"Fermeture" de London Calling
Après cinq années sur la toile, London Calling ferme ses portes. Toutes les infos par ici [Hastings] We can rise above their truth and their lies ♪ AliNael - Page 3 2979874845 [Hastings] We can rise above their truth and their lies ♪ AliNael - Page 3 1973890357


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Nathanael E. Keynes
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() message posté Mar 9 Oct - 13:09 par Nathanael E. Keynes
Bien sûr que je veux savoir. Que je veux qu'il me fasse confiance, suffisamment pour me parler de tout, y compris de ça. Que je sens que son passé est plus lourd qu'il ne l'admet, et qu'il me manque un paquet de pièces du puzzle. Mais je pose pas (trop) de questions, j'insiste pas trop, parce que plus fort encore que mon besoin de savoir, il y a l'envie de ne pas lui faire de mal, pas davantage qu'il n'en a déjà subi. Et non, grand Dieu, non, je ne mettrais pas en doute les révélations qu'il pourrait faire, et je sous-entendrais jamais qu'il n'a eu que ce qu'il méritait, quand bien même je ne serais pas trop fan de l'idée de s'envoyer en l'air avec un autre que la personne auprès de laquelle on s'est plus ou moins engagé. Est-ce que ça me ferait peur ? Peut-être, oui, un peu. Ma jalousie notoire, ma crainte d'être abandonné seraient mises à mal, sans doute. Mais ce soir, il n'y aura rien de tout ça, parce que je n'en saurai, à l'évidence, pas plus. Il n'y a plus que nous, sur cette plage obscure, nos respirations plus ou moins paisibles et le bruit des vagues. La lueur des étoiles et de la lune montante, quelques lumières de ma villa, et celles, bien loin d'autres semblables pas encore complètement endormies. Et la fraîcheur de la Manche malgré les températures encore estivales.

Le mouvement de recul au premier contact de son corps avec l'onde glacée m'arrache un sourire, ses mots à l'encontre de la mer davantage encore. Il peste à nouveau en avançant avec moi, jusqu'à se retrouver plongé jusqu'aux épaules, et j'évoquerais sans doute avec une pointe de moquerie ses dents qui claquent de froid s'il ne venait pas de nous plonger tous deux sous l'eau. Son corps rivé au mien. La chaleur de sa peau contre la mienne. Ses bras autour de mon cou et son bassin collé contre le mien.

Un frisson parfaitement étranger à la température de l'eau me parcourt l'échine quand ses doigts frôlent la partie la plus sensible de mon anatomie, et si l'espace d'une fraction de seconde, le doute subsiste, il ne dure guère lorsque mon regard accroche son sourire espiègle. Ce geste-là n'était pas accidentel, à l'évidence - et à vrai dire, je n'avais pas trop envie qu'il le soit.

« Putain! Mais on se les gèle ici! »

Mon rire se mêle au sien, un bref instant seulement, avant que ses lèvres ne viennent sceller les miennes, et mes bras se referment sur son corps, bien décidés à ne pas laisser le mouvement des vagues éloigner sa peau de la mienne.

« J'ai quand même l'impression qu'on a gagné quelques degrés d'un coup... » soufflé-je entre deux baisers de plus en plus enfiévrés.

Mais il grelotte pourtant, ses dents claquent de froid dès lors que ma bouche libère la sienne et si l'obscurité ne les dissimulait pas autant, je crois que ses lèvres m'apparaîtraient teintées de bleu. Et puis j'ai bien dans l'idée de continuer sur cette lancée qu'il a amorcée, et si je continue de l'embrasser avec fougue, si mes mains caressent encore son corps, mes pas nous guident avec une lenteur accrue par le poids des vagues vers la plage qu'on vient pourtant tout juste de quitter et cette couverture un brin plus confortable que l'onde glacée.

Je ne peux pas m'empêcher de redouter un mouvement de recul à tout moment, pourtant, et je sens bien que malgré mes lèvres se décrochant des siennes pour venir explorer l'arrête de sa mâchoire puis la peau de son cou, malgré mes mains qui parcourent son dos, et descendent jusqu'à son postérieur pour l'attirer encore à moi, river son bassin au mien, je ne lâche pas complètement prise, à l'affût de la moindre réticence, de peur de ne pas la voir et trop m'enflammer. Rien ne vient pourtant, et son désir est rapidement aussi visible que le mien.

« J'ai tellement envie de toi... »

Comme s'il était vraiment nécessaire de le préciser... Le regard brûlant, je cherche encore un instant à accrocher ses prunelles, n'y décèle aucune réticence et repars à l'assaut de ses lèvres tout en amorçant avec lenteur les gestes qui nous permettront de nous retrouver étendus sur cette couverture qui nous attend encore. Allongé sur lui, je reste un instant, le souffle court, à détailler les traits de son visage, comme si je l'observais pour la première fois, un bras soutenant ma posture, les doigts caressant ses mèches brunes, tandis que mon autre main glisse le long de son torse puis sa cuisse.

