"Fermeture" de London Calling
Après cinq années sur la toile, London Calling ferme ses portes. Toutes les infos par ici Showtime ♪ Alinael - Page 3 2979874845 Showtime ♪ Alinael - Page 3 1973890357


Showtime ♪ Alinael

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Nathanael E. Keynes
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() message posté Lun 25 Juin - 10:38 par Nathanael E. Keynes
Ses doigts enlacent les miens, qui lui rendent presque trop naturellement leur étreinte, et je savoure la caresse timide qui effleure ma peau en silence. Je sais pas où on va, ce que ça va donner, tout ça, mais... On verra bien, n'est-ce pas ? C'est ce que je me répète, de toute façon c'est un peu tard pour que je prenne la fuite, je me ferais plus de mal qu'autre chose à présent, et j'en ai plus la moindre envie. Peut-être que c'est justement parce que je sens bien qu'on est aussi perdus l'un que l'autre que je me laisse aller, accepte de naviguer dans cet inconnu qui pourtant me fait largement flipper. J'ignore ce qu'il a entendu dans le secret du bureau de son père à mon sujet, mais je n'en serais pas vraiment surpris, je sais bien ce que mon père pense de moi, et je ne doute pas vraiment qu'il en soit de même pour le sien. J'imagine aussi très bien comme ce doit être lourd pour lui, d'être encore emprisonné là-dedans. Je me demande soudain si son père est au courant pour sa séropositivité, mais je suppose que non. Un Pratt, comme un Keynes, ne pourrait décemment pas tolérer une "tare" pareille, n'est-ce pas ? Foutaises. Ca n'a pas d'importance, de toute façon. Qu'ils aillent au diable avec leurs idées sectaires et rétrogrades. Je veux même pas penser à eux, juste à nous, à nos deux mains nouées, nos visages tout près l'un de l'autre, à cette même envie de prolonger la magie de cette soirée qu'on n'aurait sans doute pas imaginée il y a seulement quelques semaines.

« Conduire ?! À une heure pareille et avec tout cet alcool qu’on a bu ? Tu habites où ? À l’autre bout du monde ? »

J'éclate de rire à la mention du bout du monde, typique de ceux qui ne jurent que par le centre de Londres (et à vrai dire, je n'avais pas vraiment un avis différent avant d'aller vivre à Shoreditch). Mes grands-parents dans Hampstead vivaient déjà au bout de la terre dans mon esprit... J'ai légèrement changé d'avis à ce sujet depuis quelques temps...

«  Juste de Londres, j'habite dans White City, vers Hammersmith.
- J'habite à deux minutes d'ici. »


Je hoche la tête, ne refusant clairement pas l'idée d'éviter de prendre ma voiture. Ce ne serait pas la première fois que je la prendrais pas complètement sobre, mais j'évite généralement de boire après une certaine heure, histoire de laisser à mon corps le temps d'éliminer un peu avant de prendre la route... Ce que je n'ai pas fait ce soir, donc, et qui pourrait en effet poser quelque problème...

« On peut… on peut s’installer sur le canapé chez moi, avec un verre, mettre un disque, discuter et… et voir où ça nous mène ?
- I'd love that. »


Lui, moi, un bon verre, de la musique. Aucun moyen que je refuse ça, d'autant moins que prendre le volant ne serait clairement pas très prudent, et les transports en communs... pas envisageables pour moi. Je finis mon verre, le laisse vider le sien avant de ramener les deux contenants vides derrière le bar et de les laver puis les ranger histoire que tout soit en ordre pour demain. Un coup d'oeil à la scène et je repose le regard sur lui.

« On peut laisser ton piano avec ma guitare dans les coulisses si ça te va ? On viendra les récupérer demain... »

Ce qui sous-entend qu'on finisse la nuit ensemble, ce dont j'ai clairement très envie, mais je me rends même plus vraiment compte que ça pourrait dans l'absolu ne pas être son cas. A vrai dire, je crois qu'on en est au même point tous les deux, à ne pas savoir trop comment les choses vont évoluer, mais à n'avoir aucune envie de laisser l'autre s'éloigner. Quant à la question de la sécurité de son instrument... Je laisse ma précieuse guitare en backstage, ça donne un ordre d'idée, non ? Alistair me voit d'ailleurs enclencher l'alarme, puis fermer à clefs, après avoir fait le tour du bar trois fois pour m'assurer que tout était en ordre et sécurisé... Je suis prudent, ouais, peut-être un peu trop parfois, hum...

Quelques minutes plus tard, donc, on se retrouve en bas de son immeuble, et je pince les lèvres, passe une main nerveuse dans mes cheveux.

« Hum... T'es à quel étage, dis-moi ?... »

Marrant comme je sens qu'il va falloir que j'explique que les ascenseurs et moi, on n'est pas copains...
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Alastair H. Pratt
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() message posté Lun 25 Juin - 19:58 par Alastair H. Pratt
Il laissa Keynes faire la routine de fermeture et s’adossa au mur extérieur du bar pour fumer une cigarette et s’éclaircir les idées. Son clavier électronique était bien le dernier de ses soucis, en ce moment. Le désir bouillonnait dans son sang et s’était emparé de son esprit pour mieux imaginer les mains et la bouche de Keynes sur lui. L’inquiétude le terrassait aussi. Il se souvenait trop bien de cette crise de panique qui l’avait complètement paralysé des semaines plus tôt, dans les bras de Derek. Il se souvenait du manque d’air dans ses poumons et de la manière froide et méchante dont il avait éconduit le pauvre garçon. Il se souvenait aussi de la terreur qu’il avait ressenti en le retrouvant drogué et tabassé dans une ruelle et des flashbacks que tout ça avait engendré depuis.

Il ne voulait pas de ça ce soir.
Non. Il ne voulait que de Keynes dans ses bras.

Lorsque Nate sortit enfin du bar, Alistair lança son mégot de cigarette sur le trottoir et fit un demi-sourire à Keynes et lui prit la main pour traverser vers le square en face d’eux. Ils longèrent l’immense soulier de plomb dans un silence paisible pour rejoindre Lower John St d’un pas tranquille. Seuls comptaient la brise fraîche qui lui rafraichissaient les joues et la main chaude dans la sienne. Quelques passants circulaient encore et ne firent pas attention à eux.

Ils arrivèrent au coin de Brewer et Air St, face à un immense édifice luxueux de style néoclassique en brique blanches, construit au début du siècle précédent. Alistair lâcha la main de Keynes, un peu mal à l’aise pour sortir son trousseau de clés et lui lança un coup d’œil d’excuses.

