"Fermeture" de London Calling
Après cinq années sur la toile, London Calling ferme ses portes. Toutes les infos par ici Old friends, old memories, old scars. ☆ (ft. Ethan le bg ténébreux)  2979874845 Old friends, old memories, old scars. ☆ (ft. Ethan le bg ténébreux)  1973890357


Old friends, old memories, old scars. ☆ (ft. Ethan le bg ténébreux)

 :: It's over :: Corbeille :: Anciens RP
Anonymous
Invité
Invité
() message posté Lun 18 Juin - 0:26 par Invité
Old friends, old memories, old scars. —




Il n'était pas quelqu'un de foncièrement mauvais, ça non. Il avait trouvé sa vocation dans la médecine après tout : il faisait en sorte que lorsqu'une personne était sur le billard, elle ne ressente plus rien, autant pour ce qui était la douleur, que la peur. Il était en quelque sorte un magicien ou un druide à sa façon, avec ses seringues et ses dosages que lui-seul pouvait comprendre. Et il donnait bien plus qu'il ne pouvait recevoir ; Ça c'était depuis toujours. La générosité, une qualité qu'on ne pouvait que lui attribuer. Il avait vécu dans la pauvreté toute son enfance, mais c'était bien souvent aux autres qu'il pensait avant lui. Mais pourtant ; oui, pourtant, une lueur froide, un lueur de folie s'était emparée de ses yeux. Des cernes violacées et gonflées les ornaient déjà depuis des années, mais là, c'était tout autre chose. Une chose bien plus sombre, bien plus ancrée à l'intérieur de lui. Là, les pieds plantés dans le sol, les poings serrés, son regard fixait droit devant lui. Les souvenirs refaisaient surface, et les vieilles cicatrices devenaient soudainement douloureuses et endolories.

✽ ✽ ✽

Daley sortait d'une longue permanence de nuit, alors autant dire qu'il était très fatigué. Sa veste en cuir noire sur le dos, sa sacoche à bout de bras, il marchait le long des rues londoniennes jusqu'à son domicile, petit appartement modeste dans le quartier de Soho. La pluie menaçait de tomber à tout moment sur Londres, mais l'anesthésiste se contentait d'avancer d'un pas rapide sans rien regarder d'autre que ses pieds. Il savait qu'une fois rentré chez lui, il ne trouverait pas le sommeil, car tel était sa malédiction, sa punition pour tout le mal qu'il avait causé, et toutes erreurs qu'il avait faite (c'est du moins ce qu'il pensait). En vérité, Daley se blâmait bien assez lui-même, il n'y avait pas besoin de rédemption supplémentaire. Il était malheureux, bien qu'il sache le cacher aisément derrière ses sourires et son caractère naturellement avenant. La peur le guettait constamment, et la peur pouvait rendre dangereux. Mais plus encore, la peur pouvait faire au genre humain des choses stupides. À vrai dire, il avait peur de lui-même, de ne pas être assez fort, de ne pas lutter assez vaillamment. Et d'ainsi, retomber dans ses travers. Les médicaments, la dépendance. L'homme aux cheveux bruns était bon, bienveillant. Il n'avait pas eu une vie facile, il connaissait ses erreurs. Mais il ne se rendait pas compte de certaines choses. La peur le faisait fuir, l'empêchait de se voir dans sa forme réelle. Il s'ignorait lui-même, il se mentait inconsciemment. Il pensait ne mériter que le malheur. Et en quelque sorte, il avait fini par le trouver. Il aimait une femme qu'il ne s'autorisait même pas à enlacer ; pour le reste, il n'avait en majeure partie que des relations toxiques, des relations qui ne le rendait pas heureux. Il ne pouvait même plus s'épanouir dans un doux rêve, car les maigres heures de repos que son corps lui accordait étaient courtes et sans image. Quelle vie était-ce que cela ? Une errance sans fin jusqu'à la mort ? Une souffrance non méritée.

Une fois chez lui, il prit une douche, il nourrit O'Malley, son chat. Il passa un long moment à lui offrir des caresses et des câlins, assis paresseusement sur son canapé en vieux cuir. L'air était chaud dans la pièce, mais sentait le tabac froid. Dehors, il avait commencé à pleuvoir. De grosses gouttes s’abattaient avec violence sur les vitres du petit salon. Bercé par le bruit de la pluie et les ronronnement de son chat, Daley finit par s'assoupir une heure environ. Puis il se réveilla, la bouche pâteuse, les idées embrouillées et indécises. Il avait encore sommeil. Il referma ses yeux, chercha les bras de Morphée, en vain. Les minutes passèrent, s'écoulèrent lentement. Le chat avait cessé de ronronner et s'était assoupi sur le ventre de son maître. Sa respiration était régulière, bien qu'un peu bruyante. C'était apaisant pour l'homme aux cheveux bruns, qui passait doucement ses doigts dans les poils longs de l'animal. Il luttait contre l'envie d'aller sonner à la porte de Nevada, elle n'habitait qu'à quelques pâtés de maison après tout. Il se contenta de lui envoyer un message pour savoir comment elle allait aujourd'hui. En attendant sa réponse, il jeta un regard par la fenêtre, et remarqua qu'il ne pleuvait plus. Puisqu'il ne dormirait plus pour le moment, et que l'après-midi n'avait pas encore touché à sa fin, Daley décida d'aller marcher un peu. Se balader dans les rues de Londres, ça lui permettait de faire le vide dans sa tête. La ville était bruyante, toujours animée. Ça l'empêchait de se morfondre dans ses pensées. Le silence, c'est bien ce qu'il détestait le plus dans cette chienne de vie.

