"Fermeture" de London Calling
Après cinq années sur la toile, London Calling ferme ses portes. Toutes les infos par ici I'll wear your name like a tattoo because I will die hating you [pv Adrian Friday] 2979874845 I'll wear your name like a tattoo because I will die hating you [pv Adrian Friday] 1973890357
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I'll wear your name like a tattoo because I will die hating you [pv Adrian Friday]

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() message posté Jeu 31 Mai - 22:34 par Invité
Sa matinée avait ressemblé à toute les autres, sans artifices, il était rentré au travail, avait pris son café et mis sa dernière composition dans le radio afin de la réviser au cours de son quart de travail puis le téléphone s'était mis à sonner. Les étudiants commencèrent à arriver. Les parents, même à l'université, s'impliquaient des fois trop dans l'éducation de leurs enfants. Les enseignants. Le train train quotidien. Il n'avait qu'une envie : disparaître. Juste... disparaître. En fumée, vapeur, dans un claquement de doigts ou de talons, il voulait le calme, puis le téléphone sonnait. Pourtant, il continuait à faire ce qu'il devait faire, sourire aux lèvres tant avec la clientèle qu'avec ses collègues. C'était une bien belle façade qu'il avait appris à cultiver au fil du temps.

Parfois, il avait de très bonnes périodes pendant lesquelles il avait envie de continuer, de remettre sa vie à l'heure, qu'il soit ou non avec Helga ou scotché à Jules*, d'autre fois il n'avait plus envie de rien. Il était enchaîné à Londres par son fils qu'il aimait pourtant plus que raison, mais il rêvait de Beijing ou de Rio de Janeiro. Las Vegas. Montréal. Johannesburg. Ou juste cesser tout. Il revenait chez lui, se couchait, jouait quelques notes avant peut-être, puis il ne faisait plus rien jusqu'à ce que le sommeil le gagne. Son psychiatre lui avait déjà dit qu'il devait combattre ces moments-là, Jules le lui interdisait aussi, mais il ne savait pas quoi faire. Rien ne lui disait. La veille, il avait soupé un doner kebab qu'il avait pris sur la route, puis il s'était affalé dans sa chambre pour le manger. Sa digestion lente et pénible l'avait rappelé à l'ordre au beau milieu de la nuit et il s'en résultait aujourd'hui d'un Jack cerné aux pensées un brin plus noires, encore.

Manger. Dormir. Travailler. Paris. La Havane. Calcutta. Tokyo.

Vers midi, il n'avait pas faim, donc il se leva pour aller casser la croûte avec des collègues. Pour une des rares fois, il décida de passer par la cafétéria de l'université. Les étudiants y fourmillaient, la tête dans les nuages de leurs compositions de toute sortes. Lui aussi, avait été un de ces étudiants aux yeux brillants. Ses brillants à lui étaient morts dans un putain de restaurant où personne ne l'avait écouté. Il en avait laissé quelques uns au Carnegie Hall quand il avait réalisé qu'il ne serait plus qu'un souvenir à présent, puis à Vienne. Sa Vienne à lui.

Ah! Vienne...


Jack les regardait, silencieux parmi ses collègues, de vraies bonnes agentes administratives qui avaient eu envie de pratiquer ce métier dès leur sortie du collège. De très bonnes agentes administratives. Elles parlaient de la joie de la semaine, soit une nouvelle photocopieuse qui leur permettaient un plus grand volume d'impression plus rapidement. Une foutu machine. Une foutu machine.

Quand elles furent prêtes à partir et commencèrent à se laisser tenter par leurs puants bâtons de nicotine - autre joie de la semaine, à toute les semaines - elles se rendirent compte que, trop lunatique, Jack n'avait pas fini son bon repas de cafétéria. Il s'excusa à elles et leur dit qu'il allait les rattraper plus tard quand elles auraient terminé de fumer entre copines.

Il termina son repas parce qu'il le devait, il l'avait payé, puis il se leva, sourit machinalement à quelques étudiants qu'il "connaissait" avant de reprendre le chemin des bureaux. Les étudiants lui brûlaient les sens, aujourd'hui.

Tel Monsieur Scrooge, il craignait la joie, la fuyait, refusant catégoriquement de s'en imprégner même d'une miette. Ils pouvaient garder leurs étincelles, lui n'en avait plus besoin.