« Tu imagines bien que mon père n’est pas au courant de mes fréquentations … et le portier est bavard avec lui, je le sais. »

Il eut un peu honte. Keynes lui ne s’était pas caché pour vivre son amour au grand jour et avait tenu tête à son père même quand les coups avaient plu sur sa tête. Les photos du visage de Keynes après l’agression lui revinrent à l’esprit. Comment dire à Nate que tout cette comédie ne durerait pas très longtemps? Qu’avant la fin de l’été, il se retrouverait dans la même situation que lui, à l’époque? Qu’il se préparait à tout perdre et à y laisser toutes ses plumes pour n’être que lui-même? Le petit ami de l’époque lui revint aussi en tête. Que lui était-il arrivé, à celui-là? Mais Alistair ne voulait y penser. Pas ce soir!

Keynes s’arrêta net, devant la porte de l’immeuble, le visage pâle, en levant la tête nerveusement vers le haut de l’édifice. Le pianiste eut un doute. Est-ce lui qui allait s’enfuir, cette fois-ci? À cause du fait qu’il n’avait pas encore fait de coming-out? Il suivit le regard de Keynes de l’entrée au dernier étage et éclata de rire, un brin soulagé. Si ce n’était que ce qu’il pensait… Il lui fit un signe rassurant.

« Au quatrième étage. Il y a un ascensceur ultra-moderne et… et de bons vieux escaliers bien solides qui ont survécu même aux bombardements de la Deuxième Guerre Mondiale. Tu choisis. »

Il guida son compagnon dans l’immense lobby de l’immeuble et ignora le signe de tête du vieux portier qui le regardait se diriger vers la cage d’escaliers, en fronçant les sourcils. Les vieux escaliers en bois massif n’avaient pas été rénovés, eux. L’usure des milliers de pas qui les avaient franchis, en plus d’un siècle étaient bien visibles, de ça et là et les grains de poussière flottaient de partout, sous la faible lumière du grand lustres, tout en haut. Depuis combien de temps n’avait-il pas grimpé ces escaliers. Il rit doucement et entama leur ascension vers sa tanière.

Il fit signe à Nate d’entrer dans un immense appartement qui semblait s’être figé dans le temps. Des boiseries d’acajou, une cheminée sculptée dans le mur du salon, de grandes bibliothèque, de vieux fauteuils tout droits sortis des années 30 n’attendaient que de les accuillir en tout confort. Le jeune homme fit signe à son invité de leur choisir une place avant de poser ses clés sur la table basse du lobby et de se diriger vers une immense armoire de chêne, dans le fond du living room. Il en sortit deux verres et une carafe qu’il posa sur la table basse. Puis, il sortit un vieux 33 tours d’une des bibliothèque et le déposa minutieusement sur le tourne-disque, près d’une des fenêtres et y déposa l’aiguille avec tendresse. La voix et la guitare de Bob Dylan inondèrent le salon.

Lentement, il vint s’asseoir aux côtés de Keynes et lui sourit, sans rien dire, plus nerveux et plus fébrile que jamais.

Oui, qu’allait-il se passer, maintenant?
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Nathanael E. Keynes
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() message posté Lun 25 Juin - 23:09 par Nathanael E. Keynes
Sa main a presque naturellement, trop peut-être, trouvé la mienne quand je suis ressorti du bar pour le rejoindre dans la rue, et ne l'a pas quittée jusqu'à ce qu'on arrive devant son immeuble. Je connais le quartier par coeur, et donnerais l'adresse sans même avoir réellement prêté attention au trajet effectué, pour la simple et bonne raison que mon esprit est accaparé par cette réalisation : le naturel de ces gestes, la simplicité du moment. Quelque chose que je n'ai jamais vraiment pu partager avec Tyler, puisqu'il n'acceptait que difficilement les démonstrations d'affection, et qui me laisse quelque peu songeur sur l'instant... Avant que mes pensées soient toutes accaparées d'abord par ses doigts se délestant des miens, mais surtout, l'instant suivant, par la hauteur du bâtiment. Et les excuses d'Ali concernant la distance qu'il impose temporairement entre nous sont appréciables, mais guère nécessaires en réalité.

« Tu imagines bien que mon père n’est pas au courant de mes fréquentations … et le portier est bavard avec lui, je le sais.
- Je me doute... Jebediah n'était pas mieux... Il l'est sans doute toujours pas. »


Le passé n'est pas vraiment d'usage, il est sans doute toujours ainsi, sauf que je ne suis plus là pour le voir, ni en pâtir. Ali a toujours un portier sur le dos, lui, et je comprends parfaitement qu'il prenne ses précautions tant qu'il n'est pas prêt à affronter le rejet et l'ire de son paternel. Ca n'a pas été une mince affaire pour moi non plus, j'ai mis des années à faire face à mon géniteur, alors je ne me permettrais certainement pas de juger son attentisme. D'autant moins quand on voit comment ça s'est terminé pour moi...

En revanche, si je ne suis pas à l'aise à l'instant, c'est pour un tout autre sujet, qui génère un rire franc de la part de l'autre gosse de riche. Ouais vas-y fous-toi de moi, tiens !

« Au quatrième étage. Il y a un ascenseur ultra-moderne et… et de bons vieux escaliers bien solides qui ont survécu même aux bombardements de la Deuxième Guerre Mondiale. Tu choisis.
- Comment dire... Je suis pas très copain avec les ascenseurs, même ultra-modernes... »


Avec tous les lieux clos en fait, mais j'imagine que j'ai pas trop besoin de le préciser, si ? Quoi qu'il en soit, on est entrés dans le hall qui me rappelle très fortement mon ancienne vie, et j'ai toutes les peines à résister à l'envie de me payer la tronche du portier, mais je m'efforce de reprendre un air plus digne que ce que mon vieux jean, mon t-shirt et mes bracelets de force laissent imaginer. Des restes de bonne éducation qui contrastent avec la touche que j'ai, les cheveux encore en bataille, et à peine secs...

Je nous ai lancés dans un petit effort supplémentaire, pour la peine, avec l'ascension de ses quatre étages à pied, mais ça me pose personnellement pas vraiment de problème. Et je l'entends rire devant moi comme il ouvre la marche, secoue la tête, un petit sourire sur les lèvres. Si bien que quand il ouvre la porte de son antre au quatrième étage, je m'arrête à sa hauteur un instant.

« C'est pas beau de se moquer... »

Ceci dit sur un ton badin avec un grand sourire sur les lèvres. Je tourne ça en dérision, même si en réalité, j'en suis pas super fier, même vraiment pas du tout. Mais j'y peux rien, c'est plus fort que moi, je suis incapable de rester calme dans des endroits clos, et il faut très peu de temps pour que je perde mes moyens. Et encore, là, j'ai eu le choix... Il m'a pas vu en crise de panique à pas pouvoir gérer l'enfermement, genre à la Scala par exemple... Une expérience dont je me serais bien passé, et dont je n'ai pas vraiment envie de parler.

