"Fermeture" de London Calling
Après cinq années sur la toile, London Calling ferme ses portes. Toutes les infos par ici Raise a tent of shelter now though every thread is torn  ❧ Amanda. 2979874845 Raise a tent of shelter now though every thread is torn  ❧ Amanda. 1973890357


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Ethan I. Hemsworth
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() message posté Jeu 17 Jan - 0:46 par Ethan I. Hemsworth
RAISE A TENT OF SHELTER NOW
❧ The Hemsworth

Dance me to the children who are asking to be born. Dance me through the curtains that our kisses have outworn. Raise a tent of shelter now though every thread is torn.

Il va mourrir ? Les mots qu'Ava nous avait lancés, la voix tremblante, timide, consciente de dire quelque chose d'horrible, quand nous lui avions annoncé la nouvelle. Ça m'avait fait réaliser... Tout. Toute l'ampleur de ce que je ne mesurais pas encore. Qu'il ne s'agissait pas seulement d'Amanda. Il n'y avait pas qu'elle que je risquais de perdre. Qu'Amanda elle-même ne vivait pas cette grossesse normalement, comme une deuxième chance merveilleuse, mais plutôt dans l'angoisse, dans l'incertitude. Et je n'arrivais pas à lui dire de penser autrement, à lui faire voir, ce coup du destin, elle et moi réunis, notre famille sur le point de s'agrandir... Parce que rien n'était fait. Parce que pas un jour ne passait sans la peur, l'angoisse qu'il lui arrive quelque chose... Que tout s'envole et me laisse plus misérable qu'avant.
C'était dans cet état d'esprit que nous nous regardions, à la première échographie. Assis-là, l'un en face de l'autre, serrant sa main mais ayant du mal à fixer l'écran. Amanda n'avait pas voulu de moi à son premier rendez-vous. Et je l'avais comprise. Je ne ruminais même pas. Ne lui en voulais pas. J'étais simplement là, à fixer l'écran, bêtement, à essayer de prendre conscience de ce qu'il se passait. À m'accrocher à elle comme si elle était l'objet de cette visite, et pas le petit haricot que j'avais mis dans son ventre. Comme si l'on allait m'annoncer quelque chose de terrible, que ça n'allait pas du tout, qu'elle n'allait pas du tout. Je fermais ma gueule, faisais de mon mieux pour ne pas transmettre de flux négatif, pour ne pas qu'elle lise la peur dans mon regard. Mais je savais... Oui, je savais... Elle avait vu cette même expression sur mon visage pendant notre voyage, quand je l'avais crue souffrante. Ce voyage... Je lui avais avoué tellement de choses... Promis tant d'autres... De belles choses. À quel point je l'aimais et ne voulait plus jamais être séparé d'elle. Pas une seule seconde. Et pourtant, je n'étais pas encore complètement installé à Camden. Son appartement n'était pas encore totalement le nôtre. Je passais encore des nuits blanches entre les murs de Shoreditch à me demander si tout allait bien, là-bas. Là où j'aurais dû être.
Je repensais à tout ça sur le chemin du retour, silencieux. Trop, peut-être. Je ne trompais personne. Certainement pas Amanda. Jamais. Nous étions fait du même bois tous les deux. Des mêmes cauchemars. Hantés par le souvenir douloureux de la perte, de l'éloignement, du déchirement... J'étais le plus heureux des hommes depuis que nous nous étions retrouvés, cette nuit-là, cette nuit qui aurait pu être si triste, cette nuit pendant laquelle, au lieu de pleurer le départ de sa soeur, elle m'avait aimé, moi, pour la première fois depuis trop longtemps. Pendant laquelle je n'avais eu aucun scrupule à la retenir au plus près de moi. Et maintenant ? L'impulsivité, la fougue, l'orgueil aussi, oui, que j'avais retrouvés s'étaient envolés de nouveau, quittant mon corps en emportant avec lui le dernier espoir de bonheur. Bordel. Nous étions là, assis l'un à côté de l'autre sur le trajet retour, marchant, ensuite, côte à côte toujours jusqu'à l'appartement, et pourtant si loin... Si... Absents.