Pressé de sortir de la cafétéria, il ouvrit la porte sans trop regarder qui se trouvait derrière, voir si même quelqu'un se trouvait derrière et comme de fait, il heurta durement quelqu'un.

Son sang se glaça dans ses veines à la seconde où il reconnu le visage de celui qu'il venait de frapper par inadvertance.
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() message posté Ven 1 Juin - 4:26 par Invité
II remplaçait plus rarement qu’il ne le souhaitait à la faculté d’histoire, à son plus grand dam. Trop de professeurs refusaient de prendre leur retraite, lui avait-on dit. Mais on lui avait assuré, avec des sourires fades, qu’avec son excellente thèse sur l’impact des restrictions morales, des explosions des mœurs déviantes de la fin du 19e siècle et de leurs impacts sur l’imaginaire populaire et littéraire et ses antécédents d’enseignement, au St-Joseph College, il serait le prochain sur la liste, pour un poste. Tant qu’il accepterait les remplacements de dernière minute, comme toujours.
Bien sûr, il avait omis de leur préciser qu’il avait été licencié du St-Joseph College. Mais il enseignait à des adultes maintenant, non? Ils avaient lu bien pire que le Parfum de Süskind.

On l’avait réveillé à 7h05 du matin alors qu’il avait encore la tête dans un étau, à cause de l’alcool de la veille. Le cours commençait à 8h. Le professeur, un vieillard de 70 ans, s’était cassé la hanche en glissant dans un escalier mal éclairé, à l’aube du jour. Un remplacement de fin d’année dans une classe qu’Adrian connaissait déjà un peu. Un cours sur le Siècle des Lumières. L’homme s’était levé en catastrophe, avait mis ses lunettes, une chemise et un pantalon froissé, un veston un peu élimé et était parti en courant vers la station de métro la plus près, plus échevelé que jamais.

« Harold… Harold Gerald Alastair Pratt… Jr. »

Il avait accentué le junior plus que de raison. Peut-être en espérant une réaction quelconque. Toujours pas de réponse. Adrian regarda les étudiants dans l’auditorium hausser les épaules. Une des professeures du département l’avait averti en douce, avant le cours. « Vous avez coché « absent » la dernière fois. Ne faites que cocher « présent » Monsieur Friday. C’est tout ce qu’on nous demande. Et puis… ce n’est qu’un cours complémentaire, pour lui, après tout. Il… il ne vient jamais en classe. Jamais. Et Mrs. Pratt est une des plus importantes donatrices de l’Université. Elle est aussi énormément impliquée financièrement au British Museum… Croyez-moi. Ne faites que cocher présent, d’accord? »

Et Adrian avait coché présent, avec amertume. Malgré les politiques sur les absences du département. Malgré qu’il croyait fermement qu’une présence en classe était nécessaire pour réussir ce cours. L’histoire se racontait, elle s’interprétait, elle se fondait aux leçons du présent et aux voix des autres. Elle ne s’étudiait pas par cœur dans les livres. Il ravala sa fierté et passa à la présence suivante. Qu’est-ce qu’il ne fallait pas faire pour avoir un poste illusoire, hein?

Le cours s’était passé sans trop d’encombre. Le professeur Reed préparait très bien ses cours, il fallait bien lui donner cela. Les étudiants remirent peu à peu leurs travaux du trimestre et une adjointe administrative du secrétariat de la faculté interrompit les derniers cinq minutes du cours pour s’assurer de remettre en main propres l’enveloppe contenant la plume de l’Homme invisible en personne. Adrian soupira. Quel gâchis, vraiment.

Il devait bien être presque 13h lorsque le chargé de cours de résigna à quitter l’auditorium. Il devait être présent pour répondre aux questions éventuelles des étudiants dans l’après-midi, en vue des examens imminents de fin d’année. Il avait, bien sûr, oublié son déjeuner. Avait-il vraiment les moyens de se payer à manger à la cafétéria? Non… Bien sûr que non. Le dernier dépôt bancaire du centre où logerait sa mère passerait demain et son compte en banque tanguait dangereusement vers le néant.

