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Smoke, Gin and Mirrors

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() message posté Mar 27 Nov - 10:03 par Alastair H. Pratt
Il ne comprenait pas trop pourquoi il avait craqué, après tout ce temps. Peut-être à cause de ce putain de contrôle de la Sécurité Sociale, deux semaines auparavant. Ils l’avaient fait venir, en lui demandant une énième copie de son compte bancaire vide, un énième billet médical attestant de ses multiples fractures à la main et de son incapacité à occuper temporairement un emploi. Une énième copie du constat de police sur l’agression survenue au Lucky Star et les blessures afligées.

La fille responsable de son dossier avait regardé tout ça d’un air morne et lui avait rendu sa documentation d’un geste exécré qui semblait en avoir vu d’autres.

« On a appelé votre père, à son bureau. Il nous a répondu qu’il s’engageait à subvenir à vos besoins et que vous n’aviez pas besoin de nos services. Qu’il était prêt à vous héberger ou à payer votre loyer, votre nourriture, vos frais de santé, tout. Mais que c’est vous qui refusiez son aide depuis le début, Monsieur Pratt. Il nous a même faxé une déclaration signée. C’est la Sécurité Sociale, ici. Pas une thérapie familiale pour gosse de millionnaire. Des gens ici ont réellement besoin de notre aide. Pas vous. »

Son allocation mensuelle serait suspendue. Jusqu’à nouvel ordre.

Il n’en avait pas parlé à Nate. Ni à Eleah, ni à personne.

Et puis ses réserves étaient tombées à sec. Il n’avait même plus d’argent pour s’acheter des clopes. Son père avait choisit ce moment-là pour l’appeler. Une conversation de deux minutes. Une invitation, toute simple à son restaurant préféré, dans Westminster. Pour discuter. Seulement pour discuter.

Alastair avait craqué.

Le steak, une épaisse tranche de bœuf de haute qualité, gisait là, juste à point, dans l’assiette immaculée. Avec sa délicate sauce au poivre et au bourgogne, qu’Alastair adorait, généralement. Avec ses légumes de jardin cuits à la perfection, une queue de homard au beurre, sans ail et un petit pudding bien chaud pour tremper dans la sauce. Le serveur venait de remplir leurs verres. Son père n’avait pas encore dit un seul mot, le regard rivé sur son plâtre. Le vieux avait fait un geste pour poser sa main dessus. Un geste tendre, réconfortant. Un vrai geste paternel. Mais il s’était arrêté en plein milieu et avait reposé la main sur la table. Avait-il jamais vu son père aussi …sincère?

« Mange fils, ça va être froid. »

Le vieux avait sortit de sa poche quelques billets et les avaient glissé sous son assiette puis il était retourné à la contemplation de l’atèle et des cernes de son fils, sans un mot, les deux mains croisées devant son visage. Puis, Maître Pratt avait prit une gorgée et avait reposé son verre, les lèvres pincées sur sa table.

Il a dit de ne pas lui bousiller la tronche.

Les mots lui revenaient en boucle dans la tête, tout en observant les nouvelles rides qui s’étaient creusées, sur le faciès du Vieux.

« J’ai parlé à ton chirurgien, Harry. Tu es un adulte maintenant, non? Il m’a dit qu’il t’avait expliqué les mêmes choses qu’à moi. Je ne sais pas quoi te dire à part que je suis vraiment désolé pour toi. Je sais que tu aurais vraiment voulu être un musicien professionnel. Je… je conviens que j’ai été sévère, avec toi. J’en conviens. J’aurais dû t’écouter davantage. Mais je te demande de penser à ton avenir, fils. Seulement d’y réfléchir. Seulement de réfléchir au fait que les gens comme Nathaniel ne sont pas des gens stables ni des gens fiables. Crois-moi. Que vas-tu faire fils, quand il se sera lassé de toi, comme tous les autres avant ? Tu vas dormir où, dis-moi? Reviens à la maison. On en discutera. Calmement. »

Le jeune homme avait regardé son assiette intouchée d’un air dégouté. Si son père avait accès à la cartographie de sa main… qu’en était-il du reste? Il s’était levé de table, en ramassant les billets, sous l’assiette, sans même en regarder le montant et s’était dirigé vers la sortie.

« Harr… Alastair! Regardes-moi! Je suis ton père! Pas un étranger, ton père! Quand comprendras-tu que je ne veux que ton bien, fils! Ton bien! … »


Sujet 1 : E.
Date de naissance 22/05/1993, 23h11, Aberdeen Maternity Hospital, 25 ans. Échantillon prélevé à Aberdeen, 06/03/2018

Sujet 2 : Harold Gerald Alastair Pratt
Date de naissance 22/05/1993, 23h27, Aberdeen Maternity Hospital. 25 ans. Échantillon prélevé à Londres, 02/07/2018

Résultat : Monozygotes


Il avait dû rechercher ''monozygotes'' pour être bien certain. Embryons conçus d'un même ovule. ADN identique. Il ne se souvenait plus du reste.

Il avait jeté le dossier dans la cheminée, à Hastings. Il se foutait d’où Nate l’avait obtenu ou comment Nate avait réussi à obtenir un échantillon de son ADN. Il se foutait de ce que Nate en avait fait ensuite, de ce dossier. Il avait même voulu oublier être le ‘’sujet 2’’. Parce que ça ne faisait aucun sens. Aucun. Putain. De. Sens.

Mais au fond, il avait toujours su, non? Il n’était qu’un putain d’étranger. Le Vieux était-il vraiment son père, comme il le disait? Qui voulait son bien, au fond?

Il s’était acheté deux paquets de clopes et un quarante onces de gin abordable, à peine déguisé dans un sac brun, avec une petite partie des billets. Le reste n’avait plus vraiment d’importance. Il avait traîné sa carcasse jusqu’à St-James Park. Il savait qu’il serait en sécurité ici. Loin des voyous. Après ce qui était arrivé au Lucky Star, un peu de quiétude lui ferait du bien. Ne disait-on pas que St-James Park réconfortait l’âme n’importe quel gentleman anglais? Où avait-il lu une connerie pareille? Alastair ne savait plus. Il avait erré au bord de St-James Park Lake en évitant tant bien que mal les autorités et en buvant discrètement son gin, à même la bouteille.