Une fois installé au salon, je fixais la photographie, mon subconscient décryptant ce que nous avions refusé de voir pendant l'échographie. Oui. Nous étions fait du même bois. Et, toujours dans le silence, devant le médecin, nous avions eu la même réponse, la seule et unique pour briser le silence : Non. On ne veut pas savoir. On préfère garder la surprise. Erreur. Je l'avais su à la minute où je l'avais dit. J'avais regardé Amanda, pourtant, mais nos regards et nos mots concordaient. Nous avions refusé de connaitre le sexe de notre bébé le sourire aux lèvres. Sûr de nous. Comme si c'était la meilleure décision à prendre. Comme si nous aimons réellement les surprises. Comme si c'était excitant, merveilleux... Mais la surprise... La vraie, c'était de savoir si ce bébé, fille ou garçon, viendrait au monde... Charlotte était au courant de cette grossesse. Forcément. Ava. Aux premières loges. Mon frère... J'avais eu besoin de mon frère. D'un vrai frère. Fort. Compatissant. Fiable. Pour la première fois depuis des années, allant totalement au-delà de sa fragilité mentale. D'un frère qui garderait le silence, si jamais... Le fardeau...
Arriverait le moment, bientôt, où, de toute façon, la grossesse se verrait. Le moment, où, dans mon esprit confus, trop protecteur, il faudrait peut-être causer de la peine aux autres membres de la famille, aux amis. Et la peine, à moi, de les voir se réjouir pour nous quand je n'y arrivais pas moi-même, terrorisé à l'idée de perdre un deuxième bébé ou la femme de ma vie. Comme s'il me faudrait impérativement choisir... Quelque part, oui, peut-être qu'une part de moi anticipait cette possibilité, s'y attendait... Pour toute ces raisons, je n'avais pas voulu savoir. Et Amanda... Les siennes ne devaient pas être très différentes des miennes.
Ne pas oser le lui demander me projetait des années en arrière, avant qu'elle m'abandonne ne laissant qu'une lettre, quand elle n'avait plus supporté ni moi ni mon inactivité. Mon silence qui me reprenait malgré moi. Jamais. Plus jamais. Ce n'était pas moi. Ce n'était plus moi. Je fermais peut-être un peu trop ma gueule, acquiesçais trop facilement de peur qu'elle change d'avis, ne veuille plus de moi, de l'étouffer avec mon inquiétude incessante -peu importe que j'essayais de la cacher, elle la voyait toujours, je le sentais- et qu'elle revienne sur sa décision, sur notre amour. Toute ces excuses à la con qui me retenaient de faire ce que je mourrais d'envie de faire. Encore.
Je fixais l'échographie depuis bien un quart d'heure, assis sur le canapé quand je décidais que c'en était assez. Que rien, RIEN ne me retiendrait plus. « On a fait une erreur. » Je ne savais même pas où était Amanda, si elle pouvait m'entendre. Et quels mots... J'étais à mille lieues de réaliser l'ambiguïté de mes propos. Quelle erreur ? Ce bébé ? Nous ? Putain. Je bondis du canapé en réalisant m'exprimer à une femme enceinte, en proie aux hormones et à toute sorte d'émotions intenses. Je tournais un moment en rond dans la pièce, sur moi-même, réalisant aussi bien l'ampleur de l'erreur que l'ont venaient de commettre que celle de mes choix de mots. Et puis tant pis. Tant pis si elle n'était pas d'accord. Tant pis si je lui donnais le tournis. Tant pis, même, si elle ne comprenait pas tout de suite de quoi je parlais. Ces éclats, c'était nous. Ce serait le moment où je la couperais d'un baiser en pleine colère ou accusations foireuses, si jamais comprenait mal. Tant pis, parce que, je disais quelque chose. Je faisais quelque chose. De vrai. D'incontrôlé. Je ne pouvais plus ne rien faire. Je ne pouvais plus être un fantôme. Celui qu'elle avait fui voilà trop longtemps. Je ne pouvais plus ne plus l'aimer follement, dangereusement. « On a fait une terrible erreur. » Répétai-je une seconde fois, m'approchant d'elle pour aller chercher son visage. En la touchant ainsi, mes intentions ne pouvaient pas paraitre mauvaises, pas vrai ? L'idée de ne plus vouloir d'elle était impensable alors que j'attirais son visage contre le mien, mes mains tremblantes contre ses joues roses -teint éclatant de la femme enceinte que je m'autorisais à admirer pleinement, enfin- bien décidé à l'entrainer avec moi dans ce grand saut dans l'inconnu.