Adrian n’avait pas eu le temps de prendre de petit-déjeuner. Son estomac se plaignait avec lourdeur. Mais une tasse de thé suffirait, non? Il avait du thé noir et du citron, à la cafétéria… ça ne coutait pas grand chose. Il tiendrait bien jusqu’à 17h, si?

La cafétéria était toujours bondée, à toute heure du jour. En chemin, la liasse de travaux sous le bras et une tasse de thé fumante en main, il croisa un groupe de secrétaires qui finissaient sans doute leur pause-déjeuner. Il reconnut celle qui était venu lui porte cette sacrosainte enveloppe. Elle lui fit un clin-d’œil. Il se détourna, tout rouge, et prétendit explorer les travaux qu’on lui avait remis. L’enveloppe attisait sa curiosité. Encombré, il réussi de peine et de misère à l’ouvrir sans renverser son thé et parvint à survoler les pages, tout en marchant vers la salle à manger. Reed était un professeur brillant. Il savait qu’imposer un sujet était parfois vain et avait laissé le thème du plus important projet de l’année complètement libre, à condition qu’il aborde les accomplissements et les ombres du siècle des lumières. Pratt avait choisi Mozart. Mozart, vraiment? Pour un gosse de riche voué à la finance ou à-on-ne-savait-pas-trop-quoi?

Fasciné, il survola l’introduction et l’idée principale avec ébahissement. Cet éternel absent avait vraiment une plume splendide et une idée de synthèse bien équilibrée. Et… il retourna la première page. À l’endos, il y avait des notes du musique manuscrites et des paroles. Et des biffures. Beaucoup de biffures. Sur tout l’envers des pages. Rien à voir avec Mozart ni avec le 18e siècle, vraiment. Jules* aurait pu lui expliquer, il le savait. Elle connaissait bien le milieu. Elle connaissait le milieu, oui. Elle aurait pu lui dire ce que ces pattes de mouches, tracées avec frénésie signifiaient. Peut-être pour lui donner un aperçu de qui était l’Homme Invisible qui se cachait derrière…

Adrian fronça les sourcils et s’apprêta à tirer distraitement la porte en face de lui.

Mais la porte, comme animée d’une volonté propre, s’ouvrit et le frappa en pleine poitrine. Thé et papiers s’éparpillèrent sur le sol. Les notes indéchiffrables se brunirent. Adrian leva la tête pour affronter l’intrus.

Jack. Jack Thatcher.

Tout le corps d’Adrian se raidit et il leva la tête pour mieux surplomber de toute sa taille l’ex-mari de Jules. Depuis combien de temps n’avait-il pas jeté le regard sur cette épave? Six mois, un an? Pourtant, son visage revenait le hanter chaque jour de sa vie. L’homme qui lui avait volé sa meilleure amie. L’homme qui avait fait encore et encore pleuré celle qu’il aimait. L’homme qui avait surnoisement détruit leur amitié.

Pendant des années, Adrian avait tenté de faire comme si de rien n’était. De simplement ignorer le comportement paranoïaque de Jack. De soutenir sa meilleure amie et de se distancer  le plus possible d’elle pour apaiser le tumulte de leur relation. Il avait tenu le coup lorsque Jack l’avait accusé de séduire vicieusement son épouse. Il avait tenté de rester calme lorsque Jules s’était effondrée en pleurs lorsque Thatcher avait hurlé, lors d’une crise abominable que Carl était sans doute le fils d’Adrian (le fils d’Adrian, bon dieu!! Non, mais… il regardait son propre fils, parfois?) alors qu’il ne l’avait jamais touchée et enviait leur bonheur en silence. Tout ça pour Jules*.

Mais Jules* n’était plus là.

Plus là pour défendre Jack. Ni là pour arrêter le fiel qu’Adrian avait accumulé, après toutes ces années. Un rictus froid s’installa sur les traits timides d’Adrian alors qu’il regardait en silence, sa promotion de professeur se tacher de thé, sur le sol.

Il sourit, d'un air faussement mondain.