Un bref instant de calme, seulement, avant que je revienne dévorer sa peau, et après son cou et ses épaules, c'est son torse entier que je me fais un devoir d'explorer.
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Alastair H. Pratt
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() message posté Jeu 11 Oct - 8:28 par Alastair H. Pratt
Help me
I broke apart my insides
Help me
I've got no soul to sell
Help me
The only thing that works for me
Help me get away from myself

NIN - Nate + Alastair


Garder les yeux ouverts.

Il fallait garder les yeux ouverts. Il revoyait encore cette petite brune lui tendre les paumes, au milieu des volutes artificielles de la piste de danse du Viper Room. Ne ferme pas les yeux. Ils ne peuvent pas t’atteindre, en pleine lumière. Regarde-moi, Alastair. Regarde-moi.

Il s’était mis à claquer des dents malgré ses fanfaronnades. Quel con il devait avoir l’air, maintenant!  Il avait grandi sur des plages bien plus dorées et clémentes que celle-ci, il devait se l’avouer. L’eau froide l’avait saisi dans toute sa vulnérabilité. Mais ce n’était qu’une excuse de plus pour éclipser le froid qui le rongeait depuis bien trop longtemps. Une excuse de plus pour s’agripper à cette onde de chaleur et de tendresse qui lui tendait les bras.

Ses lèvres accueillirent celles de Keynes avec avidité. Il ne put s’empêcher de se pendre à ses épaules et de se laisser transporter, à travers le ressac des vagues glacées vers la couverture comme un butin de conte de fée.
Consentant jusqu’au plus profond de son être à accueillir l’ardeur qu’ils avaient refoulés depuis qu’ils avaient échangés pour la première fois un regard sur scène...

Sauve-moi de moi-même, Perceval. Je n’attends que ça.




Cazzo, Michele, non è abbastanza lubrificato, questo piccolo imbrogliare, sputa, sputa!

Garder les yeux grand ouverts. River son regard dans celui de l’autre. Encore et encore. Nate avait les yeux plus foncés que les siens. De grands yeux expressifs, qui lui mangaient presque tout le visage. De grands yeux doux, qui n’arrivaient jamais vraiment à mentir. La passion dévorante, qui attendait depuis des mois déjà. Et cette maudite crainte de lui faire mal.

Garder les yeux grands ouverts.

Sans réfléchir, il leva les jambes et les enlaça autour de la tête de Keynes et lui fit le plus beau de ses sourires, le souffle court.

« Prends-moi, Sunshine. Je veux atteindre les étoiles avec toi. »

**
Garder les yeux grands ouverts. Encore et toujours. Ils ne peuvent pas t’atteindre, dans la lumière.

… Sputa, ma sputa così!

Il faisait noir. Il était nu. Il était dans une chambre qu’il ne connaissait pas. Son corps était rompu. Avait-il hurlé dans son sommeil ? Il ne le savait pas. Les voix en italien s’engueulaient, dans sa tête. Non mais il est sec comme un cul de bouteille vide! Crache, je te dis, crache! La sueur lui coulait dans le dos, dans les cheveux, dans ses yeux. Il ne parvenait plus à respirer. Il n’arrivait plus qu’à émettre une vague plainte. Il n’arrivait plus du tout à bouger.

La veilleuse au bout du couloir. La salle de bains. L’eau glacée sur son visage, toujours en proie à ce maudit cauchemar. La douche brûlante, sur son corps et la première éponge trouvée pour frotter et frotter encore tous ces fluides imaginaires qui souillaient sa peau.

Il ne s’arrêta que lorsque sa peau rougie se mit à irradier de douleur. Il ferma le robinet et se pressa le front sur la céramique, pour reprendre son souffle. Il était en Angleterre. Il était à Hastings. Dans une villa au bord de la plage. Dans la salle de bains de son amant. Il pouvait ouvrir et fermer la main. Il aurait pu parler, s’il l’avait voulu. Mais les mots ne venaient pas.

Ce n’était qu’un putain de cauchemar.


Il avait dû s’endormir sans s’en rendre compte.

Il se passa la main dans le visage et tenta de se recomposer. Un putain de cauchemar, c’était tout. Derrière la vitre opaque de la douche, une grande ombre mince était apparue. Alastair pouvait presque voir ces grands yeux expressifs, rongé d’inquiétude.

« J’avais du sable jusque dans yeux, tu imagines ? Ça me démangeait partout. Je te rejoins dans une petite minute, Sunshine. »
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Nathanael E. Keynes
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() message posté Mar 16 Oct - 21:50 par Nathanael E. Keynes
Regarde-moi.

On s'en fout que aies l'air vulnérable, là, dans l'eau froide. Laisse-moi te réchauffer. On s'en fout du reste du monde, et du passé. Profite de ce moment avec moi. Il y a longtemps que je me suis pas senti aussi bien, et c'est parce que tu es là, dans mes bras. Regarde-moi, ne me fuis pas. Pas cette fois.