L’eau du lac était noire et la température était fraîche. Un brin fraîche pour la saison. Alastair resserra davantage son beau manteau de laine contre lui et s’affala sur le premier banc venu, en ignorant complètement le type qui y était déjà assis. Il but une autre gorgée et posa la bouteille sur le gazon, pour s’allumer une clope. Il dut s’y reprendre à deux fois, à cause du plâtre. Il inspira et expira la fumée, la tête levée vers le ciel.

Les nuages s’étaient un peu éclaircis. Il n’y connaissait rien mais avec un peu d’attention, il pouvait distinguer une ou deux étoiles, là, dans le ciel. Il ramassa de nouveau la bouteille et la porta à ses lèvres, une autre fois. Après avoir passé toute la putain de soirée à demeurer muré dans son silence, il se sentait bavard, tout d’un coup. Trop bavard sans doute. Il leva sa main plâtrée vers le ciel.

« Non mais t’as vu comment elles brillent, mec! Même au travers des lumières de la ville… Elles semblent toutes proches. Tu pourrais les saisir, là, dans ta main, et pourtant, quand tu penses que tu es sur le point de les atteindre… eh bien tu tombes. Et tu tombes de haut. Tu tombes vraiment de haut… »
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() message posté Mer 28 Nov - 21:04 par Eurêka L. Abercrombie

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Alastair & Eurêka



Il n’arrivait pas à s’y faire. À cette putain de ville. À ce nouveau quotidien. À sa condition. Il se sentait comme un étranger ici, comme un nuisible. Sans un rond, il devait se démerder pour survivre parce que c’était pas le père qui allait l’aider. Par contre, pour l’arnaquer, ça c’était le champion. Quel connard ! Eurêka se mit à soupirer lorsqu’il quittait son campus. Armé d’un bonnet et d’une veste canadienne, il se mit à porter son sac comprenant son télescope, qu’il s’était acheté fièrement il y a de ça des années, et décidait de mettre le cap sur St James Park. Il savait que la couverture nuageuse était nulle ce soir, et qu’ainsi il pourrait observer ce qui le faisait rêver au plus profond de son âme. Il avait besoin de se retrouver, besoin de chimère. Alors il marchait d’un pas vif, se fichant totalement du monde qui l’entourait. De loin, il ressemblait à un voyou de bas étage, avec son look négligé et ses fringues aussi noires que la nuit. Les apparences étaient parfois trompeuses, mais ce qu’il voulait lui, c’était qu’on lui foute la paix. Ce qu’il allait obtenir, coûte que coûte. Objectif, puis s’enfuir, loin de tout ce merdier.

Eurêka était arrivé à l’endroit désiré, il s’installait dans le noir le plus complet, à proximité du lac, se méfiant du bord pour ne pas tomber. Il ouvrait son sac, et installait avec précaution son télescope, arrangeant l’angle de vue des étoiles et autres planètes. Il y tenait plus qu’à sa propre vie, c’était la seule chose pour laquelle il était encore de ce monde. En regardant le ciel, il avait la sensation d’être au plus près de ce fantôme. Un nouveau réglage et il tombait sur la constellation de Cassiopée, une de ses préférées, et un sourire sincère apparaissait pour la première fois depuis des jours. Il se sentait enfin à sa place. Il sortait alors son carnet, et la dessinait, indiquant l’orientation de la découverte. Eurêka était dans son environnement le plus intime, et enfin, il pouvait respirer. Il prit une grande bouffée d’air frais, puis repris ses recherches de planètes, l’esprit ailleurs.

Il était persuadé d’avoir halluciné la dernière fois, ce double n’était qu’une malversation de son esprit. Cet éternel fantôme était mort et enterré d’après les dires de ses parents, et il ne pouvait que les croire puisqu’il n’avait vécu qu’ainsi : seul. Pourtant son cœur semblait penser tout autre chose, et il sentait que tout déraillait. Sa vie minable était réduite à penser à un mort, sans cesse, il voulait tellement qu’il en soit tout autre. Oh oui, Eurêka aurait tant aimé qu’il vive ne serait-ce qu’un instant pour qu’il puisse le prendre dans ses bras encore une fois. 9 mois dans le même ventre, à se toucher au quotidien, à s’enserrer chaque seconde, à se batailler parfois pour un peu de place. Il n’avait pas de souvenir de tout ça, mais c’était une sensation viscérale qu’il aimerait tant retrouver. Mais tout ça c’était impossible, et il le savait. Mieux que quiconque. Alors depuis tout petit, il était persuadé que ce jumeau disparu se baladait à travers les étoiles, et qu’un jour, il le retrouverait là-bas. Maintenant qu’il était adulte, il savait que c’était qu’une chimère, mais dans le fond, il aimerait tellement le retrouver, pour de vrai. Un soupir, puis un sourire quand il tombait nez à nez avec Pluton. Il se mordait la lèvre face à ce ciel si étoilé. Il était ici chez lui, et le monde, il n’en avait plus rien à foutre.

Rien n’allait le sortir de sa quiétude, et encore moins le gars venu s’installer à côté de lui. A vrai dire, il n’en avait rien à battre. Il restait dans son monde, ne lui prêtant aucune attention. De toute façon, il faisait trop noir pour distinguer clairement son visage. Mais ce sont ces mots qui firent réagir Eurêka. Il redressait alors la tête de son télescope, et regardait ce ciel si noir, répondant simplement.

« - Frère, on ne tombe que lorsqu’on prends des risques. Les étoiles, elles pourraient être dans ta tête, ou dans tes yeux, et tu verras que la chute ne sera qu’un mauvais souvenir. »

Il savait de quoi parlait. La lune il ne la cherchait plus, il ne prenait plus de risque, il se contentait de son monde, de son esprit, et ça lui suffisait amplement. D’humeur bavard à son tour, il sentait pourtant l’alcool du mec à plein nez, il décidait de s’ouvrir à l’inconnu à ses côtés. Il se sentait étrangement bien.