Il marcha un long moment, sans vraiment réfléchir à l'endroit où il allait. Les mains dans les poches de sa veste, il observait les passants, répondait aux messages de Nevada tout en continuant d'avancer, vers on-ne-sait-trop-où. Des petits rictus se dessinaient sur ses lèvres fines par moment, lorsque ses yeux se verrouillaient sur son portable, et qu'il lisait les quelques mots envoyés par son amie. Peut-être que finalement, il passerait la voir en rentrant à Soho. Il finit par lever la tête, regarder le nom des rues. Il en conclut qu'il n'était pas très loin du quartier de Shoreditch. Ce n'était pas la porte à côté de chez lui, il avait déjà beaucoup marché. Le ciel s'était éclairci, et de timides rayons du soleil pointaient le bout de leur nez vers l'ouest de la ville. Une brise, légère mais fraîche, caressait les joues de Daley, qui continuait sa route. Les rues sentaient le goudron mouillé et les pots d'échappement des voitures, une odeur familière pour l'homme aux cheveux bruns qui avait vécu presque toute sa vie en ville. À un croisement, puis à un autre, Daley se laissait guider par son instinct, ne faisant pas réellement attention à la direction qu'il pouvait prendre. Il commençait à se dire qu'il ne devrait pas tarder à rentrer. Le lendemain, une grosse journée à l'hôpital l'attendait. Et bien qu'il ne trouverait pas longtemps le sommeil cette nuit, il devait s'efforcer de se reposer un peu quand même.

Et puis, coup de théâtre, ou coup du destin ; Daley tourna la tête en direction d'un petit groupe d'adulte. Il ne saurait vraiment expliquer ce qui avait attiré son regard vers eux à ce moment-là. Mais l'instant suivant, il ne bougeait plus. Cette lueur menaçante dans les yeux, ses pieds bien ancrés sur le sol, ses poings serrés. Son regard s'était posé sur cet... homme. Comment pouvait-il vraiment le définir après tout ce temps ? Une connaissance, un vieil ami ? Fut un temps où c'était son meilleur ami, l'une des personnes les plus chères à ses yeux. Mais que restait-il à présent, après tout ce temps ; de l'amertume, de la tristesse, de la haine. Ethan, c'était bien lui. Il aurait pu le reconnaître entre mille, même après toutes ces années. C'était comme si malgré le temps, malgré les chemins différents et l'affliction, un lien continuait de les unir. Un lien qui lui a fait tourner le regard à ce moment-là, et pas à un autre. Un lien qui lui a murmuré à l'oreille, que l'homme brun se trouvant de profil était bien Ethan et pas un autre. Son cœur ratait un battement, l'envie de le rejoindre ne lui manquait pas. Mais non, il ne bougeait toujours pas d'un pouce. Il continuait de le fixer intensément, de les fixer car l'ancien ami n'était pas seule. Et dans le lot, il crut parfaitement distinguer une autre connaissance du lycée. Un autre souvenir, encore un. Les phalanges des doigts de Daley finirent pas devenir blanches tellement il serrait fort ses poings ; ses ongles se plantaient dans les paumes de ses mains recroquevillées. Il se mordait hardiment les lèvres pour se contenir. Ethan, son ancien meilleur ami, celui qu'il avait totalement perdu de vue, celui qui l'avait abandonné, celui avec qui il avait tant partagé, et qu'il voyait là, souriant, échangeant des rires avec un autre ami du lycée. Daley semblait bien loin de ses pensées. À ce qu'il voyait, il avait fait du chemin, bien loin de lui. Ça le rendait fou de rage. Il avait envie d'intervenir, maintenant. Mais une nouvelle fois, il restait planté là, de l'autre côté de la rue, à les observer. Il attendait. Attendait quoi ? Daley espérait qu'Ethan finirait par se retrouver seul. Parce qu'il ne laisserait pas une occasion pareille lui échapper. Pas après tout ce temps. Pas après tout ce qu'il avait enduré.

L'occasion tant espérée finit par se présenter. L'anesthésiste attendait, adossé contre le mur d'un bâtisse, toujours les mains dans ses poches, scrollant son portable sans intérêt. Il avait attendu le bon moment, jetant des regards furtifs toujours en direction d'Ethan de temps à autre. Et quand ce dernier se retrouva enfin seul, Daley se redressait enfin, et traversa la rue, toujours en le fixant. Il ne devait pas lui échapper. Sans même y réfléchir, sans même penser à ce qu'il dirait, il arrivait à sa hauteur. Et il lui barra la route, se plaçant juste devant lui, le forçant ainsi à ne pas poursuivre sa route si telle était son envie. « Et bah mon vieux, si c'est pas une surprise ça ! J'y ai pas cru quand je t'ai aperçu de l'autre côté de la rue... mais bordel, c'est bien toi.  » Direct, impassible, Daley souriait faiblement, parce qu'il ne pouvait pas s'en empêcher. Mais ce n'était pas un sourire radieux, ni un sourire accueillant. Et il y avait toujours cette lueur étrange et amer dans ses yeux, qui en disait bien plus que ce que l'homme n'avait eu le temps de dire pour le moment. Les souvenirs refaisaient surface, de manière brutale, décousue ; Connord, sa mort, la solitude, l'abandon. Puis la rancoeur, l'animosité à l'encontre de cet être qui malgré les premières traces de la vieillesse, n'avait pas tant changé que ça.
code by lizzou — gifs by TUMBLR (JORNSNOW) — ENVIRON 2675 MOTS.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
London Calling. :: It's over :: Corbeille :: Anciens RP

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-