Regarde-moi. Vois comme j'ai envie de toi, comme je tiens à toi, comme je m'inquiète pour toi, aussi. Il n'y a que toi et moi sur cette plage déserte. La nuit est à nous. Et ses jambes se sont refermées autour de mon cou, invitation silencieuse à poursuivre sur notre lancée, à laisse s'exprimer le désir qui nous étreint depuis de si longues semaines, et laisser nos passions s'embraser enfin.

« Prends-moi, Sunshine. Je veux atteindre les étoiles avec toi. »

Atteindre les étoiles, là, sous la pâle clarté lunaire. Viens, je t'emmène avec moi.



Oubliés, les semaines d'attente et les questionnements sans fin. Oubliées, nos familles et les conséquences à venir de nos actes de rébellion plus ou moins marqués. Oublié Wilde et sa possessivité, oubliée ma terreur d'être abandonné. Cette nuit, il est là, avec moi, dans mes bras, et rien de tout ça ne peut nous séparer.

**

Je l'ai senti sombrer, tout contre moi, après que nos corps se sont mêlés une seconde fois, plus tendrement peut-être, au creux de mon lit. L'attente, la frustration, évacuées sur la plage, et quelques minutes pour ramener nos affaires éparses à l'intérieur ont fait redescendre la pression, et si le désir est resté intact, il s'est armé de plus de douceur encore. Bien sûr que j'ai toujours cette crainte qui reste en arrière-plan, de lui faire mal, de raviver des souvenirs que j'imagine plus que douloureux, et sans doute que je suis plus précautionneux que je ne l'aurais été autrement. Mais ça n'en rend nos étreintes que plus délicieuses encore.

Il a quitté mes bras pour gagner ceux de Morphée, mais je n'ai fini par rejoindre le monde des songes qu'à contrecoeur, comme son sommeil s'est rapidement trouvé agité. Des plaintes inaudibles, mais dont la compréhension se passe de mots intelligibles. Plusieurs fois, j'ai hésité à l'éveiller, mais j'ai fini par moi-même être terrassé, l'alcool, les endorphines et le manque de sommeil précédent aidant. Ma courte nuit, cela étant, n'a guère étant très reposante, comme l'angoisse s'est frayée un passage dans mon coeur et mon esprit.

Et si je l'avais blessé ? Marqué encore, au fond de son âme, comme il l'est déjà très certainement. Si je n'avais pas vu les signes de réticence, et avait forcé son corps contre son gré ? Non... Non... Mes propres songes s'emmêlent, obscurcis par les craintes irrationnelles que le silence génère sans cesse. Un mouvement à côté de moi alerte mon esprit encore endormi, mais il me faut encore de longues minutes avant de parvenir à émerger des limbes que mon corps éreinté cherche à continuer à habiter. De longues minutes où le bruit de l'eau qui coule sous la douche de l'autre côté du couloir attire mon attention embrumée. Et quand je parviens à gagner la salle de bains, un caleçon propre et sec enfilé en vitesse avant de sortir de la chambre pour seul rempart contre ma nudité, combien de temps a-t-il passé, là, à frotter sa peau ?

« J’avais du sable jusque dans yeux, tu imagines ? Ça me démangeait partout. Je te rejoins dans une petite minute, Sunshine.
- Arrête, je t'en prie... »

Avec une infinie lenteur, comme si je craignais qu'il n'arrête mon geste à tout instant, j'ai ouvert la porte vitrée pour faire face à son visage, voir ses traits tirés et la lueur paniquée dans son regard.

« Me prends pas pour un con, Ali, on sait tous les deux que ça n'a rien à voir avec le sable qu'on a foutu partout... Dis-moi que tu veux pas en parler, ça je peux l'entendre. Ca me fait chier, mais je peux l'accepter. Mais essaie pas de me faire croire qu'il y a rien, on sait tous les deux que c'est faux... »

Est-ce que je peux prendre ta main ou caresser ta joue quand t'es dans cet état ? J'en ai aucune foutue idée. J'ai envie de le serrer dans mes bras, au mépris de ce putain de sable que je sème encore un peu partout, comme si ça pouvait le rassurer et le protéger de tout le reste, mais est-ce qu'au contraire, ça va pas envenimer tout le reste ? Et je reste comme un con, à fixer ses grands yeux clairs qui tentent encore désespérément de donner le change, en vain.
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Alastair H. Pratt
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() message posté Ven 19 Oct - 9:20 par Alastair H. Pratt


You can have my isolation
You can have the hate that it brings
You can have my absence of faith
You can have my everything

Closer - NIN - Nate + Alastair


« Arrêtes, je t’en prie… »