« Oh! Jack! Toujours aussi maître de toi, à ce que je vois. Comment va ton épouse et ton fils?»
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() message posté Sam 2 Juin - 5:20 par Invité
Avant de mourir, le cerveau nous renvoie les images de ce que nous avons vécu de plus beau dans notre vie dans un dernier effort avant de s'éteindre comme il reste actif bien après l'arrêt des fonctions vitales. Souvent, les gens ayant vécu des expériences de mort imminentes parlent d'un long tunnel, mais l'on dit qu'en fait, on voit souvent nos enfants avant de s'éteindre, quand on en a.

Jack, quand il vit devant lui Adrian Friday en chair et en os figea et revit son fils. Revit Jules*. Revit les dernières années de sa vie en un éclair. Ses crises de jalousie. Il se revit non pas sans honte empreint de ce sentiment (infondé?) d'avoir été trompé, berné par Adrian Friday, le meilleur ami de son ex épouse.

En fait, avec Jules*, c'est quelque chose de quoi ils ne parlaient plus, Adrian. Chaque fois qu'il était mentionné, c'était Jack qui en parlait dans une sorte d'effort de racheter toute la tourmente qu'il lui avait fait vivre le concernant, mais elle ne mordait jamais à l'hameçon, sachant très bien comment tout cela allait se finir. Il n'était jamais bon de réveiller ce genre de conversations avec Jack et elle ne le savait que trop bien.

L'air suffisant d'Adrian suffit pour ranimer le feu qu'il avait fini par enfouir au plus profond de lui par compassion pour Jules*. Puis, ses paroles eurent l'effet du kérosène sur ladite flamme. Il aurait souhaité avoir une caméra pour le filmer, enregistrer sa voix, afin de prouver enfin à son ex femme ce de quoi il était capable. Sûrement, pour l'idéaliser comme elle le faisait, n'avait-elle jamais assisté à ça, n'avait-elle jamais été dans la mire de ce regard qu'il lui lançait. Non, elle ne le connaissait pas comme ça, sinon elle l'aurait sans doute haï autant que lui le haïssait.

Jack ne se pencha pas pour l'aider à ramasser ses papiers, comme il aurait fait pour toute autre personnes sur terre.

" Demande leur si tu veux le savoir. "

Sa réponse était plus sèche qu'il ne l'avait voulu. Après tout, il avait bien cru et croyait encore qu'Adrian aurait voulu avoir sa famille, dans la vie.

Toutefois, s'il était bien heureux de voir le thé d'Adrian renversé un peu partout sur ses documents et sa personne - avec un peu de chance, il était bouillant... - , il fut prompt à remarquer la nature des documents qu'il portait avec lui. Après tout, le voir dans une université n'avait rien d'étonnant car ils étaient de la même espèce. Mais le voir avec des travaux d'étudiants avait une toute autre portée.

Un poste. Ça voulait dire un poste. Ou encore un chargé de cours qui faisait la girouette, avec un peu de chance, mais dans le pire des cas, il était enfin professeur. Son égo en prit un gros coup.

Peu importe comment il s'appelait, Dieu, Yhwh, Allah, Bouddha... ce mec (ou peu importe le genre) lui en voulait. Déjà, son existence lui était lourde, si en plus son ennemi juré dans cette vie et la suivante avait un poste avant lui, bloody hell, il n'était pas sorti du bois. Ou plutôt il n'avait plus trop envie d'en sortir. Ou il ne savait plus, mais ça le contrariait.  

"D'ailleurs, félicitations pour ta promotion, tu rejoins enfin les deux bouts? Fini les emprunts?" dit-il d'un ton édulcoré.

C'était un coup qu'il savait en bas de la ceinture, mais Jack fut heureux de le lui porter. Après cette introduction et cet air condescendant qu'il venait de lui servir, il lui devait bien au moins ça.

Oh oui... il se rappelait bien ces fois où Adrian sortait de chez lui la queue entre les jambes avec quelques billets que venait de lui prêter généreusement Jules*. Au début il avait eu de la compassion pour le pauvre diable, avait même accepté que le montant soit pris du compte conjoint, mais après un moment, il avait dû demander à Jules* que tout cela cesse. Elle avait continué, bien sûr, mais son argent n'y avait plus été impliquée à partir de là.