Je découvre alors son appartement avec un sourire un peu triste. C'est évident que ce n'est pas "chez lui" dans le sens où rien ici, à part la présence de whisky et de vinyles, ne lui ressemble réellement. A moins que je me fasse des idées ? Je ne crois pas, mais je me garde de faire des commentaires, parce que là encore, je visualise assez bien le concept. Il est encore chez eux, après tout. Je l'observe comme il dépose deux verres et une carafe sur la table basse face à moi avant de mettre en route un tourne-disque et que la guitare et la voix de Dylan n'emplissent la pièce. Je me suis affairé à nous servir, pendant ce temps, si bien que lorsqu'il vient s'asseoir près de moi, un sourire embarrassé sur les lèvres, je lui tends un des deux verres : de quoi lui donner une contenance, tout autant que moi.

Et si d'un côté, je n'ai pas vraiment envie de trop m'étendre sur ma phobie, c'est malgré tout le premier sujet qui me vient à l'esprit pour briser le silence qui s'installe - Bob Dylan excepté.

« Bon et bien... Voilà. Tu connais une de mes tares, maintenant. Pas trop déçu ?... »

"Une de mes", oui, parce qu'il n'y en a pas qu'une... Je me fais la réflexion que de mes bizarreries, il ne connaît encore que celle-là, mais... Mon végétarisme, mon allergie aux chats - et mon affection paradoxale pour ces bestioles - ma maniaquerie... Hum... Mouais pas tout en même temps, hein, il découvrira le reste bien assez tôt. J'ai pas vraiment envie de donner une si "mauvaise" image de moi au type qui me plaît et avec lequel j'ai clairement envie de finir la nuit - et sans doute pas que celle-ci d'ailleurs.

Je me doute évidemment pas, alors que je finis par porter son verre de whisky à mes lèvres, qu'en terme de crise de panique, je suis pas le seul à pouvoir partir en live en une seconde... Et encore moins que mes gestes, comme je repose finalement mon verre, cédant à l'envie de goûter encore ses lèvres et de sentir son corps sous mes mains, pourtant emprunts de douceur, une main dans son cou, l'autre s'égarant le long de son flanc, puissent justement être à l'origine d'une incontrôlable terreur pour lui...
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Alastair H. Pratt
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() message posté Mar 26 Juin - 8:32 par Alastair H. Pratt
Le regard de Keynes glissa sur les boiseries et sur les imposants fauteuils qui ornaient le living room avait un air blasé et un peu triste. Probablement qu’il y reconnaissait un peu sa cage dorée d’autrefois. Cette tentative d’avoir une identité au travers de tout le peedigree absurde qu’il fallait respecter. Alistair se souvenait de la première fois que son père lui avait montré, non sans un certain dégoût, cet appartement. Alistair venait d’être renvoyé d’Oxford et de Cambridge et était inscrit, au trimestre suivant à l’Université de Londres. Le vieux lui avait promis de complètement tout refaire, comme dans leur luxueuse résidence de Notting Hill. Des murs blancs aseptisés, de l’innox et une odeur d’eau de javel partout. Comme le rêve des années 2000. Le Vieux Con trouvait ça élégant et moderne. Alistair s’y était opposé bec et ongles. On n’avait rénové que la cuisine, la salle à manger et la salle de bains qui s’affublaient de tous les éléments que ses parents adoraient. Excellent compromis puisqu’Alistair y passait le moins de temps possible pour se recroqueviller dans le living room. Cet appartement représentait tout ce que le vieux n’aimait pas de son propre père et le pianiste prenait un certain réconfort à savoir qu’on pouvait se rebeller un peu. Les vieilleries ne l’effrayaient pas. La preuve? Sa propre mère venait de fêter ses 70 ans et son père allait fêter en grand ses 75 ans et les 25 ans de son fils unique - 4 mois plus tard après le véritable anniversaire d’Alistair – en septembre prochain. Les vieux meubles d’une autre époque étaient somme toute sympas, à côté de tout ça.

Alistair eut un rire mélancolique et présenta son logis d’un geste grandiose et un brin trop théâtral.

« Le deuxième achat immobilier d’Harold Gerald Alexander Pratt Premier, en 1942, pour à peine quelques livres sterling. Parce que c’était dans la mire des bombardements. Pour fuir les humeurs de sa jeune et tendre épouse enceinte de mon père, la guerre et tout le reste de ses responsabilités, même s’il risquait d’y sauter. Il avait mon âge, je crois ou à peine un peu plus. Une foutue garçonnière quoi. J’ai trouvé plein de magazines pornos des années 40 et 50 dans le double fond de la bibliothèque. Il aimait vraiment mais vraiment Jane Russell et Bettie Page, l’Ancêtre. Mon père déteste cet endroit. Je sais qu’il y a emmené une ou deux maitresses, je ne sais pas pourquoi… La récente y a oublié son soutif, alors qu’il m’avait forcé à aller chez ma mère. Mais il déteste cet appartement, je le sais. Sans doute parce que cette tanière prouve que son père était très loin du saint qu'on dépeint encore à Oxford. Moi, je l’aime bien, ce logis, au final. »

Il attrapa le verre de whisky que Nate lui tendait et s’affala à ses côtés sur le canapé, dans une pose presque langoureuse, les yeux fermés et posa la tête sur le dossier, en poussant un soupir d’aise. Il écouta tranquillement les accords de guitare et la voix nasillarde de Dylan qu'il adorait. La tête commençait un peu à lui tourner un peu et il se sentait bien, pour une fois. En bonne compagnie. Et en sécurité. Dieu qu’il se sentait en sécurité, pour une fois. Il éclata d’un rire encore plus tonitruant lorsque son compagnon s’excusa de sa peur des ascenseurs et lui fit un de ses sourires de diablotins qu’il savait si bien faire, sans même y réfléchir.

« Décu?! Parce que tu as des défauts, ô rustre que tu es devenu?! Oh bordel… Si tu m’avais dit que tu étais parfait, je t’aurais envoyé chier… On n’est pas supposé être plus-que-parfait, dans cette foutue caste? Genre… l’évolution même de l’homo-sapiens à son meilleur et de cacher tout le reste sous le tapis? T’as remarqué la grandeur de celui-ci, sous nos pieds? Je m’en fous si tu es ascensoricophobe ou whateverphobe. Tu es adorable comme tu es et… et j’ai vu pire. J’ai vraiment vu…»

Alistair ne put finir sa phrase. Déjà, les lèvres de Keynes reprenaient d’assaut les siennes et ses mains s’étaient aggripées à lui. Le jeune homme lui répondit avec la même ferveur et passa la main sous le T-sirt gris de Nate pour enfin sentir sa peau sous ses doigts. Il posa son front moite contre le sien pour reprendre son souffle et prit le visage de Nate entre ses mains pour stopper légèrement une ardeur mutuelle qui déjà faisaient remonter un ou deux démons.