Jeu de force autour d’une simple cloison de verre alors que quelques heures plus tôt, ils s’unissaient sur le sable. Alors qu’il avait encore le goût si intime de l’autre encore sur la langue. Un goût amer et herbacé qui s’était changé en cendres. Le dos contre le mur de céramique, Alastair s’était reculé, pris de panique et avait retenu de toutes ses forces cette porte de s’ouvrir davantage. Il sentait comme une bête traquée, coincée entre les quatres murs de cette putain de douche. De l’autre coté, la silhouette se tenait là, immobile et suppliante. Avec toute cette putain d’inquiétude et de culpabilité dans les yeux. Il n’était pas prêt à affronter ces yeux-là. Pas prêt à affronter la culpabilité d’avoir tout gâché. Tout se mélangeait encore trop à des ombres floues et glauques qui le foudroyait de concupiscence et venait le déchiqueter jusque dans son intimité. Le jeune homme sentit les larmes lui brûler les joues. Les mains toujours cramponnées contre la paroi, pour la maintenir close, il restait là, le corps arqué contre la cloison, à tenter désespérément de remettre un masque qui avait éclaté en morceaux, encore une fois.

« Retournes au lit, Nate... S’il-te-plait. Re… retournes au lit, okay? Je vais fumer une clope. Laisse-moi juste… aller fumer ma clope, okay? Je… je te rejoindrai après, je te dis.»

Nate disait quelque chose. Mais il n’arrivait plus à écouter. Il n’arrivait plus à rien entendre. Seul comptait que cette putain de paroi de douche reste fermée sur lui-même et ses putains de monstres.

Combien de temps Nate resta planté là? Alastair ne put ouvrir la porte que lorsqu’il fut certain que son amant ait quitté la pièce. Où était Nate? Il ne le savait pas. Il lança un regard triste vers la chambre des maîtres plongée dans les ténèbres. Son sac était encore dans la chambre d’ami. À tâtons, dans le noir, il ne mit qu’un simple jeans sur sa peau irritée et sortit dehors, en silence, avec un paquet tordu de cigarette à la main, en direction de la plage.

C’est une fois affalé dans le sable qu’il se rendit compte qu’il avait oublié son briquet à l’intérieur. Il n’osait même plus se retourner. Il savait que là, dans le noir de la chambre, Nate l’attendait. « Ne me prends pas pour un con… » Il jeta rageusement son paquet de clopes au loin. Les cigarettes se dispersèrent dans le vent pour venir souiller la plage, dans un nuage éparpillé de tabac. Bien sûr qu’il ne le prenait pas pour un con. Il voulut hurler aux vagues que non, il n’y avait rien. Rien qui puisse valoir la peine de gâcher la nuit qu’ils venaient de passer tous les deux. Rien d’important.  Absolument rien. Mais seul un long sanglot sortit de sa gorge. Un sanglot de môme effrayé et perdu. Un pauvre môme trop gâté et rongé de culpabilté jusqu’à la moelle. Les larmes jaillirent, sans qu’il puisse les arrêter.

« I’m sorry. I’m soooo soooo sorry. »

Il s’en voulait.

Il s’en voulait d’avoir abandonné Pettigrew, sur le plancher du dortoir, à Oxford. Il s’en voulait d’être allé à ce putain de bar, à Rome. Il s’en voulait d’avoir accepté ce verre. D’avoir menti à tout le monde. Il s’en voulait de faire vivre tout ça à Nate qui ne le méritait pas. De gâcher tout, tout le temps, avec ses putains de conneries. C’était rien. Rien! Rien qu’une sale nuit. Ça faisait presque deux ans, bordel. Deux ans. Pourquoi ils étaient encore là, ces italiens de merde, dans sa tête, hein, pourquoi?

Le soleil se levait petit à petit, devant lui. Il était enfin parvenu à se calmer. Un peu. Alastair entendit le sable crisser derrière lui. Il ne se retourna pas. Il ferma les yeux et renifla comme un enfant mal élevé, en se passant une main souillée de sable sur le nez. Quel piètre spectacle il devait faire, échoué là comme une épave, à demi-nu, entouré de ses clopes tordues, le visage rougi et maculé de larmes et de morve. Sa gorge lui faisait mal.

« Ils s’y sont mis à trois. Je voulais juste m’éclater, tu vois. Juste ça. Mon père me faisait chier avec mon renvoi d’Oxford. Il me faisait chier avec son cabinet de merde et mes putains de responsabilités. Avec ses menaces. Il voulait que je revienne en Angleterre. Le mec que je fréquentais à Londres me faisait chier. Il me faisait chier avec ses histoires d’arrêter de se cacher pour se voir. Avec ses histoires coming-out à tout le monde. Il comprenait pas. Il comprenait pas que c’était pas si simple que ça. Il comprenait pas. Pas du tout. »

Le jeune homme renifla de nouveau, le regard toujours rivé sur l’aube, en face de lui. Au diable si c’était un putain de campagnard qu’il avait réveillé, avec son vacarme. Ou un gendarme. Ou des gars en combinaison blanche venus l'enfermer pour de bon, comme dans les films. Ou peu importe. Alastair s’en fichait, maintenant.