« - Tiens regarde dans le trou là, tu les verras d’encore plus près. »

Il guidait le gars en question, et lui désignait du doigt la constellation.

« - On l’appelle Cassiopée cette constellation. On la reconnait car elle forme un W. Et si tu te décales légèrement sur ta droite, tu verras Pluton. »

Eurêka était passionné d’astronomie, qu’est-ce qu’il aurait aimé devenir Astronaute, être au plus près des beautés de cette galaxie, mais c’était un rêve inaccessible, il était fauché comme les blés puis adieu le piston avec sa famille de merde. Alors il se contentait de livres et de son télescope, et ça lui suffisait pour rester vivant.

« - Tout ce que tu vois là, c’est bien plus beau que ce monde de merde. »

Il le pensait, sincèrement. Et à ces mots, il perdait son sourire, car il savait qu’il n’avait pas sa place ici-bas, mais plus là-bas avec Ludwig.


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() message posté Ven 30 Nov - 6:29 par Alastair H. Pratt
Alastair ricana et sourit doucement, dans le noir.

« T’es des Highlands, toi. »

L’accent*. L’accent du mec l’avait tout de suite réconforté. Il avait beau être habillé comme un coupe-gorge, il l’avait calmé immédiatement, avec sa langue de bois. Après toute cette putain de soirée à écouter des foutus propos venimeux trempé dans le miel, le franc-parler cru du type l’apaisait. Cette manie des gens du peuple à appeler tout le monde « Frère » ou « Soeur». Alors que les vipères se faisaient passer pour votre famille. Et puis quel vaurien se promenait avec un télescope pour regarder le ciel, hein? Il continua à rire encore un peu, bien malgré lui.

« Ma mère. Ma mère piquait une sacrée crise, à tous les foutus étés, dès que je commençais un peu à parler comme les autres gosses du coin, à Aberdeenshire. Elle dééééééétestait ça. Elle m’ignorait le reste du temps mais bordel, il ne fallait pas que je me mettes à parler comme un putain d’écossais. Oh! Ça non! Si c’aurait été légal et si elle m’aurait lavé la bouche avec du savon, rien que pour ça. Même si elle venait elle-même du bled. C’est fou. C’est complètement fou. »

Il prit sa bouteille et avala une rasade, le regard rivé sur le ciel. Il n’y avait plus de nuages. Que des petits blancs, scintillant comme des diamants, éparpillés sur une immense couverture noire.

« Ouais… elles pourraient être dans nos tête, les étoiles. On pourrait faire nos jobs à la con, notre routine de merde et se dire que les étoiles, elles ne sont que dans nos têtes et pas ailleurs. On pourrait. Pas de risques, comme tu dis. Et les étoiles, elles resteraient là accrochées dans le ciel, à perpétuité. Mais bordel… c’est quoi, ce genre de vie? Même les étoiles brûlent et explosent jusqu’à en crever. Alors pourquoi pas nous? On est du même cosmos, non? »

Il prit une autre gorgée et posa la bouteille entre eux, sur le banc de parc. Sa main gauche lui faisait mal. C’était sans doute le froid et l’humidité. Mais il pouvait presque sentir toutes ces vis qu’on avait posées là pénétrer davantage dans ses os. Il frotta machinalement son plâtre encore une fois. Ça allait être toujours comme ça hein? Tout le reste de sa vie. Mobilité réduite. Douleurs fantômes. Arthrite précoce. Oui, son père avait raison. Le chirurgien qui l’avait opéré le lui avait bien dit. Sa main ne serait plus comme avant. Il baisa la tête vers sa main, dans le noir. Il ne voyait rien, bien sûr mais c’était comme si le logo de son groupe, les LuST que Nate avait crayonné au feutre irradiait, dans l’obscurité. Une étoile. Pour l’encourager. Lui rappeler tous ces moments où lui et son amant avaient joué et chanté sur scène. Alastair soupira.

« Je voulais être une rock star, tu imagines? J’avais tout laissé tomber et je m’étais élancé, tu vois. Et puis, ils m’ont bousillé la main. J’en étais presque à les toucher, les étoile. Fuck! Pas les toucher, non. J’en étais presque devenue une. J’étais presque une étoile. Presque. »

L’autre n’écoutait plus, sans doute, obnubilé par la voûte céleste au-dessus d’eux. Il ne lui en voulait pas. Elle était magnifique, ce soir. Magnifique. Il leva la tête et resta silencieux à observer les points dont l’autre parlait. Alastair avait aussi adoré l’astronomie, enfant. Il s’en souvenait. Pluton le fascinait. Les anneaux de Saturne avait piqué sa curiosité. Et la ceinture d’astéroîde, entre Mars et Jupiter. On disait que c’était jadis une planète… Cérès. Où avait-il lu ça? La planète devait s’appeler Cérès.

Ses parents lui avaient acheté un télescope, pour son onzième anniversaire. Il avait trouvé le paquet, encore emballé dans le buffet de la salle à manger, avec tous ses autres cadeaux. Il l’avait déballé, juste un peu, pour voir le modèle, une semaine avant. Il avait si hâte. Et puis sa mère était partie. Deux jours avant son anniversaire. La boîte du téléscope était restée au sous-sol de leur maison, à Notting Hill, intouchée. Avec la Playstation 2, les cartes de basketball, le Nintendo DS, le dernier film de Batman et tout le reste. Tout le reste de ses putains de lubies passagères, pour combler le vide. Le vide que sa propre mère avait laissé, en lui signifiant, à sa façon, qu’il n’était, au fond, qu’un inconnu. Pour elle. Pour tout le monde. Pour lui-même.


Monozygote. C'aurait pratiquement pu être le nom d'une étoile.
Était-il encore au sous-sol, ce télescope?

Reviens à la maison, fils.
Alastair frissonna, bien malgré lui.

Le mec lui tendit son télescope. Regarde-là, disait-il. Docilement, le jeune homme posa l’œil là où on le lui indiquait. Le W de Cassiopée, scintillante et puis la mystérieuse Pluton. Alastair resta un moment immobile à l’observer. Ce bout de glace, à la limite de leur système solaire.

