"Fermeture" de London Calling
Après cinq années sur la toile, London Calling ferme ses portes. Toutes les infos par ici Showtime ♪ Alinael - Page 4 2979874845 Showtime ♪ Alinael - Page 4 1973890357
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Nathanael E. Keynes
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() message posté Dim 1 Juil - 0:39 par Nathanael E. Keynes
Jamais assez. Cette foutue impression qui me colle à la peau depuis que je suis môme, est-ce qu'elle s'effacera un jour ? Je vis pour moi, je mène ma barque à ma manière, c'est ce que je répète à tout le monde, comme si le reste n'avait pas d'importance. Pourtant je me mens à moi-même quelque part, parce que si je cherche toujours à en faire plus, à tout gérer moi-même sans l'aide de personne,  ça n'est pas pour rien. Pas le droit à l'erreur, à la moindre faiblesse, à l'échec. Quand on a grandi avec cette image en permanence, est-ce qu'on arrive un jour à se montrer indulgent avec soi-même ? Je les accepte facilement pour les autres, pourtant,les failles, mais elles restent intolérables pour moi... Foutues blessures de gosse !

Les mains d'Alistair accrochées à mon corps, ses lèvres s'égarant dans mon cou, endorment brièvement les sombres réflexions qui menacent d'obscurcir mes pensées, mais les mots qu'il prononce encore les ravivent.

« Non mais tu t’es vu? Tu vois ce que tu as accompli ou c’est juste moi? Si tu me dis que tu as tout foiré après ça… eh bien salue ton Roi en face de toi… »

Mon roi ? Comme j'en ai l'habitude, je lui trouve toutes les objections du monde, à commencer par le fait qu'il a tout le temps, malgré la maladie, et puis surtout, surtout, Untitled, leur visée pro parfaitement atteignable de ce que j'en ai vu et entendu ce soir, d'autant plus compte tenu de sa ferveur à vendre leurs performances et leurs accointances avec le Viper - même si ça m'écorcherait les lèvres de l'avouer. Untitled et son piano qu'il maitrise tellement ! Quant à la passivité face à l'emprise de nos familles... J'irai pas lui jeter la pierre non plus, après tout, je n'ai pas fait beaucoup mieux jusqu'à ce que mon père me cogne...

Je garde le silence, cependant, cherche à sceller cette conversation dans un nouveau baiser, accueilli avec plus de ferveur encore cette fois, et sens ses bras se refermer davantage sur moi, encourageant mes lèvres à partir à la découverte de son cou à leur tour, tandis que mes doigts glissent le long de son épaule, son flanc, cherchent à s'aventurer sous ses vêtements à la conquête de sa peau. Le message corporel est clair, pourtant je cherche un instant encore dans son regard la confirmation de son désir avant de revenir prendre ses lèvres, laisser ma langue jouer avec la sienne un instant, puis revenir goûter sa peau - le peu qui m'en sois accessible pour l'instant. Aucune objection, ni dans son regard, ni dans ses gestes, et mes mains s'attellent à le délester de ses vêtements, de sorte de me laisser tout le loisir de partir à l'exploration de l'ensemble de son corps aussi enfiévré que le mien. Et comme pour rétablir l'équilibre, je ne tarde pas à me délester de mon t-shirt à mon tour...

« Ça va ? » ne puis je pas m'empêcher de lui demander malgré toutes les précautions que je peux prendre pour ne pas le brusquer, lui faire peur.

Une question qui riqque de revenir un certain nombre de fois dans ma bouche ce soir...
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Alastair H. Pratt
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() message posté Lun 2 Juil - 9:58 par Alastair H. Pratt
« Oui, ça va. Ça va.»

Nate s’était arrêté à mi-chemin, les deux mains sur les boutons de nacre de sa chemise avec lesquels il se débattait depuis de trop longues secondes. Il semblait si inquiet de bien faire les choses et de ne l’effaroucher!
Alistair s’en voulu de s’être confié ainsi et d’avoir ainsi freiné toute cette passion qu’il sentait bouillir au fond de Keynes. Peur d’avoir peur. Rejeter avant d’être soi-même rejeté. Fuir avant d’avoir mal. Il semblait y avoir tant de compassion, tant de douceur chez ce garçon… Comment pourrait-il jamais l’agresser ou le blesser, celui-là, hein?