Jack ne leva pas le petit doigt pour l'aider à ramasser les papiers imbibés de thé. Le plus ils macéraient dans le liquide chaud, le mieux c'était. En fait, il rêverait sûrement ce soir de ces explications que devrait fournir Adrian à qui de droit le moment venu de rendre les copies brunies et ondulées.
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() message posté Lun 4 Juin - 7:51 par Invité
Demande-leur, si tu veux savoir.

Oui, demande-leur, Adrian. Demande-leur comment ils vont après que ta propre mère les ait humiliés tous les deux, en leur criant toutes sortes d’insanités, au bon milieu d’un supermarché bondé. Demande à Jules* comment elle va après s’être fait traiter de pute et de trainée. Demande-lui comment elle va, après que ta mère ait hurlé des choses que qu’elle, ta meilleure amie, t’avait dit tout bas, à l’oreille.

Demande-lui de te raconter de quoi tu avais l’air, devant sa porte, à pleurer et à brailler des sentiments dont elle aurait très bien pu se passer. Demande-lui de te décrire l’odeur rance de l’alcool et de sueur que tu dégeageais, à ce moment-là.

Et demande à son fils comment il sent, après que celui en qui il avait confiance – plus que son propre père sans doute - disparaisse, du jour au lendemain, sans donner aucune nouvelle. Demande-lui. Est-ce que Jules* lui a dit qu’il était allé s’acheter un paquet de cigarette?


Adrian eut le vertige et perdit toute sa contenance. Les gens les houspillaient un peu. Ils bloquaient le passage mais Adrian ne les entendait plus. Il ne sentait plus la brûlure du thé sur sa peau. Il revoyait Jules* en boucle dans sa tête, le visage déformé de colère, lui dire de ne plus jamais l’approcher ou la contacter.  Il s’adossa au mur pour laisser le passage et regarda les feuilles gribouillées de musique et tachées de thé devant lui d’un air absent. Il se fichait bien des accusations de Thatcher sur les divers emprunts qu’il avait effectués au cours des années.

Jack n’avait aucune idée de ce que Jules et lui avait enduré, dans leur enfance. Il n’avait aucune idée de ce que c’était, de ne pas manger à tous les jours. Il n’avait pas idée de la terreur que pouvait engendrer un vrai mauvais père. Il n’avait pas la moindre idée de l’état mental de la mère d’Adrian ni des sacrifices que son fils avait fait pour qu’elle puisse au moins avoir des vieux jours décents. Adrian avait tout remboursé, au centime près. De quoi cet homme avait-il à se plaindre? Et quelle promotion? Mais de quoi parlait-il, bon dieu? De sa présence ici? De ces matinées, de ces après-midis à regarder le téléphone dans l’espoir qu’un collège qu’un lycée ou une université pense enfin à lui, histoire que sa mère ait des soins décents et qu’il ne se retrouve pas à la rue?

« Bien sûr, les emprunts, Jack, les emprunts… Parce que tu sais ce que c’est, n’est-ce pas, de devoir s’occuper de quelqu’un d’autre que ta personne? Tu sais ce que c’est, d’avoir la responsabilité d’une personne à charge, sur tes épaules? Est-ce que Jules vient encore faire ton lavage, ton ménage et la cuisine? Depuis quand as-tu passé un apres-midi seul avec Carl, hein? Tu sais quel jeu vidéo ton fils préfère, au moins? Tu sais c’est quoi sa matière préférée, à l’école? »

Il secoua la tête d’un air navré et se baissa pour ramasser l’œuvre de l’éternel absent, Mister Pratt en personne. À l’endos des pages, l’encre avait commencé à diluer et les notes de musiques gribouillées s’étaient, par-ci, par-là entrelacées au point de devenir à peine déchiffrables. Il ignorait la qualité de ces partitions. Hormis peut-être que la dernière page semblait être une version finale, moins biffée que les pages précédentes et mieux écrites.

Il les mit sous le nez de son adversaire, avec une moue navrée.