« J’en ai des tas, des tares, moi. Je suis un vrai de vrai taré. J’ai… j’ai vraiment besoin qu’on y aille doucement et que tu sois patient, avec moi, okay? Je ne peux même pas te promettre qu’on se rendra au bout sans catastrophe. Le dernier qui s’y ait essayé… lui, il est vraiment resté décu. Pour de vrai. Je peux juste te dire que j’ai vraiment envie de toi et tu es vraiment cool, même si je finis la nuit roulé en boule, okay? »
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() message posté Mer 27 Juin - 0:24 par Nathanael E. Keynes
J'ai pas tout vu de cet appartement et je n'imagine pas une seconde que je serai encore plus désespéré par les salles d'eau que par la déco un peu vieillotte du salon - qui a au moins le bon goût d'être vintage, elle. Je me fais cependant la réflexion que Maman s'éclaterait sans doute à s'occuper de cet endroit, à se creuser la tête pour allier le cachet de l'ancien avec quelque chose de plus moderne. Je sais qu'elle chinerait avec plaisir, et s'intéresserait à l'occupant aussi, de prime abord, pour déterminer l'ambiance qui s'accorderait le mieux à sa personnalité... Et je me demande ce qu'elle ferait de cet endroit, avec une curiosité certaine.

Mais ça n'arrivera pas, parce que les parents d'Alistair ne laisseront pas Analisa Stanhope, celle qui a causé la chute de Keynes Sr, s'occuper de leur logis, n'est-ce pas ?

« Le deuxième achat immobilier d’Harold Gerald Alexander Pratt Premier, en 1942, pour à peine quelques livres sterling, » commence-t-il en ouvrant grand les bras, ce qui ramène un sourire franc sur mon visage. « Parce que c’était dans la mire des bombardements. Pour fuir les humeurs de sa jeune et tendre épouse enceinte de mon père, la guerre et tout le reste de ses responsabilités, même s’il risquait d’y sauter. Il avait mon âge, je crois ou à peine un peu plus. Une foutue garçonnière quoi. J’ai trouvé plein de magazines pornos des années 40 et 50 dans le double fond de la bibliothèque. Il aimait vraiment mais vraiment Jane Russell et Bettie Page, l’Ancêtre. Mon père déteste cet endroit. Je sais qu’il y a emmené une ou deux maitresses, je ne sais pas pourquoi… La récente y a oublié son soutif, alors qu’il m’avait forcé à aller chez ma mère. Mais il déteste cet appartement, je le sais. Sans doute parce que cette tanière prouve que son père était très loin du saint qu'on dépeint encore à Oxford. Moi, je l’aime bien, ce logis, au final. »

Rien que le fait que son père déteste l'endroit lui donne un charme particulier, à mes yeux. Le fait qu'Ali l'apprécie est d'autant plus appréciable, pour le coup... Et je me souviens du premier jour où j'ai poussé la porte de l'appart d'Hoxton road, de ce duplex avec un étage qui faisait plus office de vieux grenier qu'autre chose, de la salle de bain où tout était à refaire - surtout pour un claustro comme moi - de ces murs de briques et ce palier extérieur où on croisait des voisins qu'on avait pas forcément envie de rencontrer. C'était pas forcément à mon image non plus, mais c'était chez moi, même si ça leur appartenait toujours...

« There's no place like home... »

Un verre de whisky dans nos mains, et il s'est installé, confortablement, la tête en arrière, à mes côtés. Et quand je reprends la parole de façon sans doute un peu bancale, seulement pour ne pas laisser le silence s'appesantir, c'est son rire qui résonne dans la pièce, et son sourire de petit diable qui me répond.

« Décu ?! Parce que tu as des défauts, ô rustre que tu es devenu ?! Oh bordel… Si tu m’avais dit que tu étais parfait, je t’aurais envoyé chier… On n’est pas supposé être plus-que-parfait, dans cette foutue caste ? Genre… l’évolution même de l’homo-sapiens à son meilleur et de cacher tout le reste sous le tapis ? T’as remarqué la grandeur de celui-ci, sous nos pieds ? Je m’en fous si tu es ascensoricophobe ou whateverphobe. Tu es adorable comme tu es et… et j’ai vu pire. J’ai vraiment vu… »

J'allais renchérir sur la perfection factice de notre milieu d'origine, sur tout ce qui se cachait derrière les portes, et sous les tapis, comme il le dit, là où personne n'était censé aller voir, j'aurais peut-être corrigé le nom de ma phobie, même... et puis il y a son regard, son sourire, et ce qualificatif, adorable, que ce n'est pas la première fois que j'entends dans sa bouche... Mes lèvres sont venues chercher les siennes, mes mains partent à la conquête de son corps, et clairement, mon cerveau se décide à passer en veille... Mais l'élan meurt comme il pose son front contre le mien, éloignant sa bouche de la mienne, et levant les mains qu'il avait délicieusement envoyées à la conquête de ma peau vers mon visage.

« J’en ai des tas, des tares, moi. Je suis un vrai de vrai taré. J’ai… j’ai vraiment besoin qu’on y aille doucement et que tu sois patient, avec moi, okay ? Je ne peux même pas te promettre qu’on se rendra au bout sans catastrophe. Le dernier qui s’y ait essayé… lui, il est vraiment resté déçu. Pour de vrai. Je peux juste te dire que j’ai vraiment envie de toi et tu es vraiment cool, même si je finis la nuit roulé en boule, okay ? »

Et toutes les implications possibles de ce qu'il est en train de dire remettent mes neurones en marche en une fraction de seconde. Mon regard inquiet reste plongé dans le sien, mais je revois tout autant celui de Sharona m'expliquant il n'y a pas si longtemps en réalité pourquoi elle ne supporte pas même que je lui prenne la main, et pourquoi, contre toute attente, Nathan et elle ne sont pas allés plus loin que quelques rendez-vous, pourquoi elle a involontairement brisé le coeur de Nik - et le sien au passage... J'aurais des milliers de questions à poser, mais je me fais violence pour tenir ma langue, dans tous les sens du terme... Et je hoche simplement la tête, remonte la main jusqu'à une mèche de ses cheveux que je déplace plus pour la forme qu'autre chose.

« Okay. »

Un souffle plus qu'autre chose, avant que je ne dépose un baiser furtif sur ses lèvres.

« Je m'enflamme un peu, pardon... Moi aussi j'ai vraiment envie de toi... » Mon corps me trahit largement à ce sujet de toute façon. « Et je te demanderai pas ce qui s'est passé, mais si je fais quoi que ce soit qui te met mal à l'aise, à quelque moment que ce soit, dis-moi, promis, j'arrête. Je suis ton rythme et je vais... déjà commencer par me calmer un peu... Mais même si on arrive pas au bout sans catastrophe, c'est vraiment pas grave pour moi, okay ? J'arriverai à gérer la frustration, t'inquiète... »

Tout ça dit avec le plus grand calme, pour terminer sur une note presque humoristique, sur un brin d'autodérision visant quelque peu à alléger le propos. Pourtant je peux pas m'empêcher d'imaginer ce qui a pu se produire, et sa séropositivité récemment apprise n'a rien de rassurant dans l'histoire. Si plusieurs scénarios se forment dans mon esprit, chacun détrône le précédent en terme d'horreur, et je m'écarte un peu, non pas par dégoût ou quelque sentiment négatif du genre, mais bel et bien pour lui laisser de l'espace, peut-être éviter d'alourdir encore l'ambiance tout à coup bien pesante - ou est-ce que ce n'est que moi qui le ressens ainsi ?