« Je voulais juste m’éclater et ne plus penser à rien. Je ne sais même plus ce que je voulais en entrant là. Me faire baiser à fond par un beau mec qui m’aurait chanté la pomme en italien, peut-être. Ou juste regarder les gens et danser. Je sais plus. Je sais vraiment plus. Ils m'appelaient Boucles d'or. Ils ont insisté pour me payer un verre. Juste un verre. J'ai dit non au départ. Et puis j’ai dit oui pour un rhum&coke, comme un con. Ils ontdû  mal dosé et j'ai repris conscience en plein milieu. C'est tout. T’as rien à te reprocher, Sunshine. Tu m’as fait du bien, tout à l’heure. C’est pas toi. C’est moi. C'est juste un putain de petit con qui voulait s'éclater un peu, Nate. C'est juste ça. »
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Nathanael E. Keynes
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() message posté Dim 21 Oct - 17:17 par Nathanael E. Keynes
Je savais qu'il m'empêcherait d'ouvrir cette foutu porte mais j'espérais, au fond, que je me trompais. ll l'a agrippée de toutes ses forces, la maintenant fermée et je n'ai pas insisté trop longtemps, je crois. Je n'ai pas forcé. Je suis resté là, de l'autre côté de la paroi, les mains et le front collé contre le verre froid, si froid, quand il a finalement pris la parole.

« Retourne au lit, Nate... S’il-te-plait. Re… retourne au lit, okay ? Je vais fumer une clope. Laisse-moi juste… aller fumer ma clope, okay ? Je… je te rejoindrai après, je te dis. »

Non, tu ne le feras pas. Et je suis désolé si j'ai fait quoi que ce soit qui t'ait mis dans cet état. Je veux pas partir, je veux pas te laisser là, comme ça, sans rien pouvoir faire. Bordel ce que je peux détester cette impuissance, putain ! Et cette vitre qui reste désespérément close. Et cet odieux silence qui semble avoir envahi toute la maison. Ce putain de silence, que je hais tellement.

Je suis sorti, à contrecoeur, les yeux brûlant. Mais retourner me coucher, c'était juste impossible. Et j'ai fait tout ce que je pouvais pour m'occuper, les mains autant que l'esprit. Changer les draps plein de sable, témoins de nos ébats nocturnes, ordonner le salon et ces notes éparses dans la cheminée, passer l'aspirateur, et mettre quelques lessives en route. Tout pour focaliser mon esprit sur autre chose que l'homme prostré dans ma salle de bain, et que j'ai fini par entendre sortir. En vain. Pas un instant mon cerveau torturé n'a réussi à penser à autre chose qu'à lui, qu'au visage paniqué que j'imagine derrière la vitre, ou à son corps que j'ai serré si fort cette nuit. Dans la cuisine, nos verres ont séché non loin de cette cafetière italienne qui n'a même pas eu l'occasion de servir encore. Est-ce qu'elle servira seulement ? D'un geste rageur, j'ai tout envoyé valser, mais le fracas qui résonne comme le verre se brise et le métal heurte le carrelage froid de la cuisine n'est rien comparée à la tempête qui gronde sous mon crâne. Et je me suis laissé glisser à même le sol, les genoux repliés devant moi, espérant parfaitement inutilement que je verrai une tête brune s'approcher dans les minutes à venir. Evidemment, ça n'a pas été le cas.

Le soleil s'est levé, et des vestiges de mon accès de rage aussi vif qu'éphémère, il ne reste que la coupure à mon annulaire gauche, qui me fera sans doute bien chier quand je voudrai prendre ma guitare pendant quelques jours. A mon tour, j'ai été prendre une douche, presque glacée, comme si ça pouvait réellement me mettre les idées en place. Mais rien n'y fait, et c'est vêtu d'un jean sombre et d'une chemise à carreaux, aux manches retroussées au-dessus de mes coudes que j'ai fini par sortir, les cheveux encore humides, mes clopes et mon zippo gravé de la marque Lucky Strike dans la main. Je suis resté debout derrière lui, entouré de ses clopes bousillées un peu partout sur le sable, quelques minutes encore. Je l'ai entendu renifler, là, devant moi, seulement vêtu de son jean, et j'ai hésité à le rejoindre, ou à rester à ma place. Et il a pris la parole.

« Ils s’y sont mis à trois. Je voulais juste m’éclater, tu vois. Juste ça. Mon père me faisait chier avec mon renvoi d’Oxford. Il me faisait chier avec son cabinet de merde et mes putains de responsabilités. Avec ses menaces. Il voulait que je revienne en Angleterre. Le mec que je fréquentais à Londres me faisait chier. Il me faisait chier avec ses histoires d’arrêter de se cacher pour se voir. Avec ses histoires de coming-out à tout le monde. Il comprenait pas. Il comprenait pas que c’était pas si simple que ça. Il comprenait pas. Pas du tout. »

Il a reniflé à nouveau, et je me suis approché, pour m'asseoir à côté de lui, les genoux relevés, mes bras refermés dessus, sans encore allumer la clope que je meurs pourtant d'envie de me griller.