« Eh bien, Jack… il faut croire que tu ne t’arrêtes pas seulement à saboter ta propre musique. Tu détruis aussi celle d’autrui. »
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() message posté Ven 8 Juin - 22:53 par Invité
De toute évidence, Adrian avait été lourdement triggered par sa façon de lui répondre, comme quoi Jack avait tout de suite enfoncé son poignard à la bonne place. En fait, d'un oeil extérieur, la réaction était beaucoup trop grande et trop personnelle. Il en savoura chaque secondes. Bien sûr qu'il savait quel jeu vidéo il préférait, il le lui avait acheté avec son maigre salaire. Jules* avait été assez généreuse pour prendre soin de lui quand il avait été frappé par la maladie mentale, puis il ne perdait pas une occasion de la remercier. Comme Adrian et sa mère, quoi. Jules était d'entre tous sa plus précieuse amie, à présent, à défaut d'être encore sa femme. Puis la semaine passé, il était allé chercher Carl deux fois à l'école pour libérer Jules* et lui avait fait faire ses devoirs. Il était un mauvais père, certes, mais on ne pouvait pas dire qu'il ne faisait pas tout pour se débarrasser de ce spectre.

Mais essayait-il non seulement assez fort...?


Il y avait une certaine vérité dans les mots d'Adrian, mais il fut facile pour Jack de les chasser de sa tête comme il s'agrippa à cette partie qui comptait maintenant comme des victoires. Il avait remonté la pente, mine de rien. Un peu. Oui, il avait remonté. La lumière se voyait de mieux en mieux au bout du tunnel.

Elle était si loin...


Mielleux encore une fois, il afficha un air faussement surpris. Ses yeux ne pouvaient cacher son mépris, mais le gros bout du bâton, c'était lui qui l'avait cette fois-ci enfin.

" Tu es bien agressif Adrian... je ne faisais que te demander si tu t'étais remis depuis que tu es professeur, est-ce que je t'ai blessé? "


Jack ne se pencha pas pour aller l'aider de peur de salir ses vêtements, mais aussi parce que plus ses documents restaient longtemps par terre à macérer dans le thé, plus ils s’abîmeraient.  

Adrian eut vite fait de lui montrer, au travers des copies d'étudiant fichues, celles d'un musicien qui avait écrit à l'endos de son travail. Ses mots étaient cuisants.

Touché.


S'il avait apprivoisé la situation dans laquelle il était face à sa famille, son rêve en charpie lui était encore tellement sensible à aborder. Il y croyait encore. C'était si compliqué de se dire adieu, mais personne ne voulait de Jack Thatcher le musicien. On voulait de tout de lui, sauf de ce pourquoi il respirait, outre Carl. Car après tout, il était la raison pour laquelle il ne décollait pas vers ces pays où sa carrière pourrait enfin décoller.

Il posa son regard sur les copies pour constater que l'entre des partitions du musicien se mélangeait, la rendant tout simplement illisible. Pour le peu qu'il en vit, il s'agissait d'une partition pour piano. Les quelques notes qu'il aperçu tintèrent dans sa tête comme s'il les lisait comme on lit une langue parlée. C'était bien joli...

Puis ses yeux allèrent rencontrer ceux d'Adrian.

" C'était à lui de ne pas les laisser dans les mains de quelqu'un d'autre que lui-même. Il a ce qu'il mérite, c'est plate mais c'est comme ça. Mes partitions, elles, sont dans un cartable à la maison. Puis les travaux de tes étudiants, eux, vont dans une pochette pour les protéger des portes battantes, par exemple... qu'en dis-tu? Si j'étais toi, mate, je songerais à investir dans quelques classeurs de plastique et dans un cours de méthodologie, si tu veux t'attaquer à l'enseignement. Ça t'aiderais, conseil d'ami. Un accident est vite arrivé, comme tu peux le constater."

Dédaigneux, il s'éloigna d'un pas vers l'arrière en vérifiant qu'aucune goutte de thé n'avait atteint sa chemise parfaitement pressée, son veston sport ou son chino, comme un chat qui se lèche le flanc après avoir été contrarié. Il rouvrit la porte de la cafétéria, ses souliers cirés claquant sur les dalles du corridor. Une goûte de thé perlait sur la cire d'une d'entre elles.

"Je vais te chercher du papier essuie-tout avant que tu ne te salisses davantage? "
dit-il dans une autre tentative d'affirmer sa place comme étant the good guy dans toute cette histoire. Surtout vu l'attitude agressive d'Adrian. Il espérait presque que les quelques curieux qui les regardaient faire sortent leurs smartphones. La suite pourrait être intéressante.
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