« Je te promets pas de pas être un peu inquiet si tu finis la nuit roulé en boule en revanche... mais il en faudra plus que ça pour me faire partir. A moins que tu me le demandes expressément, évidemment... Mais ça me ferait chier de faire ce plaisir à ton portier. »

Une bravade de plus. Un sourire un peu crétin de plus. Ma façon de réagir quand les choses prennent une tournure qui ne me met pas le plus à l'aise, comme si tout pouvait passer avec un peu d'humour. Ce qui fait qu'on me prend encore moins au sérieux que le reste du temps, ouais... On fait comme on peut.
N'empêche que je suis plus que sérieux quand je promets d'être compréhensif, et tout autant quand j'évoque mon inquiétude.

J'ai récupéré mon verre, avant de revenir m'affaler dans ce canapé antique et plutôt confortable, imitant sans trop m'en rendre compte la position qu'Alistair avait peu avant. Et je passe mon autre bras autour de ses épaules, cherchant à renouer le contact physique, même s'il reste moins passionné que précédemment. Prendre le temps. Être patient. Voir où ça nous mènera. Avec Dylan en fond sonore, et un bon whisky dans la main...

« Prix Nobel de littérature, bordel... »

Une gorgée à la santé de Bob et un soupir, légèrement emprunt de déception, comme je ferme les yeux à mon tour. J'aurai pas le Pulitzer pour mes articles, j'aurai sans doute pas ce genre de prix pour ma musique non plus, j'ai même pas la notoriété d'un groupe mineur de la scène nationale, tout juste ma fanbase fidèle au niveau local...

« Mais quand j'aurai son âge, j'aurai toujours ma gratte à la main... »

Parce que je mourrai avant d'arrêter de jouer, je l'ai déjà dit, je le redirai autant de fois qu'il faudra. Et même si c'est un peu idéaliste, sans doute, j'en démordrai pas.

Et toi t'auras toujours ton piano sous les doigts.
C'est beau de rêver, non ?
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() message posté Mer 27 Juin - 6:59 par Alastair H. Pratt
Mortifié de honte, le pianiste eut un sourire contrit lorsque Keynes s’écarta. Non, ce n’était pas ce qu’il voulait. Pas du tout. Il ne voulait pas le repousser mais l’incident de la chambre d’hôtel l’avait imprégné plus qu’il ne l’avait voulu. Il avait voulu faire comme si de rien n’était et ça avait foiré. Il avait voulu prévenir le coup cette fois-ci et… même chose.

Mais Nate restait là, assis sur le canapé, à tenter de ne pas trop le bousculer, à vouloir le rassurer et à plaisanter doucement. Le pianiste ricana à la mention du portier. Le guitariste n’avait pas tort. Ricardo ne semblait pas beaucoup aimer les fréquentations de son jeune locataire. Le portier travaillait dans le même édifice depuis plus de 45 ans. Il se targuait d’avoir accueilli quelques personnalités prestigieuses lors de l’âge d’or du quartier et parlait du bâtiment presque comme un bijou patrimonial. De voir débarquer ainsi à la porte de son sanctuaire des moins que rien, décoiffé et en haillons, et de devoir les escorter à l’ascenseur comme des rois devait sans doute lui donner de l’urticaire. Il s’en donnait à cœur joie pour intimider Max à chaque fois que celui-ci passait chercher Alistair et avait même déjà refusé l’accès à Erwan en le traitant de vaurien. Mais le bien-être du portier était le dernier de ses soucis. Non, il ne voulait pas que Keynes parte. Pas ce soir. Même si l’atmosphère s’était un peu gâchée et que rien d’autre n’arriverait ce soir.

Il eut un petit rire et tenta lui-même d’alléger l’ambiance avec un demi-sourire espiègle.

« Je t’avais pourtant averti que j’étais un brin rouillé dans l’art de flirter avec les jolis garçons. J’espère que tu me crois maintenant. »

Il se baissa pour prendre son propre verre. Il le voyait bien que l’autre rongeait son frein, il avait senti tout le corps de Keynes réagir contre le sien, sans équivoque. Lui-même était partagé entre les appels enflammés de sa propre carcasse charnelle et les chuchotements de ses démons. Sentir le bras de Keynes lui enlacer l’épaule, malgré tous les barrages qu’il avait posé, au cours de la soirée lui fit un bien fou. Il prit une gorgée d’alcool et remit délicatement son verre sur la table basse avant de poser la tête sur le torse de son compagnon et de fermer les yeux. Blowin’ in the wind jouait, à présent et le pianiste resta silencieux à l’écouter.

Yes, and how many years can some people exist
Before they're allowed to be free?
Yes, and how many times can a man turn his head
And pretend that he just doesn't see?
The answer, my friend, is blowing in the wind
The answer is blowing in the wind


« Ouais. Et dire qu’au début, il a complètement ignoré les appels des dignitaires qui voulaient lui remettre son putain de prix. Remarque qu’avec la vie turbulente qu’il a eu et avec sa gloire, j’aurais surement fait pareil ou pire, je crois… En tout cas, probablement que je les aurais envoyé paitre eux et l’hypocrisie de leurs honneurs, ne serait-ce que pour faire davantage parler de moi. »

Il leva les yeux vers Nate et tenta de l’imaginer au même âge que Dylan.

« Ouais. Je t’imagine bien, sur ta chaise berçante, le visage plissé et les yeux souriants, à jouer de la guitare devant une ribambelle de petits-enfants. Tu feras un pappy vraiment cool, je crois. »

Il lui sourit chaleureusement et regarda songement la cheminée. Alistair le savait, il ne ferait pas de vieux os. Si ce n’était pas le sida, la musique, la folie et sa propre noirceur le consumerait bien assez tôt. Il n’y avait qu’à voir Wilde, qui avait à peine dix ans de plus que lui, ressemblait parfois à un diable décharné et qui jouait avec la mort à chaque ligne de cocaine. Mourir consumé par sa propre musique était sans doute le plus beau trépas qu’Alistair pouvait espérer. Mais il y avait eu assez de lourdeur ce soir pour en parler. Il rit doucement en haussant un sourcil vers Nate.

« Me? I’m going to be an old fool, I’m warning yeee, lôôôve. »
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Nathanael E. Keynes
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() message posté Mer 27 Juin - 8:22 par Nathanael E. Keynes
Plaisanter, dédramatiser la chose. Ca a l'air de fonctionner un peu, au moins le rire d'Alistair résonne à nouveau dans la pièce et je souris en retour. Si je savais la honte qu'il ressent, je me sentirais un devoir de lui faire comprendre que ça n'a vraiment pas lieu d'être, avec ce qu'il semble avoir vécu - ou en tout cas ce que je suppose de son discours. Mais je lis pas dans les pensées, et peut-être que c'est aussi bien comme ça.