« Je voulais juste m’éclater et ne plus penser à rien. Je ne sais même plus ce que je voulais en entrant là. Me faire baiser à fond par un beau mec qui m’aurait chanté la pomme en italien, peut-être. Ou juste regarder les gens et danser. Je sais plus. Je sais vraiment plus. Ils m'appelaient Boucles d'or. Ils ont insisté pour me payer un verre. Juste un verre. J'ai dit non au départ. Et puis j’ai dit oui pour un rhum&coke, comme un con. Ils ont dû mal doser et j'ai repris conscience en plein milieu. C'est tout. T’as rien à te reprocher, Sunshine. Tu m’as fait du bien, tout à l’heure. C’est pas toi. C’est moi. C'est juste un putain de petit con qui voulait s'éclater un peu, Nate. C'est juste ça. »

"Juste ça". Juste trois types, qui ont pris possession de ton corps pendant que t'étais inconscient. Trois types qu'ont pas juste mal dosé un cocktail, mais qui l'ont très certainement "agrémenté"... Je sors une clope intacte de mon paquet les doigts tremblant, la lui tend et en porte une à mes lèvres, espérant que le goût du tabac chasse celui de la bile au fond de ma gorge. Pourtant je l'allume pas encore, je lui tends mon briquet pour qu'il allume la sienne. Et puis je lâche l'affaire, retire la tige de mes lèvres d'une main et passe l'autre bras autour de ses épaules pour l'attirer à moi.

« C'est pas ta faute non plus Starshine. On s'en fout que t'aies voulu t'éclater ou que tu sois rentré dans ce bar pour je ne sais quelle raison. Bonne ou mauvaise on s'en fout. Personne a le droit de disposer du corps d'un autre sans son consentement. Personne. »

Et c'est ces connards qui t'ont refilé le sida, hein ?
Je sais qu'il a appris sa séropositivité il n'y a que quelques mois, et je sais pas quand a eu lieu le viol - parce qu'il y a pas d'autre mot à mon sens - mais je peux pas ne pas faire le lien. Je vais vomir, sérieusement. Mais tant qu'il est là, dans mes bras, je bouge pas, je me fais violence, et j'allume même pas cette cigarette que je crève d'envie de fumer pourtant. Pas tant qu'il fume pas la sienne, à défaut de celles qui nous entourent.
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Alastair H. Pratt
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() message posté Ven 26 Oct - 8:50 par Alastair H. Pratt
Il avait mal à la gorge. Les paroles, jetées comme des cailloux, lui brûlaient les lèvres. On disait que parler était libérateur. Enfin, c’était ce qu’avaient dit les intervenantes de ce groupe de soutien, avec leur putain de café gris. Pourtant il ne sentait rien. Pas de soulagement, pas de rédemption, pas de salut. Rien. Rien que le vide et une sensation de brûlure à la gorge.

Pendant une seconde, il avait même espéré avoir affaire à un vacancier exaspéré pour ne pas voir le dégoût sur les traits de son amant. Mais Nate était venu s’asseoir tout près de lui, en silence. Il lui avait tendu son zippo et une cigarette neuve et était resté là, comme un roc, sous le déferlement des mots. Alastair avait prit le zippo et l’avait retourné entre ses doigts, glissant son pouce sur le relief du logo comme une pierre précieuse. Lucky Strike, Lucky Star. Cette première soirée sur scène lui revint en tête. Avec le sourire et les yeux radieux de Keynes, à la guitare. Et sa voix, juste parfaite qui accompagnait ses notes, au piano. Où était-elle maintenant, ton étoile filante, Nate?

Échouée sur une plage, entourée de ses propres déchets et de ses démons. Est-ce que Nate regrettait?

Il fit claquer le couvercle du briquet et fit tourner la roulette. La flamme jaillit et Alastair alluma enfin sa cigarette et la pompa de toutes ses forces, comme si la nicotine avait été le remède de tous les mots. Il mit du temps à extirper le goudron jusqu’à s’en lui brûler les poumons pour laisser sortir une fumée bleutée de ses lèvres. Il sentit Nate l’attirer contre lui et lui parler de consentement. Il baissa la tête. Il ne savait pas exactement quoi. Mais ce n’était pas ça. La culpabilité et la honte. La honte de s’être fait berné. La honte de n’avoir été qu’un tas de viande. Un tas de viande à jamais corrompue, dans toute son essence. Et qui n’avait pas demandé à l’être. Était-ce ça que Nate voulait dire? Alastair pinça les lèvres, le regard toujours fixé sur l’horizon.

« Ils ont mal dosé et je me suis réveillé en plein milieu, répéta-t-il. Je… je les sens tout le temps, Nate. Tout le temps. Sur moi, en moi. Tout le temps. Je les vois tout le temps, du coin de l’œil, derrière moi. C’est pire depuis… depuis quelques mois. Je… je les sens tout le temps en moi et… »

Il se racla la gorge, se frotta la peau du bras, machinalement comme pour effacer une souillure et regarda la cigarette se consumer, dans sa main.