« Ah! Te voilà, petite! Je sais pas toi, mais quand on nous a dit que ce n’était plus une planète… mon cœur a flanché. Tu l’imagines, là, dans le froid, à se faire dire qu’elle n’était qu’un bout de glace étranger? »

Il sourit et remit délicatement le bout du téléscope à son propriétaire.

« Au fond… on projette notre propre monde sur les étoiles, non? Pourquoi ce qui est inatteignable nous semble toujours plus joli? On les imagine là, de loin, illuminant toutes les galaxies de l'univers... Pourtant, ce ne sont que des amas de minéraux et de gaz. Comme nous deux, quoi. Comme nous. »
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() message posté Jeu 6 Déc - 13:46 par Eurêka L. Abercrombie

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Alastair & Eurêka



Le froid ne le glaçait pas, il le rendait plus vivant. Plus existentielle. En réalité, Eurêka n’en avait rien à faire du monde dans lequel il vivait, il ne voulait que l’inatteignable, l’imaginaire, le hors limite. L’entourant, était fade, sans couleur, hypocrite. Lui ne rêvait que d’inconnu, d’un autre monde où tout serait plus simple, plus accessible, plus vrai. Alors il s’était enfermé dans cet univers infini, et ne voulait plus en sortir. Pourtant le gars a côté de lui semblait vouloir l’encrer dans cette réalité, et ce n’était pas déplaisant, au contraire même. Quand il fit référence à sa ville d’origine, son cœur se serrait, il se crispait, mais rapidement se détendait car il était bien loin de tout ce merdier.

« - Ouais, et crois moi comme je regrette d’y être né. »

Puis le gars se mit à déblatérer sur sa vie et étrangement, Eurêka se mit à l’écouter. Comme s’il buvait les paroles de cet inconnu, comme s’il se sentait proche de lui. Étrange sensation, mais sensation réelle. Pour une fois, on le prenait pas pour de la merde, pour la première fois, on le considérait assez pour se confier. C’était la première fois, et enfin, il comprit qu’il n’était pas qu’un nuisible dans ce monde, qu’il était quelqu’un.

« - Ah désolé mec, c’est pas cool d’être freiné dans sa liberté. Ils sont vraiment étrange les gens de c’te contré, sans t’offenser. Je crois que je les comprendraient jamais. Pourtant j’y ai passé ma vie là-bas, et si ça peut te rassurer, j’y suis comme un étranger. Un nuisible pour la populace. Je suis bien content que mon père m’ai chassé de cet endroit de fou. »

Ce n’était pas dans son habitude de se confier de la sorte, il était plutôt secret Eurêka et pourtant, ce soir c’était tout autre. Il n’avait pas peur, il ne sentait aucune inquiétude, juste de la sérénité et la possibilité de pouvoir parler sans être jugé. Il avait eu une vie de merde, et il était persuadé que la suite le serait tout autant, alors pourquoi le nié ? Il devait être clairvoyant autant avec lui qu’avec les autres. Puis parler philosophie, vie et étoiles, c’était son truc. Enfin un discours réel, une conversation censée. Les mots de cet inconnu raisonnait en lui comme une vérité. Il disait tout haut ce qu’il pensait tout bas, et putain ce que ça faisait du bien.

« - T’as tellement raison. Mais nous on est destinés à crever à petit feu, d’un coup, ça serait trop simple. A croire que notre monde est monté à l’envers. »

Il lui racontait son histoire, comme une parcelle d’intimité entre eux, et il éprouvait de la compassion pour ce mec. Il avait tout perdu en un claquement de doigt, comme lui il y a des années. Et cette sensation dans la poitrine d’étouffement, c’était irrespirable. Probablement qu’il n’avait plus d’espoir, plus de raison de continuer, mais étrangement Eurêka sentait que rien n’était perdu.

« - Ils t’ont peut-être arraché une étoile, mais tu peux toujours t’en trouver une autre. Rien n’est perdu tant qu’on ne renonce pas. Je pense pas que tu sois le genre de gars à renoncer si vite. Bats-toi et chie leur à la gueule, tu verras, tu sauras briller si tu t’en donnes les moyens. »

Lui ne s’était jamais donner les moyens d’être quelqu’un, il n’en avait pas le cœur, pas la raison. Il n’était qu’un meurtrier, un errant, un fantôme. Condamné à vivre la merde qu’est la vie, en culpabilisant toute la durée de celle-ci. Et il s’y était résolu. Ni plus, ni moins. Quand il tendit le télescope à l’étranger, son regard restait fixé sur la voûte céleste, écoutant ce que le gars disait, de façon distraite. Il n’avait pas flanché lui quand il avait apprit ça, il avait trouvé ça encore plus beau, encore plus magique, alors il riait à ses mots, regardant ce gars dans le noir.

« - Moi j’ai trouvé ça encore plus beau de savoir ça, car malgré la complexité de l’univers, chaque élément est différent, aucun se ressemble, et ça, ça n’a pas de prix. Moi j’aurais tant aimé qu’on cesse de me comparé à ce qu’il aurait pu être si je… »

‘si tu ne l’avais pas tué.’. Son cœur se serrait mais pour la première fois de sa vie, il savait qu’il était temps qu’il le dise de vive voix.

« - Si je n’avais pas tué mon jumeau. Pouah… Tu sais que je l’ai jamais dit ça ? Pourtant on me l’a balancé en pleine gueule bon nombre de fois, mais je n’avais jamais osé le dire. Alors que c’est la vérité. J’ai tué mon jumeau à la naissance, transfuseur/transfusé. Je suis qu’un putain de meurtrier rien qu’en étant né. Si ça c’est pas du Karma de merde. »

Ça lui faisait du bien de le dire à vive voix, de dire ce qu’il ressentait pour de vrai. Bon il n’allait pas au fond des choses en disant que ça le bouffait au quotidien, que ça ruinait son existence, et qu’il préfèrerait crever que de vivre encore sans lui, mais il s’était confié pour la première fois depuis très longtemps, et il aurait pu pleurer d’avoir dit de tels mots. Mais il se contentait de déglutir, de ravaler ses larmes, et de se rassoir sur le banc. Les mains sur ses genoux, il se mit à regarder le sol, qu’il ne pouvait discerner distinctement.