Le souffle haletant, les joues roses et le corps déjà complètement tendu d’excitation, Alistair réussit à lui faire de peine et de misère à se contrôler, à lui faire son sourire de diablotin et termina de détacher sa propre chemise avec lenteur, le regard rivé dans celui de son amant. Il enleva sa chemise avec une grâce féline et s’attaqua au T-shirt de l’autre qui fut hors de son chemin en un tour de main.

Peau contre peau, chaleur contre chaleur, langue contre langue, yeux dans les yeux pour ne pas perdre le contact, les sensations lui parurent presqu’irréelles, comme une hallucination de plus. Combien de temps avait-il cru que cette partie de lui était morte à jamais, immolée par ces putains de prédateurs, à Rome? La tête au creux du cou de Nate, il huma son odeur musquée, les mains perdues sur son torse et se laissa transporter par celles de son amant sur le sien comme si rien d’autre n’avait existé pendant un moment. Après presque deux ans d’abstinence, chaque caresse le prenait par surprise et il devait se retenir de ne pas succomber. Pas tout de suite, au moins.

Il le poussa doucement contre le canapé pour prendre le contrôle du corps qu’il désirait ardemment et se releva de nouveau pour le surplomber et reprendre son souffle, avec une moue énigmatique flottant sur les lèvres. Dieu que Keynes était beau, alangui sur le velours du canapé ainsi. Alistair se pencha lui embrassa avec douceur la joue et le front une nouvelle fois, en plongeant les yeux dans les siens.

Oui, Nate, ça va, ça va. Je t’assure. Viens. Viens avec moi.

Puis, il leva du sofa et lui tendit la main, pour le guider avec candeur vers sa chambre à coucher.

**

Il se réveilla en sursaut, à demi-relevé le front en sueur, le cœur battant à tout rompre, comme à chaque matin, depuis deux ans. Il récita mentalement son éternelle comptine. Il pouvait encore bouger. Il avait le contrôle de son corps. Il n’avait pas d’écchymoses partout, pas de piqures et son corps n’était pas meurtri au sang. Il était à Londres, dans sa putain de chambre à coucher. Pas dans une chambre d’hôtel glauque et sale. Ce n’était qu’un cauchemar, comme d’habitude. Alistair ferma les yeux pour calmer les derniers frissons de terreur qui le parcourait. Nate bougea, dans son sommeil, et passa un bras endormi autour de ses frêles épaules pour l’attirer de nouveau contre lui. Keynes avait prononcé un autre nom dans son sommeil. Alistair ne lui en voulait pas. Il avait sans doute dû gémir des refus désespérés dans le sien. Quel drôle de duo ils faisaient tous les deux!

Il reposa la tête sur l’oreiller, en tentant de reprendre son souffle et observa le dormeur à côté de lui. Ils n’avaient pas réussi à se rendre jusqu’au bout. Alistair en avait été incapable. Trop peur de donner la mort en cadeau à ce si compréhensif. Malgré tous les préservatifs du monde. Trop peur de revivre ces images fulgurantes et cette explosion de douleur qui le hantait. Malgré la douceur de son amant. Keynes avait été d’une patience infinie et n’avait pas posé de questions. Alistair aurait voulu faire trembler les murs comme ils n’avaient jamais tremblé auparavant et faire craquer ce foutu lit antique une bonne fois pour toute. Mais ça n’avait pas été le cas. Ils avaient fait l’amour comme des adolescents. Timidement, précautionneusement, avec leurs mains, leurs bouches et beaucoup d’imagination. Il resta un moment songeur à observer le torse magnifique à ses côtés de soulever et s’abaisser doucement au rythme de sa respiration et le visage paisible posé sur l’oreiller. Il n’osait plus bouger, de peur de le reveiller. Keynes voudrait-il seulement le revoir, après tout ça?
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Nathanael E. Keynes
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() message posté Lun 2 Juil - 13:14 par Nathanael E. Keynes
« Oui, ça va. Ça va. »