« et… je ne voulais pas rien gâcher. Je voulais être avec toi. Juste avec toi. I fucked up, again. »

Il se retourna vers l’homme à ses côté et observa une goutte d’eau perler de la tignasse brune de celui qu’il aimait. Puis son regard tomba sur cette coupure, à l’annulaire gauche. Elle n’y était pas tout à l’heure, Alastair le savait. Sa gorge se serra davantage. Il aurait voulu porter cette main à ses lèvres et effacer cette coupure. Et tout ce qui allait avec. Il sourit tristement et prit la main de Nate dans la sienne.

« Tu ne peux pas rester comme ça, avec une plaie ouverte. Pas avec moi. Allez viens. On va aller foutre un pansement là-dessus. Et je vais faire du café. »
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Nathanael E. Keynes
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() message posté Lun 12 Nov - 23:15 par Nathanael E. Keynes
Ali a tiré sur la clope offerte comme sur celle d'un condamné. Avec l'énergie du désespoir. Et moi, j'ai toujours la mienne entre mes doigts, que je suis incapable d'allumer. Les mots que je tente de mette sur tout ça me semblent tellement dérisoires, au fond ! Comme si je pouvais par quelques syllabes effacer son mal-être ! Est-ce qu'il y a seulement quoi que ce soit que je puisse faire ?

« Ils ont mal dosé et je me suis réveillé en plein milieu. Je… je les sens tout le temps, Nate. Tout le temps. Sur moi, en moi. Tout le temps. Je les vois tout le temps, du coin de l’œil, derrière moi. C’est pire depuis… depuis quelques mois. Je… je les sens tout le temps en moi et… »

Non. Non, je ne peux rien faire. Je ne peux pas lui faire oublier tout ça. Je ne peux pas effacer ce qu'il ressent - et toutes mes tentatives pour comprendre ce ressenti sont vouées à l'échec, je crois - malgré toute la volonté du monde, et encore moins guérir la maladie qui le ronge, comme preuve à jamais ancrée en lui de ce qu'il a subi. Je ne peux rien faire de plus que le serrer dans mes bras, être là, tant qu'il veut bien de moi. Mais est-ce que ça sera jamais assez ?

« et… je ne voulais pas rien gâcher. Je voulais être avec toi. Juste avec toi. I fucked up, again.
- No you didn't. »


Et je suis sincère.
Je veux me souvenir de cette nuit et oublier ce début de matinée. Je veux oublier le reste du monde et ne garder que ces moments magiques où il n'y a plus eu que lui et moi sur cette place au fond de mon esprit. Mais je n'ai même pas le temps d'exposer le fond de ma pensée qu'il a pris ma main entre les siennes - comme si je pouvais, moi aussi, réussir à oublier quoi que ce soit de toute façon !

« Tu ne peux pas rester comme ça, avec une plaie ouverte. Pas avec moi. Allez viens. On va aller foutre un pansement là-dessus. Et je vais faire du café. »

Je pince les lèvres, ferme les yeux et hoche la tête doucement. Il a raison. Je ne peux pas rester comme ça. Je n'ai pas le droit de courir le moindre risque qui lui imposerait en prime une culpabilité supplémentaire, si jamais il en venait à me transmettre la maladie par mon imprudence.

« You're right. And I fucking need one of your goddam good coffees... »

Mon royaume pour un café, ouais. Plusieurs même. Pour le voir utiliser cette cafetière italienne, comme ce premier matin dans Soho. Je me suis levé, ma main toujours dans la sienne, et après un regard vers les cigarettes éparses sur la place - je m'occuperai de ça un peu plus tard, je me le promets - on a regagné la lourde bâtisse qui nous surplombait de toute sa hauteur. Je lui ai présenté brièvement la cuisine, ouvert les placards et laissé tout le loisir d'appréhender les lieux, de nous préparer notre dose matinale de caféine, la cafetière à l'italienne et tout le nécessaire à son office ostensiblement disposés sur le plan de travail. Et je passe volontairement sous silence sa tasse dédicacée et les verres proches qu'il ne manquera pas de reconnaître.

« Je reviens dans une minute... »

Ou cinq.
Car au lieu de gagner directement la salle de bains où je sais parfaitement pouvoir trouver une trousse de premiers secours de base, je suis d'abord ressorti pour ramasser son paquet écrasé et les clopes endommagées sur la plage, songeant que malgré leur état, il devrait pouvoir encore en tirer quelque chose avec quelques feuilles pour consolider.

Et puis je suis rentré, et je suis monté à l'étage ouvrir la petite armoire blanche et soigner - enfin - cette petite coupure, vestige de mon éclat un peu plus tôt dans la matinée. Je me suis arrêté un instant dans le couloir, cependant, et peut-être que je ne devrais pas prendre l'initiative, peut-être que je devrais lui poser la question. Peut-être... Pourtant je me sus emparé de son sac, sans rien dire, pour le déposer dans ma chambre plutôt que dans celle d'amis où l l'a laissé la veille, et j'ai posé les tiges abimées sur la table de chevet, en attendant.