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() message posté Dim 20 Jan - 14:37 par Amanda E. Hemsworth

 RAISE A TENT OF SHELTER NOW THOUGH EVERY THREAD IS TORN
Elle avait eu un certain nombre de jours pour s'y faire, prit rendez-vous pour avoir confirmation, pour vérifier certaines modalités et que l'on pu répondre à ses questions. Malgré tout ça, la chose ne lui semblait pas moins irréelle. Silencieuse, la jeune femme ruminait un flot d'événements passé et à venir, toujours aussi inquiète et perplexe. Regardant brièvement son compagnon du coin de l’œil un bref instant, sortie de ses pensées, elle y retournait presque aussitôt sans souffler un mot. Lui-même semblait faire pareil de son coté.  Ils se trouvaient là, ensemble et mal à l'aise, maladroits avec l'idée simple d'en parler. Peut-être était-ce parce que la parole une fois délivrée, le message tout son sens, peut-être parce que cela rendait les choses plus vraies. Peut-être pas...Et il était présent, avec elle, dans l'attente de savoir si cette nouvelle aussi bouleversante qu'inattendue, allait une fois encore tourner au cauchemar. Amanda ne pouvait pas lui en vouloir pour ça, au contraire, elle comprenait, sans doute avait-elle une meilleure conscience des circonstances que la première fois. Essayant, tant bien que mal de paraître plus sur, plus forte qu'elle ne l'était, l'ancienne avocate avait sourit. Ni joyeux, ni triste, c'était un sourire simple. Cette première échographie c'était ensuite déroulée dans une ambiance un peu étrange, trop calme. L'un fixant l'écran, tandis que l'autre refusait de le regarder. Et puis ils étaient repartit, remontés dans la voiture pour un trajet toujours plus silencieux. L'australienne prenait soin d'observer régulièrement son mari, l'air de rien, sans trop d'insistance. Et ses doutes, son appréhension, sa peur ne lui échappait pas. Ils avaient tout deux refuser d'une seule voix le sexe de l'enfant. C'était un impératif qui leur avait parut évident de préciser à la première occasion, presque avant qu'on le leur demande. Pourquoi ? Pour se protéger ? Dans la perspective de ne pas imaginer un la vie avec un enfant qui risquait de ne jamais les rencontrer...ou bien trop brièvement...De retour dans le salon, elle avait vaqué à ses occupations. Comme si de rien n'était, aurait-on pu dire. Ce qui s'avérait loin de la réalité. Pour une raison incongrue, sa cuisine paraissait en partie liée à son humeur ou son état d'esprit. Aussi, depuis leur retour, elle perturbait, sans vraiment le vouloir, les repas quotidiens de son petit monde. Fournée de cookies à ne plus savoir qu'en faire, poulet oublié un peu trop longtemps dans le four...Une fois de plus, elle pesta contre elle même, tout en revenant de la cuisine avec ce qui aurait du être un charmant gâteau. « On a fait une erreur. » entendit-elle déclarer son mari, alors posait l'assiette brûlante sur la table basse. A peine eut-elle le temps d'esquisser un froncement de sourcil que son esprit s'avérait déjà en pleine ébullition. Quelle erreur ? Ce bébé ? Ce rendez-vous ? Ce voyage ? Eux ? Maintenant ? Avant ? Quand ? Les questions défilèrent à la vitesse de la lumière dans sa tête. Il regardait cette image depuis trop longtemps maintenant, parlait-il de ça ? Il fallut alors qu'il se leva et insista, lui répétant exactement les mêmes paroles, tout en se rapprochant. Instinctivement alors, la blonde recula. « Quelle erreur ? De quoi tu parles ? » Secouant la tête, elle se força poursuivre la discussion, tandis que l'envie d'aller s'enfouir dans une couette ou un plaid et ne plus jamais en ressortir s'insinuait. « Tu parle du bébé ? » osa-t-elle demander, en conservant une distance, comme prête à courir à se réfugier n'importe où ailleurs que dans ses bras au moindre signal.