« - Beaucoup de choses sont insignifiantes pour nous, alors que parfois il faudrait juste regarder autour de soit pour trouver ce soupçon de bonheur que chacun d’entre nous à besoin. Mais moi, mon bonheur il s’est envolé au moment où il s’est éteint. Il est aussi inatteignable que les étoiles. Alors il est là-bas ce bonheur, et chaque soir, j’le cherche, en espérant un jour le trouver. »

Un sourire le prit sous cette confidence, puis il redressait la tête vers l’inconnu.

« - Si toi, ton bonheur c’est la musique, alors ne renonce jamais. »



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() message posté Dim 9 Déc - 21:01 par Alastair H. Pratt
« Non, mais c’est quoi, un nuisible, pour toi? »

La question avait fusé comme ça, sans aucune réflexion. Comment un mec aussi tranquille, seul dans un parc avec son télescope pouvait-il être considéré comme nuisible? Quel voyou avait vraiment le temps où l’envie de rester assis à regarder les étoiles? Il faisait bien trop noir pour détailler le mec. Mais Alastair s’en foutait. Il s’était assis le plus loin possible des sentiers piétonniers éclairés pour qu’on lui foute la paix, à lui et à sa bouteille de gin.

L’obscurité et les sons étouffés de la ville au loin, qui les enveloppaient l’apaisait. Comme s’ils étaient tous les deux dans une espèce de bulle, vraiment. C’était étrange mais ça lui faisait un bien fou. Il reprit sa bouteille, la secoua et la porta à ses lèvres.

T’es encore en train de tout prendre, faudrait peut-être lui en laisser, à lui aussi.

Une pensée anodine, comme une autre. Le jeune homme regarda sa bouteille avec un sentiment confus de culpabilité et d’urgence. Il fallait qu’il partage avec ce type, c’est tout. Après tout, ils étaient là tous les deux sur ce bas. Et l’autre semblait sympathique.

Il tapota l’épaule de son alcolyte de fortune et lui tendit sa bouteille de gin à moitié pleine d’un geste un peu brusque voire impératif.

« Allez tiens, bois un peu, je vais pas tout garder pour moi quand même, frère. »

Il ricana gentiment en se moquant de l’expression du type. Frère. Pourquoi est-ce que tout le monde utilisait cette putain d’expression? Comme si les classes sociales n’existaient plus… Foutaises. Alastair soupira.

« Se battre… se battre… j’ai jamais réellement fait ça, me battre… Toi, c’est quoi ton étoile,  Einstein? Pourquoi ton vieux t’a chassé, hein? Tu reste là, à regarder les étoiles, tu ne dois pas être si terrible que ça, non? Le mien… Le mien veut m’acculer au mur. Ouais… il veut que je craque. Que je m’excuse. Que je revienne à la maison. Que je retourne à Oxford et que j’abandonne mes enfantillages, comme il dit. Que je reprenne le putain de cabinet. Tu veux que je te dise un secret? C’est même pas mon vrai père. »

Il ne les avait même pas dit à Nate, ces mots.

Il l’écouta, le type, à parler de la complexité de l’univers et de la différence de Pluton en souriant dans le noir. Il aurait pu rester, toute la nuit à l’entendre parler du ciel, d’aspirations et de batailles, sans jugement, s’il n’avait pas fait aussi froid. Il frissonna et but une autre gorgée.

D’autres mots tombèrent de la bouche de l’étranger et le fit frissonner davantage. Il se tourna vers lui, dans le noir, les sens engourdis, Il ouvrit la bouche pour parler et la referma. Il sentait le cafard s’insinuer, là, en lui, tout au creux de son ventre. Il aurait voulu lui dire qu’il était là, lui. Mais ce n’était que des propos d’ivrogne, non? Il ne le connaissait pas, ce type. Il ne savait même pas à quoi il ressemblait. Pourtant, il sentait toute cette tristesse le submerger. Le vide. Le putain de vide. Il le ressentait lui aussi, hein? Alors c’était ça, avoir un frère jumeau?

Il leva la tête au ciel et espéra presque voir, du coin de l’œil, cette âme innocente dont parlait l’homme à côté de lui. Pour que l’autre comprenne qu’il n’avait pas à s’en vouloir. Pour que l’autre comprenne que son petit frère ne voulait que son bonheur. Qu’il était lui et que c’était merveilleux. Que c’était immonde de lui avoir fait gober toute cette culpabilité. Mais Alastair ne voyait rien. Rien que des points blancs lumineux formant des schémas sur une toile noire sans limite.

« Putain… »

Le juron avait finalement passé ses lèvres comme un murmure, de peur de faire fuir le petit ange invisible. Il avait presque l’impression qu’il était assis sur ce banc, ce frère jumeau disparu. Entre eux deux, tiens. Il avait presque peur de parler trop fort, maintenant. Il tendit de nouveau la bouteille à l’autre, en offrande avant de reprendre, à mi-voix.

« Moi aussi, j’ai un frère jumeau, quelque part. »

Il se racla la gorge, mal à l’aise. C’était comme si en parler rendait les choses plus vraies alors qu’il fallait les enfouir à tout prix. Et une partie de lui voulait encore que tout ça reste enfoui, comme si ça n’avait jamais existé.

« Je… j’ai appris récemment que j’avais été… adopté, disons. Et qu’il y avait un autre gars avec exactement le même ADN que moi ... quelque part. Une journaliste a trouvé ça. J’ignores si c’est vrai ou pas. C’est juste… c’est juste une initiale. Une putain de lettre d’alphabet sur une feuille de papier, des chiffres et un putain de terme scientifique. Et… et maintenant, je ne sais même plus vraiment qui je suis. J’ai… j’ai passé toute ma vie à me faire dire que c’était moi qui était cinglé de me sentir comme un étranger, de ressentir tout ce vide, comme s’il… comme s’il manquait une partie de moi, tu vois? Tu comprends? »
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() message posté Mar 11 Déc - 12:44 par Eurêka L. Abercrombie

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Alastair & Eurêka



Le questionnement cash du mec à ses côtés le fit rire. Il n’avait plus aucun filtre, l’alcool sûrement, mais il sentait en lui une certaine spontanéité, un certain entrain à dire la vérité. Et ça lui plaisait à Eurêka, cette vérité. Alors il répondit aussi simplement que sa question.