Je mentirais si je disais que j'étais complètement rassuré, mais le fait qu'il prenne les choses en main éclipse les doutes, et c'est avec un désir brûlant dans le regard que je l'observe prendre la relève pour dégrafer sa chemise, ce sourire de petit diable sur les lèvres. Un instant plus tard, mon t-shirt rejoint son vêtement abandonné au sol, et ma peau entre en contact avec la sienne, rejoignant mes mains et mes lèvres bien décidées à ne plus s'en séparer. Jusqu'à ce qu'il me repousse doucement contre le dossier de son canapé. Mon regard ne quitte pas le sien, mes mains glissent encore le long de ses flancs comme ses propres prunelles accrochent les miennes sans que je parvienne réellement à déterminer ce qui se trame au fond d'elles, et qu'il vient déposer de tendres baisers sur ma joue, mon front, sans toutefois prononcer le moindre mot encore. Mais quelle importance ? Les regards et les gestes sont bien plus éloquents à cet instant, et l'intensité au fond de ses iris clairs ne laisse pas vraiment place au moindre doute. Si bien que je n'hésite pas une seconde à le suivre lorsqu'il me tend la main après s'être relevé, prenant la direction de sa chambre.

Caresses et baisers enfiévrés. Nos corps réclamant celui de l'autre. Tous mes efforts pour le rassurer n'auront pas complètement suffi, mais c'est pourtant contre son corps que je me suis endormi, sans qu'il ait fini roulé en boule dans un coin de la pièce comme l'éventualité qu'il avait annoncée plus tôt dans la soirée. Il ne pouvait pas me faire ça, il ne pouvait pas prendre le risque ? Soit. A aucun moment je n'ai tenté de forcer les choses, quand bien même l'envie de ne faire plus qu'un avec lui tambourinait dans mon esprit, quand bien même je n'étais pas vraiment d'accord avec l'importance du risque qu'il évoquait.

Et j'ai fini par m'endormir, terrassé par la nuit plus que mouvementée et un trop plein d'hormones et d'alcool dans le sang. Un mouvement brusque à mon côté commence à me tirer des bras de Morphée, et par un réflexe parfaitement inconscient, je cherche à rapprocher le corps d'Alistair près du mien. Comme si l'idée de le voir s'éloigner était insoutenable. Ou lui assurer un semblant de protection, allez savoir. Dans les brumes de mes rêves qui tardent à se dissiper, les traits du visage de celui qui respire tout contre moi restent flous, perdus entre ceux de Tyler et les siens, et lorsque je finis par ouvrir les yeux, je n'ai aucune idée du nom qui a passé la barrière de mes lèvres au cours de cette courte nuit. Je peine un instant à remettre l'endroit, cette chambre m'ayant été parfaitement inconnue jusqu'à quelques heures plus tôt. Il ne faut pourtant que quelques minutes pour que le déroulé de la nuit ne se forme dans mon esprit, et après avoir fixé le plafond, c'est vers le visage tout contre moi que je baisse le regard, un léger sourire sur les lèvres.

« 'Morning Starshine... »

Je me rends compte presque après coup que mon cerveau encore endormi fait référence à des comédies musicales, ça commence bien... J'esquisse un sourire presque navré pour moi-même, secoue légèrement la tête avant de reprendre, comme si ça valait toutes les excuses du monde.

« Je sais pas pour toi, mais je suis pas vraiment capable de grand chose avant un café... »

Un ton badin, comme si tout ça était parfaitement naturel. Pourtant ça ne l'est absolument pas, plus en tout cas, bien loin de là. Les dernières fois où j'ai quitté le bar accompagné, je suis pas resté la nuit dans les bras du type ou de la nana avec qui j'ai fait grincer le lit... pourtant ce soir, l'idée de repartir aussi vite qu'arrivé m'a même pas effleuré l'esprit, et toujours pas - encore moins, même - ce matin. Malgré - ou peut-être à cause de - les révélations et semi-confidences, malgré tout ce que ça peut impliquer, j'ai pas vraiment envie de prendre la fuite. Mon coeur s'emballe dès que j'y pense, pourtant, alors que mes doigts caressent paresseusement sa peau sans même que je m'en rende réellement compte. Qu'est-ce qu'il se passe maintenant ? Aucune idée. Je suppose qu'on va retourner récupérer son instrument au bar et puis... Et puis j'en sais rien et je sais pas trop si je veux la réponse à cette question, en réalité...
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Alastair H. Pratt
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() message posté Mar 3 Juil - 9:47 par Alastair H. Pratt
Les yeux de Keynes finirent par s’ouvrir doucement. Combien de temps était-il resté à l’observer, dans l’aube qui se levait? Alistair nota, avec attendrissement, qu’à la lumière du jour, les yeux de Nate étaient d’une nuance plus sombre que les siens. Il semblait tout aussi perdu que lui dans cette pièce inconnue, à son réveil. Comme la plupart des amants qui oublient de décamper avant le lever du soleil et qui se laissent emporter trop vite dans les bras de Morphée. Regretterait-il de s’être endormi? Se précipiterait-il vers ses vêtements dans le living room et vers la sortie en donnant une excuse bidon, comme Alistair l’avait lui-même tant fait, dans le passé? On s’appelle, promis. Tant de promesses en l’air pour sauver les apparences d’un plaisir éphémère…