Et je suis redescendu le rejoindre, arborant le pansement imposé comme un trophée de guerre ridicule. Comme si rien n'avait pu perturber la matinée, comme si rien de si dramatique n'était venu entacher la nuit qu'on avait passée ensemble, je suis venu près de lui, cherchant à l'enlacer, à l'embrasser tendrement. Comme si ça pouvait tout effacer.

« Harold Alastair Gerald Pratt... » commencé-je sur un ton beaucoup trop formel lorsque mes lèvres quittent doucement les siennes, avant de plonger mon regard dans les siens, le front collé au sien.

« Je t'aime. Et j'ai pas trop l'habitude de prononcer ces mots, mais... promets-moi de jamais l'oublier, ok ?... »

Parce que ta maladie n'y changera rien. Parce que ce ne sont pas tes démons qui me tiendront éloignés de toi. Ni nos familles, ni ta carrière, tant que tu voudras pas les laisser faire, pas davantage que moi. Je t'aime aujourd'hui, avec tes terreurs et ton passif et cette foutue maladie. Je t'aimerais encore demain, quand t'iras décrocher des étoiles un peu partout dans le monde. Et je serai toujours là, dans cette baraque en bord de mer, ou dans cette petite bâtisse tranquille de White City, ou dans mon bar, où on s'est retrouvés face à face, réellement, pour la première fois, pour en allumer quelques autres avec toi.
Je te le promets.
Tant que tu voudras bien de moi.
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Alastair H. Pratt
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() message posté Mer 21 Nov - 9:12 par Alastair H. Pratt
La cafetière italienne rouge était posé là, flambant neuve, sur le plan de travail. On avait laissé une tasse juste à coté. Il aurait reconnu cette tasse entre mille. Avec sa petite fêlure sur le bord de l’anse et les courbes tracées à la hâte au marqueur permanent, sur la surface blanche. Le «P» collé au «a» minuscule et la grande courbe du «y». Une tasse des plus ordinaires, vraiment, si ce n’était qu’elle avait été touchée par Sir James Paul McCartney.

Les yeux du pianiste s’embuèrent un peu. Il avait cru que la bonne l’avait brisé, cette tasse et l’avait simplement foutu aux poubelles. Mais elle était là, dans cette maison. Avec toute sa collection de disques qu’il avait cru disparue, vendu à un pauvre diable sur les petites annonces. Il s’essuya les yeux et resta là, un moment, debout en plein milieu de la cuisinette, à tenter de contrôler le tremblement de ses mains et de son visage. Il aurait voulu chialer comme un gosse. À la fois trop content de revoir enfin ses petit jouets et terriblement honteux. Honteux d’infliger tout ça à son amant. Honteux de lui en devoir autant.

Comment pourrait-il repayer tout ça, maintenant hein? Comment?

En commençant par faire du café.

On verrait ensuite. Il ne savait pas comment, ni quand, mais il repaierait tout ça à Nate. La cafetière rouge, la tasse, les disques. Tout. Il lui redonnerait tout au centuple.

L’eau froide dans le réservoir. Le café ensuite, jusqu’au bord. Allumer la cuisinière. La mettre à feu doux. Attendre que le café monte et que le moka se mette à gargouiller.

Nate s’activait dehors. Nate s’activait là-haut. Nate s’activait toujours. C’était comme ça qu’il avait appris à le connaître. Actif. Toujours à faire un truc. Cette frénésie l’apaisait. Elle comblait ce grand vide, en lui. Elle lui donnait envie parfois de bouger avec lui. Ou parfois de rester juste là, immobile, à l'observer se mouvoir autour de lui. À savourer le temps. Il fallait attendre que le café monte. Il entendit la porte de la pharmacie se refermer, à l’étage. Il poussa un soupir et s’appuya sur la cuisinière, complètement rompu de fatigue. Il faudrait qu’ils parlent de tests, un jour. De risques. De ce que sa mère penserait, à Nate, si elle le savait baiser avec la mort. Un jour. Pas maintenant. Pas ce matin. Surtout pas ce matin. Le moka gargouillait, dans la tasse.

Le café était prêt.

Les pas dans l’escalier lui fit relever la tête. L’index fièrement pansé, son amant était entré dans la cuisine. Juste à temps. Juste à temps pour que l’odeur suave les enveloppe tous les deux. Juste à temps pour une déclaration.

« Harold Alastair Gerald Pratt... Je t'aime. Et j'ai pas trop l'habitude de prononcer ces mots, mais... promets-moi de jamais l'oublier, ok ?... »

Il fronça du nez et grimaça avec un air espièple. Nate s’était trompé dans l’ordre de ses prénoms. Quels prénoms, vraiment? Ça n’avait plus d’importance, maintenant. Il sourit.

« Ok, Nathaniel Emmanuel Keynes. Ok. Tant que tu te souviennes, que même dans mes pires moments, que je t’aime aussi. »


FIN
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