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() message posté Jeu 21 Mar - 1:07 par Ethan I. Hemsworth
RAISE A TENT OF SHELTER NOW
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Une erreur. Je n'avais pas réfléchi. Ou peut-être que je réfléchissais trop. Oui. C'était plutôt ça. Je fixais l'échographie depuis des heures et tout un tas de réflexions me traversaient l'esprit. Pas en continu. Parfois entrecoupées d'un néant profond, abyssal. Je me laissais absorber et ne remarquais rien autour de moi. Je savais Amanda pas loin. Je me savais chez elle, sur son canapé. Et c'était déjà bien. Tellement absorbé que je ne remarquais pas qu'elle s'affairait en cuisine. Ni le parfum de fumée. Amanda qui ratait une patisserie, ce n'était pourtant pas anodin. Ça en disait long sur son humeur. Son état. Il y avait beaucoup de ratés en cuisine ces derniers temps. Je les dégustais tous. À défaut de me montrer particulièrement bavard. Manger un gateau trop cuit, c'était ma manière, silencieuse, anodine, peut-être ridicule, de lui montrer que ça n'avait pas d'importance et que j'étais là. Que tout irait bien ? Pouvait-on vraiment donner autant de pouvoir à un gâteau ?
Ça avait été un beau moment, pourtant. Plein d'espoir. Plein de... de sentiments contradictoires, tout entremêles, mais beaux, oui. Parce que pour la première fois, en fixant l'écran. En découvrant la petite chose qui gigotait à l'intérieur du ventre d'Amanda, j'y croyais. Je réalisais que c'était réel. Plus que quand elle m'avait annoncé être enceinte. Plus que dans la panique, l'angoisse qui l'avait gagnée. Plus qu'en observant son ventre s'élargir de jour en jour et que, malgré ça, elle ne semblait pas y croire non plus. Plus qu'en ayant été évincé de précédent rendez-vous médicaux qu'elle avait préféré suivre seule. Oui, plus que tout ça. J'avais juste envie de chialer en voyant ce bébé. Pourtant je n'avais voulu y croire jusqu'au bout. Tout découvrir de lui. Garçon ou fille. Une erreur, une folie que je réalisais plus tard, mais pas trop tard.
Je voulais savoir. Je voulais que nous sachions, tous les deux. Ce que je ne savais pas comment lui dire. Et si elle ne le souhaitait vraiment pas ? Je ne voulais pas la forcer. Et si elle avait accepté, enduré cette grossesse dans l'incertitude, dans la peur, parce qu'elle n'avait pas eu d'autre choix ? Pour moi, peut-être. Parce que je m'étais foutu à genoux devant elle. Bordel. Tout ce que j'allais réussir à faire en ruminant ainsi dans mon coin, ce serait de perdre la carafe. Alors j'osais. Me foutant soudainement de tout. Impulsif, impossible, comme je savais l'être. Comme elle m'avait toujours connu et -aux dernières nouvelles- accepté. On a fait une erreur. Je pensais l'avoir sous les yeux, l'erreur, qu'elle serait évidente à deviner. Mais je me retrouvais avec un gâteau sous le nez. Une drôle d'odeur et une drôle de trombine que je remarquais enfin.