Mais son compagnon, au lieu de fuir se tourna vers lui, avec un sourire endormi aux lèvres.

« ‘Morning Starshine »

Alistair fit une grimace timide à son tour. Starshine, vraiment? Putain que c’était joli. La plus belle phrase qu’on lui avait jamais dite après une partie de jambes en l’air. Mieux, bien mieux qu’un vulgaire ‘’bébé’’ ou le fameux M’dame la Marquise d’Erwan. Il caressa distraitement les cheveux de l’homme à côté de lui et laissa traîner un doigt songeur sur la mâchoire à présent rugueuse. Sa propre voix lui sembla plus rauque, plus creuse et enraillée que de coutume, le matin mais Alistair s’en foutait.

« ‘Morning, Sunshine. »

La réplique d’un autre film quelconque sans doute. Un truc avec Robert Williams ou quelque chose du genre, l’enthousiasme matinal exubérant en moins. Il n’avait jamais été quelqu’un du matin. Jamais. Mais un bref coup d’œil au cadran sur la table de chevet lui indiqua que le lever du jour était, somme toute, une heure raisonnable pour dire des bêtises tout à fait charmantes du genre. Surtout après la nuit qu’ils avaient tous les deux passée et des confidences à demi-achevée qu’il lui avait faites… Alistair se demandait encore ce que ce garçon si parfait faisait encore dans son lit. Lui et Keynes avait tant de points en communs… Pourtant Nate et lui était le jour et la nuit. Le guitariste était si calme, si serein, si équilibré et si chaleureux… Alistair lui, se débattait avec sa propres noirceur et sa propre froideur, son propre vide. Un rayon de soleil et un Prince des ténèbres. Voilà ce qu’ils étaient. Sunshine et Starshine… Deux contraires poétiques qui vibraient dans une même danse aimantée. Alistair ferma les yeux et se detentit à nouveau, prêt à se rendormir plus paisiblement, sous les doigts timides qui exploraient sa peau trop claire.

Il ouvrit à nouveau de peine et de misère un œil lorsque Keynes prononça le mot ‘’café’’. Café. Un mot à la fois si famillier et si étrange, en pareilles conditions; une quasi cérémonie qui scellait un aveu d’intérêt – ou de désespoir, passé les vingt minutes d’extase de tout orgasme nocturne. Une moue à demie amusée et surtout somnolente se mit à flotter sur les lèvres du pianiste pendant qu’il tentait mentalement de sortir son corps de sa paisible léthargie matinale et du confort de son lit douillet. Et du départ eventuel de Nate vers un autre horizon, sans doute.

« Café, hein? Ah tiens… ça… ça, je sais en faire. »

Alistair dut se reprendre à trois fois pour ne pas se rendormir tout simplement dans les bras de Keynes, sans rien ajouter d’autre. Il réussit à se détacher du corps enivrant à ses côtés, non sans un énorme pincement de cœur et à enfiler sa paire de caleçon, abandonnée au pied du lit. Encore tout chancelant de sommeil, il attrapa encore une fois la main de son amant pour le conduire docilement vers l’espace de la cuisine.

Giuseppe, le vieux tenancier du café du coin, lui avait montré comment faire du vrai café italien. Avec ces bonnes vieilles cafetières à espresso en fer qu’on laissait bouillir sur la cuisinière. Madame Pratt en avait été horrifiée. Elle avait tenté de lui installer une Keurig ou une de ces machines à espresso électriques qui marchaient toutes seules, en appuyant sur un seul bouton. Et devant l’obstination féroce de son fils à utiliser des manières plus traditionnelles pour se procurer ses multiples doses quotidiennes de caféine, on avait échangé la vieille cuisinière à gaz pour un électroménager électrique moderne, de peur qu’Alistair ne mette le feu à l’immeuble patrimonial.