« Je t’avais pourtant averti que j’étais un brin rouillé dans l’art de flirter avec les jolis garçons. J’espère que tu me crois maintenant.
- Mmmh mmmh... »


C'est vrai, il l'a dit. Et à vrai dire, moi aussi. Oublié le small talk, on a clairement pas commencé avec des conversations des plus classiques, et j'étais clairement pas le dernier à pas arrondir les angles. Exit aussi le pur attrait charnel, au vu de son passif et de mon empressement contradictoires. Mais ça n'a pas d'importance : Je suis bien là, près de lui, bien mieux que je ne l'ai été ces derniers mois, et c'est tout ce qui compte. Un autre baiser furtif, avant de reprendre une posture plus sage, l'alcool dans ma main, rapidement imité par lui. Mon étreinte se resserre un peu sur son épaule quand je le sens venir poser la tête contre mon torse, tandis que je ferme les yeux comme pour mieux savourer Blowin’ in the wind.

« Ouais. Et dire qu’au début, il a complètement ignoré les appels des dignitaires qui voulaient lui remettre son putain de prix. Remarque qu’avec la vie turbulente qu’il a eu et avec sa gloire, j’aurais sûrement fait pareil ou pire, je crois… En tout cas, probablement que je les aurais envoyé paitre eux et l’hypocrisie de leurs honneurs, ne serait-ce que pour faire davantage parler de moi.
- Je pense que j'y aurais été... Mais que mon discours aurait pas plu... »


Parce que j'aurais ouvert ma gueule en grand, et que j'aurais sans doute balancé leurs quatre vérités à tous ces hypocrites, ouais. Mais la question ne se posera sans doute pas, en réalité, parce que je serai jamais à cette place-là, faut pas se leurrer. Ca fait du bien pourtant, de faire des plans sur des comètes irréelles, de partir sur des sujets de conversation futiles. De se projeter dans un avenir qui n'aura peut-être même jamais lieu, mais qui allège l'atmosphère au moins temporairement. Très temporairement...

« Ouais. Je t’imagine bien, sur ta chaise berçante, le visage plissé et les yeux souriants, à jouer de la guitare devant une ribambelle de petits-enfants. Tu feras un pappy vraiment cool, je crois.
- Ah... »


Parce que si l'image est séduisante, et pas qu'un peu, elle me renvoie à la tronche la raison de ma rupture, et je m'entends répondre mécaniquement que « pour ça faudrait déjà avoir des enfants... » mais je rajoute rien de plus, regrette presque aussitôt que ces mots aient passé mes lèvres et ouvre les yeux pour fixer le plafond avant d'avaler une longue gorgée de whisky dont je sens presque avec soulagement le feu descendre le long de ma gorge.

« Et toi ? Mmmh... »

J'ai l'air songeur, comme j'essaie de l'imaginer avec des rides et des cheveux blancs. Et le fantôme de sa maladie se pointe, mais je me fais violence pour ne pas le laisser s'imposer - tâche facilitée quand il reprend la parole.

« Me ? I’m going to be an old fool, I’m warning yeee, lôôôve. »

J'éclate de rire l'image s'imposant un peu trop facilement à mon esprit.

« Et mes petits-enfants seront soit terrorisés, soit morts de rire à essayer de jouer des tours au pappy qui perd la boule... »

Grand sourire crétin comme si tout ça était une conversation parfaitement normale et anodine. Je baisse le regard vers son visage relevé vers moi, et me penche pour déposer un nouveau baiser sur ses lèvres. Faut croire que ma bouche n'a pas d'autre désir que d'être soudée à la sienne, ce soir... Même si au fond, tout ça n'est pas si badin que ça, et ça l'est d'autant moins que je pourrais franchement me laisser séduire par cette image - ce que je passe évidemment sous silence...
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Alastair H. Pratt
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() message posté Jeu 28 Juin - 0:37 par Alastair H. Pratt
- Et mes petits-enfants seront soit terrorisés, soit morts de rire à essayer de jouer des tours au pappy qui perd la boule... »

En levant le bras au dessus de sa tête, comme s’il brandissait une canne d’un air menaçant, il imita presque à la perfection la posture et la voix éraillée d’un vieillard malcommode qui fustigait une horde de gamins imaginaires, venu écouter en boucle ses vieilles histoires de débile avec leurs grands yeux verts comme ceux de Keynes, bien ouverts, pendant que leur grand-père faisait la bande sonore à l’ancienne, comme dans le bon vieux temps de la scène du Lucky Star.

« When I was yeeeeee aaaaaaaage lil' lads.... »

Il éclata de rire. Il n’osait même pas finir sa phrase, pour pas trop s’avancer dans l’avenir, même si l’image paisible et translucide qui flottait devant ses yeux l’apaisait. Il reprit son verre et huma les effluves boisées qui s’en dégageait, en prit une longue gorgée pour reprendre sa position contre le torse de l’autre, avec un petit soupir d’aise.

« Mon grand-père me terrifiait, quand j’étais petit. Tu sais, avec son long nez, ses sourcils broussailleux, son crâne dégarni. Sec, autoritaire et méchant comme Scrooge. Comme l'est mon père maintenant. À dire à ma mère que mes nounous me gâtaient trop et que j’allais finir comme un fainéant et à me crier dessus de me tenir le dos droit, à tout bout de champ. Et puis, il s’est mis à faire de l’Alzheimer. Au début, il me prenait pour le fils d’un étranger. Le genre de gosse à qui on peut se confier sans ternir sa prestigieuse image, sans doute. Tu t’imagines? Quand je lui disais qui j’étais, il me traitait de petit blagueur. Que je ne pouvais pas être le fils de mon propre père. Puis ensuite, il m’a prit pour un camarade de classe. À chaque fois qu’on le visitait, il me parlait de sa passion pour la photo et puis de ses billes qu’il adorait… Tu sais, combien il préfèrait la bleue toute marbrée que j'avais supposément gagnée lors du tournoi du siècle. Je me suis mis à bien l’aimer, l’Ancêtre, au final. »

Il sourit et regarda autour de lui, avec nostalgie. Il avait aussi trouvé un vieil appareil photo et de vieux négatifs, dans une boîte du locker, en bas. Des clichés somme toute bien réussis du Londres des années 1960 et ceux, beaucoup plus osés, de mannequins féminins peu connus. Son grand-père avait eu l’œil et le souci de la composition. Mais on ne parlait pas de ces choses-là, dans sa biographie, à Oxford, oh non…

Il sentit les lèvres de Keynes se glisser sur les siennes et les accueillit avec ferveur. Il passa la main timidement derrière la nuque pour prolonger l’étreinte encore un peu et lui faire comprendre qu’il y était réceptif. Lorsque leur visages se détachèrent, il plongea ses yeux verts dans ceux de son compagnon et passa une main hésitante dans sa chevelure. Il l’avait vu prendre un air sombre, à la mention d’avoir des enfants. Alistair n’était pas certain de comprendre mais il avait vu une part d’ombre le traverser, il le savait.