« - Quelqu’un dont on ne veut pas dans sa vie. Un putain de parasite qui ronge l’existence des autres. »

Ce qu’il était. Aux yeux des autres. Aux siens. Qu’un parasite tuant tout ce qu’il l’entoure. Allant jusqu’à tuer ce qu’il a de plus cher : son jumeau. Il soupirait alors, réduit à néant par cette simple constatation, lâchant le ciel et les étoiles, réduisant à néant le peu d’amour propre qu’il avait. Eurêka se sentait triste, pas à sa place dans ce monde, et des milliers de fois il aurait aimé échanger sa place contre celle de son frère, car ici, il n’y avait pas d’endroit pour lui. Ici, il n’était qu’un étranger. Une tape sur son épaule interrompait ses pensées tristes, et il attrapait la bouteille du gars habilement. Le remerciant d’un sourire en coin, buvant une rasade de l’alcool bon marché. Il n’était pas fervent de ça, mais parfois quand son cœur était trop lourd, il noyait sa peine dans l’ivresse, dans la violence. Mais pas ce soir, pas comme ça. Il rendait la bouteille à son acolyte du soir, et répondit un simple :

« - Merci. »

Puis ses questions soudaines tournaient dans sa tête, et tout en écoutant le discours de son homologue, il réfléchissait à ce qu’il allait lui répondre. Il optait pour une franchise pure et dure, un discours qui ne tournerait pas autour du pot, cette franchisse qui lui collait à la peau.

« - Il est peut-être temps de te lancer mon gars. J'peux t'apprendre si tu veux. Quand on veut réellement quelque chose dans la vie, on se bat jusqu’à l’obtenir. Vieux ou pas, on lutte contre ce qui nous freine pour avancer. Alors bat toi, et envoi le chier ! Fuck the world ! »

C’était son Leitmotiv, il cassait souvent les codes pour essayer de s’en sortir, pour qui ? pour quoi ? il ne le savait pas, mais il avançait quand même.

« - Tu vois le gars dure dans une classe ? Celui qui n’hésite pas à mettre des droites pour ne pas se faire écraser ? Le cynique qui réponds violemment quand on le met plus bas que terre ? C’est moi. J’ai jamais su m’écraser alors il en a eu marre et il m’a foutu à la porte, sa droite je la sent encore. De toute façon, il a toujours voulu que je sois un autre, mais j’ai jamais céder. Ça devait finir comme ça.»

Ça ou la mort. Le choix avait été vite fait, vite rayé. Eurêka soupirait alors, le regard rivé sur les étoiles, les yeux vers l’inatteignable. Et quand il racontait son histoire, il se sentit enfin libéré. De sa peine, de sa torture, de ce fantôme. Comme si mettre des mots sur les choses était libérateur. Et quand il eut finit, le silence s’insinuait entre lui et son interlocuteur du soir. Un silence apaisant. Il prit une grande bouffée d’air frais, et se mit à rire à son juron qui faisait explosé la quiétude les entourant.

« - C’est le mot en effet. »

Il prit la bouteille que lui tendait le mec, et avalait de nouveau une rasade d’alcool. Pour combler cette douleur, ce vide en lui. Pour ne jamais oublier. Puis il posait la bouteille entre eux deux, et écoutait l’histoire du gars, le sourire aux lèvres. Le cœur à l’affut de ses mots, compatissant. Il aurait tant aimé être dans sa situation, il aurait tant aimé combler ce vide qu’il exprimait et dont il vivait avec chaque jour. Mais lui, son frère était mort, et jamais il ne reviendrait.

« - Oui je comprends. Et cette sensation, elle ne disparaitra jamais, sauf si tu le retrouves. Il est la réponse à toutes tes questions, il est celui qui te connaît plus que n’importe qui. T’as vécu avec lui pendant les neufs mois les plus importants de ta vie. Il s’est construit en même temps que toi, et toi en même temps que lui. C’est lui qui a été le plus proche de toi, il est comme un élément indispensable. Il est cette partie de ton âme que jamais personne ne comblera. Il est ce tout. Il est ce rien. Et tu dois le retrouver pour comprendre, pour savoir et pour être complet. T’as cette chance-là, il est à ta portée, tends-lui la main et tu sauras qui tu es vraiment. »

Il espérait vraiment qu’il allait saisir sa chance et qu’il allait faire des recherches, car bon dieu qu’il aimerait combler ce vide. Il ne voulait pas qu’il ressente ce vide une minute de plus, il ne souhaitait pas cette situation, pas même à son pire ennemi. Il se mordait la lèvre, s’appuyait au dossier du banc, laissant le silence jouer une minute puis le brisait à son tour, ironisant.

« - Les journalistes sont vraiment des fouines. Y’en a une qui m’a abordé à Aberdeen en me demandant si je n’aurais pas un jumeau par hasard. Comme si c’était écrit sur mon front sérieux ! T’aurais vu comment elle me dévisageait, c’était presque gênant quoi. Bref, foutaise, j’l’ai envoyé ailleurs, j’aime pas les faux-porteurs d’espoir. »

Il comptait son histoire en riant à moitié, c’était cocasse comme il se retrouvait dans sa situation, cette journaliste et sa fouinerie. Mais ce n’était qu’un putain de hasard, et rien d’autre. Son fantôme était là-haut, et nulle part ailleurs. Eurêka le savait mieux que quiconque. Puis il brisait l’inconnue pour passer aux convenances, peut-être qu’il s’était fait un nouvel ami. Avec tant de confidence, ça ne pouvait qu’y ressembler.