Le pianiste mit en marche la ventilation de la hotte et s’alluma distraitement une cigarette en regardant Nate prendre ses aises sur un des tabourets de l’ilot. Il avait presque oublié son piano qui l'attendait, dans le backstage du LuckyStar. Il en avait oublié Wilde et cette pratique d'interview qu'il devait avoir, cet après-midi. Seuls comptaient les souvenirs de cette nuit de musique et de caresses... Et ce matin presqu'irréel. Était-ce une autre de ses hallucinations, comme son double qu'il avait aperçu sur Oxford Street? S'il devait devenir complètement fou, il préférait de loin cette psychose-ci. Le spectacle l’émerveillait presque. Un bel homme à demi nu, les cheveux en bataille qui l'enveloppait de son regard endormi, assis à sa table. Depuis combien de temps n’avait-il pas partagé un café ainsi? Depuis combien de temps avait-il passé un matin avec un autre?
Le sifflement de la cafetière l'arracha de sa rêverie. Il s'activa pour trouver du lait et du sucre à mettre sur la table et déposa deux tasses de café fumantes devant eux.
Il lui fit un sourire penaud, au travers de la fumée de sa clope et lança, sur le ton de la blague.

« Maintenant, j’espère que tu ne t’attends pas à des œufs bénédictines et à du bacon pour aller avec ce délicieux nectar, hein? Parce que ça… je ne sais pas en faire. Il faudra te contenter de toasts ou de corn flakes, si tu as faim.»
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Nathanael E. Keynes
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() message posté Mer 4 Juil - 1:11 par Nathanael E. Keynes
Est-ce que je serai resté calme en réalisant que j'étais encore dans la chambre d'un autre, si ça n'avait pas été lui ? Pas sûr. A vrai dire, je crois que ça ne serait juste pas arrivé, parce que je ne serais pas resté dormir en compagnie de qui que ce soit d'autre. Ca n'est plus arrivé depuis Tyler, et je n'aurais franchement pas pensé que ce pourrait être le cas avant ce soir. Ca ne me posait pas de problème avant lui, je savais que je ne m'attacherais pas, je pouvais m'éveiller dans les bras d'un autre, ça ne changerait rien. C'était même arrivé un certain nombre de fois sans que ça ne pose le moindre problème. Et puis il y a eu Tyler et tout a changé.

Et si ça n'avait pas été cette nuit, après ces heures si intenses sur scène ? Difficile à dire. Probablement que non, non plus. Et sans doute qu'Alistair serait resté le fils de l'avocat. Probablement que c'est l'enchaînement de cette soirée, de la scène à son canapé, de la musique aux confidences, qui fait que je suis encore là ce matin. Mais ça n'a pas d'importance, et malgré les sentiments confus qui me gagnent, je n'ai pas vraiment envie de changer les choses. Alors non, je n'ai aucune intention de m'enfuir sans demander mon reste, même si je me sens un peu ridicule avec mes références un peu trop à l'eau de rose sans doute. A ma décharge, il est tôt, on a peu dormi, je ne suis pas vraiment complètement réveillé, et surtout, surtout, je n'ai pas ma dose de caféine. Ca passe ? La main d'Ali caresse distraitement mes cheveux, s'attarde un instant sur l'arrête de ma mâchoire. Ca passe. D'autant plus qu'il poursuit sur la même lancée et ces instants ont des airs de perfection un peu trop surréalistes.

« ‘Morning, Sunshine. »

Je souris, ferme les yeux un instant, savourant sans doute un peu trop la douceur du moment tout en me faisant la réflexion que je dois être en train de rêver. Que ces surnoms sortis de nulle part sont bien trop poétiques pour avoir réellement été donnés. Sunshine et Starshine… L'image des astres s'impose à mon esprit encore à demi plongé dans les brumes du sommeil, quelques notes s'y associent, puis m'échappent aussitôt. Café. Je n'arriverai à rien de bon sans ma dose minimale de caféine, et si sentir son corps encore assoupi contre le mien m'empêche d'esquisser le moindre geste pour me lever, c'est sans compter sa réaction à la mention du breuvage italien.