Des gosses. Sa propre mère le harcelait presque pour qu'il se marie avec une fille de bonne famille et lui fasse des petits-enfants, au rythme d'un lapin en rut. Il avait toujours soigneusement évité d'y penser. Tout ça faisait partie d'une même prison, pour lui. Une vie rangée selon le désir de ses parents. La carrière d'avocat, le mariage pour conserver le pedigree, les gosses pour la relève de Pratt & Pratt et de la lignée familiale.... Rien de tout ça ne lui semblait naturel... Maintenant... Maintenant, sa pauvre mère pourrait bien dire tout ce qu'elle voulait. Il n'y aurait jamais d'Harold Gerald Alastair Pratt Junior IV. Jamais. Du moins, pas de son propre sang. Et ses parents n'accepterait jamais un enfant adopté ou orphelin au sein de leur prestigieuse famille, Alistair le savait... Il fallait préserver la lignée et les traditions du sang étranger, non?

Et puis, comment être un vrai père avec ceux qu'ils avaient eu, Keynes et lui? Hein, comment? Pour leur laisser les même sequelles qu'eux? Mais Keynes semblait y tenir. Keynes, somme toute, semblait s'en être bien sorti.

Il plissa les yeux, titillé par une curiosité un peu malsaine et se recula, la main toujours posée sur la joue de son invité et sourit doucement, sur le ton léger de la conversation mondaine et de la curiosité honnête, sans parti pris.

« Et... avec les géniteurs qu'on a eu... pourquoi voudrais-tu être père? »
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Nathanael E. Keynes
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() message posté Jeu 28 Juin - 16:06 par Nathanael E. Keynes
« When I was yeeeeee aaaaaaaage lil' lads.... »

Des éclats de rire communs retentissent dans la pièce. Est-ce qu'il visualise la scène aussi bien que moi ? Trop bien, même. Je me raccroche à mon verre, ferme encore un instant les yeux et le sens se caler à nouveau contre moi.

« Mon grand-père me terrifiait, quand j’étais petit. Tu sais, avec son long nez, ses sourcils broussailleux, son crâne dégarni. Sec, autoritaire et méchant comme Scrooge. Comme l'est mon père maintenant. À dire à ma mère que mes nounous me gâtaient trop et que j’allais finir comme un fainéant et à me crier dessus de me tenir le dos droit, à tout bout de champ. Et puis, il s’est mis à faire de l’Alzheimer. Au début, il me prenait pour le fils d’un étranger. Le genre de gosse à qui on peut se confier sans ternir sa prestigieuse image, sans doute. Tu t’imagines? Quand je lui disais qui j’étais, il me traitait de petit blagueur. Que je ne pouvais pas être le fils de mon propre père. Puis ensuite, il m’a prit pour un camarade de classe. À chaque fois qu’on le visitait, il me parlait de sa passion pour la photo et puis de ses billes qu’il adorait… Tu sais, combien il préférait la bleue toute marbrée que j'avais supposément gagnée lors du tournoi du siècle. Je me suis mis à bien l’aimer, l’Ancêtre, au final. »

Un léger sourire flotte sur mes lèvres autant que sur les siennes. Son aïeul faisait de la photo, donc ? Un artiste aussi, quelque part, pourtant contrarié par le milieu dans lequel on a grandi. C'est un peu triste, quelque part, mais guère surprenant... Et je me demande si mes grands-parents, aussi, ont eu ce genre de vécu.

« Mon grand-père paternel était militaire. Quand il avait encore toute sa tête, il rivalisait sans doute avec le tien... Et avec le père de ma mère, qu'il n'a jamais trop bien supporté parce qu'ils n'étaient quand même pas tout à fait du même niveau social. Je sais même pas vraiment pourquoi mes parents se sont mariés... Maintenant... Maintenant c'est un vieux papy qui perd la boule. Il n'a pas cette maladie, mais il radote, "de son jeune temps ça ne se passait pas comme ça", tu sais, "du temps des colonies", tout ça... Il a toujours eu cet air condescendant avec mon meilleur ami, pas forcément méchant, mais l'esprit colonial, tu vois ? Khan est d'origine indienne, et il est reparti vivre là-bas d'ailleurs... »

Je me revois débarquer chez eux avec Spencer, vêtu d'un costume traditionnel indien et se faisant passer pour mon serviteur aux yeux de mon grand-père qui le prenait complètement pour argent comptant, sous le regard hilare de ma grand-mère... qui n'a pourtant rien dit. Le souvenir me fait sourire, je ne sais pas trop ce que je cherchais dans l'histoire, mais je ne m'attendais pas à cette réaction de la part de Granny...

« Il y a quelques années que je sais que ma grand-mère a un sens de l'humour insoupçonné, même au détriment de son mari... même si elle ne dit rien, tu penses bien. Je sais pas ce qu'il pense de son fils maintenant. Je sais juste qu'il prend encore de mes nouvelles, par le biais de Granny, et que je suis toujours l'héritier malgré tout à leurs yeux. En même temps, après mon père, y a personne d'autre... Enfin si, une fille illégitime, mais ça compte pas, je suppose... »

Quant à mon grand-père maternel...

« Et de l'autre côté, je crois que mon grand-père fondait de grands espoirs sur sa cadette pour compenser le déshonneur de celle qu'est partie épouser un roturier, quelle disgrâce ! On n'a plus contact, parce qu'un fils dépravé et une mère divorcée, c'est la honte, t'imagines bien... »

Mais ça n'a pas d'importance. On choisit pas sa famille, mais s'ils ne m'acceptent pas comme je suis, je vais pas me rendre malade pour eux. J'ai assez tenté de rendre fier mon paternel pour rien, pendant trop longtemps même sans doute, maintenant je vis pour moi. Et je m'en sors pas si mal dans l'histoire, j'ai ma mère auprès de moi, mes grands-parents paternels, et la fille de mon père, aussi... Et guère envie de penser à ceux qui n'en valent pas la peine à cet instant, tiens, certainement pas alors que mes lèvres rencontrent à nouveau celles d'Alistair. Sa main derrière ma nuque me renvoie un message positif appréciable compte tenu de la situation, ses doigts dans mes cheveux tout autant et sous son regard insistant, j'esquisse un léger sourire, attendant une suite qui tarde à venir. Je verrai presque des rouages s'enclencher dans sa tête, et je me demande ce à quoi il peut bien être en train de penser... Plus encore quand son regard se plisse, et qu'il s'écarte davantage, la main toujours posée sur ma joue cependant.

« Et... avec les géniteurs qu'on a eu... pourquoi voudrais-tu être père ?
- Ah... »


Je savais bien que je l'avais encore trop ouverte, tiens !