« - Au faite, je m’appelle Eurêka, même si je penses que demain t'auras déjà oublié ! »



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() message posté Jeu 13 Déc - 4:15 par Alastair H. Pratt
« Un parasite? Bordel, on dirait que tu as décrit les derniers vingt-cinq ans de mon existence, là. »

Il sourit doucement, dans le noir en secouant sa bouteille. Elle était déjà bien entamée. Il fronça les sourcils et soupira en prenant encore et toujours une autre gorgée. L’alcool commençait sérieusement à embrumer ses sens mais il s’en foutait. Il ne sentait plus trop le froid, maintenant.

En fait, il se sentait plutôt bien, même.

En sécurité.
Il ne s’était pas senti en sécurité depuis l’attaque du Lucky Star.

« J’ai passé les derniers vingt-cinq ans de ma vie à faire ce que je voulais bien faire et à vivre à la charge d’un vieux qui n’est même pas mon père, au fond. Et là, je lui chie dans les bras, lui et son foutu cabinet d’avocats de merde, j’ai pas fini mon diplôme et j’ai jamais vraiment travaillé de ma vie.  Même la sécurité sociale veut pas de moi. Et je me cache de tout le monde qui tient à moi pour boire dans un parc. Ne te compare jamais à un parasite, Einstein. T’en est pas un, j’te dis. T’en est pas un. »

Il grimaça et éclata d’un rire peut-être un peu trop jovial en lançant son poing valide dans le vide en face de lui comme si c’était un des types qui étaient venus lui bousiller la main. Ou ceux qui lui avait enlevé ce qui lui restait d’innocence à Rome. Mais son poing fendit l’air un peu trop mollement à son goût.

« FUUUUUUCK THE WORLD!!!! »

Il resta immobile, un moment, à regarder le vide en face de lui et secoua la tête, en ricanant.

« Faut que j’apprenne, ouais. F…faut que j’apprenne… »

Il mis sa bouteille de côté; il tenta de s’allumer une cigarette, la flamme du zippo éclaira faiblement ses traits un bref instant. Heureusement, le vent était un peu tombé. Avec ce putain de plâtre, il ne pouvait presque plus rien faire. Même plus s’allumer une clope dehors.

« T’es dur avec toi-même vieux. Non, mais ré… réfléchiss…ons deux minutes. Si c’était toi, mettons, qui était mort et tu voyais ton frère jumeau se dénigrer comme un con pour ta mort… Tu te sentirais comment? T’aurais voulu lui dire quoi? Moi, à sa place, je t’aurais traité d’idiot, hein. C’est… c’est pas de ta faute. T’as pas à gober tout ce qu’on t’a dit. T’es plus intelligent, avec tes constel…. Tes constel..lations et tout. Non, mais toi, tu veux être quoi, toi? »

Il prit une bouffée de cigarette en regardant le ciel silencieux.

« C’est ça avoir un jumeau? Je sais… je sais tellement pas.  C’est comme… c’est comme si une p…pièce du puzzle avait toujours manqué… mais… putain… lui tendre la main… Le t…type… il sait peut-être même pas. Ou… ou ça l’arrange, d’être tout seul. Sa m… mère trouvait peut-être que… que j’étais de trop? Tu… tu y a pensé à ça? Sa mère a lui, elle voulait pas de moi. Ils voulaient pas de moi, c…ces gens-là. Il va peut-être aussi trouver que je suis de trop? Il a… Il a peut-être été adopté lui aussi et… et il a sa vie à lui. Je vais peut-être lui bousiller la vie en sortant de nulle-part. Tu… tu y as pensé, à ça? Moi, j’arrête pas d’y penser… Et c’est… c’est qu’une foutue initiale sur un bout de papier… »

Il chercha à tâton sa bouteille mais ne parvint pas à la trouver, dans le noir. Il aurait voulu allumer son zippo, pour la trouver mais il se sentait soudainement gêné de briser ce moment d’intimité. Il se t

« Je lui… lui en veux encore à mon… mon… »

Il s’adossa sur le banc et resta silencieux, un long moment. Un élan de pudeur le prit à la gorge. Il ne voulait pas que le type pense qu’il n’était là que pour le draguer, ou un truc du genre. Il repensait aux types qui s’en étaient pris à eux, au Lucky Star parce qu’ils n’étaient que des «pédés» lui et Nate. Alastair se racla la gorge mal à l’aise.

« …mon pote. Je lui en veux. Je savais qui j’étais et là… là, je ne le sais plus. C’est son ex-collègue du Times qui l’a mêlé à ça. Il… il m’a piqué une tasse, pendant que j’avais le dos tourné et a fait analyser ma… ma salive ou je sais pas quoi. J’ai pas… j’ai pas compris toute l’histoire. Je… je voulais pas comprendre. Traffic de… traffic de mômes. Et là, on me dit que je suis pas celui que je devrais être, tu vois? Ouais… mon père disaient que les... les journalistes, c’étaient des cha… des charognards. Des… »

Il fronça les sourcils un instant. Quelque chose lui échappait. Mais il n’arrivait plus vraiment à réfléchir.

« Ab… Aberdeen? Tu… viens d’Aberdeen toi aussi? Pu…tain… c’était quoi le nom de cette conne? C’était quoi son nom…. Moi, c’est… c’est Al… Alastair. Mais tu peux… m’appeler Ali. Tous mes amis m’appellent Al…Ali.

Il sourit chaleureusement, même si l’autre ne le voyait pas, dans le noir. Il sortit son portable et alluma l’écran pour texter son amant. Les lettres commençaient à s’embrouiller un peu.

Whdts th nme ofypur junarlist?

Alastair se sentit mal, de texter Nate comme ça. Il était quelle heure? Il ne lui avait donné aucune nouvelle depuis lundi dernier… Mais le nom de cette fille lui échappait. Quelque chose lui échappait. Il repris une bouffée de cigarette, perdu dans ses pensées.

« Eurêka. »

Il répéta le nom, un peu songeur et le fit rouler sur sa langue et dans son esprit en ce promettant de ne pas l'oublier. Il reprit sa cigarette et s'arrêta à mi-chemin, en fronçant de nouveau les sourcils, incertain. Quelque chose lui échappait, vraiment.