« Café, hein ? Ah tiens… ça… ça, je sais en faire. »

Son corps semble refuser de se mouvoir quelques instants encore, malgré ce que ses propos laissent supposer de ses intentions, mais je ne m'en formalise pas vraiment, au contraire, et continue machinalement de caresser sa peau, quelques instants encore, jusqu'à ce qu'il se relève, s'extirpe du lit pour se couvrir un minimum. Je me redresse à mon tour, le regarde faire jusqu'à ce qu'il vienne tendre la main vers moi, que j'accepte de saisir sans la moindre hésitation pour le suivre en cuisine. Comment se fait-il que tout ait l'air aussi naturel, bon sang ? Je m'interromps seulement pour attraper à mon tour quelques fringues, mon boxer et mon jean délaissés quelques heures plus tôt, m'installe sur un des tabourets en le regardant s'allumer sa cigarette sous la hotte, détaillant le corps que j'ai caressé cette nuit comme si je le découvrais seulement maintenant. Quelques mots s'égarent dans mon esprit, qu'il faudrait sans doute que je note quelque part, mais qui s'éclipsent presque aussitôt, et le sifflement de sa cafetière achève de trancher ce moment de flottement presque irréel.

Et le voilà qui s'affaire à servir deux cafés, apportant sucre et lait sur la table où je me trouve,, avant de reprendre la parole, sur le ton de l'humour.

« Maintenant, j’espère que tu ne t’attends pas à des œufs bénédictines et à du bacon pour aller avec ce délicieux nectar, hein ? Parce que ça… je ne sais pas en faire. Il faudra te contenter de toasts ou de corn flakes, si tu as faim.
- Il va me falloir beaucoup plus de caféine avant de commencer à avaler quelque chose de solide... »


Je tends la main vers le lait qui se trouve à présent à ma portée pour adoucir le breuvage amer, et reprends finalement, avouant plus ou moins une autre de mes "bizarreries" aux yeux de certains, sur le ton de la conversation.

« Autant les oeufs, je pourrais m'en charger... Autant je ferai l'impasse sur le bacon en fait... Toasts ou corn flakes, ça irait très bien si je commençais à avoir faim, mais t'embête pas... »

Ce n'est absolument pas une obligation donc, parce que je n'ai clairement pas l'estomac assez réveillé encore, et je ne sais pas à quel moment je dois partir d'ici. Pas tout de suite en ce qui concerne mes propres impératifs en tous les cas : le bar n'ouvre qu'en fin de matinée, et si ma mémoire est bonne, c'est Kass qui fait l'ouverture. Mais il n'a peut-être pas forcément envie de m'avoir dans les pattes toute la matinée, et je me retrouve quelque peu tiraillé entre l'envie improbable de rester là et celle un peu moins surprenante de ne pas m'imposer contre son gré...
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Alastair H. Pratt
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() message posté Mer 4 Juil - 19:34 par Alastair H. Pratt
Le gosse de riche finit par s’asseoir en face de son invité, cigarette au bec, la main posé au creux du menton pour mieux observer Keynes et sa routine matinale. Lui-même buvait son café noir et n’avait jamais faim, le matin… Du moins… plus depuis quelques mois. Si avant, il pouvait engloutir tout un déjeuner traditionnel, avec des fèves au lard et champignons sautés et redemander des saucisses en extra… Maintenant, ce n’était plus pareil. Sa trithérapie le laissait un peu nauséeux une bonne partie de la matinée. Même sa mère qui ne remarquait jamais rien - à part peut-être sa nouvelle coiffure « de corbeau » qu’elle détestait – aurait se serait sans doute aperçu qu’il avait maigri. Mais il évitait de rendre visite à sa mère, en prétextant les études, depuis qu’il avait reçu son diagnostic et la vieille dame refusait catégoriquement de remettre les pieds à Londres. Problem solved.

Il haussa néanmoins un sourcil interrogateur, lorsque Keynes mentionna passer son tour sur le bacon. Non, mais qui n’aimait pas le bacon? Alistair se mordit la lèvre. Des tas de gens, bien sûr. Il inspira une bouffée de cigarette et l’expira pensivement en détaillant Nate avec une moue amusée.

« Laisse-moi deviner. Tu t’es converti à l’hindouisme. Parce que sérieux, j’ai rarement eu quelqu’un d’aussi zen à ma table. »

Il lui lança un sourire angélique avant de prendre une gorgée de café et pousser un soupir d’aise. Il resta un moment silencieux à observer le mur derrière Keynes, la tasse chaude entre les mains. Le soleil commençait à transpercer au travers des stores de la cuisine et illuminait le visage endormi qui l’avait accueilli avec patience.

