurlement qui s'est échappé de sa gorge, mêlé au mien. Je me suis débattu de plus belle, mais un poing rageur au niveau du plexus m'a plié en deux et m'a coupé le souffle.

- T'es jaloux ?

J'ai pas vraiment eu le temps de répondre que j'ai pris des coups pour m'être manifesté, sans doute. J'ai relevé la tête pour croiser le regard mauvais du type qui avait fini par me lâcher au sol, où je suis tombé suffisamment lourdement pour sentir mon poids sur mon poignet qui irradie immédiatement d'une douleur trop vive pour être anodine. D'autres coups ont plu, un temps, jusqu'à ce qu'ils se lassent, je suppose, nous laisse tous deux au sol, et vident le bar désert de toute autre trace de vie que nos deux corps meurtris.

- Ali...

Mon premier réflexe a été de tenter de m'approcher de lui, de m'assurer qu'il était toujours en vie, déjà, mais je me suis heurté à un refus. Ne pas l'approcher. Ne pas le toucher tant qu'il existe un risque que j'entre en contact avec son sang. Je me suis mordu la lèvre, ravalant la frustration et ce foutu sentiment d'impuissance que je déteste tellement. Et j'ai appelé les secours, parce que c'était la seule chose que je pouvais faire.

*

« Je veux pas te retrouver inerte un matin parce que la dose aura été trop forte... ou apprendre par une tierce personne que si t'es pas venu un soir, c'est parce que t'as été admis aux urgences où je pourrai même pas te rendre visite... »

T'entends la supplique dans ma voix ? Parce que c'est même pas vraiment de la colère, en réalité, c'est pas que j'ai envie de t'engueuler comme on disputerait un môme... C'est juste que je flippe à mort, et que je voudrais m'assurer que ce que je redoute tellement à cet instant n'arrivera pas. Je sais bien que se désintoxiquer est pas simple, je sais que ça prend du temps, qu'il peut y avoir des rechutes, même. Ca a pas marché du premier coup pour Stan. Mais ça a fini par fonctionner pour mon pote, alors ça peut bien fonctionner pour mon amant, n'est-ce pas ? N'est-ce pas ? Encore faut-il qu'il accepte la démarche d'arrêter, mais je n'arrive même pas à poser ouvertement la question, de peur d'essuyer un refus qui me détruirait un peu plus encore...
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