« T’as… t’as bien dit Eurêka? … C’est pas un nom de gonzesse, ça? »
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() message posté Jeu 13 Déc - 14:18 par Eurêka L. Abercrombie

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Alastair & Eurêka



« - Bah… Bienvenue au club dans ce cas. »

Il l’avait sorti comme ça, cash. Ainsi deux inconnus avaient eu la même vie, et l’aurait même encore après leur conversation. Ça le fit sourire dans l’ombre Eurêka, car même si leur existence était merdique, ils avaient droit à une petite parenthèse un soir glacé à Londres. Il se sentait bien là, à sa place pour la première fois depuis des années. Ça en devenait presque étrange, presque lunaire. Ce qu’il aurait aimé qu’il soit lui, cet inconnu. Qu’il aurait aimé qu’il soit ce jumeau disparu. Un soupir sortait de ses lèvres alors qu’il se vautrait un peu plus sur ce banc, à regarder ces étoiles si silencieuse. Il écoutait ce que disait le gars avec sérieux, réfléchissant à ses mots. Il fronçait les sourcils, ne comprenant pas vraiment le lien entre le parasite et ce gars. Il n’avait fait que croire en ses rêves, y’avait rien de mal à ça, non rien.

« - T’en ai pas un toi non plus mec. T’es qu’un gars qui veut faire de son rêve une réalité. Tu veux te tracer ton chemin, ta destinée, toi-même, pas celle que le vieux t’as dessiné. Et y’a pas de mal à ça croit-moi, t’es loin d’être un parasite. T’as forcément quelqu’un dans ce monde à qui tu tiens et qui t’aimes tout autant. C’est pour c’te personne que tu dois continuer. Même si t’es là, à te prendre ta cuite du soir. T’inquiète, on a tous eu besoin de fuir à un moment donné. Demain tu te lèveras, la gueule en vrac, et tu te reprendras, parce que tu crois en tes rêves. Alors ne lâche rien, non lâche rien. »

Il avait dit sa dernière phrase dans un murmure, comme si Eurêka espérait qu’il ne le ferait jamais. Il avait cette chance là d’avoir cru en ses rêves, ce que lui n’avait jamais pu faire, alors il voulait à tout prix qu’il réussisse comme si sa vie avait de l’importance à ses yeux. Il riait légèrement quand le gars se mit à brayer, et le rejoignait en pensée, le sourire aux coins des lèvres. Il percevait que le gars s’allumait une clope, et l’aurait bien rejoint, mais il avait oublier son paquet chez lui alors il renonçait à l’idée de s’en allumer une. Eurêka gardait son regard rivé sur le ciel noir écoutant le discours si incensément-censé de ce gars complètement à l’ouest. Il se mordait la lèvre, et riait légèrement, son regard se plongeant sur les reflets du lac face à eux.

« - J’aurais aimé être astronaute, rien que pour être près de lui encore un peu. Mais t’as raison mec, je suis con de penser aux morts, ils sont bien là où ils sont. Il est en paix, et moi je me l’interdis cette paix pour me punir en quelque sorte. Mais c’est dur de faire autrement que tout ce qu’on t’as mis dans la gueule toute ta vie, tu comprends ? Aux yeux de mes parents, je suis qu’un tueur. Je vois pas comment je pourrais voir le monde autrement. »

Puis distraitement, il jetait un coup d’œil vers son interlocuteur, inhalant la fumée qu’il lui donnait.

« - T’es peut être le trou manquant dans sa vie mec. T’es même surement ça. Tu sais, c’est pas un mythe la connexion entre les jumeaux, c’est une vérité. Si t’es mal sans lui, alors il doit être dans le même état que toi, quelque part. J’serais toi, je foncerais pour connaître la vérité, pour comprendre d’où tu viens. Tu sais déjà qui t’es, c’est pas lui qui va détruire tout ce que tu as construit, au contraire, il va même t’aider à te rendre mieux que ce que tu es aujourd’hui. N’hésite plus mec, c’est la chance de ta vie, la laisse pas filer. Toi tu sais, alors fonce. »

Il le vit chercher dans l’ombre sa bouteille, et il l’a lui mit dans la main dans un élan de générosité, écoutant son discours.

« - D’autant plus s’il s’agit d’une histoire horrible. Recolle les pièces manquantes. Tu as le droit de lui en vouloir, mais tu verras qu’un jour, tu le remercieras pour ce qu’il a fait. »

A ses yeux, il ne devait pas lui en vouloir, mais chacun réagissait comme il le voulait après tout. Il lui avait permit de voir claire dans son histoire de vie, de compléter le trou manquant dans sa poitrine. Il savait qu’un jour il le remercierait. Puis il souriait à l’alcoolisme du gars, il sentait qu’il avait de plus en plus de mal à parler. Il était prêt à le raccompagner chez lui, une fois leur conversation terminé, impossible de laisser ce brave gars dans cet état-là. Puis il sentit en lui un empressement si étrange, ça l’intriguait.

« - Ouais, je suis né là-bas, à la Aberdeen Maternity Hospital. Pourquoi ? J’sais plus mec, Elisabeth je sais plus trop quoi… Elle m’a tellement soulé avec ces questions que j’ai balayé son nom de famille. Alastair… C’est bien un prénom d’Anglais ça. »

Il se mit à rire comme un con à sa vanne, puis se mordait la lèvre. Lui n’oublierais pas son nom, et son amicalité, non, il n’était pas près de l’oublier. Le temps d’un instant, d’une lumière sur son téléphone, il put distinguer les traits de son camarade de fortune. Et il mit cette ressemblance avec sa personne sur le compte de l’alcool qu’il avait ingéré, il se sentait bien là, qu’il aurait pu croire que ce mec n’était que son jumeau perdu. Il voulait le croire, même si tout ça n’était que chimérique. Alors il quittait son regard des traits du mec, pour rire à sa vanne.

« - J’sais pas si c’est un nom de gonzesse, mais c’est le mien, et j’l’aime bien. C’est original. Eurêka Ludwig Abercrombie. T’entends pas ça tous les jours pas vrai ? »

Il était fier de son nom, de son identité, même si dans le fond, il n’était pas fier de ce qu’il était désormais.


satan claus

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