Je vis ses sourcils se froncer, son visage s'affoler et je réalisais l'ambiguïté de mes paroles. M'enfonçant malgré tout, je les répétais. Exactement de la même manière. Et quand je voulu l'étreindre pour en dire davantage, pour expliquer, elle recula. Un mécanisme de défense qui me brisait le coeur. Comment aurait-je pu lui vouloir du mal ? Comment aurais-je pu regretter quoi que ce soit, avec elle ? Elle me demanda si je parlais du bébé et je crus mourir. « Oui… Non ! Pas comme ça. » Oui, autant mourir, là, tout de suite. J'attrapais la photo que j'avais longtemps tenue puis échappée en bondissant du canapé pour faire part de ma révélation et la lui tendis. La belle affaire. Je n'étais qu'un pauvre fou. De quoi remettre en cause ma vocation. Le cadet de mes soucis à ce moment-là. Je n'étais qu'un fou, oui, l'avais toujours été. Fou d'elle. Et dans ma folie, je pointai du doigt la mention manquante. Là où aurait dû être indiqué ce que nous avions refusé de savoir. « Je crois qu’on aurait dû accepter, tu sais, savoir si c'est un p'tit ou une p'tite pirate. Oui j’en suis même sûr. » Mes yeux regardèrent droit dans les siens quand, au même moment, je tendis un bras vers elle, priant pour qu'elle ne recule pas à mon contact. Dans un réflexe des plus naturels, elle se posa sur son ventre arrondi. Lentement, d'une tendresse infinie. « J'ai peur tu sais. Je suis mort de trouille à l'idée de te perdre, de le perdre. Qu'on se perde nous. J'ai peur mais je crois qu'on devrait savoir quand même. Je veux y croire. Je veux qu'on l'aime, qu'on l'attende comme des fous. Qu'on lui donne un prénom. Il doit venir au monde avec un prénom. » Lui. Pas comme... Je voulais regarder ce ventre, ce berceau de vie et d'espoir sur lequel ma main reposait, mais n'arrivais pas à décrocher de ses yeux. Un voile passa devant mes cils, quand je réalisai qu'il s'agissait de larmes troublant ma vue, c'était trop tard. C'était si rare de parler de cet enfant que nous avions perdu. Que nous n'aurions jamais. Je ne savais comment réagir. Ni comment Amanda réagirait. J'étais vulnérable. Comme rarement. Comme seul Amanda me rendait vulnérable. Et je n'y pouvais rien. Avant que nous fondions tous les deux en larmes comme deux idiots, j'ajoutai, riant dans mes larmes. « Je pourrais rappeler le cabinet et on se gavera de gâteau en cherchant des prénoms. Si tu veux bien avoir foi, avec moi. » Dehors, l'hiver régnait. La neige tombait en couche fine, volatile. De quoi me donner encore plus envie de serrer Amanda contre moi. « Je suis sûr qu'on a assez de cookies pour tenir tout l'hiver, jusqu'à ce qu'on se mette d'accord. Je finirai probablement par te faire du chantage, nettoyer toutes les miettes de cookies sur le canapé si tu acceptes d'appeler notre p'tit pois Rackham le Rouge ou Anne Bonny, tu me diras que je suis impossible, irrécupérable et moi, je te répèterai à quel point je t'aime, encore et encore jusqu'à ce que tu me pardonnes. » L'idée me séduisait. J'espérais la séduire, elle. Elle et moi en hibernation sur ce canapé, dans son appartement que je ne quittais presque plus, presque un chez nous, à l'abris du blizzard enroulé dans un plaid à se chamailler sur des idées de prénoms, gagatiser sur des décorations ridicules, et tout un tas de niaiseries que font de futurs parents normaux. Que nous avions faites par deux fois déjà, pour Ava en premier. Ava qui rentrerait de l'école les moufles plein de neige. Elle serait tellement heureuse de nous retrouver la gueule enfarinée, enthousiastes en lui annonçant la nouvelle.

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