« Peut-être pour lui prouver que je peux faire mieux que lui, va savoir... »

Je me suis reculé davantage, un peu embarrassé par la question. Pas que je me sente pas légitime dans mon désir d'avoir un jour des enfants - quoi que -, mais un peu gêné par le fait d'avoir cette conversation avec lui, alors qu'on commence tout juste à se découvrir autrement que comme le fils de...

Et pourtant je continue sur ma lancée. De nouveau affalé sur son canapé en regardant le plafond et en sirotant la fin de mon verre de whisky, je m'entends presque comme dans un rêve répondre à sa question.

« Il y a quelques années encore, ça m'effleurait même pas l'esprit. Comme tu dis, avec les géniteurs qu'on a eu, à quoi bon ? Si c'est pour reproduire le même schéma, c'est pas la peine... Maintenant... »

Maintenant je suis le parrain officiel d'une magnifique princesse, celui plus ou moins officieux d'une autre puce, je vois grandir la minuscule coloc' de Sharona, et mon meilleur ami va se marier. Je suis à l'aise avec ceux des autres, alors pourquoi pas le mien, un jour ?

« Je me débrouille bien avec ceux des autres, et parfois... C'est con mais parfois j'imagine ce que ce serait ouais... »

Et puis au fond, ce n'est pas vraiment que ça, je le sais bien. Je n'y pensais pas parce que je ne voyais pas avec qui je pourrais jamais fonder une famille, moi qui ne faisais que papillonner. Je voulais pas avoir des enfants juste pour avoir des enfants, je veux toujours pas avoir des enfants juste pour avoir des enfants, d'ailleurs. Je me voyais finir ma vie avec lui, et j'imaginais pas que ce soit sans qu'à un moment ou à un autre, il y ait un petit mec ou une petite puce en culottes courtes à courir partout, qu'on verrait grandir, fièrement ; tout l'inverse de nos parents globalement.

« De pouvoir le ou la regarder avec fierté, en me disant que je l'ai élevé comme il faut avec tout ce qu'on n'a pas eu nous quand on était mômes, et qu'on puisse se dire que Nathanael Keynes a quand même pas complètement tout foiré dans sa vie... »

Ok, je vais la fermer. Je vais reposer ce verre, et je vais... faire oublier ce que je viens de dire ? Mouais ça j'imagine bien que c'est pas gagné. Parce que ça veut bien dire ce que ça veut dire : que malgré tout, malgré mon intolérance à l'autorité et mon besoin d'indépendance, malgré mes bravades et mes airs fiers, il y a quand même toujours quelque part ce petit garçon qui cherchait désespérément à rendre son père fier de lui, et qui a souffert de ne jamais y parvenir.

« Aaaaaah ! Mais c'est moi qui deviens relou ce soir, ça va pas du tout ! »

J'ai vidé mon verre d'un trait avant de me pencher en avant pour le reposer sur la table basse avec soin, puis de me tourner à nouveau vers Ali, plongeant mes yeux verts dans les siens.

« Ca n'a pas d'importance, oublie ça, tu veux ? Où est-ce qu'on en était ?... »

A mes lèvres sur les tiennes, non ? Et doucement, ma main est venue se poser sur sa joue, et mon visage s'est rapproché du sien, cherchant visiblement à faire oublier ces dernières minutes de conversation embarrassante dans un nouveau baiser.
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Alastair H. Pratt
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() message posté Sam 30 Juin - 9:19 par Alastair H. Pratt
Alistair n’avait réellement jamais songé aux mômes, même si sa mère insistait autant. Max et John avaient d’adorables petites sœurs mais il ne les voyait que de loin. Pas assez pour titiller la moindre fibre parentale en lui. Il avait été enfant unique, seul dans son royaume isolé. Le grand vide qu’il avait ressenti toute son enfance le rattrapa. Cette foutue impression d’avoir une partie de lui qu’on lui avait arraché. Il chassa tout ça d’une gorgée de scotch.

À quel point leur identité était ancrée dans la réaction et à l’opposition de leurs putains de parents? Alistair passerait sans doute sa vie entière à se poser la question. À quel point il s’appartenait réellement, au delà de toute les rebellions du monde. Parce qu’une rébellion n’était que la suite de ce qu’on vous avait imposé…  Pas un trait de caractère en soi. À quel point Keynes et lui s’appartenait-il vraiment, en dehors de leurs sequelles, hein? À quel point? À quel point leurs putains de géniteurs allaient contrôler leurs foutues vies, malgré et contre tout?

Alistair s’agrippa davantage au corps qui le surplombait et après un autre baiser, s’aventura davantage, sur la joue, sur le cou…pour goûter le sel de la peau de Keynes. À quel point tout était programmé dès la naissance? À quel point leurs lésions sociales les contrôlaient-ils tous les deux?

Alistair avait senti tout le désespoir, dans la dernière diatribe de Nate. Surpasser son père et arriver à se sentir fier, malgré tout la déception qu’on voyait dans ceux qui les avaient mis au monde et à voir la reconnaissance et l’amour inconditionnel dans les yeux d’autrui. Celui d’un enfant, tiens. Un enfant qu’on se promettait d’aimer tout autant.

Comme si les milles et une choses que Nate avait accompli, à côté ne serait jamais assez. Putain… il était le chanteur de son propre band, avait un diplôme et son propre bar! Il caressa du bout du doigt les lèvres de Keynes, d’un air songeur.

« Non mais tu t’es vu? Tu vois ce que tu as accompli ou c’est juste moi? Si tu me dis que tu as tout foiré après ça… eh bien salue ton Roi en face de toi… »

Il sourit tristement. Tout le monde le voyait comme un gosse de riche trop gâté. Ses parents…Tout le monde, même ses amis, au fond. Et les mecs à Rome, sans doute. Il avait fait tout en son pouvoir pour leur donner raison. Si on le voyait comme une pourriture trop gâtée… Eh bien personne ne serait déçu… Il n’avait réellement rien accompli. Pas tout à fait terminé ses études supérieures, pas de diplôme outre pas tout à fait musicien à part entière et encore à vivre aux crochets de ses parents, comme un parasite, à 25 ans. Était-ce réellement le visage qu’il voulait montrer à Nate?

Keynes était clairement mal à l’aise sur ce sujet et quelque chose échappait à Alistair. Il aurait tout le temps de creuser ce qui clochait, s’ils se rendaient tout deux au petit matin sans se mépriser l’un et l’autre. Mais ce soir… ce soir, ça n’avait plus d’importance. L’ambiance feutrée de sa tanière, les aveux déjà faits, les accords de guitare de Dylan, l’alcool qui coulait dans son sang et le corps chaud contre lui firent tomber ses derniers barrages. Du coin de l’œil, le jeune homme eut presque l’impression de voir le spectre des romains disparaître en face de lui. Du moins, jusqu’à l’aube.

Et lorsque celui qu’il désirait  essaya de lui voler un autre baiser, il ne le laissa pas s’en aller, ce coup-ci et resserra davatage son étreinte. Pour bien lui faire comprendre qu’il était prêt à se laisser aller complètement sous ses mains.
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