Alistair ne voulait pas qu’il parte. Le silence qui les enveloppait était confortable, presque familier et paisible. Rêveusement, il prit la main de Keynes en reprenant une gorgée de café, les yeux rivés sur la fenêtre.

Non, il ne laisserait pas partir Keynes. Pas tout de suite. Et même s’ils devaient se quitter aujourd’hui pour reprendre leurs vies respectives, le bar, les amis, la famille, Wilde, les examens, les séances de pratique, d’enregistrements… Alistair se promit que ce ne serait pas la dernière soirée où ils joueraient ensemble sur la scène… ni le dernier matin qu’ils passeraient assis dans cette cuisine, à écouter doucement le silence.
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Nathanael E. Keynes
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() message posté Jeu 5 Juil - 0:00 par Nathanael E. Keynes
Echanges de regards, silences paisibles, fumée de cigarette et arôme de café mêlés... Tout ça semble sorti d'un songe, mais si je ne suis pas certain de vouloir m'en éveiller. Ou plus exactement, si c'est un rêve, je n'ai aucune envie de m'en extirper. Je sais à quoi ressemble la chute que j'ai si longtemps crainte, et je ne suis pas prêt à la vivre encore, les blessures précédentes étant encore loin d'être pansées. Pourtant... pourtant je sais bien, je sens bien que je suis de nouveau en train de la faire, cette ascension fatale. Je freine des quatre fers, je doute, mais je me voile pas autant la face que je voudrais. Il me plaît, c'est indéniable, et il se passe quelque chose, quoi que ce soit. Parce qu'on serait pas là, à s'observer l'un l'autre, et à évoquer un potentiel petit déjeuner complet, si ça n'était pas le cas. On désamorce comme on peut, avec de l'humour et des sujets anodins, pour éviter de se pencher sur le fond du problème et les questions qui restent en suspens.

« Laisse-moi deviner. Tu t’es converti à l’hindouisme. Parce que sérieux, j’ai rarement eu quelqu’un d’aussi zen à ma table.
- C'est pas exactement ça, non, mais... Il y a de l'idée. »


Un sourire nostalgique étire mes lèvres comme je porte la tasse de café au lait à mes lèvres.

« Mon meilleur ami est d'origine indienne, j'ai plus grandi avec lui et sa famille qu'avec les miens, et ils sont effectivement hindouistes et végétariens... Et autant je ne partage pas leur spiritualité, autant l'idée de tuer un animal pour me nourrir... »

Claustrophobie. Check.
Végétarisme. Check.
On parle de ma maniaquerie et de mon allergie tout de suite ou on attend un peu ? Parce que mes affaires ont retrouvé le coin de ton canapé le temps que je te rejoigne ici, mais tu t'en rendras compte bien assez tôt, hum...

« J'impose rien à personne, cela dit, tant qu'on me force pas à aller contre ça... »

Sa main a trouvé la mienne, mes doigts se sont noués aux siens. Naturellement, beaucoup trop naturellement, comme si c'était leur place, comme si ce geste était anodin. Peut-être que je devrais la retirer et m'enfuir, une part de moi le suggère en tout cas, mais je n'ai pas réellement envie de l'écouter, cette part de moi terrorisée concernant la suite. Peut-être que tout serait plus simple si je le faisais. Mais cette nuit serait reléguée au rang de souvenir, et ni mon esprit ni mon coeur n'en ont la moindre envie.

« Et je ne suis vraiment pas toujours aussi calme, je suis juste encore à moitié endormi... »

Mais t'as pu le voir, ça, après tout, sur scène, au bar, ici même ensuite... J'ai l'air calme, en apparence. Je suis loin de l'être au fond. Et j'ai pas vraiment envie que ça soit la seule et unique fois, d'ailleurs, que ça se produise, la scène, le bar, ici. Alors après une quantité certaine de caféine, une cigarette partagée au mépris des vitres fermées, et quelques moments d'un silence bien moins dérangeant que celui tout relatif de la nuit dernière et autrement plus oppressant, je suis redescendu narguer Ricardo après qu'on s'est assurés qu'on s'appellerait vite, sans que ce soit pas des promesses en l'air cette fois.
Pour Untitled, pour LuSt, pour le bar...
Mais aussi, et peut-être surtout, pour nous.
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